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ORGANISATION BU SYSTÈME OSSEUX

Le tissu propre au système osseux y forme la partie principale et prédominante , surtout à mesure qu’on avance en âge. Les organes communs y sont en bien moindre proportion.

§ Ier. Tissu propre au Système osseux.

Le tissu des os , comme celui de la plupart des autres organes , se présente sous l’aspect de fibres dont la nature est partout la même , mais qui, diversement arrangées , forment deux modifications principales : dans l’une, ces libres , plus ou moins écartées, présentent une foule de cellules, dans l’autre , serrées les unes contre les autres ; elles composent une substance compacte , où il est diffi-

unes destinées à contenir la moelle ( ce sont les plus remarquables), les autres servant de réceptacle à des vaisseaux veineux. Les premières, Bichat les décrit seulement à roccasion du système médullaire ; les secondes , ignorées de Bichat , et découvertes depuis par MM, Fleury et Chaussier , trouveront leur place à l’occasion des vaisseaux osseux auxquels elles sont destinées. Les oiseaux seuls ont dans les os des cavités aériennes communiquant médiatement avec les poumons ; circonstance qui concourt à la fois à leur donner une légèreté spécifique trèsgrande , et à augmenter chez eux le champ de la respiration et de l’hématose. „ (F. Blandin. )

ciie de les distinguer. De là deux subdivisions du tissu osseux, le celluleux et le compacte. Les auteurs en admettent une troisième, le réticulaire; mais il rentre dans le premier.

Tissu celluleux .

Le tissu celluleux n’existe point dans les premières périodes de l’ossification. L’époque de sa formation est celle où le phosphate calcaire s’ajoute à la gélatine du cartilage primitif, et donne à l’organe la nature osseuse. Alors , la masse solide du cartilage se creuse d’une infinité de cellules , parce que , reprise par les absorbans , la gélatine disparaît à l’endroit qu’elles occupent. Une nouvelle n’y est plus apportée par les exhalans, qui continuent à en déposer, et qui commencent- à charrier du phosphate calcaire dans les traverses fibreuses dont l’entrecroisement constitue ces cellules; en sorte que le développement du tissu celluleux tient visiblement à la disproportion qui survient dans les os a une certaine époque de leur accroissement, entre les fonctions jusque là en équilibre des systèmes exhalant et absorbant. On ignore la cause de cette disproportion : elle paraît être une loi de l’ossification. C’est en vertu de cette loi, et par un mécanisme analogue , que l’ethmoïde , d’abord solide et plein tant qu’il était cartilage , se creuse à l’époque de son ossification, d’un grand nombre de cellules. C’est ainsi que les sinus sphénoïdaux , frontaux, etc., se forment et s’agrandissent.

La formation du tissu celluleux est terminée lors-

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que toutes les épiphyses ont disparu. A cette époque il nous présente une infinité de fibres qui paraissent naître de la surface interne du tissu compacte, se portent dans tous les sens, se croisent, s’unissent , se séparent, se bifurquent, en un mot , affectent des directions si irrégulières , qu’il est impossible d’en suivre le trajet. Leur volume n’est pas moins variable : telle est quelquefois leur ténuité, qu’à peine peut-on les toucher sans les rompre ; leur grosseur est d’autres fois assez marquée. Souvent , au lieu de fibres , ce sont des lames plus ou moins larges , d’où naissent d’autres lames plus petites , qui semblent se ramifier , et d'où résultent, lorsqu’elles sont rapprochées, des espèces de conduits que l’on voit très-bien en sciant transversalement l’extrémité d’un os long, de manière à avoir un segment d’un demi-pouce.

Les cellules qui résultent de leur écartement ont une forme et des capacités très- inégales.

Toutes communiquent ensemble : les expériences suivantes en sont la preuve. i°. Si on fait un trou à l'extrémité d’un os long, sur la surface d’un os court et plat, et qu’on y verse du mercure, il traverse toutes les communications , pour aller sortir par les différens trous naturels de la surface de l’os, qui s’ouvrent eux-mèmes dans les cellules. 20. Sciez un os à l’une de ses extrémités, appliquez sur toute sa surface un enduit qui en bouche les pores, exposez-le ensuite au soleil : le suc médullaire , 11e pouvant s’échapper par les pores extérieurs , viendra , en passant successivement par toutes les cellules , sortir par l’endroit scié. 3°. En vernissant un

os sec, et en l’ouvrant seulement en deux points opposés, on fait passer par ces communications, de l’une à l’autre ouverture , l’air , l’eau et toute espèce de fluide.

O11 peut donc concevoir l’intérieur de tout os comme formant une cavité générale que remplit une foule de fibres entrecroisées. Je n’ai point remarqué de différence sensible pour la direction de ces fibres dans les trois espèces d’os (i).

Tissu compacte .

