‹ Anatomie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 28 sur 40 · VIE ANIMALE · texte numérisé non relu

VIE ANIMALE

Je considérerai ces formes, i°à l’origine, 2° dans le trajet, 5° dans la terminaison des nerfs cérébraux (i).

§ Ier. Origine des Nerfs cérébraux.

Le mot origine ne doit s’entendre que relativement à la disposition anatomique. En effet, d’un

( i ) Gc sont spécialement et presque seulement les cordons du sys-

côté, les nerfs sont formés en meme temps que le cerveau; ils sont plutôt des organes de communication avec ce viscère que ses prolongemens réels :

tème nerveux de la vie animale que Bichat va décrire dans cet article. Toutefois , comme il l’avait d’abord remarqué lui-même, et comme chacun le sait , ce système comprend encore les masses nerveuses cérébro-spinales qui en forment le centre : aussi peuton dire qu’ici Y Anatomie générale présente une lacune dans sa partie descriptive. En effet, on est réduit , en lisant ces pages , à regretter que Bichat ne se soit pas élevé à des considérations plus générales, qui auraient embrassé et les centres et les cordons du système nerveux de la vie animale ; ou bien on voudrait que la description générale des centres nerveux suivît ou précédât celle de leurs prolongemens vers les organes. Les centres nerveux de la vie animale , en effet , ne présentent-ils pas une foule de conditions communes , soit sous les rapports de la position et de la forme extérieure , soit sous ceux de la structure et du développement ? Ne voit-on pas que tous ces centres médullaires sont placés dans des cavités profondes et à base osseuse ; cavités recouvertes en dehors par des parties plus ou moins nombreuses , et par la peau ; cavités tapissées en' dedans par une membrane très-dense et fibreuse , la dure-mère , qui envoie dans les interstices des diverses parties du centre encéphalo-rachidien des cloisons plus] ou^moins prononcées ? Ne voit-on pas que, placés au-dessus et en arrière du canal digestif, dans les animaux articulés intérieurement , ils occupent au contraire une position inverse dans les animaux articulés extérieurement? Ne voit-on pas que la surface extérieure de ces parties est flexueuse , et plus ou moins sillonnée par des dépressions appelées anfractuosités ; dépressions que séparent des saillies flexueuses également , qui constituent ce qu’on nomme les circonvolutions , et que cette double disposition est surtout trèsmarquée dans le crâne? D’une autre part , n’est-il pas à la connaissance de tout le inonde que , parmi les anfractuosités de la

d’un autre coté, si on a égard aux fonctions d’une partie du système nerveux, à celle qui est relative aux sensations, on verra que la terminaison est

surface extérieure des centres nerveux de la vie animale, il en existe déplus prolondes que les autres ; anfractuosités tou t-à- fait rentrées à l'intérieur, et qui ont été décorées du nom particulier d e ventricules, mais qui, en réalité, ne diffèrent pas essentiellement des autres plus petites? Qui ne connaît la membrane vasculaire, immédiatement appliquée sur toute la surface des centres nerveux, membrane appelée pie-mère , et dans laquelle se résolvent d’abord tous les vaisseaux qui, plus tard, doivent pénétrer la pulpe délicate de l’organe nerveux? Qui ne sait que cette membrane existe dans le canal rachidien, où seulement elle est plus dense que partout ailleurs, et qu’elle s’enfonce dans toutes les anfractuosités, même dans celles que l’on peut appt 1er ventriculaires? Qui ne connaît la membrane séreuse, si bien nommée arachnoïde , qui se déploie sur tous les centres ner\ eux sans pénétrer dans leurs anfractuosités, si ce n’est dans celle qui constitue les ventricules ; fait anatomique contesté au reste par M. Magendie? Qui ne sait que les centres nerveux de la vie animale sont formés d’une matière qui n’est point partout homogène, bien que partout formée de globules distincts; mais que, dans certains lieux, elle est disposée en libres continues les unes aux autres, tandis que, dans d’autres, elle forme des amas irréguliers et isolés; que tantôt les fibres sont plus ou moins exactement parallèles à l’axe du centre nerveux, et désignées par les noms de longitudinales ou divergentes , que tantôt elles sont transversales et appelées commissures ou fibres rentrantes j enfin que les libres longitudinales et transversales ne forment qu’un seul et même système, comme il résulte des aperçus de Tiedemann, de Chaussier, et surtout des belles recherches de mon ami le docteur Fo— ville ? Qui ne sait que les vaisseaux de tous les centres nerveux sont soumis à cette loi en vertu de laquelle ils s’atténuent con-

au cerveau, et l’origine à l’extérieur. Ne dit-on pas que les nerfs marchent vers telle ou telle partie, que les artères se dirigent, serpentent, etc.? ce

sidérablement à la surface de ces organes , avant de les pénétrer? Qui ne sait enfin que, dans leur évolution, les centres nerveux passent par une foule de phases communes , et qui repré— tentent transitoirement pour l’homme des états permanens à différens degrés de l’échelle zoologique ; de telle façon que , d’ahord , ils sont constitués par une matière fluide, dans laquelle par la suite on voit progressivement se manifester une organisation et une densité de plus en plus marquées , modifications importantes qui se font dans tout ce système de Bas en haut , ou de la partie coccygienne vers la partie céphalique des centres nerveux ? Qui ignore que , d’abord , on voit apparaître la substance fibreuse des centres nerveux , et surtout celle cpv est longitudinale ; tandis que la grise , ou non fibreuse , se forme plus tard ; et que , par conséquent , on ne peut supposer à cette dernière la propriété de produire l’autre? Qui n’a reconnu que, dans les premiers temps de leur apparition, i° les centres nerveux sont plus symétriquement disposés ; 2° qu’ils sont formés d’une simple membrane non flexueuse à sa surface ; 3° qu’ils sont ébauchés d’abord vers la base , dans le point qui doit toucher le corps des pièces vertébrales qui les protègent ; 4° qu’ils sont d’abord réduits aune lame aplatie et collée aux corps vertébraux ; 5° que cette lame se recourbe sur ses bords , et donne naissance à une gouttière plus ou moins profonde et ouverte en arrière ; 6° que plus tard enfin , cette gouttière , presque complètement fermée , forme le principe des cavités ventriculaires , d’abord confondues, puis séparées? Enfin, ne résulte-t-il pas des travaux les plus récens sur cette intéressante matière , que le développement premier comme le perfectionnement secondaire des centres nerveux se succèdent de

l’extrémité coccygienne vers l’extrémité céphalique ? Enfin , Ch. Bell, Shaw , et M. Magendie n’ont-ils pas appris, comme ïious le dirons bientôt , que dans les centres nerveux les par-*

1 6o SYSTÈME NERVEUX

sont autant d’expressions métaphoriques dont la moindre réflexion rectifie le sens.

