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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. Ixix
i°. Les formes sont partout différentes : là elles sont aplaties, ici arrondies ; on voit les tissus simples disposés en membranes , en conduits, en faisceaux fibreux, etc.; aucun n’a la même disposition extérieure , sous le rapport de ses attributs d’épais-
ganisation , et dans lequel les globules élémentaires , au lieu d’être disposés en séries linéaires, sont groupés simplement autour d’un point central, et forment de petites masses plus ou moins exactement arrondies , comme dans les glandes , etc. C’est au delà de ces élémens plus ou moins simples des êtres vi— vans, et dans un degré d’organisation qui leur est supérieur, que se trouvent placés les tissus qui forment le domaine de l’anatomie générale , têlle que Bichat l’avait conçue. Mais, comme on le voit, avant ces tissus il y a autre chose : l’analyse faite avec le scalpel seul , l’inspection microscopique , et l’étude de l’évolution fétale des parties diverses de l’organisme , établissent ce fait de la manière lapins positive; et par suite on ne saurait plus aujourd’hui , comme je l’ai déjà fait remarquer, considérer les tissus cellulaire, fibreux, séreux, etc. , comme les véritables et derniers élémens organisés de nos parties.
2\ Relativement à l’organisme, les tissus indiqués par Bichat ne sont autre chose que les moyens à l’aide desquels s’exécutent les diverses fonctions ; ce son lies organes, c’est-à-dire, en quelque sorte de petits individus placés au milieu d’un individu plus grand, qu’ils forment par leur réunion , et tous confondus dans une communauté de sensation et d’action. Mais ces organes plus ou moins compliqués , Bichat ne les considère pas dans leurs détails , il les étudie d’un point de vue beaucoup plus élevé ; il les réunit en genres d’après leurs analogies ; et ce sont seulement ces genres qui forment le sujet de ses philosophiques méditations. Les descriptions de l’anatomie générale comprennent tout ce qu’il y a de général dansles genres d’organes , sous les rapports divers delà forme, delà structure, de la composition chimique, des propriétés physiques et vitales , des fonctions, et souvent même des altérations morbides. Aussi nous est- il impossible de partager l’o—
lxx CONSIDÉRATIONS GENERALES.
senr, de volume. Cependant les différences de formes peuvent n’être qu’accessoires , et le même tissu se montre quelquefois sous plusieurs états différent : le nerveux est sous celui de membrane à la rétine, et sous celui de cordons dans les nerfs , dis-
pin ion tic MM. Mayer de Bonn, et Criiveilhier , qui définissent l'anatomie générale l anatomie de texture. Sans doute les analogies des espèces de chaque genre organique sont plus nombreuses, sous le rapport delà texture, que sous ceux de la forme, de la disposition, etc.; sans doute, pour celte raison la partie de l’histoire générale des tissus qui a trait à la texture, a du obtenir un grand développement dans l’anatomie générale, mais cette circonstance ne saurait ôter à celte science son véritable caractère . jjcs descriptions des tissus musculaires, osseux, etc. , quoi qu’en aient dit quelques personnes, sont réellement à la description particulière des muscles, des os, ce que partout les généralités sont aux particularités, ce que la description d’une famille botanique est à celle des individus que cette famille renferme. De ces considérations découle nécessairement cette question : Est-il bien convenable de séparer, comme on l’a fait depuis Bichat, les généralités organiques, des spécialités sur le même sujet? et ne serait-il point préférable de placer par exemple, la description des tissus osseux, musculaire, nerveux, etc., en tôle, ou à la suite de la description spéciale des os , des muscles , des nerfs, etc. , et de fondre ainsi l’anatomie générale dans l’anatomie descriptive, comme on le fait en botanique, pour les descriptions des genres et pour celles des espèces? Je professe hardiment cette dernière opinion. Toutefois , et je me hâte de le dire, pour juger convenablement le plan de l’analoinic générale, on ne doit jamais perdre de vue, que Bichat n’a pas seulement considéré les genres d’organes sous le rapport de l’état normal, mais (pic fréquemment aussi il a fait des excursions sur le domaine de leur pathologie proprement dite; et son immortel ouvrage, utile au médecin au moins autant qu’à l’anatomiste , comprend réellement deux choses , une anatomie et une pathologie générales : c’est la partie, et seulement
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posé en faisceaux dans les ligamens ; le fibreux est en membrane dans les aponévroses , etc. Cela ne fait rien à la nature. C’est donc de l’organisation et des propriétés que les principales différences doivent se tirer.
20. L’organisation n’est jamais analogue dans les tissus simples. En effet, nous verrons cette organisation résulter de parties communes et de parties propres : or, les parties communes sont d’abord
la partie qui a trait à la description générale des organes à l’état sain qui rentrerait convenablement, selon moi, dans le cadre d’une anatomie philosophiquement constituée , tandis que l’autre tombe d’elle-même dans le domaine de la pathologie.
