CHAPITRE IL
l’ovaire pendant la période menstruelle.
Au moment où se montrent extérieurement les î
sigmes de la puberté, l’ovaire semble prendre une | vie nouvelle. A certaines époques se succédant avec rég’ularité, cet org’ane aug’mente considérablement de volume, par suite d’une cong^estion Avasculaire i intense de tout l’appareil g*énital et du déA^eloppement énorme d’un ovisac. Celui-ci se rompt, l’œuf qu’il contenait tombe dans l’oviducte, puis l’oAdsac devient le siég^e d’une cicatrisation spéciale. La con- | g*estion des org^anes g’énitaux, intimement liée aAœc la maturité de l’œuf, détermine, à l’époque où s’accomplit cette rupture, une bémorrhagde connue sous le nom de ftux menstruel.
Pour mieux saisir cet ensemble de phénomènes complexes , nous commencerons par décrire ce qu’on observe au moment de la chute de l’œuf, puis nous étudierons leur périodicité. Ainsi ce chapitre se divisera en deux parag'rapbes.
H Chute de l’œuf et phénomènes qui raccompagment.
2° Époques de la chute de l’œuf.
coiilraclions de tous les noyaux de cellules détermineraient dans l’en- .semble une circulation nutritive des plus énergiques.
(Je remercie 1\I. Balbiani de fobligeance avec laquelle il m’a coni muni qué ces détails.)
§ P'’. Chute de l'œuf et phénomènes qui l'accom-^
peignent (1).
Mécanisme. — De Graaf avait considéré la vésicule ovarienne comme un véritable œuf, mais jamais on n’avait pu constater le passag’e de la vésicule dans l’oviducte^ et ce fut là le principal arg’ument opposé à son hypothèse avant la découverte de Baer. En effet, l’ovisac ne quitte jamais l’ovaire, et nous aurons bientôt à voir ce qu’il devient lorsque l’œuf s’en est échappé.
Le mécanisme de la chute paraît des plus simples et ne nous arrêtera pas longtemps. La rupture de l’œuf serait due, suivant Pouchet, à un épanchement sang*uin au-dessous de la membrane g’ranuleuse, la pression qui en résulte déterminerait la résorption du liquide folliculaire, cette résorption achevée, le caillot aug’menterait, et sous l’influence de l’excès de pression, la vésicule se romprait à son sommet. L’œuf ainsi amené au point culminant du follicule, s’en échapperait avec facilité pour tomber dans la trompe. Mais Pouchet est seul de son avis, et les physiologistes qui admettent avec
(1) Au point de vue du mécanisme de la chute de l’œuf, Coste admet deux divisions : dans la première, qui comprend les invertébrés en général et les vertébrés ovipares, l’œuf, par son volume et son contact direct avec la paroi de la cavité qui le renferme, peut opérer de luimême sa délivrance; dans la seconde, qui comprend l’homme et les mammifères, le mécanisme est différent, et c’est ce mécanisme seul dont nous nous occuperons dans ce paragraphe.
lui la formation du corps jaune par un caillot, pensent que l’hémorrliag'ie est toujours postérieure à | la rupture de la vésicule.
Il est démontré aujourd’hui que la vésicule se ! rompt sous l’influence d’une aug’mentation rapide j dans la production du liquide qu’elle renferme. Nous aurons à examiner plus bas les causes de cette accumulation ; pour le moment étudions seulement le résultat. Sous l’influence de cette distension, les parois de la vésicule, comprimées excentriquement , s’amincissent au point qui présente le moins de résistance. Ce point répond à la partie culminante de la vésicule, qui fait en ce moment une saillie énorme à la surface de l’ovaire. Cet amincissement s’accompag’ne d’une diminution notable de la vascularité au même niveau. Nous avons dit qu’alors les vaisseaux sang*uins n’arrivaient plus jusqu’au pôle superficiel. La trame ovarique subit une résorption analog’ue , et lorsque l’amincissement est devenu tel que la résistance est inférieure à la pression du liquide, on voit se rompre d’abord la paroi folliculaire, puis la mince couche de trame et d’épithélium qui la recouvrait.
Le liquide s’écoule lentement et entraîne avec lui la membrane gTanuleuse (1).
Selon Courty (2), au contraire, il est vomi avec force par la vésicule ovarienne, sous peine de ne
(1) Blumenbach comparait la rupture de la vésicule à l’ouverture d’un abcès.
(2) Loc. cit.
pas pénétrer dans la trompe à cause de son faible poids : on conçoit que, si l’œuf répond au point où se fait la rupture, sa chute s’opère de suite et facilement; mais nous avons dit que des recherches récentes avaient ramené le doute sur cette question, qui, il y a peu d’années encore, ne rencontrait que peu de contradicteurs.
Bien qu’il soit difficile d’admettre un déplacement du disque prolig’ère dans l’intérieur du follicule intact, cependant l’ovule n’a été vu à la base du follicule que dans des cas où celui-ci ne faisait pas encore une saillie considérable, et se trouvait séparé de la surface ovarique par une certaine épaisseur du tissu de l’ovaire.
Mais un fait subsiste, c’est que Tovule sort de la vésicule, entouré par les cellules du cumulus, dont l’adhérence à la membrane vitelline est considérable.
I L’œuf ne tombe pas au hasard, il pénètre dans la *! trompe, et sans examiner ici comment il y che- I' mine, il me semble essentiel de dire au moins
: comment il y entre, et quelle est la part de l’ovaire
i dans cet aete important ?
\ ' 11 est certain que la trompe s’adapte à l’ovaire au
[ niveau du point où le follicule fait saillie; l’examen direct chez les animaux le démontre surabondamment.
Le mécanisme de cette adaptation a été parfaite-
ment élucidé par Rouget (1). Après avoir montré :
1” Que la turgescence vasculaire de la trompe est incapable de produire un mouvement propre de ce conduit, en raison de sa faible vascularité ; T que raction de la tunique musculaire de la trompe est incapable de produire aucun mouvement de reptation ou de projection du pavillon vers l’ovaire , le savant professeur de Montpellier démontre l’action seule efficace de faisceaux musculaires lisses^ déterminés, appartenant à l’appareil g’énital.
La femme est moins favorisée, sous ce rapport, que les mammifères. Chez ces derniers , en effoR l’aileron de l’ovaire et l’aileron de la trompe^ unis en dedans au niveau de la corne utérine, sont confondus en dehors de l’ovaire. De cette fusion résulte une cavité , poche péritonéale de l’ovaire , compai’ée avec raison à la tunique vag’inale du testicule^ mais avec cette différence que dans l’immense majorité des cas la poche de l’ovaire présente une ouverture de communication avec la cavité péritonéale. Cette ouverture est une fente de direction transversale , dont les lèvres sont représentées par les bords supérieurs des ailerons du lig’ament largue. Or, ces ailerons contiennent dans leur épaisseur des faisceaux musculaires lisses continus en dedans avec le tissu utérin, se portant en dehors vers la régdon lombaire, où ils se perdent
(l) Rouget. Orjjanes érectiles de la femme. Dans Journal de Brown- Séquard, l. I, p. 738.
en s’insérant sur le fasoia propria. La contraction de ces faisceaux a poiir^ effet évident de fermer exactement la fente du sac séreux de l’ovaire, et d’ag’ir en même temps pour accoler ensemble les deux ailerons du lig’ament larg’e, c’est-à-dire les deux parois du sac de l’ovaire. Ce sac renfermant à la fois la trompe- et l’ovaire, les deux org'anes se trouvent nécessairement accolés l’un à l’autre.