Il n’en est pas des fibres qui forment le tissu compacte comme de celles du précédent. Ces fibres juxtaposées ne laissant entre elles aucun intervalle, donnant par leur rapprochement une densité remarquable au tissu quelles composent, se trouvent dirigées longitudinalement dans les os longs , en forme de rayons dans les plats, et sont entrecroisées en tous sens dans les courts. Cette triple disposition des fibres du tissu compacte paraît absolument tenir au mode d’ossification. En effet, lorsqu’on examine ses progrès sur les cartilages primitifs, on voit ces organes s’encroûter de phosphate calcaire, suivant la meme direction que dans la

(i) La substance aréolaire des os présente trois variétés principales : i° celle qui remplit les os courts et les extrémités des os longs ; 2° celle que l’on trouve dans le canal médullaire des os longs, et que Ton appelle réticulaire ; 3° enfin celle qui constitue le diploë de certains os plats , de ceux du crâne en particulier. (F. Blandin.)

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Suite doivent affecter les fibres : aussi ces fibres sont-elles très-apparentes dans le premier âge, sur les os du crâne en particulier. A mesure que le phosphate calcaire successivement entassé dans le parenchyme cartilagineux vient à y prédominer , tout semble se confondre dans le tissu compacte en une masse homogène. Mais alors encore , il est différentes circonstances qui nous indiquent la direction primitive des fibres : i° lorsque , par un acide , on enlève aux os leur portion calcaire, alors la portion cartilagineuse garde , comme une espèce de moule , la forme qu’affectaient les substances qui la remplissaient, et offrent des espèces de fibres dont la direction est la meme que celle indiquée dans les trois espèces d’os. Aussi , si on vient alors à déchirer les lames cartilagineuses, c’est dans cette direction qu’il est le plus facile de les enlever, 20. Les fentes qui surviennent aux os long-temps exposés à l’air, suivent, en général, le sens naturel des fibres* 3°. Le§ os calcinés offrent à peu près le meme phénomène.

La direction des fibres du tissu compacte change absolument dans les apophyses , où elle ne suit point celle de l’os principal. Dans celles qui par leur forme participent au caractère des os longs , comme dans la styloïde, ces fibres sont longitudinales; elles se dirigent suivant tous les sens dans celles qui, comme la rnastoïde , les diverses espèces de condyles, etc., se rapprochent de la conformation des os courts.

L’assemblage des fibres forme, suivant les anatomistes , des lames qu’ils ont considérées comme

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juxtaposées , et qui tiennent entre elles par des chevilles suivant les uns, par l’entrecroisement des fibres suivant les autres. Ces lames osseuses ne me paraissent point exister dans la nature. Toutes les fibres du tissu compacte se tiennent , se croisent , et forment un tout qu’on ne peut point concevoir de cette manière , laquelle d’ailleurs ne s’accorde point avec l’irrégularité de la distribution des vaisseaux. L’art sépare ici les fibres couche par couche , comme il le fait dans un muscle, dans un ligament, etc. ; mais ces couches sont purement factices : présenter les os comme étant leur réunion , c’est donner une idée inexacte de leur structure. Il est plus inexact encore de considérer ces couches comme adhérentes les unes aux autres par des chevilles osseuses, par l’attraction, par une matière glutineuse. Toutes ces idées , contraires à l’inspection anatomique , suggérées par une fausse application des lois de l’adhérence des corps inorganiques à l’adhérence de fibres organisées , n’appartiennent plus qu’à l’histoire des erreurs physiologiques. Il est une circonstance qui prouve, dit-on, très-manifestement la structure laminée des os ; c’est leur exfoliation. Il est vrai que souvent des lames très-distinctes se séparent de l’os vivant ; mais ces lames ne sont autre chose que le produit de l’exfoiiation elle-même. Alors, en effet, l’os meurt à sa surface; les vaisseaux superficiels ne reçoivent plus de sang; ce fluide s’arrête sous la portion privée de vie; l’exhalation du phosphate calcaire y trouve ses limites ; toute espèce de vaisseau sanguin , exhalant , absorbant , se dé-

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truit ; une inflammation lente , avec suppuration , survient , et établit la ligne de démarcation ; et , comme cette ligne est souvent au même niveau , tout ce qui est au-dessus d’elle devient une lame inorganique , qui tombe peu à peu et qui conserve sa solidité osseuse , parce que les absorbans mortifiés n’ont pu lui enlever le phosphate calcaire. D’ailleurs, rien de plus commun que de voir l’exfolia tion ne point se faire par lame , et l’os présenter à sa suite une surface inégale, effet de l’inégalité d’épaisseur des portions exfoliées. Enfin fexfoliation se fait souvent en sèns opposé à celui que les lames sont sensées affecter : c’est ce qu’on voit dans la séparation de l’extrémité des os longs restée à l’air ou trop irritée après l’amputation , dans la chute des cornes, etc. Considérons le tissu compacte comme un assemblage de fibres rapprochées , mais nullement séparées par couches , qu’on ne peut concevoir que comme des abstractions (f).