3°. La classification adoptée par Bichat pour les tissus , a besoin d’être modifiée ; et dès long-temps les professeurs Chaussier, Dupuytren , et plusieurs anatomistes étrangers ont senti celte nécessité. A l’occasion de chaque système considéré en particulier , je montrerai en détail les vices de cette classification : qu’il me suffise pour le moment de dire que les deux systèmes nerveux se rapprochent par de grandes analogies, qui permettent de les éludier réunis ; qu’il en est de même des différens ordres de vaisseaux ; que les systèmes absorbans et exhalans sont en partie imaginaires; que le système médullaire n’est qu’une variété du tissu adipeux générai , tissu que Bichat a confondu avec le cellulaire ; que les deux systèmes musculaires pouvaient avantageusement être réunis en un seul d’abord , et que seulement ensuite ils devaient être examinés à part; que les systèmes muqueux et cutané ne forment qu’un seul et même tout , qui constitue les tégumens communs ; que les tissus épidermoide et pileux sont des produits de la sécrétion tégumentaire , que par conséquent ce ne sont point des organes proprement dits; et qu’en fin les membranes séreuses et synoviales sont lout-à-fait du même genre. (F. Blakçin. )
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tout différemment arrangées dans chaque tissu. Les uns réunissent en abondance le tissu cellulaire, les vaisseaux sanguins et les nerfs; dans les autres, une ou deux de ces trois parties communes èont peu marquées ou manquent entièrement : ici, il n’y#a que les exhalans et les absorbans de la nutrition ; là, ces vaisseaux sont beaucoup plus nombreux, pour d’autres usages. Un réseau capillaire prodigieusement multiplié existe dans certains tissus; à peine ce réseau peut-il se démontrer dans d’autres. Quanta la partie propre, à celle qui distingue essentiellement le tissu , ses différences sont tranchantes : couleur , épaisseur, dureté, densité, résistance, etc., rien n’est semblable. La simple inspection suffit pour montrer une foule d’attributs caractéristiques de chacun, et exclusifs des autres: ici, c'est une disposition fibreuse, là une granulée , ailleurs une laminée, dans certains cas une aréolaire , et(*. Malgré ces différences , les auteurs ne sont pns d’accord sur les limites des divers tissus : j’ai donc eu recours , pour ne laisser aucun doute sur ce point , à l’action de différons réactifs. J'ai examiné chaque tissu soumis à l’action du calorique, de l’air, de l’eau, des acides, des alcalis , des sels neutres, etc. La dessiccation, la putréfaction, la macération , la coction , etc. , produits de plusieurs de ces actions, ont altéré* de diverses manières chaque sorte de tissus. Or, on verra que les résultats ont été presque tous différons ; que, dans ces altéra tions diverses , chacun se comporte à sa manière , chacun donne des produits particuliers, aucun ne se ressemble. On a disputé beaucoup pour savoir si les
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parois ar! érielies étaient charnues, si les veines étaient d’une nature analogue, etc. : comparez le résultat de nies expériences sur les tissus divers, la question sera tout de suite résolue. Il semblera au premier coup d’œil que tous ces essais sur le tissu intime des systèmes mènent à peu de résultats; mais je crois qu’ils ont atteint un but très utile , celui de fixer avec précision les limites de chaque tissu organisé; car , la nature meme de ces tissus étant ignorée, il faut bien les différencier par les résultats divers qu’ils fournissent,
5°. En donnant à chaque système un arrangement organique différent, la nature l’a doué de propriétés différentes aussi. Voyez, dans la suite delbet ouvrage , celles que nous appelons propriétés clc tissu , présenter des degrés infiniment variables, depuis les muscles, la peau, le tissu cellulaire, etc., qui en jouissent au plus haut degré, jusqu’aux cartilages, aux os , aux tendons, etc. , qui en sont presque dépourvus. Parlerai-je des propriétés vitales? Voyez la sensibilité animale dominante dans les nerfs, la contractilité de même nature spécialement marquée clans les muscles volontaires, la contractilité organique sensible formant la propriété spéciale des muscles involontaires , la contractilité insensible et la sensibilité de même nature , qui ne s’en sépare pas, non plus que de la précédente, caractérisant surtout les glandes, la peau, les surfaces séreuses, etc., etc. Voyez chacun des tissus simples réunissant , à des degrés différens , plus ou moins de ces propriétés, vivant par conséquent avec plus ou moins d’énergie.
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Mais c’est peu de varier par le nombre de propriétés vitales qu’ils ont eues en partage : quand les memes propriétés existent dans plusieurs, elles prennent dans chacun un caractère propre et distinctif. Ce caractère est chronique, si je puis m’exprimer ainsi , dans les os , les Cartilages, les tendons , etc.; il est aigu dans les muscles, dans la peau, les glandes, etc.
Indépendamment de celte différence générale, chaque tissu a son mode particulier de forces , de sensibilité, etc. Sur ce principe repose toute la théorie des sécrétions, des exhalations, des absolutions et de la nutrition. Le sang est un réser-
voir commun où chaque tissu choisit ce qui est en rapport avec sa sensibilité, pour se l’approprier , le garder, ou le rejeter ensuite.