Cette disposition anatomique importante n’est pas aussi nettement accentuée chez tous les mammifères. Parmi ceux où elle présente son summum de perfection, citons l’ours ,. la loutre, 1® phoque , chez lesquels le sac séi^eux de l’ovaire est exactement clos de toutes parts. Chez la femme, au contraire, la disposition est beaucoup moins favorable : non-seulement le sac séreux peut être considéré comme absolument nul, mais les rapports de la trompe et de l’ovaire sont beaucoup plus éloig*nés; cependant, la contraction musculaire peut suffire à l’adaptation exacte de ces deux org'anes. Ce mécanisme est encore le même, puisque les faisceaux musculaires affectent absolument le même type chez tous les vertébrés à oviducte ouvert. « Tout se réduit en somme au mécanisme par lequel se ferme l’ouverture d’une bourse dont les bords se froncent, se rapproclient , lorsqu’on exerce des tractions sur des liens dont les attaches s’étendent dans toute la long-ueur de ces bords.»
Mais que l’ovaire ou la trompe’soient maintenus par des adhérences dans des rapports qui empê-
client leur adapLation , l’œuf tombera librement dans le péritoine. Que cet œuf soit fécondé, il y aura gTOSsesse extra-utérine.
Cet accident de la chute des œufs dans le péritoine n’est pas rare chez les oiseaux et en particulier chez les poules, mais comme chez ces animaux ils n’ont pas encore leurs parties adventices, ils sont incapables de se développer dans la cavité séreuse; ils s’y résorbent alors sans déterminer de désordres.
Congestion sanguine. Ecoulement menstruel. — Pendant que se passent les phénomènes de rupture de l’ovisac et l’adaptation du pavillon à l’ovaire, l’appareil g’énital est le siég*e d’une cong’estion considérable, qui détermine une hémorrhagde de la muqueuse utérine, quelquefois de l’ovisac. Cette cong*estion est directement proportionnelle à la richesse vasculaire. Aussi, chez la femme elle atteindra son maximum , tandis qu’elle se maintiendra dans des limites beaucoup plus restreintes chez la plupart des mammifères.
Pour comprendre le mécanisme de cette cong^estion, il est important de bien se représenter la disposition anatomique des parties qui en sont le siég'e. Déjà nous avons décrit les vaisseaux de l’ovaire, ajoutons que la disposition des vaisseaux de l’utérus est entièrement semblable; seulement ces vaisseaux sont beaucoup plus nombreux dans ce dernier org’ane. Notons aussi ce fait important que
les vaisseaux capillaires de la muqueuse utérine sont immédiatement sous-jacents à l’épithélium; dans l’ovaire, au contraire, ils s’arrêtent à une distance notable du revêtement épithélial. Les nombreuses ramifications artérielles et veineuses qui se détachent de l’artère utéro-ovarienne, pour se porter à ces deux org^anes, sont enchevêtrées dans les mailles de faisceaux musculaires lisses, qui semblent partir de l’utérus pour se porter dans des directions différentes (1).
Cet ensemble de vaisseaux et de muscles est considéré par Roug’et comme un véritable appareil érectile ; nous avons dit précédemment ce qu’il fallait en penser. Néanmoins il est évident qu’avec une semblable disposition la moindre contraction musculaire devra modifier les conditions de la circulation et déterminer, suivant l’auteur cité, une cong*estion variable. Or, cette contraction a lieu au moment de la rupture de l’œuf, et elle est énerg*ique. N’avons-nous pas vu précédemment que
(l) Roug'et a démontré que ces fibres sont continues à celles de l’utérus, dans lequel elles subissent un double entre-croisement, eu passant d’un faisceau dans un faisceau à direction différente du côté opposé. Eu dehors de la matrice et à partir de son bord externe, ils sont au nombre de trois de chaque côté : un lombaire, un pubien, le troisième ovarien.
Le faisceau lombaire est composé de fibres qui remontent vers la région lombaire et vont s’insérer au fascia propria, qui les fixe à la paroi postérieure du tronc, traversant et enveloppant dans son trajet le cordon vasculaire utéro-ovarien.
Le deuxième faisceau va constituer le ligament rond.
Le troisième ou intermédiaire est représenté par le ligament de
c est elle qui détermine l’adaptation de la trompe à 1 ovaire. Cette adaptation précède la rupture de l'œuf; il est impossible, on le conçoit, de fixer le début de l’adaptation du moment de la rupture; mais on a vu, chez des animaux, la trompe encore accolée huit à dix jours après le commencement du rut (1).
Il est peu difficile d’admettre qu’il en est de même chez la femme. Or, cette contraction détermine chez elle une cong*estion qui pourra durer plusieurs jours. Pendant ce temps les org’anes aug’menteront de volume d’une manière notable.
Une injection sur le cadavre démontre la possibilité de cette augmientation, et, sous l’influence de cette injection, on voit l’utérus se distendre, se redresser dans l’axe du col, et les parois de sa cavité s’écarter. L’ovaire est soulevé; mais la trompe, très-peu vasculaire, n’éprouve aucune modification.
L’observation directe démontre ég’alement cette tuméfaction : pour futérus, la constatation en est facile; mais pour l’ovaire il en est autrement. Nous pouvons cependant citer une observation
l’ovaire, mais il n’est pas borné à ce ligament et ne se termine pas brusquement à l’ovaire, mais passe dans la trame de cet organe. (Ce que conteste Robin, pour qui les fibres musculaires se perdent dans la portion médullaire.) Un certain nombre de fibres passent au-dessous de l'ovaire et à l’extrémité externe concourent à la formation de la corde musculaire qui rattache le pavillon de la trompe à l’ovaire.
En outre du bord supérieur du, ligament de f ovaire, se détachent des fibres qui vont se terminer sur la trompe, après avoir parcouru l’épais-^ seur de l’aileron moyen.
(1) Rouget, loc. cit., p. 745.
d^ljiham^(l), qui a pu voir, sur une femme atteinte de hernie ing’uinale double des ovaires, ces org*anes devenir à chaque période menstruelle volumineux et sensibles pendant tout le temps de l’écoulement.
Cette congestion, bien incontestable, agât d’une manière différente sur l’ovaire et sur l’utérus.
Sur l’ovaire , elle détermine l’augmentation du liquide folliculaire, et agât ainsi puissamment pour produire la rupture de l’ovisac. Gomme la paroi de celui-ci renferme des vaisseaux , il n’est pas rare de voir survenir une petite hémorrhagie par la déchirure; ordinairement limitée, cette hémorrhagie peut devenir assez abondante pour constituer un accident; on attribue même à cette cause certaines hématocèles rétro-utérines.
La rupture de l’ovisac est-elle toujours la conséquence de cet état ?
Goste dit à ce sujet : « L’évolution spontanée des capsules n’aboutit pas toujours au résultat vers lequel elle tend; il arrive assez fréquemment que ces capsules avortent avant d’avoir parcouru toutes les phases de leur développement, et qu’elles sont résorbées sans s’être déchirées. Il peut donc se faire c[ue les ovaires des femelles que l’on ouvre après le rut ou la menstruation n’offrent aucune trace de corps jaunes. J’ai eu pour ma part plusieurs fois l’occasion de vérifier ce fait, soit sur des lapines
(1 1 Oldüam. Gaz. méd,, 1 847. Obs. sur deux fermes de dysménorrhée.
— lüO —
qui avaient cessé d’etre en chaleur, soit sur des femmes suicidées quelques jours après leurs règdes. wGourty (1) pense de même, et dit avoir trouvé quelquefois dans l’ovaire des femmes des corps jaunes provenant de vésicules de Graaf qui se sont flétries et plissées. Nous reviendrons plus bas sur ce point.
De ces faits, tirons cette conclusion que la cong’estion de l’ovaire n’est pas nécessairement suivie de la rupture du follicule.