(i) On a beaucoup écrit sur la structure intime des os, sur celle du tissu compacte en particulier. Malpigni admettait des lames et des fibres dans ce tissu. Gagliardi a décrit minutieusement les chevilles osseuses dont il a été parlé plus haut : il semble y avoir quelque chose de vrai dans son opinion , en ce qu’on distingue en effet dans les os des fibres qui se dirigent obliquement à travers leur épaisseur. Albinus , suivi en cela par la plupart des anatomistes modernes, a dit qu’il n’y avait que des fibres dans le tissu osseux , parallèles pour les os longs , rayonnées pour les arges. Enfin, si l’on en croit Scarpa, tout ne serait qu’aréoles dans la substance compacte des os comme dans la spongieuse. Michel Medici a déjà combattu cette idée, cl pense avec les an-

Les fibres da tissu compacte diffèrent, dans leur arrangement organique , des fibres musculeuses, en ce que de fréquens proiongemens les unissent les unes aux autres, au lieu que celles-ci n’ont presque

cîens que c’est sous la forme, de lames qu’est disposé le tissu osseux.

En se bornant à l’examen des faits allégués pour ou contre ces différentes opinions, on voit, i°que l’existence des fibres n’est nullement démontrée par l’apparence linéaire qu’affectent les molécules osseuses lors de leur développement : en effet, cette dispositionne dure pas long-temps; dans les os larges, par exemple, ces prétendues fibres, qui répondent alors au milieu de l’épaisseur de l’os , se changent plus tard en un tissu aréolaire. Cependant il y a des fibres dans les os , comme on le voit après les avoir dépouillés de leur matière calcaire. 2°. On s’assure’de même qu’il y a des lames, en prenant un os long ramolli par un acide et en le faisant macérer dans l’eau : son tissu compacte se sépare au bout d’un certain temps en feuillets superposés , réunis par des fibres qui passent obliquement des uns aux autres. 3°. Souvent, dans cette expérience, les lames finissent par se résoudre en filamens, et en même temps tout l’os devient comme spongieux. De ce dernier fait , et de ce que , dans plusieurs maladies des os , la substance compacte devient spongieuse ; de ce qu’elle prend manifestement cette apparence lorsque, comme le fit Troja, on détermine le gonflement d’un os long en introduisant un corps étranger dans sa cavité médullaire , Scarpa conclut à la structure aréolaire dont nous avons parlé. Cette conclusion n’est pas rigoureuse, puisque, outre les aréoles, la macération montre dans les os des lames et des fibres distinctes. 11 est vrai que, si cette macération est trop long-temps prolongée , elle convertit s fibres ellesmêmes en une substance , pour ainsi dire, spongieuse, en une espèce de mucus.

Il semblerait donc que c’est pour n’avoir eu égard qu’à un

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que forgane cellulaire, les vaisseaux ët nerfs, pour moyen d’union. Telle est l’intime juxta-position de ces fibres, quelles ne laissent entre elles que des pores souvent à peine sensibles à la vue simple, mais qui le deviennent cependant à la loupe , et que le suc médullaire et des vaisseaux remplissent (i). Dans le rachitisme , cette densité de tissu disparaît, et on remarque dans la partie moyenne des os longs, et sous la couche plus épaisse qu’à l’ordinaire du périoste , un tissu osseux , comme aréolaire, facile à se ployer en tous sens, formant une infinité de cellules, et remplaçant le tissu compacte qui devrait exister.. Il paraît que ce changement de tissu compacte en celluleux se fait moins par l’absorption d’une partie du phosphate calcaire, que par l’exten-

petit nombre de faits à la fois que chaque auteur a exposé à sa manière l’arrangement des molécules osseuses , et qu’on doit admettre dans les os des lames , des libres et des aréoles , celles-ci plus marquées dans le tissu spongieux, celles-là plus développées dans la substance compacte. ( Béclard. )

(i) La substance compacte des os, comme le prouve les faits signalés par Bichat , est essentiellement semblable à la substance celluleuse ; elle ne constitue qu’une variété de forme , ou mieux de disposition des fibres osseuses, fibres toujours identiques. Cette substance, au reste, présente deux variétés, suivant sa densité plus au moins grande : i° celle qui constitue l’extérieur de tous les os, et le centre des os longs ; 2° celle qui forme les parois du labyrinthe. Plusieurs anatomistes considèrent encore l’ivoire des dents comme constituant une variété de substance compacte; mais, ainsi que je le ferai remarquer plus tard, les dents diffèrent des os sous une foule de rapports ; ce sont bien des ostcides , mais non des os proprement dits, ( F. Bmîwn. )

sion des fibres osseuses, qui s’écartent les unes des autres et laissent entre elles des espaces qui n’existaient pas ; ce qui donne aux corps des os longs rachitiques une épaisseur très-considérable. J’ai fait plusieurs fois cette observation (i).

