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ORGANISATION DU SYSTEME FIBREUX

Au milieu des variétés de formes que nous venons d’examiner, l’organisation générale des organes fibreux est toujours à peu près la même. Je vais considérer ici cette organisation; je traiterai ailleurs des variétés qu’elle éprouve dans chaque partie. Elle résulte de l’assemblage d’un tissu propre et des systèmes vasculaire, cellulaire, etc.

§ Ier. Du Tissu propre à ï organisation du Système fibreux .

Tout organe fibreux a pour base une fibre d’une nature particulière, dure, un peu élastique (i) , in-

(i) Les libres du tissa fibreux, sous le rapport de l’élasticité ,

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sensible, presque pas contractile, tantôt juxtaposée et parallèlement assemblée, comme dans les tendons, les ligamens; tantôt entrecroisée en divers sens, comme dans les membranes, les capsules , les gaines fibreuses , etc., mais partout la même, partout d’une couleur blanche ou grise , d’une résistance très-marquée.

Cette résistance du tissu fibreux rend tous les organes qu’il compose propres à soutenir les plus grands efforts. Aussi ces organes sont-ils tous destinés à des usages qui nécessitent cette faculté : les ligamens retiennent avec force les surfaces articulaires en rapport; les aponévroses brident les muscles et résistent à leur déplacement; les tendons , sans cesse en butte à la contraction de ces organes , se trouvent à chaque instant placés entre la puissance énergique qu’ils représentent et les résistances plus ou moins considérables situées à l’extrémité des muscles, etc. Telle est cette résistance, que souvent elle est supérieure à celle des os eux-mêmes. On sait que , dans les efforts musculaires, la rotule, l’olécrane et le calcanéum se fracturent quelquefois: or, cela ne pourrait avoir lieu si les tendons extenseurs qui correspondent à ces divers os offraient aux contractions un tissu plus facile à déchirer.

peuvent être partagées en deux classes, comme le tissu luimême : les unes élastiques et jaunes , les autres peu élastiques et blanches. Tout ce que Bichat dit ici se rapporte aux secondes; quant à ce qui concerne les premières , voyez plus bas une note de Beclard. (F. Blandin.)

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C’est à cette résistance qu’il faut attribuer les phénomènes suivans: i° on éprouve les plus grandes difficultés à faire des luxations sur le cadavre, principalement dans les articulations communément nommées énarthrodiales ; 20 sur le vivant les efforts extérieurs suffisent rarement pour les produire : il faut que l’action efficace des muscles y soit jointe. 3°. Le supplice autrefois usité, par lequel on tirait à quatre chevaux les membres des criminels, était d’autant plus affreux , que la résistance des ligamens le faisait durer plus long-temps : presque toujours les chevaux étaient impuissans pour produire l’arrachement des membres; il fallait que l’instrument tranchant aidât à leurs efforts. 4°* Des poids suspendus à un tendon ne le rompent que lorsqu’ils sont énormes : aussi les meilleurs liens à employer dans les arts seraient-ils ceux tissus avec des organes fibreux, si la dessiccation n’enlevait à ces organes leur mollesse et leur flexibilité, si l’humidité ne les altérait, etc. 5°. On ne peut qu’avec des efforts extrêmes déchirer une aponévrose, surtout celles qui sont un peu épaisses, comme le fascialata, l’albuginée, la dure-mère, etc.

Cependant cette résistance est quelquefois surmontée dans le vivant , et la pratique chirurgicale offre en quelques cas la rupture des tendons du soléaire, du plantaire grêle, des extenseurs de la cuisse, etc. Alors, comment se fait-il. que le tissu du muscle, plus mou, ne cède jamais, tandis que celui du tendon, beaucoup plus dense , se rompt? C’est que toujours , dans ces cas, les fibres charnues sont eu contraction , par conséquent loin d’être dis-

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tendues, comme îe sont ies fibres tendineuses, qui se trouvent alors, pour ainsi dire, passives. Les portions diverses de ces fibres charnues font effort pour se rapprocher, et se rapprochent en effet; ce qui donne aux muscles une densité et une dureté égales, et meme, en certains cas, beaucoup supérieures à celles de leur tendon , comme on peut le voir en appliquant la main sur un muscle en contraction. Une preuve que ces sortes de ruptures tiennent à la cause que j’indique, c’est que si, dans un cadavre, on suspend un poids à un muscle détaché de l’os par une de ses extrémités, ce sera la portion charnue, et non la tendineuse, qui se rompra.

