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DEVELOPPEMENT DU SYSTÈME CARTILAGINEUX

Les systèmes osseux et cartilagineux sont confondus dans l’embryon; à mesure que le premier se développe, le second se rétrécit : celui-ci a bien manifestement pour base principale la gélatine; je ne reviendrai pas sur les preuves qui Font démontrée dans le système osseux.

J’ai montré , en pariant de ce dernier système , comment le parenchyme cellulaire et vasculaire , existant d’abord seul et constituant l’état muqueux, se pénètre ensuite de cette base; ce qui forme le

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cartilage : le mode primitif de formation de ce système d’organes est donc déjà connu. Voyons comment son développement continue.

§ Ier. État du Système cartilagineux dans le premier

âge.

A mesure que l’ossification envahit l’os , que la gélatine s’y porte par conséquent en moindre quantité , il semble quelle afflue plus abondamment aux surfaces articulaires ; car les cartilages qui s’y trouvent perdent alors leur mollesse primitive , et prennent une consistance toujours croissante. Cependant bien plus de gélatine disparaît de dedans les os , qu’il ne s’en introduit dans les cartilages ; en sorte qu’on peut dire que cette substance va toujours en diminuant, 'proportionnellement aux organes , à mesure qu’on avance en âge. On sait que ce sont spécialement les parties des jeunes animaux qu’on choisit pour faire les colles, les gelées, etc. Les cartilages articulaires, à cette époque, présentent un phénomène que j’ai fréquemment constaté dans mes expériences : quand on les met macérer dans l’eau pendant deux ou trois jours , ils prennent une couleur rouge extrêmement marquée. Cette couleur ne pénètre pas profondément; mais si on coupe en plusieurs endroits le cartilage de manière à mettre aussi son intérieur en contact avec le fluide, il rougit en totalité. Les cartilages d’ossification présentent le même phénomène, qui devient moins sensible à mesure qu’on avance en âge; en sorte que, chez, la plupart des adultes, les cartilages

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conservent leur couleur blanche par la macération. Chez quelques-uns cependant ils* prennent encore une teinte rosée, qui du reste est toujours infiniment moins vive que dans le fœtus. D’où naît ce phénomène ? L’eau donne-t-elle au cartilage la cause de sa coloration , ou lui enlève-t-elle par dissolution certaines substances qui empêchaient cette coloration de se développer ? Quoi qu’il en soit, aucun des organes de l’articulation ne rougit ainsi; tous, au contraire, la synoviale, les ligamens, etc., deviennent plus blancs.

Il n’y a ordinairement aucune démarcation sensible entre le cartilage qui doit devenir os , et celui qui doit rester tel; quelquefois cependant, d’un côté, on remarque une couleur plus terne à l’extrémité des os , tandis que, d’un autre côté , jamais on n’y découvre les stries rougeâtres qu’il est si fréquent de voir irrégulièrement disséminées dans les cartilages d’ossification.

Tant que l’ossification dure, il y a, entre le cartilage et la portion osseuse déjà formée , une couche vasculaire très-sensible, et il est extrêmement facile de séparer ces deux portions, qu’une très-faible adhérence unit l’une à l’autre. On remarque aussi sur la surface de chacune, lorsqu’elles sont isolées, diverses inégalités, des saillies et des enfoncemens , qui se reçoivent réciproquement. C’est le défaut d’adhérence des deux portions osseuse et cartilagineuse, avant la complète ossification, qui a sans doute donné lieu à tout ce qu’on a écrit sur le décollement des épiphyses; décollement que les obser-

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vations des chirurgiens de nos jours ont rarement constaté (i).