Les nerfs de la vie animale tirent leur origine de trois portions principales de la masse encéphalique: i° du cerveau (1 ), 20 de la protubérance annulaire et de ses prolongemens , 3“ de la moelle épinière : le cervelet n’en fournit aucun. Cette circonstance, qu’on 11e doit pas perdre de vue dans l’examen des fonctions de chaque partie du cerveau, et qui éclairera peut-être un jour sur la différence

tics inférieures — antérieures ont (les fonctions relatives aux mouvemens généraux , que les parties supérieures— postérieures sont relatives à la sensibilité, et qu’enfin les parties latérales ont des rapports, dans certains points, avec les phénomènes respiratoires? (F. Blandin.)

(1) Ceux qui désignent sous le nom de cerveau toute la masse nerveuse placée au-dessus des pédoncules cérébraux, sont fondés à admettre, avec Bicliat, que les nerfs olfactifs et optiques naissent du cerveau. Mais aujourd’hui on confond avec la moelle allongée ou prolongée dans le crâne, non— seulement les pédoncules cérébraux , mais encore leur épanouissement vers les couches optiques et les corps striés ; on regarde même ce que Bicliat appelle le tronc du nerf olfactif, comme la terminaison antérieure ou clhmoïdale de la moelle allongée. Dans cette manière de considérer les choses , il est clair que les nerfs olfactif et optique ne naissent pas du cerveau. Au reste, l’analogie démontrée aujourd’hui entre les os de la base du crâne et ceux du rachis, suppose également une analogie entre les parties contenues dans ces cavités; de là l’analogie reconnue entre la moelle vertébrale et les parties du cerveau placées sur les pièces vertébrales de la base du crâne , jusqu’à l’ethmoïde inclusivement ; de là l’idée que le bulbe olfactif n’est pas un nerf, mais un prolongement de la moelle d’où naissent les nerfs de l’olfaction. (F, Blandin.)

de ces fonctions, suffit sans doute pour faire apprécier l’opinion de plusieurs médecins du siècle passé, qui plaçaient dans le cervelet la source des mouvemens involontaires, et qui attribuaient les volontaires au cerveau.

Le cerveau ne fournit que deux nerfs, l’olfactif et l’optique; tous deux sont remarquables, i°en ce que leur adhésion avec le cerveau est très-marquée à cette origine, et qu’en enlevant la pie-mère, jamais on ne peut les emporter; i° en ce que leur mollesse est plus grande que celle de la plupart des autres nerfs.

La protubérance annulaire et ses prolongemens, tant ceux qui vont au cerveau, que ceux qui se rendent au cervelet, et que celui qui commence la moelle de l’épine, fournissent les nerfs moteurs communs des muscles de l’œil, les pathétiques, dont l’origine, quoique postérieure, est visiblement dépendante de la protubérance, les trijumeaux, le moteur externe de l’œil, le facial, l’auditif, le nerf vague, le glosso-pharyngien et le grand hypoglosse. Tous ces nerfs sont remarquables par différens caractères. iü. Gomme la substance médullaire est partout extérieure aux éminences diverses desquelles ils naissent, tous paraissent manifestement se continuer avec cette substance. 2°. Presque tous commencent par plusieurs filets isolés les uns des autres; quelquefois, comme aux trijumeaux et aux nerfs vagues, ces filets sont en

très-grand nombre. Au contraire, Les preceaens naissent, l’un par un seul filet, et l’autre par deux. 3°. Excepté le nerf auditif, tous ont, dès leur ori-

AWAT. 6ÉN, *. I. II

iG‘2 système nerveux

gine, une consistance beaucoup plus marquée que

celle des précédons. l\°-. Ils adhèrent très-peu avec

la portion cérébrale correspondante, au point même

qu’on les enlève presque toujours en détachant la pie-mère; aussi faut-il de grandes précautions pour ne détacher du cerveau aucun de ces nerfs en le soulevant de dedans sa boite osseuse. Ce sont surtout les pathétiques, les moteurs communs et le facial, ‘dont l’adhésion est très-faible. On dirait presque, si on n’examinait les choses que légèrement, qu’il n’y a (pie contiguïté.

La moelle épinière donne naissance à trente ou trente-une paires de nerfs, désignés sous les noms de cervicaux, au nombre de huit, de dorsaux, au nombre de douze, de lombaires, au nombre de cinq, de sacrés, au nombre de cinq ou six, et de plus au nerf qui remonte dans le crâne pour en sortir ensuite sous le nom de spinal. Les caractères de ces nerfs, à leur origine, sont ceux-ci : i°. Ils sont continus, ainsi que les précédens , à la substance médullaire, 2°. Ils naissent tous par deux cordons, l’un antérieur, l’autre postérieur. Ces deux cordons tirent eux-mêmes leur origine par plusieurs filets placés les uns au-dessus des autres, le plus souvent isolés et toujours très-distincts entre eux. 5°. L’adhérence est beaucoup plus forte à l’origine de ces nerfs qu'à celle des précédens, circonstance qui dépend d’une cause que nous indiquerons bientôt. 4°- La consistance des nerfs spinaux est aussi déjà très-manifeste dans leur canal.

