‹ Anatomie générale [electronic resource]Chapitre 31 sur 53 · DESCENDONS · texte numérisé non relu

DESCENDONS

Les tendons sont des espèces de cordes fibreuses ? intermédiaires aux muscles^et aux os , transmettant aux seconds le mouvement des premiers , et jouant dans cette fonction un rôle absolument passif.

§ Ier. Situation et Formes des tendions .

Communément situés aux extrémités du faiscean charnu, ils en occupent cependant quelquefois le milieu, comme on le voit au digastrique; presque toujours c’est à l’extrémité la plus mobile qu’ils se rencontrent, celle qui sert d’appui ayant des aponévroses pour insertion , comme on le voit spéciale-

ment à l’avant-bras et à la jambe , dont tous les muscles , implantés en haut sur de larges surfaces osseuses ou aponévrotiques , se terminent en bas par un tendon plus ou moins grêle. De cette disposition résultent, i° peu d’épaisseur à l’extrémité des membres , et par conséquent la facilité de leurs mouvemens ; 2° beaucoup de résistance aux pressions extérieures très-fréquentes en cet endroit, le tissu fibreux étant, comme nous l’avons dit , extrêmement résistant; 5° la concentration de tout l’effort d’un muscle souvent très-épais sur une surface osseuse très-étroite, et par là même l’étendue, la force des mouvemens de l’os, etc.

Les formes tendineuses sont ordinairement arrondies , sans doute parce que ce sont celles où, sous le moins de volume, entre le plus de matière. Quelquefois cependant, comme aux tendons des exsenseurs de la jambe ou de l’avant-bras, elles sont aplaties. ,

Parfois bifurqués ou divisés en plusieurs proîongemens secondaires , j^s tendons s’implantent aux os , ou bien reçoivent les fibres charnues en deux ou plusieurs points différens. Tous sont recouverts d’un tissu lâche , qui leur permet de glisser facilement les uns sur les autres ou sur les parties voisines. Quelquefois ce tissu manque, et alors des capsules synoviales les entourent pour favoriser leurs mouvemens. Leur extrémité où se fixent les fibres charnues reçoit ces fibres différemment: quelquefois c’est d’un seul côté qu’elles s’y rendent, de là les muscles demi-penniformes ; d’autres fois c’est des deux côtés en même temps, ce qui constitue les

FIBBETJX.

penniformes. Souvent le tendon , enfoncé dans leur épaisseur, ne peut être mis à découvert que par leur section longitudinale.

L’adhérence est extrême entre la fibre charnue et la tendineuse: cependant, en les faisant longtemps macérer , en les soumettant à l’ébullition , elles s’isolent peu à peu l’une de l’autre. J’ai remarqué que, dans les jeunes sujets, l’union était beaucoup moins intime : aussi en raclant à cet âge le tendon avec un scalpel , on en enlève le muscle , sans qu’ensuite il y paraisse: le poli est presque le même là où s’implantaient les fibres que là où elles manquent naturellement. L’extrémité du tendon fixée à l’os s’entrelace avec le périoste en s’y épanouissant ordinairement ; en sorte que c’est avec cette membrane, et non avec l’os lui-même, que le tendon fait corps, parce qu’en effet ce n’est qu’à elle qu’il est identique par sa nature : aussi , s’il trou ve une membrane analogue , il s’y fixe également , comme on le voit dans l’insertion des muscles droits et obliques à la sclérotique , des ischio et bulbocaverneux à la membrane du corps caverneux, etc. En général, jamais les tendons ne s’unissent qu’aux membranes fibreuses : les séreuses , les muqueuses, tout organe, en un mot, étranger au système fibreux leur est hétérogène.

§ IL Organisation des Tendons.