À mesure que la substance calcaire arrive aux extrémités de l’os , les vaisseaux disparaissent peu à peu , et les adhérences vont en croissant. Enfin , l’ossification étant achevée, d’un côté il n’y a plus de réseau vasculaire sensible entre le cartilage et l’os ; d’un autre côté , leur union est telle que toute rupture est presque impossible entre eux. Ces deux caractères distinguent spécialement le rapport du cartilage d’ossification avec l’os , d’avec le rapport du cartilage réel avec le même os. J’ai remarqué aussi que , presque toujours , au-dessus de son union avec la portion osseuse, le cartilage d’ossification présente une blancheur moindre , une teinte plus foncée qui s’étend l’espace de deu£ ou trois lignes , et dont la différence est souvent très-marquée : c’est le prélude de l’abord du sang. Cette

(i) Le décollement des épiphyses a été souvent observé depuis Bichat. Il survient dans deux circonstances différentes : tantôt il est le produit de faction d’une violence extérieure,, tantôt il succède à une inflammation qui s’est emparée de cette lame cartilagineuse que l’on s’observe au niveau des épiphyses aussi long-temps que dure l’accroissement des os en longueur. J’ai fréquemment eu l’occasion de voir cette seconde variété du décollement des épi— pbyses sur les phalanges des doigts et des orteils ; et plus d’une fois, dans des os de ce genre, lorsqu’il s’est agi de faire les amputations phalangiennes, ou métacarpo ou métatarso-phalangiennes, l’instrument tranchant est tombé directement entre l'épiphyse et la diaphyse de la phalange inférieure , au lieu d’arriver dans l’articulation elle-mèmc , articulation qu’ensuile il a fallu désunir.

( F. Blandijn'. ) i5

À N AT Gés, î. 111.

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disposition est étrangère au cartilage d’encroûtement chez l’adulte.

On attribue communément aux mouvemens artb culaires le défaut d’ossification des cartilages des articulations mobiles ; mais je crois que cela dépend uniquement des lois de la nutrition osseuse. La nature borne là l’exhalation du phosphate calcaire, comme elle borne à l’origine d’un tendon l’exhalation de la fibrine du muscla qui lui correspond : c’est parce que le mode cle sensibilité organique change , et que les vaisseaux du cartilage ne sont plus en rapport ni avec la partie rouge du sang, ni avec la substance calcaire. En effet, en supposant vraie l’hypothèse précédente, pourquoi les cartilages des articulations immobiles existent-ils? Pourquoi le nîouvement , qui favorise ailleurs les exhalations et les sécrétions, empêcherait-il ici les premières? Pourquoi les ossifications contre nature se font-elles clans les parties les plus mobiles , comme les artères nous en fournissen-t un exemple ? Pourquoi , dans plusieurs ankylosés où les surfaces articulaires s’unissent , et où le mouvement se perd , les cartilages ne disparaissent-ils pas (1) ?

(1) Je crois bien plutôt que le défaut d’ossification des cartilages diartbrodiaux , dans les circonstances ordinaires , dépend de la pression forte à laquelle ils sont soumis/ En effets pour que le cartilage , substance organisable , bien plus qu’organisée, s’ossifie, il a besoin de vaisseaux; or ces vaisseaux ne peuvent se former qu’à la faveur de la raréfaction de la matière cartilagineuse; et dans les conditions de pression où sc trouvent les cartilages diartbrodiaux , cette raréfaction est fort difficile.

( E, BwDm. )

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Les cartilages des cavités ont un mode d’origine, de développement et de nutrition , parfaitement analogue à celui des cartilages articulaires. J’observe que leur tissu diffère , ainsi que le tissu de ceux-ci, de celui des cartilages d’ossification , en ce que ces derniers sont parcourus par diverses lignes grisâtres, qu’ils ne présentent point. Lorsqu’on coupe les cartilages d’ossification dans un sens quelconque, leurs surfaces divisées offrent différens petits points qui sont les extrémités coupées de ces lignes , lesquelles paraissent être des vaisseaux qui , sans charrier encore du sang, contiennent cependant un fluide plus foncé que le tissu cartilagineux.

§ IL État du Système cartilagineux dans les âges 'suivons .