Le tissu fibreux a été considéré par quelques anatomistes comme étant d’une nature approchant de celle du tissu musculaire, et même comme en étant quelquefois la continuation. Ainsi ont-ils dit que le tendon ne résultait que d’un rapprochement des fibres charnues, qui, sans changer de nature, perdaient seulement leur rougeur. Ainsi les aponévroses d’enveloppe ont-elles été envisagées comme un effet de la pression des corps environnans sur les fibres charnues les plus extérieures. Pour faire voir combien peu de fondement a cette opinion , il suffit de remarquer, i° que la dure-mère, la scléro< tique, le périoste, les îigamens, sont évidemment de même nature que les tendons et les aponévroses, et que cependant ils diffèrent totalement du tissu musculaire; 20 que la composition chimique, les propriétés vitales, la texture apparente , sont entièrement différentes dans la fibre tendineuse et dans

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la musculeuse; qu’il n’y a aucun rapport entre les fonctions de l’une et de l’autre. Il y a certainement moins d’analogie entre le muscle et le tendon qui reçoit son insertion, qu’entre celui-ci et l’os qui lui fournit une attache, et dont la portion cartilagineuse s’en rapproche par sa nature. Un muscle et son tendon forment un appareil organique, et non un organe simple (i).

Quelle est la nature du tissu fibreux? On l’ignore, parce qu’on ne lui connaît pas de propriétés bien caractérisées; il n’en a que de négatives de celles dii tissu musculaire, que caractérise la contractilité, et de celles du tissu nerveux, que distingue la sensibilité. On la voit toujours dans un état passif; elle obéit à l’action qui lui est imprimée, et n’en a guère, qui lui soit propre.

Elle établit une grande différence entre les organes où elle existe, et la peau, le tissu cellulaire, les cartilages , les membranes séreuses, etc. : aussi-

( i ) Il paraîtrait mémo y avoir, suivant la remarque de Murray entre le muscle et le tendon une substance intermediaire , différente de tous les deux, et servant à les unir. Du moins, en regardant attentivement , contre le jour , la fibre tendineuse et la musculaire , on trouve que leur intervalle est demi-transparent : et il ne semble delà nature ni de l’une ni de l’autre fibre. Cette substance est d’autant plus distincte que les muscles sont mieux nourris : elle est peu apparente chez les sujets morts dans l’émaciation. La disposition des vaisseaux de ces parties est encore une raison de plus pour 11e point admettre leur continuation : ces vaisseaux 11e se prolongent pas de l’une à l’autre , mais se terminent vers leu rf point d’union , ou se recourbent en cet endroit.

'( Béclard. )

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a-t-on eut tort de rapporter toutes ces parties à une même classe désignée sous le nom $ organes blancs , mot vague qui ne porte que sur les apparences extérieures , sur des rapprochemens d’analyse encore incomplets, et nullement sur la texture, les propriétés vitales, la vie, les fonctions des organes. Fourcroy a Lien pressenti que cette division extrêmement générale devait être subordonnée aux expériences ultérieures.

Quoi qu’il en soit , voici les résultats que donne le tissu fibreux soumis à la macération , à l’ébullition , à la dessiccation , à l’action des acides, etc.

* Exposé, à la macération , dans une température moyenne, le tissu fibreux y reste long-temps sans y éprouver d’altération; il conserve son volume, sa forme, sa densité : peu à peu cette densité diminue; le tissu se ramollit, mais il ne se dilate point, ne se boursoufle point, comme on l’a dit; ses fibres alors peuvent s’écarter les unes des autres; on voit distinctement entre elles le tissu cellulaire qui les unit. Enfin, au bout d’un temps très-long, elles finissent par se changer en une pulpe mollasse et blanchâtre, qui parait homogène. Tous les organes fibreux ne se ramollissent pas de cette manière aussi vite les uns que les autres. Les tendons sont fes premiers à céder à la macération. Viennent ensuite les aponévroses: parmi celles-ci, celles qui sont formées par l’épanouissement d’un tendon se ramollissent plus vite que celles destinées à envelopper les membres , que le fascia-lata , par exemple. Les membranes fibreuses , les capsules et les gaines de même nature sont plus résistantes. Enfin ce sont

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les ligamens qui cèdent le plus tard à Faction de l’eau qui tend à les ramollir : cependant, lorsqu’ils viennent primitivement d’un tendon, comme le ligament inférieur de la rotule, ils sont plus prompts à être macérés. J’ai fait comparativement des expé~ riences sur tous ces organes : elles donnent le résultat que j’indique.

