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la portion de la membrane du follicule qui tapissait l’alvéole reste la même, tandis que sa portion correspondant à la pulpe, libre primitivement de l’autre côté, devient de ce côté adhérente à toute la cavité dentaire qu’elle tapisse , dont elle forme la membrane indiquée plus haut à l’article de la structure des dents, et qui se trouve ainsi intermédiaire à la pulpe et à la substance osseuse. 4°* La pulpe de la dent est la première partie formée , et la plus considérable dans les premiers temps. Il paraît que c’est la substance osseuse qui se forme la seconde , et que l’émail naît ensuite à l’extérieur de celle-ci. Je n’ai point pu encore rendre sensible le mode de son origine (1).
également en pointe de ce côté , et la papille se trouve bientôt emprisonnée par les couches calcaires qu’elle a sécrétées à sa surface ; toutefois d’abord la papille, peu comprimée, continue sa sécrétion , d’où il suit que la cavité dentaire se trouve de plus en plus rétrécie , et la papille de plus eu plus serrée , au point que, plus tard, celle-ci subit ainsi une véritable atrophie. On conçoit encore de la sorte, ainsi que l’a très-bien fait remarquer M. Oudet, comment les dents de l’homme ne peuvent s’accroître d’une manière indéfinie, tandis quelles défenses de l’éléphant et du sanglier , qui sont bien aussi des dents , peuvent s’allonger pendant toute la durée de la vie , à mesure qu’elles sont détruites à l’extrémité pm* les frottemens : ces dernières sont munies d’une papille qui représente un cône dont la base répond au fond de l’alvéole. ( F. Blandin. )
(1) Suivant M. Cuvier, l’émail est le produit de la sécrétion immédiate de la lame interne du follicule; suivant Hunier, il reste quelque temps en dissolution dans le fluide du follicule et se cristallise ensuite sur l’ivoire de la dent , à mesure que son
L’époque à laquelle le follicule membraneux se forme est difficile à saisir; celle de la première ossification paraît être du quatrième au cinquième mois. Au terme de la naissance , on trouve les vingt dents de la première dentition déjà avancées , toute la couronne en est formée ; le commencement de la racine se présente aussi sous la forme d’un tuyau large, à parois extrêmement minces, et qui va toujours en s’allongeant et en épaississant. Lorsqu’il est arrivé au fond de l’alvéole, celle-ci est trop étroite pour contenir la dent qui se fait jour au dehors.
menstrue est repris par les vaisseaux absorbans du follicule ; enfin quelques personnes ont soutenu que l’émail est, comme l’ivoire , sécrété par<ia papille , et qu’il traverse les pores de l’ivoire pour arriver à la surface de la dent. On doit avouer qu’il règne encore une assez grande obscurité relativement à la formation de l’émail; car il est difficile de concevoir, dans ces différentes hypothèses , pourquoi la racine de la dent, qui se forme comme la couronne , sur la papille , dans la cavité et au milieu du liquide du follicule , ne se couvre pas d’émail comme elle. M. Delabarre seul a été embarrassé par cette difficulté, et s’est occupé d’y répondre : il croit que l’émail est sécrété par le feuillet interne du follicule ; mais que ce feuillet ne descend pas jusque vers le pédicule de la papille , qu’il s’insère sur le milieu du contour de celle-ci, et que la couronne de la dent seule se trouve formée dans sa cavité. Mais cette opinion, sur l’anatomie du follicule , ne me paraît pas suffisamment établie pour que l’on puisse en faire la base d’une explication physiologique; l’analogie ne lui est point favorable , et tout me porte à la considérer comme une hypothèse anatomico-physiologique , mais une hypothèse si jolie, qu’on regrette de ne point la trouver confirmée par la sévère observation, ( F. Blandin. )
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Le nombre des dents , moindre dans la première que dans la seconde dentition, donne une forme particulière aux mâchoires du fœtus et de l’enfant, surtout à l’inférieure, qui est moins allongée en devant , et par conséquent plus large proportionnellement que chez l’adulte, où, pour recevoir toutes les dents, le rebord alvéolaire doit être nécessairement plus étendu. Cette disposition de la mâchoire inférieure influe beaucoup sur l’expression de la physionomie,
Première Dentition considérée à l'époque de F éruption .