A mesure qu’on avance en âge, les cartilages deviennent plus durs, plus forts-, moins élastiques. La gélatine qui les nourrit prend un caractère particulier ; car on sait que les colles tirées des jeunes animaux diffèrent essentiellement de celles que fournissent les vieux : les cuisiniers savent trèsbien faire la différence d’un pied de veau et d’un pied de bœuf, pour les gelées qui entrent dans leurs assaisonnemens. Cette différence, dans la substance qui compose essentiellement les cartilages et qui est sans doute leur matière nutritive, indique manifestement qu’elle ne reste pas toujours dans ces organes, mais qu’elle y est habituellement exhalée et absorbée, comme le phosphate calcaire dans les os, la fibrine dans les muscles, etc., etc.

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Dans les dernières années de la vie, russification s’empare de tons les cartilages; mais elle commence d’une manière inverse dans ceux des cavités et dans ceux des articulations. Dans les premiers, c’est par le centre ; dans les seconds , c’est par leur surface qui correspond à l’os , quelle se fait d’abord ; en général, elle est beaucoup plus tardive dans ceux-ci ; et, parmi eux, elle est plus tardive dans les articulations mobiles que dans les immobiles (i).

Les cartilages du larynx et des côtes sont osseux, dans leur centre dès l’âge de trente- six à quarante ans, et même bien avant; ils le deviennent ensuite de plus en plus : c’est ce qui rend la section du thyroïde très-difficile dans les derniers temps de la vie. Dans le grand nombre d’opérations que j’ai fait manœuvrer aux élèves, j’ai toujours eu occasion de me convaincre que, au-delà de soixante ans , le bistouri à trempe ordinaire est presque toujours insuffisant pour cette section; il faudrait une trempe beaucoup plus forte. C’est l’ossification des; cartilages costaux qui fait que les vieillards ne sont plus susceptibles de ces grands efforts d’inspiratiou si communs aux jeunes gens : chez eux le diaphragme agit spécialement. J’attribue aussi à cette ossification précoce des cartilages des cavités , ossification qu’accompagne toujours le développement

(i) En décrivant la formation des os, j’ai parlé des ebangemens que subissent les cartilages qui les représentent, lorsqu’ils tendent à l’ossification ; des modifications semblables se remarquent, seulement plus tard , dans les cartilages improprement appelés pcrma iwns. ( F. Blandin. )

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du système vasculaire, la fréquence bien plus grande de la carie dans ces sortes de cartilages que dans tous les autres. Je ne sais pourquoi , au lary nx , les arythénoïdes sont les plus exposés à cette affection ; mais, dans les ouvertures de cadavres , c’est un fait constant : toutes les phthisies laryngées avec carie que j’ai observées sur le cadavre me l’ont présenté (i).

§ Ï1L Développement accidentel du Système cartilagineux .

Le système cartilagineux, comme le système os- .seux, se développe souvent dans des organes auxquels il est naturellement étranger. Mais il y a cette «différence, que, pour le système osseux, ce phénomène paraît être un effet de l’âge ; au lieu qu’il n’est jamais, pour le cartilagineux, qu’un effet maladif (2). Rien de plus commun que de trouver des

(1) Les cartilages passent d’autant plus promptement à l’état

osseux, qu’ils remplissent des fonctions plus actives dans l’organisme , et que par suite ils sont soumis à une plus vive irritation : telle est la raison de l’ossification prompte des cartilages costaux , surtout du premier; voilà pourquoi les pièces solides du larynx et de la trachée présentent promptement le même phénomène. Les cartilages arythénoïdes, en particulier, s’ossifient de bonne heure, parmi les pièces laryngées , parce qu’en raison de leur union aux lèvres de la glotte , ils sont dans un mouvement continuel , soit pour la respiration , soit surtout pour la production des différens sons. • (F. Blandin. )

