‹ Anatomie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 25 sur 40 · I IO · texte numérisé non relu

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térée dans les affections aiguës : de là les bouffissures, les œdèmes qui surviennent quelquefois subitement. J’ai soigné, à la salle Saint-Charles, un homme qui, par l’effet d’une forte terreur , éprouva un resserrement subit à l’épigastre : une teinte jaunâtre, indice de l’affection du foie par l’émotion, se répandit peu d’heures après sur son visage. Le soir il avait un œdème remarquable dans les membres inférieurs, œdème produit sans doute sympathiquement par l’influence du foie sur le tissu cellulaire. Cette influence des organes principaux sur ce système devient surtout remarquable dans les affections chroniques, dans les altérations de tissu qu’ils éprouvent. On sait que la plupart des maladies lentes du cœur, du poumon, de la rate, de l’estomac, du foie, de la matrice, etc., ont pour symptômes, dans leurs dernières périodes, une leucophlegmatie plus ou moins générale, laquelle ne dépend (pie de l’affaiblissement né dans le tissu cellulaire. L’art doit beaucoup à M. Corvisart, pour avoir, un des premiers, fait sentir que presque toutes les infiltrations sont symptomatiques, que presque toutes dépendent par conséquent de l’influence exercée par l’organe affecté sur le tissu cellulaire ( i ). Il arrive alors d’une manière lente ce

(i) Ou sait aujourd’hui, de la manière la plus positive , que les affections du cœur et des poumons déterminent la leucophlegmatie en empêchant le dégorgement facile des systèmes capillaire et veineux des organes , et par suite en y déterminant une véritable pléthore , seule cause immédiate de l’accroissement morbide de l’exhalation cellulaire. L’explication proposée ici par

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qui est survenu presque tout à coup chez le malade dont je viens de parler.

Nous voyons, dans toutes les maladies aiguës, la peau ressentir avec une extrême facilité l’influence sympathique des organes malades , être plusieurs fois alternativement sèche ou humide de sueur dans la même période , souvent dans le même jour. Je suis persuadé que le tissu cellulaire éprouve les mêmes altérations que la peau, et que, si nous pouvions voir ce qui s’y passe , nous découvririons ses cellules plus ou moins humides , plus ou moins sèches, suivant le mode d’influence qu’il reçoit. C’est même à cela qu’il faut rapporter l’état différent des cadavres morts de maladies aiguës, lesquels présentent des variétés sans nombre dans leur sérosité cellulaire.

La plupart des médecins considèrent d’une manière trop générale une foule de symptômes qui ne dépendent point, à proprement parler, comme ils le pensent, de la maladie, mais uniquement de l’affection sympathique exercée par l’organe malade sur les organes sains, lesquels, suivant qu’ils

Bichat serait d’ailleurs peu satisfaisante pour un esprit sévère , car il est trop évident que l’expression de sympathique appliquée à certains phénomènes organiques , ne peut être employée que pour exprimer l’état d’ignorance dans laquelle nous sommes relativement aux causes qui les produisent. Au reste, pour deux raisons , toutes les explications de ce genre devraient être rejetées : i°. elles sont vagues et nulles ; 2°. elles s’opposent aux progrès de la science , en la montrant à quelques personnes plus parfaite qu’elle ne l’est réellement. (F. Blandin.)

sont affectés, produisent différens phénomènes vraiment étrangers à la maladie, qui la compliquent quelquefois, mais qui n’en font point essentiellement partie : ils peuvent arriver comme ne pas survenir, la maladie restant la meme.

Remarquez que ce sont presque toujours la sensibilité organique et la contractilité de même espèce, qui sont mises en jeu dans les sympathies cellulaires , parce que ce sont les deux forces vitales essentiellement prédominantes dans ce système. Ainsi la contractilité organique sensible et la contractilité animale sont-elles spécialement en exercice dans les sympathies musculaires, suivant que le système des muscles organiques ou celui des muscles de la vie animale reçoit l’excitation sympathique.

