GENRES
Opposition vague,
Circumduçtion et Rotation.
IIe.
Opposition vague, et Circiiracluction.
IIIe.
Opposition bornée.
IYe.
Rotation.
Ve.
Glissement.
IIe.
Immobiles
Ier.
à Surfaces juxtaposées.
IK
à Surfaces engrenées.
IIIe.
à Surfaces implantées.
Après avoir ainsi divisé les articulations, présentons sur chaque classe quelques considérations générales. Mais remarquons auparavant que le tableau précédent, considéré dans les articulations mobiles à surfaces contiguës, indique parfaitement la disposition de ces articulations aux luxations, qui 1 sont d’autant plus fréquentes que les mouvemens !
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sont plus étendus. Le premier genre y est le plus exposé; le dernier en est le moins fréquemment affecté; les autres y sont d’autant plus ou d’autant moins sujets, qu’ils sont plus voisins de l’un ou de l’autre, dans l’ordre indiqué.
§ IL Considérations sur les Articulations mobiles.
La classe des articulations mobiles est la plus importante à considérer, parce que le mécanisme de celles-ci est le plus compliqué des deux ordres composant cette classe, comme nous l’avons vu. Le dernier, ou celui des articulations à surfaces continues, ne nous occupera pas dans ces considérations générales : comme il ne comprend qu’une espèce de mouvement, celui des vertèbres, ce mouvement sera traité dans l’exàmen de l’épine.
L’ordre des articulations mobiles à surfaces contiguës renferme, comme nous l’avons dit, cinq genres caractérisés par leurs mouvemens respectifs.
Premier Genre.
L’opposition vague, la circumd action et la rotation caractérisent ce genre, le premier par l’étendue et le nombre des mouvemens. Les articulations scapulo-bumérale et ilio-fémorale en sont des exemples: elles le composent même exclusivement.
On conçoit pourquoi c’est à la partie supérieure des membres que la nature a placé ce genre. Un double avantage résulte de cette situation. D’un Anati géts. i. in. 5
côté, très-éioigné de la partie du membre immédiatement en butte à Faction des corps extérieurs, il échappe plus facilement aux luxations auxquelles le dispose son peu de solidité. D’un autre côté, il peut, par cette situation, imprimer au membre des raouvemens de totalité qui suppléent à ceux des articulations inférieures, dont la solidité exclut la mobilité en tous sens. Par exemple, les deux articulations dont je viens de parler sont non-seulement les articulations des os qui les forment, de l’humérus et du fémur, mais encore les articulations de tout le membre, qu’elles dirigent en divers sens : aussi l’ankylpse de ces articulations rend-elle le membre complètement inutile, tandis que celle des articulations inférieures en annule seulement les mouvemens partiels.
Le mode de mobilité de ce genre d articulations nécessite une forme arrondie dans ses surfaces articulaires, soit qu’étant concaves elles reçoivent, soit qu’étant convexes elles soient reçues. Cette forme est en effet la seule qui puisse se prêter à l’opposition vague, à 1a. rotation et à la circumduction réu- ! nies ; aussi est-ce celle des parties supérieures de l’humérus avec l’omoplate, et du fémur avec l’os innommé : l’os qui se meut est à surface convexe, , celui qui sert d’appui est à surface concave. Il y a J dans les animaux des exemples d’une disposition inverse, c’est-à-dire qu’une concavité se meut en tous sens sur une convexité; mais l’homme ne présente point cette disposition.
Quoique les deux membres aient entre eux la plus grande analogie par leurs mouvemens, cepen-
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dant il y a quelques différences relatives surtout à leurs usages respectifs , qui sont pour l’un de servir à saisir, à repousser les corps, pour l’autre d’être destiné à la locomotion. La principale de ces différences, c’est que la rotation et la circumduction s’y trouvent en raison exactement inverse. La raison mécanique et les avantages de cette disposition sont faciles à saisir.
Au fémur, la longueur du col, qui est le levier de rotation, détermine beaucoup d’étendue dans ce mouvement, lequel supplée à la pronation et à la supination qui manquent à la jambe, en sorte que toute rotation du pied est un mouvement de totalité du membre. A l’humérus, au contraire, le col très-court, rapprochant de l’axe de l’os le centre du mouvement, borne la rotation, qui est moins nécessaire, à cause de celle de l’avant-bras : le mouvement de la main en dehors ou en dedans n’est donc jamais communiqué que par une partie du membre.
