ORGANISATION DU SYSTEME GLANDULEUX
§ Icc. Tissu propre à l organisation de ce système.
Le tissu glanduleux est distinct de la plupart des autres, en ce que la disposition fibreuse lui est absolument étrangère. Les élémens qui le composent ne sont point placés les uns à côté des autres, suivant des lignes longitudinales ou obliques, comme dans les muscles, les organes fibreux, les os, les
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nerfs, etc. Ils se trouvent agglomérés, unis par du tissu cellulaire, et ne présentent qu’une très-faible adhérence. Aussi , tandis que les organes à fibres distinctes résistent beaucoup , surtout dans le sens de leurs fibres, ceux-ci se déchirent au moindre effort , et se rompent même avec facilité. Leur rupture est inégale, pleine de saillies et d’enfoncemens , différence qui les distingue du cartilage , dont la rupture est en général nette. Cette rupture n’est pas aussi facile dans toutes les glandes : la prostate, l’amygdale, les muqueuses, résistent beaucoup plus que le foie et les reins, qui offrent principalement ce phénomène. Le pancréas et les salivaires s’allongent bien un peu sans se rompre lorsqu’on les distend ; mais ce n’est pas leur tissu qui est le siège de ce phénomène, c’est le tissu cellulaire abondant qui les pénètre; aussi leurs différens lobes s’écartent-ils alors, à proportion que les filamens qui leur sont intermédiaires deviennent plus longs.
(Le tissu glanduleux , qu’on appelle assez communèment parenchyme , est en général disposé de trois manières différentes. i°. Dans les salivaires, le pancréas et la lacrymale, il y a des lobes isolés les uns des autres, séparés par beaucoup de tissu cellulaire, résultant de lobes plus petits et qui sont agglomérés entre eux, composés encore de lobes euxmêmes moindres, qu’on nomme grains glanduleux ; le scalpel suit avec facilité les première, seconde, troisième et même quatrième divisions. 20. Dans le foie et le rein, on ne trouve aucune trace des premières de ces divisions, de celles en lobes principaux et même secondaires. Les grains glanduleux,
tous Juxtaposés, ayant entre eux line égale quantité de tissu cellulaire, quantité très-petite, comme nous le verrons, offrent un tissu uniforme, sans inégalité , qui se rompt avec facilité, comme je l’ai dit , et dont la rupture présente des espèces de granulations. 3°. La prostate , l’amygdale , toutes les muqueuses, offrent un parenchyme mou, comme pulpeux, sans apparence ni de lobes principaux ou secondaires, ni meme de grains glanduleux, ne se cassant point, cédant beaucoup plus sous le doigt qui les comprime que celui des autres glandes. Le simple aspect du système glanduleux suffit pour saisir la triple différence que je viens d’indiquer, et qui est essentielle. Les testicules et les mamelles ont une texture particulière, qui ne peut se rapporter à ces différences.
Les auteurs se sont beaucoup occupés de la structure intime des glandes. Malpighi y a admis de petits corps qu’il a crus formés d’une nature particulière. Ruysh a établi qu’elles étaient toutes vasculaires. Négligeons toutes ces questions oiseuses, où l’inspection ni l’expérience ne peuvent nous guider. Commençons à étudier l’anatomie là où les organes commencent à tomber sous nos sens. La marche rigoureuse des sciences dans ce siècle ne s’accommode point de toutes ces hypothèses qui ne faisaient qu’un roman frivole de l’anatomie générale et de la physiologie , dans le siècle passé.
Il est hors de doute que les excréteurs communiquent avec les artères qui pénètrent les glandes: les injections faites dans celles-ci s’échappent avec une extrême facilité par les premiers, sans qu’il y
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ait aucune trace d’extravasation clans la glande; le sang coule souvent en nature par les excréteurs, et détermine tantôt les pissemens sanguinolens, tantôt une salivation rougeâtre, etc. Mais ces faits prouvent-ils qu’il n’y a que des vaisseaux dans les glandes, que le parenchyme particulier dont elles résultent ne dépend pas d’une matière qui leur est propre? Les glandes, comme tous les autres organes, comme les muscles, les os, les membranes muqueuses, etc., ont leur tissu qui les caractérise spécialement, qui n’appartient qu’à elles, tissu dans lequel les artères communiquent et avec les veines et avec les excréteurs. Ne poussons pas nos recherches au-delà; nous nous engagerions inévitablement dans la voie des conjectures. Bornonsnous à examiner quels phénomènes distinguent ce tissu de tous les autres lorsqu’on le soumet aux différens réactifs. C’est déjà beaucoup que de connaître les attributs caractéristiques du système glanduleux, sans chercher quelle en est la nature intime, nature qu’un voile épais recouvre, ainsi que celle de tous les autres systèmes (1).
(i) La communication est-elle directe entre les artères et les conduits excréteurs, ou bien y a-t-il un intermédiaire entre ces deux ordres de vaisseaux ? Les résultats obtenus par Piuysh et par Malpighi à cet égard, quoique opposés , sont pourtant également fondés sur des faits; ce ne sont pas de simples conjectures. Seulement ces anatomistes, tous deux également recommandables , me paraissent avoir fixé leur attention sur des glandes de structure différente. En effet , il est aisé de voir, par la description même du système glanduleux, que les organes qui y sont
Séché à l’air après avoir été coupé par tranches le parenchyme glanduleux perd sa couleur primitive, prend une teinte foncée, noirâtre même dans le foie et dans le rein, ou ii la doit spécialement au
compris, même si l’on restreintle plus possible le nom de glandes, et si on ne l’applique qu’aux parties auxquelles il convient exclusivement, par conséquent en mettant de côté et les follicules ou glandes muqueuses et sébacées dont nous avons parlé à l’article du Système muqueux , et les organes glandiformes , comme le thymus, la thyroïde, les capsules surrénales , etc. , il est aisé de voir , dis-je, que ces organes varient dans leurs propriétés les plus essentielles , et qu’ils possèdent tout au plus quelques caractères c[ui les rapprochent les uns des autres. Ainsi, pour la structure , dont nous avons à nous occuper ici, l’opinion de Ruysh semble-telle parfaitement applicable à quelques- unes deces glandes, comme le foie , le testicule, les reins; tandis que dans d’autres, telles que les glandes lobulées ou conglomérées en général , la doctrine de Malpighi réunit plus de probabilités en sa faveur. Au reste lesrechcrchesexpérimentales peuvent seules ici faire luire la vérité : or elles nous apprennent que là ce tissu est remarquable par son extrême vascularité, tandis qu’ici cette organisation est beaucoup moins apparente ; que d’un côté le passage dans les vaisseaux excréteurs , de la matière poussée par les artères , est rapide, facile et constant, tandis que de l’autre il est lent, difficile, et cju’il manque souvent. Il serait donc possible que dans celles-ci les granulations qu’on aperçoit fussent réellement de petits corps intermédiaires aux artères aux veines, et aux excréteurs, comme le pensait Malpighi, des espèces tle follicules dans lesquels se terminent les unes et d’où partent les autres; tandis que tout serait vasculaire, selon l’hypothèse de Ruysh, dans les glandes de l’autre genre. Peut-être ai-je , par là , donné la raison de l’apparition plus fréquente des excrétions sanguinolentes dans ces dernières, dans le rein surtout, que dans les premières. ( F. Blandin. )
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sang qui pénètre ces glandes, puisque, si on les fait sécher après les en avoir privées par des lotions repétées, elles restent grisâtres après leur dessiccation. Aucun système ne devient plus dur et plus cassant que celui-ci dans cette préparation Il diminue alors moins de volume que la plupart des autres. Quand on le replonge dans l’eau ainsi desséché, il se ramollit, reprend en partie son aspect primitif, et sa tendance à la putréfaction, qui s’en empare tout de suite si on le laisse à l’air nu.
Exposé à l’air de manière à ce qu’il ne se dessèche pas , le tissu glanduleux se putréfie trèspromptement, donne une odeur plus infecte que la plupart des autres : plus d’ammoniaque paraît s’en dégager. C’est surtout le foie qui produit une odeur insupportable dans sa putréfaction. Je ne connais aucun organe qui , conservé dans un bocal plein d’eau pour le faire macérer , laisse échapperas émanations plus désagréables. Le rein est bien moins prompt dans sa putréfaction ; ce qui varie un peu cependant.