Non-seulement le système cellulaire reçoit l’influence des autres organes dans ses sympathies, mais il en exerce encore sur eux. Dans le phlegmon , qui est le mode inflammatoire de ce système, si la tumeur est un peu considérable, souvent diverses altérations se manifestent dans les fonctions du cerveau, du cœur, du foie, de l’estoiuac, etc. Les vomissemens sympathiques, ce qu’on nomme débordement de bile, les transports cérébraux, etc. , sont des phénomènes qui, dans les grands phlegmons, se manifestent souvent sans appartenir à la maladie elle-même. L’art se sert de l’influence du système cellulaire affecté sur les autres organes, dans l’application des sétons. Souvent, dans les maladies des yeux, un séton produit un effet qu’on n’a pu obtenir d’un vésicatoire :

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pourquoi ? parce que le rapport qui existe entre le tissu cellulaire et l’œil est plus actif alors que celui qui lie ce dernier aux tégumens (i).

Caractère des Propriétés vitales.

D’après ce que nous venons de dire, on voit que l’activité vitale est assez prononcée dans le système cellulaire. Sous ce rapport il est bien supérieur aux autres organes qui sont blancs comme lui , et parmi lesquels on l’a rangé, tels que les aponévroses, les tendons, les cartilages, les ligamens, etc., organes remarquables par l’obscurité de leurs forces vitales, et par la lenteur de leurs fonctions. Aussi les phénomènes inflammatoires parcourentils leurs diverses périodes avec bien plus de promptitude dans ce système. Leur marche est trèsrapide , comparée à celle des diverses tumeurs qui se manifestent dans les systèmes dont je viens de parler.

La suppuration se forme ici avec une rapidité

( i ) La raison donnée par Bicliat, de l’efficacité du séton à la nuque, dans l’opbthalmie, peut être citée comme exemple de la facilité avec laquelle on se laisse quelquefois abuser par le moi sympathie. En effet, dire que ce séton agit sympathiquement avec beaucoup d’avantage dans l’opbthalmie , c’est exprimer seulement ce fait simple : V observation a montré que , dans V ophthalmie , un séton mis à la nuque a de grands avantages ; mais ce n’est point montrer pourquoi il est plus efficace que le séton appliqué dans d’autres lieux. Bien plus , si l’on ne voit le vide de cette explication , on ne fait aucun effort pour en trouver une plus satisfaisante , et l’art reste stationnaire. ( F. Blandin).

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dont peu d’organes .nous offrent des exemples. Tout le monde connaît le fluide qui résulte de cette suppuration. Sa couleur, Sa consistance, toutes ses qualités extérieures sont devenues le type auquel nous rapportons les idées que nous nous formons du pus; en sorte que tout ce qui ne lui ressemble pas est communément jugé pus de mauvaise nature, ou, comme on le dit, sanieux. Cette opinion est fausse. Certainement le pus qui s’écoule d’un os, d’un muscle, de la peau dans l’érysipèle, des membranes muqueuses dans les catarrhes , est de très-bonne nature toutes les fois que l’inflammation parcourt régulièrement ses périodes; et cependant il est totalement différent du pus cellulaire. Comme celui-ci est le plus fréquemment observé, surtout en chirurgie, nous nous sommes fait une idée générale du pus louable, comme du pus sanieux. Le pus cutané, le pus muqueux, le pus osseux, etc., ont chacun leur sanie propre ou leur dégénérescence. Ces dégénérescences diffèrent entre elles comme les altérations vitales de l’organe dont elles émanent. De même que le pus de chaque système diffère de celui des autres systèmes, de mf*me les altérations dont il est susceptible sont différentes de leurs altérations purulentes.

