DÉVELOPPEMENT DIT SYSTÈME CELLULAIRE
§ Ier. Etat dit Système cellulaire dans le premier
âge.
Dans les premiers temps de la conception, le
travail inflammatoire , comme autour des épanchemens circoncrits des plèvres, autour des foyers apoplectiques, etc.; tantôt par refoulement du tissu cellulaire , comme dans les grands abcès. Enfin , certains kystes cellulaires se développent sous l’influence de frottemens et de pressions extérieures. Les bourses muqueuses accidentelles sous — cutanées, sont de ce genre : on connaît celle qui existe à l’extrémité inférieure du moignon de ceux qui ont subi depuis quelque temps l’amputation delà cuisse; elle est produite par les frottemens répétés de T ds sur le tissu cellulaire de la cicatrice. ( F. Blandin, )
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foetus n’est qu’une masse muqueuse , homogène en apparence, et où le tissu cellulaire paraît presque exclusivement dominer. En effet, lorsque dans cette masse les organes ont commencé à se développer, les intervalles qu’ils laissent entre eux sont remplis d’une substance qui, exactement semblable à celle qui formait auparavant la totalité du corps , en peut être considérée comme le reste, ou plutôt existe d’une manière distincte , parce qu’elle n’a point été pénétrée d’une substance nutritive propre, comme celle qui forme le parenchyme de nutrition des organes, laquelle, avant cette pénétration, lui ressemblait exactement. Cette substance intermédiaire
aux organes , et qui est le principe du tissu cellulaire, s’éloigne d’autant plus de l’état fluide, qu’on avance de plus près vers le terme de l’accouchement. D’abord elle forme un véritable mucus, puis une espèce de glu , puis la texture cellulaire commence à se manifester.
Cet état primitif de l’organe cellulaire, cette apparence qu’il présente dans le principe, sont dus à la grande quantité de fluides qui le pénètrent à cette époque; ils ne dénotent point une existence inorganique. On peut alors le comparer exactement au corps vitré , qui paraît tout fluide au premier coup d’œil, parce que la transparence de ses lames ne permet point de les distinguer parmi l’humeur qui en pénètre les cellules : faites-y une ponction de manière à évacuer cette humeur , celles-ci se manifestent.
Ainsi voit - on le tissu cellulaire , extrêmement mince, véritablement transparent dans le premier
âge, être masqué alors par l’humeur qui le remplit, et devenir de plus en plus sensible, à mesure que cette humeur diminue avec l’âge. C’est un phénomène qui se reproduit quelquefois dans la suite , lors des diverses infiltrations séreuses, de celles surtout où le fluide infiltré a une certaine viscosité.
Quelle est cette humeur si abondante dans les premiers mois de la conception dans le système cellulaire? Est-elle albumineuse, comme celle qui dans la suite doit le lubrifier? Cela est probable; mais je croirais aussi qu’elle a beaucoup du caractère gélatineux, caractère qui domine si fort, comme on le sait , dans les humeurs animales, à cette époque de la vie : je ne connais aucune expérience sur ce point. Quelle que soit cette humeur, elle est beaucoup plus visqueuse et plus onctueuse que par la suite : le tact suffit pour s’en convaincre. C’est sa prédominance, jointe à la finesse des lames cellulaires, qui, dans les premiers mois, fait que toute tentative pour rendre le fœtus emphysémateux, en soufflant de l’air sous sa peau, est presque absolument inutile.
A la naissance, et quelque temps au-delà, la grande quantité de graisse sous-cutanée rend aussi très-difficile ces emphysèmes artificiels : il ne parait pas que le fœtus en éprouve jamais de naturel. La ténuité des lames et des filamens cellulaires est telle à cette époque, que l’imagination ne peut se la représenter : le tissu des cheveux est grossier en comparaison de celui-ci. Je présume que la boule graisseuse que j’ai dit exister presque toujours à la
joue du fœtus ne dépend que de la rupture de plusieurs lames, rupture d’où résulte une grande cellule qui se remplit de graisse.
