DEVELOPPEMENT DU SYSTEME OSSEUX
Il n’est point de système dont les anatomistes Aîut. t. ih. G
8 a SYSTÈME
aient suivi d’une manière plus rigoureuse les états divers, aux divers âges de la vie. La remarquable différence d’un os considéré dans les premiers mois , où la gélatine seule le compose presque, d’avec un os examiné chez l’adulte , où la substance calcaire est prédominante, a spécialement fixé leur attention sur ce point.
Examinons les phénomènes de l’ossification dans tous les âges. Ces phénomènes peuvent être considérés pendant et après l’accroissement. En général , tant qu’il dure, il y a quelques portions non ossifiées dans le système osseux, comme le col du fémur par exemple: l’ossification n’est bien complète, les os ne sont bien développés que vers l’âge de seize à dix-huit ans , quelquefois même plus tard.
§ Ier. État du Système osseux pendant V accroissement.
On distingue communément trois états dans le développement des os, savoir, l’état muqueux, l’état cartilagineux et l’état osseux (i).
i°. État muqueux.
' il
L’état muqueux peut se concevoir à deux époques: j
1° dans les premiers jours du développement de
( i ) Cette évolution des os peut être regardée comme un des faits ( les plus beaux que l’on puisse citer en faveur de la loi de métamorphose des organes. Les pièces du squelette, en effet, par-*
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l’embryon , époque à laquelle la totalité de ses organes ne forme qu’une masse homogène et muqueuse , où il n’est possible de distinguer aucune ligne de démarcation, et où les parenchymes de nutrition existent seuls. Tous les organes sont de même nature alors : l’os est en effet muqueux comme tous les autres organes, si par ce mot on entend un état où le tissu cellulaire, existant seul avec les vaisseaux et les nerfs, est pénétré d’une si grande quantité de sucs qu’il a la forme d’un mucilage et en donne l’apparence à l’embryon. 2°. On peut entendre par état muqueux cette époque plus avancée de la nutrition osseuse, où les os se distinguent déjà , où ils se dessinent à travers la transparence que
courent visiblement, avant d’arriver à l’état de complet développement , une suite de phases qui , transitoires chez l’homme , sont des états permanens , au contraire , dans certains degrés inférieurs de l’échelle des êtres. À. l’état muqueux , le squelette de l’embryon humain rappelle celui de certaines lamproies ; a l’état cartilagineux , il est l’analogue de celui d’une classe nombreuse de poissons ; enfin , à l’état calcaire , il a atteint le degré qui caractérise cette partie de l’organisme dans les animaux qui occupent le faîte de la grande échelle des êtres. Ces états se succèdent avec plus ou moins de rapidité : Dans quelques os , l’état cartilagineux dure peu , de façon que l’on croirait au premier abord qu’il a manqué , et qu’il y a eu passage sans intermédiaire de l’état muqueux à l’état calcaire ; mais avec un peu de soin , on peut constater encore ici que les trois états se Sont montrés successivement. C’est à tort , à mon avis , que Béclard ai signalé les os du crâne et le centre des os longs , comme ne présentant pas de période cartilagineuse dans leur développement.
(F. Blahdin.)
conservent les autres parties du membre, où ils ont déjà une consistance bien supérieure à celle de ce qui les entoure. Or, cet état n’est que le commencement de celui de cartilage ; car le parenchyme de nutrition prend le caractère cartilagineux dès qu’il commence à se pénétrer de gélatine , et il se pénètre en effet de cette substance dès qu’il prend plus de consistance, puisque c’est elle qui lui donne cette consistance, et par là même une existence distincte des parties environnantes. Si, dans les premiers temps, ce cartilage est plus mou, s’il s’affaisse sous les doigts qui le compriment, si même il a une apparence en partie muqueuse, c’est que la gélatine n’y est pas encore en assez grande proportion, et que le parenchyme nutritif la domine encore : à mesure qu’on avance, sa quantité augmente; et par là même la nature cartilagineuse se développe plus évidemment.
Il suit de là que les os ont trois périodes dans leur développement : lune leur est commune avec tous les autres organes : c’est la période muqueuse ; les deux autres les caractérisent spécialement : ce sont les périodes cartilagineuse et osseuse. Examinonsen les phénomènes.
2°. Etat cartilagineux .
Tous les os sont cartilagineux avant de prendre leur dernière forme. Cet état de cartilage commence à une époque qu’il est difficile de déterminer: c’est lorsque , d’une part , le système circulatoire commence à charrier de la gélatine et à la présenter aux
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organes, et que, d’une autre part, la sensibilité organique du parenchyme de nutrition des os s’est mise en rapport avec cette substance. Alors la consistance de l’os va toujours en croissant , parce que la gélatine va en s’y accumulant: or, elle s’y accumule dans le même sens que dans la suite doit affecter le phosphate calcaire; c’est-à-dire que dans les os longs c’est au milieu du corps , que dans les os plats c’est au centre, et que dans les os courts c’est au centre aussi que s’exhale d’abord cette substance, laquelle se porte ensuite successivement et de proche en proche aux extrémités des premiers , à la circonférence des seconds, et à la surface des troisièmes. J’observe cependant que l’on ne voit point, pendant la formation des os cartilagineux, ces stries longitudinales dans les os longs , rayonnées dans les plats , irrégulièrement entrecroisées dans les courts, qui distinguent l’état osseux dans sa formation , et qui semblent indiquer à l’œil le trajet du phosphate calcaire.
L’état cartilagineux présente une particularité qui le distingue de l’état osseux: c’est que tous les os unis par la suite au moyen des cartilages, tels que ceux du crâne , de la face , de la colonne vertébrale , du bassin, ne font qu’une seule et même pièce (i); tandis que tous ceux qui ne doivent tenir
(i) Sans doute, à l’aide des cartilages des sutures, les cartilages d’origine des pièces du crâne sont continus les uns aux autres ; sans doute, à l’aide des substances inter— vertébrales, la même disposition existe pour les cartilages d’origine des corps vertébraux ; mais est-il bien démontré cjue ces cartilages, cpti servent
que par des ligamens, dont l’articulation est mobile par conséquent, se trouvent très-distincts, comme le fémur, le tibia, la clavicule, etc., etc.
Les os larges, ceux du crâne spécialement, n’offrent pas d’une manière aussi distincte l’état cartilagineux : leur apparence , à cette période de l’ossification, est même plutôt membraneuse. Yoici à quoi cela tient : comme ils se trouvent interposés entre le périoste et la dure-mère, et que leur té-
de moules aux os, ne soient pas eux-mêmes formés, dans les premiers temps , de plusieurs pièces aussi distinctes que le sont les divers noyaux primitifs d’ossification? Je ne le pense pas. IJ me paraît probable, au contraire (et c’était l’opinion particulière de Béclard), que l’état cartilagineux commence par des parties d’abord isolées, mais promptement réunies , et dont la disposition est le plus ordinairement, mais non d’une manière nécessaire, analogue à celle des premiers linéamens d’ossi'ication. Ce fait cadre parfaitement, au reste, avec tout ce que l’on sait de l’évolution des organes, etmêmede celle de l’organisme tout entier, travail dans lequel la nature procède par des formations circonscrites dans des points très-limités , qui constituent autant de centres , desquels s’irradie en quelque sorte la matière organique , jusqu’à ce que , la fusion s’étant opérée , l’organe ou tout le système ne forme plus qu’une seule pièce. S’il est établi que l’état cartilagineux commence par des points isolés , on peut rapporter aisément à un simple arrêt de développement , ce que l’on voit arriver chez certains fœtus monstrueux, dont le sternum est bifide dans toute son étendue. Cet état doit avoir une origine plus éloignée que l’état calcaire de l’os indiqué , car les pièces les plus élevées qui forment celui-ci s’ossifient par des points médians et impairs. Toutefois , pour que la question fût toutà-fait résolue , il faudrait montrer que l’état cartilagineux commence dans le sternum par des points latéraux. ( F. Blandin. )
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nuité est extrême , on ne peut que difficilement les distinguer à l’intérieur de ces deux membranes, mais lorsqu’on dissèque les parties avec attention , on peut distinguer de cette double enveloppe l’os encore mou.