Tout organe fibreux plongé dans l’eau bouillante ou exposé à un calorique très-vif se crispe, se resserre comme la plupart des autres tissus animaux ; il se ramasse en un volume moindre que celui qu’il occupait : par là il devient plus solide, prend une élasticité qui lui est étrangère dans l’état naturel, et qu’il. perd ensuite en se ramollissant pour passer à 1 état gélatineux. En mettant toutes les parties de ce système en même temps dans une eau qu’on fait bouillir par degrés , on voit que ce ramollissement survient dans toutes au même degré , et avec à peu près la même force. Cette force, qui tend alors à faire contracter les fibres de ce système, est trèsconsidérable : elle suffit pour rompre à l’endroit de leurs attaches celles du périoste, qui s’enlève, par ce mécanisme, de dessus tous les os bouillis un peu longuement; pour faire détacher les ligamens inter-osseux, la membrane obturatrice, etc., lorsqu’on les plonge dans l’eau bouillante, avec les os auxquels ils adhèrent; pour serrer si fortement les surfaces articulaires les unes contre les autres, qu’on ne peut plus les remuer, lorsqu’on les a exposées, entourées de leur ligamens, à l’action concentrée du calorique.

Peu à peu le tissu fibreux se ramollit dans l’eau

bouillante , devient jaunâtre , demi-transparent , et enfin se fond en partie. En mettant bouillir ensemble toutes les parties du système fibreux , j’ai observé que les tendons se ramollissent d’abord , puis les aponévroses , puis les membranes , capsules et gaines fibreuses, et enfin les ligamens , qui sont, comme dans la macération, ceux qui cèdent les derniers. Plusieurs ont déjà fait cette remarque, à laquelle j’ajoute que tous les ligamens ne résistent pas également : ceux placés entre les lames des vertèbres sont les plus tenaces; ils ne prennent point cette couleur jaunâtre et cette demi-transparence communes à tout le système fibreux bouilli; ils restent blancs , coriaces ; ils paraissent contenir beaucoup moins de gélatine , et être entièrement différens par leur nature (i).

(i) Ces ligamens appartiennent, en effet, à une division du système fibreux confondue pendant long-temps avec les autres organes du même nom , mais qui en diffère par une foule de caractères : je veux parler du tissu fibreux jaune ou élastique. Il faudra donc, à l’avenir , partager le système fibreux en deux grandes classes : Tune comprendra les organes fibreux blancs ou albugineux de M. Chaussier, l’autre les jaunes ou élastiques. Cette dernière expression est peut-être plus convenable que ta première pour désigner ce genre de tissu , l’élasticité en étant le principal caractère , tandis que la couleur ne lui est pas aussi essentielle. Au reste, personne, que je sache, n’a donné de description complète de ce tissu : il n’a presque été indiqué jusqu’à ce jour que dans des leçons orales. M. Chevreul s’est, dit-on, occupé de sa composition.

Ce tissu se rencontre partout où il faut une résistance continuellement en action } une sorte d’antagonisme perpétuel , diffé-

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Exposé à l’action de l’air , le système fibreux perd sa blancheur, par l’évaporation des fluides qu’il contient; il se racornit, jaunit, devient en partie transparent , se rompt avec facilité. Quelques jours après avoir été séché, si on le replonge dans l’eau ,

rent sous ce rapport du fibreux ordinaire , dont la résistance est , pour ainsi dire , passive , et n’entre en exercice que par la distension , et du musculaire , qui ne résiste qu’autant que dure sa contraction. On la retrouve chez les animaux dans les mêmes circonstances. Le ligament cervical postérieur des quadrupèdes agit de cette manière pour s’opposer à la pesanteur, qui tend incessamment à fléchir leur tête. Une tunique de la même nature fortifie la paroi abdominale chez ces mêmes animaux , et l’empêche de céder au poids des viscères. Tout le genre des chats a un ligament élastique inséré à l’ongle , et maintenant celui-ci dans le sens de l’extension dès que l’animal ne contracte plus ses muscles pour le rendre saillant. Les écailles des bivalves , huîtres, moules, etc., s’ouvrent au moyen d’un tissu fibreux analogue , quand les muscles qui les ferment sont relâchés. Cheik l’homme, outre les ligamens jaunes des vertèbres , on doit encore ranger parmi les organes que ce tissu concourt à former la membrane propre des artères, celle des veines, des vaisseaux lymphatiques, des conduits excréteurs, celle des voies aériennes, l’enveloppe fibreuse du corps caverneux, de l’urètre, peut-être aussi celle de la rate. Toutes ces parties ont besoin d’une force sans cesse active , opposée à la distension , et qui les fasse revenir sur elles-mêmes aussitôt que l’eifort contraire cesse d’avoir le dessus.