On a beaucoup parlé , depuis Bordcu , de la vie propre de chaque organe, laquelle n’est autre chose que le caractère particulier (pii distingue l’ensemble des propriétés vitales d’un organe de l’ensemble des propriétés vitales d’un autre. Avant que ces propriétés eussent été analysées avec rigueur et précision, il était évidemment impossible dé se former une idée rigoureuse de cette vie propre. Or, d’après l’idée cpie je viens d’en donner, il est évident que la plupart des organes étant composés de tissus simples très-différens , l’idée de la vie propre ne peut s'appliquer qu’à ces tissus simples, et non aux organes eux-mêmes (Y.
(i) Cette proposition , peu importante au reste, souffre contestation ; en effet chaque organe est formé par uuc certaine
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Quelques exemples rendront plus sensible ce point de doctrine , cpii est important. L’estomac est composé des tissus séreux, musculaire organique, muqueux, et de plus de tous les tissus communs, comme de l’artériel, du veineux , etc., dont on peut faire abstraction. Or , si vous allez envisager d’une manière générale la vie propre de l’estomac, il vous sera visiblement impossible de vous
en former une idée précise et rigoureuse. En effet, la surface muqueuse est si différente dê la séreuse , toutes deux le sont tellement de la musculaire , cpie les associer dans une considération commune , c’est tout confondre. De même, dans les intestins , dans la vessie, dans la matrice, etc., si vous ne distinguez pas ce qui appartient à chacun des tissus dont résultent cesrorganes composés /l’expression vie propre ne vous y offrira que vague et incertitude. Cela est si vrai , que souvent des tissus appartiennent
combinaison des tfissiis élémentaires , combinaison qu’on ne rencontre qu’en lui-même , et qni constitue son caractère spécial. Et s’il est rigoureusement exact de dire qu’à chacun de ces tissus se rattache une vie propre , c’est-à-dire une dose déterminée de la force formatrice, il doit être également vrai que la somme des propriétés départies à chacune des portions du tout , constitue peur ce tout lui-même, pour cet organe, une vie propre, qui établit entre lui et les autres organes des différences aussi tranchées que celles qui se tirent de sa forme extérieure et de sa structure. Toutefois il ne faut pas non plus exa— gérer, comme on le verra dans les details, ces idées relatives à la vie propre de nos parties : contentons-nous de remarquer que ce fait est vrai sens un rapport, et gardons-nous de l’exagérer; car nous en ferions découler les conséquences les plus erronées , soit pour la physiologie , soit pour la pathologie. (F. Blahdin. )
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et sont étrangers alternativement à leurs organes :
telle portion cl 1 1 péritoine, par exemple, entre ou n’entre pas dans la structure des viscères gastriques, suivant la plénitude ou la vacuité de ceux-ci.
Parlerai-je des organes pectoraux ? Qu’a de commun la vie du tissu charnu du coeur avec celle de la membrane qui l’entoure? Est-ce que la plèvre n’est pas indépendante du tissu pulmonaire ? Ce tissu a-t-il rien de commun avec la membrane qui enveloppe les bronches? J’en dirai autant du cerveau par rapport à ses membranes, des parties diverses de l'oeil , de l'oreille, etc.
Quand nous étudions une fonction , il faut bien considérer d’une manière générale l’organe composé qui l’exécute; mais quand vous voulez connaître les propriétés et ia vie de cet organe, il faut absolument le décomposer. De même, quand vous voulez n’avoir que des notions générales d’anatomie, vous pouvez considérer chaque organe en masse ; mais il est absolument nécessaire d’en isoler les tissus, si vous avez envie d’analyser avec rigueur sa structure intime.
§ VII. Conséquences des principes précédais relativement aux maladies.
Ce que je viens de dire nous mène à des conséquences importantes relativement aux maladies aiguës ou chroniques qui sont locales; car celles qui, comme la plupart des fièvres, frappent presque simultanément toutes nos parties ne peuvent pas être beaucoup éclairées par l’anatomie des sys-
CONSIDERATIONS GÉNÉRALES. IxXVïj
tèmes. Les premières vont donc spécialement nous occuper.
Puisque les maladies ne sont que des altérations des propriétés vitales, et que chaque tissu est différent des autres sous le rapport de ces propriétés, il est évident qu’il doit en différer aussi par ses maladies (i). Donc, dans tout organe composé de cî ifférens tissus, i un peut être malade , les autres res-
tant intacts : or, c’est ce qui arrive dans le plus grand nombre de cas. Prenons pour exemple les organes principaux :
i°. Rien de plus rare que les affections de la pulpe cérébrale; rien de pms commun que les inflammations de l’arachnoïde qui la revêt. * :i° . Le plus souvent une seule membrane de l’œil est malade, les autres conservant leur mode ordinaire de vitalité. 3°. Dans les convulsions des muscles du larynx , ou dans leur paralysie , la surface muqueuse reste intacte; et réciproquement, les muscles font comme à l’ordinaire leurs fonctions dans
les catarrhes de cette surface. Les affections de ces
muscles et de cette membrane sont étrangères aux cartilages , et réciproquement. 4°- On observe une
(i) Sans partager l’opinion clans laquelle les maladies sont considérées comme indépendantes de nos tissus , et comme résultant d’un simple dérangement dans les lois qui les dominent (opinion justement contestée aujourd’hui , el que déjà nous avons agitée) , on peut tout aussi facilement concevoir que les divers élémens anatomiques de nos organes sont isolément altérés dans le principe; en effet , chacun d’eux étant en possession d’une composition chimique et (l’une organisation différentes , ils ne sauraient être impressionnés de la même manière sous les mêmes influences.