(2) Le fait signalé par Bichat, que la formation des cartilages après la naissance réclame nécessairement des influences morbides, tandis qu’il en est autrement pour les formations osseuses,

noyaux cartilagineux clans les tumeurs squirrheuses, cancéreuses, etc., au milieu de ces productions morbifiques si fréquentes où nos parties prennent un aspect larclacé, dans le poumon ou dans le foie engorgés ,etc. Je ne sais pourquoi la membrane propre de la rate a une tendance extrême à s’encroûter de gélatine : c’est peut-être de tous les organes celui où les cartilages accidentels sont les plus fréquens. Ordinairement c’est par plaques irrégulières que 3e développement cartilagineux s’y manifeste ; quelquefois il envahit toute la membrane, qui présente -alors une surface convexe analogue aux surfaces convexes des articulations mobiles , et que le péritoine revêt, comme celles-ci sont recouvertes par la synoviale; La rate ainsi cartilagineuse au dehors

est digne de la plus sérieuse attention. Il sera compris -facilement par toutes les personnes qui ne perdront pas de vue cet autre fait que nous avons énoncé plus liant : que l'état cartilagineux est une -des formes les plus rudimentaires que revcte la matière organique, forme qui succède immédiatement à celle que l'on appelle muqueuse. En effet, à, la naissance , l’organisation générale est très-avancée, il ne reste plus rien de la masse muqueuse primitive d.c l’embryon , et par conséquent il n’y a rien qui puisse , en s’élevant d’un degré d’organisation, subir la forme cartilagineuse. Toutes les métamorphoses de ce genre qui devaient avoir lieu sont réalisées. Une irritation anormale de quelque point du corps peut seule donner lieu à une formation accidentelle de matière mucosogélatineuse, pomme cela arrive souvent, etpréparer ainsi une organisation de cartilage. Il en est autrement 4u tissu osseux : état de la matière organique plus éleyq dans l’échelle , ce tissu succède à celui des cartilages que l’on rencontre dans beaucoup de points pendant une grande partie de la vie , et qui là , par conséquent , se présente naturellement à l’ossification. ( F. Blandin. )

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peut-eîîe se prêter aux changemens de volume quelle éprouve souvent? Je l’ignore.

On connaît les productions cartilagineuses mobiles et souvent libres dans lès articulations. Viennent-elles de l’ossification d’une portion de la synoviale ? Je le présume ; car souvent on les a vues tenir au cartilage par des expansions membraneuses. J’ai trouvé , Fan passé, sur un cadavre, la portion de synoviale allant du paquet graisseux qui est derrière la rotule à l’enfoncement qui sépare les condyles du fémur, presque toute cartilagineuse. Si , pendant la vie, elle se fût détachée par l’effet des mouvemens, cela aurait formé un de ces cartilages mobiles et libres. Au reste, comme je n’ai que ce fait qui me soit propre sur ce points je ne puis qu’offrir des conjectures ; d’autant plus qu’on sait que la synoviale et les membranes séreuses sont de même nature , et que cependant ces dernières ne deviennent presque jamais cartilagineuses (j).

Au reste , ces sortes de productions suivent absolument la marche ordinaire de l’ossification. D’abord cartilagineuses et sans vaisseaux sanguins, elles présentent bientôt , pour peu qu’elles soient an-

( î ) Les corps étrangers que l’on trouve isolés dans quelques articulations, ou dans quelques cavités séreuses, naissent, suivant Béclard, en deliors de la membrane correspondante , la repoussent et s’en enveloppent d’abord tout simplement ; plus tard , ils l’entraînent et s’en forment un pédicule qui les soutient suspendus près du lieu de leur naissance, jusqu’au moment où , ce pédicule se rompant, le corps en question devient tout-à-fait libre. (F. Blandin.)

dermes f un centre rouge, puis osseux , qui s’étend du centre à la circonférence , et qui finit quelquefois par envahir tout Je cartilage ; en sorte que ce sont de véritables os. Cette dernière circonstance est cependant assez rare. L’état où l’on a trouvé le plus communément ces productions est celui où elies sont osseuses au milieu et cartilagineuses à la circonférence. J’en ai rencontré une, dans l’articulation du pisiforme avec le pyramidal, qui avait le volume de la tète d’une grosse épingle, et qui , dans toute son épaisseur, était plus dure que l’ivoire (x).