L’état cartilagineux paraît dans la clavicule, l’omoplate, les côtes, avant d’être distinct dans les autres os, où il se manifeste ensuite. Lorsqu’on examine les os en cet état , on les trouve de consistance et de solidité différentes : là où l’exhalation de la gélatine a commencé, ils sont incomplètement cartilagineux ; à mesure qu’on s’éloigne de ce point, ils participent encore plus ou moins à l’état muqueux. L’os cartilagineux n’a point de cavité interne, point de système médullaire, etc. (1).
3°. État
osseux .
Lorsque tout l’os est cartilagineux, et même que quelques points y paraissent encore muqueux, l’exhalation de la substance calcaire commence, et par là même l’état osseux se manifeste. Voici comment : l’os devient alors plus dense, puis d’une couleur plus foncée, enfin d’un jaune très-sensible dans
(1) L’état cartilagineux lui-mème offre des degrés : d’abord , le cartilage est mou , il devient ensuite ferme , et présente une couleur d’un blanc nacré resplendissant ; ]plus tard, enfin, il prend successivement les teintes blanc mat et jaunâtre ; dès cette dernière époque, on commence à voir s’y développer des vaisseaux et des cavités J et bientôt aussi commence l’état osseux.
(F. Blandin.)
son milieu, c’est-à-dire là où doit commencer l’ossification : peu à peu un point rougeâtre s’y développe; ce sont les vaisseaux qui commencent à recevoir la portion rouge du sang et non à s’y développer , comme le prétendent certains anatomistes, à y être creusés, suivant leur expression, par la force d’impulsion du cœur. Ils préexistent toujours : les sucs blancs les pénétraient seuls auparavant; alors les globules rouges y sont aussi admis.' En même temps^les parties voisines s’encroûtent de substance calcaire. Cette période est donc remarquable par deux choses, savoir, par l’abord du sang dans les os cartilagineux, et par l’exhalation du phosphate de chaux. En-général , ces deux phénomènes sont toujours inséparables ; dès qu’il y a rougeur dans une partie des cartilages, il y a aussi des points osseux : cela s’observe non-seulement dans l’ossification ordinaire , mais encore dans celles qui ne sont pas dans les lois communes , telles que les ossifications des cartilages du larynx, des côtes , etc. Lorsqu’on examine les progrès de l’exhalation de la substance terreuse, on voit toujours dans les os, soit longs, soit plats, soit courts, une couche vasculaire très-rouge, intermédiaire au cartilage et à la portion des os ossifiée. Cette couche semble servir de précurseur à l’état osseux. Pourquoi les vaisseaux des os, qui jusque là n’admettaient que des sucs blancs, reçoivent-ils alors des globules rouges? Ce n’est pas, comme Boerhaave l’aurait dit, s’il se fût occupé de 3’ossification, parce que leur calibre augmente , mais bien parce que , la somme de leur sensibilité organique s’accrois-
OSSEUX
sant, ils se trouvent alors en rapport avec la portion rouge, qui jusque là leur était étrangère. Leur calibre serait triple, quadruple du diamètre des globules rouges, que ceux-ci ne s’y engageraient pas si le mode de sensibilité organique les repousse, comme le larynx se soulève contre un corps qui tente de s’y engager , quoique ce corps soit infiniment moindre que la glotte. C’est par un accroissement de sensibilité organique, qu’il faut aussi expliquer comment l’os, jusque là étranger à la substance calcaire, ne se trouvant en rapport qu’avec la gélatine, s’approprie aussi la première de ces substances, et s’en pénètre avec facilité.
J’observerai seulement qu’il y a cette différence entre l’exhalation de l’une et de l’autre, que la première vient toujours immédiatement de la portion rouge du sang, puisque, partout où elle se dépose, il y a, comme je l’ai dit, des vaisseaux sanguins; tandis que la seconde paraît immédiatement provenir des fluides blancs, puisque les vaisseaux des tendons , des cartilages, et des autres parties qui s’en nourrissent , ne reçoivent sensiblement dans leur état naturel aucun globule, rouge, et que tout ce qui y circule paraît blanc.
L’état osseux commence avec la fin du premier mois, pour la clavicule, les côtes, etc.; il est un peu plus tardif dans les autres os : on ignore du reste son époque précise. Yoici sa marche dans les trois espèces d’os (1).
(1) Duhamel, J. Iï un ter, Nesbith, Reichel, Seuff, et beau-*
Progrès de T état osseux dans les os longs.
On distingue d’abord au milieu de ces os un petit cylindre osseux, très-mince dans son centre, s’élargissant en s’avançant vers les extrémités, creux dans son intérieur pour les rudimens du système
coup d’autres , ont fait connaître une foule de faits intéressans qui doivent trouver ici leur place. Il ne sera question que du développement naturel des os : l’accidentel rentre dans l’anatomie pathologique.
L’état osseux commence à peu près vers l’époque qu’indique Bichat. Senlf en a trouvé les premiers rudimens à quarante jours. Des embryons de trente jours ou environ m’ont déjà offert quelques points osseux. La clavicule , les mâchoires , se montrent en premier lieu ; puis successivement et à quelques jours d’intervalle , l’humérus et le fémur , les os de la jambe et ceux de l’avant-bras , les côtes , les vertèbres , les os du crâne , etc. Le sternum , les os wormiens , la rotule , les os du carpe , sont les derniers à s’ossifier. Cet ordre n’est, comme on le voit, assujetti à aucune règle : aussi toutes celles qu’on a voulu établir sont-elles fausses, pour la plupart, dans leur application. La seule qui ait quelque fondement réel , c’est que les os longs précèdent en général les larges dans leur développement , encore y a— t— il des exceptions. Mais quant à l’influence que certains auteurs ont accordée sous ce rapport au voisinage du cœur et à celui du système nerveux , quant à ce que d’autres disent du développement plus ou moins précoce des os suivant le degré d’importance de leurs fonctions chez l’homme, ou , comme le pensent quelques-uns , suivant leur liaison plus ou moins intime avec les phénomènes de la vie dans les différentes classes d’animaux, rien de tout cela n’est fondé sur l’observation.
