‹ Anatomie générale [electronic resource]Chapitre 10 sur 53 · OSSEUX. I I · texte numérisé non relu

OSSEUX. I I

Retend ensuite du coté du pédicule vasculaire et nerveux; il se moule sur lui en s’avançant vers l’endroit de l’alvéole où il pénétre; en sorte qu’il présente de ce côté une surface concave qui embrasse la portion pulpeuse de la membrane , et y tient par divers prolongemens vasculaires (i); et, comme cette portion est flottante, le premier’ rudiment de la dent flotte aussi dans la cavité de la membrane, comme on le voit très-bien en incisant la portion alvéolaire de cette membrane, après avoir détruit la paroi correspondante de l’alvéole.

Les conséquences suivantes résultent de Ce mode de développement : i° la couronne est la première formée, et la racine n’est produite qu’à mesüre que Fossification suivant la longueur s’avance sur la

côté de la papille qu’il embrasse. Les dents varient seulement à cette époque sous le rapport du nombre de ces noyaux élémentaires : les unes, les canines, n’en ont qu’un; d’autres, les petites molaires , en ont deux , tandis que les incisives en présentent trois , et les grosses molaires quatre ou cinq; en un mot, il y a autant de points premiers de formation que la pulpe présente de bourgeons , et que la dent doit avoir par la suite de cuspides ou. d’éminences terminales de la couronne. Xa dent , qui se forme par plusieurs noyaux, voit bientôt ceux-ci se réunir par leur base, et, pour le reste , la formation ne présente plus rien de spécial ; mais c est alors seulement que l’on peut dire, avec Bicbat, que le sommet delà dent est devenue quadrilatère sur les molaires, pointu, sur les canines, et taillé en biseau sur les incisives. (F. Blandin.)

(i) L’adhérence des rudimens de la partie osseuse de la dent sur le sommet de la papille est très— faible, mais surtout elle n’est pas vasculaire , comme Bichat le dit ici : c’est une simple juxta-position. (F. Blandin. )

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portion de membrane tapissant le paquet vasculaire et nerveux. 20. Comme tous les vaisseaux qui arrivent à la dent pénètrent par sa surface interne, puisque l’externe est entièrement libre dans la cavité de la membrane, l’ossification suivant l’épaisseur se fait spécialement aux dépens de la cavité interne, qui va toujours en se rétrécissant, ainsi que la pulpe, disposition inverse de celle des autres os, dont l’ossification commence par un point placé au centre du cartilage , et qui, d’abord solides au milieu , deviennent ensuite creux pour les cavités celluleuses et médullaire, qui vont toujours eu s’agrandissant (1). 3°. Après l’ossification de la dent,

( 1 ) Bichat argumente ici dans l’hypotlièse que les dents sont de véritables os ; il les représente seulement comme le résultat de l’ossification de la papille , ossification qui se ferait de la périphérie vers le centre , tandis que les os ordinaires se forment de l’intérieur à l’extérieur dans les cartilages qu’ils remplaçent. Mais il règne , dans cette manière de concevoir la formation de la partie osseuse de la dent , une erreur qui a besoin d’ètre signalée. Il n’y a pas , entre la papille dentaire et la dent , le rapport qui existe entre le cartilage primitif du corps d’une vertèbre et le corps osseux de cette pièce du rachis ; ce n’est pas la papille qui s’ossifie pour former la dent, pas plus que ce n’est la papille du poil ou de la plume qui se densifie pour former le poil où la plume : la dent est sécrétée par la surface externe de la papille , sur laquelle elle reste appliquée , et dont elle prend exactement la forme ; elle s’accroît en longueur et en épaisseur , comme les poils , les plumes et les ongles , c’est-à-dire par l’addition successive de couches à l’intérieur des premières sécrétées. En raison de la forme particulière de la papille , qui est celle d’un cône dont la pointe regarde le fond de l’alvéole, la dent se prolonge

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