Les fibres du tissu élastique ont la même disposition que celles du tissu fibreux blanc. Leur couleur tire plus ou moins sur le jaune ; elle est plus marquée dans le cadavre. Leur ténacité est moindre que dans l’autre tissu; leur élasticité est , au contraire , plus grande. Les vaisseaux de ce tissu sont en petit nombre.

La coction ne le résout point en gélatine , comme le tissu

il reprend se blancheur, sa mollesse et presque son apparence primitives ; en sorte qu’on dirait véritablement qu’à l’eau seule est due cette couleur blanchâtre : ce phénomène a lieu surtout dans les tendons. J’ai observé aussi sur ces derniers un autre phénomène remarquable : c’est que, quand ils ont macéré pendant quelque temps, et qu’on les expose ensuite à la dessiccation , ils ne prennent plus en séchant de couleur jaune , mais restent d’un blanc très-marqué. Sans doute que tout le système fibreux se comporte de même.

L’action des acides sulfurique et nitrique ramollit promptement le tissu fibreux ; ce premier le réduit en une espèce de pulpe noirâtre, l’autre en une pulpe jaunâtre. A l’instant où on plonge ce tissu dans l’acide , il se crispe, se resserre comme dans l’eau bouillante.

fibreux blanc. Il paraît contenir beaucoup de fibrine , jointe à un peu de gélatine et d’albumine.

Ses propriétés sont peu marquées , à part l’élasticité et la résistance qui le caractérisent spécialement. Il ne paraît point sensible , ou du moins ne l’est-il , comme le système fibreux en général , que pour certains genres d’impressions. Il s’ossifie rarement. Il a pour fonctions de servir de lien ou d’enveloppe , et de faire en même temps l’office d’un ressort , qui obéit à l’extension et revient brusquement sur lui-même une fois qu’elle ne subsiste plus. C’est ce qui est bien manifeste dans les artères : la colonne de sang qu’elles contiennent, ébranlée à chaque contraction des ventricules , étend les parois de ces canaux ; mais l’instant d’après , l’élaslicité resserre ces parois : par là le cours du sang est continu , tandis qu’il devrait être interrompu si le cœur en était l’agent unique , comme nous l’avons dit ailleurs.

( Béclard. )

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Le tissu fibreux résiste en général moins à la putréfaction que le cartilagineux ; mais il y cède plus difficilement que le médullaire , le cutané , le muqueux, etc. Au milieu de ces tissus pourris et désorganisés dans nos cadavres des amphithéâtres , on trouve celui-ci encore intact; enfin il finit par s’altérer aussi. L’eau dans laquelle il a macéré donne une odeur moins infecte que celle qui a servi à la macération de la plupart des autres systèmes.

Plus digestible que les cartilages et que les fibrocartilages , le tissu fibreux l’est moins que la plupart des autres. Les expériences de Spailanzani et de Gosse l’ont prouvé. 11 paraît qu’il cède à faction des sucs digestifs dans le meme ordre qu’à la macération , à l’ébullition : ce sont, i° les tendons, 20 les aponévroses , 3° les diverses membranes fibreuses, 4° les ligamens, lesquels sont le plus indigestes. Je remarque cependant qu’une fois que la coction a ramolli le tissu fibreux , il se digère à peu près uniformément. Ainsi les cartilages sontils d’aussi facile et même de plus facile digestion que les tendons , quand ils sont devenus gélatineux, comme Spailanzani fa expérimenté sur luimême , quoiqu’étant crus ils soient bien plus indigestes (i).