Lors de §£ coction , le tissu glanduleux fournit , dans les premiers momens de l’ébullition , une grande quantité de substance grisâtre, qui se mêle d’abord exactement à toute l'eau , qu’elle trouble , puis se ramasse en écume abondante à la superficie de ce fluide. C’est ce tissu, le charnu, le muqueux et le cellulaire , qui donnent le plus d’écume en bouillant , comme c’est le cartilagineux , le tendineux, l’aponévrotique , le fibro-cartilagineux , etc., qui en donnent le moins. Il ne faut pas croire, au
reste, que ce premier produit de la ooçtion soit uniforme dans sa nature : il varie dans chaque système, en qualité comme en quantité. Au moins j’ai observé que son apparence n’est jamais la même, qu’il n’a de constant que son état mousseux, qui encore varie beaucoup , qui même est presque toujours nul dans le système muqueux, etc.
Le bouillon qui résulte de la coction est ici trèschargé en couleur, et paraît contenir beaucoup plus de principes que celui fait avec les organes blancs. Ce serait un objet bien curieux de recher cbes, que l’analyse exacte des bouillons que donne chaque système. J’ai trouvé que dans presque tous l’apparence, la saveur et la couleur , étaient différentes.
Les glandes éprouvent en cuisant un phénomène qui les distingue spécialement : elles durcissent à l’instant de la première ébullition, et se racornissent d’abord comme tous les autres systèmes; mais, tandis que la plupart de ceux-ci se ramollissent de nouveau par une coction long-temps continuée, au point même de devenir pulpeux , les glandes vont toujours en durcissant davantage, en sQrte qu’après cinq ou six heures d’ébullition , elles ont une dureté triple, quadruple même de celle qui leur est naturelle. J’ai fait très-souvent cette expérience , qui du reste est très-connue dans nos cuisines, où, lorsqu’on emploie une glande, on a soin de ne pas trop faire durer sa coction. Le rein du bœuf finit par se
ramollir; ceux du mouton et de l’homme restent
durs pendant beaucoup plus long-temps. Ils se ramollissent cependant plus que le tissu du foie, qui
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est de toutes les glandes celle qui présente l’endurcissement au degré le plus marqué.
Un autre phénomène qui distingue spécialement l’ébullition du système glanduleux, c’est que lorsqu’on le retire à l’instant où il vient d’éprouver le racornissement subit, commun à presque tous les solides animaux plongés dans l’eau bouillante , il n’a point , comme les autres , acquis de l’élasticité. Tirez en sens opposé un tendon , une membrane séreuse ou muqueuse, un muscle racorni, etc., ils s’allongent , et reviennent ensuite sur eux-mêmes d'une manière subite , à l’instant où l’extension cesse ; au contraire, une tranche de foie devenue racornie se rompt quand on la distend , et ne revient jamais sur elle-même. Le tissu de la prostate paraît plus susceptible de prendre alors un peu d’élasticité. La disposition non fibreuse des glandes paraît influer beaucoup sur ce phénomène.
Exposé à l'action subite d’un leu nu très-vif, connue dans le rotissage , le tissu du foie et des autres glandes se crispe et se resserre à l’extérieur. Il en résulte à la surface une espèce d’enveloppe imperméable en partie aux: sucs contenus dans l’organe , qui de cette manière cuitdans ces sucs qui le ramollissent intérieurement. Ce phénomène est du reste commun à tous les solides. Voilà pourquoi on a le soin d’exposer d’abord le rôti , soit musculaire , soit glanduleux, à l’action d’un feu très-vif; ensuite, lorsque le racornissement de sa surface a été produit, on le diminue , et l’organe cuit à petit feu, comme on dit.
Mises dans l’eau en macération , les glandes
cèdent diversement à son action. Le foie y résiste plus que le rein, qui, au bout de deux mois d’expé* riences faites dans des vaisseaux placés dans des caves , a été réduit en une bouillie rougeâtre nageant dans l’eau, tandis que le premier conservait, à la même époque et un peu plus tard, sa forme, sa densité, et avait seulement changé sa couleur rouge en un brun bleuâtre, caractère opposé à celui du rein , qui reste dans la macération tel qu’il est. Les salivaires contiennent beaucoup de cette substance blanchâtre, onctueuse et assez dure, que présentent toutes les parties celluleuses long-temps macérées. Ce n’est pas le tissu glanduleux qui a changé, mais uniquement la graisse contenue dans la cellulosité ici très-abondante.
Les acides agissent à peu près sur le tissu glanduleux comme sur tous les autres : ils le réduisent en une pulpe qui varie dans sa couleur, dans la promptitude de sa formation, suivant celui qu’on emploie. Le sulfurique est constamment le plus efficace pour produire cette pulpe qu’il noircit, tandis que le nitrique la jaunit. Dans l’état de coction , tous les acides agissent beaucoup plus difficilement sur le tissu glanduleux que dans l’état de crudité : mes essais m’ont même prouvé que peu de systèmes offrent cette différence d’une manière plus remarquable.
Les glandes sontunaliment moins digestible, en général, que beaucoup d’autres substances animales, surtout dans l’état de coction, lequel produit sur elles, sous ce rapport, un effet tout opposé à celui qu’il détermine sur les cartilages, sur les ten-
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dons et sur tous les organes fibreux, qui par lui perdent leur densité, deviennent mous, gélatineux, visqueux même, et sont plus tôt dissous par le suc gastrique. Je crois que, en général, nous digérerions beaucoup mieux les glandes en les mangeant crues. Tout le monde sait que plus le foie est cuit , plus il est indigeste. Cela m:a engagé à faire une expérience comparative sur cet organe cuit et cru : déjà une portion restée dans le second état était réduite en pulpe dans l'estomac d’un chien, que l’autre portion , avalée en même temps dans le premier état, commençait seulement à s’altérer.
Des Excréteurs , de leur Origine , de leurs Divisions , etc. — Des Réservoirs glanduleux .
Toutes les glandes ont des conduits destinés à rejeter au dehors le fluide quelles séparent de la masse du sang: or, comme iis ne se trouvent que dans les glandes , on doit les considérer avec le tissu propre de ces organes. L’origine de ces conduits est uniforme dans toutes les glandes. Ils naissent, comme les veines, par une infinité de capillaires, qui forment les dernières ramifications d’une es pèce d’arbre. Ces ramifications paraissent commen cer à chaque grain glanduleux, là où ces grains existent; en sorte que pour chacun , il y en a une, une artère et une veine. Nés ainsi de tout l’intérieur de la glande, cesconduits se réunissent bientôt les uns aux autres, et forment des conduits plus considérables, lesquels traversent ordinairement en ligne
droite îe tissu glanduleux, convergent les uns vers les autres, se réunissent à d’autres conduits encore plus gros, et se terminent différemment.
Sou les rapport de cette terminaison, il faut distinguer les glandes en trois classes. i°. Les unes transmettent leurs fluides par plusieurs conduits , dont chacun est l’assemblage de conduits plus pe- j tits s’ouvrant les uns à côté des autres , mais tous exactement distincts et sans communication. Tantôt , à l’endroit où se terminent ces conduits, on remarque une saillie plus ou moins marquée , comme au sein, comme encore à la prostrate, dont le vérumontanum est une espèce de mamelon. Tantôt c’est une dépression, une sorte de cul-de- sac qui se trouve à l’endroit des orifices, comme dans l’amygdale, sur la langue, au trou borgne, etc. Quelquefois la surface où s’ouvrent les conduits divers d’une glande est lisse et égale, comme pour ceux de la glande lacrymale, de la sublinguale, de presque toutes les muqueuses, etc. 20. D’autres glandes versent leurfluide par un seul conduit, comme les parotides , le pancréas , les sublinguales, etc. Cette disposition n’est qu’une modification de la précédente : Là où s’ouvre le conduit, on ne distingue ordinairement aucune inégalité; la surface est lisse. 3°. Tl est des glandes qui , avant de rejeter leur fluide au dehors parleur excréteur, le déposent un certain temps dans un réservoir où il séjourne pour être ensuite expulsé : tels sont les reins, le foie, le testicule, etc. Il y a toujours ici deux excréteurs , l’un qui va de la glande au réservoir , l’autre du ré-
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servoirau dehors. Ces réservoirs font évidemment système avec leur conduit excréteur (1).