D'après ce que nous venons de dire , il est évident que les nerfs ne naissent point dans la profondeur

de la substance cérébrale , d’une manière apparente au moins, mais qu’ils tirent leur origine de la surface externe de cette substance. Cependant plusieurs physiologistes ont admis une origine plus éloignée que celle que montre l’inspection. Ils ont cru que les nerfs d’un coté naissent du côté opposé, et qu’il y a entrecroisement dans chaque paire, non-seulement au cerveau, mais encore à la moelle épinière. Cette opinion est fondée sur un phénomène singulier, savoir, sur ce que la paralysie survient presque toujours du côté opposé à celui du cerveau qui est comprimé, phénomène que les maladies présentent fréquemment, et que les expériences rendent également sensible , comme Lorry s’en est assuré. On dit que les convulsions surviennent, au contraire, du côté du cerveau qui est lésé; mais ce fait est infiniment plus incertain que celui de la paralysie, lequel est incontestable. Je ne crois pas qu’avec nos connaissances actuelles nous puissions rien dire qui explique ce dernier , et l’opinion anatomique indiquée plus haut est manifestement contredite par le premier coup d’osii (i).

(i) Si, en effet, l’entrecroisement des nerfs à leur origine a été plutôt supposé qu’aperçu , il n’en est pas de meme de celui qu’admettaient dans la moelle épinière Petit , Lieutaud , Wins— low et d’autres anatomistes. Enlevez avec précaution la pie-mère qui recouvre la queue de la moelle allongée , écartez ensuite l’une de l’autre les éminences pyramidales antérieures, vous verrez manifestement les filets médullaires de la droite passer à gauche en se dirigeant obliquement vers le cerveau ; vice versa , ceux qui composent la pyramide gauche gagnent, en montant,

Je ferai seulement une observation à l’égard de ce phénomène singulier; c’est qu’il porte spécialement sur les nerfs moteurs : les nerfs sensitifs ne l’éprouvent presque jamais. En effet, on sait que dans les plaies de tète, qu’à la suite des apop exies , etc., un œil, une oreille, un côté de la langue, une narine ne se refuse point aux sensations, comme les muscles d’un côté cessent de se mouvoir. On 11e devient point tout à coup paralytique dun côté pour le sentiment, comme cela arrive pour le mouvement dans les hémiplégies. Les

le coté droit. Au-dcssuâ de cet entrecroisement en forme de natte, les pyramides sont unies par des libres transversales qu’il uclaut pas confondre avec les obliques dont il s’agit ici.

Celte disposition permet d’expliquer comment les lésions qui existent au-dessus de cet endroit , soit dans le cerveau , soit dans la moelle allongée, déterminent la paralysie du côté opposé à celui qu’elles affectent. Au contraire , quand la moelle de l’épine est di\isée transversalement et d’un seul côté, c’est celui-là même qui est paralysé, comme Yelloly l’a prouvé : Galien avait déjà annoncé ce fait.

O11 dit avoir vu dans quelques cas la paralysie, et la lésion cérébrale qui en était la cause , occuper le même côté du corps, les mouvemens étant conservés du côté opposé. Il n’est guère possible de se rendre raison de ces faits insolites à moins d’admettre l’explication qu’en a donnée M. Gall. Cette explication est fondée sur ce que , parmi les faisceaux qui de la moelle épi— n ère se portent au cerveau , les pyramides antérieures seules s’entrecroisent. Or, en supposant que le cerveau soit lésé dans un point où ses fibres 11e se continuent pas avec celles des pyramides, le phénomène de l’entrecroisement n’aurait point lieu. Il resterait à savoir si cette exception se rencontrait dans les «as observés ; c’est ce qu’on n’a pas constaté. (Béclard.)

expériences ne peuvent guère nous éclairer ici, puisque nous ne pouvons découvrir aussi bien les altérations de sensibilité que celles de motilité. Cependant, en comprimant le cerveau à deux chiens, et en les rendant ainsi paralytiques d’un côté, puis en leur fermant fan et l’autre œil isolément et alternativement, pour voir s’ils distinguaient les objets, et en présentant ensuite tour à tour à chaque narine de l’ammoniaque ou tout autre fluide à fortes émanations , je n’ai pas vu, dans la première propriété, une altération correspondante à celle qu’éprouvait la seconde. On observe bien souvent une discordance dans les organes des sens de l’homme : une oreille entend mieux que l’autre , un œil voit plus loin que son semblable, etc.; de là l’ouïe fuisse, de là une espèce de strabisme, etc. ; mais la cause de ces discordances parait résider dans l’organe même, et être étrangère au cerveau.

Au reste, il ne parait pas que chaque hémisphère corresponde toujours , d’une manière nécessaire, avec les nerfs moteurs qui lui sont opposés. En effet, souvent on a observé à droite des épanchemens ou des lésions de la substance cérébrale, sans altération des mouveraens à gauche, et réciproquement (i). s

(i) Je possède deux observations encore inédites d’hémiplégie coïncidant avec des lésions dans le côté correspondant du cerveau ; et dans les deux cas, la lésion occupait l’extrémité postérieure de l’un des hémisphères. Comme ce sont ces points vers lesquels se renden t les fibres cérébrales des éminences oli-*>

iGG système nerveux

A l'origine tics nerfs, voici comment les membranes cérébrales se comportent : i° la dure-mère leur forme une espèce de canal dans le trou ou la scissure qui les transmet au dehors, puis elle les abandonne entièrement, se perd en partie dans le tissu cellulaire, et se réfléchit en partie sur les bords de l’ouverture pour se continuer avec le périoste. Le nerf optique seul fait exception à cette règle (i); il est accompagné dans tout son trajet par un canal fibreux qui va jusqu'à la sclérotique,

tnires , éminences qui ne se croisent pas dans le bulbe supérieur de la moelle, comme le font les pyramides, il s’ensuit cpie l’explication de ce phénomène, en apparence contradictoire, est très-simple, (t ressort naturellement de la disposition anatomique des parties. Toutefois, comme quelques personnes assurent avoir trouvé des épanchemens à la partie postérieure des hémisphères cérébraux , sans affection paralytique du coté correspondant : ce point de doctrine pathologique attend de nouveaux faits d’observation. (F. Blandin.)

