FORMES DU SYSTÈME DERMOÏDE
Proportionnée aux parties extérieures qu’elle recouvre, l’enveloppe que forme ce système s’applique sur ces parties , se moule à leurs grandes inégalités, en laisse prononcer les saillies extérieures les plus sensibles, mais nous en dérobe un grand nombre,
à cause de leur peu de volume : aussi l’aspect de l’écorché est-il très-différent de celui du cadavre.
Partout continue, cette enveloppe se réfléchit à travers différentes ouvertures dans l’intérieur du corps, et va donner naissance au système muqueux. Les limites de l’un et de l’autre système sont constamment marquées par une ligne rougeâtre : en dedans de cette ligne est le muqueux, en dehors le dermoïde (1). Cependant la démarcation n’est pas aussi tranchée dans l’organisation que dans la couleur. Tous deux se confondent d’une manière insensible : au voisinage des ouvertures, de celles de la face spécialement, le dermoïde s’amincit; au commencement de ces ouvertures, le muqueux emprunte plus ou moins, comme je l’ai dit, les carac^ tère du premier.
(1) Cette ligne de démarcation est loin d’exister partout. On l’observe , sans doute , sur le bord libre des ouvertures palpébrales et buccale, mais elle manque tout-à-fait en dehors des organes génitaux et de l’anus. Dans ces derniers points , au contraire , on voit graduellement la membrane tégumentairc extérieure prendre sous le rapport de la couleur , comme sous tous les autres, les caractères muqueux; et en réalité il y a impossibilité de dire précisément le lieu où finit la peau, et celui où commence la membrane muqueuse.
( F. Blandin. )
DERMOIDE.
§ Ier. Surface externe du Système dermoïde .
Partout contiguë à l’épiderme, cette surface est remarquable par les poils qui la couvrent, par l’humeur huileuse qui la lubrifie habituellement , par la sueur qui s’y dépose, par le tact dont elle est le siège, et auquel sa surface interne est étrangère. Nous ferons dans cet article abstraction de ces divers objets, pour ne considérer que les formes dermoïdes extérieures.
On voit sur cette surface différentes espèces de plis :
i°. Les uns dépendent des muscles subjacens , qui, intimement adhérens au derme, faisant presque corps avec lui, le rident lorsqu’ils se contractent. Telles sont les rides du front, que l’épicranien produit; celles en forme de rayons que l’orbiculaire grave autour des paupières, etc.; celles dont les joues sont le siège, lorsque les grand et petit zygomatiques, le canin, etc., se contractent; celles dont l’orbiculaire des lèvres environne la bouche , lorsqu’il la fronce en rétrécissant son ouverture, etc. Tous ces plis dépendent de ce que, d’un côté, la peau ne peut se contracter comme les muscles, et que, d’un autre côté, il faut quelle occupe moins d’espace en longueur à l’instant où ceux-ci se raccourcissent. Ils sont de même nature que ceux dont les surfaces muqueuses, celle de l’estomac en particulier, deviennent le siège dans la contraction du plan charnu qui leur est contigu. Aussi la direction de ces plis est-elle toujours perpendiculaire à celle des muscles
subjacens, dont ils coupent les fibres à angle droit. Nos habitudes ont rnis beaucoup d’importance à l’existence de ces rides dans l’expression des passions, sans doute parce quelles sont alors très-marquées. En effet, la largeur de la face de l’homme la rend très-propre à leur développement, tandis que celle des animaux est mal conformée pour les produire. Aussi leur œil est-il, plus que les traits de leur figure, le tableau mobile que les sentimens divers de colère, de haine, de jalousie, etc., viennent à chaque instant dessiner différemment. Les rides de la face humaine entrent pour beaucoup, à cause de cela, dans l’expression de la figure; elles composent en partie la physionomie, elles en marquent les nuances diverses.
Les rides du scrotum sont analogues à celles-ci : elles dépendent de la contraction du tissu cellulaire subjacent, où quelques fibres charnues paraissent aussi exister.
20. Il est d’autres rides qui tiennent aussi aux mouvemens, mais non à ceux des muscles subjacens : ce sont celles de la plante du pied, et surtout celles delà paume de la main. Il n’y a point là de muscle sous-cutané adhérent à la peau, excepté le petit muscle palmaire, lequel n’est pour rien dans ces rides, qui ont lieu aux endroits où la peau est habituellement plissée dans la. flexion. Ainsi il y en a plusieurs au niveau de toutes les articulations des phalanges. Dans la paume de la main on en voit trois principales, l’une à la base du pouce, produite par le mouvement d’opposition, l’autre, à la partie antérieure de la paume, déterminée par la flexion
DERMOIDE.
des quatre dernières phalanges qui se fléchissent pour s’approcher du pouce, une autre existant au milieu de la paume. Le derme se replie entre ces lignes déprimées, dans les mouvemens où la main se creuse. Une foule d’autres petits plis correspondans à des mouvemens moins marqués et moins fréquens coupent ceux-ci sous différens angles.
Dans la région dorsale du pied et de la main, il il y a beaucoup de rides au niveau de chaque articulation des phalanges, lorsqu’elles sont étendues. Elles disparaissent dans la flexion, et dépendent de ce que la nature, à cause des mouvemens, a rendu la peau plus lâche en cet endroit, et plus large à proportion des parties qu’elle recouvre. Au niveau de la plupart des articulations , il y a des replis analogues, mais ils sont beaucoup moins marqués, parce que la peau est moins adhérente aux parties voisines. Sur tout le tronc, au bras, à l’avant-bras, à la cuisse, à la jambe, on ne voit de dépressions i que celles des saillies musculaires.
3°. Il est une troisième espèce de rides, ou plutôt d’impressions cutanées, qui est très-peu marquée, que la plante du pied et la paume de la main présentent surtout, et qu’on y distingue très-bien des précédentes : ce sont celles qui indiquent les rangées des papilles. La surface du tronc ne présente presque rien de semblable.
4°. Enfin, il y a des rides de vieillesse, qui sont de nature toute différente. La graisse sous-cutanée ayant en partie disparu, la peau se trouve trop large pour les parties quelle recouvre : or, comme
3ûO SYSTÈME
elle a perdu avec l’âge sa contractilité de tissu, elle ne revient point sur elle-même, mais se plisse en divers sens. Aussi là où il y avait le plus de graisse, comme à la face, ces rides sont plus marquées; elles ressemblent à celles qui succèdent sur le bas-ventre à plusieurs grossesses consécutives, à l’hydropisie, etc. Dans les jeunes gens, si l’amaigrissement survient tout à coup, la peau revient sur ellemême , et aucune ride ne se forme.
§ II. Surface interne clu Système dermoide.
Cette surface répond partout à du tissu cellulaire, qui est lâche sur le tronc, aux cuisses, aux bras, etc., et qui se condense au crâne, à la main, etc. Dans la plupart des animaux, un plan charnu nommé pannicule , et analogue par sa forme | à celui qui est presque partout subjacent au système muqueux de l’homme, isole la peau des autres parties, et lui communique différens mouvemens. Dans l’homme, le système dermoïde présente encore cà et là des traces de ce muscle interne, comme on le remarque au peaucier, aux occipitaux-frontaux, et à la plupart des muscles de la face. La nature n’a rien placé de semblable au tronc, aux membres, etc. L’homme est autant inférieur sous ce rapport à la plupart des animaux, qu’il, leur est supérieur par la disposition de ses muscles faciaux. Aussi remarquez que, tandis que chez lui toutes les passions se peignent pour ainsi djire sur la face, tandis que l’habitude extérieure du tronc, dans ces orages de l’âme, reste, pour
DERMOÏDE. 3oi
ainsi dire, calmeuet tranquille, toute cette habitude est agitée de mouvemens chez l’animal : la crinière du lion se redresse, toute la peau du cheval frémit, mille agitations diverses animent l’extérieur du tronc des animaux, et en font un tableau général où la nature vient peindre tout ce qui se passe dans l’intérieur. Vous distinguerez, par derrière, sur beaucoup d’animaux et en voyant seulement leur corps, si les passions les agitent : couvrez la face de l’homme, le rideau est tiré sur le miroir de son âme; aussi presque tous les peuples la laissent à’nu. La physionomie est, pour ainsi dire, sous ce rapport, plus généralement disséminée à l’extérieur, dans les animaux à pannicule charnu.
Outre le tissu cellulaire , des muscles sont presque i partout subjacens au derme dans le tronc; mais, étranger aux mouvemens de ces muscles, le derme n’en reçoit aucune influence sensible. Dans les membres, il se trouve séparé des plans charnus par des toiles aponévrotiques ; beaucoup de vaisseaux rampent sous lui; de grosses veines se dessinent à travers son tissu; une foule de ramifications artérielles serpentent à sa surface; beaucoup de nerfs marchent entre ces ramifications.
ARTICLE IL
GROAîSTSATION dü SYSTÈME DERMOÏDE.
§ T”. Tissu propre à cette Organisation.
Ce tissu comprend i° le chorion, ce qu’on nomme le corps réticulaire , 3° les papilles. Le çho-
rion est la partie essentielle du dermp; c’est lui qui en détermine l’épaisseur et la forme : le corps réticulaire en paraît peu distinct; les papilles en naissent aussi, mais sont plus manifestes.
Chorion.
Le chorion a une épaisseur très-variable. i°. Dans»
la tête, celui du crâne et celui de la face offrent une disposition opposée : le premier, très-épais, est de plus dense et serré, ce qu’il doit surtout aux poils nombreux qui le traversent; partout mince et dé-; beat, le second est surtout très-fin sur les paupières < et sur les lèvres. 2°. Le chorion du tronc a, postérieurement et tout le long du dos, une épaisseur presque double de celle de sa partie antérieure, où il est à peu près le même au cou, à la poitrine et ï l’abdomen. J’en excepte cependant la verge, le scro tum, les grandes lèvres et le sein, où sa finesse esi plus c-aractérisée que partout ailleurs. 3°. Dans le; membres supérieurs, le chorion est à peu près uni forme à l’épaule, au bras et à l’avant-bras;* à b main, il augmente un peu d’épaisseur, et plus dan; la paume qu’au dos. 4°. Cette épaisseur est généra lement bien plus marquée à la cuisse et à la jambe où il y a plus de muscles à contenir qu’au bras e à l’avant-bras. Au pied, elle augmente comme à b main, moins dans la région dorsale que dans L plantaire, qui est de toutes les parties du systèm dermoïde la plus épaisse; ce quelle doit cependan principalement, dans l’état naturel, à la dispositioi de son épiderme. On voit d’après cela que, quoiqu
DERMOIDE.
partout continu , le chorion est très-différent dans ses diverses parties. Le rapport de son épaisseur avec ses fonctions est facile à saisir, à la main, au pied, au crâne, etc. : ailleurs on ne peut aussi bien concevoir la raison de ces différences, qui sont constantes cependant.
