L—PRINCIPES GÉNÉRAUX
Par race, on ontend les animaux d'une même espèce possédant, outre les caractères généraux de cette espèce, des caractères distincts qui leur sont propres et qu’ils doivent aux influentes du sol, du climat, des aliments et du genre de vie cuquel ils sont soumis.
Comme parmi les animaux de toutes les pa” ve il existe, d'individu à individu, d'immenses différences, et que le nombre des bons, r’est-à.-dire de ceux qui réunissent les qualités que nous exigeons pour notre service, est infiniment petit, comparativement à celui des médiocres et des mauvais, toujours et partout les éleveurs doivent s'appliquer à améliorer et à produire les animaux les plus parfaits, selon les ressources dont ils peuvent disposer.
L’éleveur doit toujours avoir un but certain, c’est-à-dire qu'il ne doit
‘ Le roulage, le halage des bateaux demandent de très-forts et lourds chevaux, parce que, pour traîner de lourds fardeaux sur toute espèce de voie, le moyen d'obtenir le plus grand effet avec une dépense donnée est d'y employer de forts et lourds chevaux. Les routes se sont considérablement améliorées en France depuis vingt-cinq ans, le nombre de chevaux que l’on attelle communément arvjourd'hui à toutes les voitu:
res de roulage n’est que d'environ moitié de ce qu’il était vers 1815, et les chargements sont plus forts en même temps que les prix de transport out diminué partout de près de moi-
tié, ” ex à obtenir certaines qualités et cer-
taines formes déterminées.
Le principe fondamental, c’est que les pères et mères transmuttent à leurs productions leurs défigts et leurs qualités.
Ces faits. le prix élevé des forts et lourds chevaux, la certitude de ia vente, expliquert suffisamment la tendance générale des cultivateurs à augmenter {a taille et le volume de leurs élèves. L’excès est cependant à eviter en ceci comme en touts choses, et la iaille et le volume des chevaux doivent toujours être en rapport avec ia richesse du sol, l'abondance et a qualité des {ourages et la nature des travaux.
Les semblables engendrent les semblables.
Les formes, la taille, la couleur du poil, certaines dispositions, certains défauts, ou la disposition à des maladies, se transmettent d’une manière évidente.
On doit donc toujours choïsir, pour er tirer race, les individus les plus pars ceux qui possèdent au plus
aui dégré les qualités que l’on désire, et qui sont, exemyts des défauts qu’on voudrait faire disparaître. Mais les qualités et les défauts ne se transmettent pas seulement immédiatement du père ef de la mère, ils viennent souvent aussi des ancêtres. Plus une
Ainsi je n’admets pas un type du cheval d'agriculture. C’est l’agriculture qui doit élever et fournir tous les chevaux qui demandent le juxe, le czinmerce, l’industrie, la guerre ; mais en même temps elle ne doit, à peu d’exceptions près, élever que des chevaux susceptibles de bien exécnter ses travaux.
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as élever au hasard ; il doit travail-
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à leur père.
sieurs générations qui en ont été exemptes.
Les Ailemands ont un mot pour rendre cet accident qui fait sisouvent le désespoir des éleveurs ; ils disent d’une bite chez laquelle reparaissent des défauts dont le père et la mère étaient exempts et qui existaient dans ses ascendents à des dégrés plus ou moins éloignés, c'est un Réckschlag, littéralement un coup en arrière, c’est un pas rétrograde, qui nous éloigne du perfectionnement auquel nous tendons et qui nous ramène à des défauts que nous travaillons à faire dis-* paraître. Les médecins ont donné, dans l'espèce humaine, à cette influence des ascendants le nom de Atavisme, du mot Afavus aïeul.
On accorde généralement trop d’'importance aux individus employés immédiatement à la reproduction et pas assez à leurs ascendants. On est généralement disposé à accorder plus d'influence au père qu’à la mère.
Cette opinion vient probablement de ce que le même mâle servant à un grand nombre de femelles, on trouve plus fréquemment reproduit le type du ‘père, et, en outre, de ce que les mâles sont généralement choisis avec plus de soin. L’éleveur doit admettre que le père et la mère ont une égale influence sur les productions.
C’est par les juments que les Arabes tiennent la généalogie de leurs chevaux.
Les qualités morales se transmettent comine les qualités physiques.
La disposition à apprendre, le caractère, un tempérament robuste ou délicat, le développement des sens, se transmettent presque toujours. De rnème la longévité et la fécondité.
Les mâles ressemblent plus ordinairement à leur mère et les femelles
race est ancienne et bien établie, plus ses défauts sont Giflciles à déraciner ; ils peuvent se reproduire après plu-
or 0
On croit que le mâle a plus d'in
fluence sur les parties antérieureset la femelle sur les postérieures ét les extrémités.
On croit aussi :
Que le père transmet plutôt les for.
mes et tout ce qui à rapport à la vie externe, et la mère sur la taille des productions. Le père fournit la semence, la mère est le sol dans lequel elle est reçue et se développe.
Un proverbe arabe, cité par le général Daumas, dit :
Souvenez-vous que la jument n'est qu’un sac ; vous en retirerez ue l'or, si vous y-avez mis de l'or, et vous n’en.
retirerez que du cuivre,si vous n’y avez mis que du fuivre.
Que l'influence de la mère l’empe pour tout ce qui concerne la
acuité d'apprendre, les talents et le tempérament.
La femelle doit être relativement plus grande que le mâle, c’est-à-dire que, pour obtenir les meilleurs résultats, on demande que la tailie de la femelle soit supérieure à la taille ordinaire des femelles comparée à la taille des mâles.
Les individus destinés à la production ne doivent être ni trop jeunes ni trop vieux ; ils doivent jouir d’une santé parfaite.
Le régime, la condition des-bêtes, amènent des dispositions, des changements de formes, qui deviennent qualités constitutives et se transmettent.
La nourriture de la mère a déjà de l'influence sur le fœtus.
Telles sont les règles générales.qui doivent guider l’éleveur pour tous les animaux. Quant à l’amélioration à laquelle il doit toujours tendre, il y a deux manières de l'obtenir : a première consiste à prendre dans la même race les mâles et les femelles destinés à la reproduction, en ayant soin de choisir toujours les animaux les plus parfaits (1). La seconde consiste
(1) On a donné à cette méthode le nom d’amélioration par sélection.