( F. Blandin. )
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foule d’altérations diverses dans le tissu du péricarde : on n’en rencontre presque jamais dans le tissu du cœur lui -même; il est intact quand l’autre est enflammé. L’ossification de la membrane commune du sang rouge n’envahit point les tissus voisins. 5°. Quand la membrane des bronches est le siège d'un catarrhe, la plèvre ne s’en ressent que peu; et réciproquement, dans la pleurésie, la membrane bronchiale ne s'affecte .presque pas. Dans la péripneumonie , lorsqu’une énorme infiltration annonce sur le cadavre l’inflammation excessive qui a eu lieu pendant la vie dans le tissu pulmonaire, ses deux surfaces, sér^lse et muqueuse, paraissent souvent ne pas avoir été affectées. Ceux qui ouvrent des cadavres savent que très-souvent elles sont intactes dans la phthisie commençante. G°. On dit un mauvais estomac , un estomac délabré , (‘te. , cela ne doit s’entendre le plus communément (pie de la surface muqueuse. Tandis que celle-ci ne sépare que difficilement les sucs digestifs , (pie pour cela les digestions languissent, la surface séreuse exhale comme à l’ordinaire son fluide, la tunique musculaire se contracte comme de coutume, etc. Réciproquement , dans 1 hydropisie ascite , où la surface séreuse exhale plus de lymphe (pie dans l’état naturel, la surface muqueuse remplit souvent très-bien ses fonctions, etc. 70. Tous les auteurs ont beaucoup parlé des inflammations de l’estomac, des intestins, de la vessie, etc. Moi, je crois que presque jamais cette maladie n'affecte primitivement la totalité de ces organes, excepté dans les cas où une substance délétère agit sur eux. Il y a, pour la
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surface muqueuse stomacale et intestinale, des catarrhes aigus et chroniques ; pour le péritoine , des inflammations séreuses; peut être même, pour la couche des muscles organiques qui séparent ces deux membranes , une espèce de phlegmasie particulière , quoique nous n’ayons presque encore aucune donnée sur ce dernier point ; mais l’estornac , les intestins et la vessie ne sont point tout à coup affectés de ces trois maladies. Un tissu malade peut influencer les tissus voisins; mais l’affection primitive n’a jamais porté que sur un seul. J’ai ouvert une assez grande quantité de cadavres dont le péritoine était enflammé soit sur les intestins, soit sur l’estomac, soit dans le bassin , soit en totalité: or, très-souvent alors si l’affection est chronique, presque toujours si elle est aiguë , les organes subjacens sont intacts. Jamais je n’ai vu cette membrane exclusivement malade sur un organe gastrique isolé, et saine aux environs; sou affection se propage plus ou moins loin. Je ne sais pourquoi les auteurs n’ont presque pas parlé de son inflammation; ils ont mis sur le compte des viscères subjacens ce qui vraiment n’appartient le plus souvent qu’à lui. Il y a presque autant de péritonites que de pleurésies , et cependant , tandis que celles-ci ont fixé particulièrement l’attention , à peine l’a-t-on arretée sur les autres. Très-souvent la partie du péritoine correspondant à un organe est bien spécialement enflammée : on le voit sur l’estomac; on l’observe surtout lorsque , à la suite des suppressions de lochies, de menstrues, etc., c’est sa portion tapissant le bassin qui s’affecte la
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première. Mois bientôt l’affection devient pinson moins générale, an moins les ouvertures cadavériques le prouvent jusqu’à l’évidence. 8°. Certainement le catarrhe aigu ou chronique de la vessie,
de la matrice même, n’a rien de commun avec
l’inflammation de la portion du péritoine correspondant à ces organes. q°. Tout le monde sait que les maladies du périoste sont' souvent étrangères à l’os, et réciproquement, que souvent la moelle est depuis long-temps affectée , tandis que tous deux sont encore intacts. Il est hors de doute que les tissus osseux, médullaire et fibreux ont leurs affections propres, (pi on ne confondra jamais dans l’idée qu’on se formera des maladies des os. 11 faut en dire autant des intestins, de l’estomac, etc., par rapport à leurs tissus muqueux , séreux , musculaire, etc. iü°. Quoique les tissus musculaire et tendineux soient réunis dans un même muscle , leurs maladies sont très-distinctes. ii°. De même ne croyez pas que la synoviale soit sujette aux mêmes affect ions que Icsligamens qui l’entourent, etc.,
Je crois que, plus on observera les maladies et plus on ouvrira de cadavres, plus on se convaincra de la nécessité de considérer les maladies locales , non point sous le rapport des organes composés quelles ne frappent presque jamais en totalité, mais sous celui de leurs tissus divers, qu’elles atta quent presque toujours isolément.
