II. — Acide carbonique
Avant que Joseph Black, de Glascow (1757), inspiré des idées de Van-Helmont et de Mayow, découvrît l’acide carbonique dans les produits de l’expiration , Fracassati, médecin italien (1665), et Lower (1669), avaient déjà constaté que le sang noir devenait rouge dans le poumon et non dans le cœur, comme on le croyait avant eux.
L’acide carbonique excrété par le poumon a été particulièrement étudié par de nombreux chimistes et physiologistes, Brunner et Valentin, Régnault et Reiset entre autres. Ces savants ont remarqué que 100 volumes d’air expiré, c’est-à-dire du mélange de l’air contenu dans les poumons et des produits d’excrétion du poumon, contiennent 4 vol. 26 cent, d’acide carbonique. Or, à chaque expiration, nous rejetons en moyenne
tjUANTlTÉ Dli IMIODÜITS EXCUIÎTÉS.
l/“2 litre de produits gazeux, par conséquent 18 fois cette quantité en une minute, c’est-à-dire 9 litres,
1 60 fois 9 litres en une heure ou 540 litres, enfin 24 fois 540 ou 12,960 litres par jour, environ. L’acide carbonique représentant 4 vol. 26 pour 100, il est facile de démontrer que nos poumons excrètent dans un jour 551 litres, environ, d’acide carbonique, chiffre considérable.
On sait que la quantité d’acide carbonique excrété {Voy. p. 65) n’est pas la même à tous les âges, qu’elle est plus considérable chez l’homme que chez la femme, et qu’elle est en rapport avec l’activité des fonctions nutritives de notre organisme. L’ingestion des aliments féculents augmente la proportion d’acide carbonique ; l’exercice l’augmente également. Cette proportion diminue au contraire pendant le sommeil, pendant que le corps est soumis à une alimentation insuffisante, et surtout pendant l’inanition. La présence de l’alcool dans le sang la diminue également, et cette diminution persiste tant que dure l’excrétion de la substance alcoolique par le poumon.
La menstruation exerce une influence manifeste sur la quantité d’acide carbonique excrété, selon MM. Andral et Gavarret. Chez les jeunes sujets, filles ou garçons, cette quantité est sensiblement la même jusqu’à la puberté. Mais alors, elle augmente chez le garçon, tandis que chez la jeune fille, la quantité d’acide carbonique excrété reste stationnaire à partir du mo-
ANATOMIE ET l'il VSIOLOGIE OU l’OUMON.
ment où les premières règles ont paru jus([u’à la ménopause, époque à laquelle les proportions de ce gaz redeviennent les mêmes dans les deux sexes. Il est fort curieux de voir les causes qui suspendent le cours des règles , grossesse, etc., déterminer en môme temps une augmentation considérable dans les proportions d’acide carbonique excrété , proportions qui égalent celles que l’on constate chez l’homme.
in. — Eau.
En débarrassant le sang de l’acide carbonique, le poumon rejette aussi une certaine quantité d’eau qui traverse la paroi des capillaires sous forme de vapeur. En temps ordinaire, un adulte sê débarrasse, par cette voie, dans un jour, d’une quantité d’eau qu’on peut évaluer à 500 grammes. Cette quantité varie ; elle est plus abondante par un temps sec que par un temps humide, et lorsque l’air est saturé d’humidité, il ne peut se charger, dans le poumon, d’une quantité d’eau aussi considérable que s’il était sec. La saturation de l’air peut être telle , que l’excrétion de l’eau est complètement suspendue.
L’eau que le corps excrète ne prend pas seulement la voie pulmonaire, elle passe aussi par les glandes de la peau et par le rein ; ces glandes se prêtent un mutuel concours , car lorsque le poumon ne peut excréter l’eau pour des raisons de température et d’humidité de l’air, les glandes sudoripares et le rein s’emparent de cette eau et la rejettent au dehors.