Du côté de l’utérus, les effets sont plus faciles à constater. La cong’estion ne tarde pas, de ce côté, à déterminer la rupture des capillaires superficiels de la muqueuse, dont le seul soutien, vers la cavité intérieure, est l’épithélium. Il en résulte une hémorrhag*ie dont l’abondance est proportionnée au deg'ré de la cong’estion, et qui cesse avec celleci. Cet écoulement sang’uin a reçu le nom de flux menstruel, en raison de la périodicité avec laquelle il se répète. Il présente des degrés differents, suivant le moment où on le considère. On a pu ainsi établir trois périodes. L’œuf peut se rompre pendant l’une ou l'autre de ces périodes, mais il semble que ce soit le plus souvent au moment du passag-e de la seconde à la troisièihe. Dans la première, période d'invasion^ le mucus utéro-vag*inal, sécrété plus abondamment, contracte une odeur sui generis^ et prend une teinte brunâtre , pendant douze
(l) Coü»T\, 1. c., p, 58.
heures, ving-t- quatre' heures, quelquefois deux jours; la couleur redevient ensuite normale pendant un jour environ; puis, apparaît subitement un écoulement de sang' pur.
La deuxième période est commencée, c’est la période cf état : riiémorrhag'ie est à son maximum, cependant le sang' n’a pas les caractères de celui que fournit un vaisseau ouvert, il est moins foncé, plus fluide, à cause de la g’rande quantité de mucus sécrété par la muqueuse g'énitale et auquel il se mêle. A l’examen microscopique , on trouve, en effet, au milieu d’une sérosité abondante, de nombreux g'iobules roug’es^ des leucocytes et des cellules d’épithélium pavimenteux du vag*in, et nucléaire ou cylindrique de l’utérus. L’analyse faite par Denis lui a fourni les proportions suivantes :
Parties aqueuses 82,50
Parties en suspension et en globules. . . . 10,70
Parties en solution 6,58
Bouchardat a obtenu comme résultat :
Eau
Matières fixes 6,92
Deux OU trois jours , quelquefois plus, d autres fois moins, après le début de riiémorrhag'ie, celle-ci cesse, et l’écoulement reprend g'raduellement le caractère muqueux du début; puis, au bout de ving’t-quatre heures , le mucus s épaississant de plus en plus, tout écoulement cesse. La durée totale est en moyenne do c[uatre ou cinq jours.
Iü8‘j. IVricr. ^
Du reste, il n’y a rien de régulier sous ce rapport, on en aura la conviclion en examinant les deux tableaux ci-dessous.
JDiniois (GOO observations)
DE Bo 1 S M 0 N T
Réglées pendant 1 jour. . .
(562 observations).
Réglées pendant 1 jour. . .
Irrégiilièremcnl
Ainsi, chez 120 femmes sur 600 , d’après Dubois, les règles ne présentaient pas la même durée chaque fois.
Mais , de même que la vésicule de Graaf ne se rompt pas toujours pendant l’époque menstruelle, de même l’hémorrhagie n’est pas le résultat inva-
riable de la congestion utérine dans le meme moment. Aussi la quantité de sang perdue pendant le cours d’une menstruation peut-elle varier de quelques gouttes à un kilogramme environ, et dans certains cas même l’écoulement peut-il faire complètement défaut. Cette absence de règles est le
plus souvent l’indice d’un état maladif désig-né sous iG nom d ciméQorrhée (1).
Si l'on examine l’utérus de femmes mortes subiement pendant l’époque menstruelle, comme Goste a eu occas.on de le faire un assez grand nombre
norf ■ ", cle
lolente , on constate un ensemble de carac-
rnÔm ^ m’occuper ici, mais qui dé-
ntrent bien que l’hémorrhagie vient de la muqueuse utenne, par des déchirures microscopiques du reseaii sous-épithélial.
r la chute de
œuf et 1 écoulement menstruel , n’a été connue
que dans la première moitié de ce siècle. Power fol e premier, en 1821, a nettement formulé, la théo- >ie actuelle de la menstruation , d’après l’observahon de faits assez nombreux. Mais son travail était resté méconnu, même en .Angleterre, lorsque Nég-ner, en Prance, publia, en 1840, ses recherches anatomiques et physiologiques sur les ovaires dans 1 espece humaine. 11 y établit la même théorie, en se basant sur un grand nombre de faits observés epuis 1831. Il y eut à ce propos entre lui et Gencrin une question de priorité qui ne semble pas reso ue en faveur de ce dernier. Des observations semblables, publiées par Pouchet, Kacihorski, .loti) Ou lira avec fruit .sur ce sujet un lemarquable article de Friu
dans le lliclionnaire encyclopédique des sciences mcdicafe. 1865 l M|
(2 l'oiver. lissai sur la consliluliou de la feimie cl sur Iccoiilcmeiil nieiislrucl. Londres, 1821.
loi —
nés, Paleoson, iVlonlg’omery, Bischol'l, lirenl accepter ee fait comme ne souffrant plus d’objections Cependant, plus récemment , Tilt (1) essaya de démontrer que la menstruation et Tovulation sont deux actes le plus souvent concomitants, mais non pas constamment inséparables, et dont le rapport exact n’était pas encore découvert. Nous croyons aujourd’hui ce rapport parfaitement découvert et nettement démontré par- les recherches de Rou-
D’ailleurs, il est dans la science un fait dont . l’exactitude incontestable lèvera les doutes de ceux qui pourraient en conserver encore, c’est une observation de Percival Pott (2) , l’auteur la donne ^ sans la faire sinvre''d’aücun commentaire. Elle a i été reproduite par Coste . qui en a fait ressortir toute la valeur, et je ne puis mieux faire que de donner, in extenso, le passage du savant embryogéniste, qui se rapporte à cette observation i3).
«Une jeune femme de 25 ans vigoureuse bien constituée, jouissant d’une excellente santé, entra a l’hôpital Saint-Barthélemi, à cause de deux petites tumeurs qu’elle portait aux aines, et qi'b uuelaues mois, étaient si do.uloureuses, qu elles 1 a- 4ient empêchée de remplir ses fonctions de servante. Ces tiuiieurs absolument exemptes d ii nanimation, étalent molles, inégales et devenaient ties-
(1) On diseases of women and varions inflaniiiialions, in rclalion lo
mori)iel mensli nalion, clc. Londres, 1853. ^
CD l'crcival l'oil. OKuvres chiiui'cicalcs. laris, 1777, -,i, i'. m-.
S'; Cutlc, 1. c., p. 233.
incommodes lorsque cette femme voulait se Imisser ou faire quelque mouvement qui les comprimait. Elle était donc résolue à tout souffrir pour être soulag’ée, car elle vivait de son trav^ail et ne pouvait rester oisive. On se détermina, par conséquent, à lui faire l’opération, après avoir en vain épuisé tous les moyens de réduction.
« La peau et la membrane adipeuse ayant été incisées, on découvrit un sac membraneux où se trouvait un corps si ressemblant à un ovaire buinain, qu’il était impossible de se méprendre. On en fît la lig’ature et on le coupa. La même opération fut faite du côté opposé et l’on trouva la même chose.
« La femme a toujours joui depuis cette époque d’une parfaite santé ; mais ses règdes, qui jusqu’alors avaient coulé avec la plus grande rég’ularité, n’ont plus reparu; les seins, fort volumineux auparavant, se sont affaissés. Elle est devenue plus rnaig’re et a pris une apparence plus musculaire.
« En lisant les détails de cette observation, recueillie en l’absence de toute espèce de préoccupation systématique , et en réfléchissant surtout à l’influence considérable que l’ablation, de ces petites tumeurs, insig*nifiantes en apparence, a exercée sur tout le reste de l’org^anisme, on est oblig’é de reconnaître qu’il s’agât réellement ici d’une véritable castration; car on ne pourrait concevoir sans cela ni l’affaissement des seins, ni la suppression des menstrues, ni la prédominance inusitée de la muscularité.