Quand les phénomènes des maladies sont sympathiques, ils suivent les mêmes lois que quand ils proviennent d’une affection directe. On a beaucoup parlé des sympathies de l’estomac, des intestins,
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de la vessie , du poumon , etc. Je vous défie de vous en former une idée , si vous les rapportez à l’organe en totalité, et abstraction faite de ses tissus divers. i°. Quand , dans l’estomac, les fibres charnues se contractent par l’influence d’un autre organe, et déterminent le vomissement, elles seules ont reçu l’influence ; elle n’a porté ni sur la surface séreuse, ni sur la muqueuse, qui , si cela était, seraient le siège, l’une d’une exhalation, l’autre d’une exhalation et d’une sécrétion sympathiques, a0. Certainement, quand le foie augmente sympathiquement son action, qu’il verse plus de bile, la portion de péritoine qui le recouvre ne verse pas plus de sérosité , parce qu’elle n’a pas été influencée. Il en est de même du rein , du pancréas , etc... 3°. Par la même raison , les organes gastriques sur lesquels se déploie le péritoine ne participent point aux influences sympathiques qu’il éprouve. J’en dirai autant du poumon par rapport à la plèvre , du cerveau par rapport à l’arachnoïde , du coeur par rapport au péricarde , etc. 4°* H est incontestable que dans toutes les convulsions sympathiques le tissu charnu seul est affecté, et que le tendineux ne l’est nullement. 5°. Qu’a de commun la membrane fibreuse du testicule avec les sympathies de son tissu propre? 6°. Certainement une foule de douleurs sympathiques qu’on rapporte aux os siègent exclusivement dans la moelle.
Je pourrais accumuler une foule d’autres exemples pour prouver que ce n’est jamais tel ou tel organe qui sympathise en totalité , mais seulement tel ou tel tissu dans les organes : d’ailleurs, c’est une con-
Anàt. GSN, T. i. f
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séquence immédiate de la nature des sympathies. En effet, celles-ci ne sont que des aberrations des propriétés vitales: or ces propriétés varient suivant chaque tissu: donc les sympathies de ces tissus ne doivent pas être les mêmes.
Voyez ce qui arrive dans la fièvre concomitante des diverses phlegmasies : celle des muqueuses est le plus souvent presque nulle ; celle des séreuses est toujours assez intense; celle des cutanées a le caractère particulier de se manifester quelques jours avant l'éruption , comme fa observé M. le professeur Pinel. Si nous examinions successivement celle qui accompagne les inflammations de tous les systèmes., nous trouverions autant de différences , autant de caractères particuliers qu’il y a de ces systèmes. D'où cela vient-il ? de la diversité des rapports qui unissent le cœur à chaque espèce de tissus: or cette diversité de rapports est un résultat de la diversité des forces vitales propres à chacun.
Considérez les vices dartreux, psorique, vénérien , cancéreux, etc., lorsqu’après avoir cessé d’ètre des maux locaux, ils se sont généralement répandus : ils affectent alternativement divers tissus, suivant le rapport qu’a avec eux la sensibilité organique de ces tissus. Or , c’est presque toujours isolément qu’ils les attaquent; jamais un organe en totalité n’est influencé par eux dans toutes ses parties. Que dis-je? si deux de ces vices régnant en même temps, l’un peut se fixer sur un tissu, l’autre sur un autre tissu du même organe. Ainsi l’estomac , les intestins , le poumon , etc., peuvent être
CONSIDERATIONS GENERALES. IxXXÜj
attaqués par deux diathèses différentes , et qui s’y trouveront cependant absolument indépendantes, parce que chacune sera fixée sur un tissu diffé rent, l’une sur le muqueux, par exemple, l’autre sur le séreux , etc.
N’exagérons pas cependant cette indépendance où les tissus d’un organe sont les uns des autres sous le rapport des maladies : la pratique nous démentirait. Nous verrons le système cellulaire être souvent une voie de communication non-seulement d’un tissu à l’autre dans le même organe , mais encore d’un organe à son voisin. Ainsi , dans beau coup de maladies chroniques , toutes les parties du même organe s’altèrent peu à peu, et à l’ouverture du cadavre la totalité de cet organe paraît affectée , quoiqu’un seul de ses tissus l’ait été primitivement. Dans le cancer au sein, une petite glande roulait primitivement sous le doigt; à la fin, tous les tissus glanduleux, cellulaire , cutané même, sont confondus en une masse commune et cancéreuse. Le cancer de l’estomac, des intestins, de la verge, etc., présente la même disposition. Voyez la phthisie développant dans le principe quelques petits tubercules dans le tissu pulmonaire , envahissant souvent à la fin la plèvre , la membrane bronchique, etc.... Pour peu que vous ouvriez de cadavres pour la meme maladie chronique , et à différentes époques , il vous sera facile de vous convaincre de la vérité de cette assertion , savoir: qu’un seul tissu étant d’abord affecté dans un organe , il communique peu à peu son affection aux autres, et que ce serait mal juger du siège
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primitif que de l’estimer par les parties où il a lieu à l'instant où l’on examine le sujet.
Dans les maladies aiguës, souvent la continuité suffit pour déterminer des symptômes divers dans les tissus qui ne sont pas affectés : la tunique péritonéale étant seule enflammée , on vomit ; on tousse, on expectore même quelquefois beaucoup , quand la plèvre seule est malade; on a le transport quand l'arachnoïde est enflammée, quoique les fonctions intellectuelles lui soient étrangères ; souvent les maladies du péricarde suffisent pour déranger le mouvement du cœur ; etc. On ne sau • mit disconvenir , d'après cela, que très-souvent l’altération d’un seul des tissus d’un organe suffit
pour troubler les fonctions de tous les autres; mais i n’en est pas moins le seul où se trouve la source primitive du mal.
