IL FONCTIONNE COMME UNE GLANDE
Il est évident que toutes les glandes possèdent la même structure. Or, il est facile de démontrer que celle du poumon est identique à celle d’une glande en grappe, et que l’appareil respiratoire ne diffère pas d’un appareil de sécrétion. Si nous prouvons, au point de vue anatomique, ce que nous avançons ici, on ne se refusera point à admettre la structure glandulaire du poumon.
§ 1er. — Analogie entre les voies aériennes et les voies d’excrétion des glandes.
Si nous comparons l’appareil de la respiration à un appareil de sécrétion, nous voyons d’abord que les voies aériennes, étendues des narines à l’extrémité des bronches, sont des canaux analogues aux canaux excréteurs des glandes en grappe, aux canaux biliaires, salivaires, pancréatique, par exemple. Cependant il semble au premier abord qu’il y ait de grandes dilîérences. C’est précisément à cause de ces différences, | plutôt apparentes que réelles, qu’on a, pour ainsi dire, j méconnu l’identité de structure de ces deux appareils, | et de là l’identité de leurs fonctions. Voici (juelles sont |
LK POUMON EST UNE GLANDE EN GHAPPE
ees dittërences. D’abord, les canaux excréteurs des pou- I iiioiis ont des parois rigides et béantes. Ensuite , ces canaux changent fréquemment de calibre vers les parties supérieures. Enfin, leur structure diffère complètement à l’extérieur des poumons ou dans l’épaisseur de ces organes. Ce sont précisément ces différences qui nous portent à voir une identité parfaite entre ces canaux excréteurs et ceux d’une glande en grappe. Si cet apjiareil de sécrétion était placé au fond de la cavité abdominale, et qu’il ne servît pas à deux fonc- [ tiens, certainement la structure de ces conduits ne 'Serait nullement modifiée. En effet, si les parois de ces conduits excréteurs sont rigides , cela tient à la desti- I nation physiologique du poumon qui doit recevoir l’air I pendant l’inspiration. Supposons ces parois inembraineuses et souples comme celles des conduits biliaires. Au moment de l’inspiration, c’est-à-dire pendant que I le vide se fait dans le poumon, en même temps que la [poitrine se dilate, ces parois s’appliqueraient à elles- ' mêmes, et l’air ne pénétrerait point dans le thorax. Cette rigidité des parois des conduits excréteurs des poumons était nécessaire , autant que le tissu fibreux de la région cervicale, qui maintient béantes les veines jiigu- I laires et empêche leur affaissement pendant l’inspiration (car le phénomène de l’inspiration précipite en même temps vers la poitrine le courant de l’air et du sang veineux).
Les voies d’excrétion du poumon sont fréquemmcnl
ANATOMIIi liT I*11VSI0L0(J1K DU POUMON.
modifiées dans leur calibre vers leur partie supérieure.! Nous voyons, en effet, un rétrécissenieiiL au niveau du|i; larynx , et une conformation spéciale du tube vocalli qui est formé tantôt par la bouche, tantôt par les fos4; ses nasales. Ces modiücations, dans la conformation dei>i: canaux excréteurs des poumons, tiennent au rôle que|i( joue le phénomène de la respiration dans la productioni!j de la Amix et dans l’articulation des sons, puisque latf voix se fait entendre au moment où le courant d’air expirateur fait vibrer les cordes vocales inférieures et que l’articulation des sons se produit dans la cavité buccale, pendant le passage du même courant d’air expirateur. Par conséquent, les^lifférences que présentent les conduits excréteurs du poumon sur les différents points de leur trajet n’impliquent pas que ces conduits ne soient identiques aux conduits excréteurs des autres glandes ; ces différences montrent seulement qu’un même appareil peut servir cà plusieurs fonctions.
Les conduits excréteurs des poumons présentent une structure différente , au centre de ces organes et en dehors d’eux. Hors des poumons, les conduits excréteurs sont formés de parois rigides qui permettent à peine le rétrécissement et l’élargissement de leur calibre. Dans l’épaisseur du poumon, au contraire, ces conduits ont une structure telle qu’ils peuvent se dilater ou se rétrécir selon que le poumon se dilate ou se rétracte. Pourquoi cette différence qui n’existe point dans les conduits excréteurs des glandes en grappe
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rclinaires? Cette différence s’explique précisément par I fonction spéciale qui est dévolue au poumon, indéendamment de la fonction de sécrétion. En effet, penant l’inspiration , cet organe élastique ne pourrait mint se dilater aisément et suWre les parois thorai iques, si les tuyaux bronchiques auxquels adhère ^3 tissu pulmonaire ne participaient en partie à ce [iiouvement d’expansion.