(i) Les organes fibreux forment le passage du tissu cellulaire à celui des muscles. Ils occupent un degré intermédiaire dans l’écbelle organique. Le tissu cellulaire est presque uniquement formé de gélatine ; le fibreux contient encore beaucoup de cette substance, mais, de plus, pn y rencontre de la fibrine en quantité

§ II. Des parties communes qui entrent dans l'organisation du Système fibreux .

Le tissu cellulaire existe dans tous les organes fibreux ; mais il est plus ou moins abondant, suivant que leurs fibres sont plus ou moins rappro-

plus ou moins grande. Toutefois , parmi les organes fibreux , il existe sous le rapport de l’organisation des degrés secondaires bien distincts et importons à signaler ici. Quelle’ différence , en effet, ne trouve-t-on pas entre les simples membranes fibro-cellulaires et les tissus fibreux élastiques , entre l’aponévrose cervicale , par exemple, et les ligamens jaunes des vertèbres? Les premières sont très-voisines du tissu cellulaire; ou mieux, ce sont, comme leur nom l’indique, de véritables hermaphrodites, que, dans une classification, on est embarrassé de rapporter au tissu cellulaire ou bien au tissu fibreux , ainsi que le témoignent les assertions des auteurs sous ce rapport. Les seconds sont réellement des organes fibromusculaires , que les auteurs ont aussi quelquefois rangés parmi les muscles , et que l’on considère aujourd’hui , avec beaucoup plus déraison, comme appartenant à une variété du tissu fibreux. Qu’on étudie les opinions émises à diverses époques sur la nature de la tunique moyenne des artères, et l’on se convaincra de cette vérité. Enfin , et ce trait me paraît frappant en faveur du rapproche-' ment que j’établis entre le tissu fibreux élastique et le tissu musculaire : lorsqu’une partie musculaire dans les animaux , tombe , chez l’homme, dans des conditions un peu plus rudimentaires, elle revêt le caractère du tissu fibreux élastique ; la membrane du canal aérien , musculaire chez les animaux , fibreuse chez l’homme y en est un exemple ; et d’autre part , dans l’homme lui-même , on voit quelquefois en sens inverse , comme je l’ai dit plus haut , le ligament élastique stylo-hyoïdien subir la transformation musculaire. (F. Blandin.)

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chées. Dans certains ligamens , il forme aux faisceaux fibreux des gaines analogues à celles des muscles; dans d’autres, dans les tendons, les aponévroses , etc. , on l’aperçoit avec peine ; mais partout il devient très- sensible par la macération , par les affections maladives, comme par exemple, par les fongus de la dure-mère , par le carcinome du testicule qui a envahi l’albuginée , par certains engorgemens du périoste , etc. Dans tous ces cas , le tissu fibreux , relâché, ramolli, dénaturé, devenu comme spongieux , laisse ses fibres s’écarter et l’organe cellulaire paraître très à nu. Le développement des bourgeons charnus, et la nature mollasse que prennent ces bourgeons dans certaines plaies qui intéressent l’organe fibreux, y prouvent encore l’existence de l’organe cellulaire , qui du reste y est en général en petite quantité; ce qui ne contribue pas peu à produire la résistance et la force des organes qui lui appartiennent. Ce tissu cellulaire contient-il de la graisse? Au premier coup d’œil on n’en observe point, puisqu’à peine peuton distinguer ce tissu. Cependant , en soumettant à la dessiccation des portions d’aponévroses, de périoste, de dure-mère, etc., exactement dépouillées de toute partie étrangère , j’ai observé plusieurs fois que , lorsque tous ces fluides s’étaient évaporés, et que l’organe avait pris cette apparence de parchemin qu’on y remarque alors , une exsudation graisseuse restait en divers endroits de sa surface.

L’existence des vaisseaux varie dans le système fibreux : très-développcs dans certains organes ,

comme clans la dure-mère , le périoste , etc. , ils le sont moins dans d’autres , comme dans les aponévroses , et nullement dans certains , comme dans les tendons. J’observej, en général, que c’est dans ceux où ils sont le plus prononcés que les inflammations , ainsi que les diverses espèces de tumeurs sont le plus fréquemment observées. Les affections de la dure-mère, du périoste, etc., comparées à celles des tendons , en sont une preuve remarquable.

Je ne sache pas qu’on ait suivi de vaisseaux absorbai! s dans le système fibreux.

Les nerfs lui paraissent également étrangers, malgré ce qu’on a écrit sur ceux du périoste, de la dure-mère , etc. , etc.

ARTICLE III

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