(i) ANÀTGMIE PATHOLOGIQUE DU SYSTÈME CARTILAGINEUX.

§ P1'. Altérations dans les formes extérieures.

Les cartilages articulaires sont quelquefois gonflés et ramollis dans les tumeurs blanches, d’autres fois détachés en partie et pendans dans l’articulation , souvent détruits dans une plus ou moins grande étendue : cette destruction , fréquente dans les maladies des articulations, peut amener l’ankylosé. Dans certains cas, les cartilages articulaires semblent avoir entièrement disparu ^ et l’on ne trouve que des surfaces osseuses comme nées : le tissu cartilagineux s’ossifie-t-il dans cette circonstance, comme le dit Bichat , ou bien a-t-il a été détruit? C’est ce qu’il est difficile de déterminer. Ces mêmes cartilages offrent assez souvent , après des affections rhumatismales , à la suite d’engorgemens chroniques > des espèces de fibres flottantes et libres par leur extrémité : ce sont ces fibres qui semblent favorables à l’opinion de H un ter et Delassonne sur la structure des -cartilages. Le tissu cartilagineux semble se décomposer dans cette

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circonstance , à moins qu’on ne regarde cette altération comme le résultat d’une érosion partielle.

§ IL Altérations dans T organisation.

On n’a jamais eu occasion d’observer l’inflammation des cartilages ; dans aucun cas , les vaisseaux de ces parties ne sont colorés par le sang ; des fluides blancs seuls paraissent susceptibles de s’y accumuler. Cependant l’ulcération , qui n’épargne pas les cartilages articulaires , comme on vient de le voir, est un indice que l’inflammation doit s’y développer.

La dénudation et les plaies , qui , partout ailleurs , sont suivies d’inflammation, ne produisent pas cet effet dans les cartilages. Lorsqu’ils sont mis à nu dans une plaie des parties molles , celleci se réunit par adhésion ou par cicatrisation , suivant que le lambeau a été réappliqué ou non : mais le tissu cartilagineux ne participe point au travail de la réunion comme l’ont vu J. Hunter et J. Bell ; il reste isolé, recouvert par la cicatrice , sans lui adhérer aucunement. .Quand on ouvre une articulation sur un animal vivant , le cartilage ne s’enflamme point , ne rougit point, quelle que soit la durée de son exposition au contact de l’air : seulement, si on prolonge l’expérience, on voit la synoviale, rouge d’abord dans le reste de son étendue, s’enflammer aussi sur le cartilage , et la rougeur de cette membrane s’étendre peu à peu vers le centre de ce dernier. Cependant les cartilages rompus se réunisse^ , comme Autenrieth l’a reconnu le premier pour les cartilages costaux. Divers observateurs, MM. Magendie, Loî^— stein et moi-même, avons de nouveau constaté ce fait. Mais le rôle des cartilages est purement passif dans cette circonstance. Quand ceux des côtes sont fracturés , si les deux bouts restent affrontés , une virole osseuse se forme autour d’eux et les maintient en contact ; si , comme c’est le plus ordinaire , les fragmens ont chevauché l’un sur l’autre , un bourrelet , fibreux d’abord , puis cartilagineux et osseux , tenant au périehondre , remplit leur intervalle ; mais dans ce cas, comme dans l’autre, eux-mêmes sont simplement contigus. Ce n’est que chez le vieillard, quand

les cartilages sont sur le point de s’ossifier , qu’ils se réunissent, comme les os , par un véritable cal intermédiaire.