' En résumé, en ce qui concerne la portion excrétante Si.es glandes en grappe, il nous paraît évident qu’il y a Line analogie complète entre la disposition des canaux bxcréteurs des glandes en grappe et celle des canaux bxcréteurs du poumon.
j § II. — Analogies entre la portion sécrétante du poumon I et celle d’une glande en grappe.
I Si nous comparons la portion sécrétante des glandes irn grappe avec celle du poumon, nous trouvons encore i jon plus une analogie , mais une identité parfaite entre Nîes organes. Nous verrons ensuite que la différence qui l'îxiste entre la portion sécrétante d’une glande en îgrappe et la portion excrétante se rencontre aussi entre les portions sécrétante et excrétante de la glande oulmonaire.
Prenons la glande, que trouvons-nous dans la portion i^ui sécrète? 1° Une grande quantité de petits tubes
ANATÜMIH KT l'Il VSIOLOOIK DU POUMON.
cLeiidus des radicules des conduits excréteurs au^^
tion présentant plusieurs culs-de-sac dont la
communique avec celle de la dilatation. Cette portioi dilatée, ou acinus, de , grain de raisin, consi titue l’élément glandulaire, tandis que les tubes formon les tubes sécréteurs. De sorte qu’une glande en grappe dans la partie qui sécrète, est formée d’aciui et d( tubes. Ces tubes , ces acini ont une structure identique dans toutes les glandes, c’est-à-dire qu’ils son tous formés par trois couches : une intérieure, é|)itliéliale ; une moyenne, de tissu propre, presque toujours amorphe ; une extérieure, vasculaire.
Fig. 12. Montrant une dernière division bronchique avec neu canalicules respirateurs et les lobules correspondants à I éta d’inspiration (coupe).
acini ; 2“ à l’extrémité de chaque petit tube une dilata-iJ
I. Bronche. —2. 2. I.obules rattachés à la bronche par le canalicule.
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l. — Canalmiles respirateurs identiques aux canaux sécréteurs des glandes.
\ Dans le poumon, comme dans la glande en grappe, il \xiste une portion sécrétante formée de petits tubes .3analicules respirateurs), étendus des dernières rami- ( cations * bronchiques (canaux excréteurs) aux lobules lulmonaires (acini), et de dilatations (lobules pulmo- ; aires , acini) placées aux extrémités terminales des inetits tubes. Les tubes sécréteurs du poumon sont < onc représentés par les canal icu les respirateurs , et les |tcini par les lobules pulmonaires. Les culs-de-sac des feini ne sont autre chose que les u tri eu les ou les cellules pulmonaires,
I II. — Le lobule pulmonaire est identique à V admis j des glandes en grappe.
De même que dans une glande en grappe, il existe une identité parfaite de structure entre le canalicule |'■ospirateur etle lobule pulmonaire; et nous verrons que fiîette structure diffère totalement de celle des conduits •excréteurs.
I De même que dans la glande en grappe, les tubes 1. Voy. p. 38 la structure du tissu pulmonaire.
30 ANATOMIli F/r PIIYSIOLOGIIÎ DU POUMON,
sécréteurs de la glande pulmonaire et les renflements qui représentent les acini sont revêtus à l’in-^
Fig. 13. Coupe schématique montrant la terminaison des bronches et les lobules pulmonaires.
Autour des lobules, il existe une couche de tissu cellulaire qui pénètre enlr eux.
1. Division bronchique avec ses lobules et ses canalicules respirateurs, don nantneuf divisions. — 2. Tissu cellulaire. — 3. Une des neuf divisions ou cana licule respirateur donnant deux ramifications. On y voit un épithélium dilTéren de celui qui recouvre la division bronchique. — 4. Lohule avec les cloison intérieures. — 5. Portion de tissu cellulaire pénétrant entre les lobules.
LE POUMON EST UNE GLANDE EN GRAPPE
lérieiir par une couche d’épithélium pavimenteux , ariélé c[ue l’on rencontre presque toujours dans les 1 landes en grappe; il existe également ici une paroi li ropre, spéciale à la glande pulmonaire, et une couche ;asculaire.
IIÏ. — Pour quelle raison le poum.on est élastique.
Mais ici nous rencontrons deux différences. La première est celle qui existe entre la texture de la paroi 1 ropre de la portion sécrétante du poumon et celle de m glande en grappe ; la deuxième consiste dans la dis-
I ig. 14. Montrant la môme bronclie 1 que la figure 12, les mômes lobules, 2. 2. et les mômes canalicules à l’état d’expiration. Leur cavité est beaucoup moindre, les parois sont plus épaisses sans avoir changé de forme (coupe).
position du réseau capillaire, qui est situé en dehors de ^a paroi propre dans les autres glandes en grappe, tan- ;lisqu elle est placée entre l’épithélium et la paroi propre