Dispositions des deux Tissus osseux dans les trois especes d’os .

Les tissus osseux, considérés dans les diverses espèces d’os, se comportent différemment. En général, le compacte forme l’extérieur , l’enveloppe de l’os, et le celluleux en occupe l’intérieur. Les cornets du nez offrent seuls une exception à cette règle, dont nous allons examiner les modifications.

i°. Dans les os longs, le tissu compacte a une épaisseur très-remarquable au centre, où il remplit le triple usage, d’abord de protéger efficacement l’organe médullaire dont il est l’enveloppe, ensuite d’assurer la solidité de l’os en cet endroit où se rapportent, plus qu’aux extrémités , les grands efforts de la locomotion , des chutes, des contrecoups, etc. , et où l’os , traversé seulement par quelques fibres celluleuses très-foibles, ne peut emprunter sa ré-

(i) Ces pores sont en beaucoup d’endroits de véritables conduits qui renferment en effet de la moelle et des vaisseaux sanguins. Havers, Monro , et, dans ces derniers temps, Hou— sbip, les ont décrits, Ils ont de pouce de diamètre. La plupart sont parallèles et réunis entre eux par d’autres dont la direction est transversale ou oblique par rapport aux pre—

( Béclaivd. )

miers.

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sistance que de ses parois externes, enfin de diminuer ainsi sans danger le volume de l’os à la partie moyenne du membre, dont la forme devient parla, comme nous l’avons vu, beaucoup plus régulière.

À mesure qu’on s’éloigne du centre, on voit, sur un os long scié longitudinalement , le tissu compacte diminuer d’épaisseur, et ne former enfin aux extrémités qu’une couche mince analogue à celle qui revêt les os courts. Aussi la force de résistance des os longs à leur extrémité est-elle moins dans leur écorce compacte que dans la grande quantité de tissu celluleux entassé sous cette écorce : c’est elle surtout qui empêche les fractures. D’où l’on voit comment, la proportion des tissus compacte et celluleux étant inverse dans les deux parties de l’os, le mode de leur résistance est également inverse.

Le tissu celluleux, dans les os longs, diffère un peu examiné dans le canal médullaire ou aux extrémités. Dans le canal, ce sont des filamens extrêmement minces, continus et aux fibres plus grosses qui remplissent en haut et en bas les extrémités de l’os et à la portion compacte qui forme le cylindre osseux. Rares et semés comme au hasard dans le milieu du canal, ces filets se rapprochent entre eux , et forment une espèce de réseau à mesure qu’ils s’éloignent de ce milieu : de là le nom de substance réticulaire par lequel on l’a désigné. Mais ce n’est point un tissu distinct; c’est seulement une modification du celluleux : modification qui est caractérisée spécialement, i° par la ténuité des fibres, i° par l’absence constante de ces lames minces et courtes qui appartiennent fréquemment à ce tissu considéré AîUt. cén. t. m. 5 v

dans les autres parties. Au reste , l’usage manifeste de cette portion de tissu celluleux , trop faible pour concourir à la résistance de Fos, est évidemment de servir d’appui au système médullaire, et d’insertion à sa membrane. Aux extrémités des os longs, les fibres du tissu celluleux grossissent peu à peu, se rapprochent entre elles , sont parsemées de lames, et donnent à Fos , par leur ensemble et par leur nombre , une épaisseur et une résistance remarquables, sans cependant en augmenter le poids, ce qui favorise singulièrement la locomotion, vu que ce poids, placé à l’extrémité du levier, eût été très-pénible à soulever.

20. Dans les os pjats, le tissu compacte forme deux lames extérieures, dont l’épaisseur est moyenne entre celle du milieu des os longs et celle de l’extrémité de ces mêmes os, ou celle des os courts. Entre ces deux lames se trouve le tissu celluleux, semblable en général à celui de l’extrémité des os longs, un peu plus laminé cependant, plus épais ordinairement à la circonférence, souvent presque nuldansle milieu del’os, où les deuxlames compactes juxtaposées laissent alors voir une lumière qu’on place par-derrière. En général , partout où les os larges sont ainsi minces , par le défaut de tissu celluleux, des musclés très-forts se rencontrent , et suppléent par leurs couches épaisses à la solidité de Fos. On en voit des exemples dans les fosses iliaque, sous-scapulaire, occipitale inférieure, etc.

3°. Dans les os courts, le tissu celluleux prédomine toujours; Fos en est presque tout formé , une légère couche de tissu compacte forme seulement

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son enveloppe, et, sous ce rapport, l’organisation de ces os est la même que celle des os longs à leurs extrémités : aussi la résistance de l’os dépend-elle de la totalité de sa masse , et aucun point ne fait-il un plus grand effort pour s'opposer aux fractures. On voit, d’après tout ce qui a été dit jusqu’ici , le mode successif de solidité des divers os. Dans le milieu des os longs, ce n’est presque qu’au tissu compacte; dans les os plats, c’est autant à ce tissu qu’au celluleux; dans les extrémités des os longs et dans les os courts, ce n’est presque qu’à ce dernier qu’est due cette solidité.

