DES FORME*S ET DES DIVISIONS DU SYSTÈME FIBREUX
Quoique tous les organes fibreux aient une nature absolument identique, quoique la même fibre entre dans la composition de tous, cependant les formes qu’ils affectent sont extrêmement, variables : c’est meme cette variété de formes , jointe à celle de leur position et de leurs fonctions, qui les a fait différemment dénommer , qui les a fait désigner sous les noms de tendons , d’ aponévroses , de ligamens , etc.; car il n’y a point ici de dénomination générale pour tout le système, de mot qui réponde , par exemple , à ceux de muscle , de nerf y etc.; lesquels , dans les systèmes musculaire , nerveux , etc. , donnent l’idée de l’organisation , quelle que soit la forme de l’organe. Je ne créerai point ce mot : on m’entendra facilement sans lui.
Toutes les formes fibreuses peuvent se rapporter il deux générales; Fane est la membraneuse , l’autre est celle en faisceaux. L’organe est large et mince
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clans la première; il est allongé et plus épais dans la seconde. Ainsi les muscles , les nerfs , les os euxmêmes, présentent-ils alternativement cette disposition dans leur conformation , comme on le voit dans la rétine comparée aux nerfs en cordon , dans les couches musculeuses de l’estomac, des intestins, comparées aux muscles locomoteurs; dans les os du crâne comparés à ceux des membres.
§ Ier. Des Organes fibreux à forme membraneuse .
Les organes fibreux disposés en membranes sont , i° les membranes fibreuses proprement dites , o° les capsules fibreuses, 3° les gaines tendineuses , 4° les aponévroses.
i°. Les membranes fibreuses comprennent le périoste , la dure-mère , la sclérotique , Falbuginée , les membranes propres du rein , delà rate, etc., etc. Elles sont, en général, destinées à former l’enveloppe de certains organes , dans la texture desquels elles entrent.
a0. Les capsules fibreuses, très-distinctes, comme nous le verrons, des surfaces synoviales , sont des espèces de sacs cylindriques qui se trouvent autour de certaines articulations, spécialement à celles de l’iiumérus et du fémur, dont elles assurent les rapports avec l’omoplate et l’iliaque , en embrassant l’une et l’autre surfaces de l’articulation par leurs deux extrémités.
3°. Les gaines fibreuses sont destinées à assujettir les tendons à leur passage sur les os , dans les endroits de leur réflexion , partout en général
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oii , par la contraction musculaire, ils pourraient éprouver une déviation , et par là ne transmettre qu’avec difficulté aux os le mouvement qu’ils reçoivent des muscles. On peut les diviser en deux es* pèces : les unes en effet reçoivent et transmettent les tendons réunis de plusieurs muscles , comme celles qu’on observe au poignet, au coude-pied, etc. ; d’autres, comme celles des doigts, sont destinées à un tendon isolé ou à deux seulement.
4°. Les aponévroses sont des espèces de toiles • fibreuses plus ou moins larges, entrant toujours dans le système locomoteur , et disposées de manière que , tantôt elles forment des enveloppes à diverses parties , tantôt elles fournissent aux muscles des points d’insertion : de là les aponévroses d’enveloppe et les aponévroses d’insertion. Chacune d’elles se divise en espèces.
Les aponévroses d’enveloppe sont placées tantôt autour d’un membre, auquel elles forment comme une gaine générale , ainsi qu’on le voit à la cuisse , à l’avant-bras , etc., tantôt sur certains muscles qu’elles retiennent partiellement dans leurs places respectives , comme celle qui , du petit dentelé postérieur et supérieur, va au petit dentelé postérieur et inférieur , comme l’aponévrose abdominale, comme celle située antérieurement au soléaire , derrière les muscles profonds de la 3’ambe , etc.
Les aponévroses d’insertion sont tantôt à surfaces plus ou moins larges, comme dans les attaches du triceps crural, dudroit antérieur, des jumeaux, etc.; tantôt à fibres isolées les unes des autres , et donnant attache par chacune de ces fibres à une fibre
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charnue , comme à l’insertion supérieure de l’iliaque , du jambier antérieur , etc. ; tantôt enfin enforme d’arcades; et alors, en meme temps qu’elles offrent aux muscles des points d’insertion, elles laissent passer au-dessous d’elles des vaisseaux, comme au diaphragme, au soléaire, etc.