Quelque temps avant la naissance, à cette époque et dans les années qui la suivent, l’humeur cellulaire va toujours en diminuant; les cellules deviennent plus sèches, plus apparentes par conséquent; la masse totale du système cellulaire diminue, parce que , à mesure que les organes grossissent , leurs intervalles deviennent plus rétrécis. Cependant ce système prédomine encore long-temps sur les autres ; de là la rondeur des formes qui caractérise l’enfant (i), le peu de saillie de ses organes, qui sont comme masqués par celui-ci; de là, en partie, la souplesse, la multiplicité de ses mouvemens ; de là encore les maladies fréquentes dont il est le siège à cet âge.
Les lames conservent encore alors une extrême finesse, elles sont encore susceptibles de se rompre facilement. En faisant des emphysèmes sur des enfans très-maigres , j’ai remarqué que souvent il se forme en différens endroits des dilatations considérables, des espèces de poches où l’air s’accumule en masse, et qui ne dépendent que de cette rup-
(i) Ce n’est point à la quantité de tissu cellulaire sous-cutané de l’enfant qu’il faut attribuer la rondeur de ses formes , mais à l’obésité sous-cutanée constante à cet âge. De même chez le vieillard , ou chez celui qui est depuis long- temps en proie à une affection organique profonde , la saillie des traits dépend de l’absence de la graisse , et non de la diminution du tissu cellulaire. ( F. Blandin. )
ture; tandis que, dans Ja même expérience sur l’adulte, l’air se propage d’une manière uniforme, et infiltre constamment les cellules sans altérer leur intégrité. En comparant dans nos boucheries , la chair des veaux soufflés , et celle des bœufs dans le même état, j’ai fait quelquefois une observation analogue.
Dans l’enfance et dans la jeunesse , l’énergie vitale du tissu cellulaire est extrêmement marquée. A cet Age les bourgeons charnus, essentiellement cellulaires comme nous l’avons vu, sont beaucoup plus prompts à naître, beaucoup plus rapides à parcourir leurs périodes, que dans tout autre Age; la réunion des plaies est plus facile, et toutes les tumeurs ont, dans leur développement et dans leur marche, un caractère de rapidité qui dépend spécialement du haut degré où sont montées les forces vitales du système cellulaire dans l’enfant. C’est à la même cause qu’il faut rapporter la facilité de la résorption du fluide séreux qui infiltre quelquefois accidentellement les cellules, comme on le voit au scrotum, aux paupières, etc., la promptitude de la formation des kystes, etc. : alors les liydropisies sont beaucoup moins fréquentes. Quand elles arrivent, pourquoi les membres supérieurs en sontils presque aussi souvent affectés que les inférieurs, tandis que c’est presque toujours par ceux-ci que commence la lcucophlegmatie des adultes ? C’est même alors un phénomène remarquable , que la singulière tendance que les jambes ont à s’infiltrer comparativement aux bras. Cela ne dépendrait- il point de la station, qui, forçant la lymphe à re-
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monter contre son propre poids, affaiblit peu à peu les absorbans, lorsqu’elle a lieu long-temps? Ce fait se rapporte à celui des varices , bien plus fréquentes, comme on sait, inférieurement que supérieurement.
§ II. État clu Système cellulaire dans les âges
suie ans. *
Dans l’adulte , le tissu cellulaire se condense et s’affermit, ses lames prennent une texture plus serrée. Il paraît aussi diminuer en quantité, parce que, les organes augmentant en épaisseur, leurs intervalles se rétrécissent. S’il n’y a pas une diminution réelle, au moins il en existe une relative à l’état des organes. C’est à cette circonstance qu’il faut attribuer, en partie, la saillie de ceux-ci audessous des tégumens, l’énergie des formes musculaires, etc. Il paraît au reste que la quantité de tissu cellulaire varie suivant les tempéramens ; que dans ceux qu’on nomme phlegmatiques ou lymphatiques , il prédomine les autres systèmes; que dans ceux, au contraire, qu’on appelle bilieux , que caractérise, comme on dit, la rigidité , la sécheresse de la fibre, il est en moindre proportion. Dans la femme, il paraît être en plus grande quantité que dans l’homme : la douceur des formes est en partie, dans ce sexe, le résultat de sa prédominance.