Quoique la première et la seconde espèces de glandes n’aient point de réservoirs, cependant on peut jusqu’à un certain point considérer comme telles les diverses ramifications de leurs excréteurs. En effet, ces ramifications, ainsi que celles des excréteurs des glandes à réservoir, sont habituellement pleines du fluide qui est sécrété dans ces organes : quelle qu’aitété l’espèce de mort, on fait suinter toujours le fluide prostatique en comprimant la glande, souvent même j’ai déterminé par compression un jet très-sensible ; les mamelons du rein versent aussi constamment burine par pression ; le foie coupé par tranches laisse échapper des divisions du canal hépatique la bile en nature; la semence se rencontre constamment dans les tortuosités du conduit déférent; les vaisseaux lactifères gardent le lait dans leur cavité , jusqu’à ce qu’il soit évacué, et même il n’a pas d’autre réservoir (2); le volume plus ou moins considérable du sein pendant la lactation ne
(1) Un appareil de sécrétion glandulaire peut être plus ou
moins complet comme Bichat le fait remarquer dans ce passage ; le plus haut degré de complication consiste , comme il le dit , dans l’existence d’une poche qui contient le fluide sécrété nendant quelque temps avant son excrétion au dehors. Suivant M. Blainville, un appareil complet de sécrétion glandulaire se compose de quatre élémens : i° d’une glande ou organe formateur ; 20 d’un conduit vecteur; 3° d’une cavité de dépôt du fluide ; 4° d’un canal excréteur. (F. Blandin.)
(2) Les ramifications d’origine des conduits excréteurs de
dépend que du plus ou du moins de plénitude de ces vaisseaux, etc. C’est même à cette circonstance qu’il faut rapporter le goût particulier de chaque tissu glanduleux, qui emprunte toujours quelques particules sapides du fluide qu’il sépare : on sait que le rein a constamment une odeur mineuse, surtout dans les animaux un peu vieux, etc. C’est à cela aussi que je rapporte la différence de putréfac-
tion que j’ai observée entre’ cet organe et le foie : on sait que la bile subit plus tôt la fermentation putride que l’urine; celle-ci, lorsqu’elle est très-acide,
--certaines glandes ne peuvent être considérées comme les analogues de la cavité de dépôt , que l’on trouve dans certains appareils de sécrétion ; car dans ces derniers, outre l’organe de dépôt, le canal excréteur commence également par des ramifications, dans lesquelles on trouve en plus ou moins grande abondance le fluide de la glande. Bichat invoque à l’appui de cette théorie anatomique très-peu soutenable, à mon avis, ce qui arrive aux conduits excréteurs du sein , qui gardent, dit-il, le lait dans leur cavité jusqu’à ce qu’il soit évacué , et même il ajoute : « Le lait n’a pas d’autres réservoirs. » Cet exemple est mal choisi ; ou plutôt c’était le seul qui pût être invoqué ici , et cependant il dépose entièrement contre la théorie que je combats, et il ne lui est favorable qu’en apparence : en effet , l’appareil delà sécrétion lactée est un appareil complet, et très— complet; non-seulement on y rencontre les quatre parties essentielles, mais encore il présente plusieurs organes de dépôt : l’organe formateur est la glande mammaire ; les conduits vecteurs sont les conduits lactifères qui naissent de cette glande; les organes de dépôt sont les sinus placés à la base du mamelon ; enfin les conduits excréteurs véritables sont les canaux dont l’ensemble forme le mamelon.
(F. Blandin.)
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peut même préserver jusqu’à un certain point de la putréfaction: or, exposez-y comparativement le foie et le rein, celui-ci sera presque toujours le dernier à pourrir, comme je l’ai dit.
Il paraît qu’en général le trajet des fluides dans les excréteurs est beaucoup moins rapide que celui du sang dans les veines, et même que celui de la lymphe dans les absorbans; cela est même mis hors de doute par les considérations suivantes. L’urine coule continuellement par les uretères, comme les fistules aux lombes le prouvent manifestement (i) : or , pendant le temps où la vessie se remplit par cet écoulement non interrompu, il coulerait, par
(i) L’écoulement continu de l’urine dans la vessie par les uretères, est une de ces propositions que tous les auteurs répètent à i’envi, et que tous les médecins considèrent comme un des axiomes scientifiques les mieux établis. Long-temps j’ai partagé cette opinion; elibien! cependant rien n’est moins exact. Quelques ex-
Ipériences que j’ai faites sur des animaux , et l’observation directe sur l’homme, m’ont démontré de la manière la plus évidente, i ° que le fluide urinaire ne pénètre dans la vessie que dans certains intstans, assez rapprochés les uns des autres; 2° que les parois de l’ouverture de l’uretère dans la vessie sont, dans certains momens , affaissées les unes sur les autres , et qu’alors l’urine ne coule point du tout; mais que bientôt, l’ouverture devenant subitement béante, L’urine la distend , et se répand en nappe sur le bas-fond de la vessie, jusqu’à ce que l’écoulement s’arrête , et que l’ouverture se resserre. Sur un animal vivant , en ouvrant la vessie , on observe facilement ces phénomènes. J’en ai été témoin plusieurs fois sur des individus affectés d ’cxstrophie clc la vessie. Tout récemment surtout, on m’a amené à l’hôpital Beaujon un enfant sur lequel j’ai fait constater ce fait aux élèves qui m’entouraient.
(F. Blandin.) i5
AïUT, GÉN, T, IY.
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une veine égale à l’uretère en diamètre, une quantité de sang dix fois plus grande , et par le canal thoracique bien plus de lymphe. Cependant cette rapidité de mouvement est sujette à beaucoup de variétés : dans la rémittence des glandes, elle est deux fois moindre que dans leur période d’activité; les fistules saliv. ires en sont une preuve; on sait combien les uretères transmettent promptement l’urine de la boisson, etc.
Volume , Direction , Terminaison des Excréteurs.
Le volume des excréteurs varie. i°. Ceux qui sortent en certain nombre d’une même glande sont très-petits, souvent même à peine perceptibles. Ils parcourent communément leur trajet en ligne droite, n’ont entre eux aucune anastomose , et s’ouvrent tout de suite en sortant de la glande. a°.^üeux qui sont uniques sont, plus gros, toujours proportionnés au volume de leur glande, excepté cependant l’hépatique, qui est manifestement très-petit en comparaison de la sienne. Ils parcourent leur trajet hors de leur glande, naissent de conduitsaussi gros que le sont ceux des précédentes; en sorte que, si un tronc unique naissait des excréteurs isolés de celles-ci, elles ressembleraient en tout aux autres. Elles n’en diffèrent qu’en ce que leurs excréteurs secondaires s’ouvrent tout de suite à leur surface , au lieu qu’ils se réunissent en un tronc commun dans les autres. Le pancréas est le seul où ce tronc commun marche caché dans la glande même. ïl n’y a que le testiculeoù il décrit des tortuosités, et où
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à cause de cela, il est plus long que le trajet qu’il parcourt.
Quelle que soit leur disposition , les excréteurs versent tous leur fluide ou à l’extérieur, comme l’urètre et les uretères, les laclifères, les conduits des glandes sébacées, etc.; ou à l’intérieur des membranes muqueuses, comme les excréteurs muqueux, salivaires, pancréatique, prostatique et hépatique. Les deux surfaces cutanée et muqueuse sont donc les seules où se terminent les excréteurs, les seules que leurs fluides humectent. Jamais on ne voit ces conduits s’ouvrir sur les surfaces séreuses ou synoviales. Les excréteurs des prétendues glandes articulaires seraient, s’ils existaient, une exception aux lois de l’organisation générale. Jamais les excréteurs ne s’ouvrent dans le tissu cellulaire : si cela arrive accidentellement, ondes dépôts surviennent par l’irritation qui en résulte, comme dans les fistules urinaires; ou des callosités se forment dans le trajet du fluide excrété, et garantissent ainsi le système cellulaire d’une infiltration funeste.
D’après cela, on doit considérer le tube muqueux des intestins comme une espèce d’excréteur général ajouté aux excréteurs hépatique, pancréatique, etc. , et qui rejette en masse au dehors tous les fluides qui sont isolément versés par ces conduits dans son intérieur. E11 effet, tous les fluides sécrétés paraissent, comme je l’ai dit, être destinés à sortir du corps. Séparés de la masse du sang, ils lui sont hétérogènes, et n’y rentrent point dans l’état naturel. Quoique contenus encore dans les Cavités à surfa-
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ces muqueuses, on peut les considérer vraiment comme hors de nos parties. En effet, ces surfaces sont de véritables tégumens intérieurs, destinés à garantir les organes du contact des substances qu’elles contiennent, contact qui leur serait inévitablement funeste.
Remarques sur les Fluides sécrétés.