Les ulcères des cartilages diarthro diaux sont quelquefois le siège d’un travail de réparation qui ressemble, jusqu’à un certain point, à celui des plaies des^parties molles. On trouve alors des portions cartilagineuses nouvellement formées en remplacement de celles que l’érosion avait détruites. Cette altération a été prise par quelques-uns pour un vice de conformation originel : elle n’est évidemment que secondaire.

La transformation osseuse est la seule qu’éprouvent les cartilages ; mais ils l’éprouvent presque nécessairement avec l’âge, et sans presque sortir pour cela de l’ordre naturel (voyez page 196 ). Au reste , ou distingue , sous ce rapport , deux sortes de cartilages : les uns , purement temporaires , doivent s’ossifier dès les premières années; les autres, qui persistent plus longtemps, sont di!s permanens , mais seulement par rapport aux .premiers , car eux -mêmes finissent aussi par s’ossifier ; les cartilages des articulations mobiles font seuls peut-être exception. Jtylais leur ossification n’a pas lieu régulièrement ni à des époques fiçXes , comme celle des cartilages temporaires ; elle peut se faire attendre jusqu’à un âge très-avancé. Keil a vu les cartilages costaux non ossifiés sur un homme de cent trente ans ; Harvey a fait la même observation sur un autre de cent cinquante-deux. Au reste , le mécanisme de l’ossification est le même pour tous les cartilages.

§ III. Altérations dans le développement .

Le système cartilagineux est sujet à un petit nombre de vices de conformation : les cartilages costaux offrent quelquefois de ces irrégularités.

Il a été question ( page 197) du développement accidentel de ce système : nous reviendrons , dans le système synovial , sur les corps étrangers des articulations , et sur le véritable mécanisme de leur formation. Les productions cartilagineuses diffèrent, comme toutes les autres , suivant qu’elles paraissent dé-

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posées , pour ainsi dire , dans les interstices des organes , ou qu’elles sont dues à une transformation qu’a subie l’un d’entre eux. Des masses cartilagineuses isolées ont été trouvées dans diverses parties. Plus souvent encore divers organes deviennent cartilagineux. M. Laennec a rencontré dans l’urètre cette transformation : je l’ai observée dans le vagin , à la suite du renversement de la matrice; je l’ai vue également dans le prépuce, dans un cas de phimosis. ( Béclard. )

Les organes fibreux n’ont point été considérés par les anatomistes d’une manière générale : personne n’en a encore fait un système. Isolément décrits parmi les parties où ils se trouvent , ils ne peuvent offrir, dans l’état actuel de la science , aucune de ces vues grandes et si utiles à la pratique de la médecine, qui nous montrent chaque appareil organique résultant de la combinaison de différens systèmes dont nous retrouvons les analogues dans les autres appareils, en sorte que, quoique trèsdifférens par rapport à leurs fonctions, ces appa^ . reils sont cependant sujets aux mêmes maladies,

(i) Il faut convenir que cette dénomination n’est pas lieureuse; car elle s’applique visiblement à tous les tissus dont les élémens anatomiques sont disposés en séries linéaires ; et cependant, en réalité , on ne comprend sous ce nom, en anatomie générale, qu’une partie de ces organes. Ce n’est pas que les anatomistes n’aient cherché à modifier sous ce rapport le langage scientifique; mais leurs tentatives n’ont pas eu tout le succès désirable : les termes de tissu albugineux , tendineux , aponévrotique , en sont la preuve. Celui de ligamenteux ou desmeu; r, proposé parBéclard, offrirait les mêmes inconvéniens ; car il insinuerait, toul-à-fait à tort, que ce système est seulement employé, dans l’économie, à fixer les unes aux autres ou à retenir en place certaines parties.

(F. Blandin. )

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parce que des systèmes semblables entrent dans leur structure.

J’ai présenté , il y a deux ans, sur les membranes fibreuses, divers aperçus généraux qui ont ouvert la voie ; mais ces membranes ne sont qu’une division du système fibreux, qu’il faut ici considérer plus en grand.

ARTICLE PREMIER

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