Le tissu cellulaire prend-il des modifications vitales particulières dans les organes à la structure desquels il concourt ? D’apres ce qui a été dit plus haut, cela ne paraît guere probable. Tout ce que je viens de dire s’applique à ce système considéré seul, dans l’intervalle des organes, et abstraction faite de toute combinaison de structure avec eux.

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I! est possible cependant que son activité vitale se ralentisse dans les cartilages, les tendons, etc., qu’elle s’accélère un peu dans la peau, que sa vie tende, en général, à se mettre en équilibre avec celle des parties où il se trouve : mais ce sont des conjectures que rien de positif ne confirme.

Ce qui ne doit pas nous échapper ici, c’est la différence manifeste de vie qui existe entre le tissu à lames et à filamens presque partout répandu , et le tissu uniquement filamenteux qui est extérieur aux surfaces muqueuses, aux vaisseaux sanguins et aux excréteurs , différence d’où résulte la rareté des inflammations et des tumeurs diverses de celui-ci. Il est souvent ùhe véritable barrière ou s’arrêtent les affections du premier, barrière qui protège l’organe qu’il enveloppe. Ainsi j’ai plusieurs fois observé, dans l’ouverture des cadavres, que, tandis que le tissu ordinaire où sont plongées les artères est tout en suppuration, comme à l’aisselle, par exemple, tandis que, par le séjour du pus, ce tissu est comme désorganisé , celui qui forme la tunique externe des vaisseaux reste intact , et n’a pas subi la moindre altération. J’ai vu le même phénomène pour le tissu extérieur à l’uretère , dans des dépôts aux lombes, etc.

§ III. Propriétés de reproduction.

Le tissu cellulaire est distingué des autres organes par la faculté qu’il a de pousser des espèces de végétations, de s’allonger, de se reproduire, de croître, lorsqu’il a été coupé ou divisé d’une

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manière quelconque. C’est de cette faculté que dépend la formation des cicatrices, des tumeurs, des kystes , etc.

Influence du tissu cellulaire sur la formation des

cicatrices.

Les cicatrices peuvent se considérer sous deux rapports : i° dans les organes extérieurs , dans le tissu sous-cutané et dans la peau spécialement; 2Ü dans les organes intérieurs. Suivons-les d’abord au dehors.

Toute plaie qui suit ses périodes ordinaires présente , entre l’époque de sa formation et celle de sa cicatrisation , les phénomènes suivàns : i° elle s’enflamme; 'i° des bourgeons charnus se développent sur sa surface; 3° elle suppure; 4° elle s’affaisse; 3° elle se recouvre d’une pellicule mince, rouge d’abord et qui devient ensuite blanchâtre. Parcourons ces diverses périodes.

Première période.

Le temps de l’inflammation commence à l’instant où une plaie est faite. Elle est le prompt résultat de l’irritation qu’a causée l’instrument, de celle que déterminent le contact de l’air, les pièces d’appareil ou les objets environnans. Jusqu’alors à l’abri de ce contact, la plupart des parties comprises dans la solution de continuité ne jouissaient que de la sensibilité organique; mais dès lors ces memes parties concourant à former la surface du corps, doivent jouir de la sensibilité animale, de celle qui

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transmet au cerveau les impressions reçues. Or, l’effet de l’inflammation sur les organes doués seulement de la première espèce de sensibilité, est de l’exalter à un point tel, qu’elle se monte au meme degré que la seconde, et peut comme elle transmettre au cerveau les impressions senties : en sorte que, par là, des parties divisées par une plaie deviennent propres à remplir les fonctions des tégumens. C’est là sans doute le premier avantage de cette période inflammatoire de la cicatrisation.