«Or donc, puisque, chez cette femme, l’extirpation des ovaires a produit la suppression des règdes, il faut bien qu’il y ait une relation de causalité entre la fonction des org’anes enlevés, et le flux pé • riodique que cette fonction semble tenir sous sa déjiendance. On pourrait, par conséquent, à eu jug’er par ce seul fait, et sans avoir recours h d’autres in-
lOG —
formatioDs, affirmer déjà que fout se passe ici comme chez les mammiiéres, et que ce qui, chez ces derniers, détermine les phénomènes du rut^ provoque, chez 1 espèce humaine, ceux de la menstruation. »
Goste cite encore des observations de castration pratiquée chez des femmes, en Orient. Tous ces faits démontrent la concordance qui existe entre la menstruation et le travail dont l’ovaire est le siég’e.
Chez les animaux mammifères , la richesse vasculaire des org^anes g’énitaux internes étant considérablement moindre que chez la femme, on comprend de suite que le phénomène de la menstruation fasse défaut. La cong’estion existe, mais, comme elle est moindre , elle ne peut déterminer une hémorrhag'ie. Cette conclusion serait cependant trop absolue. Chez la plupart des animaux, la cong’estion utérine occasionne, au moment de la maturité de l’œuf ^ une tuméfaction notable avec injection de la muqueuse vulvaire (lapine). Chez d’autres on voit survenir un écoulement de mucus liquide odorant qui attire les mâles (chienne). Dans certaines espèces, cet écoulement est plus ou moins teinté par une quantité de sang’ variable, comme cela s’observe chez les sing’es.
Gliez les mammifères qui mettent bas plusieurs petits, plusieurs vésicules se rompent, sinon simultanément, au moins dans un très-court espace de temps.
En est-il de même chez les autres , et en particulier chez la femme ? Les exemples de g’rossesses multiples prouvent qu’il en est quelquefois ainsi. Je dis prouvent , parce qu’il existe des faits qui démontrent que deux ovules ont été fécondés à des époques rapprochées. BufPon rapporte qu’une femme accoucha de deux jumeaux , l’un blanc , l’autre mulâtre ; on a ég’alement vu une nég’resse mettre au monde un nègre et un mulâtre. Mais toutes les grossesses g-émellaires ne peuvent pas recevoir une semblable interprétation , il en est qui reconnaissent pour causes des anomalies de l’oeuf ou au moins de l’ovisac.
Mais chez toutes les espèces , qu’il y ait ou non écoulement, le moment de la maturité de l’œuf est marqué par une excitation spéciale , qui pousse instinctivement les femelles à rechercher les mâles, et à se prêter au rapprochement sexnel.
Tous ces phénomènes cessent au bout d’un temps variable, suivant que l’œuf s’échappe plus ou moins tôt de la vésicule. Ils présentent la plus g*rande analog’ie avec ce qui se passe chez la femme dui’ant la menstruation , et dérivent évidemment de la même cause.
Maintenant que nous avons vu comment l’œuf quitte l’ovaire et quels sont les phénomènes qui accompag*nent cette chute, revenons à l’ovaire, et voyons ce que devient la vésicule rompue.
Cicatrisation de Fovisac. — Après l’issue de l’œuf cl sa clmte dans l’oviducte, le follicule présente
une déchirure à, lambeaux ; cette déchirure doit disparaître par une modification naturelle de l’ovisac.
Ce travail de réparation se traduit sur l’ovaire par la formation d’une masse d’aspect variable suivant les espèces animales , mais dont la couleur jaune , chez la femme , lui a valu le nom de corpft jaune.
Cette expression , appliquée à l’ensemble des mammifères, est donc impropre ; le terme d’oariule, proposé par Robin , lui convient mieux.
Ce corps fut signalé d’abord par Falloppe, puis par Wolcher Coïter. De Graaf , en 1679, en donna donna le premier une bonne description, et les considéra comme résultat d’une transformation des follicules après un coït fécondant.
Malpigbi tout en leur donnant leur nom, corpus luteum^ se trompa sur leur nature; il les considérait comme une glande secrétant les matériaux du germe , et destinée à conserver l’ovule , le protéger, l’expulser.
A partir de ce moment, ces deux opinions régalèrent simultanément dans la scienee.
Mais aujourd’hui il n’est plus question de l’opinion de Malpighi , tout le monde s’accorde à faire provenir le corps jaune d’une transformation du follicule.
Quelle est la nature de cette transformation ?
La coloration jaune a fait poser la question d’un caillot.
On a admis, en effet, la formation d’un caillot sous la membrane propre d’après Paterson , dans la cavité folliculaire elle-même selon Pouchet.
Henle partag’e cette dernière manière de voir, mais l’immense majorité des anatomistes la repousse ; l’expérience démontre , en effet, que s’il y a une hémorrhag*ie au moment de la chute, c’est un phénomène accidentel et qui trouble la formation du corps jaune. C’est aussi la conclusion à laquelle est arrivé Zwicki, bien qu’il travaillât sous la direction de Henle.
Nég’Her, Warthon Jones, Montg*omery, Barry, ont supposé à 'tort la production d’une matière jaune au-dessous de la paroi folliculaire.
Confirmant l’opinion de Graaf et celle de Baer, Coste, Courty, Dalton, ont des premiers bien démontré que le corps jaune est dû à un épaississement de la membrane propre.
Plus récemment Bobin, et tout dernièrement His, ont non-seulement confirmé ce fait, mais ont donné une description complète du phénomène. L’on doit considérer comme erronnée l’opinion de Bischoff, B. Wag*ner, Pflüg*er, qui font dériver le corps jaune de la membrane granuleuse.
Disons sans autre commentaire que Funke comparait le corps jaune au jaune de l’œuf des oiseaux.
Voici, suivant Bobin, comment les choses se passeraient.
fin moins de trois ou quatre jours après la rup-
ture de l’ovisac , la membrane propre s’épaissit considérablement (un demi à 1 millimètre et plus).
En meme temps , elle prend dans toute son épaisseur, qu’il y ait ou non du sang* coagulé dans l’ovisac rompu, une teinte rouge de sang’ foncé, et même presque noir ou bleuâtre.
« La surface interne en est rugueuse, comme g’renue; cette membrane a pris la consistance d’une muqueuse, mais elle est pourtant plus friable. Elle se détache facilement du tissu sous-jacent par des tractions convenablement faites et laisse à nu une surface lisse, d’un rose pâle, que la dissection, le mode de déchirure et l’examen au microscope montrent être directement le tissu de l’ovaire. La couleur de ce dernier tranche sur celle de la membrane simple, de même consistance et de même aspect dans toute son épaisseur qu’on vient d’enlever. »
La cavité est remplie d’une sérosité épaisse, gélatiniforme, colorée par un peu de sang.
L’hypertrophie continuant, la membrane se plisse sur elle-même. Les replis se touchent à la manière des circonvolutions du cerveau, et le liquide épanché dans la cavité disparaît à mesure que ces plis s’avancent vers le centre de la vésicule. On trouve à sa place une masse molle et g’risâtre de matière amorphe.
L’accroissement de ce travail ne présente pas les memes proportions dans tous les cas, et la différence est tellement tranchée suivant que l’oeuf sorti de la vésicule a été ou non fécondé, que 1 on doit
diviser^ avec Geste et Dalton, les corps jaunes en deux espèces^ ceux de la grossesse et ceux de la menstruation.