4°. Dans les éminences osseuses , le tissu compacte est, en général, plus abondant qu’àilleurs , surtout dans celles d’insertion , comme dans les lignes saillantes des os longs, qui en sont toutes formées , dans les aspérités des surfaces osseuses, dans leurs angles. Si l’éminence est un peu considérable r il y entre aussi plus ou moins de tissu celluleux , comme on le voit dans les apophyses épineiises et transverses des vertèbres, coracoïde, mastoïde, etc. Les éminences des articulations mobiles sont, en général , moins pourvues de tissu compacte , le cartilage articulaire y suppléant pour la solidité de l’os. Celles des articulations immobiles , au contraire , moins grosses en général, comme , par exemple, les dentelures des os du crâne, etc., sont à proportion plus compactes que celluleuses.

5°. Dans les cavités osseuses , toutes celles qui servent aux articulations mobiles ne sont pourvues que d’une lame compacte très-légère. Elle est plus épaisse lorsque l'immobilité est le caractère des ar->

ticulations. En général, tous les trous, cavités et conduits qui transmettent des vaisseaux, des nerfs ou d’autres organes d’une région à l’autre sont partout tapissés d’une couche compacte qui les garantit de l’impression de ces parties. Les trous de la base du crâne , les conduits dentaires, vidiens, etc. , sont un exemple de cette disposition.

De la Composition du Tissu osseux .

Quelles que soient les modifications sous lesquelles il se présente , le tissu osseux a partout la même nature ; les mêmes élémens le forment : or , ces élémens sont spécialement une substance saline calcaire, et une substance gélatineuse.

L’existence de la substance saline dans les os est prouvée de différentes manières. j°. La combustion, en détruisant la portion gélatineuse, laisse un corps friable , cassant, de forme analogue à celle de l’os , et qui n’est autre chose que cette substance saline , laquelle ressemble , pour ainsi dire , à un corps moulé qui garde la forme du moule après que celuici a été enlevé. Si la combustion est poussée trèsloin , et qu’on fasse rougir les os calcinés , ils éprouvent une demi-fusion qui les rapproche de l’état de porcelaine; ils ont alors un grain serré, fin , demivitreux, une demi-transparence, et cet aspect qui appartient aux terres vitrifiées. 20. L’exposition des os à l’air , très-long-temps continuée, produit un effet à peu près analogue à celui du premier degré de combustion , quoique cependant la gélatine se trouve rarement alors exactement enlevée , et la

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portion saline^i parfaitement à nu que par l’action du feu. Au reste, il faut un temps très-long pour produire cet effet, surtout sur les os épais ; les os minces sont plus facilement altérés : j’ai souvent fait cette observation. Après dix ans d’exposition à l’air et à la pluie, j’ai observé que des clavicules prises au cimetière de Clamart présentaient, par l’action des acides , un parenchyme cartilagineux presque égal à celui d’un os séché depuis quelque temps. Mais enfin ce parenchyme disparaît, et l’os finit par tomber en poussière lorsqu’il n’est plus soutenu par lui , et que les molécules de la substance calcaire restante ont été désunies par le temps. 3°. Dans toutes les maladies cancéreuses portées au dernier période , les os prennent une friabilité qu’ils ne doivent qu’à la proportion plus grande de cette dernière substance , proportion née elle-même du peu de gélatine qui s’exhale alors dans les os. 4°- Lorsqu’un os a été exposé pendant quelque temps à l’action d’un acide , de l’acide nitrique , par exemple , une portion de sa substance lui est enlevée par cet acide , et cette portion est manifestement un sel calcaire , comme on le voit en mêlant à la dissolution un alcali, qui, s’unissant aussitôt à l’acide, met à découvert ce sel , en le faisant précipiter. 5°. La machine de Papin , en dissolvant par l’action de l’eau réduite en vapeurs la portion gélatineuse , met également en évidence cette partie saline calcaire.

Schéele a trouvé que cette portion est un sel neutre à base terreuse de phosphate de chaux. Souvent le phosphore, immédiatement à nu sur les os

frais, leur donne une apparence lun|ineuse qui se fait distinguer de très-loin pendant la nuit. C’est tantôt la totalité de Fos , tantôt quelques points seulement qui deviennent lumineux. Toujours j’ai remarqué dans les endroits éclairés une exsudation huileuse , soit quelle provînt du suc médullaire , soit qu’elle fût formée par la graisse des parties molles voisines de Fos.