La femme a un chorion généralement moins épais | que l’homme. Comparé dans toutes les régions, il \ présente dans les deux sexes une différence sensible; au sein surtout, il est bien plus délicat chez la femme. Cependant celui des grandes lèvres est proportionnellement plus épais que celui du scrotum.
Pour bien concevoir la structure intime du chorion , il faut d’abord l’examiner à sa surface interne, après l’avoir exactement isolé du tissu cellulaire graisseux auquel cette surface adhère plus ou moins intimement. On voit alors qu’elle est différemment disposée suivant les régions :
t°. A la plante du pied et à la paume de la main, i on distingue une infinité de fibres blanchâtres, reluisantes comme les fibres aponévrotiques , qui se détachent de cette surface interne, forment sur elle un espèce de plan nouveau, s’entrecroisent en tous ; sens, laissent entre elles, surtout vers le talon , une foule d’aréoles plus ou moins larges que la graisse remplit, s’écartent de plus en plus, et se perdent enfin dans le tissu sous-cutané, à peu près comme les fibres de l’aponévrose brachiale disparaissent insensiblement dans le tissu cellulaire voisin. Voilà pourquoi, lorsque l’on dissèque les tégumens palmaires et plantaires, on éprouve la plus grande difficulté à les isoler entièrement du tissu cellulaire
3o4 SYSTÈME
qui s’entrelace avec ces fibres ; voilà encore pourquoi ces surfaces n’ont point, sur les parties quelles recouvrent, la mobilité qu’une foule d’autres nous présentent.
La densité du tissu cellulaire est aussi pour quelque chose dans cette disposition essentielle aux fonctions du pied et de la main, qui sont destinés à saisir et à embrasser les corps extérieurs.
a0. Le derme des membres supérieurs et infé^ rieurs, celui du dos, celui du cou, de la poitrine, de l’abdomen, de la face même, et par conséquent de presque tout le corps, sont distingués des précédons, d’abord en ce que les fibres y sont beaucoup moins distinctes; ensuite en ce quelles ne se perdent pas dans le tissu cellulaire en se confondant pour ainsi dire avec lui; d’où résulte une laxité remarquable de la peau de ces parties, et la facilité très-grande de la disséquer; enfin, parce que les aréoles sont beaucoup plus étroites. Ces aréoles représentent une infinité de troi placés les uns à coté des autres , de petits paquets graisseux du tissu voisin , et offrant, lorsque ces petits paquets ont été exactement enlevés, des vides très-sensibles. Les fibres qui les forment sont assez rapprochées pour faire croire au premier coup d’œil que c’est une surface percée d’une infinité de trous, qui a été appliquée sous la peau. Au contraire, à la main et au pied, vers le talon surtout, c’est un véritable réseau dont les espaces sont plus larges que les fibres qui les forment : c’est l’inverse ici. Quoi qu’il en soit , ces aréoles de la surface interne du chorion sont très-
s irrégulièrement logeant la plupart
DERMOIDE.
favorables à Faction du tannin, qui en pénètre infiniment mieux le tissu de ce côté que du côté opposé, £>arce qu’il s’insinue dans ces ouvertures multipliées. J’ai eu occasion de l’observer sur du chorion humain que j’ai fait tanner exprès. M. Chaptal a observé très-bien que l’épiderme est un obstacle réel à l’action du tannin, et que c’est sous ce rapport que le débourrement est une opération préliminaire essentielle au tannage , puisqu’il permet à la peau de se pénétrer des deux côtés; mais, même ainsi débourrée, elle reçoit bien plus facilement le tannin du côté des chairs que du côté opposé.
3°. Le chorion du dos de la main et du pied , ainsi que celui du front, etc., ne présente point ces ouvertures multipliées à sa surface interne; il est lisse, blanchâtre , surtout lorsqu’il a un peu macéré. Il en est absolument de même de celui du scrotum, du prépuce, des grandes lèvres même : le tissu en sst plus serré, aucun intervalle n’y reste; en sorte }ue, quoique plus mince que celui des membres et du tronc, il contient presque autant de substance. Quant au chorion correspondant aux cheveux et à la barbe, on n’y voit autre chose que les ouvertures nécessaires au passage des poils, et qui sont mutes différentes de celles dont jlai parlé tout à ’heure, lesquelles forment de véritables culs-desac et ne percent point le chorion de part en part.
Voilà donc trois modifications très-distinctes que îous présente la face interne du chorion dermoïde, èa première et la dernière se voient dans une petite •tendue, tandis que la seconde est presque géné- 'ale, avec quelques différences cependant au tronc, Akàt, gék. t. it.
aux membres et à la tète. Au reste ces modifications ne supposent une point diversité de nature, tuais seulement de formes : très-écarté et disposé en fibres dans la première, le tissu dermoide se rapproche, se condense un peu dans la seconde, et par cette condensation rend les aréoles moins distinctes. Mais il est un moyen de bien les apercevoir partout, excepté cependant là où il n’y en a aucune trace : c’est la macération. Ce moyen est même celui qui nous montre le mieux la texture dermoïde. En effet, quand la peau a séjourné un peu longtemps dans l’eau, elle se ramollit, les fibres de son chorion s’écartent, leurs intervalles deviennent plus distincts : alors on voit que les aréoles n’existent pas seulement à la surface interne, mais quelles se prolongent dans son tissu, qui paraît véritablement criblé dans toute son épaisseur; tant sont nombreux les espaces résultant de l’entrecroisement des fibres.
Ces aréoles ne se terminent point en culs-de-sac
vers la surface externe; elles viennent s’ouvrir sur
cette surface par une foule de trous qui sont extrêmement appareils dans une peau qui a macéré pendant un mois ou deux, et qui, dans l’état ordinaire, presque imperceptibles sur certains sujets, se distinguent assez bien sur d’autres. D’ailleurs, pour les voir, il faut enlever l’épiderme : or, comme
pour produire tout de suite cet effet nous employons
communément l’action de l’eau bouillante ou du feu nu, le tissu dermoïde se racornit, et ils deviennent beaucoup moins apparens; au lieu que la macération non-seulement ne racornit point la
DERMOIDE.
peau, mais l’épanouit, la dilate; ce qui rend ces trous très-sensibles. Dans certaines parties de la peau et dans certains sujets, on y introduirait alors la tète d’une épingle ; dans d’autres ils sont moins sensibles. Ces trous ne percent jamais le derme perpendiculairement, tous s’ouvrent obliquement à sa surface; en sorte qu’une pression perpendiculaire tend à les fermer et à appliquer leurs parois l’une contre l’autre. Je ne puis mieux comparer , leur terminaison qu’à celle des uretères dans la j vessie. Voilà pourquoi les poils qui les traversent ne sont jamais perpendiculaires, mais obliques à la peau, ün parle mal quand on dit que les cheveux sont plantés obliquement : leur insertion dans le bulbe est perpendiculaire; c’est à leur passage par le chorion qu’ils changent de direction (i).
Au reste ces trous ne sont point des. vaisseaux ; ce sont de simples communications de l’intérieur à l’extérieur par où passent les poils, les exhalans, < les absorbans, les vaisseaux sanguins et les nerfs qui viennent se rendre à la surface du derme : ainsi
(i) Sans doute les poils sont toujours perpendiculairement implantés sur le fond de leur bulbe; mais cela n’empêche pas leur direction oblique à la surface de la peau , parce que ce bulbe lui-même participe à l’obliquité du poil; conséquemment, on ne doit pas admettre avec Bicbat que l’obliquité des poils se manifeste seulement à leur passage à travers le derme , c’està-dire au goulot de leur follicule particulier. Au reste , tous les poils ne sont pas obliquement dirigés«sur le plan de la peau , comme je le ferai remarquer plus loin ( Voy. Système pileux).
( F. Blandin. )
3û8 SYSTÈME
les aréoles subjacentes ne sont-elles que des cellules où se trouvent contenus les vaisseaux des glandes et du tissu cellulaire. Le tissu dermoïde doit donc être conçu comme un véritable réseau, comme une espèce de tissu cellulaire dont les cellules, trèsprononcées au dedans, le deviennent moins dans la surface extérieure, avec laquelle toutes communiquent pour y transmettre divers organes. Le cborion est donc le canevas, la charpente, si je puis parler ainsi, de l’organe cutané. Il sert à loger dans ses aréoles toutes les autres parties qui entrent dans la structure de cet organe; il contribue à leur donner la forme qu’ils doivent y avoir, mais il leur est absolument étranger.
Quelle est la nature de ce tissu aréolaire qui entre spécialement dans la composition du chorion cutané? Je L’ignore; mais je crois qu’il a beaucoup d’analogie avec le tissu du système fibreux : voici sur quelles considérations j’appuie cette analogie. i°. Au talon, où le tissu dermoïde a la forme fibreuse des ligamens irréguliers, il serait presque impossible de l’en distinguer, tant l’apparence extérieure est uniforme; il en a la résistance, la densité; on éprouve le même sentiment lorsqu’on le coupe avec le bistouri, i". Le tissu dermoïde devient jaunâtre, transparent comme le fibreux par la coction. 3°. Il se fond aussi peu à peu comme lui en gélatine. 4°- Comme lui, excepté les tendons cependant, il résiste beaucoup à la macération. 5°. Quelquefois ces deux tissus s’identifient : par exemple, les ligamens annulaires du poignet envoient manifestement des prolongemens au tissu
dermoïde voisin. 6®. Ce tissu peut servir, comme le fibreux, d’insertion aux muscles: on le voit à la face, où les fibres de la houppe, plusieurs de celles de l’orbiculaire des lèvres et des paupières, presque toutes celles des sourciliers, trouvent de véritables tendons dans les fibres du tissu dermoïde : même disposition au palmaire cutané.