(i) Le nerf optique ne fait pas complètement exception à la règle posée d’abord par Bieliat. La dure-mère l’accompagne bien jusqu’à la sclérotique; mais de plus, comme autour des autres nerfs, elle se continue a\ec le périoste au-delà du trou optique. Peur cela, elle se sépare eu deux lames : l’une entoure le nerf jusqu’à l’œil sans se continuer avec la sclérotique, l’autre se continue distinctement avec le périoste de l’orbite. L’espace angulaire formé par la séparation de ces deux feuillets de la dure-mère, est précisément le point où se fixent la plupart des muscles orbitaires, 1 aponévrose clc Zinn.

Ce n’est pas seulement dans l’état sain qu’il m’a été donné de constater la continuité de la dure-mère avec le périoste orbitaire : je l’ai vue encore dans l’état pathologique. Un jeune enfant auquel j’ai donné des soins pour une double

laquelle par son moyen communique avec la duremère. 20. L’arachnoïde entoure chaque origine de nerf d’un repii disposé le plus souvent en entonnoir, dont la partie la plus large est du côté de l’origine. En soulevant le cerveau avec précaution , ou en ouvrant légèrement la dure-mère du canal de l’épine, ou distingue très-facilement ce repli, qui va jusqu’à l’ouverture osseuse par où s’intro-

duit la dure-mère, puis se réfléchit sur la surface de cette membrane correspondant au cerveau, en formant un cul-de-sac entre elle et le nerf. Quelquefois, comme au nerf optique et au moteur externe, elle pénètre dans le canal fibreux de la dure-mère en accompagnant le nerf, qu’elle n’abandonne qu’au milieu de ce canal, lequel par sa réflexion, se trouve ainsi en partie tapissé par l'arachnoïde, et en partie répondant à du tissu cellulaire. 3°. La pie-mère se comporte d’une manière qu’il est plus difficile de déterminer, et qu’on n’a point encore bien expliquée. Je parlerai de son mode de continuité sur les nerfs en traitant de la membrane propre de ceux-ci.

Les nerfs parcourent \in trajet plus ou moins

exophthalmie compliquée d’une affection cérébrale grave, ayant succombé; je trouvai, à l’ouverture du corps, une inflammation violente de la dure— mère et du périoste de l’orbite, inflammation qui avait produit un épanchement de matières pseudo-membraneuses entre ees membranes et les os sur lesquels elles s’appuient ; l’épanchement, très-abondant à la partie postérieure de l’orbite , avait immédiatement déterminé 1 ex— ophthaîmie. (F. Blandin.)

!l68 SYSTÈME NERVEUX

considérable avant de sortir du crâne ou du canal de l’épine. iü. Les deux qui viennent du cerveau sont beaucoup plus longs au dedans qu’au dehors (i). 2°. Parmi ceux de la protubérance annulaire et de ses dépendances , il n’v a que les paihétiques qui restent long-temps dans le crâne avant d’en sortir, et qui y présentent plus de longueur qu’extérieurement : tous les autres sortent presque sur-le-champ. 3°. Les nerfs de l’épine parcourent un trajet d’autant plus grand, qiVon les examine plus bas. En haut, ils deviennent tout de suite extérieurs; en bas, ils ont plus de six pouces dans le canal , et correspondent par conséquent à plusieurs trous de conjugaison avant d’atteindre le leur : d’où il résulte, comme l’a observé M. Jadelot, que si l’on se sert des apophyses épineuses, â cause de leur saillie, pour juger de l’origine des nerfs dans l’application du moxa , il faut, pour agir dans le cou au niveau de l’origine d’un nerf quelconque, prendre presque l’apophyse épineuse de la vertèbre

(i) Cette proposition est vraie en ce (pii touche l’olfactif, si l’on considère comme tronc de ce nerl le cordon Idanc et gris à la fois que l’on trouve dans une scissure du lobule frontal du cerveau. Mais dans l’étal actuel de la science, il n’est plus permis d’adhérer à cette opinion : coite partie, formée à la fois de substance blanche et de substance grise, comme les centres nerveux*, diffère d’un nerf sous tous les rapports. Les nerfs olfactifs naissent seulement sur la gouttière ethmoïdale , du bulbe olfactif, terminaison antérieure de la circonvolution cérébrale de ce nom; et aussitôt ils traversent les trous de l’ethïnoïde.

(F. Blandin.)

qui correspond numériquement à la paire que l’on a en vue, tandis qu’aux lombes c’est beaucoup au-dessus de celle vertèbre que doit se faire l’application.

La direction des nerfs à leur origine est aussi très-variable. Au cerveau et à la orotubérance an-

nulaire elle ne présente aucune disposition générale; mais dans la série des nerfs spinaux, cette direction, presque perpendiculaire à la moelle au haut de la région cervicale, devient de plus en plus oblique jusqu’à la fin de la région lombaire. Ces trois choses, la longueur dans le canal, la grosseur et la direction oblique des nerfs de l’épine, vont en augmentant successivement de haut en bas d’une manière graduée, à quelques exceptions près pour la grosseur.