La destination des fluides sécrétés à sortirai! dehors, destination qui est incontestable dans l’urine, dans la bile qui colore les excrémens, dans la salive, etc. , m’a fait croire pendant long-temps que l’introduction de ces fluides dans le système san- | guin devait produire les accidens les plus funestes. J’étais d’ailleurs fondé, i° sur mes expériences, où j’ai toujours vu, comme je l’ai dit, l’urine, la bile, etc. , injectées dans le tissu cellulaire, n’être point absorbées, mais occasioner des dépôts; 20 sur les infiltrations accidentelles de l’urine dans les environs de la vessie, d’où naissent toujours des dépôts; 3° sur les suites funestes de l’épanchement de ce fluide dans le péritoine lors de la taille par le haut appareil, de la bile sur la même surface dans certaines plaies pénétrantes, double circonstance où ces fluides ne rentrent jamais dans le sang par voie d’absorption, comme la sérosité péritonéale, mais occasionent presque toujours la mort; L\ sur une expérience où j’avais vu périr un chien peu après l’injection de l’urine dans la jugulaire. Toutes ces considérations m’avaient fait soupçonner que , réintroduits dans la masse du sang, les fluides sécrétés
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étaient toujours mortels au bout d’un certain temps, et que , comme l’ont cru des médecins dont l’opinion est d’un grand poids, tout ce qu’on dit de labile épanchée dans le sang dans les maladies bilieuses n’est qu’une suite d’idées vagues dont rien ne prouve la réalité. Cependant l’intérêt de cette question, pour les théories médicales, m’a engagé à la résoudre par les expériences, d’une manière qui ne laissât aucun doute.
J’ai donc injecté par la veine jugulaire de plusieurs chiens de la bile prise dans la vésicule d’autres chiens que j’ouvrais en même temps. Pendant les premiers jours ils étaient fatigués, ne mangeaient point, étaient très-altérés, avaient les yeux ternes, restaient couchés; mais, après un certain temps, ils reprenaient peu à peu leur vigueur primitive. Je me suis servi ensuite pour ces expériences de la bile humaine: elles ont eu le même résultat, excepté que, dans plusieurs circonstances, l’animal éprouvait des hoquets et des vomissemens quelque temps après l’injection. Une ser.le fois le chien est mort trois heures après l’expérience; mais c’est que j’avais employé ce fluide d’un noir extrêmement foncé qu’on trouve quelquefois dans la vésicule au lieu de bile, qui a l’apparence d’une encre épaisse, et qui paraît être pour beaucoup dans les vomissemens de matière noire qu’on rend en certains cas.
Ces premières expériences m’ont engagé à en tenter de nouvelles avec la salive : j’en en’ obtenu le même résultat ; seulement l’état de langueur qui a succédé à l’injection a été moins sensible. J’ai ensuite employé le mucus nasal suspendu dans une
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suffisante quantité d’eau, car il ne s’y dissout presque pas. Enfin l’urine elle-même a été injectée plusieurs fois , non celle de la boisson , qui n’est qu’aqueuse, mais celle de la coction. Les chiens ont été plus malades, mais ne sont point morts, excepté un qui a péri au septième jour dans cette dernière expérience. Je l’ai répétée plusieurs fois, à cause de celle que j’avais faite il y a trois ans; le même résultat a toujours eu lieu , ce qui m’a fait présumer que, peu habitué encore alors aux expériences , j’aurai par mégarde introduit une bulle d’air avec la seringue, ce qui aura produit la mort de l’animal (i).
Voilà donc une question évidemment résolue par l’expérience : les fluides sécrétés , quoique destinés à être rejetés au dehors dans l’état naturel, peuvent rentrer dans le torrent circulatoire sans causer la mort de l’animal, qui en ressent seulement un trouble plus on moins grand suivant la nature du fluide injecté. D’après cela, que la bile circule ou non avec le sang dans les fièvres bilieuses, c’est ce que je n’examine point; mais certainement elle peut y circuler après avoir été absorbée dans ses canaux. Je ne doute pas que, dans les résorptions purulentes, le pus ne circule en nature dans le système sanguin^); j’avoue que je n’ai point fait d’expériences
(i) Dans une note précédente j’ai relevé l’erreur dans laquelle Bichat est tombé touchant le danger de l’injection d’une seule bulle d’air dans les veines : on a vu que Nysten en a injecté beaucoup plus sans produire la* mort, terminaison qui n’est que la
conséquence d’une injection très-abondante de ce gaz.
(F. Blandis.)
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sur l’injection de ce fluide, mais je m’en occuperai incessamment.
Nous exagérons tout. Sans doute, les solides, auxquels les forces vitales sont surtout inhérentes, se trouvent spécialement affectés dans les maladies • mais pourquoi les fluides ne le seraient-ils pas aussi? pourquoi n’y chercherions-nous pas des causes de maladies comme dans les solides?
(i) Déjà il a été question dans plusieurs notes des résorptions purulentes ; mais je dois y revenir ici, d’une part, à cause de l’importance du sujet , et d’un autre côté, parce que Biehat émet, clans ce passage en particulier, relativement à l'absorption du pus et à sa circulation en nature dans les vaisseaux, des idées qui me paraissent contestables. Nul doute que du pus bien pondait été souvent trouvé dans le système vasculaire, nul doute que l’on ne puisse aisément en démontrer la présence , nul doute aussi , selon moi , que le pus en nature ne circule quelquelois au sein de notre corps , mêlé intimement avec le sang; mais ce dernier point est difficile à mettre en lumière : pour cela il faudrait que la chimie nous apprît à séparer du sang les élémens constitutifs du pus , ce qu’elle n’a pas fait , et ce qu’elle ne me paraît pas capable de faire de long-temps. Mais en supposant cette importante question résolue à tout jamais , il resterait encore à déterminer, si le pus qui circule quelquefois en nature avec le sang, a été porté dans les vaisseaux par absorption , ou bien s’il y a été formé de toutes pièces, sous l’in fluence d’un travail inflammatoire .intérieur. Sur ce point, les pathologistes diffèrent entre eux complètement : pour moi , je crois que les vaisseaux absorbent le pus comme les autres fluides; mais je crois fermement que jamais ils ne l’absorbent en nature, et qu’au contraire , ils le font disparaître élément par élément, comme il arrive pour l’absorption de tous les fluides composés; et cela me paraît si peu contestable, que je n’hésite point à dire que l’absorption du pus par les vaisseaux n’est pas, et ne peut pas être chose nuisible. En effet , les élémens absorbables
Il est des cas où ceux-ci sont primitivement affectés et où les fluides ne le sont que consécutivement : ainsi dans le cancer, dans les affections du foie, de la rate , etc. , dans la plupart des lésions organiques, les diverses nuances jaunâtres, grisâtres, brunâtres, verdâtres même, etc., qui se répandent
de ce fluide ne sont, après tout, que de l’eau, de l'albumine, etc., substances qui concourent aussi à la composition de presque toutes nos parties, et du sang lui-même , seulement dans des proportions qui varient à tout instant. Or, qui ne voit que l’absorption du pus, non altéré cependant, ne modifie pas le sang autrement que l’absorption des différens élémens de nos tissus propres dans les mouvemens nutritifs de décomposition? Qui pourrait nier que l’on eût fait faire à la thérapeutique chirurgicale des abcès un remarquable progrès , si , au lieu de donner issue au dehors à la matière qu’ils contiennent, on trouvait le moyen de faire absorber plus ou moins lentement cette matière par les vaisseaux? N’a-t-on pas vu souvent des collections purulentes considérables, survenues à la suite de bubons, disparaître par résorption sous l’influence de frictions mercurielles sur la tumeur, ou de tout autre traitement approprié, sans qu’il survîntle moindre accident susceptible d’être attribué à celle résorption? Je pourrais à l’infini multiplier ces citations, et invoquer les exemples de la résorption de collections purulentes de la plèvre, du péritoine, de certains abcès souscutanés; mais tous ces faits sont si vulgaires, et si bien appréciés que la chose serait superflue. Si l’absorption du pus, semblable à celle du sang et des autres fluidescomposés, n’arrive point en nature , mais élément par élément ; et si, d’autre part , cette absorption exercée par les vaisseaux autour desquels le pus s’est formé n’est point nuisible , quelle est donc la cause des accidens formidables qui font si souvent irruption tout à coup chez les individus affectés de vastes suppurations dans un point du corps? Déjà, nous l’avons dit pus haut, à l’occasion du système veineux, ces phénomènes nouveaux et graves sont le résultat d’une phlegmasie
GLANDULEUX
sur la face, sont un indice des altérations consécu. tïves que les fluides ont éprouvées dans leur couleur et par conséquent dans leur nature.