Quant à la circumduction ou au mouvement en fronde , la longueur du col du fémur y est un obstacle. En effet, remarquons que ce mouvement est en général d’autant plus facile, qu’il est exécuté par un levier rectiligne, parce qu’alors l’axe du mouvement est l’axe même du levier; qu’au contraire, si le levier est angulaire, lé mouvement devient d’autant plus difficile, parce que l’axe du mouvement n’est pas celui du levier, et, en général, on peut dire que la difficulté du mouvement est en raison directe de la distance de ces deux axes.
Cela posé , observons que l’axe du mouvement
de circumduction du fémur est évidemment une ligne droite, obliquement dirigée de la tète aux condyles, et éloignée par conséquent, en haut, de Taxe de l’os par tout le col. Or, d’après ce qui vient d’être dit, il est évident que la difficulté de la circumduction sera en raison directe de la longueur du col, et par conséquent assez grande. A l’humérus, au contraire, le col étant très-court, l’axe de l’os et celui du mouvement sont presque confondus : de là la facilité et l’étendue de la circumduction. On pourrait fixer rigoureusement le rapport de ces mouvemens par cette proportion : la circumduction de l’humérus est à celie du fémur comme la longueur du col de l’humérus est à la longueur du col du fémur; ce qui nous mène à déterminer de combien la circumduction du fémur est plus difficile que celle de l’humérus. Il suffit en effet, pour le savoir r de connaître l’excès de longueur du col du premier sur la longueur du col du second.
Il est facile de sentir les avantages de cette étendue très-grande dans la circumduction des membres supérieurs destinés à la préhension , et des bornes mises par la nature à celle des membres inférieurs destinés à la station et à la locomotion. On comprend aussi pourquoi les luxations sont plus faciles dans les premiers que dans les seconds. Le déplacement a presque toujours lieu, en effet, dans un des mouvemens simples dont la succession forme le mouvement composé de circumduction, par exemple, dans l’élévation ou l’abaissement, dans l’adduction ou l’abduction, etc. Or, tous ces mouvemens étant portés bien plus loin à l’humérus qu’au fé- ,
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mur, les surfaces doivent plus facilement s’abandonner.
Second Genre .
Ce genre diffère du premier par l’absence du mouvement de rotation. L’opposition et la circumduction s’y rencontrent seules. On en trouve des exemples dans les articulations temporo-maxillaire , sterno-claviculaire , radio-carpienne , métacarpophalangienne, carpo-métacarpienne du pouce, etc.
Le défaut de rotation suppose évidemment, d’après ce qui a été dit plus haut, l’absence d’une tête osseuse dont l’axe fasse, comme dans le genre précédent, un angle avec l’axe du corps de l’os. Aussi, dans tous les os des articulations que je viens d’indiquer, la surface articulaire est à l’extrémité même de l’os, et non sur le côté; l’axe est le même pour tous deux. Ils forment un levier rectiligne, au lieu d’en représenter un angulaire.
Les surfaces articulaires sont en général, comme dans le cas précédent, uniformes, sans éminences et enfoncemens réciproques; ce qui gênerait, empêcherait même la circumduction. Pour l’os qui sert d’appui, c’est une concavité plus ou moins profonde; pour l’os qui se meut, c’est une convexité analogue. Les surfaces correspondantes du temporal et de l’os maxillaire inférieur, des os du méta > carpe et des premières phalanges (1), etc., sont des exemples de cette disposition.
(1) C’est par mégarde cjue Bicfoat cite ici les articulations
Ce mode articulaire est le plus favorablement disposé pour la circumduction, qui est, comme nous l’avons vu constamment, en raison inverse de la rotation, et qui par conséquent offre la plus grande facilité possible quand le levier est rectiligne, circonstance où la rotation devient nulle. Cependant, dans plusieurs articulations de ce genre, la circumduction est manifestement moins étendue qu’à l’humérus et au fémur; mais cela tient à la disposition des puissances motrices, qui, en beaucoup plus grand nombre dans les articulations de ces deux os, suppléent à la disposition désavantageuse pour la circumduction des surfaces articulaires.