Un autre avantage de cette période , c’est de disposer les parties au développement des bourgeons charnus* En effet , l’inflammation précède toujours ce développement. Or, le surcroît de vie qu’elle détermine dans nos organes paraît nécessaire pour animer les parties qui vont se reproduire : par elle le tissu cellulaire où doivent éclore les bourgeons se pénètre de plus de sensibilité et de plus de contractilité insensible; il s’élève à une température supérieure à celle des organes voisins ; il devient le centre d’un petit système circulatoire indépendant de celui du cœur. C’est au milieu de ce déploiement de forces que naissent et croissent les bourgeons charnus, pour la production desquels les forces naturelles auraient été insuffisantes. De là la pâleur , la flaccidité de ces productions, lorsque ces diverses fonctions s’affaiblissent ou cessent.

Deuxième période .

La production des bourgeons charnus succède à l’inflammation. Elle offre les phénomènes suivans ;

de petits corps rougeâtres s’élèvent en tubercules inégaux et irrégulièrement disposés sur la surface de la plaie. Ils ne sont point charnus, comme le nom qu’on leur a donné, sans doute à cause de leur couleur, semblerait l’indiquer. Ce ne sont que de petites vésicules cellulaires, pleines d’une substance épaisse, comme lardacée, que l’on ne connaît point encore, et qu’il serait bien essentiel d’analyser. Cette substance remplit tellement les cellules, qu’en soufflant de l’air dans le tissu subjacent à une plaie, soit dans un animal vivant, soit sur un cadavre, ce fluide ne pénètre nullement les bourgeons : leur masse se soulève en totalité, mais aucun d’eux ne se développe, ni ne se distend comme les cellules que cette substance ne remplit point; les bourgeons restent les mêmes au milieu du boursouflement général. J’ai fait souvent ces expériences sur des animaux que j’avais blessés exprès.

A mesure que les bourgeons se développent sur une surface cellulaire mise à découvert, on les voit s’unir ensemble, se coller pour ainsi dire, et former par leur réunion une espèce de membrane provisoire, qui empêche absolument le contact de l’air sur les parties subjacentes, pendant que se forme la cicatrice véritable, celle qui doit toujours rester.

Cette membrane provisoire des cicatrices, cette espèce d’épiderme destiné à garantir les parties pendant le travail de la cicatrisation, diffère des membranes séreuses ordinaires, en ce que cellesci sont lisses et partout uniformes, tandis que

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les bourgeons produisent ici une surface inégale et raboteuse. Cette inégalité des bourgeons et leur isolement apparent semblent d’abord s’opposer à la manière que j’indique de concevoir le premier état des cicatrices, mais l’expérience suivante ne laisse aucun doute là-dessus. J’ai fait une large plaie sur un animal, et je lui ai laissé parcourir ses premières périodes; l’animal a ensuite été tué : c’était un chien. J’ai enlevé la portion de chair sur laquelle les bourgeons s’étaient développés : je l’ai distendue par un corps saillant, placé du côté opposé aux bourgeons, de manière à rendre la surface bourgeonnée très-convexe , de concave qu’elle était : les tubercules se sont alors effacés; la pellicule provisoire , tiraillée , est dévenue très-sensible : on l’aurait prise pour une membrane séreuse enflammée.

Il suit de là que, dès que les bourgeons sont réunis , tout accès est fermé à l’air ; et que ce qu’on dit communément du contact de ce fluide est inexact et contraire aux dispositions de la nature, qui sait , mieux que nous ne pouvons le faire par nos appareils, mettre à l’abri la partie divisée, pendant le temps où se prépare et s’opère le travail de la cicatrisation.

Voilà les phénomènes généraux que présentent les cicatrices cutanées dans les deux premières périodes de leur formation. Les cicatrices intérieures offrent, à quelque chose près, le même état. Or, il est facile de prouver qu’ici le système cellulaire joue un rôle important, exclusif même , et que tous ces phénomènes se passent dans son tissu ou dans