§ IL Des Organes fibreux à forme de faisceaux.
Les organes fibreux disposés en faisceaux sont, i° les tendons, 2° les iigamens.
i°. Les tendons se trouvent à l’origine , à l’insertion ou au milieu des muscles. Ils sont ou simples, en forme de cordes allongées, comme aux péroniers , aux jambiers , et à presque tous les muscles; ou composés, comme au droit antérieur, aux fléchisseurs , etc.
2°. Les Iigamens affermissent les articulations osseuses ou cartilagineuses autour desquelles ils se trouvent. Ils sont à faisceaux réguliers , comme les Iigamens latéraux du coude, du genou, de la mâchoire , etc. ; ou à faisceaux irréguliers , comme ceux du bassin.
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§ III. Tableau du Système fibreux .
On peut, dans le tableau suivant, se représenter sous un simple coup d’œil la classification que je viens d’indiquer pour les organes fibreux :
à forme membraneuse.
Membranes fibreuses.
Capsules fibreuses.
n K -, (partielles.
Cames fibreuses < ,
(générales.
à forme de faisceaux.
, .Aponévroses
Tendons
Ligamens
h enveloppe.. / partielle.
(^générale.
insertion
(simples.
’ (composés.
en arcade, à fibres isolées.
rà faisceaux réguliers.
b faisceaux irréguliers.
Quoique les nombreux organes qui entrent dans cette classification appartiennent à des appareils trèsdifférens, quoiqu’ils semblent être disséminés çà et là dans l’économie, sans tenir aucunement ensemble , quoique tous paraissent isolés , cependant tous sont presque continus , tous se tiennent ; en sorte qu’on pourrait considérer le système fibreux comme les systèmes vasculaire et nerveux cérébral , c’est-à-dire comme ayant un centre commun d’où partent tous les organes divers qui forment ses divisions.
Ce centre commun du système fibreux me paraît Anat. gén, t. 111. 14
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être le périoste; non que je prétende que, comme le cœur ou le cerveau , il exerce des irradiations sur les organes qui en partent , mais parce que l’inspection anatomique nous montre tous les organes fibreux liés étroitement avec lui, et communiquant ensemble par son moyen : les observations suivantes en sont la preuve.
i°. Parmi les membranes fibreuses, celle du corps caverneux s’entrelace avec le périoste au-dessous de l’ischion ; la dure-mère se continue avec lui à travers les trous de la base du crâne; en s’unissant par la lame qui accompagne le nerf optique avec la sclérotique, elle joint à lui cette membrane , et leur sert d’intermédiaire. 2°. Toutes les capsules fibreuses s’entrelacent en haut et en bas de l’articulation avec le périoste, 3°. Partout où existent des gaines fibreuses, leurs fibres s’entremêlent aux siennes. 4°- Toutes les aponévroses, soit d’enveloppe, soit d’insertion, offrent un semblable entrelacement. 5°. Partout les tendons, en s’épanouissant, se confondent aussi avec cette membrane. 6°. Aux deux extrémités des ligamens elle unit aussi ses fibres aux leurs. Il n’est guère que l’albuginée , le périchondre du larynx , les membranes de la rate et du rein, qui fassent exception à cette règle générale.
Le système fibreux dqit donc être conçu d’une manière générale , c’est-à-dire, se prolongeant partout, appartenant en meme temps à une foule d’appareils organiques, distinct dans chacun par sa forme , mais se continuant dans le plus grand nombre, ayant partout des communications. Cette ma-
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nière de l’envisager paraîtra plus naturelle encore , si l’on considère que le périoste, aboutissant général des diverses portions de ce système, est lui-même partout continu, et qu’à l’endroit où les articulations le séparent , les capsules fibreuses et les ligamens servent, ainsi que nous l’avons dit, à le réunir.
On conçoit, d’après cet usage du périoste par rapport au système fibreux , quel est l’avantage de sa situation sur les os , qui lui offrent un appui solide, et par là même aux organes dont il est l’aboutissant.
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