Le mouvement d’une partie ne paraît pas déterminer une nutrition plus active dans son tissu cellulaire, comme cela arrive pour les muscles, pour les nerfs, et meme quelquefois pour les vaisseaux.
Dans le vieillard, ce tissu se condense et se resserre; il prend beaucoup de consistance et de dureté; la dent le déchire difficilement parmi les chairs bouillies des vieux animaux; il est coriace comme elles; il faut une très-longue ébullition pour le fondre, beaucoup moins de fluide s’y exhale : de là une sorte de sécheresse et de rigidité qui rend «difficiles les mouvemens du dernier Age. L’espèce de flétrissement qu’il éprouve concourt spécialement à la diminution générale que le. corps subit alors. Il perd ses forces vitales : de là sa laxité et son relâchement, qui ne lui permettent plus de soutenir la peau comme à l’ordinaire. Celle-ci devient partout lâche, pendante même aux endroits où elle forme des plis. Le scrotum n’a plus cette faculté de se resserrer qui le caractérisait, et qu’il empruntait des formes du système cellulaire. Cette laxité générale, celte sorte de flaccidité sont constamment l’apanage de la vieillesse, chez les individus mêmes dont les excès en tous genres, ou bien la disposition primitive, ont rendu le dernier Age très-précoce. J’ai vu, à la Société de Médecine, un nain de seize ans qui n’avait guèrç que deux pieds et quelque chose : il commençait déjà à vieillir, et son tissu sous-cutané présentait cette laxité qui est constamment étrangère à cet Age. La décrépitude précoce du nain du roi de Pologne présenta le même phénomène. Deux personnes qui ont vécu long-temps avec lui m’ont rapporté quà sa mort il présentait, dans son habitude extérieure, ce relâchement et celte flaccidité des tégumens, dont le tissu cellulaire subjacentparaîtêtre le siège essentiel.
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Il est rare que , dans le dernier âge , il se fasse des incrustations osseuses dans le tissu cellulaire. Dans le grand nombre de vieillards que j’ai déjà eu occasion de disséquer ou de faire disséquer, je ne me rappelle que d’en avoir vu une qui occupait la partie postérieure du mésentère. J’en ai observé quelques autres chez les adultes, surtout chez les femmes, où elles se rencontrent assez fréquemment dans le tissu cellulaire qui sépare la matrice du rectum (1): j’en conserve divers exemples (2).
(1) On trouve fréquemment clans les veines utérines des concrétions ,* sorte de calculs appelés phlébolithes ; et lorsqu’on coupe le tissu cellulaire qui sépare la matrice d’avec le rectum , tissu dans lequel rampent ces veines , l’instrument est quelquefois arrêté par ces petits corps , qu’au premier abord on croit placés dans le tissu cellulaire. Serait-il possible que Bichat eût commis cette légère erreur , dans laquelle j’ai vu tomber des hommes instruits ? je le pense. ( F. Blandin. )
(2) anatomie pathologique ou système cellulaire.
§ Ier. Altérations dans les formes extérieures.
Le volume du tissu cellulaire peut être accru par suite d’une exhalation plus abondante des fluides qu’il renferme. C’est ce qui arrive dans l’anasarque et dans l’obésité ou polysarcie. La sérosité accumulée dans l’anasarque ressemble à celle des hydrepiques. Elle parcourt d’ailleurs librement le tissu cellulaire, et s’amasse en général dans les parties les plus déclives. La laxité de ce tissu dans certaines régions le dispose également à l’in— fdtration. Dans les oedèmes anciens, le tissu cellulaire contracte quelquefois une épaisseur très-grande; il semble qu’il se fasse une exsudation d’un fluide concrescible qui augmente sa densité en s’ajoutant aux lames qui le composent^
ÂNAT. GÉN. T I.