ses cellules. Les observations suivantes établissent , d’une manière positive , la nature celluleuse et des bourgeons et de la pellicule provisoire qui en résulte. i°. Là où le système cellulaire est le plus abondant, comme aux joues, les bourgeons charnus naissent plus facilement, et les plaies sont plus promptes à se cicatriser. 20. La peau trop dénuée de tissu cellulaire se recouvre difficilement de ces sortes de productions, et se recolle avec peine aux parties voisines : de là le précepte tant recommandé en chirurgie , de ménager ce tissu dans la dissection des tumeurs, dans l’extirpation des loupes, des kystes, etc. 3°. La macération ramène toujours à cette première base les surfaces des plaies bourgeonnées, quand on expose à cette expérience facile un cadavre qui s’en trouve affecté. 4°- La nature des bourgeons charnus est partout la meme, quel que soit l’organe qui les produit , que ce soit un muscle, un cartilage, la peau, un os, un ligament, etc. : seulement ils sont plus ou moins tardifs, suivant que la vie de chaque organe est plus ou moins active , plus ou moins prononcée, et que les forces vitales s’y trouvent à un degré plus ou moins marqué. Ainsi ils paraissent au bout de quatre ou cinq jours sur la peau , et sont beaucoup plus long-temps à se manifester sur les os; mais leur texture, leur apparence extérieure, leur nature, sont toujours les mêmes. Donc ils sont l’expansion, la production d’un organe qui se rencontre dans tous les autres : or, cet organe commun à tous, cette base générale de toute partie or ganisée , c’est le tissu cellulaire.

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La couleur rougeâtre des bourgeons charnus a fait croire qu’ils étaient une expansion vasculaire; mais leur développement est étranger à toute production de vaisseaux sanguins. Voici à quoi il tient : d’un côté, nous avons vu que le tissu cellulaire contient une foule d’exhalans, ainsi que d’absorbans, et qu’il en paraît presque tout formé: d’un autre côté, nous verrons que, dans l’inflammation , il y a constamment passage du sang rouge dans ce genre de vaisseaux : donc , comme d’une part les bourgeons charnus sont cellulaires, qu’ils ont par conséquent la nature de ce système; comme, d’une autre part , ils se trouvent toujours dans un véritable état inflammatoire , on conçoit que leur rougeur est la meme que celle de la plèvre enflammée, du tissu cellulaire devenu le siège d’un phlegmon, de la peau érysipélateuse, etc., rougeur qui ne suppose point un allongement des vaisseaux sanguins, mais seulement un passage du sang dans ceux qui ordinairement charrient des fluides blancs. Cela est si vrai que, lorsque l’inflammation est passée, le sang cessant d’aborder à ces vaisseaux, la membrane reprend sa couleur naturelle; de même les bourgeons , après la formation de la cicatrice qui résulte de leur rapprochement, blanchissent, parce que le sang ne les pénètre plus. Or, s’il y avait production nouvelle de vaisseaux, ils continueraient à exister et à remplir leurs fonctions. D’ailleurs, comment supposer un développement de vaisseaux sanguins là où primitivement ils n’existent pas , comme sur les tendons, les cartilages, etc., lesquels présentent, ainsi que les au-

très organes, des bourgeons charnus dans leurs solutions de continuité ?

Concluons de ces diverses considérations, que le système artériel est étranger à la formation des bourgeons charnus; que le cellulaire seul y participe, parce que, seul, il est doué de la faculté de s’étendre, de croître et de se reproduire.

Voici donc ce qui arrive dans le second temps de la cicatrisation des plaies. Le tissu cellulaire, en vertu de l’accroissement de force qui s’est développé dans la première période, s’élève en vésicules irrégulièrement disposées, qui exhalent une substance blanche peu connue, s’unissent à leur superficie, et forment une membrane provisoire (i). Mais comment cette membrane se transforme-t-elle en celle de la cicatrice? Suivons la nature, qui arrive à ce temps par ceux de la suppuration et de rabaissement.

Troisième période .