Chaque paire de nerfs , en sortant du cerveau, de la protubérance ou de ses dépendances, et de la moelle épinière (i), diverge dans les deux troncs

(1) Tantôt les nerfs n’ont qu’une seule racine, tantôt ils en ont deux : cette remarque est aujourd’hui tout— à— fait capitale dans l’histoire des nerfs ; elle l’est devenue par suite de travaux postérieurs à Bichat , travaux que nous ne pouvons passer sous silence : — Les centres nerveux céphalo-rachidiens sont constitués de deux grandes divisions, distinctes sous le rapport dynamique plutôt que de toute autre manière : l’une , antérieure , tient sous sa dépendance immédiale les mouvemens qui se passent dans l’organisme; l’aulre au contraire , étrangère à la motilité des parlies, a des relations très-intimes avec leur sensibilité. Dès lors on conçoit que certains nerfs, comme l’optique, l’acoustique, qui ne sont réellement que sensitifs, ne doivent avoir qu’une racine plongée dans la colonne sensitive des centres nerveux; que

qui la forment. Il n’y a que les olfactifs qui convergent l’un vers l’autre, et les spinaux qui descendent à peu près parallèlement (i\

§11. Trajet des Nerfs cérébraux.

A la sortie des cavités osseuses cpii renferment leur origine, les nerfs présentent différentes dispositions.

Communication des Nerfs cérébraux à la soi lie de leurs cavités osseuses.

i°. Les deux nerfs du cerveau vont, sans communiquer avec aucun autre, h leur destination res-

d' autres, comme les moteur oculaire commun , moteur oculaire externe, qui sont exclusivement destinés à des muscles, doivent n’avoir qu’une seule racine liée à la colonne motrice de la moelle; qu’enfui d’autres nerfs plus compliques, et tout à la fois moteurs et sensitifs, comme les nerfs brachiaux et tous ceux qui viennent delà moe le, doivent avoir une double origine, dans les colonnes motrice et sensitive des centres nerveux. C’est ce que démontre l’observation anatomique, qui est ainsi venue prêter tout le poids deson autorité aux résultats expérimentaux et physiologiques dont nous sommes redevables aux travaux à jamais célébrés des Sliaw , des Ch. Bell et des Magendie. Ajoutons enfin, qu’il existe, suivant Ch. Bell, une classe particulière de nerfs qui, placés sur la limite des nerfs sensitifs et moteurs, sont exclusivement destinés aux actions respiratoires , et qui naissent par une seule racine des parties latérales du bulbe supérieur de la moelle.

( F. Blandin. )

(i) Des recherches qui me sont propres, et qui ont traita l’origine des nerfs rachidiens , recherches que j’ai déjà publiées

DE LA VIÉ ÀTSIMÀLÈ

pective. 20. Ceux cle la protubérance annulaire et de ses dépendances commencent à avoir des com->

ailleurs, m’ont appris que les nerfs rachidiens, qui sont, comme 011 le sait, pourvus de deux racines , ne sont pas tous semblables sous le rapport du volume relatif de ces deux parties ; déjà M. Gall avait avancé que toujours la racine postérieure l’emporte sur l’antérieure , tandis queBéclard, au contraire, affirme que cela est vrai seulement pour les nerfs rachidiens supérieurs , mais que l’inverse a lieu en bas. Cette question était devenue importante depuis les recherches de M. Magendie, recherches qui ont appris que la racine antérieure des nerfs rachidiens est formée de cordons moteurs , et la postérieure de cordons sensitifs. J’ai trouvé que la racine postérieure est à la racine antérieure, au col : : 2:1; au dos : 1 : : 1 ; aux lombes et dans la région sacrée : : 1 'A : 1 ; résultat que l’on aurait pu prévoir à priori , et tout-à-fait en rapport avec ce que l’on sait de la sensibilité comparée des régions brachiale , thoraco-abclominale et crurale. Au reste , pour trouver bien tranchés les rapports que je viens d’indiquer des racines des nerfs rachidiens , il faut surtout examiner comparativement un des nerfs du plexus brachial , le sixième ou septième nerf dorsal , et l’un des nerfs sacrés. Mon collègue et ami , M. Bouvier , avait auparavant démontré que dans les trous de conjugaison , et vers leur point de réunion, les deux racines des nerfs spinaux s’entrelacent, se confondent en une sorte de plexus duquel part la branche qui se distribue dans le muscle sacro-spinal et dans la peau du dos : ce fait offre une importance d’autant plus réelle, que quelques personnes , séduites par l’apparence, avaient cru que la branche dorsale dont il vient d’ètre question , émane seulement de la racine postérieure; et comme elle distribue la sensibilité et la motilité en arrière du rachis , elles en avaient naturellement inféré, contre l’opinion de M. Magendie , que la racine postérieure des nerfs rachidiens n’est pas exclusivement sensitive ; mais ici une erreur anatomique, comme la chose est souvent arrivée , avait conduit à une erreur physiologique. (F. Blandin.)

munications, lesquelles sont d’autant plus marquées qu’on les examine p us inférieurement. Ainsi les nerfs vagues, les grands hypoglosses envoient- ils, en sortant de leurs trous respectifs, de nombreux filets aux organes voisins; tandis qu’en haut les moteurs communs, les pathétiques , les trijumeaux meme , présentent bien moins sensiblement cette disposition : le nerl auditif ne communique avec aucun autre. ,7'. Ce sont les nerfs de l’épine, dont les communications à leur sortie sont les plus marquées, surtout dans leur portion antérieure. Les plexus cervical profond, brachial, lombaire et sciatique, résultent de ces communications, que les nerfs intercostaux présentent d’une manière moins sensible.

Ces sortes de plexus offrent une disposition particulière. Ils sont formés de la manière suivante : à sa sortie du trou, chaque nerf envoie une branche en haut et en bas , puis il en reçoit; en sorte que les cordons cpii succèdent à ceux sortant des trous naissent de deux ou trois de ceux-ci. Ces seconds cordons, en se divisant, envoient des branches en haut et en bas, en reçoivent, et forment de troisièmes cordons; de sorte que, dans le plexus brachial, par exemple, quand les nerfs cessent de communiquer ainsi, et qu’ils se divisent en troncs isolés, pour aller chacun à leur destination, on ne saurait dire vraiment de quelles paires ils naissent. Il faudrait line dissection extrêmement longue pour déterminer avec précision de quelles paires viennent le médian, le cubital, etc.

C’est cette considération qui m’a engagé jusqu’ici

(T uni . ior, p:ig. 172).