Je passe à d’autres considérations relatives à l’influence de l’anatomie des systèmes dans les maladies.
Puisque chaque tissu organisé a une disposition partout uniforme; puisque, quelle que soit sa situation, il a la même structure, les mêmes propriétés, etc. , il est évident (pie ses maladies doivent être partout les mêmes. Que le tissu séreux appartienne au cerveau par l’arachnoïde, au poumon par la plèvre , au cœur par le péricarde , aux viscères gastriques par le péritoine, etc., cela est indifférent: partout il s’enflamme de la même manière; partout les hydropisies arrivent uniformément, etc. , partout il est sujet à une espèce d’éruption de petits tubercules blanchâtres, comme miliaires, dont on
n’a pas, je crois, parlé, et qui cependant mérite
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. IxXXV,
une grande considération. J’ai déjà observé un assez grand nombre de fois cette éruption propre au tissu séreux, qui affecte en générai une marche chronique, comme ia plupart des éruptions cutanées : j’en parlerai plus bas. Quel que soit aussi l’organe que revête le tissu muqueux, ses affections portent en général le même caractère , et n’offrent point d’autres variétés que celles qui proviennent des variétés de structure. J’en dirai autant des tissus fibreux, cartilagineux, etc. L’auteur de la Nosographie philosophique me paraît avoir beaucoup fait pour l’art, en commençant le premier à présenter les inflammations par ordre de systèmes , et en embrassant d’un coup d’œil général toutes celles du même système, quels que soient les organes où celui-ci se trouve.
Il y a toujours deux ordres de symptômes dans les inflammations: i° ceux qui tiennent à la nature du tissu affecté; 20 ceux qui dépendent des fonctions troublées dans l’organe où il se trouve. Par exemple, le mode de douleur, la nature de la fièvre concomitante , 1a durée , la terminaison , etc. , sont presque les mêmes , quelle que soit la surface séreuse affectée; mais il y a de plus difficulté de respirer , toux sèche , etc., si c’est la plèvre; dévoiement, constipation, vomissement, etc., si c’est le péritoine; lésion des fonctions intellectuelles, si c’est l’arachnoïde ; pouls irrégulier , si c’est le péricarde ; etc. Les premiers symptômes appartiennent à tonte la classe; les seconds sont exclusivement réservés à tel ou tel genre : or , ces seconds sont pour ainsi (lire accessoires; ils dépendent dq ypisiqage du
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tissu affecté avec tel ou tel tissu. Ce sont les premiers qui sont surtout importans.
La médecine a encore de grands pas à faire dans la recherche des inflammations des divers tissus. Nous connaissons assez bien celles du cellulaire, du cutané, du séreux , du muqueux; les autres sont plus obscures. Il faut rechercher lequel est attaqué, du fibreux ou du musculaire, dans le rhumatisme: je penche à croire que c’est le premier. Tout est à connaître presque dans le cartilagineux, le synovial, l’artérîel, le veineux, etc., sous le rapport des phénomènes inflammatoires.
En faisant ces recherches, il faudra établir une distinction importante que voici: c’est , i° que certains tissus, comme l’osseux, le musculaire de la vie animale, etc., sont exactement les mêmes dans tous les organes où ils se trouvent; que leurs maladies ne doivent nullement différer par conséquent ; *2° que d’autres , comme le cutané , le séreux , le muqueux, etc., éprouvent, suivant les organes auxquels ils appartiennent, quelques variétés de structure et de propriétés vitales, qui y modifient nécessairement les phénomènes généraux de la classe des maladies appartenant à ces tissus ; 3° qu’enfin d’autres , comme le glanduleux , le musculaire de la vie organique, etc., sont très-différens dans chaque organe; que leurs symptômes généraux et leur classe de maladies doivent par conséquent beaucoup différer. Le cours de cet ouvrage prouvera ces assertions.
Après avoir montré la plupart des maladies locales comme affectant presque toujours non un organe particulier, mais un tissu quelconque dans un
CONSIDERATIONS GÉNÉRALES. lxXXVÎj
organe, il faudrait montrer les différences quelles présentent suivant les tissus quelles affectent. Comme, dans chaque système, cet article sera traité plus ou moins longuement , je me contenterai de l’indiquer ici.
Nous verrons donc la douleur se modifier différemment dans chaque tissu suivant le mode de sensibilité qu’il a en partage. Aucun ne fait naître le même sentiment que les autres, lorsqu’il est enflammé. Comparez la cuisson de l’érysipèle au sentiment de douleur pulsative du phlegmon , la douleur du rhumatisme à celle des glandes lymphatiques enflammées, etc. Nous verrons aussi que le sentiment de chaleur développé dans chaque tissu enflammé porte un caractère particulier : ici il est âcre et mordicant , là analogue au sentiment ordinaire que fait naître le calorique, etc., etc. Il y a deux causes générales qui font varier les symptômes dans les maladies : i° la nature du tissu affecté : ainsi , comme je viens de le dire , l’inflammation de chacun fait souffrir différemment; a° la nature de la maladie : on sait que le cancer, quel que soit le tissu qu’il affecte, a une douleur qui lui est particulière : que les douleurs vénériennes , scorbutiques, etc., portent aussi un caractère propre, qui cependant peut se modifier un peu dans chaque tissu.