Dans le genre d’articulations qui nous occupe, il y a toujours un sens où le mouvement d’opposition est plus facile que dans les autres ; par exemple, c’est l’élévation et l’abaissement dans la mâchoire , la flexion et l’extension dans les premières phalanges, dans le poignet, etc. En général, il y a deux ligamens latéraux et la capsule dans le sens où les mouvernens sont plus bornés, la capsule seulement dans celui où ils sont plus étendus.
métacarpo-phalangiennes comme exemple d’une tête appartenant à l’os mobile , et d’une cavité située sur l’os qui sert principalement de point d’appui ; ces jointures sont au contraire le modèle d’une disposition inverse. ( F. Blandin. )
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Troisième Genre .
À mesure que vous avançons dans l’examen des genres articulaires, l’étendue de leur mouvement diminue. Celui-ci a de moins que le précédent l’opposition en plusieurs sens et la circumduction , qui suppose toujours une opposition vague. Ici cette opposition est toujours bornée à un sens unique? à celui de la flexion et de l’extension, par exemple.
On rencontre spécialement ce genre articulaire dans le milieu des membres, comme au coude, au genou , au milieu des doigts , dans les articulations des phalanges. Quoique l’os qui les compose inférieurement ne se meuve par lui-même qu’en un sens, cependant il emprunte des mouvemens vagues de l’articulation supérieure du membre, et peut par là se diriger de tous côtés.
Les surfaces articulaires se trouvent ici, comme dans le genre précédent, à l’extrémité de l’os, ayant le même axe que lui 5 mais elles diffèrent, i°en ce qu’il y a plusieurs éminences et^avités qui se reçoivent réciproquement , disposition qui , en permettant le mouvement dans un sens , l’empêche dans les autres. Assez ordinairement ce sont deux espèces de saillies arrondies, nommées condyles , qui roulent d’avant en arrière , ou de dehors en dedans, etc., sur deux cavités analogues, et que sépare une éminence, laquelle est reçue dans l’écartement des condyles, comme 011 le voit aux arti culations fémoro-tibiale, phalangiennes, etc. a0. La largeur des surfaces distingue aussi ce genre du pré «
cèdent; cette largeur assure sa solidité, et prévient les luxations, qui, du reste, sont plus à craindre quand elles arrivent ici, où plus de ligamens sont rompus dans cette circonstance.
îl y a toujours dans ce genre plus d’étendue de mouvement d’un côté, que de celui qui est opposé. En général, toujours la flexion a des limites plus reculées que l’extension: voyez en effet les condyles du fémur, des phalanges, etc., iis s’étendent beaucoup plus loin dans la première que dans la seconde direction : pourquoi? parce que tous nos mouvemens principaux sont de flexion , et que les mouvemens d’extension ne sont, pour ainsi dire, que les modérateurs des premiers, et n’ont pour but que de ramener le membre dans une position d’où il puisse partir pour se fléchir de nouveau (i). Yoilà pourquoi le nombre et la force des fibres sont plus grands dans les fléchisseurs que dans les extenseurs; pourquoi les gros troncs vasculaires et nerveux sont toujours du côté de la flexion, comme
(b) Tout ceci démontre sans réplique la nécessité de grands mouvemens de flexion dansles articulations ging]ymoïdales,mais ne peut être considéré comme la preuve que le champ de l’extension y est plus borné que celui de la flexion. Cette preuve , cette raison, est topte anatomique, et Bichat ne la fournit que très— incomplètement plus bas pour les articulations du coude et du enou. M. Bupuytren , dans sa thèse inaugurale , a résolu cette question. Il à établi , en effet, que les ligamens latéraux , -placés plus près du' sens de la flexion que de celui de V extension , et plus, courts (pie les sphéroïdes osseux auxquels ils sont annexés , sont la çapse de ce phénomène remarquable. ( F. Blandin.)
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on le voit à la cuisse, à la jambe, à l’avant-bras, aux phalanges , etc. Il y a toujours quelque chose qui borne le mouvement du côté de l’extension, comme l’olécrane à l’articulation huméro-cubitale, les ligamens croisés dans l’articulation fémoro-
tibiale, etc.