Les premiers arrivent à leur maximum de développement vers le troisième mois de la gTossesse. A cette époque, ils sont quelquefois beaucoup plus volumineux que l’ovaire lui-même.
A partir du quatrième mois ils commencent à s’atrophier; et au moment de raccouchement ils ont perdu les deux tiers de leur volume et forment encore un tubercule de 7 à 8 millimètres d’épaisseur ; au bout de deux mois ils sont réduits à l’état d’un petit noyau dur qui persiste plus ou moins long’ temps.
Dans le cas, au contraire, où la fécondation n’a pas eu lieu, le çorps jaune n’atteint jauiais un volume aussi considérable, et sa décroissance est assez rapide pour qu’au trentième ou au quarantième jour il soit réduit à un petit tubercule cicatriciel .
Ces faits, tels que nous venons de les décrire, ne peuvent reconnaître pour cause le simple plissement de la paroi propre, sous l’influence de l’élasticité du tissu qui l’environne, et suivi d’un travail inflammatoire.
L’étude histolog’ique du corps jaune nous en donnera manifestement une preuve de plus.
Dès le début de la formation du corps jaune, c/est-à-dii*e peu api’ès la chute de l’œul’, il est facile
de constater que Fhypertropliie de la paroi folliculaire est due à la multiplication extrêmement rapide des éléments qui la constituent. La matière amorphe devient plus abondante, molle et friable, elle écarte les éléments constitutifs. Les vaisseaux qui la traversent sont énormément cong*estionnés, d’où la coloration foncée.
Des granulations g*raisseuses et des g'outtes d’huile, soit libres, soit incluses dans les cellules, se montrent en quantité considérable.
Mais la multiplication des cellules propres de l’ovisac est le fait capital de ce travail. Peu de temps après la rupture de la membrane, on voit ces cellules s’bypertrophier jusqu’à atteindre un diamètre double ou triple de celui qu’elles avaient auparavant. Il n’est pas rare alors de voir ces cellules se seg’menter. La scission porte tantôt sur la cellule et son noyau tout à la fois, tantôt sur la cellule seulement. Celle des cellules qui se trouve ainsi sans noyau ne tarde pas, au bout d’un certain temps, à en être pourvue. Ce nouveau noyau s’y développe par g’enèse spontanée.
La seg*mentation n’est pas, le seul mode suivant lequel s’accomplit la multiplication des cellules de l’ovisac. Nombre d’entre elles naissent spontanément, d’abord sous forme d’un noyau ovoïde, pâle transparent, sans nucléole, du volume d’une bémalic. Ce noyau est assez promptement entouré d’une masse de substance org’anisée qui 1 enveloppe en
tolalilé ou en très-gTande partie ; une fois nées ainsi, ces cellules auganentent rapidement de volume, et cette aug'inen talion se manifeste aussi sur le noyau, qui ne tarde pas à présenter un nucléole.
Pendant que ces phénomènes de multiplication s’accomplissent, les cellules qui en sont le résultat sont envahies par une production g*ranuleuse de nature gTaisseuse .
On voit en effet naître dans leur intérieur un g’rand nombre de ga*anules assez abondants pour masquer le noyau et chang^er la coloration brunâtre de la paroi, qui devient d’autant plus jaune que les g*ranules y sont plus abondants. Ces g*rains, d’aspect et de nature g^raisseuse, présentent un volume variable; il en est dont le diamètre atteint 0‘"”',006 à O”"", 007, ce sont de véritables g’outtes d’huile sphériques et arrondies. D’autres fois, ce sont de fines g*ranulations jaunâtres, ne dépassant pas O®”, 001. Ces matières, remplissant complètement les cellules, leur donnent un deg’ré de friabilité qu’elles ne possédaient point.
On rencontre encore ces g^ranulations et ces g’outtes d’huile librement répandues au milieu de la matière amorphe et des nattes de fibres lamineuses qu’elles écartent. Leurs caractères sont identiques ici comme dans les cellules.
C’est sous l’influence de ces productions que les débris des cellules acquièrent un volume plus considérable et aussi une coloration différente; cette masse de gTanulations jaunes lui communique sa
coLileur. Gliez certains animaux, les granulations sont g’rises ou rosées, Toariule est crune couleur g’rise ou rosée. On voit qu’ici le nom de corps jaune serait mal appliqué. D’ailleurs les différences de coloration ne dépendent pas exclusivement de l’espèce; mais sur une même oariule on peut rencontrer des colorations différentes, suivant la période de son évolution.
En même temps la vascularisation devient trèsabondante, non-seulement il y a multiplication des vaisseaux sangmins, mais aussi de lymphatiques, dont l’abondance à ce niveau, fait du corps jaune, suivant His, un lieu d’élection pour l’injection de tout le réseau de l’ovaire. Les g*randes cellules de l’ovisac réparties au milieu des mailles capillaires, ont fait comparer par cet - anatomiste une coupe de F oariule examinée au microscope à une tranche minee du foie.
- Lorsque le corps jaune s’atrophie, les éléments sont le siège d’une résorption graduelle qui fait disparaître cellules, gTanulations et matière amorphe; aune certaine époque il ne reste plus qu’une lég’ère trahie g’risâtre, représentée par le tissu lamineux antérieurement interposé aux eellules.
Plus tard ce tissu lamineux lui -même s’atrophie en partie.
Dans certains cas un épanchement sanguin, effectué au moment de la rupture, vient modifier la marche de la cicatrisation.
L’épanchement sanguin est variable et semble
dépendre de l’étendue de la décliiriire. La vascularité de la paroi propre de Tovisac, nous l’avons dit, est à son mininiuni au sommet de la vésicule. Le sang' épanche,, loin. dQ .former l’oariule, en retarde au contraire l’apparition, jusqu’à ce qu’il soit en- g'rânde partie résorbé. Ce qu’il en reste alors constitue la masse g’risâtre centrale de l’oariule, cette masse ne serait que de la fibrine ramollie souvent teintée des nuances les plus variées. — Ces teintes sont dues à des g*raii^ Chéniatpsine mêlés parfois de cristaux d’hématoïdine. Selon His le noyau central est formé de cTirps rusiformes provenant de la paroi, il y existerait même des vaisseaux, mais la présence d’hématosine, la constatation nette et précise de fibrine altérée sont contraires à cette manière de voir.
Tel est le mode de cicatrisation de la vésicule rompue. Bischofï (1) a essayé d’expliquer la différence qui existe entre le corps jaune de la gTossesse et celui de la menstruation.
Suivant lui l’ovaire de la femme enceinte est racorni, petit et peu vasculaire. Il peut donc se développer aisément sans que rien vienne bâter sa résorption. Lorsqu’au contraire il n’y a pas eu fécondation, le follicule, à peine ouvert, devient le siég'e d’une cong'estion sang’uine et d’un travail qui détermine la maturité d’un autre ovule. La résorption du corps jaune est alors bâtée et le follicule récem-
(1; f tildes sur la théorie de la menstruation et de la fécondation. Arcl). méd. 1854. Série V. 2, 3, p. 545.
ment ouvert disparaît bientôt. 11 y aurait dans ce dernier cas une sorte de révulsion.
Il faut convenir que c’est là une vue toute hypothétique. D’abord ce n’est pas la vascularité qui fait défaut dans le corps jaune de la gTossesse^ au contraire, les vaisseaux y sont très-développés ; His y décrit des lacunes veineuses et lymphatiques ; admettons même qu’il y ait peu de A^aisseaux , alors pourquoi une assimilation si intense?
Si l’on doit trouver une cause à ces différences, ce n’est pas, je le crois du moins, de ce côté qu’on dcA^rait la chercher. C’est ce que donne à penser l’analog*ie qui existe entre les cellules propres de l’ovisac et certaines cellules que l’on rencontre dans le tissu de la muqueuse utérine.