Non-seulement la diversité des tissus modifie la nature des symptômes , mais elle en différencie encore la durée. Rien n’est plus vague en médecine , sous ce point de vue, que les gxpressions aiguës et chroniques par rapport aux inflammations des di«
xxxviij CONSIDÉRATIONS GENERALES, vers tissus. Le ])lus communément elles parcourent rapidement leur période dans les tissus dermoide, cellulaire, séreux, muqueux, etc.; au contraire, elles sont lenies dans les os, les cartilages, les fibrocartilagcs. Si on applique au même tissu la distinction précédente, à la bonne heure : ainsi il v a des catarrhes, des inflammations séreuses, des inflammations cutanées, etc., aigues et chroniques. Mais si on la généralise, on ne peut plus s’entendre : un catarrhe serait chronique s’il durait deux mois ; au contraire, ce terme est souvent celui d’une inflammation aigue des os : une inflammation chronique des os dure une année entière et plus. Les cicatrices cutanées, muqueuses, etc., durent cinq ou six jours, si elles ont lieu par première intension; il faut trente ou quarante jours à un os , à un cartilage , etc. , pour se cicatriser ainsi par juxtaposition des parties divisées. Une maladie ne peut donc se classer par sa durée dans les aiguës ou les chroniques , qu’en la considérant dans le meme système ; dès qu’on l’envisage généralement, cette distinction devient nulle.
Les médecins considèrent abstractivement presque toutes les maladies. Parlent-ils d’inflammation ? ils présentent la rougeur, la tension, la pulsation, la douleur, etc., comme des attributs généraux, partout uniformes. La suppuration les occupet-elle? ils prennent pour type général celle du tissu cellulaire, dans le phlegmon . sans penser que ce n’est là qu’une des modifications de la suppuration et de son produit. J’en dirai autant de la gangrène , de l'induration f etc?Rien n’est plus vague, plus iiv
CONSIDERATIONS GÉNÉRALES. kxxix
certain que les idées générales qu’on présente dans les cours sur une maladie; elles conviennent à peine à un ou deux tissus.
Ce n’est pas seulement [ histoire des maladies que l'anatomie des systèmes éclairera, elle doit changer en partie la manière de considérer l’anatomie pathologique. Morgagni, à qui on doit tant sur ce point, et plusieurs autres à qui l’art est moins redevable, ont adopté l’ordre général usité dans les descriptions. Ils ont examiné les affections de la tète, de la poitrine, du ventre et des membres; mais on ne peut, en suivant cette méthode, se former une idée générale des altérations communes à tous les tissus. Elle rétrécit nécessairement les idées dans un cadre trop étroit , puisqu’elle 11e vous présente jamais qu’une partie isolée d’un système qui en renferme un grand nombre d’autres. Si, malgré cela, vous vous élevez à la connaissance générale des affections de chaque système, il faut nécessairement qu’à chacun d’eux vous répétiez les notions générales.
Il me paraît infiniment plus simple de considérer d’abord toutes les affections communes à chaque système , puis de voir ce que chaque organe a de particulier dans la région qu’il occupe.
Je divise donc en deux grandes parties l’anatomie pathologique : la première renferme l’histoire des altérations communes à chaque système , quel que soit l’organe à la structure duquel il concourt, quelle que soit la région qu’il occupe. Il faut montrer d’abord les altérations diverses des tissus cel- ]ulaire2 artériel, veineux, nerveux, osseux, musculaire. muqueux ? séreux, synovial, glanduleux,
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
cutané, etc.; examiner le mode d’inflammation, de suppuration, de gangrène, etc., propre à chacun; parler des tumeurs diverses dont ils sont susceptibles, des changemens de nature qu’ils éprouvent, etc. Les uns, comme le muqueux , le cutané, le séreux, le glanduleux, etc., offrent sous ce rapport , un champ vaste à l’anatomie pathologique. Les autres , comme le fibreux, le nerveux, le musculaire , etc., sont plus rarement altérés dans leur tissu. Nous verrons dans la suite que la nutrition seule se fait dans ceux-ci; que les autres , au contraire, sont de plus le siège des exhalations, des absorptions, des sécrétions, etc., fonctions qui supposent beaucoup d’énergie dans la contractilité insensible et la sensibilité organique, lesquelles président à toutes les altérations de tissu.
Après avoir ainsi indiqué les altérations propres à chaque système , quel que soit l’organe où il se trouve, il faut reprendre l’examen des maladies propres à chaque région ; examiner celles de la tète, de la poitrine, de l’abdomen et des membres, suivant la marche ordinaire. Ici se classent, i° les maladies qui peuvent affecter spécialement un organe en totalité, et non un seul de ses tissus, ce qui est assez rare; a0 les caractères particuliers à chaque portion de tel ou tel tissu : à la tète , par exemple, les caractères particuliers que prennent les maladies des surfaces séreuses dans l’arachnoïde, ceux qu’empruntent les affections des surfaces muqueuses dans la pituitaire, etc.