Il se passe de grands changemens dans un cartilage qui se convertit en os. Des conduits vasculaires, qu’on ne pouvait y aper-
médullaire, percé du trou nourricier, dont la proportion de grandeur est alors très-manifeste , recevant aussi un très-gros vaisseau. Ce cylindre osseux , d’abord très-mince en comparaison des extré-
cevoir avant , s’y développent. Incolores dans le principe , et irrégulièrement disposés , ils sont plus tard ramifiés à la manière des artères , et traversés par le sang. La couleur de ce fluide s’y manifeste par degrés : ces conduits ne pa- ! raissent point pourtant le contenir directement ; les vaisseaux du cartilage injectés semblent plutôt tapisser simplement leurs parois , cette sorte de membrane vasculaire qui les revêt a même été regardée comme propre à sécréter la substance osseuse. On voit très— bien ces conduits dans les os courts et aux extrémités des os longs. Le point osseux , dont le développement suit de près celui des vaisseaux , n’est d’abord qu’une réunion de fila— mens d’une extrême ténuité , qu’il est facile d’isoler en faisant brûler le cartilage : on obtient alors une espèce de flocon formé par la matière calcaire. A mesure que l’ossification fait des progrès , les canaux vasculaires s’effacent : on n’en trouve plus de traces aussitôt que les épiphyses sont soudées.
L’action des vaisseaux sanguins est donc augmentée dans l’ossification des cartilages. Mais ces derniers n’éprouvent-ils d’autre changement dans leur tissu que celui qui résulte de la déposition d’une substance terreuse? ou bien la matière organique est-elle aussi renouvelée, pomme quelques auteurs l’ont pensé? 11 faut en effet que le cartilage subisse une transmutation bien grande , s’il ne disparaît pas entièrement , pour devenir os ; car il ne contient presque , connue nous le verrons plus tard , que de l’eau, du tissu cellulaire et de l’albumine y tandis que les os sont formés d’un tissu fibreux joint à une matière saline. Il y a donc une très-grande différence entre la composition du premier et celle des seconds , et on ne peut pas dire que les os soient simplement des cartilages , plus de la matière calcaire. Quels que soient les matériaux de l’ossificatÎQn , ce sont les ar-*
mités cartilagineuses de l’os, offre avec elles une disproportion manifeste sous ce rapport, est formé de fibres très-déliées, grossit et s’allonge peu à peu , s’avance enfin jusque près des extrémités , où il est parvenu à l’époque de la naissance ; alors la plupart de ces extrémités ne sont point encore osseuses. Quelque temps après, et à uile époque qui varie pour les différens os, il se développe dans ces extrémités un point osseux, qui commence au centre et qui est toujours précédé parle passage du sang dans les vaisseaux. Ces germes nouveaux croissent aux dépens du cartilage , qui se rétrécit peu à peu entre le corps de l’os et l’extrémité : au bout d’un certain temps, il ne reste plus qu’une cloison légère que l’ossification envahit aussi; en sorte qu’alors l’os est tout osseux, d’une extrémité à l’autre. Les points secondaires qui se sont développés dans les diverses apophyses se réunissent également; en sorte que sa substance est partout homogène. Ce
tères qui les apportent et qui les versent , soit par des extrémités exhalantes , comme le veut Bichat , soit par des porosités latérales , suivant l’opinion de Walter. Ces vaisseaux ne jouent point le rôle que leur attribuaient Nesbith, Reichel, W. Hunter, de donner lieu par leur ossification à celle du cartilage. Les lignes régulières que présentent les os dans leur développement , et qui en ont imposé à ces anatomistes , ne suivent nullement le trajet des vaisseaux sanguins. On sera encore moins tenté d’admettre l’hypothèse de Mascagni , qui , regardant les cartilages comme entièrement formés de vaisseaux lymphatiques , suppose que dans leur ossification ces vaisseaux ne font que s’emplir de matière calcaire. ( Béclahd. )
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i^est guère qu’à l’époque de seize à dix-huit ans que la nature a complètement achevé ce travail (i).
Progrès de V état osseux dans les os larges .
Le mode d’origine de l’ossification varie dans cette espèce d’os. Ceux qui sont symétriques ont toujours deux points, ou davantage, qui se correspondent sur chaque côté de la ligne médiane; en quelques circonstances un d’eux se trouve sur cette ligne. Toujours, lorsque ces points d’ossification sont en nombre pair, ils se trouvent sur les côtés : l’un d’eux est sur la ligne, s’ils sont en nombre impair.
Les os irréguliers n’en ont quelquefois qu’un, comme les pariétaux; d’autres fois plusieurs y paraissent, comme dans les temporaux; mais jamais
(1) Dans les os longs, le premier point osseux se manifeste du quarantième au soixantième jour , un peu plus tôt pour la clavicule. Le petit cylindre qu’il représente est alors la seule partie solide de l’os ; tout le reste est encore muqueux. Ge n’est que du soixantième au soixante-dixième jour que naissent les cartilages des extrémités. Quand ces derniers s’ossifient , ce qui n’arrive que beaucoup plus tard , il sé forme entre 'elles et le corps de l’os des conduits vasculaires semblables à ceux qui occupent leur intérieur. Il y a donc cette remarquable différence entre le corps des os longs et les extrémités de ces mêmes os , qu’on ne distingue point de cartilage pour le premier comme pour les secondes. Au milieu , le tissu osseux semble
formé de toutes pièces à la face interne du périoste ; ce tissu est manifestement cartilagineuxdans le principe, à chaque extrémité.
( Béclard. )
§4 Système
ils n’affectent alors de disposition parallèle entré eux : seulement ils correspondent à ceux de l’os opposé.
Là où le premier point d’ossification survient dans un os large, on aperçoit d’abord des points rougeâtres, puis on voit le phosphate calcaire se répandre en rayonnant du centre à la circonférence de l’os. Les rayons osseux sont très-sensibles sur les os du crâne. Des portions non ossifiées remplissent d’abord leurs intervalles , que complètent ensuite de nouveaux rayons. Tous se terminent d’une manière inégale, sans se toucher, de manière qu’en isolant alors de la portion membraneuse à laquelle elle tient, une portion ossifiée d’un os large , sa circonférence paraît découpée comme l’extrémité d’un peigne : de là , comme nous le verrons , l’origine des sutures.
La ténuité de ces os est extrême dans les premiers temps ; ils n’ont point encore de tissu celluleux. A la naissance, peu de centres osseux s’y sont encore réunis; des espaces cartilagineux et membraneux les séparent : ces espaces sont plus grands au niveau des angles qu’au niveau des bords, et, en général, dans les points les plus éloignés des centres osseux primitifs. Les os à plusieurs points d’ossification sont formés de pièces isolées , plus ou moins distantes les unes des autres : ceux à un seul point n’en ont qu’une.
Après la naissance , ces os s’étendent de plus en plus ; leur épaisseur et leur dureté augmentent ; ils se divisent en deux lames compactes , dont le tissu celluleux remplit le milieu ; peu à peu ils se tou-
OSSEUX. q5
chent par leurs bords , et alors les sutures se forment au crâne ; car il y a cette différence entre leur ossification et celle des os longs, quelle se fait toujours du centre à la circonférence, et que de nouveaux points osseux ne se développent pas dans celle-ci pour venir à la rencontre des premiers. Quand cela arrive, alors la réunion ne se fait point comme aux os longs, mais des sutures se forment; et c’est ce qui constitue les os wormiens , qui sont d’autant plus larges que le point osseux s’est plus tôt développé , parce qu’il a eu le temps de s’étendre davantage avant de rencontrer l’ossification générale de l’os.