Le temps de suppuration n’existe point dans la cicatrice des os, dans celle des cartilages rompus, des muscles déchirés , et en générai dans la réunion

(i) Cette membrane provisoire, que l’on appelle aujourd'hui membrane des bourgeons charnus , adhère par son pourtour au limbe de la plaie ; elle est douée d’une grande élasticité en vertu de laquelle elle rétrécit cette dernière , et même amène ses bords au point de contact, lorsqu’il n’y a pas eu perte de substance ; dans le cas contraire, elle se déssèche et se transforme en un véritable tissu cutané nouveau , toujours cependant plus mince et plus faiÿe que les tégumens naturels. (F. Blandin.)

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de tous les organes divisés sans plaie extérieure. Il faut donc démontrer d’abord quel rapport se trouve entre ces cicatrices et celles des organes externes; car un principe commun préside à toutes les opérations de la nature, quelque diverses qu’elles paraissent.

Lorsqu’un os est divisé , les deux premières périodes de sa réunion sont les mêmes que celles des organes extérieurs : les bouts s’enflamment, puis se couvrent de bourgeons cellulaires (i). Dans le troisième temps, ces bourgeons, préliminairement réunis, deviennent une espèce d’organe sécrétoire, ou plutôt exhalant, qui sépare d’abord de la gélatine, dont il s’encroûte, ce qui donne au cal une nature cartilagineuse, puis du phosphate calcaire, ce qui complète la disposition osseuse. Dans la cicatrice des cartilages, la gélatine seule est exhalée; dans les muscles divisés , c’est la fibrine (2) , etc. :

(1) Les bourgeons charnus doivent être considérés comme de petits organes accidentels destinés à la sécrétion du pus seulement. Ils manquent toutes les fois que cette substance ne doit pas être formée. On ne les remarque pas sur les extrémités des os fracturés, lorsqu’il n’y a pas de plaie extérieure. Si , au contraire , la fracture est compliquée de plaie , il en est autrement ; la suppuration s’établit presque toujours alors entre les os.

(2) À la suite des plaies des divers organes , les cicatrices sont toujours de la même nature , c’est-à-dire cellulaires ; et toujours aussi le produit inflammatoire est le même : c’est la lymphe plastique des auteurs; substance qui n’est que peu gélatineuse, mais qui contient beaucoup d’albumine et de fibrine. Au surplus , peut-être la gélatine n’est-elle jamais sécrétée dans l’économie animale ; cette substance, en effet, pourrait bien n’être pas un

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en un mot, le tissu cellulaire est la base commune de toutes les cicatrices des organes intérieurs, puisque les bourgeons charnus sont les memes sur tous. Elles se ressemblent toutes par cette base : ce qui établit entre elles des différences, c’est la matière qui se sépare et qui reste dans le tissu cellulaire. Cette matière est, en général, la même que celle qui sert à la nutrition de l’organe, que celle qui y est habituellement apportée et exportée par le travail de cette fonction. Or, comme chaque organe de système différent a sa matière nutritive propre , chacun à son mode particulier de réunion. Nous connaîtrions les cicatrices des différens organes tout aussi bien que celles des os, si les substances qui nourrissent ces organes nous étaient aussi connues que la gélatine et le phosphate calcaire. Le mode de développement des cicatrices intérieures est, en général , analogue à celui de la nutrition, ou plutôt il est le même, avec la seule différence que le tissu cellulaire, s’élevant en bourgeons irréguliers sur les surfaces divisées, 11e fournit point à la cicatrice une base moulée sur la figure de l’organe : de là l’inégalité du cal, etc.