IO
L’obésité ou l’accumulation de la graisse est générale ou locale : la première a été examinée à l’article de la graisse cellulaire.
Les tumeurs graisseuses, cjui constituent la seconde, ont des formes très-variées; leur volume est quelquefois fort considérable; assez souvent elles sont pourvues d’un pédicule par lequel pénètrent des vaisseaux. Une cmiclie celluleuse les revêt à l’extérieur; leur structure est celle du tissu adipeux. Les vésicules paraissent plus multipliées que dans l’état de santé, car Monro a observé que leur diamètre est le même. Ces tumeurs se développent surtout dans les parties qui contiennent beaucoup de graisse : de h\ la fréquence des lipomes ou tumeurs graisseuses sous- cutanées.
Outre les fluides naturellement contenus dans le tissu cellulaire, de l’air peut aussi s’y accumuler, ce qui constitue l’emphysème. Ce dernier est plus ou moins étendu. Il se développe quelquefois après la mort, dans l’apoplexie, les épanehemens urineux , etc.
Une augmentation de \olume et de densité tout à la fois paraît constituer la maladie décrite sous le nom d’ endurcissement du tissu cellulaire. On n’y trouve, en effet, qu’une épaisseur et une consistance plus grandes de ce tissu, qui cède à peine h la pression du doigt ; il s’\ joint communément une infiltration séreuse plus ou moins considérable. Celte affection est, comme on le sait, presque exclusive aux enfans nouveau-nés. C’est au-dessous de la peau qu’elle se montre le plus ordinairement; on l’a vue avoir son siège dans le tissu cellulaire inter-musculaire.
L’éléphant iasis ou mal des Barbades est dû à une altération du même genre.
§11. y] Itérations dans l'organisa' ion.
L’inflammation du tissu cellulaire est très-fréquente; elle offre un grand nombre de variétés , particulièrement suivant le siège qu’elle occupe.
Dans l’inflammation aiguë dans le phlegmon proprement
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dit , le tissu cellulaire est d’un rouge plus ou moins vif et comme infiltré Je sang ; la sérosité a disparu , les aréoles sont beaucoup moins perméables que dans l’état naturel : plus tard , elles sont remplies d’une matière albumineuse concrète qui ressemble à une espèce de gelée. Les phénomènes ultérieurs diffèrent selon le mode de terminaison qui survient. Dans les cas les plus ordinaires , la suppuration s’établit , le pus se creuse une cavité qui s’agrandit continuellement , il se forme un abcès ; ou bien il se fait une absorption de la matière albumineuse épanchée , la résolution a lieu. D’autres fois cette matière semble s’organiser en même temps que sa consistance augmente ; elle se confond insensiblement avec l’organe qui l’a fournie : c’est ce qu’on observe dans la terminaison par induration. Dans la gangrène , le tissu cellulaire mortifié donne naissance à des escarres molles , d’une couleur blanchâtre ou grisâtre ; il se réduit en une sorte de putrilage.
L’inflammation chronique amène spécialement l’induration, comme on le voit dans les ulcères anciens. On trouve encore assez souvent à sa suite cette sorte de fragilité dont parle Bichat (page io4). Dans quelques cas l’inflammation est accompagnée d’ulcération et de destruction du tissu cellulaire.
Simplement divisé par suite d’une lésion mécanique , le tissu cellulaire se réunit assez promptement, s’il est en contact immédiat avec lui -même : c’est ce qui arrive dans le recollement des abcès , dans la réunion des plaies par première intention , etc. L’adhésion s’établit par l’intermède d’un fluide coagulable, qui s’épanche , se concrète et s’organise , de manière à former un nouveau tissu pendant quelque temps plus dense que le tissu cellulaire ambiant, avec lequel il finit par se confondre.