Lorsqu’un os plat se développe par plusieurs points, et que sur sa surface existe une surface articulaire, elle est ordinairement le centre où tous les points viennent se réunir à l’époque où l’ossification se termine; on le voit dans la cavité cotyloïde , dans le condyle de l’occipital, etc.
Souvent il est, dans les os plats, deux périodes bien marquées pour leur ossification : c’est dans ceux qui, comme le sacrum, le sternum, se développent par un grand nombre de points. Ces points commencent d’abord à se réunir en trois ou quatre pièces principales qui divisent l’os : c’est la première période; puis, à une époque beaucoup plus avancée, la réunion de ces pièces entre elles s’opère : c’est la seconde période (i).
(i) L’ossification des os larges du crâne commence vers deux mois et demi* Les points osseux sont d’abord disséminés dans
Progrès de T état osseux dans les os courts.
Les os courts restent, en général, plus longtemps cartilagineux que les autres. Souvent, à la naissance, plusieurs le sont encore, ceux du tarse et du carpe en particulier. Le corps des vertèbres s’ossifie plus tôt : un point se développe au centre, et s’étend à toute la surface.
Ces phénomènes sont à peu près analogues à ceux de l’ossification des extrémités des os longs , auxquelles les os courts ressemblent si fort. Après la naissance, toute la portion cartilagineuse est, pour ainsi dire, envahie par la substance calcaire qui se mêle à elle , et il ne reste enfin que les cartilages articulaires.
Il est des os qui, comme l’occipital, le sphénoïde, participent au caractère des os larges et des os courts; leur ossification est mixte, et suit le mode des uns ou des autres , suivant la partie de l’os où on l’examine.
la substance muqueuse épaissie qui représente l’os à cette époque.: Ils se réunissent ensuite et prennent la forme de réseaux irréguliers : ce n’est que plus tard qu’ils ont celle de rayons osseux encore recouverts de substance muqueuse par leurs deux surfaces. Ces rayons disparaissent quand les deux lames compactes se produisent ; ils se transforment en tissu celluleux. (Béclard.)
OSSEUX
§ II. État du Système osseux après son accroissement
Les os , devenus complètement osseux, continuent à éprouver divers phénomènes que les anatomistes ont trop négligés. L’accroissement général en hauteur est fini lorsque l’ossification est achevée ; et même il parait que le terme de tous deux est à peu près le même (i). Mais celui en épaisseur, continue encore long-temps : comparez le corps
(i) L’accroissement en longueur des os longs sê fait près de leurs extrémités ; leur partie moyenne n’y est pour rien. Une expérience le prouve; elle est due à J. Hun ter : si l’on perfore un de ces os dans son corps en deux endroits différens , et qu’on tue l’animal quelque temps après , les deux ouvertures sont encore à la même distance l’une de l’autre , quoique l’os ait augmenté de longueur. Elles devraient , au contraire, s’éloigner si l’accroissement se faisait dans toute l’étendue de ce dernier. Un autre fait confirme celui-ci : dans les expériences avec la garance, la coloration n’a lieu, sur les jeunes animaux, que dans l’intervalle qui sépare chaque extrémité du corps de l’os ; le reste n’est rouge qu’à la surface, à moins que ranimai n’ait été nourri pendant très-long — temps avec cette substance. Tant qu’unê lame cartilagineuse subsiste entre le corps et l’extrémité , on conçoit que l’accroissement doit se faire aux dépens de ce cartilage. Mais lorsqu’une fois il est envahi , il faut admettre une déposition de substance osseuse dans cet endroit, précédée tout au plus de l’état muqueux. L’accroissement en longueur ne cesse que quancl les épiphyses sont soudées eu corps de l’os, ce qui arrive vers l’époque de vingt-un ans. Une lame mince de substance compacte est d’abord interposée entre le corps et l’extrémité ; elle s’efface à la longue, et la continuité devient parfaite,
| ( Béclard. )
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grêle et mince d’un jeune homme de dix huit ans, au corps épais et bien proportionné d’un homme de quarante, et vous verrez îa différence. Les os suivent la loi générale: leur nutrition se prolonge suivant ^épaisseur, lorsque celle suivant le sens longitudinal ne se fait plus (i). Il paraît qu’aiors les vaisseaux qui pénètrent par les trous du premier et du. second ordres ne fournissent guère plus à
(f) Les trois espèces d’os croissent en épaisseur bien au-delà du terme de l’accroissement en longueur, comme il a déjà été dit. De nouvelles couches s’ajoutent sans cesse à leur surface, (Comme le montre la coloration de cette surface par l’usage, même peu. prolongé , de la garance. Si l’ingestion de cette substance a çté cessée et reprise alternativement, les couches extérieures de l’os sont alternativement rouges et blanches ; d’ o ii il faut conclure qu’elles s’étaient formées pendant le temps même qu’a duré l’expérience. La substance osseuse sé produit là comme clans le cas précédent , sans cartilage préexistant , et peut-être en passant par l’état muqueux : mais il n’y a pas de déposition interstitielle , comme dans la nutrition ordinaire ; c’est plutôt une sorte de juxta-position. Gela n’empêche pas que la nutrition ne s’exerce dans les os de même que dans les autres parties. L’usage assez long-temps continué de la garance, de manière à obtenir l’effet indiqué par Biçhat , en est la preuve. Il est aussi des cas d’accroissement accidentel , soit en longueur , soit en épaisseur , qui paraissent tenir à un véritable excès de nutrition.
En même temps que les os croissent à l’extérieur, leurs cavités intérieures s’agrandissent; ce qui fait que, dans les os longs , les parois du canal médullaire restent, à peu de chose près, dans, la même proportion d’épaisseur , tant que leur accroissement en dehors et leur amincissement en dedans se font mutuellement équilibre : l’os gagne d’un côté ce qu’il perd de l’autre. Il n’en tpas de même chez le vieillard : l’accroissement en épaisseur
QSSFÜjC Ôf)
cette nutrition , qui puise spécialement ses matériaux dans ceux du troisième: or, comme on sait que ces vaisseaux, très-superficiels, s’arrêtent dans les fibres extérieures de l’os, et ne pénètrent point au-dedans , on conçoit , i° comment , l’accroissement se faisant en dehors, l’os augmente en épaisseur; 20 comment cette augmentation porte spécialement sur le tissu compacte, dont l’épaisseur proportionnelle est en raison directe de l’âge , comme il est facile de s’en assurer par l’inspection comparée des différens os d’enfant, d’adulte et de vieillard.
Cet accroissement extérieur a fait croire que le périoste y concourait spécialement par l’ossification de ses lames; mais nous verrons à l’article de cette membrane ce qu’on doit penser sur ce point.