Voilà donc, en général, ce qui se passe dans le troisième temps des cicatrices des organes internes. A l’extérieur, il se manifeste des phénomènes à peu près analogues : la membrane qui recouvre les bourgeons charnus devient aussi une espèce d’or-

produit immédiat de la vie, mais résulter seulement de la décoction des matières organiques. Les muscles blessés ne sécrètent pas plus de fibrine que les autres organes. (F. Blandin. )

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gane exhalant qui sépare du sang un fluide blanchâtre qu’on appelle pus. Mais il y a cette différence que , au lieu de rester dans le tissu des bourgeons, de pénétrer et d’encroûter ce tissu, comme le phosphate calcaire et la gélatine pénètrent les os, il est rejeté au dehors et devient étranger à la réunion; en sorte que, dans les cicatrices internes, il y a exhalation , puis encroûtement du fluide exhalé, et dans les cicatrices externes exhalation, puis excrétion de ce fluide.

Au reste, une plaie intérieure qui intéresse le tissu cellulaire et qui suppure me paraît ressembler en tout aux surfaces séreuses, lesquelles se recouvrent, à la suite de leur inflammation, d’une exsudation purulente. La pellicule mince qui tapisse les bourgeons est de même nature que la plèvre ou le péritoine enflammés, c’est-à-dire essentiellement cellulaire. Le pus est dans l’un et l’autre cas presque de même nature, et analogue à celui du phlegmon , parce qu’il vient d’organes semblables; tandis que, si la peau seule est intéressée, ce fluide est d’une nature toute différente, comme on le voit dans l’érysipèle.

L’exhalation du pus sur la surface de la cicatrice et des membranes séreuses me paraît avoir aussi beaucoup d’analogie avec celle de la matière blanchâtre de certains kystes.

Quatrième période .

La suppuration épuise peu à peu la substance blanchâtre qui remplit les bourgeons : alors leurs

cellules , d’abord très-gonflées , diminuent insensiblement de volume; elles se resserrent en vertu de leur contractilité de tissu; peu à peu elles adhèrent entre elles, et de leur adhérence résultent divers phénomènes que voici. i°. Tous les tubercules charnus disparaissent, et une surface uniforme les remplace. 2°. Cette surface est une membrane mince , parce que l’épaisseur des bourgeons dépendait, non des cellules, mais de la substance qui les pénétrait, et qui, ayant alors disparu, les laisse toutes seules. 3°. Cette membrane offre infiniment moins de largeur que la pellicule primitive qui recouvrait les bourgeons, parce que les cellules, en revenant sur elles-mêmes , tiraillent de la circonférence au centre les bords de la division ; ceux-ci se rapprochent; la largeur de la plaie diminue; ces mêmes bourgeons qui, dans le commencement, occupaient souvent un espace d’un demi-pied de diamètre, comme, par exemple, dans l’opération du cancer, se trouvent alors condensés dans l’espace d’un pouce ou deux.

Quand l’adhérence est complète entre toutes les cellules qui formaient primitivement les bourgeons charnus, la membrane de la cicatrice existe, résultat de cette adhérence. Voilà comment toutes ces chairs dont le développement nous étonnait, et qui paraissaient amplement réparer la perte de substance, ne sont plus qu’une pellicule, rougeâtre tant que les exhalans sont pleins de sang, mais ensuite blanchâtre par le retour de ce fluide dans ses vaisseaux. #

D’après ce mode d’origine des cicatrices exté-

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rieures, il est facile de concevoir, i° pourquoi elles adhèrent intimement aux endroits où elles se trouvent, et n’ont jamais la laxité des tégumens ; 20 pourquoi la peau se rapproche de toutes les parties voisines, pour recouvrir la plaie; 3° pourquoi elle se ride en se rapprochant; 4° pourquoi là où elle prête le plus, la cicatrice a le moins d’étendue, comme aux bourses, aux aisselles , etc. ; pourquoi, au contraire , elle en a davantage là où elle cède difficilement, comme sur le sternum, sur le crâne, sur le grand trochanter , etc. ; 5° pourquoi l’épaisseur de toutes les cicatrices est constamment en raison inverse de leur largeur : en effet , comme il n’y a toujours que la même quantité de bourgeons cellulaires pour les former , il faut que ce qu’elles gagnent dans un sens, elles le perdent dans un autre : de là, dans celles qui sont larges, beaucoup de facilité à se déchirer; 6° pourquoi elles n’ont point d’organisation régulière, pourquoi elles ne partagent point les fonctions de l’organe cutané qu’elles remplacent , et pourquoi leur texture est absolument différente de celie de cet organe.

