IV. État du Système glanduleux chez le vieillard
Chez le vieillard, les glandes deviennent de plus :n plus consistantes et dures. Déjà même avant leur ieillesse, les animaux ne nous offrent plus de mets >our nos tables dans leur système glanduleux. Le oie, le rein, la rate, etc., ne sont associés au tissu harnu, dans le bouilli ordinaire, que pour lui ommu niquer quelques sels , quelques principes avoureux étrangers à ce tissu : on ne les mange •as , ou du moins ils sont peu agréables au goût, lie poumon, qui contient une si grande quantité e glandes muqueuses , n’offre un aliment très-diestibleque dans le veau: celui du bœuf est rejeté e nos tables , surtout lorsque l’animal est un peu ieux. Je remarque à ce sujet que les systèmes auseulaire et glanduleux sont en ordre inverse our la digestion, au moins dans l’état de coction ù nous les réduisons pour nous en nourrir. En efît, le système glanduleux n’a une saveur agréable, .'est même bien digestible que dans les jeunes animaux, tandis qu’à cet âge le musculaire est fade, et [u’il ne devient un aliment savoureux que vers le adieu de la vie.
Dans l’extrême vieillesse, la couleur des glandes
AîUT. GÉN. T, m JQ
change moins que celle de la plupart des autre I organes : on trouve le foie, le rein, etc., presqu aussi pleins de sang que dans l’adulte ; ils sont auss rouges; tandis que, pâles et décolorés, les muscle annoncent par leur nuance que peu de sang y pént trait clans les derniers temps. On dirait que cefluid abandonne d’abord la peau et les muscles de la vi animale, qui dans le tronc lui sont subjacens , ej qui dans les membres se trouvent très-éloignés cl cœur, ou du moins qu’il diminue beaucoup dan les deux systèmes, et qu’il se concentre dans les 01 ganes situés au voisinage du cœur : aussi les sécrc tions sont-elles très-abondantes encore chez le vieillards, tandis que les forces musculaires, ner veuses, etc. , sont considérablement affaiblies. Le reins sécrètent encore beaucoup d’urine; le foie rc jette beaucoup de bile, quoique ce dernier aitperd en partie l’espèce de prédominance qu’il exerçai dans l’économie vers la quarantième année. On sa que les catarrhes, très-fréquens alors, indiquer un accroissement d’action des glandes muqueuse Le- testicule et les mamelles ont depuis long-temj: cessé leurs fonctions.
L’activité des glandes restant en exercice para dépendre de deux causes. r°. La décomposition étai très-marquée à cet âge, beaucoup de substances : présentent à ces glandes pour être rejetées au d hors. Le vieillard décroît par un phénomène oppo: à l’accroissement rapide du fœtus, où le systèu glanduleux ne rejetait presque rien hors de l’éc< nomie. 20. La peau, racornie et resserrée , cessai en partie d’ètre un émonctoire deS produits de
GLANDULEUX
lécomposition, les glandes suppléent à ses foncions. Les systèmes cutané et glanduleux sont alors dans le même rapport qu’en hiver et que dans les pays froids, ou nous avons vu que le second supplée :onstamment au premier.
En général, le système glanduleux est un de ceux aù la vie s’éteint le plus lentement : dans les cadavres des vieillards, on trouve encore la bile remplissant la vésicule, la vessie pleine d’urine, etc.; toutes les glandes comprimées, la prostate elle-même, laissent : échapper de leurs excréteurs une quantité abondante de fluide. J’ai même observé que, par cette compression , on exprime constamment plus de fluide dans le vieillard que dans l’enfant. Plus les animaux sont vieux, plus leur rein, comme on sait, garde l'odeur urineuse. Le poumon, qui est si abon-
Idant en surfaces muqueuses, en glandes par conséquent, n’est point flétri ni racorni chez le vieillard ; il remplit ses fonctions avec autant de précision que
1 pendant la jeunesse.
En général, c’est un phénomène très -remarquable que tous les organes intérieurs principaux, le foie , le rein, la rate, le cœur, les poumons, etc., conservent encore une force vitale très-prononcée, tandis que les organes sensitifs et locomoteurs, déjà presque épuisés , ont^mpu en partie les communications qui lient l’individu aux objets qui l’entourent (1).
(1) anatomie pathologique du ststîime glanduleux. L’extrême diversité qui règne dans ce système fait qu’il est
presque impossible de décrire d’une manière générale les altérations pathologiques des glandes; il J a trop de particularités appartenant à l’anatomie descriptive, trop peu de points communs ; il faudrait presque autant de divisions qu’il y a d’organes compris sous le nom d c glandes ; c’est comme pour la description de ce tissu considéré dans l’état naturel : ce que nous allons en dire en sera une preuve.
§ Ier. Alterations dans les formes extérieures.
L’accroissement de volume a été indiqué (page ai i ) pour les glandes paires, ainsi que les circonstances dans lesquelles il a lieu : les glandes impaires , comme le foie, l’éprouvent rarement sans qu’il s’y joigne une altération de tissu.