C’est principalement à cette époque, où le travail de la nutrition semble disséminé à la surface osseuse, que les éminences diverses dont cette surface est parsemée se prononcent davantage : alors surtout; toutes les apophyses d’insertion deviennent plus saillantes. 11 y a, sous le rapport de ces éminences, une différence remarquable entre le squelette de l'enfant et celui de l’homme fait. Dans le fœtus, à peine existent-elles, comme on le voit spécialement par les apophyses diverses des ver-
rue se faisant plus , la dilatation intérieure continue ) il en résulte lin amincissement extrême dans les parois de la cavité médullaire. Cette cause est une de celles qui rendent les os des vieillards si fragiles. ( Bjéclard. )
iôo
tèbres, par les épineuses en particulier. Comme ces éminences sont, en général , les parties les plus éloignées des centres osseux primitifs, il paraît que c’est à cette circonstance qu’il faut attribuer la lenteur de leur formation, puisque l’ossification se fait toujours des points où elle a commencé aux points les plus éloignés.
Lorsque l’os a toutes ses dimensions , il continue toujours à être le siège d’une nutrition très-active: sans cesse l’exhalation y apporte les substances gélatineuse et calcaire, que reprend ensuite l’absorption ; en sorte qu’il est sans cesse composé et recomposé. L’expérience de la garance prouve cette assertion d’une manière manifeste : si l’on nourrit quelque temps un animal avec cette plante, tous ses os rougissent d’autant plus facilement qu’il est plus jeune; en sorte qu’en lui amputant un membre au bout de quelque temps, ses os ont une apparence toute différente de celle qui leur est naturelle: si, après cette amputation, on discontinue l’usage de la garance pendant un certain temps, et qu’on ampute ensuite un autre membre, les os ont entièrement repris leur couleur habituelle: or, on sait que la substance calcaire est le véhicule de la substance colorante, puisque, tant que les os ne sont que cartilagineux, l’effet de la garance est absolument nul sur eux. La substance calcaire est donc alternativement fournie et enlevée aux os. D’ailleurs, la formation et la résolution des exostoses, le ramollissement et la friabilité des os, les phénomènes de la production du cal, etc., ne sontils pas aussi la preuve sensible de cette succession
IOI
cf exhalation et d’absorption de ce principe? Il paraît manifeste que le système urinaire est la voie par laquelle la nature se débarrasse de la substance calcaire, et même de la gélatineuse. Il serait curieux de bien analyser l’urine des rachitiques , et celle des malades attaqués du cancer : il est probable que la première de ces substances domine dans l’urine des premiers , et la seconde dans celle des autres : je ne connais là-dessus rien de bien positif en expériences.
Peut-on, en donnant aux malades ou de la gélatine ou du phosphate calcaire , rendre à leurs os ou la souplesse ou la solidité qu’ils ont perdue? Non, parce qu’il ne s’agit pas seulement d’introduire ces substances dans l’économie, mais encore de rendre aux os le mode de sensibilité organique qu’ils n’ont plus, et qui, les mettant en rapport avec elles , fait qu’ils se les approprient pour s’en nourrir. Le sang serait surchargé de principes terreux et gélatineux, que les os repousseront ces principes, tant que leur mode de sensibilité ne sera pas en rapport avec eux.
Le double mouvement de nutrition continue toujours dans les os, à mesure qu’on avance en âge; mais ses proportions changent : la gélatine va toujours en y diminuant, et la substance calcaire en y augmentant. Enfin , dans l’extrême vieillesse, cette dernière y domine tellement , quelle y étoufferait la vie , si la mort générale ne prévenait celle des os.
C’est à cela qu’il faut attribuer la couleur grisâtre que prennent alors ces organes; de là encore
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leur pesanteur toujours croissante ; de là , par conséquent, la difficulté des mouvemens des membres , puisqu’en même temps que la force des puissances musculaires diminue par l'âge, la résistance osseuse quelles ont à vaincre augmente (i).
A cette époque de la vie , la substance calcaire domine tellement clans l’économie, qu’elle se jette sur différens organes, tels que les artères, les cartilages, les tendons, qui alors prennent le caractère osseux. On dirait qu’en accumulant dans nos parties cette substance étrangère à la vie, la nature veut insensiblement les préparer à la mort.
En général, ce sont les organes dont la substance nutritive habituelle est la gélatine qui ont le plus
(i) Il se fait encore, chez le vieillard, quelques changemens importans dans le système osseux. Les os larges diminuent en général d’épaisseur. Leur tissu celluleux disparaît et les deux lames de substance compacte qu’il tenait écartées s’adossent : c’est ce qu’on voit souvent aux bosses pariétales , où cela est d’autant plus frappant que la saillie de ces bosses est alors remplacée par une dépression. Quelquefois les os larges semblent avoir augmenté de volume , parce que leur tissu est , pour ainsi dire, raréfié; des lames minces qui le traversent lui donnent cette apparence. Dans les os courts la substance compacte extérieure diminue ; les aréoles du tissu spongieux sont au contraire plus marquées. Les os longs , outre qu’ils perdent de leur épaisseur, semblent aussi éprouver un raccourcissement réel. Enfin, ]e changement de composition qui arrive dans le tissu osseux lui ôte beaucoup de son élasticité. Les os des jeunes sujets sont flexibles jusqu’à un certain point : on voit à cet âge les os longs se plier , les os larges s’enfoncer dans diverses circonstances. Les mêmes causes produiraient fracture chez un adulte, et, à plus forte raison , chez le vieillard. (Béclas-d. )
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de tendance à se mettre en rapport avec la substance calcaire, et par conséquent à s’en encroûter. Voilà pourquoi les cartilages s’ossifient plus particulièrement; pourquoi, ceux des sutures disparaissant, les os du crâne deviennent continus; pourquoi le larynx est enfin tout osseux; pourquoi les cartilages des côtes sont souvent aussi solides que les côtes elles-mêmes; pourquoi souvent plusieurs vertèbres unies entre elles forment alors une masse continue plus ou moins considérable. Je remarque cependant que les artères, qui ont tant de tendance à l’ossification, ne sont pas si manifestement gélatineuses que'bien d’autres substances qui s’ossifient beaucoup moins facilement, que les tendons , par exemple.
§ III. Phénomènes particuliers du développement du Cal .
Itien de plus facile, d’après ce qui a été dit jusqu’ici sur la nutrition osseuse, que de concevoir la formation du cal. On sait qu’elle présente trois périodes : i° le développement des bourgeons charnus, V leur transformation en cartilage, 3° le changement de ce cartilage en os. Ce triple phénomène se passe dans un espace de temps qui varie suivant l’âge, le mode de fracture, l’espèce d’os, etc. , mais qui, en général, est plus long que celui des autres cicatrices (i).
(1) Dans la formation du cal, véritable cicatrice osseuse, il y a production d’une portion de tissu osseux qui forme le
Le développement des bourgeons charnus est un phénomène commun à toute espèce d’organe qui a éprouvé une solution de continuité, et dont les bords de la division ne sont pas en contact immédiat. Ici ces bourgeons naissent de toutes les parties de la surface divisée, du périoste, des tissus compacte et celluleux, de celui-ci spécialement. Ceux d’un côté s’unissent à celui du côté opposé. Jusque là la cicatrice osseuse ne diffère nullement de celle des autres parties. Cet état correspond à l’état muqueux de l’ossification naturelle. Comme les bourgeons charnus ne sont que l’extension du parenchyme nutritif, ils en ont les forces vitales ; leur sensibilité organique suit les mêmes lois que dans la nutrition ordinaire ; elle commence d’abord à se mettre en rapport avec la gélatine; celle-ci y est donc exhalée : alors commence l’état cartilagineux ; alors la cicatrice osseuse prend un caractère
moyen d’union des deux parties séparées; cet os accidentel passe réellement par toutes les phases que parcourent les os dans leur formation régulière , depuis l’état muqueux jusqu’à l’etat osseux complet.. Sans entrer ici dans les détails propres à montrer l’inexactitude de la théorie du cal proposée par Bichat , et sans m’arrêter à établir , d’une part , que les bourgeons charnus ne naissent sur l’extrémité des fragmens d’un os fracturé que lorsque la solution de continuité est partagée par les chairs extérieures , et, d’autre part, que les bourgeons charnus ne s’ossifient point eux— mêmes , tandis que cela arrive seulement à la matière qu’ils sécrètent, qu’il me suffise de faire remarquer que tout ce travail s’accompagne d’une série de phénomènes fort intéressans, pour les détails desquels je renvoie à la note de Béclard placée plus bas , iil’articîe Anatomie pathologique. (F* Blandin.)