Toutes ces considérations établissent évidemment beaucoup de rapports entre les deux tissus dermoïde et fibreux : cependant il s’en faut de beaucoup qu’il y ait identité entre eux. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer combien leur mode de sensibilité diffère, combien aussi leurs maladies sont différentes : il semble même d’abord qu’il n’y ait aucune analogie entre eux sous ce double rapport. Cependant il s’en faut de beaucoup que la ligne de démarcation soit aussi réelle quelle le paraît. En effet, la vive sensibilité de la peau ne siège point précisément dans ce tissu blanchâtre, croisé de manière à laisser entre ses mailles les vides dont nous avons parlé, et qu’on voit surtout à la surface adhérente de cet organe; l’expérience exposée à l’article du système muqueux, et où j’ai irrité l’organe cutané de dedans en dehors, le prouve évidemment: c’est la surface où se trouvent les papilles qui présente surtout cette propriété vitale.
D’un autre côté , l’anatomie pathologique prouve que la surface interne du derme, où se trouvent surtout le tissu et les aréoles dont nous avons parlé, est complètement étrangère à la plupart des éruptions cutanées. Cela est hors de doute pour la petite-vérole, pour la gale, pour un grand nombre
3io
de dartres; je m’en suis assuré pour les boutons de vaccine, pour les éruptions miliaires, etc., etc. Il est certain que, dans l’érysipèle, la surface externe seule du chorion se colore par le sang qui pénètre dans les exhalans : aussi la pression la plus légère, faisant refluer le sang, produit alors un blanc subit qui disparaît bientôt par le retour du sang dans les exhalans. C’est même ce qui différencie essentiellement l’érysipèle simple du phlegmoneux, où non-seulement la face externe du chorion , mais encore tout son tissu et le cellulaire subjacerit sont enflammés. Dans la rougeole, dans la fièvre scarlatine, dans la fièvre rouge , la rougeur est aussi bien manifestement superficielle. Ces phénomènes coïncident avec ceux des injections: pour peu que cellesci réussissent chez les enfans, la peau du visage, moins souvent celle des autres parties, noircissent presque entièrement. Or, cette noirceur est bien plus manifeste à la surface externe qu’à l’interne de la peau, sans doute parce que plus d’ exhalans se trouvent dans la première que dans la seconde, que les troncs artériels ne font que traverser.
Les considérations précédentes prouvent évidemment que le tissu aréolaire de la surface interne du chorion, et même celui de son intérieur, ont une activité vitale beaucoup moindre que celle de la surface externe; que ce tissu est étranger à presque tous les grands phénomènes qui se passent sur la peau, à ceux surtout qui sont relatifs aux sensations et à la circulation ; que c’est aux papilles qu’appartiennent les premières , et dans les corps réticulaires que siègent les secondes; qu’il est presque
DERMOÏDE. 3l£
passif dans presque toutes les périodes d’activité de cette double portion du derme. Ses fonctions , comme celles du tissu fibreux, le supposent prescpie toujours dans cet état passif; elles sont unique' ment de garantir le corps, de le protéger contre l’action des corps extérieurs. C’est lui qui forme notre véritable tégument; aussi a-t-il des propriétés très-analogues à cet usage : sa résistance est extrême; il faut des poids très-considérables pour déchirer des lanières très-étroites de chorion, auxquelles on suspend ces poids; tiraillées en divers sens, ces lanières se rompent aussi avec bea’ucoup de peine. •
Cependant cette résistance estbeaucoup moindre que lorsque le tannin s’est combiné avec le chorion. On sait qu’ ainsi préparée, cette portion de la peau offre les liens les plus forts que nous ayons dans les arts. Je ne connais que deux tissus, dans l’économie animale, qui allient à un si haut degré la souplesse et la résistance : c’est celui-ci et le tissu fibreux; et c’est là un nouveau caractère qui les rapproche. Nous avons vu qu’il fallait des poids très-considérables pour rompre un tendon, une lanière d’aponévrose, un ligament pris sur un cadavre. Les tissus musculaire, nerveux, artériel, veineux, cellulaire, etc., cèdent infiniment plus facilement. Si le tissu dermoïde avait moins d’extensibilité, il remplacerait très-avantageusement les tendons, les ligamens, etc., dans la structure du corps.
Puisque le chorion est étranger à presque tous les phénomènes sensitifs et morbifiques de la peau, recherchons donc quelles parties du derme sont le
3ia
siège de ces phénomènes. Ces parties existent bien manifestement à la surface externe : or, on trouve à cette surface externe, i° ce qu’on nomme le corps réticulaire, 20 les papilles.
Du corps réticulaire .
La plupart des auteurs se sont formé du corps réticulaire l’idée d’une espèce d’enduit appliqué sur la face externe de la peau entre le chorion et l’épiderme, percée d’une infinité d’ouvertures à travers lesquelles passent les papilles. Je ne sais trop comment on peut démontrer cet enduit, qui fine, suivant le plus grand nombre, lorsqu’on détache l’épiderme. j’ai employé pour le voir un très-grand nombre de moyens dont aucun ne m’a réussi. i°. Telle est l’adhérence de l’épiderme à la peau que, dans l’état d’intégrité, on ne peut guère les séparer sans intéresser l’un ou l’autre. Cependant, en y mettant beaucoup de précaution, on ne voit rien de muqueux sur le chorion resté à nu. 2°. Coupé longitudinalement, surtout au pied, où l’épiderme est très-épais , un morceau de peau laisse voir trèsdistinctement sur le bord divisé les limites de celleci et du chorion: or, rien ne s’échappe au niveau de la ligne qui les sépare. 3°. Dans l’ébullition, où l’épiderme a été enlevé , rien ne reste sur sa surface interne, ni sur le chorion. 4°- La macération et la putréfaction, celle-ci surtout, produisent sur ce dernier une espèce d’enduit gluant à -l’instant où l’épiderme s’enlève. Mais cet enduit est absolument
DERMOÏDE. 3l3
le produit de la décomposition : rien de semblable ne se rencontre dans l’état ordinaire.
Je crois, d’après toutes ces considérations, qu’il n’y a point une substance déposée par les vaisseaux sur la surface du chorion, extravasée, stagnant sur cette surface, et y représentant un enduit, dans le sens suivant lequel Malpighi le concevait. Je crois qu’on doit entendre par ,co?'ps réticulaire un lacis de vaisseaux extrêmement fins, et dont les troncs déjà très-déliés, après avoir passé par les pores multipliés dont le chorion est percé, viennent se ramifier à sa surface, et contiennent différentes espèces de fluides.
L’existence de ce réseau vasculaire est mise hors de doute par les injections fines, qui changent entièrement la couleur de la peau au dehors sans l’altérer beaucoup au dedans. C’est lui qui , comme je l’ai fait observer, est le siège principal des éruptions multipliées, dont la plupart sont réellement étrangères au chorion cutané.
On peut donc concevoir le corps réticulaire comme un système capillaire général entourant l’organe cutané, et formant avec les papilles une couche intermédiaire au chorion et à l’épiderme. Ce système ne contient, chez la plupart des hommes, que des fluides blancs. Chez les nègres, ces fluides sont noirs. Ils ont une teinte intermédiaire chez les nations basanées : on sait combien les nuances varient dans les races humaines. D’après cela, la coloration de la peau ressemble à peu près à celle des cheveux, qui dépend bien manifestement de la substance existant dans leurs conduits capillaires :
elle est analogue à celle des taches de naissance, qu’on nomme communément envies , et dans lesquelles jamais on ne voit une couche de fluides extravasés entre l’épiderme et le chorion.
Au reste, je crois qu’on a encore très-peu de données sur cette substance , qui remplit une partie du système capillaire extérieur. Ellen’y circule point, mais paraît y séjourner jusqu’à ce qu’une autre la remplace. Lorsqu’on examine la peau d’un nègre, on la voit teinte en noir, et voilà tout. Dans la macération, j’ai observé que tantôt cette teinte s’enlève avec l’épiderme , et que tantôt elle reste adhérente au chorion. Elle est bien manifestement étrangère et à l’un et à l’autre, puisque tous deux ont la même couleur chez les blancs et chez les noirs. Elle ne se reproduit point lorsqu’elle a été enlevée, car les cicatrices sont également blanches dans tous les peuples.
Y a-t-il chez les blancs une substance blanche qui , séjournant dans le système capillaire extérieur , corresponde à celle des nègres? ou bien la couleur de leur peau ne dépend-elle que de l’épiderme et du chorion? Je serais assez tenté de croire que les blancs ont aussi une substance colorante, puisque l’action long-temps continuée d’un soleil vif les noircit sensiblement. Cette circonstance a même fait croire cpie le blanc est naturel à tous les hommes, et qu’il n’y a qu’une race primitive qui a dégénéré suivant les divers climats.
Mais pour s’assurer de la diversité des races, il suffit d'observer, i° que la teinte de la peau n’est qu’un des caractères qui distinguent chaque race,
DERMOIDE.
et que plusieurs autres se joignent toujours à lui : la nature et la forme des cheveux, l’épaisseur des lèvres et du nez , la largeur du front, le degré d’inclinaison de l’angle facial, tout l’aspect de la figure, etc., sont des attributs constans, qui indiquent une modification générale dans l’organisation , et non une différence isolée du système dermoïde. 2°.Lesblancs se basanent dans les pays chauds; mais jamais ils n’acquièrent la teinte des peuples du pays. 5° Transplantés dans les pays froids dès leur bas âge, nés dans ces pays, les noirs restent toujours tels; leur nuance ne change presque pas , malgré cpie les générations s’accumulent sur eux. 4°- Il s’en faut de beaucoup que la couleur suive exactement la tema pérature : on voit une foule de variétés dans les , nuances des peuples qui vivent sous le même degré , de latitude, etc.