Dans d’autres cas, l’affection commence par ceuxci, comme quand le venin de la vipère est introduit dans le sang, comme dans les résorptions du pus des dépôts extérieurs, de celui des foyers des phthisies, comme dans l’absorption des divers principes
de l’un des deux ordres des vaisseaux centripètes, dans un point plus ou moins voisin de celui où la suppuration indiquée a son siège ; et le pus que, dans ces cas, l’on trouve dans le système vasculaire n’y est point arrivé par absorption , mais au contraire il s’y est formé de toutes pièces. Les circonstances dans lesquelles on voit survenir les accidens attribués faussement à la résorption purulente, témoignent bautement, selon inci , en faveur de leur véritable cause, c’est-à-dire l’inflammation des veines ou des vaisseaux lymphatiques. En effet, i° on ne les observe jamais à la suite des abcès chroniques, entourés d’une faible inflammation , si ce n’est lorsque ces abcès ont été ouverts, et que l’air s’étant insinué dans leur foyer , a vivement irrité au loin leurs parois ; 2° ils sont communs à la suite des opérations qui ont nécessité un certain nombre de ligatures vasculaires ; 3° on doit les redouter d’autant plus que la suppuration s’est établie dans une partie plus remarquable par le développement de ses veines ;
1 4U l’inflammation des aréoles veineuses des tissus érectiles, lorsqu’elle se termine par suppuration , entraine inévitablement et constamment des accidens semblables ; 5° enfin, la phlébite bien caractérisée, celle sur la nature de laquelle on peut le moins élever de doute , se traduit à l’extérieur par un appareil de symptômes complètement semblables à ceux que l’on regarde, à tort, comme caractéristiques de la résorption du pus ; elle est l’occasion du développement rapide, dans lesvdscères intérieurs, d’altérations tout-à-fait identiques à celles que l’on attribue à la résorption.
En résumé , dans un certain nombre de cas , trop souvent
Îi34 SYSTÈME
contagieux. Il est hors de doute que les diverses substances qui peuvent s’introduire avec le chyle dans le sang sont la cause de diverses maladies : n’est-ce pas 3e sang qui porte au cerveau les principes narcotiques qui font dormir? n’est-ce pas lui qui porte aux reins la térébenthine et les cantharides, aux salivaires le mercure, etc.? Injectez dans les veines de l’opium, du vin, etc., vous assoupirez l’animal comme si vous les lui donniez par la digestion.
On s’est beaucoup occupé dans un temps des infusions médicamenteuses dans les veines des animaux vivans. On faisait circuler par ces infusions des purgatifs, des émétiques, et mille autres substances étrangères, dont le sang supportait le contact sans causer d’autres accidens à l’animal que celui des vomissemens et des évacuations alvines si c’étaient des purgatifs ou des émétiques, et un trouble général plus ou moins grand si c’étaient
malheureusement , bien plus souvent surtout que ne le croyaient nos devanciers, du pus circule en nature dans nos vaisseaux, mélangé avec le sang ; mais loin d’ètre arrivé à cet état par voie de résorption dans le système vasculaire , il s’y est formé de toutes pièces, sous l’influence d’un travail inflammatoire intérieur, travail que les veines en particulier sont susceptibles de concevoir avec la plus grande facilité. La résorption du pus se fait tout autrement qu’on ne le croit généralement ; jamais ce fluide n’est absorbé comme pus , et sans être décomposé. Enfin l’absorption du pus dans le lieu où il a été formé , et parles vaisseaux qui en ont fourni les éiémens, n’est pas, et ne peut pasètri nuisible, si préalablement il n’a pas été altéré dans sa composition.
( F. Blandin. )
GLANDULEUX. 2:35
d’autres substances étrangères qui n’eussent d’affinité avec aucun organe déterminé.
Les caustiques, comme l’acide nitrique, le sulfurique et autres substances très-irritantes , ont seuls causé la mort dans ces curieuses expériences dont Haller a présenté le tableau , et qui prouvent que diverses substances absolument hétérogènes au sang peuvent y circuler, qu’il est un torrent commun où se meuvent confondus une foule de principes différens les uns des autres , mais qui ne doivent pas toujours être essentiellement les mêmes. On a négligé, dans ces expériences, la partie la plus importante, celle de l’infusion des divers fluides anim.aux, des fluides sécrétés en particulier, et plus encore des fluides produits accidentellement dans les maladies. Je pense que les différentes résorptions pourront être très-éclairées par l’infusion des diverses espèces de pus , de sanie, etc. Mais nous avons déjà assez de faits pour assurer que les fluides, et surtout le sang, peuvent être malades; que diverses
■ substances hétérogènes, se mêlant àlui , peuventagir d’une manière funeste sur les solides. En effet, toute matière âcre, irritante sans être mortelle, précipite faction du cœur et donne une véritable fièvre .si an l’injecte dans les veines. Dans tous ces cas, il faut bien toujours que les solides agissent, car tous les phénomènes maladifs supposent presque leurs altérations; mais le principe de ces altérations est dans les fluides; ils sont les excitans, et les solides les organes excités: or, s’il n’y a point d’excitans, l’excitation est nulle, et les solides restent calmes.
Enfin il est des cas où toute l’éco
omie semble
a36 SYSTÈME
simultanément affectée et dans ses solides et dan ses fluides : telles sont les fièvres adynamiques, où en même temps qu’une prostration générale s’em
pare des premiers, les seconds semblent véritable
ment se décomposer.
N’exagérons donc point les théories médicales voyons la nature dans les maladies comme elle es dans l’état de santé , où les solides élaborent le: fluides, en même temps et par là même qu’ils son excités par eux. C’est un commerce réciproque d’ac tion ? où tout se succède , s’enchaîne et se lie. No: abstractions n’existent presque jamais dans la nature. Nous adoptons ordinairement un certain nom lire de principes généraux en médecine , et non: nous habituons ensuite à déduire de ces principes, comme des conséquences nécessaires , toutes les explications des maladies. Il y a dans les phénomène; physiques une régularité, une uniformité qui ne st trahissent jamais. Dans la morale même, il est un certain nombre de principes avoués de tous les hommes, qui les diligent et qui règlent leurs actions : de là une uniformité constante dans notre manière d’envisager les phénomènes moraux et physiques; de là l’habitude de partir toujours des mêmes principes, en raisonnant sur eux. Nous avons transporté cette habitude dans l’étude de l’économie vivante, sans considérer qu’elle varie sans cesse ses phénomènes, que, dans la même circonstance, ils ne sont presque jamais les mêmes, qu’ils s’exaltent et diminuent sans cesse, et prennent mille modifications diverses. La nature semble à tout instant bizarre, capricieuse , inconséquente dans leur pro-
GLANDULEUX
GLANDULEUX. 9. 3 7
duction, parce que l’essence des lois qui président à ces prénomènes n’est point la même que celle des lois physiques (i).
Je remarque que les expériences dont je viens d’indiquer le résultat pour les fluides excrétés contrastent avec celles que j’ai publiées l’an dernier, et dans lesquelles ces mêmes fluides ont été toujours mortels à l’instant où on les poussait du côté du cerveau parla carotide. C’est là un phénomène général à tous les fluides irritans, soit tirés de l’économie, soit étrangers : ils frappent de mort dès qu’ils parviennent à l’organe cérébral sans avoir subi d’altération et par une injection immédiate; tandis qu’on
(1 ) La nature semble a tout instant bizarre , capricieuse , in— conséquente dans la production des phénomènes , parce que l’essence des lois qui président à ces phénomènes n est point la meme que celle des lois physiques. Celte cause est-elle bien réelle , ou bien cette variabilité des actions vitales ne nous apparailelle pas seulement parce que nous ne savons pas encore apprécier les conditions diverses, tant intérieures qu’extérieures , des êtres organisés? C’est là une question ardue , sur laquelle il est difficile, pour ne point dire impossible , de se prononcer dans l’état ■actuel de la science. Déjà, dans plusieurs des notes que j’ai ajoutées à l’introduction de cet ouvrage , sans décider la question encore en litige de l’essence des lois vitales, j’ai cependant dû faire remarquer que les faits cités généralement à l’appui de la doctrine de leur séparation absolue des lois physiques, sont loin d’être aussi concluans qu’ils le paraissent au premier abord, circonstance aperçue , au reste, par plusieurs physiologistes, et telle, qu’elle motive suffisamment le doute philosophique dans lequel nous persisterons , sous ce rapport, jusqu’à ce que l’on ait fait luire de nouvelles clartés sur cette matière.