Mis à nu par une solution de continuité avec perte de substance, le tissu cellulaire présente tous les phénomènes décrits de la formation des bourgeons charnus et de la cicatrisation. Yanhoorn a vu , dans les amputations , le tissu cellulaire graisseux disparaître d’abord à la surface de la plaie , pour être ensuite remplacé par un nouveau tissu , plus dense et plus résistant que le premier.
Les corps étrangers introduits dans le tissu cellulaire y déter—
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minent une inflammation plus ou moins vive , la suppuration qui en résulte les entraîne peu à peu à l’extérieur, de sorte que, s’ils sont profondément situés, ils parcourent ainsi des trajets considérables. On voit alors ce tissu se rapprocher, se réunir constamment derrière le corps étranger, tandis qu’il suppure et s’ouvre au-devant de lui. Cette marche particulière de l’inflammation lui a fait donner le nom d 'inflammation éliminatoire.
Dans quelques cas néanmoins les corps étrangers séjournent dans le tissu cellulaire sans y produire d’accidens. Il se forme autour d’eux une espèce de membrane, de kyste, qui préserve de leur contact les parties environnantes : c’est ce qui se passe dans quelques épanchemcns sanguins, quand la présence du caillot ne détermine pas la formation d’un abcès. La poche qui renferme le sang, dans les anévrysmes faux consécutifs, se produit par un mécanisme analogue.
Outre les corps inertes, solides, fluides ou gazeux, qui pénètrent accidentellement dans le tissu cellulaire, on y a trouvé de \ éritables corps animés, des vers. Le cysticcrcus ccllulosa , le fUaria medinensis ou dragonneau proprement dit, des larves iY ces Iras , ont été rencontrés par divers observateurs , non-seulement au-dessous de la peau , mais encore dans les interstices des muscles, dans l’épaisseur de la pic-mère, et jusque sur les os.
Divers tissus naturels de l’économie se développent accidentellement dans le système cellulaire.
Les transformations et productions osseuses ou cartilagineuses n’v sont point rares: on les observe particulièrement dans le tissu cellulaire qui existe aux environs des membranes séreuses et synoviales , quelquefois dans celui (pii pénètre la substance même des organes, moins fréquemment dans le tissu cellulaire sous-cutané. La texture fibreuse se montre assez souvent aussi dans le tissu lamincux ; on en trouve des exemples dans les parois de certains kystes, dans la production des tumeurs fibreu— ses, etc. C’est à la transformation de ce tissu en membrane séreuse que l’on doit rapporter la production de la plupart des kystes, (pii se développent à scs dépens. Le mouvement fait encore naître dans certains endroits des membranes séreuses accidentelles {voy. le Système séreux). Les abcès et les trajets
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fistuleux anciens sont tapissés par une membrane qui a quelque analogie avec celles que comprend le système muqueux.
Toutes ces formes si variées que peut affecter le tissu cellulaire n’ont pas lieu de nous surprendre , si nous nous rappelons que la libre qui le constitue fait en même temps la base de la plupart des sytèmes organiques.
Les dégénérations proprement dites sont très-communes dans le tissu cellulaire : plus tin organe en est abondamment pourvu , plus il est exposé à ce genre d’altérations. Mais elles n’attaquent pas seulement ce tissu , quand il se trouve combiné dans les divers organes avec les autres élémens dont ils se composent, le tissu cellulaire libre qui les entoure y est également sujet ; ce— lui-là même qui , accumulé dans certaines régions , y semble tout-à— fait isolé , n’en est point exempt. Ainsi , dans les tumeurs blanches des articulations, dans les affections cancéreuses des glandes, des viscères, le tissu lamineux est-il presque toujours confondu avec les parties malades qu’il revêt , et dégénéré comme elles. Ainsi trouve-t-on, dans les endroits où le tissu cellulaire est comme entassé, des masses squirrheuses, carcinomateuses, tuberculeuses , fongueuses , dans lesquelles ce tissu seul parait altéré.