Bien qu’il n’y ait pas identité entre ces deux sortes d’éléments, leur hypertrophie et leurs ch alignements de structure pendant leur évolution sont notablement analog*ues.
Aussitôt que l’ovule vient se fixer sur la muqueuse utérine, les cellules propres de cette membrane subissent une eA^olution semblable’ de tous points à celle dont les cellules de l’ovisac sont le siég’e. De même la matière amorphe devient très- abondante, de même aussi de nombreuses g’ranulations moléculaires apparaissent, donnant à la muqueuse une teinte jaunâtre. Mais , tandis que la membrane de l’ovisac se résorbe g’raduellement après cette hypertrophie , la muqueuse utérine se détache et tombe sous forme de ineniliranc caduque.
jl est impossible de ne pas voir là des rapports de causalité , et cependant l’infUience de la vascularisation ne pourrait pas , je crois , être invoquée ici par Biachoff dans le même sens que pour l’ovaire.
L’explication est encore à trouver; à son défaut,contentons-nous de constater le fait.
Nous avons terminé l’étude du phénomène de la chute de l’œuf, ou ovulation, considéré en luimême et dans son ensemble , il nous reste cependant, pour être complet, à examiner un point qui a été l’objet de débats animés entre les physiolog'istes : l’ovulation est-elle un phénomène spontané, ou bien, pour qu’elle s’effectue, l’intervention du mâle est-elle nécessaire ?
Influence de la fécondation sur la chute de F œuf. — Ovulation spontanée. — A une époque où l’on pouvait supposer que la vésicule de Graaf était l’œuf, on fut aisément conduit à admettre que celui-ci se formait seulement sous l’influence de la fécondation; mais, la découverte de Baer, en démontrant ^ que l’œuf véritable préexiste à la fécondation, détruisit cette hypothèse, en en laissant toutefois une é autre à la place.
On admit alors que la rupture de la vésicule n’avait jamais lieu sans l’intervention du mâle , sans qu’il y eût fécondation.
Pour soutenir cette théorie, il fallait admettre V- une exception , car chez les insectes , les vertébrés,
18ij6. Perier. * 8
les ovipares, la séquestration des femelles n’empeclic pas la ponte des œufs, ün admit donc* une exception pour l’homme et pour les mammifères.
Cependant, les observations de Goste et de Négrier firent rentrer cette exception dans la règ*le, en démontrant que la chute de l’œuf ést spontanée. Peu après, les travaux de Bischoff, de Pouchet, de , Raciborski, Courty^ etc., apportèrent de nouvelles preuves à cette nouvelle loi.
Dès 1833, Négocier (1) , d’Angœrs , observa des corps jaunes sur les ovaires de filles encore vierg*es; et, remarquant la coïncidence entre l’apparition du corps jaune et l’époque des règles, émit cette idée qu’une vésicule de Graaf se rompt à chaque menstruation.
En 1836, dans son cours au Muséum d’histoire naturelle , Coste , s’appuyant sur des recherches entreprises depuis deux années, établit nettement que chez l’homme et les mammifères, la chute de l’œuf est spontanée.
L’année suivante, en 1837, il publiait son embryogénie comparée, dans laquelle on trouve ce passage :
« A l’époque du rut , les vésicules de Graaf, celles du moins qui sont arrivées à maturité, distendues par le liquide autour duquel l’œuf se trouve sus-
(1) Recherches anal, et phys. sur les ovaires dans l’espèce humaine. Paris, 1840.
pendu, se déchirent en nombre fort variable
Le passag’c des œuls dans les cornes de la matrice ne saurait avoir lieu à une époque rig’oureusement détei'minée pour toutes les femelles j car, puisque, comme le prouve l’existence des corps jaunes dans les ovaires des femelles vierg*es , la déchirure des vésicules de Graat se produit indépendamment de l’acte copulateur, il s’ensuit que, dans les cas où l’accouplement a lieu lors de leur maturité complète^ elles laissent échapper l’œuf au moment même, ou aune époque plus ou moins éloig*née, suivant qu’elles se rompent d’une manière plus ou moins tardive. »
Les observations de ce g*enre ne tardèrent pas à se multiplier. Tandis que Gendrin, Pouchet, Kaciborski , en France, confirmaient les faits sig*nalés par Nég’rieret Goste ; de leur côté. Jones (1), Lee (2j, Paterson (3) en Ang'leterre , montrèrent , d’après l’ouverture des corps de femmes mortes , au moment des règ’les , ou peu de jours après, que des corps jaunes s’étaient formés sur l’ovaire, sans nulle apparence de conception, sans rapprochement préalable des sexes.
Jusqu’ici la théorie n’était basée que sur des faits d’observation. Biseboff entreprit la démonstration expérimentale.
Dans une première série d’expériences, il extirpa l’utérus à des animaux (lapine, chienne, truie),
(1) Praclical observ. ou disiasjs oF woiiien. Londres, 1839. P. 220.
(2) .M('(l. chir., Transacl, 18.39. T-22, p. 329.
(3) Edimb. méd. and surg. Journ, 1840.
et constata néanmoins la formation de corps jaunes; il en conclut que la fécondation n’est pas la cause de la chute de l’œuf. Mais comme il avait laissé les animaux s’accoupler, le fait pouvait recevoir l’interprétation qu’Haigditon (1) avait tirée d’expériences semblables, à savoir que la seule intervention du mâle influençait les ovaires, indépendamment de l’action du sperme.
Répétant ses expériences, sans permettre cette fois l’accouplement et même la vue du mâle, il constata bien réellement la formation de corps jaunes. L’observation se trouvait ainsi confirmée par l’expérience. Mais Biscboff alla trop loin en niant toute influence, soit du coït, soit de simples excitations gœnésiques, sur la rupture de la vésicule.
Les expériences de Goste démontrent, au contraire, « que si le rapprochement des sexes n’est pas la cause essentielle du phénomène, il a au moins le pouvoir d’en précipiter la réalisation, et souvent même d’empêcher c[u’il n’avorte. » Après avoir constamment vu que les œufs avaient quitté l’ovaire sur des lapines tuées dix ou quinze heures après le coït, il fit les deux expériences suivantes :
Première expérience. Une lapine en chaleur fut mise au male. Elle montra une si grande ardeur, que presque au même instant l’accouplement aurait eu lieu si, à plusieurs reprises, on n’y eût mis obstacle. Après avoir ainsi constaté quelle était
(l)Haighlon. An experimental inquiry concerning animal impregralion. — Philos. Transact. 1797, p 159.
bien réellement clans cet état où, c|uand il a lieu , le rapprochement des sexes est ordinairement fécond , on transporta la femelle dans une cage séparée. Le lendemain l’expérience fut répétée , en ayant toujours le soin d’empêcher le coït au moment même où il allait s’accomplir. Enfin, le surlendemain, quarante-cinq heures après la première expérience, la femelle, qui manifestait encore le désir de s’accoupler, fut ouverte, et voici ce que l’examen des parties génitales in • ternes permit de constater : l’utérus, les oviductes, les pavillons, se trouvaient dans un état de turgescence et d’injection qui sont les caractères du rut; les ovaires étaient intacts; sur celui du côté gauche il y avait six vésicules de Graaf fortement distendues; sur celui du côté droit il y en avait deux dans le même état, mais aucune d’elles n’offrait de traces de rupture. Les œufs , renfermés dans ces vésicules distendues, ne paraissaient le siège d'aucune altération ; ils avaient tous leur vésicule germinative.