(F. Blandin.)
a38 SYSTÈME
peut les injecter impunément dans les veines , comme l’ont prouvé les expériences des médecins du siècle passé. On peut même sans danger, comme je l’ai observé, les introduire dans le système artériel, du côté opposé au cerveau, comme dans la crurale, par exemple. Les fluides mêlés au sang noir se débarrassent-ils de quelques principes par la respiration avant d’arriver au cerveau, ou bien le phénomène précédent tient-il à d’autres causesPJel’ignore, J’observe seulement que tout ce qui n’est pas sang artériel , le sang noir et la sérosité même , fait périt quand on le pousse par la carotide. L’eau seule esl impunément injectée. Quand les principes irritans sont très-délayés dans ce fluide, leur contact esl moins funeste : j’ai vu l’urine peu colorée ne paî produire la mort (i\
(i) On sait parfaitement aujourd’hui que, dans les injections faites sur un animal vivant , du tronc de la carotide vers le cer- A-eau , l’animal périt Lien plutôt par suite de l’effort que l’or exerce sur le système capillaire encéphalique , et à.cause des ruptures et compressions qui en sont la conséquence, qu’en raison de l’action délétère de ces substances sur la pulpe nerveuse. Cela est si vrai , que l’eau , qui est très-pénétrante , et qui par conséquent traverse aisément le système capillaire cérébral, ne produit presque pas d’accidens, tandis que les autres liquides sont d’autant plus nuisibles, en général, que leur miscibilité au sang et leur ténuité sont moins grandes. (F. Blandin. )
GLANDULEUX
Structure des Excréteurs.
Tous les excréteursont une membrane intérieure pii est muqueuse, laquelle est une continuation les surfaces muqueuse ou cutanée sur lesquelles ils ,e terminent. Mais, outre cela , tous présentent une j enveloppe extérieure qui forme comme l’écorce de :é canal muqueux. Cette écorce est très-épaisse dans ;e conduit déférent, où elle présente une texture >eu connue. Dans l’urètre, elle est de nature spongieuse et aréolaire, remplie de beaucoup de sang, *t analogue au gland, qui en est une continuaion (i). Dans les uretères, dans les conduits hépaique, salivaire, etc., c’est ce tissu cellulaire extrênement dense et serré dont nous avons parlé, qui, )ar sa texture, se rapproche de celle du tissu cellu» ■ aire artériel, veineux, etc., et qui diffère essentielement du tissu cellulaire ordinaire, comme de ’inter-musculaire, etc. Il ne paraît pas qu’il y ait Sans ces conduits de membrane différente de ce issu dense et de la surface muqueuse.
Chaque excréteur a ses vaisseaux : les uretères ■eçoivent manifestement des branches artérielles les rénales, des spermatiques, etc., etc.; l’hépati-
(x) Cette proposition n’est vraie que pour la portion lutbopongieuse de l’urètre. En effet , au niveau des portions memiraneuse et prostatique , il en est autrement. Dans le premier xoint , la membrane muqueuse est doublée par des libres charmes, tandis que dans le second, le tissu dense de la prostate rem- >lit les mêmes fonctions. ( F. Blandin. )
que en donne au conduit cholédoque; la transversale de la face au conduit de Sténon, etc., etc. Divers nerfs venant des ganglions accompagnent les artères et les veines correspondantes : cependant j’ai constamment observé que jamais il n’y a autour de ces conduits un plexus aussi marqué qn’autour de la plupart des artères.
Les excréteurs ont principalement les propriétés vitales du système muqueux, qui les forme en grande partie; leurs sympathies sont aussi à peu près de même nature.
§11. Parties communes à V organisation du Système I glanduleux.
Tissu cellulaire.
Les glandes diffèrent beaucoup par le tissu cellulaire qui entre dans leur structure : on peut même en faire deux classes sous ce rapport.
Dans toutes les salivaires, dans le pancréas, dans la lacrymale, dans toutes les glandes à parenchyme granulé et blanchâtre, il est-très abondant. Chaque corps glanduleux est divisé en lobes très-distinctement isolés par des rainures que remplit ce tissu, et qui déterminent la forme bosselée à l’extérieur de cette espece de glande : non-seulement chaque lobe, mais encore chaque lobule, chaque grain glanduleux même a aussi pour limite le tissu cellulaire. Sous ce rapport, cette sorte de glande est véritablement un assemblage de petits corps distincts,
GLA.NDULEUX.
qui, isolés les uns des autres, rempliraient aussi bien leurs fonctions : c’est ce qu’on voit aux parotides, où diverses glandes accessoires se rencontrent souvent sur le trajet du canal de Stenon, et sont parfaitement indépendantes de la glande principale. Tantôt il y a continuité, tantôt isolement entre la sous- maxillaire et la sublinguale, etc. Le tissu cellulaire est souvent chargé de beaucoup de graisse dans cette espèce de glande : cela est remarquable surtout dans le sein, dont le volume dent tantôt au tissu glanduleux, comme dans les eunes personnes, où ce tissu prédomine sur la graisse, tantôt à la prédominance de ce fluide, tomme on le voit au-delà de la quarantième année, orsque cette glande conserve un volume considérable. Le tact reconnaît aisément la différence, par a mollesse et la flaccidité de l’organe clans le second tas, par sa résistance et sa fermeté dans le prenicr. Souvent, dans l’âge de la puberté, c’est aussi e tissu cellulaire graisseux qui augmente le voume de cet organe : voilà comment d’une mamelle rès-grosse jaillit souvent peu de lait, tandis que l’une plus petite s’en écoule beaucoup. Dans les ensations voluptueuses que nous éprouvons à la ;ue de cet organe, nous distinguons très-bien, ans le savoir, le sein dont la saillie est réelle, d’arec celui où elle n’est que fictive , et où la graisse oulève seulement la peau de la mamelle. Il est rare pie, dans les salivaires, le pancréas, etc., le tissu ;ellulaire prédomine autant, que la graisse s’y accumule surtout en quantité aussi considérable. J’ai vu cependant des cas où la parotide ressemblait à un Anat. gés. t. iv. s6
muscle graisseux, mais il n’y avait point augmenta tion de volume.
Dans le testicule, dont les portions parenchymateuses sont isolées comme dans les précédentes, i n’y a point de tissu cellulaire pour moyen d’union on trouve entre chaque grain des espèces de fils qui paraissent être des excréteurs et non de vérita blés lames celluleuses.
Dans les glandes à parenchyme serré , comme L foie, le rein, la prostate, les muqueuses, etc. etc. il y a très-peu de tissu cellulaire : en les déchiran en divers sens, elles se rompent sans montrer de lames intermédiaires. Jamais on ne trouve de graiss accumulée dans leur parenchyme. L’état graisseu du foie, qui arrive dans une foule de maladies, e qui n’est point, comme on l’a cru, une affection es sentiellement concomitante des phthisies, offre u phénomène tout différent du sein et des salivaire devenus graisseux. La graisse entre alors comm élément dans la texture de l’organe; elle est, à sa égard, ce qu’était sa substance colorante, quelle pour ainsi dire remplacée : elle ne se trouve poir dans des cellules. Du reste on peut l’extraire pa l’ébullition, et j’ai observé qu’il en nage beaucou à la surface de l’eau où l’on met bouillir de sen blables foies. Le rein a aussi de la graisse dans so intérieur; mais c’est autour du bassinet et non dai son parenchyme propre. L’amygdale, la prostate , 1< glandes muqueuses, etc., n’en offrent jamais. La sér sité ne s’épanche point non plus dans le tissu d glandes à parenchyme serré : la leucophlegmatie plus complète les laisse intactes sous ce rapport.
GLANDULEUX
Cependant on ne saurait douter que le tissu cellulaire n’existe dans ces glandes : la macération l’y démontre. Dans les tumeurs fongueuses qui en naissent on en trouve beaucoup. C’est principalement autour des vaisseaux qu’il se rencontre : la capsule de Glisson en est un exemple. Il arrive même souvent, comme je l’ai fait observer, que ce tissu devient malade, le tissu de la glande restant sain : ainsi voit-on se développer des stéatômes dans le foie, des kystes séreux dans le rein, des hydatides dans tous deux, diverses productions dans les autres, sans que la sécrétion soit nullement troublée. C’est dans le foie surtout qu’on fait biences observations : son volume est triplé, quadruplé même souvent par des tumeurs intérieures, sans que son tissu se soit accru - ce tissu dilaté forme entre ces tumeurs, des espèces de cloisons où la bile se sépare comme à l’ordinaire. La même chose arrive dans le rein où se trouvent des kystes séreux : quelquefois- ces kystes s’y agrandissent au point que tout le tissu glanduleux est détruit, et qu’il ne reste à sa place qu’une grande poche séparée par des cloisons membraneuses et remplie de sérosité. Je conserve trois reins de cette espèce.
Vaisseaux sanguins.
Toutes les glandes qu’une membrane n’enveloppe point reçoivent de tous côtés leurs artères. Une foule de ramuscuîes venant des vaisseaux voisins pénètrent par toute la superficie des salivaires, du pancréas, des lacrymales, etc. Ces artères serpen-
tent d’abord dans l’intervalle des lobes, se ramifient ensuite entre les lobules et pénètrent enfin dans les
grains. Chacun d’eux a la sienne; tontes communi-
quent ensemble; en sorte que celle de la sousmaxillaire et celle de la sublinguale se remplissent par une injection isolée faite au moyen de petits tubes dans la sous-mentale, dans la maxillaire externe prise au dessus du bord maxillaire, ou dans la linguale, tout aussi bien que par l’injection du tronc même de la carotide externe.