Quoique, dans le genre qui nous occupe, il n’y ait point de mouvement de circumduction caractérisé, cependant lorsque la jambe ou l’avant-bras sont en flexion, ils peuvent se mouvoir latéralement et même en forme de cône, mai» d’une manière peu sensible. Dans l’extension cela est impossible, parce que les ligamens latéraux, très-tendus, ne prêtent point assez pour laisser l’os s’incliner d’un côté ou de l’autre (1).
(1) Les ligamens latéraux des articulations ginglymoïdales sont, en effet, tendus dans les mouvemens d’extension, et relâchés dans ceux de flexion : ces faits, qui Ressortent de l’explication donnée par M. Dupuytren de la disposition de ces ligamens , explication rapportée dans la note précédente , avaient , comme on le voit, été reconnus par Bichat ; ils interprètent merveilleusement l’attitude particulière qu’affectent exclusivement les membres dont quelques articulations sont le siège d’une vive phlegmasie : ces membres se fléchissent d’une manière proportionnée à l’étendue de la lésion. Voyez, en effet, ce qui arrive au genou, au coude, etc. , lorsqu'ils sont le siège de tum’eurs blanches. Dans cette flexion , les ligamens latéraux, relâchés, laissent plus d’écartement entre les surfaces osseuses correspondantes ; les parties malades sont soumises à une moindre pression , et les douleurs sont d’autant diminuées. Cherchez, dans cet état
de choses, à replacer le membre dans des conditions inverses ; il devient le siège des plus vives douleurs , auxquelles concourt cer-
Quatrième Genre .
Toute espèce d’opposition et de circumduction disparaît dans ce genre, qui ne nous offre plus que la rotation isolée , comme on le voit dans les articulations cubito- radiale , atloïdo-axoïdienne. Tantôt c’est une surface concave roulant sur une convexe, comme au bas du radius, à l’apophyse odontoïde; tantôt c’est une surface convexe se mouvant sur une concave, comme au haut du radius : toujours il y a une espèce de ligament qui complète la surface concave, et qui forme ainsi un anneau tournant sur l’os , ou dans lequel l’os tourne.
Les luxations sont ici très-difficiles, parce que , la rotation se faisant sur l’axe de l’os, les ligamens ne sont guère plus distendus d’un côté que de l’autre, et se rompent par là meme difficilement, quelle que soit détendue du mouvement. La partie inférieure du radius fait un peu exception à cette règle, parce que c’est sur le cubitus, et non précisément sur son axe , que l’os tourne en cet endroit.
La rotation ne se trouve point à la jambe comme à l’avant-bras, parce que, comme nous l’avons vu, celle du fémur, qui est très-étendue, y supplée, ce que l’humérus ne ferait que difficilement par rapport à l’avant-bras, comme on le voit dans les ankylosés de celui-ci.
tainement pour une grande part la pression des surfaces osseuses es unes sur les autres. ( F. Blandin. )
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Cinquième Genre .
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Toute espèce de rotation , d’opposition et de circumduction est nulle dans ce genre , qui est le plus nombreux, et qui renferme les articulations du carpe, du métacarpe, du tarse, du métatarse, des vertèbres entre elles par leurs apophyses articulaires, de l’atlas avec l’occipital, des extrémités humérale de la clavicule , sternale des côtes , supérieure du péroné. 11 n’y a qu’une espèce de glissement plus ou moins obscur, et dans lequel les surfaces osseuses ne s’abandonnent presque pas. Ces surfaces sont presque toutes planes, très-serrées les unes contre les autres , unies par un nombre considérable de ligamens, et tellement fortifiées dans leurs rapports, que les luxations n’y arrivent presque jamais. Une autre raison les rend d’ailleurs difficiles; c’est que tout ce genre d’articulations appartient presque à des os courts : or, on sait que le mouvement imprimé à un os a une efficacité d’action qui est en raison directe de sa longueur, et inverse de sa petitesse ; par exemple , la meme puissance , appliquée à l’extrémité tibiale du fémur, luxera bien plus facilement son extrémité ischiatiqùe, que si elle agit sur le milieu de cet os.