§ III. Altérations dans le développement .
Le tissu cellulaire peut lui-même se développer accidentellement : on le rencontre dans un grand nombre de productions morbides ; plusieurs d’entre elles en sont essentiellement formées (vof. p. 128 et i32 ). Ce tissu remplace les organes atrophiés ; il se produit à la surface des plaies suppurantes , où il constitue la membrane des bourgeons charnus ( voy. p. 122). Le mécanisme de sa formation dans cette circonstance est loin d’être parfaitement connu : dire que c’est une extension , un prolongement du tissu cellulaire qui préexistait dans la partie , ce n’est pas expliquer comment cette sorte d’exubérance se développe. Tout porte à croire que c’est un tissu nouveau, formé, comme dans la réunion des plaies simples , par suite d’une exsudation de nature albumineuse ou du moius concresciblc. Qn’oh-
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serve-t-on en effet clans une solution de continuité qui doit se guérir par cicatrisation ? L’hémorrhagie cesse, le sang est remplacé par un liquide séreux, la plaie se recouvre d’une couche molle , blanchâtre , d’abord faiblement adhérente; bientôt cette substance, en apparence inorganique, se pénètre de vaisseaux, elle devient plus dense, on ne la sépare plus que difficilement des parties subjacentcs , elle prend tous les caractères de la membrane des bourgeons charnus. Cette série de phénomènes n’a-telle pas la plus grande analogie avec ce qui se passe à la surface des membranes séreuses enflammées? Ne voit-on point, dans l’un et l’autre cas, un épanchement de lymphe concrcsciblc , dont le résultat est la production d’une fausse membrane, qui , s’organisant, sc change en un véritable tissu cellulaire?
( Bèclard. )
Tous les anatomistes ont considéré jusqu’ici le Système nerveux d’une manière uniforme; mais, pour peu qu’on réfléchisse aux formes, à la distribution, à la texture, aux propriétés et aux usages des branches diverses qui le composent, il est facile de voir qu’elles doivent être rapportées à deux systèmes généraux, essentiellement distincts l’un de l’autre, et ayant pour centres principaux, l’un le cerveau et ses dépendances, l’autre les ganglions (i). Le premier appartient spécialement à
(i) Le mot ganglion est un de ces termes que l’on voit se reproduire à chaque instant dans le langage anatomique , pour exprimer souvent des choses très-différentes : il importe par conséquent d’en fixer le sens précis.
Depuis Hippocrate on a constamment désigné par ce nom les tumeurs synoviales qui se développent sur le trajet des tendons revêtus de bourses muqueuses. Galien , le premier , l’a appliqué à certains renflemens nerveux; mais depuis les travaux de MM. Gall, Blainville, Reil et plusieurs autres, l’extension du mot ganglion a été singulièrement élargie : ces savans ont considéré comme un ganglion toute masse de substance nerveuse blanche et grise : ainsi les hémisphères cérébraux formeraient deux énormes ganglions, au-dessous desquels d’autres plus petits apparaitraient représentés par les pédoncules , les couches optiques , les corps
la vie animale : d’une part, il est l’agent qui transmet au cerveau les impressions extérieures destinées à produire les sensations; de l’autre part, il sert de conducteur aux voûtions de cet organe,
qui sont exécutées par les muscles volontaires auxquels il se rend. Le second, presque partout distribué aux organes de la digestion, de la circula-
tion , de la respiration , des sécrétions , dépend d’une manière plus particulière de la vie organique, où il joue un rôle bien plus obscur que celui du précédent. Chacun n’est point strictement borné aux organes de 1 une et l’autre vie : ainsi les nerfs céréb raux envoient-ils quelques prolongemens dans les glandes, aux muscles involontaires, etc.; ainsi le système nerveux des ganglions a-t-il quelques
rameaux dans les muscles volontaires. Cest sur la disposition générale, et abstraction faite de ces exceptions particulières, qu’est fondée la division des deux systèmes nerveux, entre lesquels je n’établis point ici de parallèle pour faire sentir leur différence , parce que l’exposition de chacun suffira pour convaincre de cette différence (i).
striés , etc. Quelques personnes même ont été plus loin, en assimilant les plexus aux ganglions.