Dans les glandes environnées d’une membrane, comme le foie, le rein, le testicule, etc., les artères ne pénètrent que d’un coté , ordinairement dans une scissure plus ou moins profonde, et par un seul tronc, qui est très-considérable et qui se partage quelquefois en plusieurs branches plus ou moins volumineuses. Cette partie de la glande où pénètre l’artère est toujours la plus éloignée de l’action des corps extérieurs, remarque commune à tous les organes importuns, comme le poumon, les intestins, la rate, etc., qui présentent toujours au dehors leur surface convexe, celle où les vaisseaux sont le plus ramifiés; en sorte que l’endroit où leur lésion peut arriver est celui où l’hémorrhagie est le moins à craindre. Une fois parvenue dans la glande, l’artère principale s’y divise bientôt en diverses branches qui s’écartent et se subdivisent à mesure quelles s’approchent de la convexité. Elles laissent dans leur trajet beaucoup de rameaux dans le corps même de la glande, puis se terminent par un grand nombre de capillaires à sa convexité. Souvent même
elle percent l’organe , et se ramifient entre lui et
GLANDULEUX
]a membrane qui le recouvre : par exemple, en injectant l’artère hépatique, si le foie est à nu, on voit toutàcoup paraître sur sa convexité une foule de petites stries noirâtres qui tiennent à cette cause. Le meilleur moyen de bien voir le système artériel glanduleux est d’injecter un rein avec une substance solide, d’en détruire ensuite le parenchyme par la macération ou par tout autre moyen : l’arbre artériel reste alors nu et exactement isolé. Les cabinets contiennent beaucoup de ces préparations.
Les gros troncs artériels serpentant dans les glandes leur communiquent un mouvement intestin très-favorable à leur fonction. Ce mouvement est d’autant plus marqué que presque tous ces organes, très-rapprochés du coeur parleur position au tronc, sont pour ainsi dire sous le choc immédiat de ses contractions. Les salivaires, les muqueuses de la bouche et la lacrymale d’une part, le testicule, la prostate et les muqueuses des parties génitales de l’autre , offrent les extrêmes de cette position. Une t autre cause qui favorise le choc des glandes par l’abord du sang, c’est que presque toutes les artères jui s’y rendent ne parcourent qu’un très-court trajet aour y arriver. La spermatique seule fait exception il cette règle: aussi tout, dans la sécrétion de la senence, semble-t-il être caractérisé par une lenteur •emarquable. A ce mouvement habituel imprimé iux glandes par l’abord du sang, doit être ajouté :elui qui leur est communiqué par les organes voiiins, et qui les entretient dans une excitation haaituelle qui est plus nécessaire encore à leur sécréion qu’à leur excrétion. On a trop négligé d’avoir
égard , dans l’action des organes , aux mouvemens habituels dont ils sont agités : l’exemple du cerveau aurait du cependant fixer sur ce point l’attention des physiologistes.
Les veines, partout continues aux artères, suivent dans le système glanduleux la même distribution; elles les accompagnent presque partout. On ne voit point un plan superficiel et un profond comme dans beaucoup d’autres organes. Le foie est le seul exemple où le sang rouge pénètre par un coté, et où le sang noir sorte par le côteopposé.
Le plus grand nombre des veines du système glanduleux versent leursang dans le système à sang noir général ; et comme plusieurs glandes son très-voisines du cœur, le reflux que ce System éprouve souvent se fait sentir jusqu’à elles. Ce phé nomène est surtout remarquable dans le foie , oi les veines hépatiques s’ouvrent très-peu au dessou de l’oreillette droite. Voilà pourquoi, toutes les foi que cette oreillette est considérablement distendue comme dans les asphyxies et dans les morts où 1 poumon embarrassé oppose un obstacle au sang, 1 foie est gorgé d’une quantité beaucoup plus grand de ce fluide. J’ai fait constamment cette observî lion. Pesez comparativement cet organe quand l’c reillette est pleine , et quand elle est vide sur 1 cadavre , après avoir préliminairement lié tous se vaisseaux , vous trouverez une très-grande diffe rence. Par la même raison , vous observerez u rapport constant entre la pesanteur du foie et cell du poumon, pourvu toutefois qu’une altération moi
GLANDULEUX
bifique de tissu dans l’un d’eux ne soit
^ pas cause
de la mort. Les veines de plusieurs glandes, comme celles des muqueuses de l’estomac , des intestins , comme celles de la prostate, etc. , versent leur sang dans le système à sang noir abdominal (1). Il n’y a guère, dans le système qui nous occupe, que ces veines, celles surtout des glandes placées dans le bassin , qui deviennent variqueuses : les varices de la prostate sont fréquentes, comme on le sait.
Du Sang des Glandes.
La quantité de sang qui se trouve habituellement dans les glandes varie singulièrement ; on peut même, sous ce rapport , les diviser en trois classes. i°. Dans les salivaires, la lacrymale, le pancréas, etc., on en trouve assez peu. Il ne fournit point de matière colorante à ces organes, qui sont blanchâtres, et qui, dans la macération, ne teignent que deux ou trois eaux en rouçe. 20. Dans les glandes muqueuses, la prostate, le testicule et l’amygdale, on en trouve un peu plus. 3°. Le foie et le rein en renferment une si grande quantité qu’il n’y a, sous ce rapport, aucune proportion entre eux et le reste du système glanduleux. Gela dépend un peu , dans
(1) Les veines de la prostate ne se rendent point vers la veineporte ; elles forment autour du col de la vessie un plexus remarquable, dans lequel se jettent les veines vésicales et celles qui reviennent du dos de la verge , plexus qui se termine par quelques grosses branches dans la veine hypogasrtique.
( F. Blandin. )
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le premier , de la cause indiquée plus haut; aussi en contient-il souvent plus que le second, mais ce n’en est pas la cause essentielle. Après les morts par hémorrhagie , où il n’y a point de reflux, dans le foie ou le rein subitement extraits d'un animal vivant, etc., on fait la même observation. En faisant macérer ces glandes , il faut renouveler au moins douze fois l’eau avant quelle cesse d’être sanguinolente. Voilà pourquoi , quand on les conserve dans l’alcool pour une maladie organique dont elles sont le siège, il faut les faire long-temps macérer auparavant; sans cela la liqueur est bientôt troublée par le sang. C’est cette quantité de sang qui donne à ces glandes un poids proportionnellement plus grand que celui des autres parties. C’est d’elle que leur vient leur couleur rouge, qu’aucune autre ne présente au même degré, mais qui n’est pas plus fortement inhérente à leur tissu que celle des surfaces muqueuses ou des muscles. En effet, on l’enlève avec la même facilité par des lotions répétées. Alors le foie se présente sous un aspect grisâtre, qui paraît être la couleur inhérente à son tissu, comme le blanc est celle de la fibre charnue. Le rein semble un peu moins emprunter sa couleur du sang : il reste en partie rouge dans les macérations ; la pulpe même qui en est le produit, après quelques mois de séjour dans l’eau, qu’on a changée souvent, présente encore en partie cette couleur , bien moindre cependant que dans l’état naturel.
Est-ce que l’état des sécrétions fait varier la quantité du sang glanduleux ? Plus de ce fluide
GLANDULEUX
aborde-t-il au rein pendant qu’il fournit beaucoup d’urine que pendant qu’il en sépare peu; ou bien la même quantité arrivant par les artères , est-ce qu'il en revient moins par les veines dans la premier que dans le second cas? C’est un objet intéressant d’expériences.
Le sang change-t-il de nature en arrivant aux glandes ? Prend-il une composition particulière avant de pénétrer chacune? On parle beaucoup de ce changement, nécessaire, clit-on, à la sécrétion : mais, pour qu’il ait lieu, il faut qu’une cause le produise; or ici quelle serait cette cause? Le sang ne circule-t-il pas dans les troncs qui vont aux glandes comme dans les autres ? Il faudrait donc que la glande fût entourée d’une atmosphère qui agit sur le sang à une certaine distance du lieu où elle se trouve; idée vague, qui n’est fondée sur rien de solide, et qu’on ne lit que dans les livres de ceux qui ne font point d’expériences. J’ai tiré du sang de la carotide, de la spermatique , de l’hépatique , de la rénale , etc. ; il est également rouge , rutilant et coagulable : dans le même animal, il est impossible que les sens saisissent la moindre différence.