Tout prouve donc que la couleur de la peau n’est j. qu’un attribut isolé des différentes races humaines,
, quoique ce soit celui qui frappe le plus nos sens;
. et qu’on ne doit pas y attacher une importance plus grande qu’à une fouie d’autres qui se tirent de la stature, souvent très-petite, comme chez les La-
ipons, de la face élargie et aplatie, comme chez les Chinois, des dimensions de lapoitiine, du bassin,
)t des membres, etc. C’est sur les différences de l’ent semble, et non sur celles d’une partie isolée, que doivent être prises les lignes de démarcation qui séparent les races. La face et les formes européennes sont, en général, le type auquel nous comparons l’extérieur des autres nations. La laideur ou la beauté des races humaines sont, dans notre manière
de voir, mesurées par la distance plus ou moins grande qui sépare ces races de la notre. Telle est en effet chez nous la force de l’habitude, que nous jugeons rarement d’une manière absolue, et que tout objet qui s’éloigne beaucoup de ceux qui frappent agréablement nos sens est pour nous désagréable, fatigant même quelquefois.
Au reste, la matière colorante du corps réticulaire cutané intéresse plus le naturaliste que le médecin. Ce qui doit surtout fixer l’attention de celuici, c’est la portion du système capillaire extérieure à la peau où circulent des fluides. En effet, outre la portion qui est le siège de la coloration, il yen a bien manifestement une que des fluides blancs parcourent habituellement, où ils se meuvent avec plus ou moins de vitesse , et où ils se succèdent sans cesse. C’est de cette portion que naissent les pores exhalans qui fournissent la sueur; c’est ce réseau vasculaire cpù est le siège des érysipèles et de toutes les éruptions cutanées étrangères au chorion.
Le sang ne le pénètre point dans l’état ordinaire: mais mille causes peuvent à chaque instant le remplir de ce fluide : frottez la peau avec un peu de rudesse, elle rougit a l’instant; si un irritant est appliqué sur elle , soit qu’il agisse mécaniquement .| comme dans l’urtication, où les petites appendices delà plante pénètrent l’épiderme, soit qu’il exerce une action chimique, comme dans les frictions avec l’ammoniaque , comme lorsqu’on tient une portion de la peau très-près d’un feu un peu vif, etc., à l’instant la sensibilité de ce réseau vasculaire s’exalte; il appelle le sang que précédemment il repoussait;
DERMOIDE.
toute la partie rougit clans une surface proportionnée à l’étendue de l’irritation. Qu’une passion agisse un peu vivement sur les joues, aussitôt une rougeur subite s’y manifeste. Tous les rubéfians nous offrent de même une preuve de l’extrême tendance qu’a la sensibilité du système capillaire superficiel du derme à se mettre en rapport, pour' peu quelle soit excitée, avec le sang, qui lui est hétérogène dans l’état ordinaire.
Les vésicatoires dépendent du même principe. Leur premier effet est de remplir de sang le système capillaire cutané là où ils sont appliqués , d’y produire un érysipèle subit, puis de déterminer une tbondante exhalation séreuse sous l’épiderme souevé. Ils opèrent en peu d’heures ce que la plupart les érysipèles font en plusieurs jours; car on sait ju’ils se terminent la plupart par des vésicules ou )hlyctènes qui s’élèvent sur la peau. Dans la commstion portée assez loin pour être plus que rubéiante , et assez modérée pour ne pas racornir , il
)r a aussi un accroissement subit d’exhalation sous 'épiderme soulevé. En général , la production de
Ioute ampoule cutanée est toujours précédée d’une nflammation de la surface externe de la peau. Ce ihénomène n’est point exclusif pour ce système : ious avons vu le séreux, aussitôt qu’il est mis à lécouvert et irrité un peu vivement, rougir en peu te temps par le passage du sang dans ses exhala ns; :e qui constitue une inflammation à laquelle sucède souvent une exhalation abondante de sérosité actescente, ou autre. Cette exhalation ne séjourne >as sur la surface, et n’y forme point de pldyc-
tènes, parce que celle-ci n’a point d’épiderme : c’esl toute la différence d’un phénomène qui n’est point le même, au premier coup d’œil , pour les système: séreux et cutané.
Ce n’est pas seulement l’irritation de l’organe eu tané qui détermine le sang à passer dans le sys tème capillaire extérieur : toutes les fois que li| cœur est vivement agité, qu’il précipite le cour de o fluide, le passage tend à se faire; c’est ce qu’on voi manifestement, i° à la suite d’une course violente a0 dans la période de chaleur d’un accès de fièvre, etc
A cet égard, je ferai une remarque qui me parai très-importante : c’est que le système capillaire d la face est, plus que celui de toutes les autres par ties de la peau , exposé à se pénétrer ainsi de sang i°. Cela est évident dans les deux cas dont je vien de parler, et où l’action du cœur est augmentét 2°. Dans les passions, la peau reste la même dar les autres parties, tandis que celle-ci pâlit ou roi git subitement. 3°. On sait que le médecin inte: roge fréquemment l’état du système capillaire f; cial, qui se ressent presque toujours de l’état d< viscères intérieurs, qui se remplit ou se vide c’j sang , suivant qu’il est sympathiquement affect 4°. Dans les diverses asphyxies, dans celles surtoi produites par la submersion, par la vapeur du chai bon, par la strangulation, etc., la face est coi stamment violette, par le passage du sang noir dai son système capillaire extérieur , où il arrive p; les artères. Souvent le cou et le haut de la poitrii sont aussi livides; mais jamais il n’y a coloratic des parties inférieures. 5°. Dans une foule de m
DERMOIDE.
ladies , où la mort arrive par une espèce d’asphyxie , parce que c’est le poumon qui s’embarrasse le premier, les cadavres présentent une face violette et ;uméflée : c’est une observation que tous ceux qui ant l’habitude des amphithéâtres ont pu faire. Il y i cent sujets où la tète présente cette lividité, pour an seul où on l’observe dans les parties inférieures. 3°. La plupart des apoplexies déterminent la même ividité de la face.
A quoi tient cette extrême susceptibilité du sysème capillaire facial pour admettre le sang? je crois jue trois raisons principales y concourent. i°. La ’oute est déjà frayée à ce fluide , puisque la rougeur îles joues y suppose nécessairement sa présence. Il ne fait qu’y augmenter en quantité; au lieu que, }uand un autre endroit de la surface dermoïde rou- . git, tout le sang qui y aborde est presque accidentel. i°. La disposition anatomique du système capillaire f est plus favorable qu’ ailleurs à ce passage ; car il . aaraît que les communications de ce système avec es artères du chorion sont plus libres. Ce qui le trouve, c’est que dans les injections la face se coore avec une extrême facilité. Il n’est aucun anatoniste qui n’ait sans doute eu occasion d’être frappé le ce phénomène , surtout chez les enfans , où , pour aeu que les injections grossières de nos amphithéâtres réussissent, la face devient toute noire, tandis pie le fluide ne pénètre que très-peu dans les autres parties du système cutané. 3°. Il paraît qu’il y a une plus vive sensibilité à la face : en effet, le même irritant y appelle le sang, tandis qu’il ne le fait point affluer ailleurs. Par exemple, un coup égal à un
soufflet ne rougit point la peau du bras, tandi: qu’il enflamme tout à coup les joues.
Le sang disparaît , dans le système capillaire facial comme il y aborde ; en un instant les passions y fon succéder et le rouge vif d’un accès de fièvre, et li blanc de la syncope, et toutes les nuances interméjl diaires. C’est même l’extrême facilité de ce fluide il pénétrer ce système qui rend la face très-propre i servir d’une espèce de tableau, que les passion:! viennent peindre tour à tour de mille nuances , qu s’effacent, reviennent, s’altèrent, se modifient, etc. suivant l’état de lame.
J’observe à ce sujet que les passions ont à la fac< un triple moyen d’expression. i°. Le système capil laire, moyen absolument involontaire, et qui trahi souvent ce que nous voulons déguiser. a°. Le mou veinent musculaire, qui, en fronçant ou en épa nouissant les traits, exprime les passions tristes e sombres ou les passions gaies, et auquel appar tiennent comme effets les rides diverses dont nou: avons parlé. 3°. L’état de l’œil, organe qui, comme le remarque Buffon, non-seulement reçoit les sensations , mais encore exprime les passions. Les demi derniers moyens sont, jusqu’à un certain point, volontaires, nous pouvons au moins les simuler: au lieu que nous ne saurions mentir par le premier. L’acteur joue la colère, la joie, etc., parce qu’on peut rendre ces passions en fronçant le sourcil, en dilatant la face par le rire, etc. Mais c’est le rouge de l’actrice qui joue la modeste pudeur; c’est en essuyant ce rouge quelle rend la pâleur de la crainte, du saisissement, etc.
DERMOÏDE.
3aï
J’ajouterai encore une observation essentielle à hgard du système capillaire facial; c’est qu’il paraît de sa tendance à recevoir le sang le dispose à de- •;nir le siège plus fréquent d’une foule d’affec- >ns, etc. On sait, i° que les érysipèles de cette i gion sont beaucoup plus fréquens que ceux des îtres parties; 20 que les boutons varioliques s’y
Ianifestent surtout; 3° qu’une foule d’éruptions y mt plus abondantes qu’ ailleurs , etc.
D’après tout ce que nous venons de dire , il est ident qu’il faut distinguer deux portions dans le jstème capillaire extérieur au chorion. i°. L’une s» t remplie habituellement de la substance colorante tt! la peau; substance qui paraît stagner, comme celle lins cheveux, des poils, etc., qui n’est exposée qu’au l'iouvement lent et insensible de composition et de décomposition, et qui n’offre jamais ces augmentait ms et ces diminutions subites dont nous venons JO parler. i°. L’autre est habituellement parcourue ]ir une foule de fluides qui s’y succèdent sans susse, et qui s’en échappent continuellement par la lilanspiration, que le sang peut remplacer souvent, n s’insinuant dans cette portion du système capililire. Ces deux portions sont absolument indépennntes, n’ont même probablement aucune espèce e communication (1).