Comme le mouvement isolé de chacune des articulations du cinquième genre est presque nul, la nature en réunit ordinairement plusieurs dans le même endroit, afin de produire un mouvement général sensible, comme on le voit au carpe, au
tarse, aux vertèbres, etc. : c’est encore là une raison de la difficulté des luxations de ce genre articulaire. En effet, quelque violens que soient les mouvemens généraux, deux os pris isolément se meuvent peu l’un sur l’autre; or, ce n’est que l’étendue du mouvement des deux os isolés qui peut en produire le déplacement.
§ IIL Considérations sur les Articulations immobiles.
Nous n’avons indiqué que des ordres dans cette classe, parce que ses variétés ne sont pas assez grandes pour y assigner des genres.
i°. L’ordre des articulations immobiles à surfaces juxta-posées se rencontre là où le seul mécanisme delà partie suffit presque pour assurer la solidité des os, qui se trouvent seulement placés l’un à côté de l’autre, sans tenir par aucune engrenure, et n’ayant entre eux qu’une lame cartilagineuse légère : ainsi les os maxillaires, enclavés entre les pommettes , les unguis , l’ethmoïde , les palatins , le vomer, le coronal, etc., sont soutenus plus par le mécanisme général de la face, que parles liens articulaires qui les unissent l’un à fautre : ainsi la portion écailleuse du temporal soutient-elle le pariétal, plus par le mécanisme des arcs-boutans , que par le mode d’union de leurs surfaces respectives. Otez ce mécanisme général de la partie, vous verrez bientôt toutes les articulations tomber comme d’ elles-mêmes.
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o°. L’ordre des articulations immobiles à surfaces engrenées doit aussi en partie sa solidité au mécanisme général de la région; mais ce mécanisme serait insuffisant pour assurer cette solidité : aussi les os, au lieu de présenter des surfaces presque planes, offrent-ils des aspérités et des enfonce mens trèssensibles qui s'engrènent les uns dans les autres , comme on le voit dans les articulations des pariétaux entre eux, avec le sphénoïde , l’occipital, le coronal , etc. : c’est ce qu’on appelle les sutures. Cet ordre articulaire se rapproche tantôt du précédent, comme dans l’union du pariétal et du coronal , qui, appuyant réciproquement l’un sur l’autre, se soutiennent par ce mécanisme plus encore que par leurs engrenures; tantôt il a plus de rapport avec l’ordre suivant, comme dans l’articulation pariétooccipitale , où des engrenures très-profondes assurent presque seules la solidité de l’union. Cet ordre ne s’observe jamais que sur les bords des os plats ; l’engrenure de ces bords supplée à leur peu de largeur, en multipliant les points de contact. Les éminences et enfoncemens composant l’engrenure ont toujours une grandeur et une forme irrégulières : ils sont exactement moulés les uns sur les autres , et ne se ressemblent point dans deux os de même espèce , et tirés de deux sujets différens; en sorte qu’on ne peut point unir à un pariétal gauche détaché le pariétal droit d’un autre individu. On a beaucoup disputé sur la formation des sutures : elles sont un effet isolé des lois de l’ossification , effet dont nous ne pouvons pas plus rendre raison que de tous les autres, et que des phénomènes généraux;
de l’accroissement : nous verrons la marche quelles suivent dans cette formation. Cet ordre articulaire s’efface peu à peu avec l’âge, et les os se réunissent par l’ossificaiion du léger cartilage intermédiaire. Il est plus rare que l’ordre précédent disparaisse. J’ai vu cependant , dans l’extrême vieillesse , diverses articulations de cet ordre cesser d’être sensibles , celle des os maxillaires entre eux spécialement.
3°. L’ordre des articulations à surfaces implantées n’emprunte nullement sa solidité du mécanisme de la partie ; il la doit entièrement au rapport des surfaces , qui sont tellement unies et embrassées les unes par les autres que tout déplacement est impossible. Il n’y a qu’un exemple de cet ordre articulaire : c’est l’articulation des dents avec les mâchoires.