Planche B. Plexus nerveux.

Fig. 1 . Portion du plexus brachial, donnée comme exemple des grands plexus extérieurs des nerfs. 1, 2,3,4, c',l~ quième, sixième, septième et huitième nerfs cervicaux; 5, premier nerf dorsal; 6, nerf sus-scapulaire ; 7, nerf circonflexe; 8, nerf radial; <), nerf musculo-cutané ; 10, nerf médian ; i 1 , nerf cubital ; 12, nerf cutané moyen.

Fig. 2. Portion du nerf sciatique, dont les filets ont été écartés, pour montrer leur entrelacement en plexus à l’intérieur de ce nerf.

Fig. 3. Ganglion cervical supérieur du grand sympathique, préparé et disposé de manière à montrer les blets qui le parcourent , et le plexus qu’ils y forment.

à ne point décrire les nerfs de l’épine comme on le fait ordinairement, c’est-à-dire, comme partant de telle ou telle paire. Je décris d’abord dans chaque région le plexus que les nerfs y forment en sortant de l’épine : ainsi, j’expose avant les nerfs cervicaux l’ensemble du plexus cervical profond , avant les brachiaux le plexus brachial, avant les lombaires et les sacrés les plexus de meme nom. La disposition générale, la forme, les rapports de ces plexus étant connus, je passe à la description des nerfs qui en partent en devant, en arrière, en dehors, en dedans, etc., sans avoir égard aux paires qui sortent par les trous de conjugaison. Cette méthode m’a paru d’ailleurs extrêmement commode pour les élèves. Par exemple, rien n’est plus compliqué que la description des nerfs cervicaux, en les rapportant aux paires cpii les fournissent primitivement. Mais connaissez d’abord bien le plexus profond, résultant de l’anastomose de ces paires à leur sortie; classez ensuite les nerfs, i° en internes, qui vont au grand sympathique; a0 en externes, qui se distribuent sur l’acromion , et dans l’espace triangulaire borné en devant par le sterno-mastoïdien et en arrière par le trapèze; 3° en antérieurs, qui, se recourbant sur le sterno-mastoïdien, y forment, avec les branches du facial , une espèce de plexus superficiel; 4° en postérieurs, soit sur l’occipital, soit dans les muscles postérieurs du cou; 5° en ceux qui se rendent inférieurement, comme le. diaphragmatique, comme ceux qui communiquent avec l’anse nerveuse de l’hypoglosse , etc. : de cette manière, vous retiendrez avec facilité toutes les dis-

i 74 SYSTÈME NERVEUX

tributions nerveuses, parce que vous aurez un poinl unique auquel votre mémoire pourra les rapporter toutes, et non pas autant de centres qu’il y a de paires.

Communications intérieures des cordons nerveux .

Ce n’est pas seulement à leur sortie que les nerfs spinaux communiquent ainsi : les différens cordons qui forment chacun présentent absolument la même disposition, que du reste il est très-facile de voir dans les gros troncs, comme le médian, le cubital, le radial, le sciatique surtout, etc. En isolant les différens cordons de ces nerfs , on voit qu’ils ne sont point seulement juxta-posés dans leur longueur, mais qu'ils s’envoient de fréquens rameaux les uns aux autres. Ces communications ne ressemblent point à celles des artères, où il y a toujours continuité entre les branches qui communiquent. Ici, il n’y a que contiguïté, et voici comment chacun des cordons formant un tronc nerveux est, comme nous le verrons, composé de filets. Or, ce sont ces filets qui, se détachant fréquemment du cordon auquel ils appartiennent, vont au cordon voisin; en sorte qu’après un trajet un peu long, les cordons qui commencent le nerf ne sont point composés des memes filets que ceux qui le finissent : tout s’est entremêlé dans le trajet. Ainsi les cordons des branches du plexus brachial , à son origine, ne sont-ils point disposés comme ceux des branches qui le terminent. Car il y a celte différence entre les plexus très -appareil s formés par

les nerfs eux-mêmes , et les plexus moins sensibles formés pendant leur trajet dans leur intérieur même, que, dans les premiers, ce sont les cordons qui, en se détachant, composent Fentrelacement, au lieu que dans les seconds, ce sont les filets. Je me suis amusé un jour à suivre attentivement tous les filets du sciatique dans un espace un peu long : or, ceux qui en haut composaient les cordons extérieurs se trouvaient pour la plupart en bas dans les cordons du centre.

Cette remarque prouve qu’il n’y a pas de cordons nerveux destinés au sentiment et cf autres au mouvement, et que, si les memes nerfs ne servent pas à ce double usage , la différence est dans les filets et non dans les cordons.

Dans Finférieur du canal vertébral, où les cordons nerveux sont très-isolés, par le défaut de tissu cellulaire, les filets qui les composent ne communiquent point ainsi de Fun à l’autre; il n’y a pas, comme au dehors, de plexus intérieur au nerf. On fait surtout cette remarque à l’extrémité de ce canal, où les nerfs parcourent un long trajet, comme je Fai dit.

La communication des nerfs à la sortie de leurs cavités osseuses est si générale, que, sous ce rapport, on peut dire qu’ils forment de chaque côté une espèce d’organe partout continu, organe auquel les optiques, les olfactifs et les auditifs sont seuls étrangers.

Au reste, ces sortes de communications, qui se font toutes par juxta-positioo , ne paraissent pas influer beaucoup sur les fonctions des nerfs. G h a-

cun de leurs cordons, quoique appartenant dans son trajet à plusieurs troncs différens, peut trèsbien remplir ses fonctions d’une manière isolée, comme aussi chaque filet peut le faire, quoique concourant dans sa marche à former plusieurs cordons du même nerf.

J’observe, à cet égard, qu'il faut bien distinguer ces communications d’avec les anastomoses, dans lesquelles deux filets nerveux, venant en sens opposé, se confondent et s’identifient l’un avec l’autre, comme on l’observe entre ceux du facial, du sous-orbitaire, du moutonnier, etc. (i).