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propre, et qui la distingue de celle des autres organes.
Au bout d’un temps plus long, la sensibilité organique s’accroît dans le parenchyme de cicatrisation que forment les bourgeons charnus : alors ceuxci se trouvent en rapport avec la substance calcaire , qui arrive à l’os, et que jusque là ils repoussaient; ils l’admettent clone, ainsi que la portion rouge du sang, qui la précède toujours dans toute espèce d’ossification.
On voit par là que le cal est cellulaire et vasculaire dans la première période; que, dans la seconde, il contient du tissu cellulaire et des vaisseaux, plus de la gélatine; que, dans la troisième, il présente du tissu cellulaire, des vaisseaux, de la gélatine, plus de la substance calcaire.
Il n’a point les formes régulières de l’os sain , parce que, le parenchyme de cicatrisation naissant irrégulièrement sur les surfaces osseuses, l’exhalation et l’absorption de la gélatine ne peuvent se faire cl’une manière précise et uniforme. Le cal est d’autant plus gros que les bouts ont resté plus écartés, parce que les bourgeons charnus, ayant eu plus d’espace à parcourir pour se rencontrer, se sont plus étendus, et par conséquent ont absorbé plus de substance nutritive.
Si le mouvement continuel des pièces fracturées empêche de l’un et l’autre côtés les bourgeons, ou, ce qui est la même chose, les deux parenchymes de cicatrisation de se réunir, alors, malgré l’exhalation des substances nutritives dans chacun d’eux,
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l’os reste désuni; et de là les articulations contre naturfc.
Le cal est difficile quand les bouts divisés et mis à nu viennent à suppurer avec les parties voisines, comme il arrive dans les fractures compliquées, parce que la formation du pus dépense les sid> stances nutritives destinées à réparer la fracture. Les considérations ultérieures sur cette production singulière appartiennent à la pathologie.
Je n’ai point exposé, dans ce chapitre , les idées des anciens, qui croyaient que les os se formaient par l’endurcissement d’un suc osseux dont rien ne démontre l’existence; celles de Haller, qui voyait le cœur se creusant des routes artérielles dans la substance osseuse, par voie d’impulsion, et durcissant cette substance par le battement des artères; celle de Duhamel, qui faisait tout dépendre du périoste. Je renvoie aux ouvrages divers qui ont mille fois exposé ces opinions.
Sans en réfuter aucune en particulier, je remarque qu’elles ont toutes un vice fondamental, celui de considérer la nutrition osseuse d’une manière isolée, de ne pas la présenter comme une division de la nutrition générale, d’admettre pour l’expliquer des raisonnemens uniquement applicables aux os, et qui ne dérivent point comme conséquences de ceux qui servent à établir la nutrition de tous les organes. Ne perdons jamais de vue ce principe essentiel et sur lequel reposent tous les phénomènes de l’économie, savoir, qu’à une multitude d’effets préside un très-petit nombre de causes. Défiez-vous de toute explication qui est partielle, tronquée, qui
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circonscrit les ressources de la nature suivant les bornes de notre faible intelligence.
§ IY, Phénomènes particuliers du développement des Dents (1).
Les dents, différentes en partie par leur tissu des autres os, ont aussi un mode particulier de nutrition que nous allons examiner. Mais comme sa connaissance suppose celle de la structure générale des dents, il est bon d’exposer ici cette structure, en renvoyant leur description à l’examen des os de la face.
Organisation des Dents,
Les dents sont formées pai*deux substances, l’une extérieure, d’une nature particulière, et qu’on appelle X émail; l’autre intérieure, qui en est comme la base , et dont la texture est la même que celle des autres os. De plus, elles ont une cavité moyenne qui renferme une substance spongieuse encore peu connue.
(1) J’ai déjà dit précédemment que les dents ne sont point des os, mais des productions muqueuses analogues aux ongles , aux poils , etc. , et différentes des os par leur position à l’extérieur du corps, leurs connexions, leurs formes, leur structure , leur développement et leurs usages : cependant , comme Bicliat les a examinées à l’occasion du système osseux , je placerai ici, et successivement , quelques notes qui me paraissent nécessaires.
(F. Blandin.)
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Portion dure de la Dent .
L’émail de 3a dent ne se voit qu’autour de la couronne : plusieurs anatomistes prétendent qu’il se propage aussi -un peu sur la racine, fondés sans doute sur l’extrême blancheur qu’a souvent cette racine dans certaines dents détachées, et qui fait qu’on ne distingue aucune ligne de démarcation. Mais alors une expérience très-simple établit cette démarcation : elle consiste à faire macérer la dent dans l’acide nitrique affaibli par une certaine quantité d’eau. Cet acide attaque aussitôt et la racine et la couronne, qu’il ramollit; mais l’une jaunit comme presque toutes les substances animales traitées par lui, tandis que l’autre garde sa couleur, devient même plus blanche. (?ette expérience prouve aussi que leurs natures respectives diffèrent essentiellement.
L’émail, épais à la partie libre de la couronne, s’amincit à mesure qu’il s’approche de la racine, disposition que nécessite son usage, qui est de garantir la dent, et de supporter principalement les efforts de la mastication, lesquels se passent spécialement sur la partie libre de la couronne.
Cette substance, dure, compacte, surtout quand elle a resté long-temps à l’air, ne cédant qu’avec peine à Faction de la lime, est composée de fibres très- rapprochées, dont on ne peut suivre la direction. L’huile médullaire ne paraît pas la pénétrer; elle ne brûle point, mais s’éclate par l’action du feu, et se sépare ainsi de l’autre substance, qui,
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exposée à la chaleur, noircit d’abord, puis brûle comme les autres os, et en répandant la même odeur.