Différons faits aussi évidens que les précédons constatent d’une manière non moins irrévocable l’existence dans les os d’une substance gélatineuse. i°. Lorsque , dans la dissolution des os par les acides, le phosphate de chaux les a abandonnés, il reste un corps cartilagineux , flexible , élastique , jaunâtre lorsqu’on a employé l’acide nitrique, de même forme que Fos : or , on sait que la gélatine pourrit spécialement les cartilages. 2°. Si en soumet d’ailleurs ce résidu cartilagineux à l’ébullition , on en extrait une très-grande quantité de gélatine , qui se dissout dans l’eau, et que le tan précipite ensuite. Cette substance peut être même enlevée aux os sans l’extraction préliminaire du phosphate calcaire : c’est ainsi qu’avec des os dépouillés de tout organe environnant et réduits en fragmens très-petits, et même en poudre par Faction de la râpe , on parvient à faire des bouillons très-nourrissans , des gelées fortifiantes. Ce n’est pas sans raison que , dans la préparation du bouilli , on laisse Fos attaché à la viande: outre les organes blancs qui l’entourent , et l’huile médullaire qu’il contient, il fournit au bouillon une substance qui lui est propre. 5°. La combustion des os, et surtout

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de leur résida cartilagineux, donne une odeur exactement semblable à celle de la combustion des différentes colles animales, que la gélatine forme spécialement, comme on sait. 4°- Dans les différentes affections où les os se ramollisent , la substance terreuse diminue plus ou moins sensiblement , et la gélatineuse reste plus abondante en proportion que de coutume.

Ces deux substances , gélatineuse et saline, qui entrent essentiellement dans la composition des os, leur impriment des caractères très-différens. Le phosphate calcaire , presque étranger à la vie , n’est destiné qu’à donner aux os la solidité et la résistance qui les caractérisent. La substance gélatineuse, au contraire, porte spécialement le caractère animal : aussi l’activité vitale est-elle en raison inverse de l’une , et directe de l’autre , comme nous le verrons. Privés de la seconde, les os ne sont plus susceptibles d’ëtre digérés , ils n’offrent point de prise aux sucs gastriques; ceux-ci ne sauraient en extraire de matière nutritive , parce qu’ils agissent à peu près sur eux comme l’eau qui dissout la substance gélatineuse et l’extrait de la portion saline. Divers animaux qui avalent les os frais pour s’en nourrir mourraient à côté d’un os calciné : aussi plus les os contiennent de cette substance, plus ils sont nourrissans; ceux des jeunes animaux sont sous ce rapport plus propres à faire des bouillons gélatineux , à être digérés tout crus par l’estomac de certaines espèces, etc. Si on expose un os à l’action d’un acide , de manière à n’avoir que son parenchyme cartilagineux , et qu’on fasse ensuite ramol-

lit- ce parenchyme dans l’eau bouillante, il devient vm aliment qu’on peut manger.

Outre le phosphate calcaire et la gélatine , les os contiennent encore quelques principes salins, comme le sulfate et le carbonate de soude , etc. ; mais leur proportion est trop petite pour nous occuper ici : je renvoie sur ce point aux traités des chimistes, au grand ouvrage de Fourcroy en particulier (i).

(i) Les os humains contiennent, suivant M. Berzélius, sur cent parties , 32, i y de gélatine et i,i3 de vaisseaux sanguins; 5i,o4 de pospliate de chaux; n,3o de carbonate de chaux, 2,00 de fluate de chaux; 1,16 de phosphate de magnésie; i ,20 de soude , d’hydrochlorate de soude et d’eau.

Cette analyse, la plus complète jusqu’à ce jour, ne s’accorde pas entièrement avec celle des autres chimistes. Ainsi, Fourcroy et M. Yauquelin ont reconnu l’existence des oxydes de fer et de manganèse, de la silice , de l’alumine , dans les os; au contaire, ils n’y ont point trouvé d’acide fluoriquc , eic. Au reste , la composition chimique des os offre une foule de différences, non— seulement suivant l’âge, le sexe , les individus , mais meme dans les différentes parties du corps. L’analyse de M. Berzélius a été faite sur le fémur d’un adulte. Mais les dents contiennent manifestement beaucoup plus de substance terreuse; il paraît qu’il en est de même du rocher. Divers autres exemples de ce genre sont consignés dans l’Anatomie de Monro , d’après de nouvelles recherches de J. Davy.

Sous le rapport anatomique, les os se composent essentiellement d’un tissu fibreux particulier, dans les aréoles duquel se trouve déposée la matière calcaire. C’est ce tissu que l’on obtient en traitant un os par les acides. Le résidu de cette opération n’est point un cartilage , il n’en a ni la blancheur, ni la consistance, ni la composition ; flexible comme les ligamens , il ressemble en

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§ IL Parties communes qui entrent clans l'organisation du Système osseux .