(1) La matière colorante de la peau forme , dans le nègre , une uche distincte, non-seulement du chorion et de l'épiderme , ns lequel Riolau la croyait placée , mais encore des autres rties du corps muqueux, avec lesquelles Malpighil’a confondue, 'lie matière existe aussi, quoique moins apparente, chez le Apaï. CÉtt. 1ï. 1 T . 31
3 1 a SYSTÈME
Il paraît qu’à l’instant de la mort il reste u certaine quantité de fluides blancs dans la secon
blanc , qui , sans elle , ne différerait point de Yalbino : celuien est entièrement dépourvu. Le corps muqueux, que Malpii regardait comme un simple enduit, une sorte de vernis reco vrant les papilles , vernis que Biehat a remplacé par un corps : ticulaire essentiellement formé de vaisseaux , et divisé en dei portions indépendantes l’une de l’autre , paraît en effet conte, plusieurs parties distinctes, observées dans la peau du nègre] M. Gaultier , dans celle des quadrupèdes par M. Dutrocbet.
Si on coupe la peau du talon d’un nègre un peu obliquemi à son épaisseur et transversalement à la direction des lignes c représentent les papilles, on distingue sur le bord diwsé objets suivons : i". Immédiatement au dessus des papilles, faisant corps avec elles, se trouve une série de petits faisces vasculaires , désignés par M. Gaultier sous le nom de bourgèi sanguins. 2°. Entre ces bourgeons et l’épiderme , on voit f ligne noire ondulée, placée entre deux lignes blanches, d l’une la sépare de la première couche , et forme la couche ail1 profonde, composée, suivant M. Gaultier , de vaisseaux blai 3°. La ligne noire qui est au dessus , ou la couche colore prend le nom d e gemmules , à cause de ses ondulations, qu ; font paraître comme composée d’une infinité de petits corps c. caves embrassant le sommet des papilles ; chacun de ces pe I corps reçoit deux bourgeons sanguins , le sommet des papi i étant bifurqué , comme nous le dirons plus bas. 4°- Enfin , imi diatement au dessous de l’épiderme est la seconde couche colorée, ou couche albide superficielle , formée de vaisseaux reux, comme la première.
Il y aurait donc, d’après cela, quatre parties dans le en muqueux, et, en joignant les deux couches blanches aux cl portions admises par Bichat , et qui seraient alors regard comme de vraies couches isolées , on aurait la véritable stri ture de ce corps. Mais parmi ces couches , la première , !
Fig. 7. Portion de peau coupée verticalement pour ire voir ces follicules ( environ double de grandeur na- ' irelle ) ( ibid . ).
Fig. 8. Section perpendiculaire d’une portion de doigt , pur faire voir la matrice de l’ongle (pag. 37g et suiv. ). Fig. g. Poil avec son follicule, io Le ppil fendu ; 20 mem- ■ane folliculaire ; 3° vaisseau s’introduisant dans le follicule îr son orifice , et allant à la base du poil ; 4° cavité du poil ont la base repose sur un petit corps conoïde rougeâtre ; 5° la cine du follicule formée par des filets nerveux; 6° petits >ils; 70 follicules sébacés qui garnissent l’entrée du bulbe s oag. 5 12 et suiv.).
Fig. 10. Poils fendus, dont la base est creusée d’une ivité qui recevrait l’organe générateur des poils, selon
. Gaultier ( ibid. ).
Fig. 1 1 . Coupe transversale d’un poil au niveau de la vau , pour montrer la disposition du goulot du follicule.
Capsule du poil ; 20 follicules sébacés qui entourent le >il ; 3o le poil coupé. ( ibid. )
Fig. 12. Coupe horizontale d’un follicule pilifère, pour ire voir les couches organiques qui forment ses parois [ibid.).
Planche H.
(Torn IV, P'ig- 32
Fig. i . Portion de peau du talon vue par sa face intern Le tissu adipeux a été enlevé , afin de laisser voir les fibr du derme, et les alvéoles ou cellules alvéolaires qu’ell laissent entre elles ( pag. 322 et suiv.).
Fig. 2. La même portion de peau coupée verlicaleme pour faire voir les alvéoles dans ce sens ( ibid. ).
Fig. 3. Section du derme , de sa face profonde à sa fa superficielle , pour montrer les sillons et les aspérités de dernière de ces faces, d’après M. Gaultier. i° Face prc fonde ; 2° aspérités du derme , creusées chacune d’un le ger enfoncement ; 3° sillons qui séparent les aspérités < derme ( ibid. ).
Fig. 4- Portion du derme considérablement grossi poi faire voir la disposition des quatre couches dont est formi selon M. Gaultier, le corps muqueux réticulaire, in 1 derme hérissé de ses aspérités ; 2» les aspérités surmonté chacune de deux bourgeons charnus ; 3° couche albide pro fonde recouvrant les bourgeons sanguins, et s’enfonçai dans leurs intervalles; 4° les gemmules représentant ui sorte de membrane excavée à sa face interne par laque! elle correspond à la couche albide profonde ; 5° couche albié superficielle recouvrant les gemmules; 6° face externe de 1 peau (ibid.).
Fig. 5. Bourgeons sanguins vus isolément, (ibid.)
Fig. 6. Le nez dépouillé de l’épiderme pour laisser voir le orifices des follicules sébacés ( pag. 376 et suiv.).
DERMOIDE.
3st3
)ortion du système capillaire extérieur : voici une :xpérience qui le prouve , et que j’ai fréquemment
née par les bourgeons sanguins, n’appartient réellement pas au i orps muqueux; elle n’est autre chose que la terminaison des aisseaux ramifiés dans les papilles , et fait partie de ce qu’on ppelait autrefois corps papillaire ; de sorte qu’on peut réduire à rois le nombre des couches qui constituent le corps muqueux : ’est ce qu’a fait M. Dutrochet dans l’analyse qu’il a donnée de a structure de la peau chez les quadrupèdes. Il a reconnu l’exis— 'ence de ces couches, telles que les a décrites M. Gaultier : seu-
Ijment il les a désignées de la manière suivante. La peau se comose , suivant lui , t° du derme; 2° des papilles; 3° de G memrane épidermique des papilles ,' qui est la couche albide profonde e M. Gaultier ; 4° d’une couche colorée ; 5° d’une couche cornée, ui répond à l’albide superficielle ; 6° de l’épiderme.
L’existence d’un corps muqueux intermédiaire au derme et à épiderme, composé au moins de trois couches superposées, mble démontrée par les résultats que nous venons d’exposer, ependant tous les anatomistes n’admettent pas cette existence, rivant M. Chaussier , la peau n’a que deux parties distinctes , derme et l’épiderme ; l’un renfermant tous les élémens orgaiques de cette membrane , sans qu’on puisse établir de limite 'itre ces élémens, l’autre en étant la portion inorganique ou un vivante. Déjà Haller, Camper, Blumenbach , etc., penraient à rejeter le corps muqueux dans la peau du blanc, et r’admettre son existence que pour celle du nègre.
Lorsqu’on enlève l’épiderme par la macéralion sur une portai de peau très-noire, sur celle du scrotum chez le nègre , par 'emple, la matière colorante reste en partie sur le derme, en rtie sur l’épiderme, plus pourtant sur ce dernier; mais si on olonge la macération, cette matière se détache de l’un et de utre, et se dépose au fond du vase, où on peut alors la re- ( eillir : elle présente beaucoup d’analogie avec la matière colouite du sang. Cette matière ne parait pas formée dans la couche
répétée : en plongeant un morceau de peau dai l’eau bouillante, et en l’y laissant un instant, l’ép
colorée ou les gemmules, où elle a son siège ; les papilles en so les organes sécréteurs, ainsi que de cette couche elle-mêm Quand on produit par un vésicatoire la séparation de l’épideri et des trois couches subjacentes du corps muqueux , le den dénudé, rouge d’abord et privé de sa matière colorante, la r prend ensuite : lorsque le vésicatoire se dessèche , cette matic se reproduit sous la forme de petits points noirs qui s’agrand sent peu à peu et finissent par se confondre; en sorte que la i catrice est noire , quoique le corps muqueux ait été enle' M. Gaultier attribue principalement aux poils la fonction sécréter cette matière, parce qu’elle est plus abondante là où < | poils existent, et à cause de la forme qu’elle alfecte dans le dont nous venons de parler : mais , puisqu’on la rencontre dû tous les points de la peau, il n’est pas probable que sa sources; différente suivant le lieu qu’elle occupe.
Au reste , la matière colorante de la peau n’est point simp ment en stagnation dans le corps muqueux ; les modificatii qu’elle éprouve dans une foule de circonstances la montr sans cesse apportée et reprise par les vaisseaux , soumise , conséquent, à une circulation réelle. Ainsi divers auteurs cite ils des exemples de changemens presque subits survenus dans coloration de la peau , de femmes devenues noires pendant grossesse , d’hommes ayant subi la même altération par les p grès de l’âge , par de violens chagrins ; ainsi les nègres blanc! i sent-ils plus ou moins dans les maladies , la vieillesse, etc. h naissance, le nègre n’est point coloré ; sa peau, semblable à c< du blanc, est rouge, comme dans celui-ci, et seulement légèi • ment jaunâtre. Ce n’est qu’après la naissance qu’un cercle bu entoure les ongles , les yeux , le mamelon , les parties génital ; le troisième jour ces parties seules sont noires ; le reste du coi> n’est encore que basané. Le septième, la coloration est générif; mais le noir est pâle, sale, pendant l’enfance : son intensité ae-
DERMOIDE.
lerme se soulève, non en totalité, comme dans le /ésicatoire , mais par une infinité de petites vési-
nente graduellement dans l’âge adulte , sans acquérir pourtant a même nuance partout ; les premières parties colorées restent en ;énéral les plus foncées. Ces changemens successifs, qu’on observe gaiement dans les autres races , sont autant de preuves mani— estes du mouvement dont la matière colorante est le siéçe.