Cette marche est incontestablement la plus naturelle, quoique, comme dans toutes les divisions
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par lesquelles les hommes veulent asservir la nature à leur conception , il y ait beaucoup de cas auxquels elle ne se plie qu’avec difficulté, (i).
Il me semble que nous sommes à une époque où l’anatomie pathologique doit prendre un essor nouveau. Cette science n’est pas seulement celle des dérangemens organiques qui arrivent lentement.
(i) Les progrès récens de l’anatomie pathologique ont donné lieu à de nouvelles classifications , qui , sans être tout-à-fait exemptes de l’inconvénient des rapprochemens forcés , renferment néanmoins des divisions utiles et fondées sur des rapports naturels, établis entre les diverses altérations organiques. Bayle, Laennec , MM. Cruveilhier et J. -F. Meckel se sont particulièrement occupés de ce sujet.
1 °. Ayant reconnu que les altérations de texture ont à peu près les mêmes caractères , quel que soit le tissu qu’elles affectent , on a trouvé les plus grands avantages à les réunir dans une seule et même classe. De cette manière , on évite les répétitions sans nombre qu’entraîne une méthode opposée ; on présente en même temps et sous un même point de vue des objets analogues , et rien n’est plus propre , comme on le sait , à hâter les progrès d’une science quelconque.
2°. La même méthode a été appliquée, quoique avec moins de succès, aux dérangemens qui ne portent que sur les formes extérieures. Ce n’est guère que dans les vices de conformation originels qu’on peut suivre un ordre méthodique , et que cet ordre a une utilité réelle. Les dérangemens de forme accidentels se ressemblent trop peu , pour qu’il soit bien avantageux de les rapprocher les uns des autres : aussi a-t-on proposé de conserver ici l’ordre anatomique adopté par Bonet , par Morgagni et en partie parBichat, jusqu’à ce que la science soit assez avancée pour qu’on puisse lui en substituer un autre.
On a suivi les mêmes principes , autant que possible , dans les subdivisions. La plus naturelle et la plus nombreuse est celle
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comme principes ou comme suites, clans les maladies chroniques; elle se compose de l’examen de toutes les altérations que nos parties peuvent éprouver, à quelque époque qu’on examine leurs maladies. Otez certains genres de fièvres et d’affections nerveuses, tout est presque alors, en pathologie, du ressort de cette science. Combien sont petits les
des transformations ou productions organiques que renferme la classe des altérations du texture ; elles sont caractérisées par le développement aceidentel d’un nouveau tissu dans la partie qui en est le siège. On les divise, suivant que ce tissu a quelque analogie dans l'économie ou qu’il lui est absolument étranger , en transformations organiques proprement dites, et en degenérations ou tissus accidentels , qui n’existent que dans l’état de maladie.
J. -F. Mcckel est le seul jusqu’à ce jour qui ait fait l’application de ces données à un système complet d’anatomie pathologique. Voici l’ordre qu’il a suivi daus le traité fort étendu qu’il a publié en Allemagne sur cette matière.
Il admet les deux grandes divisions dont nous avons parlé , savoir les altérations de ferme et telles de texture. Parmi les premières se trouvent rangés; i° les vices de conformation originels, subdivisés eux-mêmes, suivant qu’ils portent sur le nombre ou sur la nature des parties, en vices de quantité et vices de qualité ; 2° les dérangemens acquis, de volume , de situation, de configuration, etc. , etc.; ce qui comprend les luxallons, les hernies, les solutions de continuité, les rctrécisscmens, les dilatations , les atrophies , etc.
Les altérations de texture se rattachent à deux chefs principaux ; les uns ne changent que les propriétés physiques du tissu affecté, telles que la couleur, la densité; les autres masquent complètement son organisation. Celles-ci étant souvent le produit de rinÜummalion , celte affection se place naturellement ici, Lp modo de réparation dej organes Uw? est décrit à h|
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raisonnemens d’une foule de médecins grands dans l’opinion, quand on les examine, non dans leurs livres, mais sur le cadavre! La médecine fut longtemps repoussée du sein des sciences exactes : elle aura droit de leur être associée, au moins pour le diagnostic des maladies, quand on aura partout uni à la rigoureuse observation l’examen des al térations qu’éprouvent nos organes. Celte direction commence à être celle de tous les esprits raisonnables; elle sera sans doute bientôt générale. Qu’est l’observation , si on ignore là où siège le mai ? Vous auriez, pendant vingt ans, pris, du matin au soir, des notes au lit des malades, sur les affections du cœur, du poumon, des viscères gastriques, etc., que tout ne sera pour vous que confusion dans les symptômes, qui, ne se ralliant à rien, vous
même occasion. Enfin viennent les transformations et déeé— itérations proprement dites. L’auteur range encore dans les productions accidentelles les vers et les concrétions.
Nous adopterons l’ordre suivant, dans l’exposé des altérations pathologiques de chaque système :
i°. Altérât, dans les formes extérieures :
la situation, le volume :
la densité, la configuration.
( Béclard. )