' Les anciens rangeaient les os parmi les parties blanches, parmi les tendons, les cartilages, etc. Cependant il suffit d’en examiner l’intérieur pour voir, par la rougeur qui les distingue, que beaucoup de sang y aborde. Ce sang y pénètre par trois ordres de vaisseaux: les uns appartiennent à la cavité médullaire des os longs , les autres au tissu celluleux, les autres au tissu compacte. Ces deux derniers ordres se distribuent dans le tissu osseux, et paraissent spécialement destinés à y déposer le phosphate calcaire : car , dans les cartilages d’ossification , les vaisseaux blancs apportent seuls la gélatine; dans les autres cartilagés, il en est de meme ; en sorte que je pense que cette espèce de

tout aux organes fibreux , dont il ne diffère qu’en ce que l’ébullition le transforme plus aisément en gélatine , et que la macération le ramollit plus promptement. Ce tissu renferme tous les élémens organiques de l’os. On ne peut donc pas simplement le considérer comme de la gélatine , et dire que les os ne sont qu’un mélange de cette substance et de matière calcaire , ainsi que l’ont fait quelques auteurs. Cette expression convient d’autant moins , que la gélatine n’existe pas , à ce qu’il parait , toute formée dans les os, pas plus que dans les autres matières animales, puisqu’il faut toujours le secours de l’ébullition pour l’obtenir. D’ailleurs , si l’on fait bouillir de la colle et de la matière calcaire , il n’en résulte qu’un composé inorganique , cassant , bien différent du tissu osseux. (Béclard.)

vaisseaux est aussi destinée , dans les os formés , à nourrir leur parenchyme cartilagineux , tandis que les vaisseaux rouges appartiennent plus à leur portion calcaire.

Chaque cavité médullaire n’a qu’un vaisseau unique , comme un seul trou de nutrition. Ce vaisseau a un diamètre proportionné à celui de. l’os , qu’il pénètre sans laisser de ramification au tissu compacte , et où il se divise sur-le-champ en deux rameaux. Ceux-ci se portent en sens opposé aux deux extrémités de l’os , se ramifiant à l’infini dans l’organe médullaire , et vont perdre leurs derniers rameaux dans le commencement du tissu celluleux , où ils s’anastomosent avec les vaisseaux de ce tissu : celui qui occupée la cavité médullaire sous le nom de réticulaire , et la surface interne du tissu compacte , en reçoivent aussi quelques branches. Une veine accompagne partout l’artère , et en suit les distributions diverses.

Les vaisseaux du second ordre appartiennent au tissu celluleux des os longs, plats et courts; ils sont en nombre égal aux trous de ce tissu, et se ramifient sur les cellules; ils communiquent avec ceux de la moelle et du tissu compacte. A la mort , les petites artères restent en général pleines de sang rouge , qui indique leur trajet que leur ténuité déroberait, et que les injections peuvent rarement démontrer avec exactitude. Les veines compagnes de ces artères ne peuvent guère se voir (i).

(i) Les veines des os sont aujourd’hui bien mieux connues : on

(Tora. m , |>ag. /j3 ).

Planche F.

Canaux veineux des os.

Fig. i. Canaux veineux du front.

Fig. 2. Quelques-uns des canaux veineux de l’occipul. Fig. 3. Coupe horizontale d’une vertèbre ? pour montrer les canaux veineux de ces os.

Fig. 4* Coupe perpendiculaire et antéro-postérieure d’une vertèbre faite dans le meme but.

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Les vaisseaux sanguins du troisième ordre ne sont que les dernières ramifications des artères environnant les os , ramifications qui pénètrent en foule le tissu compacte et s’y arrêtent. L’existence de ces petits vaisseaux peut se constater de diverses manières : i°. En détachant la dure-mère de la surface interne du crâne, une foule de gouttelettes sanguines annoncent leur rupture. 2°. EiLenlevant le périoste sur un sujet d’âge moyen , on fait une observation ana-

les trouve logées dans des canaux particuliers , découverts par M. Fleury, et tapissés par une lame de substance compacte ; elles ont des parois très-fines , qui paraissent constituées seulement par la membrane interne de tout le système veineux ; elles sont plus volumineuses que les artères auxquelles elles correspondent; et , après avoir parcouru dans l’os un trajet plus ou moins long , d’autant plus long que l’os est formé d’une proportion plus grande de substance compacte , elles paraissent se terminer dans des cellules communiquant entre elles , et auxquelles aboutissent les artères capillaires , disposition à peu près semblable à celle des tissus appelés érectiles. Ces notions sur les veines des os sont fort importantes , et peuvent servir à l’interprétation de divers phénomènes morbides, par exemple, de la fréquence de la phlébite, et des accidens formidables qui en sont trop souvent la conséquence dans les fractures compliquées , suivant M. Dance. C’est l’inflammation des veines des os du crâne, dans les fractures des parois de cette cavité, qui est le principe des abcès du foie observés par plusieurs auteurs dans ces circonstances; abcès, au reste , moins communs qu’on le pense généralement. De mon côté je ne suis pas éloigné de.croire, et ailleurs ( Dict. de Méd. et de dur. prat ., art. Amputation) j’ai émis cette opinion, que la phlegmasie des veines aréolaires des os à la suite des amputations dans la continuité de ceux-ci , apporte souvent des obstacles particuliers au succès de ces opérations. (F. Blandin. )