Le tissu fibreux est extrêmement serré dans les tendons : plusieurs paraissent homogènes au premier coup d’œil ; mais, en les examinant avec An aj, g£n. ï, 111. 18

soin , on y distingue bientôt des fibres que réunit un tissu cellulaire serré et en général très-peu abondant. L’ébullition rend très-sensibles ces fibres: lorsqu’on plonge tout à coup le tendon dans l’eau bouillante à l’endroit où il a été coupé transversalement, elles prennent un peu plus d’épaisseur à cette extrémité divisée , se renflent pour ainsi dire, et deviennent ainsi très-apparentes. A l’endroit où elles s’épanouissent pour former une aponévrose ou s’unir au périoste , ces fibres se montrent distinctement sans nulle préparation. D’un autre côté, comme on peut toujours, ainsi que je l’ai dit , réduire artificiellement en aponévrose un tendon macéré , et que , dans cet état de macération , mou et lâche , il se prête à toutes les formes qu’on veut lui donner , c’est encore un excellent moyen de bien distinguer les fibres tendineuses. Dans cette expérience très-simple à répéter, je n’ai jamais vu la forme en spirale des cylindres tendineux , dont quelques auteurs modernes ont parlé: ces fibres sont dans le tendon comme à l’endroit où tous s’en écartent pour former une aponévrose, c’est-à-dire en ligne droite.

Le sang n’aborde presque point dans le système vasculaire des tendons ; mais dans certaines inflammations , ils en sont tout pénétrés. J’ai vu un de ceux des extenseurs , mis à découvert , dans un panaris, par un chirurgien de campagne, tellement rouge qu’il avait l’apparence d’un phlegmon. Cependant je remarquai que cette couleur n’était point, comme dans plusieurs autres organes enflammés ? dépendante de beaucoup de pe-

FIBREUX. 27 5

tites stries rougeâtres , indices des exhalans remplis de sang ; mais qu’elle était uniforme, comme , par exemple , un corps teint en rouge. En générai, il paraît que, de tout le système fibreux, ce sont les tendons qui ont le mode de vitalité le moins énergique et les forces vitales les plus obscures. En les disséquant sur un animal vivant , j’ai trouvé qu’ils avaient exactement la même disposition que sur le cadavre : les sucs blancs qui les pénètrent ne coulent point sous le scalpel; ils sont secs, s’enlèvent par couches. Ils ne paraissent avoir à eux qu’une température très-faible ; car , en général , le degré de chaleur d’un organe est proportionné à la quantité de vaisseaux sanguins qu’il reçoit.

Si, dans le corps , ils sont à la température générale, ce ne peut être que parce que les organes voisins leur communiquent la leur : il ne se dégage pas de calorique dans leur tissu.

Les tendons ont une affinité remarquable avec la gélatine, et même avec le phosphate calcaire: là où ils glissent sur un os , et où iis souffrent un grand frottement , ils présentent un endurcissement que les auteurs attribuent à la pression , en le comparant à l’endurcissement calleux de la plante des pieds, mais qui est dû évidemment à une exhalation dans le tissu tendineux des deux substances précédentes , exhalation que détermine le mouvement, et d’où naît une ossification véritable.

C’est ainsi, comme nous l’avons dit, que se forment les différens os sésamoïdes, et la rotule en particulier, os dont le tissu diffère manifestement de celui des autres, parce qu’au milieu de la gélatine et du

phosphate calcaire qui le pénètrent , il lui reste une partie de tissu fibreux qui n’est point envahie par ces substances , et qui est assez considérable pour que son mode de vitalité et d’organisation tienne autant et plus de celui du système fibreux que de celui du système osseux.

Au reste, si on détache la rotule ou un os sésamoïde quelconque , en y laissant une portion tendineuse de chaque côté , et qu’on l’expose à l’action d’un acide, cette substance calcaire est enlevée, les fibres de l’os restent à nu , et on voit qu’elles sont une continuation de celles du tendon , qui est alors ramolli.

Les muscles de la vie organique , la plupart de ceux qui, dans la vie animale, forment des sphincters , sont dépourvus de tendons : ce tissu blanc , ce s cordes argentées qu’on trouve dans le cœur , n’ont nullement la nature des tendons des membres.

ARTICLE X

Page 1