Réflexions. En réfléchissant à la signification de l’expérience que je viens de rapporter, on ne peut s’empêcher de reconnaître que cette expérience tend à démontrer l’active influence exercée par le mâle sur les follicules de Graaf pour en provoquer la rupture; car si, dès le premier jour, on avait laissé la femelle libre de s’accoupler, l’émission des œufs aurait eu lieu dix ou douze heures après le coït. Or, trente-cinq heures se sont écoulées au delà de ce terme ordinaire, et cependant ces mêmes œufs étaient renfermés dans leurs capsules intactes; et l’état dans lequel j’ai trouvé ces capsules indiquait que leur séjour s’y serait prolongé davantage. C’est, du reste, ce que le fait suivant va mettre en évidence.
Deuxième expérience. Une lapine en chaleur fut , trois jours de suite, présentée au mâle, pendant une ou deux minutes chaque fois , et manifesta constamment un vif désir de s’accoupler; maison eut toujours la précaution d’empêcher le rapprochement. Le quatrième jour elle cessa d’être en rut, et le cinquième elle fut ouverte. Son utérus , et ses trompes étaien
injectés d’un sang noirâtre; les ovaires n’oftraient aucune trace
de déchirure. Sur celui du côté droit on rernaniuait sept vé.sicules de Giaaf tui'gescentes, niais intactes; il n’y en avait qu’une seule, dans le môme état, sur celui du côté gauche. Il pst donc évident que, dans ce cas, les capsules ovariennes n’ayant pas été sollicitées par la stimulation que la conception leur fait ordinairement éprouver, sont restées stationnaires, non-seulement pendant toute la durée du rut, mais encore pendant vingt-quatre heures après cette péi iode.
Ainsi donc, il peut se faire que la rupture des follicules de Graaf, chez les lapines du moins, soit retardée par la seule raison que le mâle n’est pas intervenu; il peut ariâver aussi ([ue, par le même motif, elle ne .se l'éalise point du tout, et, dans ce cas, ou les follicules restent stationnaires, conservent leurs œufs emprisonnés, les tiennent en réserve pour les mettre en liberté à la prochaine époque du rut, ou bien deviennent le siège d’un travail rétroactif (jui les résorbe et les efface.
Ainsi^ de l'ensemble de tons ces faits, il ressort pour nous f[ue la chute de l’œuf est un phénomène spontané. On peut, bien que sans preuves, admettre que pendant la maturation de l’œuf, un certain dej^ré de distension des vésicules agât par action réflexe sur l’appareil vasculaire des org’anes g’énitaux, d’où la cong’estion qui précède , accompagTie et suit la rupture de la vésicule! — Mais pourquoi une seule vésicule arrive-t-elle ainsi à maturité, l’ovaire en renfermant un si g’rand nombre? Ce fait est inexpliqué.
La question va nous paraître encore plus difficile à résoudre en étudiant les époques auxquelles l’œuf arrive à maturité.
g 2. — Epoques de la chute de t œuf. Menstruation.
Nous avons vu que la chute de l’oeul s acconipag’nait chez la femme des phenomenes de la menstruation, chez les animaux de ceux du rut.
Or, ces derniers phénomènes se reproduisent d’une façon rég*ulière depuis que la femelle est apte à concevoir, jusqu’au moment où elle cesse de jouir de cette faculté.
L’étude de leur apparition, de leur fréquence et de leur cessation nous indiquera donc à quelle époque la chute des œufs commence à s eflectuei , à quels moments elle se renouvelle, et enfin à quel càc-e la femelle a fini de remplir son rôle, relative-
ment à la conservation de l’espèce.
Occupons-nous d’abord de déterminer ce qui, sous ce rapport, se passe chez la femme. Nous en rapprocherons ensuite ce qu’on observe chez les animaux.
De tout temps on sait que les jeunes filles ne sont nubiles et fécondes qu’à partir du jour où elles ont été rég*lées pour la première fois. Les anciens médecins avaient reconnu la plus g’rande fréquence de la conception lorsque le coït a heu pendant les règ*les ou immédiatement après. Tous les traités classiques citent des passag*es d’Hippncrate, de Lalien, fie Boerliaave, Haller, où cette opinion est nettement formulée (1). 11 importe donc pour nous de
(1 ) Voyez Lonçel. Traité de Physiol, l. iK p. 7 24 et siiiv.
savoir à quel âg’e de Ja femme a lieu la première poule, c’est-^-dire cjuelle esl l’époque de la j)remière apparition des règ*les.
Première menstruation. — En comparant les statistiques formées par des observateurs appartenant à des pays différents, on constate que l’époque varie pour un même endroit dans des limites assez étendues. On remarque en outre que le chiffre qui représente la moyenne pour chaque endroit diffère notablement suivant la position de ce lieu. Joulin (1) a réuni un g’rand nombre de statistiques où les chiffres étaient trop peu nombreux pour qu’on put en tirer des moyennes suffisamment positives. 11 a rassemblé ainsi 14,678 faits, qu’il a divisés en trois g’roupes répondant aux trois gTandes zones climatériques : tempérée, chaude, froide. La première, séparée des deux autres au niveau des 33® et 54® (Madère à Manchester) deg*rés de latitude.
De cette statistique on peut conclure que, sous l’influence d’un climat chaud, la puberté se manifeste plus tôt que dans les climats tempérés et . froids, et qu’entre les moyennes de ces deux derniers il existe une différence de même sens, mais moins tranchée. Or on peut eonsidérer comme période normale de l’établissement des règdes, celle comprise entre douze et dix-huit ans, pour les climats tempérés, entre onze et quinze pour les climats chauds, entre treize et vingt et un ans pour
(1) JoiiLiN. Traité complet d’accoudiement.'î, 1866, f' partie, p. 1 1 1. y*
les climats froids. Dans chacune de ces catég'ories. l’apparition fies règdes avant ou après les limites marquées, indique une précocité ou un retard.
Pour ces trois zones, il est donc une époque normale commune, celle comprise entre 13 ans, minimum des pays froids, et 15 ans, maximum des pays chauds.
Roberton, de Manchester, qui a publié, de 1832 à 1847^ un g’rand nombre d’articles sur cette question dans Y Edinburgh medical and surgical journal^ était arrivé à cette conclusion que la puberté, sous toutes les latitudes et dans les différentes races, s’établit à la même époque, c’est-à-dire vers la 15® année.
Mais de l’ensemble des tableaux de Joulin, il résulte que cette manière de voir n’est pas tout à fait exacte; car, tout en admettant que l’apparition des règ’les à 15 ans soit un état normal, on voit que plus fréquemment cette apparition a lieu au-dessous de cet âg*e dans les pays chauds, au-dessus dans les pays froids.
En considérant, d’autre part, que certaines filles '• sontrég’lées à 12ansà Copenhag’ue, d’autres àl7 ans . seulement à Calcutta, on est amené à cette conclusion que le climat n’a pas seul une influence .sur la puberté.
. 11 est certain f[ue les conditions individuelles de
constitution, d’byg*iène, de rég’ime et d’éducation ont une influence notable sur ce phénomène, et
' -it
que tout ce qui concourt à aug*menter l’activité de ]’org*anisme agdt en meme temps pour hâter la terminaison de l’enfance.
La menstruation est g*énéralement tardive chez les enfants misérables.
Lorsque l’ovaire conduit ainsi pour la première fois un œuf jusqu’à sa maturité, on voit se produire un ensemble de phénomènes qui indiquent*une modification profonde de la constitution. Ces phénomènes précèdent même le plus ordinairement la première irruption du flux menstruel. Le bassin s’élargât, les org’anes g*énitaux internes trouvent à s’y log’er et occupent leur place définitive. Les org’anes g’énitaux externes subissent aussi des chang*ements qui se traduisent par une aug*mentation de la saillie du mont de Vénus, l’apparition de poils sur cette rég'ion. Les seins commencent à se développer.