L’atrophie survient de deux manières, savoir: i° par com-ffl pression ; comme par une pression extérieure long-temps continuée , ou lorsqu’une tumeur a détruit peu à peu l’intérieur de l’organe (page a55) ; 2° par défaut d’exercice, comme cela arrive pour certaines glandes par les progrès de l’âge.
On connaît toutes les variétés de consistance , toutes les différences de couleur que présente le foie dans les maladies. Le testicule, le rein, en offrent'aussi quelques-unes ; les autres glandes sont beaucoup moins sujettes à ce genre d’altération.
Des déplacemens s’observent dans ceux de ces organes situés dans la cavité abdominale , quelques-uns d’entre eux, tels que la rate, pouvant être attirés dans des hernies.
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§ IL Altérations dans V organisation.
L’inflammation des glandes affecte plutôt celles a' tissu compacte , serré , que les granulées ; cependant la mamelle y est particulièrement disposée. Au resté, il faut distinguer cette inflammation de celle du tissu cellulaire et des glandes lymphatiques voisines , comme cela est important surtout pour la parotide , que l’on croit souvent enflammée , tandis que son tissu est sain et que le cellulaire qui l’environne est seul affecté. Cette iaflammatiou
GLANDULEUX. 20)3
amène rarement la gangrène ; au contraire , la suppuration , l’induration , en sont des suites fréquentes.
Quelques glandes placées à l’extérieur, comprises dans des plaies, deviennent la base d’une cicatrice celluleuse; mais le tissu glanduleux ne se reproduit point.
L’extrême fréquence des transformations de tout genre, dans le système qui nous occupe, a déjà fixé l’attention de Bichat (page 264). Cependant il est encore indispensable d’établir une distinction sous ce rapport. En effet, x° la plupart de ces transformations ont été observées dans le foie, le rein, le testicule, la mamelle , soit qu’elles soient formées de tissus analogues à ceux qui existent dans l’état naturel , soit que des tissus totalement étrangers à l’économie , hors l’état de maladie, les constituent; 2° qui ne sait , au contraire , combien elles sont rares dans les glandes lacrymales, dans les salivaires , et même jusqu’à un certain point, dans le pancréas?
§ III. Altérations dans le développement.
Malgré les nombreuses irrégularités de formes que peuvent offrir lesglandes , il ne faut pas cependant prendre à la lettre tout ce qui a été dit ( page 20g) de la fréquence de ces irrégularités, comparée à leur rareté dans les organes de la vie animale. La différence n’est pas , à beaucoup près , aussi tranchée que Bichat l’a prétendu : nous avons vu ailleurs que le cerveau n’a pas toujours exactement la même conformation dans ses deux hémisphères , que Bichat en était lui-même une preuve. Son crâne présente en effet cette singularité, que le front est beaucoup plus saillant à droite qu’à gauche, et qu’une disposition inverse existe à l’occiput , d’où devait résulter une inégalité de volume à droite et à gauche, dans les lobes antérieurs et postérieurs du cerveau. Les os , les muscles , les nerfs , offrent des variétés analogues. D’un autre côté , les glandes ne sont pas tellement variables que cela puisse fournir un caractère suffisant pour les distinguer des organes précédens. Leurs variétés sont souvent insignifiantes : de même que, sur un os, un sillon, un trou vasculaire, une empreinte tendineuse , n’ont pas toujours exactement la même po-
2g4 système glanduleux.
sition , la même étendue , la même direction ; de même que , dans un muscle, la longueur des fibres charnues, la hauteur à laquelle se prolonge le tendon , la situation et le nombre des intersections, etc., varient à l’infini, peu importe que, dans une glande, un lobe soit un peu plus gros, un bord plus ou moins échancré , une extrémité plus ou moins prolongée, etc.
Au reste , les formes glanduleuses sont plus ou moins constantes , suivant les organes dans lesquels on les examine. Le rein présente à lui seul presque autant de variétés que toutes les autres glandes ensemble : tantôt unique ou réuni à celui du côte opposé, tantôt divisé, comme dans le fœtus, en plusieurs lobes, tantôt situé dans le bassin ou au devant de la colonne vertébrale, il est peu de sujets qui l’aient parfaitement semblable. Le foie , les salivaires , les laerymales, etc. , offrent moins de ces différences.
Le tissu glanduleux ne se produit jamais accidentellement.
(Béclard.)
SYSTÈME DERMOÏDE.
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SYSTÈME DERMOÏDE.
Tous les animaux se trouvent enveloppés d’une membrane plus ou moins dense, proportionnée, en général, par son épaisseur au volume de leur corps, destinée et à garantir les parties subjacentes , et à rejeter au dehors une portion considérable de leur résidu nutritif et digestif, et à le mettre en rapport avec les corps extérieurs. C’est pour l’homme une limite sensitive, placée à l’extrémité du domaine de son âme, où ces corps viennent sans cesse heurter, afin d’établir les relations de sa vie animale, et de lier ainsi son existence à celle de tout ce qui l’entoure. Cette enveloppe est le derme ou la peau. Nous appellerons son ensemble Système dermoïde.
ARTICLE PREMIER