On observe les phénomènes suivans à l’époque du sixième ou septième mois de la jnaissance, trèsrarement avant, plus rarement encore pendant la grossesse, ce qui n’est pas cependant sans exemple, comme l’histoire de Louis XIY en est la preuve : on voit d’abord paraître, tantôt simultanément, tantôt isolément, les deux petites incisives de la mâchoire inférieure; bientôt après, les incisives correspondantes de la mâchoire supérieure se font jour; un mois ou deux après, les quatre autres incisives sortent ; à la fin de la première année paraissent ordinairement les quatre canines (i) ; à la fin de la seconde, ou souvent plus tard, on voit sortir,
(i) Les premières molaires sortent presque toujours avant les canines. MM. Serres et Meckol pensent meme que cela a lieu constamment. (Bécl-ard.)
à chaque mâchoire, deux molaires que deux autres suivent bientôt. C’est presque toujours par la mâchoire inférieure que commence chaque éruption.
A l’âge de quatre ans , quatre ans et demi , quel- , quefois de cinq ou six ans, toujours à une époque assez variable, se manifestent en bas, puis en haut, deux autres molaires qui complètent le nombre de vingt-quatre dents formant la première dentition : toutes en effet tombent , et sont remplacées par de nouvelles (i), -
Le mécanisme de cette première dentition est celui-ci : l’ossification faisant toujours des progrès vers la racine , la dent ne peut plus être contenue dans l’alvéole; elle perce et la portion alvéolaire de la membrane, et la membrane muqueuse de la bouche , et un tissu pulpeux intermédiaire qui les sépare, avec d’autant plus de facilité, que cette triple couche s’amincit peu à peu à mesure que l’éruption approche. Ce phénomène est-il dû uniquement à la pression mécanique de la dent ? Je crois qu’il y a une autre cause; car observez qu’ici les membranes sont très-peu soulevées avant de se rompre , tandis que dans les polypes et autres tumeurs qui naissent quelquefois sous la membrane gengivale , elle est infiniment plus tiraillée, et cependant alors elle ne se déchire pas, mais se sou-
(1) Ici existe une erreur qu’il importe de signaler : parmi les vingt-quatre dents que Bichat considère comme appartenant à la première dentition , il en est quatre , celles qui sortent à l’âge de quatre ou cinq ans , qui ne tombent point ; elles doivent constituer plus tard les premières grosses molaires. ( F. Blandin. )
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lève seulement. Ce mécanisme de l’ouverture des gencives n’est pas plus connu que le principe des accidenstt terribles qui se manifestent quelquefois alors (i). Le sac que formait la membrane primitive du follicule se trouvant ainsi ouvert, sa portion qui tapisse l’alvéole s’unit à la membrane de la bouche , lui devient continue, se colle en meme temps au collet d’une manière très-intime; et comme, pendant le développement de la racine, la face interne de cette portion membraneuse, libre d’abord, ainsi que nous avons vu , a peu à peu contracté des aclhé-
(i) Sans résoudre la question du mécanisme de l’éruption des dents , Bicliat avait cependant reconnu , comme on le voit , qu’il devait y avoirlà quelque chose de plus qu’un simple soulèvement de la gencive : mais ce quelque chose lui avait échappé ; c’était pour lui une inconnue , qu’il invitait chacun à chercher. Ce problème est aujourd’hui entièrement résolu , grâce aux notions récemment acquises sur l’anatomie du follicule dentaire. Dans leur sortie des alvéoles, les dents soulèvent d’ahord la membrane gengivale ; puis celle-ci est détruite par pression dans quelques points , surtout lorsque la couronne de la dent qui lui est opposée présente une large surface à son sommet, comme cela a lieu pour les molaires ; mais en outre , l’ouverture naturelle du follicule, son goulot, 1 e duc tus dentis enfin, est dilaté , et la dejit le parcourt plus ou moins complètement. Ainsi les poils et les plumes , parties analogues aux dents , sortent-ils de leur bulbe lors de leur complète formation ; ainsi la matière sécrétée par les follicules simples s’échappe-t-elle par le goulot de ces dépressions des membranes tégumentaires , lorsqu’on raison de sa quantité elle cesse de pouvoir y rester contenue. Quant à la raison de l’apparition des dents au-dehors , je viens de la donner: c’est le développement lui— meme de la dent , et un accroissement tel j que celle-ci cesse de pouvoir être contenue dans la
rences avec elle, il s’ensuit que cette racine se trouve enchâssée entre la portion alvéolaire qui tapisse son extérieur, et la portion pulpetise qui revêt son intérieur : c’est ce qui assure sa solidité. A mesure que les adhérences de la membrane augmentent, on peut moins facilement la distinguer.