L’émail est-il organisé, ou n’est-il qu’un suc qui, suintant d’abord de la surface externe de la dent 7 s’y endurcit ensuite et s’y concrète? Cette question ne me paraît pas facile à résoudre. L’émail a en effet des attributs qui semblent également favorables à ces deux opinions. D’un côté, il est sensible comme tout ce qui est organique; il nous donne bien plus manifestement que les cheveux et les ongles la sensation des corps qui le heurtent. Les acides affaiblis, ceux tirés des végétaux spécialement, exaltent tellement sa sensibilité, que le moindre contact devient très-douloureux long-temps après leur usage : les dents sont alors, comme on le dit, agacées. D’un autre côté, l’émail a une foule de caractères qui semblent y dénoter une absence d’organisation. i°. Il ne s’enflamme point, ne devient le siège d’aucune tumeur, d’aucune altération qui ramollisse son tissu; il n’éprouve aucune altération qui, y exaltant la vie, la rende plus sensible que dans l’état naturel, comme il arrive par exemple aux cheveux, qui, ordinairement inertes, prennent une activité vitale très-énergique dans la plique polonaise. Souvent, en effet, nous jugeons de la vitalité des organes plus par leurs altérations morbifiques que par leur état naturel. 20. 11 paraît qu’il ne se fait point dans l’émail d’exhalation et d’absorption alternatives des matières nutritives, ou du moins sensiblement. Le frottement use cette substance sans qu’elle se répare de nouveau ; cela est remarquable dans les vieillards,
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dans les gens qui grincent souvent les dents. On sait qu’on lime l’émail comme un corps inorganique, et qu’il ne se reproduit point , tandis que les cheveux, les ongles croissent manifestement lorsqu’ils sont coupés. Limez l’extrémité sciée d’un os> long dans une amputation; bientôt les bourgèons charnus naîtront de la surface limée; l’action de l’instrument sera un aiguillon qui y développera les phénomènes vitaux.
La portion osseuse de la dent en compose toute la racine et le dedans de la couronne ; elle n’est formée que par du tissu compacte, très-dense, très*, analogue à celui du rocher. Le tissu celluleux: lui est étranger. Les fibres, très-serrées les unes contre les autres, ont des directions variées, difficiles à saisir, mais qui, en général, suivent bj même sens que les racines; il faut, pour bien voir cette direction, faire ramollir les dents dans, un acide.
Chaque dent présente une cavité située dans la couronne, de même forme qu’elle , diminuant toujours de diamètre à mesura que l’on avance en âge , communiquant en dehors par de petits conduits dont le nombre égale celui des racines distinctes de la dent , et qui s’ouvrent au sommet de ces racines. Cette cavité est tapissée d’une membrane très-mince où se ramifient les vaisseaux, et qui par sa face opposée revêt la pulpe.
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Portion molle de la Dent.
Celle-ci est une substance spongieuse, qui parait formée par l’entrelacement des vaisseaux et des nerfs propres à chaque dent, mais dont la nature n’est point encore bien connue : seulement on sait qu’elle jouit d’une sensibilité animale très-prononcée, égale au moins à celle de l’organe médullaire. Cela est prouvé, i° par les douleurs des dents cariées où la pulpe est à nu, douleurs qui sont, comme on le sait; extrêmement vives; P par l’introduction d’un stylet dans l’ouverture de la carie , introduction qui, insensible d’abord, devient cruelle lorsque l’instrument arrive à la pulpe; 3° par l’ouverture d’une alvéole dans un très-jeune animal dont la pousse des dents est encore éloignée. A cet âge la pulpe est très-considérable, et la dent, petite à proportion, est facile à enlever de dessus sans l’intéresser, parce qu’elle n’a point encore de racine, et que l'ouverture de la base de la couronne est très-large. Si on enlève donc la dent, et que la pulpe, ainsi mise à découvert, soit irritée d’une manière quelconque , l’animal donne les marques de la plus vive douleur. J’ai fait plusieurs fois cette expérience, toujours très-facile à cause du peu d’épaisseur des lames osseuses qui forment alors les alvéoles.
Les dents ont des sympathies remarquables , et qui portent non sur leur portion solide, mais sur la pulpe. Comme celle-ci est beaucoup plus grosse
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proportionnellement dans le premier âge; qu’elle est presque la partie dominante dans la dent, ces sympathies sont alors et plus nombreuses et plus marquées. Dans ces sympathies, tantôt ce sont les propriétés animales, tantôt les organiques, qui sont mises en jeu.
Les sympathies de sensibilité animale se manifestent dans les douleurs dont les dents deviennent le siège par Faction du froid ou de l’humidité sur le système cutané; dans celles produites à la face, à la tête , par la carie d’une dent. Fauchart cite l’exemple d’une migraine rebelle depuis long-temps, et que l’extraction d’une dent fit disparaître sur-lechamp. La sensibilité de l’oreille, des yeux, est altérée dans certaines odontalgies violentes, etc. La contractilité animale est aussi mise en jeu dans les sympathies dentaires; rien de plus fréquent, dans la dentition, que les convulsions des muscles volontaires. Tissot parle d’un spasme des muscles de la mâchoire qui fut guéri par l’extraction de deux dents cariées, et d’une convulsion aux muscles de la gorge qui occasiona la mort, et dont la source primitive était dans une dent gâtée, etc., etc.
Les sympathies organiques ne sont pas moins souvent déterminées par les affections des dents. Les v .. ussemens spasmodiques, les diarrhées, la fréquv Vice jflu pouls, souvent les évacuations involontaires de l’urine, phénomènes auxquels préside la contractilité organique sensible de l’estomac, des intestins, du cœur, de la vessie, sont les fréquens effets des dentitions, de la première surtout, des douleurs violentes des dents, etc. La contractilité
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organique insensible, la sensibilité organique sont mises sympathiquement en activité dans les engorgemens de la parotide , dans le gonflement général de la face, dans la sécrétion augmentée de la salive, quelquefois dans les érysipèles qui se manifestent par une affection aiguë des dents.
Souvent les sympathies dentaires ont lieu entre les dents correspondantes de la meme rangée ou des deux rangées. J’ai la première grosse molaire supérieure du coté gauche un peu cariée; de temps à autre elle me fait beaucoup souffrir: or, toujours alors la première molaire du côté droit devient aussi douloureuse, quoique.intacte. 11 est d’autres cas où , une dent souffrant en bas, des douleurs sympathiques se manifestent dans celle qui est au-dessus, et réciproquement.
La structure des dents étant exposée, voyons comment leurs diverses substances se développent. Ce point de la nutrition osseuse me paraît avoir été exposé peu clairement par tous les auteurs : je vais tâcher de mieux le développer. H y a deux dentitions : l’une est provisoire et se borne au premier âge , l’autre appartient à toute la vie ; chacune doit être considérée avant, pendant et après l’éruption.
Première Dentition considérée avant ï éruption.
Les phénomènes de la dentition sont ceux-ci , avant l’époque de l’éruption : les mâchoires du fœtus sont fermées tout le long de leur bord libre ; elles paraissent homogèpes au premier coup d’œil;
Aîut. gén, ï. m. B
mais examinées dans leur intérieur, elle# présentent une rangée de petits follicules membraneux, séparés par de minces cloisons , logés dans des alvéoles, arrangés comme les dents auxquelles ils doivent servir de germe, et ayant la disposition suivante :
La membrane qui sert d’enveloppe au follicule forme un sac sans ouverture (i) qui tapisse d’abord toutes les parois de l’alvéole, auxquelles il tient par des proiongemens. Arrivé à l’endroit où pénètrent les vaisseaux et les nerfs, ce sac abandonne l’alvéole, devient libre, se replie, forme un canal qui accompagne le paquet vasculaire et nerveux, et
(i) Après l’éruption des dents, il est évident que le follicule de ces ostéides offre beaucoup d’analogie avec celui des poils ; en effet, il se continue , près de son goulot, avec la membrane tégumentaire buccale , dont il peut être considéré comme une simple dépression. Avant l’éruption des dents, au contraire, l’analogie existe déjà réellement , mais elle n’est pas aussi claire , et, comme on le Voit , elle a été méconnue par Bicbat , qui représente la membrane propre du follicule comme formant un sac sans ouverture. Aujourd’hui , et spécialement depuis les travaux sur ce sujet de M. Delabarre, il est reconnu que le follicule dentaire , du côté du rebord gengijval , est uni à la muqueuse par un prolongement canaliculé qui établit réellement une continuité d’une part entre la cavité buccale et celle du follicule , et de l’autre entre la muqueuse gengivale et la membrane dentaire. Ce canal, fermé par la contiguïté de ses parois dans les premiers temps , et dilaté plus tard par la dent qui le parcour pour se potier au-dehors , représente réellement le goulot , mais le goulot très-aliongé de ce follicule particulier.