J’observe que la sécrétion diffère essentiellement de la nutrition , en ce qu’elle puise toujours les matières de ses fluides dans le sang rouge, au lieu que la seconde prend souvent les siens dans les fluides blancs , comme on le voit pour les tendons , les cartilages , les poils , etc.
Les glandes reçoivent deux espèces de nerfs. i°. Les cérébraux se trouvent presque exclusive-
a5o SYSTÈME
ment dans les lacrymales, les salivaires, l’amygdale , etc. 2°. Les testicules, la prostate, le foie, en reçoivent du cerveau et des ganglions en proportion presque égale. 3°. Le rein et le plus grand nombre des glandes muqueuses, etc., ne sont presque pénétrés que par ceux des ganglions. Cet aperçu sur les nerfs ne doit s’entendre que de ceux qui sont libres et indépendans des artères ; car chaque tronc artériel pénétrant une glande est entouré d’un réseau nerveux appartenant au système des ganglions, qui est très-marqué dans les grosses glandes, comme dans le foie et le rein où ce réseau vient du ganglion semi-lunaire, dans les salivaires où il vient du cervical supérieur , dans le testicule où il vient des ganglions lombaires, etc.
Comparés au volume des glandes , les nerfs sont en petite proportion , quoi qu’en ait dit Bordeu. Il ne faut point en effet juger de cette proportion par ceux de la parotide et des sous-maxillaires, lesquels ne font que traverser ces glandes sans s’y arrêter, et en y laissant seulement quelques rameaux. Par exemple, il n’y a certainement pas d’organe dans l’économie, parmi ceux qui reçoivent des nerfs, qui , à proportion de son volume , en admette moins que le foie.
Au reste , les nerfs pénètrent à peu près dans les glandes comme les vaisseaux , c’est-àdire, i° de tous les côtés pour celles qui n’ont point de membrane ; a0 par un sillon seulement pour celles qui en sont revêtues. Ils se divisent et se subdivisent dès qu’ils y sont parvenus , et bientôt on les perd entièrement de vue.
GLANDULEUX
Jamais il n’existe de ganglions dans l’intérieur même des glandes (i).
Les nerfs influent-ils sur les sécrétions? Cela est probable, puisque toute glande en est pourvue; mais il s’en faut de beaucoup qu’ils exercent sur cette fonction une influence aussi immédiate que beaucoup de médecins le prétendent. i°. On dit qu’on a coupé les nerfs de la parotide, et que la sécrétion de la salive a été supprimée. Cette section est manifestement impossible, puisqu’il faudrait extirper la glande avant d’enlever ses nerfs. 2°. J’ai divisé les nerfs du testicule d’un chien, seule glande où l’on puisse faire cette expérience. Je n’ai pu avoir de résultat , parce que l’inflammation de la glande est survenue, et quelle est tombée en suppuration : mais cette suppuration même suppose que l’influx nerveux n’est pas actuellement nécessaire pour la sécrétion, puisque la suppuration se fait par un mécanisme analogue à celui de cette fonction. Tous les médecins savent qu’un membre paralysé peut s’enflammer et suppurer. 3°. L’érection et l’éjaculation de la semence ont lieu dans la paralysie de la moitié inférieure du corps, où au moins les nerfs de la prostate sont entièrement paralysés. M. Ivan m’a rapporté l’exemple d’un militaire qui avîiit gagné une gonorrhée en cet état. l\°. On sait que la vessie étant complètement paralysée, ses nerfs
(i) Le ganglion sous-maxillaire décrit par M. Hippolyte Cloquet fait exception à cette règle; il est placé entre les deux loLes principaux de la glande dont il porte le nom.
( F. Blandin. )
n’ayant plus aucune action, ses glandes muqueuses continuent toujours à sécréter leur fluide, au point même de produire un catarrhe. 5°. La narine du côté malade , dans l’hémiplégie , est aussi humide qu’à l’ordinaire; l’oreille de ce côté se remplit également de cérumen. 6°. Dans les paralysies de la luette, ses glandes ne cessent pas leur action, y0. En coupant la huitième paire d’un côté à un chien, on trouve quelque jours après les bronches de ce j côté tout aussi humides de mucosités. 8°. Pendant les convulsions des diverses parties où il y a des glandes, quand les nerfs de ces glandes sont plus excités par conséquent, leur sécrétion n’augmente point. 9*. Si on pèse les preuves données par Bordeu sur l’influence des nerfs sur les sécrétions, on verra quelles sont ou appuyées sur des faits faux, comme ceux de la section , du sommeil , etc., ou sur desdon-
les médecins n’attachent point d’idées assez précises au mot influence ner-
(i) Tout ce qui est relatif à l’action propre des glandes est en général très-peu connu, comme tous les phénomènes qui se passent dans l’intimité des organes. Tout ce qu’on sait sur ceux de la sécrétion glanduleuse se horne à peu près à ceci : du sang contenant les matériaux de la sécrétion arrive aux glandes par les artères , excepté pour le foie , qui le reçoit des veines et des artères. Ce sang, en traversant les glandes, y éprouve des changemens par suite desquels un liquide totalement différent de lui est produit. Mais ces changemens se font-ils brusquement ou lentement , et à mesure que le sang avance dans son cours , et quelle est leur nature? Sont-ils simplement un résultat de la configuration des parties et un phénomène purement mécanique ? est-ce une action chimique ou galvanique qui les détermine, doctrine
nées vagues (i). En général,
GLA3VDULE0X.
veuse : l’habitude des expériences montre combien on en a abusé. Toutes les fois que, un nerf étant coupé, paralysé, ou irrité, d’une manière quelconque, l’organe qui le reçoit n’en ressent aucun trouble dans ses fonctions, certainement nous ne pouvons apprécier l’influence nerveuse sur cet or-
qui, pour le dire en passant, règne aujourd’hui dans beaucoup d’écoles? est-ce une suite de l’influence nerveuse , ou enfin toutes ces causes y concourent— elles à la fois? Yoilàce qu’on ignore.
Quant à cette dernière influence , celle des nerfs dans les sécrétions , il est probable qu’elle existe , comme le dit Bichat , quoiqu’il soit très-difficile de s’en assurer directement. La section de tous les nerfs d’une glande, imaginée par Bordeu , est presque partout impraticable. On trouvera sans doute peu concluantes les expériences rapportées plus haut par Bicbat. En voici d’autres qui ne le sont peut-être guère plus , mais dans lesquelles pourtant les résultats semblent un peu plus prononcés , et paraissent d’ailleurs d’autant plus remarquables qu’ils sont en contradiction manifeste avec les premiers : ces expériences sont dues à M. Brodie.
i°. Le cerveau ayant été enlevé, la respiration étant entretenue artificiellement afin que la circulation ne s’arrête pas , et que l’animal continue de vivre , l’urine n’a plus été sécrétée. Ce fait ne prouve pas positivement, il est vrai, que l’action cérébrale influe sur la fonction qu’a le rein de sécréter l’urine ; car il se pourrait que la circulation fût affaiblie dans ce cas au point de rendre la sécrétion moins active ; néanmoins c’est une forte présomption pour croire à cette influence.
2°. Pour pouvoir apprécier le mode d’influence des nerfs de la huitième paire sur la sécrétion muqueuse de la face interne de l’estomac , sécrétion trop peu abondante dans l’état naturel pour qu’on obtienne des résultats bien tranchés , on a cherché à en augmenter les produits en donnant à un animal l’arsenic et d’autres substances vénéneuses de la classe des poisons corrosifs , les-
gane. Je ne dis point quelle n’existe pas, mais je soutiens que nous ne la connaissons nullement, et qu’on ne doit pas employer au hasard un mot auquel on ne saurait attacher de sens précis. Quel mot emploierez-vous donc pour exprimer l’influence des nerfs sur les organes des sens, sur les muscles volontaires, etc., si le même vous sert à exprimer une action qui n’a aucun rapport avec celle-là , et qui peut-être même n’existe pas ?
Exhalons et Ahsorhans.
Ce genre de vaisseaux est peu connu dans l’intérieur des glandes, où il ne remplit que les usages de nutrition.
quels produisent, entre autres phénomènes, une accumulation des fluides muqueux et autres verses habituellement à la face interne de l’estomac : les nerfs de la huitième paire ont ensuite été coupés. A la mort de l’animal , 011 n’a point trouvé cet amas de fluides qui ne manque jamais dans toute autre circonstance. Il semble résulter de là que l’intégrité de ces nerfs est nécessaire pour que les glandes ou follicules muqueux de l’estomac répondent aux excitans qui leur sont directement appliqués.
( Béclard. )
GLANDULEUX
ARTICLE III