L’âge n’efface point ici l’articulation (i), et ne confond point par là même les deux os comme dans les ordres précédons , parce que le moyen d’union est la membrane palatine , qui appartient au système muqueux, et qui, par cette organisation, n’a
(i) Par la raison que les dents ne sont point, à proprement parler, des os, ainsi que j’ai eu occasion de le dire plus haut, leur jonction avec les os maxillaires diffère tout-à-fait de celle des os entre eux : ce ne sont pas là enfin des articulations , dans le sens ordinairement attaché à ce terme. Néanmoins , on doit convertir, contre le sentiment de Bichat , que les cas dans lesquels on observe la soudure des dents et de leurs alvéoles ne sont point rares , quoiqu’il ne faille pas considérer comme jels tous ceux rapportés par les 'auteurs* (F, Blandin.) '
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jamais de tendance à l’ossification; au lieu que, dans les cas précédens , le cartilage intermédiaire a une disposition naturelle à s’encroûter de phosphate calcaire.
§ IV. Des Moyens d'union entre les surfaces articulaires.
Les surfaces articulaires s’abandonneraient bientôt si divers organes ne les retenaient en place. Ces organes sont , pour les articulations immobiles , les cartilages et les membranes ; pour les articulations mobiles , les ligamens et les muscles.
Union des Articulations immobiles .
Les deux premiers ordres des articulations immobiles , celles à surfaces engrenées et celles à surfaces juxtaposées , ont des cartilages intermédiaires aux surfaces osseuses , cartilages dont la largeur et l’épaisseur sont d’autant plus grandes qu’on les examine dans un âge plus voisin de l’enfance. Presque tous les os de la tête tiennent entre eux de cette manière , qui leur permet de céder un peu dans les efforts qu’ils essuient , et qui , par conséquent, prévient leurs fractures.
Dans les articulations pelviennes , il y a , outre les cartilages , des ligamens : mais comme ces articulations exécutent, en certains cas, de légers glissemens , on peut les considérer comme intermédiaires aux articulations mobiles et aux immobiles ; c’est pour cela quelles réunissent les deux;
genres d’organes spécialement destinés à affermir les surfaces articulaires de chacune de ces classes , savoir , les cartilages et les ligamens.
Les articulations immobiles à surfaces implantées , ordre qui ne comprend que les dents, n’ont pour moyen d’union entre les surfaces qu’une membrane muqueuse , la palatine. Voilà pourquoi , dans les engorgemens de cette membrane, dans les affections scorbutiques, à la suite de l’usage du mercure, etc., les dents deviennent vacillantes, etc.
Union des Articulations mobiles .
Les articulations mobiles à surfaces contiguës ont spécialement pour moyen d’union les ligamens , que l’on rencontre dans les cinq genres , mais sous des formes différentes, qui seront par la suite examinées. Ce genre d’organes réunit à beaucoup de souplesse une grande résistance, double attribut qu’il doit à sa texture particulière , et qui le rend très-propre à cette fonction. Remarquons cependant que ces deux propriétés sont en raison inverse dans les deux âges extrêmes de la vie , que la souplesse est l’apanage de l’enfant , que la raideur , la résistance sont le caractère des ligamens des vieillards. De là en partie la multiplicité des mouvemens dans un âge , leur lenteur et leur difficulté dans l’autre.
Les cartilages ne sont point dans cet ordre articulaire, comme dans les précédens, moyens d’union , mais moyens de mouvemens par leurs surfaces lisses et polies.
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Quant à la membrane synoviale, qui se rencontre exclusivement dans cet ordre, telle est son extrême ténuité, quelle peut à peine être considérée comme unissant les surfaces, et que son usage paraît être borné à l’exhalation de la synovie.
Il n’en est pas de même des muscles : ils peuvent être en même temps considérés , autour des articulations mobiles, comme des puissances pour la totalité de l’os, et comme des résistances pour ses extrémités, qu’ils empêchent de se déplacer, en for^ mant autour d’elles des appuis dont l’efficacité est proportionnée aux efforts que font ces. extrémités pour se déplacer. En effet , c’est dans les grands mouvemens que ces efforts sont le plus considérables; or, alors les muscles voisins de l’articulation , fortement contractés , durs dans leurs contractions, bornent puissamment la tendance de l’extrémité osseuse à abandonner celle qui lui correspond. Dans le repos, où les muscles relâchés offrent peu de résistance, l’effort à soutenir est nul. Un membre paralysé se luxerait bien plus facilement qu’un autre par l’influence des violences extérieures.
L’ordre des articulations mobiles à surfaces contiguës a pour moyen d’union une substance dont la nature est moyenne à celle des ligamens et à celle des cartilages.
article' y. A