logue. J’ai remarqué que ces expériences réussissaient spécialement sur les submergés, ou sur les animaux qu’on asphyxie exprès , à cause de la grande quantité de sang que contiennent leurs vaisseaux. 3°. Si on fractureunoslongdansle milieu, la portion compacte qui forme le canal médullaire présente de petites stries rougeâtres qui ne sont que ces petits vaisseaux encore pleins de sang , et dont on découvre ainsi un nombre plus ou moins considérable , suivant le mode dont le sang s’est arrêté dans le système capillaire â l’instant de la mort. 4°* La sciure du tissu compacte dans les animaux vivans est rouge , quoique moins manifestement que celle du qelluleux ; preuve qu’on a divisé des vaisseaux.

Les vaisseaux des os sont extrêmement multipliés dans les enfans, ils diminuent chez l’adulte, deviennent rares chez le vieillard. La facilité de la formation du cal suit la même proportion dans les divers âges de la vie. Souvent, dans les affections du parenchyme osseux, ils prennent un développement remarquable, et tel, qu’il excède de beaucoup le diamètre naturel : les ostéo-sarcomes , les spinaventosa, etc., présentent cette disposition, laquelle est plus souvent observée dans les tumeurs cancéreuses que dans toute autre.

Ces vaisseaux communiquent tous ensemble par des anastomoses multipliées : c’est ce qu’on voit surtout dans les os longs, entre ceux de l’organe médullaire et ceux du tissu celluleux. Par ces communications, ils se suppléent mutuellement dans leurs fonctions. J’ai vu le trou nourricier du tibia complètement oblitéré dans un cadavre que j’injectais :

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une espèce de cartilage remplissait ce trou; l’artère ne formait plus qu’un véritable ligament : cependant sa bifurcation dans le canal médullaire se trouva très-bien injectée, et d’ailleurs aucune altération ne se manifestait dans la nutrition de l’organe médullaire, qui avait probablement reçu autant de sang qu’à l’ordinaire. Je ne trouvai rien aux environs du trou qui indiquât la cause de cette oblitération , qu’une exostose , une affection du périoste, une inflammation, peuvent très-bien produire.

D’un autre côté, on sait que des lames osseuses très-considérables sont souvent enlevées sur l’extrémité des os longs par la carie, qui détruit par conséquent tous les vaisseaux correspondant à ces lames, et que cependant l’os vit au-dessous, principalement aux dépens du sang qu’il reçoit par les extrémités de l’artère de l’organe médullaire. C’est aussi à peu près ce qui arrive aux os longs dans le premier âge, où les extrémités cartilagineuses n’offrent point de vaisseaux du second ordre, où presque tout le sang vient par conséquent de cette même artère de l’organe médullaire : aussi est-elle bien plus grosse à proportion , et le trou qui la reçoit est-il bien plus prononcé.

Rien n’est encore connu sur les systèmes des vaisseaux absorbans et exhalans des os , et nous ne pouvons raisonner sur ce point que par analogie. Du reste le travail nutritif les y suppose incontestablement.

Quant à leur tissu cellulaire, il paraît être presque nul; on peut même dire qu’eu quelque en-

droit que l’on rompe les fibres celluleuses ou compactes, jamais ses filamens n’y sont distincts; mais c’est leur texture dense et serrée qui nous les dérobe. En effet, i° quand cette texture se ramollit, que l’os se carnifie , comme on dit , le tissu cellulaire y devient très-apparent. a°. Les bourgeons charnus nés sur les endroits fracturés ou mis à découvert ne sont que l’extension de ce tissu cellulaire, qui se trouve pénétré d’une trop grande quantité de substance calcaire pour être aperçu dans l’état naturel. 3°. Après avoir enlevé à un os frais toute cette substance par un acide , j’ai remarqué quelquefois des filamens cellulaires, en séparant les fibres cartilagineuses qui forment le parenchyme restant. 4°. Lorsqu’on fait bouillir ce parenchyme cartilagineux pour en extraire la gélatine , il reste des portions de membranes qui sont manifestement celluleuses.

On ne peut suivre les nerfs dans les os, tant sont ténus les filets qui y pénètrent : je ne sache pas que l’anatomie ait sur ce point aucune donnée positive (i).

(i) lilint, dans une thèse soutenue sous la présidence de Wrisberg, dit avoir vu pénétrer des filets -nerveux par le trou qui donne passage à l’artère principale de ce canal. Walter en a figuré qui semblaient se porter vers le périoste , mais aucun anatomiste n’en a suivi jusque dans le tissu osseux. (Bécjlard. )

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ARTICLE III

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