‹ Anatomie générale [electronic resource]Chapitre 7 sur 53 · DES ARTICULATIONS DU SYSTÈME OSSEUX · texte numérisé non relu

DES ARTICULATIONS DU SYSTÈME OSSEUX

Tous les os sont unis entre eux : leur assemblage forme le squelette . Le mode de leur union varie ; mais, quçl qu’il soit, on le désigne sous le nom général & articulations .

§ Ier. Division des Articulations .

Toutes les articulations se rapportent à deux classes générales: la mobilité est le caractère de la première, l’immobilité (i) celui de la seconde.

L’une appartient à tous les os qui servent à la lo-

(i) En prenant ce terme dans son acception la plus rigoureuse, il n’y a pas d’articulations complètement immobiles ; les unes seulement ont des mouvemens très-évidens , les autres , au contraire, n’en présentent que de très-obscurs: les sutures du crâne eu de la face sont de ce dernier genre. Au reste , ces dernières varient singulièrement suivant les âges , sous le rapport de la mobilité, jusqu’au moment où on les voit disparaître chez le vieillard par la soudure des os qui entrent dans leur composition.

(F. Blandin. )

comotion , à quelques-uns de ceux destinés aux fonctions intérieures, comme aux côtes, à la mâchoire inférieure, etc. L’autre se rencontre spécialement. dans les os dont l’ensembre forme des cavités destinées à garantir les organes, comme on le voit à la tête , au bassin , etc.

i °. Articulations mobiles, — Considérations sur leurs mouvemens.

Je divise les articulations mobiles en quatre genres , dont les caractères sont empruntés des mouvemens divers qu’ils exécutent. Pour concevoir cette division , il faut donc préliminairement connaître les mouvemens articulaires en général. Ces mouvemens peuvent se rapporter à quatre espèces, qui sont, i° l’opposition, 20 la circulation, 3° la rotation , 4° le glissement.

i°. Le mouvement d’opposition est celui qui se fait en deux sens opposés , par exemple , de la flexion à l’extension, de l’adduction à l’abduction , et réciproquement. Ce mouvement est vague ou borné; vague, lorsqu’il se fait dans tous les sens, d’abord dans les quatre énoncés ci-dessus , puis dans tous ceux qui leur sont intermédiaires; borné, lorsqu’il n’a lieu que de la flexion à l’extension , de l’adduction à l’abduction , etc. Le fémur ; dans son articulation pelvienne, jouit d’un mouvement vague d’opposition. Le tibia, dans son articulation fémorale , a un mouvement borné d’opposition.

20. La circumduction est le mouvement dans lequel l’os décrit une espèce de cône , dont le som-

OSSEUX

met est dans son articulation supérieure et la base dans l’inférieure , en sorte qu’il se trouve successivement en flexion , en adduction , en extension et en abduction , ou bien en abduction , en extension , en adduction et en flexion, suivant le mouvement par lequel il commence, et que de plus il parcourt tous les sens intermédiaires à ceux-ci. D’où l’on voit que la circumduction est un mouvement qui est composé de tous ceux d’opposition , et dans lequel l’os , au lieu de se mouvoir d’un sens au sens opposé , comme dans le cas précédent, se meut d’un sens au sens le plus voisin, en décrivant ainsi par son extrémité un cercle qui est la base du cône dont j’ai parlé, et qui est d’autant plus grand que l’os est lui-même plus long. On comprend facilement que , parmi les os , ceux seuls dont le mouvement d’opposition est vague jouissent de la circumduction.

3°. La rotation est toute différente du mouvement précédent. Dans celui-là, il y avait locomotion , passage de l’os d’une place à une autre; ici il reste toujours au même lieu; il ne tourne que sur son axe. L’humérus , le fémur jouissent de ce mouvement, qui est simple.

4°. Le glissement appartient à toutes les articulations. C’est un mouvement obscur par lequel deux surfaces se portent en sens opposé, en glissant pour ainsi dire l’une sur l’autre. Dans tous les autres mouvemens, celui-ci se rencontre; mais souvent il existe sans eux.

Il est facile de concevoir, d’après ces notions sur les mouvemens articulaires , la division en

genres de la classe des articulations mobiles. En effet, il est des articulations où tous les mouvemens se trouvent réunis ; dans d’autres , il y a de moins la rotation ; dans plusieurs , la rotation et la circumduction manquent , et l’opposition n’existe qu’en un sens ; quelques-unes n’ont que la rotation. Enfin il en est où la rotation , la circumduction et l’opposition sont nulles , le glissement restant seul.

D’où l’on voit que la nature marche ici comme ailleurs , par gradation ; que , des articulations les plus mobiles à celles qui le sont moins , il est di® vers degrés de décroissement; que la nature descend peu à peu aux articulations immobiles, qu’elle y arrive enfin réduite au seul mouvement du glissement , tel que celui qui existe au carpe , au tarse , etc. Il est même encore un intermédiaire au glissement et à l’immobilité ; c’est l’articulation de la symphyse pubienne, qui peut être considérée avec celle de l’humérus comme formant les deux extrêmes de la série des articulations mobiles.

Toutes les articulations dont je viens de parler sont à surfaces contiguës; c’est le caractère général de celles qui sont mobiles. Cependant il y a une exception à cette règle : c’est l’articulation du corps des vertèbres, où il y a continuité et mobilité. La symphyse pubienne est aussi en partie continue dans ses surfaces , et a cependant quelquefois des mouvemens obscurs. De là naît une division des articulations mobiles, en celles à surfaces continues, et en celles à surfaces contiguës.

ossÈint.

2°. Articulations immobiles .

Les articulations immobiles sont tantôt à surfaces engrenées, comme celles des os du crâne, où une foule d’aspérités et d’enfoncemens se reçoivent d’une manière réciproque; tantôt à surfaces juxtaposées, comme dans l’articulation du temporal avec le pariétal, des deux os maxillaires supérieurs entre eux ; tantôt à surfaces implantées , comme dans les dents.

Toutes les différentes divisions que je viens d’énoncer se concevront facilement par le tableau suivant : il n’est pas le meme que celui que j’ai donné dans mon Traité des Membranes ; je crois qu’il présente une classification un peu plus utile, en ce qu’il offre pour caractère les deux choses essentielles à connaître dans toute espèce d’articulation mobile, savoir, i° le rapport des surfaces articulaires, qui caractérise les ordres, 20 le nombre des mouvemens de chacune, qui distingue les genres. Il n’y a que des ordres dans les articulations immobiles; parce que, outre le rapport des surfaces , les articulations ne présentent pas assez de différence pour les subdiviser.

Jableau des Articulations.

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