I' roncs nerveux.

Après avoir ainsi communiqué à leur sortie, les nerfs se séparent les uns des autres et se portent vers les différens organes. Ils forment d’abord des troncs considérables, qui parcourent les grands interstices cellulaires pendant un trajet plus ou moins long. La forme de ces troncs est quelquefois aplatie, comme dans le sciatique; mais le plus communément elle est arrondie, quoique cette forme soit absolument indifférente à l’action nerveuse, puisque, aplatis par une tumeur, les nerfs qui sont ronds naturellement remplissent leurs fonctions comme à l’ordinaire. En général, toutes les fois que cela ne nuit pas à son but, ce sont les formes ar-

(i) Celte distinction est rejetée généralement aujourd’hui; Scarpa. en particulier a montré cjué , dans les plexus, comme dans les anastomoses , les filets nerv eux se confondent.

(Béclarjj.)

DE LA VIE ANIMALE. I77

rondies que la nature choisit pour les organes des animaux. J’observe meme à cet égard que ces formes nécessitent un système généralement répandu et destiné à remplir les vides qui doivent nécessairement résulter de la justa-posftion de ces organes arrondis : ce système est le cellulaire. Il serait infiniment moins nécessaire si les formes carrées étaient celles de nos organes, parce que moins d’espace resterait entre eux.

Les troncs nerveux sont de longueur différente. Ceux des membres tiennent le premier rang sous ce rapport; parce que, les extrémités étant trèséloignées de l’origine des neifs, il faut que ces troncs parcourent un certain trajet avant d’y distribuer leurs filets. Au tronc et à la tète , au contraire, comme les organes s’offrent tout de suite aux nerfs qui doivent les pénétrer, la division en branches est prompte et les troncs sont trèscourts.

Les troncs nerveux sont tantôt accompagnés d’un tronc artériel, et d’un tronc veineux correspondant, comme les troncs brachiaux, cruraux; d’autres fois, comme les sciatiques, ceux des nerfs vagues, etc., ils marchent isolés.

Branches , rameaux , ramuscules nerveux , etc®

A mesure que les troncs avancent, ils fournissent çà et là diverses branches; celles-ci donnent des rameaux, lesquels produisent des ramuscules, dont naissent les dernières divisions. Toutes ces diverses divisions naissent sous des angles très-variables :

À.NAT, CÉff. T. !, 12

l’angle aigu est le plus commun. Ce n’cst point une origine véritable, mais une simple séparation de plusieurs cordons réunis pour les branches, d’un ou de deux pour les rameaux, d’un seul cordon pour les minuscules, de filets isolés pour les dernières divisions. Aussi cette séparation se fait-elle plus ou moins haut, suivant les divers sujets: l’endroit où elle arrive n’est jamais rigoureusement déterminé.

D’après ces divisions , les filets qui composent les cordons de chaque nerf et ces cordons euxmêmes sont de longueur différente: les plus courts se séparent les premiers, puis les moyens; enfin les filets les plus longs de tous parcourent toute l’étendue du nerf, et ne se terminent que là où il finit. Les nerfs brachiaux et cruraux présentent cette disposition d’une manière remarquable (1).

Les branches 11er mises sont presque toutes accompagnées par une artère et une veine, dans les membres surtout, car au tronc il y a des exceptions à cette règle. Au cou, par exemple, les artères coupent souvent les nerfs à angle, au lieu de les

(1) On observe en outre, clans les divisions des nerfs en branches, rameaux et ranniscules , que les filets vont toujours en grossissant, de sorte cjue l’ensemble des ramifications offre plus d’étendue que le nerf qui les fournit, que les cordons nerveux sont plus gros que le tronc dont ils se séparent: ainsi les trois branches de la cinquième paire surpassent-elles en volume le tronc qui leur donne naissance ; ainsi les extrémités nerveuses, si multipliées. sur toutes les surfaces, ont-elles une étendue bien plus considérable que les troncs qu’elles terminent.

(Béclard. )

DE LA VIE ANIMALE- iyg

accompagner dans leur direction. A la tête , beaucoup de branches artérielles se trouvent ainsi isolées des nerveuses. Cette circonstance suffit pour nous faire attacher moins d’importance que quelques auteurs n’ont voulu y en attribuer à cette juxta-position fréquente des systèmes nerveux et sanguin : d’ailleurs, si cette juxta-position était si essentielle, les rameaux et minuscules la présenteraient aussi : or, c’est ce qui n’arrive presque jamais.

§ lit. Terminaison des nerfs .

J’appelle ainsi l’endroit où finit chaque filet , et non pas seulement celui où le tronc total des nerfs se termine ; en sorte que le sciatique se termine à la cuisse, à la jambe et au pied , et non uniquement à l’extrémité de celui-ci. En effet, d’après ce que j’ai déjà dit et ce que je dirai encore, la réunion des filets en cordons et celle des cordons en troncs, ne sont qu’une disposition étrangère à leurs fonctions, et chaque filet doit être isolément examiné. D’ap rès cela , les filets d’un nerf ont trois terminaisons différentes : ils se continuent i° avec d’autres filets du même système; 20 avec des filets du système des ganglions, d’où résultent les anastomoses ; 3° ils se perdent dans les organes.

i°. Anastomoses cwcc le même Système .

J’ai déjà observé qu’il fallait bien distinguer les anastomoses véritables, de la jonction d’un cordon

l8o SYSTÈME NERVEUX

qui passe à un nerf plus ou moins éloigné de celui auquel il appartenait, et qui se place simplement à coté des fdets de celui-ci , de manière à concourir avec eux aux cordons nerveux. Ainsi il n’y a pas d’anastomoses dans le plexus, dans l’union de la corde du tymp an avec le nerf lingual , etc. De même, quoique les filets des divers cordons d’un nerf passent fréquemment des uns aux autres, de manière à donner au nerf une texture véritablement plexiforme, et non, comme le disent les anatomistes, une simple texture filiforme , cependant on ne peut pas dire que les cordons d’un meme nerf s’anastomosent les uns avec les autres (i) : il n’y a que juxta-position. Au contraire, la communication du grand hypoglosse avec les paires cervicales, d'où résulte l’anse nerveuse, etc., forme une véritable anastomose, parce qu’il y a continuité et non pas seulement contiguïté des filets nerveux.