( F. Blandin. )
Dfrwiné par Cha/caL.
si. ff. £ pierre-
(Tora/ili , pag. u^et suiv).
Planche G.
Fig. i. Dent incisive coupée suivant sa longueur, pour faire voir la cavité papillaire a.
Fig. 2. Dent canine coupée suivant sa longueur clans le même but.
Fig. 3. Dent molaire coupée transversalement et dans le même but. a La cavité , b l’émail.
Fig. 4- La même coupée perpendiculairemeut.
Fig. 5. Germe d’une dent molaire renfermée dans son follicule qu’on a distendu, et présentant les premiers noyaux osseux .
Fig . 6. Coupe d’une dent molaire pour faire voir la structure du follicule dentaire , et la manière dont la membrane extérieure s’introduit dans la cavité , d’après Bicbal.
Fig. 7. Coupe verticale d’une dent canine avec la disposition de ses membranes, d’après M. Delabarre.
Fig. 8. Dent molaire sciée verticalement , pour montrer la pulpe qui remplit sa cavité et la distribution de ses vaisseaux et nerfs.
Fig. g. Mâchoire inférieure d’un enfant chez lequel la première dentition est complète. On voit derrière le bord alvéolaire des trous ( iter dcntis ) qui communiquent avec les alvéoles de la deuxième dentition.
Fig. 10. Moitié de la mâchoire inférieure d’un enfant de sept ans. La dent * de la deuxième denti-
tion est entièremei c latérale b est déjà très-
apparente ; la canine c et les deux petites molaires d , e , sont encore au-dessous des dents qu’elles doivent remplacer ; la première grande molaire persistante est sortie ; la deuxième g est encore dans son follicule ; la troisième h est encore loin de sortir ; l’artère dentaire i se distribue aux dents de l’une et de l’autre dentitions.
Fig. 1 1 et suiv. Phénomènes et progrès de la destruction des dents de la première dentition à mesure que celles de la deuxième prennent de l’accroissement. — - A. La dent temporaire a est encore intacte ; la dent de deuxième dentition b est encore enveloppée dans le follicule, qui se prolonge jusqu’à la gencive. — B. La racine de la dent temporaire a est en partie détruite ; le sommet de la dent de remplacement pointe déjà hors de Viter dentis. — G. La racine de la dent temporaire est presque entièrement usée ; la couronne de la dent de remplacement est hors de l’alvéole. — Âa , Bb , Gc , phénomènes de la destruction progressive des cloisons alvéolaires dans les cas précédens. — D, E, F, G, les mêmes phénomènes de destruction des racines des dents temporaires considérés relativement aux dents molaires. — a, a, ci, a ; dents molaires de remplacement se développant entre les racines de la dent temporaire correspondante, et finissant par chasser la couronne.
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s’épanouit ensuite sur la pulpe de la dent qui termine le paquet.
Il résulte de là que cette membrane a la conformation générale des membranes séreuses, celle, comme on le dit, de ces espèces de bonnets dont on s’enveloppe la tête pendant la nuit. Elle a deux portions, l’une adhérente et tapissant l’alvéole, l’autre libre et recouvrant la pulpe, comme, par exemple, la plèvre a une portion costale et une pulmonaire (i). La pulpe et les vaisseaux, quoique
(î) Le follicule dentaire se compose de deux clioses i i° de la membrane qui forme ses parois ; 2° de la pulpe , ou mieux de la papille , sur laquelle est formée la dent. La membrane du follicule est elle-même formée par la superposition de deux feuillets, l’un, extérieur , fibreux , doit adhérer plus tard à l’alvéole , c’est le périoste alvéolo-dentaire et le derme de la membrane muqueuse buccale déprimée en follicule au niveau des dents; l’autre, intérieur , villeux et vasculaire , forme immédiatement la cavité du follicule. Ces deux feuillets associés s’étendent jusqu’à la base de la papille , vers le point par lequel celle-ci reçoit les vaisseaux et les nerfs qui forment son pédicule ; mais ni l’un ni l’autre ne se réfléchissent réellement sur la papille, comme Bichat le. suppose ici. Ce qui a pu abuser ce physiologiste , c’est que le tissu de la papille est continu avec celui du feuillet interne du follicule. La papille ou pulpe dentaire , partie essentiellement nerveuse et vasculaire , est une expansion qui naît du fond du follicule ; c’est une papille analogue à celles que l’on trouve dans tous les points des membranes tégumentaires , mais seulement plus développée , en raison des attributions spéciales qu’elle a reçues ; elle est analogue à la papille] des poils et des plumes.. Le sommet de la papille dentaire présente autant de bourgeons que la dent doit avoir de cuspides ou d’éminences de la couronne.
(F. Blandin.)
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renfermés dans sa duplicature, se trouvent donc vraiment hors de la cavité, qu’une simple rosée lubrifie. J’ai trouvé que cette rosée était , comme celle des membranes séreuses , de nature essentiellement albumineuse (i) ; l’action de l’acide nitrique, celle de l’alcool, celle du feu , le prouvent incontestablement. Soumise à l’action d’un de ces agens , surtout du premier, la membrane blanchit tout à coup ; la couche d’albumine qui la recouvre devient concrète et coagulée, comme quand on fait une semblable expérience sur une surface séreuse.
La pulpe, très-grosse à cet âge, se trouve suspendue , comme une grappe de raisin , à l’extrémité des vaisseaux et des nerfs.
C’est sur la portion pulpeuse de la membrane du follicule , et à la surface de son extrémité flottante, que se développe le premier point osseux; il s’étend bientôt, et prend exactement la forme dû sommet de la couronne que par la suite il doit former, c’est-à-dire qu’il est quadrilatère sur les molaires, pointu sur les canines, taillé en biseau sur les incisives (2). Développé d’abord du côté des gencives , il
(t) Le liquide de la cavité du follicule diffère, à beaucoup d’égards, de celui des membranes séreuses: il a plus de consistance et de viscosité ; sa couleur est d’un jaune plus foncé ; mais surtout il jouit de propriétés acides tout-à-fait spéciales, propriétés qu’il parait devoir à la présence de l’acide lactique de Berzélius. ( F. Blandin. )
(2) Dès le moment où la partie osseuse de la dent se forme sur le sommet de la papille , elle présente la même ligure partout ; c’est toujours un petit chapiteau conique , et creux du