La cicatrisation des plaies livrées à elles-mêmes, surtout de celles avec perte de substance, diffère essentiellement de leur réunion par première intention, qu’on détermine par l’agglutination de leurs bords. Cette différence porte sur ce que , dans cette dernière, il n’y a ni la deuxième période, celle des bourgeons charnus; ni la troisième, celle de la suppuration ; ni la quatrième , celie d’affaissement : la réunion succède tout de suite à la première , savoir, à celle d’inflammation.

On voit, d’après tout ce qui vient d’ètre dit, que le tissu cellulaire est l’agent essentiel de la production de toutes les cicatrices , qu’il forme leur base et leur principe , que sans lui elles ne pourraient point avoir lieu , et qu’elles dépendent surtout de la propriété qu’il a de s’étendre et de croître.

Influence du Tissu cellulaire sur la formation des

tumeurs.

Dans la formation des cicatrices , le tissu cellulaire ne s’accroît guère que de quelques lignes audessus du niveau de la division; les cellules qu’il forme dans sa reproduction ont en général peu de volume. Il n’en est pas de même lorsqu’il vient à s’écarter des lois ordinaires de la cicatrisation, lorsque quelque cause accidentelle altère ses propriétés vitales : alors on le voit pousser des végétations trèsétendues, et qui souvent contiennent beaucoup plus de ce tissu que les parties mêmes où elles sont nées. Toutes les excroissances diverses désignées sous les noms de chairs fongueuses, d’hypersarcoses , de chairs mollasses, de fongosités, etc., ne sont qu’un résultat de cet accroissement du système cellulaire, devenu supérieur à ce qu’il devrait être dans les lois ordinaires des cicatrices : aussi les cicatrices ne peuvent-elles se faire tant que ces productions irrégulières se manifestent : ce n’est qu’après qu’elles ont été réprimées que la consolidation s’opère. Mais c’est surtout dans les tumeurs diverses qu’on voit ce développement, cette reproduction remarquable du tissu cellulaire. Tous les fongus, espèce de pro-

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duction qui se développe exclusivement sur les membranes muqueuses, dans les sinus, aux fosses nasales, à la bouche, à la matrice spécialement, et qui diffèrent essentiellement des tumeurs qui ont leur siège sur les membranes fibreuses, sur la duremère, par exemple, quoiqu’un nom commun les confonde; tous les fongus, dis-je, sont du tissu cellulaire, plus une matière particulière déposée dans ses aréoles, matière qui, plus ou moins abondamment séparée, laisse sa base primitive plus ou moins à nu.

Les polypes, soit muqueux, soit sarcomateux, espèces de tumeurs qui sont également l’attribut du système muqueux , ont aussi le tissu cellulaire pour base primitive de leur organisation. Tous les différens cancers le présentent, d’une manière plus ou moins manifeste , dans le gonflement des parties auquel ils donnent lieu. Il faudrait passer en revue presque toutes les tumeurs, pour indiquer toutes celles que le tissu cellulaire concourt à former.

On peut donc le concevoir comme formant la base générale , le parenchyme de nutrition de presque toutes ces excroissances : il pousse, il croît d’abord sur la partie où la tumeur doit se développer; puis il s’encroûte de diverses substances étrangères, et dont la nature différente constitue la diversité des tumeurs. Ces phénomènes sont exactement analogues à ceux de la nutrition ordinaire. En effet, tous les organes se ressemblent par leur base nutritive, par leur parenchyme de nutrition, qui est vasculaire et cellulaire; ils diffèrent par les substances nutritives déposées dans ce parenchyme. De

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