(i) De même que clans les grands plexus , comme il a déjà été remarqué, on trouve une véritable inosculation des gros cordons qui les constituent, de même, dans les plexus plus petits que l’on rencontre dans l’intérieur des nerfs, plexus établis entre leurs nombreux filets élémentaires, il existe une véritable fusion des parties entrelacées. Nulle part ailleurs cette disposition n’est aussi évidente que dans le nerf optique, où même elle est exagérée au point qu’une coupe faite sur ce nerf desséché après qu’il a été dépouillé de sa pulpe par la macération dans une solution alcaline, ne montre qu’une cellulosité intérieure, au milieu de laquelle on reconnaît à peine les canaux névrilématiques particuliers recouverts par le névriléme général.

( F. Blandin. )

Si les médecins qui ont considéré les anastomoses comme les causes exclusives de toute sympathie, avaient réfléchi combien elles sont peu nombreuses, en comparaison de ce qu’elles paraissent au premier coup d’œil, ils auraient été conduits par cette simple réflexion à une opinion différente. En effet, il est bien évident que, quoiqu’un filet se joigne à un tronc, il n’a pas plus de rapport avec les filets de ce tronc, que les filets n’en ont entre eux; c’est-à-dire, qu’il n’a de commun que l’enveloppe celluleuse. Les anastomoses artérielles et veineuses sont infiniment plus nombreuses que les nerveuses. Je crois que celles-ci peuvent jouer un rôle dans les névralgies, dans quelques sympathies meme , rôle étranger aux simples communications des filets.

On peut, en général, rapporter les anastomoses à trois classes. i°. Deux branches appartenant à des nerfs différées se continuent, comme dans l’exemple cité ci-dessus du grand hypoglosse, comme encore les rameaux du facial avec ceux du sous-orbi- taire, les occipitaux avec les frontaux, etc. 20. Les

branches du meme nerf peuvent se réunir, comme celles des trois portions des nerfs trijumeaux. 5°. Quelquefois les deux nerfs de la même paire, ou ceux de deux paires différentes, mais de chaque moitié du système nerveux, se réunissent, sur la ligne médiane, comme on en voit quelques exemples dans les nerfs superficiels du cou, dans ceux du menton, etc. Cette réunion n’a point lieu à l’abdomen, où la ligne médiane, toute aponévrotique, n’offre aucune branche nerveuse dans son tissu.

C’est peut-être par ces anastomoses qui ont lieu sur la ligne médiane qu’on doit expliquer comment certains mouvemens peuvent subsister encore dans une partie affectée de paralysie. Au reste, ces sortes d’anastomoses sont, en général, assez rares. Aux membres, il est évident qu’elles ne peuvent exister; au tronc, on n’en voit presque pas en arrière; assez peu s’observent en devant. Si chaque paire de nerfs les présentait, il est évident que les hémiplégies n’auraient presque pas lieu, puisque le côté sain du cerveau ou de la moelle pourrait influencer par elles les nerfs du côté malade.

2°. Anastomoses avec le Système de la Vie organique.

Cette terminaison a beaucoup d’analogie avec la précédente, puisque ce sont deux nerfs qui, se rencontrant par leur extrémité, se confondent de telle manière qu’on ne peut pas dire où l’un commence et où l’autre finit. J’en traiterai dans le système suivant.

3°. Terminaison aux organes.

L’exposition des systèmes suivans nous en montrera de différentes espèces sous le rapport des nerfs. i°. Dans les uns il y en a beaucoup, comme dans les systèmes muqueux, dermoide, musculaire de la vie* animale et de la vie organique. 2°. Dans d’autres on en trouve moins, comme dans le cellulaire i , le glanduleux, etc. 3°. Quelques-

( i ) Si l’on considérât comme appartenant au système ceD

lins ont besoin d’un examen plus attentif que celui qu’on a fait jusqu’ici sur leurs nerfs , qui sont peu connus, comme le séreux, le médullaire, une portion du fibreux, etc. 40. Enfin plusieurs, comme le cartilagineux, le fibro-cartilagineux, le pileux, l’épidermoïde, les tendons du fibreux (1), etc., sont évidemment dépourvus de nerfs.

On ignore comment chaque filet se comporte à son extrémité : se dépouille- t-il du névrilème ? la pulpe seule pénètre-t-elle l’intérieur des fibres? Au nerf optique cette dernière disposition est évidente : le névrilème finit à l’entrée de l’œil , et la pulpe s’épanouit pour former la rétine. Un semblable épanouissement parait avoir lieu pour l’ol-

lulaire tous les nerfs qui le traversent , nul doute que l’on ne dût adopter l’opinion que ce tissu est un des plus avantageusement partagé sous ce rapport ; mais , placé autour des organes comme une sorte d’atmosphère , ce tissu est traversé nécessairement par tous les nerfs qui se portent à ces organes , et ces nerfs ne lui appartiennent que par leur trajet. On s’accorde généralement à considérer maintenant le tissu cellulaire comme excessivement peu nerveux , ainsi que le fibreux qui n’en est qu’une modification fort simple. ( F. Blandin. )

(1) Les nerfs de la vie animale qui se rendraient dans les os et leur membrane médullaire, dans les cartilages et les fibro-cartilages , sont complètement inconnus. Quant à l’épiderme, à la partie cornée des poils , aux ongles , il est aujourd’hui trop clairement démontré que ces parties ne sont point vivantes et qu’elles sont simplement des produits de sécrétions particulières , pour qu’il soit besoin de dire qu’elles manquent complètement de nerfs. (F. Blandin.)

factif et l'auditif; mais pour tous les autres rien n’est connu (i).

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