Cette matière a le plus grand rapport avec celle qui teint les beveux , l’iris , la choroïde : aussi toutes ces parties subissent— lies le même sortcpie la peau, quand celle-ci se trouve décolorée» onune on le voit chez les albinos, par un défaut d’organisation.
| Les deux autres parties du corps muqueux , savoir la couche ornée et la membrane épidermique des papilles , ou les deux ouches albides , sont moins bien connues que la couche colorée, iependant , outre que ces couches sont apparentes dans le nègre, lies se manifestent dans plusieurs circonstances. Ainsi les bulbes : es poils présentent à l’intérieur des espèces de flocons qui partissent formés par l’épiderme des papilles : quand l’ongle se lépare des papilles qui sont au dessous de lui , comme cela peut rriver à la suite d’un coup , ces papilles se couvrent d’une ma— ière concrète qui n’est autre chose que cette couche épidermique, .a couche cornée , par son développement extraordinaire , onne lieu à toutes les productions cornées qui recouvrent la •eau , soit dans l’état naturel , telles que les cornes des animaux , ?s écailles des poissons et desserpens, les ongles, etc. , soit dans état de maladie, comme les cornes qui surmontent quelquefois 1 peau de l’homme : ces productions , toutes situées au dessous e l’épiderme, appartiennent évidemment à la couche dont il est :i question.
i Les bourgeons sanguins , comme nous l’avons vu , se confonent avec les papilles; celles-ci font partie du derme ou chorion , ont elles occupent la face externe , et ne doivent pas en être istinguées , comme ou l’a fait , sous le nom de corps papillaire. Æur disposition est remarquable; les rugosités qu’elles repré-
cales ou phlyctènes qui se forment tout à coup sa surface, et qui contiennent une humeur si
sentent forment des lignes régulières séparées par des silloi très— appareils ; et de plus, un autre sillon, moins profoi: que les premiers, ayant la même direction, divise chacur! de ces lignes près do son sommet en deux élévations secoi daires ; de sorte que , quand on coupe la peau en trave perpendiculairement à la direction de ces lignes, l’espèce de (il tremblé qu’on aperçoit le long du bord divisé présente des ondl lations alternativement grandes et petites; il résulte de cet arrai gement que chaque ligne saillante, simple à sa base, sembi composée à son sommet d’une double rangée de papilles.
La structure de ces aspérités du derme est presque toute va culaire ; leur analogie avec les papilles de la langue et les phén mènes qu’on y observe y font admettre des nerfs en grai nombre, et une disposition veineuse propre, analogue celle des tissus érectiles. C’est à cette disposition très-marquéi ainsi que la structure nerveuse, pour celles de la langu que les papilles doivent l’espèce d’érection dont elles parai sent susceptibles. Cette érection est manifeste à la langu Molles , couchées, et peu distinctes hors le temps de la digestio les papilles de cet organe se redressent et deviennent plus app rentes pendant la mastication. On voit quelque chose de ser blable à la peau des doigts ; la pulpe de cette partie acquit souvent , dans l’exercice du toucher , une tension ; une fermet j et en même temps une rougeur particulières.
C’est dans les papilles que se passent la plupart des phént mènes de vitalité dont la peau est le siège; c’est là que s’exe cent le tact et le toucher ; c’est là que sont sécrétées toutes ! parties plus superficiellement situées , là que se forme la matic colorante, que se produisent les poils, les ongles, les plume les cornes, les écailles, etc. Ne nous étonnons plus, d’api cela, de la quantité de vaisseaux qui s’y terminent : tout système capillaire de la peau y est appelé par la nature des for
DERMOÏDE. 3^7
-euse, laquelle s’échappe à l’instant où on ouvre ces | vésicules (j).
ions qu’elles remplissent. Cependant il ne faut pas exagérer ette idée , et croire qu’il n’y a des vaisseaux que là , que plus rofondément le tissu du chorion en est dépourvu, que tous se ortent à sa surface : le derme est souvent injecté dans toute son î paisseur , soit à la suite de l’inflammation , soit dans les injec— ons fines : seulement alors la surface semble l’être un peu plus, in prenant , sur un morceau de peau injecté et rendu transpa— ent par l’immersion dans l’essence de térébenthine , une laiiière aince, coupée dans le sens de l’épaisseur de la membrane , et en i regardant contre le jour, on n’y voit pas sensiblement plus de •aisseaux du côté externe que de l’interne. Enfin , si tous les : aisseaux du derme étaient renfermés dans une couche superfi— ielle, on devrait, en raclant à sa surface externe une portion e peau injectée , détruire ces vaisseaux , et enlever au derme resque toute sa couleur rouge : or, cela n’a point lieu.
( Béclard. )
(i) La note précédente, de Béclard, établit suffisamment la amposition laminaire du corps muqueux; mais quelle est la narre intime de cette partie? Est-elle un simple assemblage de nsseaux , comme Bichat l’indique? Sa substance est-elle anaigue à celle du système nerveux, comme Gall le pensait? voilà p que Béclard ne dit point , et ce qu’il importe cependant de ivoir. Or voici, à cet égard, l’opinion que je professe, et les reuves sur lesquelles je l’appuie :
i°. Le corps muqueux, cette couche organique placée entre corps papillaire et l’épiderme , qui contient la matière colomte particulière de la peau, et que les recherches de M. Duochet nous ont montrée formée de trois couches secondaires, est itièrement dépourvue de vaisseaux et de nerfs. 2°. Il est le proait de la sécrétion des papilles, comme l’épiderme; il constitue n second épiderme, plus profond et plus mou que le véritable, e qui prouve que le corps muqueux, comme l’épiderme, est sé-
Papilles.
On nomme ainsi de petites eminences qui-sN lèvent de la surface externe du chorion, et qui, pe çant le réseau capillaire dont nous venons de parle deviennent, par leurs extrémités, contiguës à l’ép derme. Ces éminences sont très-marquées dans paume de la main et à la plante des pieds, où ell( affectent une disposition régulière , en forme c petites stries recourbées suivant diverses direction On les voit à travers l’épiderme, malgré son épai seur en ces endroits. Maisonies distingue surtoi
crété par les papilles, c’est qu’ils sont reproduits l’un et l’autre la suite de toutes les lésions de la peau qui n’ont atteint qu’ei seuls , sans comprendre les papilles ; ce qui prouve en particuli que le corps muqueux n’est pas vivant et qu’il manque vaisseaux et de nerfs , c’est la facilité et la promptitude avec 1 quelle il est détruit comme l’épiderme : voyez les agens vésicar ils ne bornent pas leur action au soulèvement de l’épiderin mais ils détruisent en outre les couches diverses du corps m1 queux : témoin la dénudation des papilles à la suite de l’applic
colorante dans les memes circonstances. 3°. Le corps muque
n’est pas plus vivant que les poils et les ongles, qui en sont < modifications ; non qu’il ne subisse de notables cbangemens, se l’influence de l’absorption , mais d’une absorption se fait en d hors de lui par les vaisseaux du chorion et des papilles. 4J- Ei fin , sous le rapport de la composition chimique et sous le po de vue anatomique, il n’y a aucune analogie entre la mati< nerveuse et la matière du corps muqueux, qui ne parait êtr comme celle de l’épiderme , qu’un mucus plus ou moins desséel aussi l’opinion de Gall à cet égard est-elle entièrement hyp thétique. (F. Blandin.)
.DERMOÏDE. O29
orsque celui-ci a été enlevé , d’une manière quel- :onque, par la macération , l’ébullition, etc. Si l’on end longitudinalement un morceau du chorion du >ied, adhérent à son épiderme, on voit entre eux, e long du bord divisé, une ligne en forme de filet remblé, ligne qui résulte de ces petites éminences i dacées les unes à côté des autres.
Dans quelques autres parties de la peau , on disingue les papilles d’une manière assez évidente; nais, dans un grand nombre, l’épiderme étant en- : evé, on n’aperçoit qu’une surface un peu inégale 1 >ar quelques petites saillies, surtout vers l’endroit les orifices par où passent les poils et les vaisseaux,
- nais sans éminences régulièrement arrangées, sans i >apilles proprement dites.
III ne faut pas prendre pour telles les saillies nomjreuses et très-sensibles qui rendent la peau de :ertains sujets extrêmement rugueuse. Ces saillies ont formées par de petits paquets cellulaires, vasculaires ou nerveux, par des glandes sébacées, etc., qui se trouvent près des petites ouvertures, par ■esqueîles le chorion s’ouvre sous l’épiderme et ;ransmet communément des poils. Ces paquets, ogés dans les petits canaux obliques qui se terminent à ces ouvertures, en soulèvent la paroi externe, et font ainsi sâillie au dehors. Voici une expérience très-curieuse qui prouve cette disposition : lorsque la peau est macérée pendant deux ou trois mois, et même moins, d’un côté ces petits paquets, où il y a presque toujours un peu de graisse , se changent en cette matière blanchâtre, épaisse, onctueuse et analogue au blanc de baleine, en la-
quelle la graisse long-temps maintenue dans l’ea se convertit toujours. D’un autre côté, les troi s’élargissant, comme nous l’avons vu, et la peau : changeant en une espèce de pulpe, on peut facil< ment l’enlever tout autour de ces petites saillies, voir qu’elles se continuent avec la graisse qui ren plit les mailles du chorion subjacent, et qui est aus changée en une matière endurcie.
Les injections m’ont aussi manifestement proui qu’il y a des vaisseaux dans ces paquets celluleux , < je m’en suis convaincu depuis quelque temps par dissection de certains scorbutiques, dont lestach< commencent par de très-petites ecchymoses, sen blables, pour ainsi dire, à des piqûres de puces, « qui occupent ces petites éminences. Les pétéchi< des fièvres adynamiques ont un aspect différent mais elles tiennent aussi à une extravasation <3 sang dans le tissu cellulaire occupant les peti pores qui s’ouvrent à l’extérieur du chorion pour transmettre les vaisseaux, les poils, etc. Plus lt éminences dont nous venons de parler sont saii lantes, plus la peau est inégale. En général, elle sont plus fréquentes aux membres et au dos qu sur la partie antérieure du tronc. Dans les membre il y en a plus dans le sens de l’extension que dan1 celui de la flexion.