II est rare que, dans cette première dentition, la formation de la racine s’achève aussi complètement que dans la seconde; sa cavité interne reste aussi très-large, et la pulpe est plus développée (i).
capacité de son follicule. La chose est évidente pour les poils et les plumes, auxquels il faut toujours revenir en semblable cas , et que l’on doit prendre pour point de départ, à cause de leur condition d’analogie avec les dents , et de leur remarquable simplicité. L’explication différente, proposée parM. Delabarre, est jolie sans doute ; mais, à mon avis , c’est son unique mérite : elle est fondée sur une erreur anatomique , l’insertion de la membrane interne du follicule sur les parties latérales de la papille , là où devra se former le collet de la dent. Les accidens si communs pendant la dentition me paraissent enfin tenir à la même cause, le développement de la dent; cet os, en effet, pour s’échapper, fait effort contre la gencive; celle-ci résiste, et de là résulte : i°une irritation de la muqueuse de la bouche ; 2° un refoulement de la dent vers le pédicule nervoso-vasculaire du follicule. Que si ces accidens ne sont pas constans , bien que la cause ne manque jamais, cela tient seulement à la différence d’irritabilité nerveuse des différens enfans , et à la résistance variable du tissu gengival. (F. Blandin.)
(i) Les dents de la première dentition ne diffèrent pas seulement de celles de la seconde par leur durée moindre; elles s’en distinguent en outre par leur remarquable blancheur , et par la forme arrondie et souvent globuleuse de la couronne ; cette partie , dans les molaires surtout , est ventrue en dehors. Enfin ,
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"Deuxieme Dentition considérée avant V éruption,
Il faut, comme dans les cas précédens , distinguer les phénomènes nutritifs en ceux qui ont lieu avant, pendant et après l’éruption. Avant l’éruption, on observe, en ouvrant la mâchoire, une rangée de follicules dentaires correspondant à la rangée des dents déjà formées, situés au-dessous on à côté, et séparés d’elles par de petites cloisons dont l’épaisseur est d’autant plus grande qu’on l’examine dans un âge plus voisin de la première enfance.
Ces follicules ont exactement la même disposition que ceux de la- première dentition; comme eux ils forment des sacs sans ouverture, dont la portion alvéolaire est adhérente et dont la pulpeuse est libre et se revêt à sa surface des premières couches osseuses pour la couronne. L’accroissement est le même dans son mode , c’est-à-dire qu’il a lieu de l’extérieur à l’intérieur , à l’inverse des autres os , disposition qui fait que la partie de la dent immédiatement en contact avec les corps étrangers , étant la première formée, a plus le temps d’acquérir la solidité nécessaire à ses fonctions.
A mesure que les dents secondaires croissent, on voit leur système vasculaire se prononcer davan-
les deux molaires caduques sont multicuspidées ; ce sont de grosses molaires , tandis que celles qui leur succèdent sont bicuspidces , ce sont les petites molaires proprement dites.
( F. Blakdin, )