ANATOMIK KT PHYSIOLOGIE DU POUMON
effet (le la maladie? Cause ou effet, ce curieux phénomène n’en mérite pas moins une étude sérieuse. On ne peut point dire, ici, que l’excrétion du poumon ne se fait pas parce que l’oxygène manque, car la respiration a lieu. Examinons les causes de ce phénomène.
Depuis les leçons faites par M. Cl. Bernard, au Collège de France, on a eu la démonstration évidente de ce fait, que le système nerveux régit les phénomènes de sécrétion et d’excrétion des glandes. Or, le poumon est un organe qui reçoit deux espèces de nerfs, comme la plupart des glandes, le grand sympathique et le pneumogastrique. Pourquoi les symptômes du choléra ne tiendraient-ils pas à un trouble de Finnervation du poumon faisant cesser l’excrétion de cette glande ? La piqûre du plancher du quatrième ventricule détermine bien la sécrétion du sucre , l’excitation des nerfs qui se rendent aux glandes salivaires amène bien une augmentation
dans la quantité de salive sécrétée. Pourquoi donc ce trouble nerveux, encore inconnu, du poumon, n’empècherait-il pas l’excrétion de l’acide carbonique ?
On ne doit pas nier l’action du système nerveux sur cette excrétion ; et par cela même qu’un phénomène n’est pas encore entièrement connu, il est logique d’accepter, avec réserve toutefois, les présomptions, les probabilités qui peuvent servir à le faire connaître.
Comment ne pas admettre un rôle spécial du système nerveux sur cette fonction, lorsqu’on songe à l’effet que déterminent sur la respiration les émotions de toute
DÉDUCTIONS l'ATHOl^OGIQUUS.
soute? La joie, la douleur, la colère, le plaisir satisfait, la passion assouvie, ont une influence considérable sur la respiration qui devient tantôt très-libre, tantôt difficile, selon la nature, selon la constitution des individus, Expliquerait-on ces phénomènes par une congestion, par une réplétion brusque des capillaires du poumon? Cette explication ne serait pas rationnelle. Dans tous ces cas, l’influx nerveux présidant à l’excrétion pulmonaire est modifié, et c’est tout.
Nous trouvons, dans la physiologie expérimentale, des exemples incontestables de la cessation de l’absorption de l’oxygène, pendant que l’acide carbonique continue à être excrété. On peut, en effet, déterminer une asphyxie lente chez les animaux à sang froid, et assister aux troubles qu’elle manifeste. Ces animaux peuvent vivre encore plusieurs jours, lorsqu’ils sont privés d’oxygène. Pendant ce temps, ils excrètent de l’acide carbonique, quoiqu’ils n’absorbent pas d’oxygène h Ces expériences ne prouvent-elles pas aussi que ces animaux meurent surtout par l’accumulation de l’acide carboniquedanslesang, plutôt que par la privation d’oxygène?
M. Claude Bernard a fait, de l’innervation des glandes, une étude spéciale. Il a montré l’influence consicférable du système nerveux sur la sécrétion et sur la circulation des tissus glandulaires. M. Bernard a démontré qu’il existe deux sortes de nerfs dans ces tissus : le nerf