Enfin, le professeur Chaussier , faisant allusion à la différence tranchée qui sépare les glandes des rcnflemcns lymphatiques , désigna ces derniers par le nom de ganglions , terme qu’il appliqua également, avec l’épithète de glani/iformc, à ces amas de cryptes ou follicules qui constituent certains organes sécréteurs , la prostate , les amygdales , par exemple. (F. Blandin.)
(i) La division des organes nerveux en deux systèmes secondaires restera a jamais dans la science : elle est fondée sur des
Le système nerveux de la vie animale est exactement symétrique (i), comme tous les organes de
différences très-réelles et très— tranchées tant sous le rapport statique que sous le rapport dynamique. Mais est-il bien démontré que ces deux systèmes soient complètement séparés l’un de l’autre ? que l’un ait pour centre le cerveau , et l’autre les ganglions? Je ne le pense pas. Au contraire , on est d’autant plus fondé à croire à l’unité du système nerveux , que la nature a pris soin de la démontrer elle-même , soit à l’état sain, à l’aide de la continuité qu’elle a établie entre les deux systèmes , soit pathologiquement , en nous donnant la conscience des impressions douloureuses qui s’élèvent des organes auxquels est exclusivement réservé le système nerveux organique , conscience qui suppose la transmission de cette impression vers l’axe cérébro-spinal.
Au reste , il s’en faut de beaucoup que tous les anatomistes partagent entièrement les idées de Bichat , sous le rapport qui nous occupe. M. Cuvier regarde plutôt le système nerveux comme représentant en entier un réseau immense , enlaçant tous les organes et toutes les parties , et présentant des centres multiples unis par des cordons de communication. M. Blainville le définit un amas de ganglions et de nerfs , les uns se dirigeant , par une marche excentrique , vers les organes , auxquels ils distribuent la sensibilité et le mouvement ; et les autres ren— trans ou centripètes , et se rendant vers une masse centrale , de manière à réunir toutes les actions particulières en actions d’ensemble, et à fonder les sympathies et la vie générale. Suivant M. Blainville, la première partie, la partie centrale du système nerveux , est représentée par la moelle épinière ; une autre est constituée par les ganglions des sens et ceux des nerfs spinaux ; une troisième comprend les ganglions viscéraux , les ganglions cardiaques , sémilunaires , etc. ; la dernière enfin embrasse le trisplanchnique , qui communique avec les ganglions viscéraux et les met en relation avec le centre commun.
(F. Blandin.)
(i) Les idées que Bichat s’était formées a priori sur la sy—
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cher. Pourquoi? parce que ce sens est tout différent des autres, qu’il leur est consécutif, et qu’il rectifie leurs erreurs. Nous touchons, parceque nous avons vu, entendu, goûté et senti les objets. Ce sens est volontaire; il suppose une réflexion dans l’animal qui l’exerce, au lieu que les autres n’en exigent aucune. La lumière, les sons, etc., viennent frapper leurs organes respectifs, sans que l'animal s’y attende; tandis qu’il ne touche rien sans un acte préliminaire des fonctions intellectuelles. Il n’est donc pas étonnant (pie la perfection des organes du toucher, et le grand développement du cerveau, soient chez l'homme dans la même proportion; et que chez les animaux, où le cerveau est plus rétréci, le toucher soit plus obtus et ses organes moins parfaits.
ARTICLE PREMIER