Nous attachons l’idée d’une belle peau à celle 01 ces petits tubercules ne se rencontrent point , et 01 le chorion est uni à sa surface externe : les femme ont communément cette dernière disposition plu marquée que les hommes. L’épiderme qui recou vr ces éminences s’écaille très-souvent à leur niveau
DERMOIDE.
urtout dans les frottemens un peu forts; ce qui ontribue encore plus à rendre la peau inégale , ruueuse et âpre au toucher, là où elles existent; ce ui même pourrait faire croire quelles sont forlées par lui, quoiqu’il n'y soit jamais qu’accessoire. A où il est très-épais, comme à la paume des mains t à la plante des pieds , il ne peut se soulever , et imais on ne voit de ces petits tubercules cutanés. l la face, où beaucoup de vaisseaux passent du (edans au dehors par les petits pores dont nous vons parlé, on n’en rencontre presque pas non lus. Les papilles parsemées parmi ces éminences pont, en général, très-peu apparentes dans les enroits où elles existent.
Tous les anatomistes attribuent à ces dernières ne structure nerveuse; ils les envisagent comme k terminaison de tous les nerfs qui vont se rendre à i peau, et qui s’épanouissent selon eux pour les muer, en abandonnant préliminairement leur
Inveloppe extérieure. Quelques-uns disent même voir suivi des filets jusque dans ces papilles: j’avoue ue celam’a toujours été impossible. Dans l’état ordiaire, la densité du chorion et l’extrême ténuité des lets qui le traversent y mettent un obstacle évident. )ans l’état de macération prolongée, où le chorion levient pulpeux , et où l’on pourrait par conséquent uivre ces filets, on ne peut apercevoir cette strucure. Je ne nie pas cependant la texture attribuée ux papilles; la vive sensibilité de la peau semble nême la supposer; mais c’est une analogie, et non me démonstration , qui établit ce fait anatomique, in effet, tous les autres sens, dont les organes sont
si sensibles, ont leur portion qui reçoit l’impressk des corps continue à un nerf.
Action des différens corps sur le Tissu dermoid
Dans la plupart des autres tissus, nous n’avoi considéré cette action que sur le cadavre , attenc que, pendant la vie, constamment éloignés d corps extérieurs, ces tissus ne peuvent être il fluencés par eux. Ici nous pouvons l’envisager so un double rapport, puisque la peau est sa cesse en contact avec presque tous les corps de nature.
Action de la lumière.
La lumière agit évidemment sur le derme. El( gués de son influence , les hommes s’étiolent , po ainsi dire, comme les plantes : comparez l’habita des villes, qui vit toujours loin de l’ardeur du si leil, au campagnard sans cesse exposé à son i fluence; vous verrez quelle est la différence. Il par, que c’est la lumière, et non le calorique, qui prodi cet effet, dont j'ai déjà parlé; car les individus q vivent dans une température chaude, mais loin i la lumière solaire, blanchissent comme ceux d pays froids. Ainsi on sait que certains hommes q gardent constamment leur chambre très-échauff sont plus blancs que d’autres qui, vivant dans ui atmosphère moins chaude, sont sans cesse expos< au soleil. On resterait éternellement dans un ba égal en température aux saisons les plus chaude
DERMOIDE.
[ue la peau n’y noircirait pas. Les cabinets d’étude t de travail qu’échauffent des poêles , et où tels îommes restent aussi long-temps que le laboureur ..sa charrue, sont aussi chauds que l’atmosphère l’été, et cependant la peau n’y devient pas brune. J’ailleurs, une preuve irrévocable, c’est que les 'êtemens , qui n’empêchent pas l’action du calo- •ique sur la peau, et qui n’opposent une barrière qu’aux rayons lumineux , empêchent la coloration :utanée qui a lieu sur les parties que la lumière rappe immédiatement, comme sur les mains, la 1 ligure , etc.
Je ne parle pas de l’influence solaire sur les forces itales de la peau, comme dans les cas où les coups le soleil déterminent un érysipèle, comme lorsque a lumière est employée en médicament pour rappeler la vie dans une partie : ce n’est que relatiement au tissu dermoïde que je considère son ction.
Action du Calorique.
L’action du calorique sur la peau présente , penlant la vie, des phénomènes très-différens , suivant es degrés auxquels il se trouve quand il lui est apiliqué.
i°. Une atmosphère chaude épanouit le tissu lermoïde, augmente son action, et détermine la dupart des fluides qui forment le résidu de la mtrition et de la digestion à s’évacuer par ses xhalans.
a0. Resserré et crispé par le froid , ce tissu refuse
d’admettre ces fluides, qui passent alors princip lement par les urines.
3°. Le passage insensiblement amené de l’un l’autre de ces deux états ne trouble point les fon lions. Lorsque ce passage est subit, presque to jours il y a des altérations dans divers organe parce que les fluides destinés à sortir au dehors ] peuvent pas varier aussi rapidement dans leur dire tion vers tel ou tel organe , que l’excitation cutanJ produite par les changemens brusques du chaud i I froid.
4°. La peau résiste à des degrés de températu très-supérieurs à celui du corps; elle oppose ur barrière insurmontable au calorique extérieur, qi tend à se mettre en équilibre dans les corps vivai comme dans les corps bruts. Aussi , tandis que ceu ci se pénétrant de ce fluide dans un milieu pli chaud qu’eux , se mettent bientôt à la températuij de ce milieu, les corps vivans restent au même de gré, quelque supérieure que la chaleur ambiant] soit à la leur. Les expériences curieuses des médn cins anglais ont mis, pour l’homme, cette véri! hors de doute. Il est inutile de rapporter le détail connu de ces expériences, où l’on a vu le mercur descendre dans le baromètre lorsque la boule d| celui-ci était placée dans la bouche , la peau se cou vrir, dans une étuve, des vapeurs aqueuses de l’air que le froid proportionnel du corps condensait à s surface, etc. La considération des animaux à san froid vivant dans les climats chauds prouve la mêm chose. Je ferai même une observation remarquabl à cet égard : c’est que la plupart des reptiles , dor
DERMOÏJDE. 335
a température est bien plus froide que celle des nammifères et des oiseaux, qui se rapprochent plus pi’eux par conséquent de celle de l’hiver, ne peuvent .ependant la supporter. Ils s’engourdissent, doraent dans des trous souterrains, dont la chaleur este à peu près uniforme comme celle des caves, kt ne se réveillent que lorsque la température plus adoucie du printemps vient les stimuler.
5°. La peau, dans les climats très-froids, semble :re, d’un autre côté, un obstacle à ce que le caloque intérieur ne s’échappe tout de suite pour lettre le corps en équilibre avec le milieu envimnant. Cela est manifeste dans les pays voisins du 51e. Je ferai même à cet égard une observation verse de la précédente, c’est que les cétacés habint les mers dont la température est la plus opposée la leur : on pèche surtout des baleines dans les irages du Groenland, du Spitzberg, etc. Pourquoi :s poissons à sang chaud se plaisent-ils dans les ers glacées, tandis que nos amphibies à sang oid recherchent l’ardeur brûlante du soleil? Je l’itore.
Oservons que la plupart des organes intérieurs, lant mis à découvert dans les solutions de contiaité, n’ont point la faculté de conserver, aussi bien pela peau, un degré de température indépendant;
se refroidissent ou s’échauffent plus tôt qu’elle, tant ,a’i!s sont sains. L’intestin sorti dans l’opération de hernie , un muscle mis à nu , etc. , etc., présentent î phénomène, etc. Aussi, pour leur donner alors 3tte faculté cl’avoir une température indépendante,
la nature les enflamme, 'et ils conservent par 1 constamment leur chaleur, quelle que soit celle d milieu environnant. Après la peau , ce sont les sui faces muqueuses qui résistent le plus à la tempérc ture ambiante , comme on le voit dans les chutes d rectum, dans le renversement des anus contre n; ture, etc. Cette différence entre les divers système tient probablement à celle de leur structure.
6°. Quand l’action du calorique est poussée à u degré trop considérable , elle commence à agir si la peau, et ses effets sont d’autant plus marque qu’elle est plus intense. i°. Le plus faible de c< effets , c’est d’exciter une rougeur sensible, une e pèce d’érysipèle : le calorique agit alors coma simple rubéfiant, a0. Le second est de rougir peau, puis d’y produire différentes phlyctène 3°. Dans le troisième il y a un véritable racorniss ment, une crispation des fibres du chorion, qui ! resserrent sur elles-mêmes, commes celles de toi les tissus animaux exposés à un degré de chalei trop fort. 4°. Dans le quatrième et dernier effet, tissu dermoïde est brûlé, noirci et réduit en un v ritable charbon. Ces différens degrés des brûli ne tiennent qu’à des degrés aussi différens du cal rique. Je remarque que , dans les deux premie effets, ce fluide agit sur les forces vitales , que c deux effets ne peuvent avoir lieu par conséquent qi pendant la vie. Les deux derniers ne s’exercent, : contraire, que sur le tissu de l’organe : aussi ils o lieu après la mort exactement comme auparavan
Les cuisiniers font souvent usage du racornisseme
DERMOÏDE. 337
jour donner à la peau une dureté et un cassant né- :essaires dans quelques assaisonnemens (1).