Dans la composition interne de l’ovisac, nous avons déjà parlé de l’apparition des cellules propres de la paroi.
Il semble que souvent l’œuf approchant de sa maturité, la cong*eslion des org’anes g’énitaux se manifeste par une réaction plus ou moins profonde sur les fonctions de nutrition et surtout de relation. Mais cependant cette cong’estion peut ne pas provoquer la rupture de la vésicule, non plus (pie l’hémorrhag’ie utérine, alors ces phénomènes cessent pour se montrer de nouveau un peu plus tard, jusqu’à ce qu’ils aboutissent enfin.
Il est plus rare de voir la ehute de l’œuf et l’écoulement sang’Liin se montrer d’emblée sans qu’il y ait le moindre retentissement sur rorg*anisme.
Raciborski a rassemblé un certain nombre d’exemples de menstruation extraordinairement précoce ou tardive. Les exemples de retard n’offrent rien qui puisse étonner^ on peut toujours supposer un dévoloppement défectueux, mais cependant ces cas sont beaucoup plus rares que ceux où jamais la menstruation ne s’établit.
Des faits beaucoup plus étonnants sont ceux où des enfants âg*és de quelques mois à peine ont présenté un écoulement sang-uin périodique, avec développement des seins^ apparition de poils au pubis (1). Ces observations peuvent trouver une explication plausible dans l’état de l’ovaire àcetâgœ. N’avons-nous pas vu qu’à la naissance l’œuf était complet et renfermé dans un ovisac auquel il manque un seul élément pour être constitué comme il devra l’être plus tard. Il semble que dans ces cas un développement plus hâtif sera chose possible et que l’œul, arrivant de très-bonne heure à maturité, cet état se traduirait alors à la manière ordinaire.
Ce qui tendrait à prouver que ces règdes si hâtives sont liées à une maturation précoce de l’œuf, c’est l’observation citée par Garus (2) d’une femme
(1) lUciBOiisici De li piiberlc cl de l’âg'c ci iti(iuc chez la femme, etc , I84'i, p. 77.
(2) C.-.I. Meyer. Syslcm, llandbiich znr Krkciilnisse und Heelmig der Blutflüsse, Wieii, 1807. T. Il, p. 38 1 .
qui commença à être rég’lée à 2 ans et f|iii devint grosse à 8 ans. Elle a toujours joui d’une très-bonne santé et a succombé dans un âg’e très-avancé.
Périodicité de la menstruation.
Les règ*les une fois établies se renouvellent à des époques rég’ulières pendant un certain temps de la vie, pour ne cesser que pendant la grossesse et l’allaitement. Il y a des exceptions à cette règle, mais la plupart sont des états morbides.
Le retour périodique des règles ne se présente pas toujours au début avec la régularité qu’il aura par la suite. Nous avons vu que la première rupture de l’œuf ne s’effectuait pas toujours sous l’influence d’un premier effort. Cette espèce d’hésitation se reproduit souvent avant l’apparition de la seconde menstruation^ et même plusieurs fois de suite avant l’établissement définitif. C’est ainsi qu’un assez long’ intervalle peut s’écouler entre les deux premières menstruations. Raciborski ayant noté chez quatre-ving’t-sept femmes la distance écoulée entre les deux premières époques menstruelles, n’en a trouvé que cinquante-huit chez lesquelles ces deux époques n’offraient pias plus d’un mois d’intervalle. Parmi les autres la deuxième époque apparut :
Chez 2 après G semaines.
— 4 — 2 mois.
Uiez 1 — 5 semaines.
— 3. — 1 an.
Mais une fois le cours normal établi, quelle est la durée de l’intervalle qui sépare l’apparition des deux époques? D’après Brierre de Boismont (1) elle serait de trente jours chez la majorité des femmes. D’après Schweig’ (^2) qui a fait plus de cinq cents observations sur soixante femmes, l’intervalle serait en moyenne de 27 jours 39. Le retour se ferait donc entre le 27® et le 28® jour.
Clos (3) a dernièrement publié l’observation d’une femme qui a noté les époques de sesrèg*les pendant une période consécutive de ving’t-sept ans, soit deux cent quatre-vinod-quinze menstruations. Sur ce total o’énéral il y eut :
2 intervalles de 24 jours.
Beaucoup d’autres exemples montreraient que c liez une meme femme l’intervalle peut varier ainsi,
( 1 ) Brierre de Boismont. De la menstruation dans ses rapports physiol. et path. Paris, 1842. *
(2) Roser et Wanderlich. Médic. Vierteljahrsschrifl, 1844, p. 1.
(3) J. Béclard. Traité élém. de physiol, 4® édition, p. 1059. Note 1.
etmêmedans des limiiespliis étendues. On a cilédes exemples de femmes qui étaient rég*lées toujours le même quantième de chaque mois. C’est, sans contrcdU, i’irrég’ularilé la plus sin3*ulière.
Le plus souvent, le retour anticipe sur le quantième du mois précédent. Il n’est pas rare de voir des femmes être régdéestous les quinze jours, d’au-
tres toutes les six semaines. On a cité des exemples rares de femmes rég'lées tous les six mois ou tous les
ans.
Tous les accoucheurs rapportent des exemples de femmes qui n’ont jamais été rég*lées et qui cependant sont devenues enceintes.
Dans ces cas, l’ovidation spontanée ne s accompaginait pas d’une cong’estion sang'uine suffisante. Il serait curieux de connaître la disposition des vaisseaux utéro-ovariens chez ces femmes.
La g-rossesse suspend le retour périodique des règ*lesau point que leur suppression est un signe des plus probables de la conception.
Mais en est-il toujours ainsi ? Des accoucheurs considèrent comme authentiques certains cas de règdes ayant continue pendant la grossesse.
Pajot, dans ses cours, considère ces écoulements comme des hémorrhagies tout à fait distinctes du flux menstruel .
Si ces exemples étaient bien authentiques, ils tendrait à prouver que la fécondation d’un ovule n’arrête pas toujours l’accroissement de ceux qui sont restés dans l’ovaire; cependant les conditions
anotomiques de rutérus ne sont plus favorables à riiypollièse d’un flux par la muqueuse utérine. Mais ici le flux pourrait très-bien se faire ailleurs.
Thirial a cité un cas d’absence de l’utérus et conservation des ovaires, avec écoulement menstruel; par la muqueuse vag’inale (1).
On trouve dans la thèse de Lefort (2) une observation de Dionis, d’une ûlle de vingd ans qui douta quelque temps qu’elle fût enceinte parce qu’elle . avait ses ordinaires, mais non pas en si g^rande quantité. Au terme de sa gTOssesse, elle mourut subitement, et, en pratiquant l’opération césarienne pour essayer de sauver l’enfant, on trouva un utérus bicorne.
Cette observation pourrait faire supposer que dans un certain nombre de cas il existe une anomalie de ce g’enre. Cependant la g*rossesse aboutit rarement à bien dans ces vices de conformation.
Des faits tout aussi sing*uliers encore sont ceux de femmes qui n’ont été régulées que lorsqu’elles sont devenues enceintes, mais l’explication dans ce cas ne saurait différer de celle à donner aux cas précédents.
Après l’accouchement , les règ’les réapparaissent au bout d’un temps variable; mais il faut disting*uer ici deux cas , suivant que la femme allaite ou non.
Dans le premier cas, les femmes ne sont pas men-
(1) Cazeaux. Traité d’accouchements P. 75, noie I.
(2) Léon Lefort. Des vices de conformalion de l’utérus et du vagin.
slruées pendant tout le temps que dure Tallaitement. 11 y a cependant de nombreuses exceptions , et même dans les cas où les rôg'les ne paraissent
pas , il n'est pas rare de voir les