70. Le froid porté à un haut degré agit aussi sur ’organe cutané , et produit différens effets suivant ,on intensité. Le premier de ces effets est assez inalogue au premier effet du calorique un peu inense; il consiste en une espèce d’inflammation ocale : le bout du nez, des oreilles et des doigts, es joues, etc., rougissent par un froid très-vif. Je
(1) Bichat, comme on le voit, avait parfaitement observé les ibénomènes variés de l’action du calorique sur la peau , et d’aorès cela il avait divisé la brûlure en quatre degrés , suivant sa plus iu moins grande profondeur, et suivant les couches de la peau qui tnt été altérées dans cette théorie. Le premier degré est caractérisé >ar une simple rubéfaction • dans le second , il y a formation de
tmlyctènes , vésication j dans le troisième, crispation des fibres fu chorion ; dans le quatrième et dernier degré , au contraire, on >b serve la carbonification duderme. Comme on le voit, cette clasification des degrés de la brûlure offre la plus grande analogie avec elle de M. Dupuytren. Ce professeur, comme Bichat, n’admet pie quatre degrés de la brûlure de la peau : 1 0 rubéfaction ; 2° véication ; 3° destruction de l’ épiderme , du corps muqueux et de la rnrtie externe du derme ; 4° carbonification du derme. Seulement lichat avait considéré comme une simple crispation des fibres du lerme , cet état que l’on observe dans le troisième degré de la brûlure ; tandis que M. Dupuytren a plus justement observé > qu’alors la surface extérieure du derme a été détruite par le calo* ique. Au reste , dans sa classification , le professeur que j’ai cité i embrassé non-seulement la brûlure cutanée, mais celle du issu cellulaire et des parties les plus profondes , et il a ajouté leux degrés aux quatre de Bichat : le cinquième , dans lequel le tissu cellulaire sous-cutané a été détruit avec la peau, etlesixième, qui a pour caractère la destruction complète et profonde de la partie du corps affectée. ( F. Blandin. )
A tut, tés, 7. iy .
n'ai pas exactement observé les autres elfets intermédiaires à celui-ci, et au dernier, qui consiste en une privation subite de la vie; mais il y a cette différence entre la gangrène qui arrive alors et celle qu’un calorique très-intense détermine, que lanoirceur est subite dans celle-ci, au lieu quelle n’est que consécutive dans l’autre. Remarquez, en effet, qu’il y a dans la gangrène deux choses que les médecins ne distinguent point assez, i°la mortification de la partie, 20 sa putréfaction. La mortification est toujours antécédente; elle est produite par mille causes différentes, tantôt par la ligature d’une artère, comme dans l’anévrysme, tantôt par celle d’un nerf, souvent par une violente inflammation quelquefois par une contusion , une attrition J une meurtrissure, etc. Une fois qu’une partie est morte au milieu de celles qui vivent, quelle que soit la cause de sa mort, elle se putréfie exactement comme un cadavre que la vie a abandonné en totalité. La putréfaction est meme alors plus précoce, parce que d’une part la chaleur naturelle du corps, de l’autre part l’humidité des parties environnantes, la favorisent singulièrement. Cette putréfaction varie suivant l’état où se trouvait la partie à l’instant de la mort : si beaucoup de sang l’infiltrait, comme quand c’est l’inflammation qui étouffe la vie, elle se putréfie avec beaucoup de promptitude, noircit tout à coup, laisse échapper une sanie infecte, et se nomme gangrène humide. Si peu de sang se trouve dans la partie à l’instant où elle meurt, sa putréfaction est moins prompte, elle pourrit d’abord, noircit ensuite, laisse échapper
DERMOÏDE. 539
peu de sanie, etc. : c’est la gangrène sèche. Ainsi, sur un cadavre entier, si une partie est très-gorgée dè sang, comme la tète chez les apoplectiques, sa putréfaction est beaucoup plus prompte et plus humide que celle des parties où ce fluide est en moindre abondance. Dans la gangrène qui succède à la mortification produite par le froid, souvent il y a sécheresse de la partie, parce que peu de sang s’y trouvait à l’instant de la mort. Combien une foule de médecins connaissent peu la marche de la nature dans l’emploi de leurs anti-septiques, qu’ils appliquent dans l’économie vivante comme sur les chairs que la vie a abandonnées ! De deux choses l’une, vous appliquez les anti-septiques ou pour empêcher que la partie ne meure, ou pour empêcher qu’elle ne se putréfie. i°. Si c’est dans la première intention , les anti-septiques doivent varier : déliez l’artère d’un membre sur un animal où vous l’aurez étanglée, vous ferez une opération antiseptique; la saignée, les applications émollientes, qui calment l’intensité de l’inflammation dans un phlegmon, sont des anti-septiques; un tonique, comme le vin, tous les stimulans qui excitent les forces vitales dans une partie où elles languissent à la suite d’une meurtrissure, sont des anti-septiques, etc. Ce mot est donc extrêmement impropre quand on l’applique à des médicamens destinés à empêcher la mortification des parties. Em ployez vous les anti-septiques pour empêcher qu’une partie morte au milieu des autres restées vivantes ne se pourrisse; vous pourrez obtenir quelque effet : ainsi , en saupoudrant de quinquina, de muriate de
soude, d’un sel neutre quelconque, en humectant de suc gastrique un membre, une portion de peau, l’extrémité du nez, etc., dont la mort s’est emparée par une cause quelconque, vous arrêterez la putréfaction, comme sur un cadavre où vous emploierez les mêmes moyens. Mais cju’en résulterat-il ? un peu moins de fétidité pour les parties environnantes, un peu moins de danger pour elles de recevoir l’influence des émanations de la partie morte; mais il faudra toujours que celle-ci tombe; jamais les anti-septiques ne la rappelleront à la vie. D’après cela il est évident qu’il faut considérer ces moyens sous deux points de vue absolument différens. Les uns préviennent la mortification, et ils varient singulièrement, quoiqu’ils aient pour but d’empêcher le même effet; ainsi nos moyens de guérir la rétention d’urine sont-ils très-variables, souvent même opposés, suivant la cause qui tend, à produire cette rétention. Les autres anti-septiques empêchent la putréfaction sans rappeler les parties à la vie : or, ceux-ci sont constamment les mêmes, quelle qu’ait été la cause de la mort locale.
L’air agit sans cesse sur l’organe cutané. Da
l’état ordinaire, il enlève habituellement de sa surface la sueur qui s’en exhale. Fourcroy, qui a fixé une attention particulière sur la dissolution du fluide transpiré dans l’air ambiant, me paraît avoir beaucoup trop étendu l’influence de cette dissolution sur la transpiration. En effet , il y a deux choses
Action de l’ Air.
DERMOIDE.
très-distinctes dans cette fonction; i° l’action des exhalans, qui rejettent le fluide au dehors; 2° l’action de l’air, qui le dissout et le vaporise. Or, la première de ces deux choses est absolument indépendante de l’autre : que le fluide exhalé soit dissous ou non, un nouveau n’est pas moins fourni par les exhalans. Si la dissolution n’a pas lieu, le fluide s’accumule sur la peau, qui reste humide; mais cette humidité ne bouche pas les pores exhalans, n’empêche pas une humidité nouvelle de s’y joindre. Une comparaison rendra ceci très-sensible. Dans l’état naturel, les fluides séreux sont sans cesse exhalés et absorbés; les absorbans remplissent pour eux les fonctions de l’air qui dissout la sueur : or, quoique ces vaisseaux cessent leurs fonctions, comme dans les hydropisies, les exhalans continuent la leur; il survient seulement une collection i séreuse qui, appliquée sur les orifices exhalans , ne leur empêche pas de verser une sérosité nouvelle.
: La vessie a beau contenir de l’urine qui pèse sur l’embouchure des uretères, ces conduits n’y en versent pas moins. Quoique les sucs muqueux stagnent sur leurs surfaces respectives, de nouveaux sucs sont cependant versés sur ces surfaces. De meme,
I quoique la peau reste humide par la non-dissolution de la transpiration , une transpiration nouvelle ne s’exhalepas moins. La dissolution est un phénomène physique absolument étranger au phénomène vital de l’exhalation. Nous transpironsdansle baincomme dans l’air : seulement l’humeur qui en résulte se mêle à l’eau, au lieu d’être réduite en vapeur. L’humidité de la peau tient à deux causes abso-
lument étrangères l’une à l’autre. i°. Elle tient à l’accroissement du fluide fourni par les exhalans cutanés : or, ces exhalans peuvent augmenter leur action par trois causes; d’abord, tout ce qui précipite le mouvement du cœur, comme la course, comme les accès de fièvres aiguës , etc. , pousse à la peau, ainsi qu’on le dit vulgairement; en second lieu, tout ce qui tend à relâcher et à épanouir l’organe cutané, par une action directe exercée sur lui par les corps environnans, accroît aussi Faction de ces exhalans, comme dans les grandes chaleurs de l’été, dans le bain et à la suite de celui-ci, dans une étuve, etc.; en troisième lieu, dans une foule de cas la peau augmente sympathiquement d’action : ici se classent les sueurs des phthisiques dont le poumon est la source; celles de la crainte, qui dépendent d’un organe épigastrique subitement affecté; celles d’une foule de maladies aiguës, etc. Or, dans tous ces cas, quelque active que soit la dissolution de l’air, la peau sera toujours humide, parce qu’il s’y répand plus de fluide que l’air ne peut en dissoudre : ainsi, dans les catarrhes du poumon, où plus de sucs muqueux pleuvent dans les bronches que l’air ne peut en apporter, il faut! absolument qu’il y ait toux et expectoration pour rejeter le superflu.
a0. Il est des cas où l’humidité de la peau ne dépend que de ce cpie la dissolution n’est pas suffi santé. C’est ce qui arrive dans la moiteur du lit oi l’air n’est pas renouvelé, dans les temps humides, etc Il n’y a pas alors plus de fluide exhalé; mais h “fluide ordinaire devient sensible , parce qui
DERMOIDE.
n’est pas dissous. C’est sous ce point de vue qu’il faut envisager l’action de l’air sur l'organe cutané qui transpire : il n’enlève rien dans cet organe, il n’a sur lui aucune action réelle, il prend seulement ce que ses vaisseaux rejettent. La dissolution est une chose purement accessoire, qui n’est jamais que consécutive à l’exhalation , et qui n’a aucun rapport avec elle. Dans la même journée où la température n’a pas varié, la peau est souvent sèche, en moiteur , humide et même mouillée de sueur. Si l’air agit sur la transpiration, c’est en crispant ou en relâchant les exhalans, et non en dissolvant ce qu’ils rejettent. Si la peau formait un sac sans I ouverture, comme les surfaces séreuses, elle transpirerait loin du contact de l’air, comme sous ce contact. Pourquoi n’y arriverait-il pas en effet ce qui a lieu sur ces surfaces?
Si on considère l’action de l’air sur la peau du cadavre, on voit qu’elle y produit deux effets dif- < férens, suivant l’état où celui-ci se trouve. S’il la pénètre de tous cotés, il la dessèche, et alors elle prend une sorte de transparence, comme les or- ! ganes fibreux, à moins que du sang n’y ait été accumulé à l’instant de la mort, cas dans lequel elle devient noirâtre ou d’un brun foncé. Ainsi desséchée, ï° elle est ferme et résistante, mais peut se ployer en divers sens, sans se rompre, comme il arrive à une foule de tissus aussi désséchés, tels que le cartilagineux, le musculaire, etc. z\ Elle est beaucoup plus inaltérable que la plupart des autres tissus en état de dessiccation. 3°. Elle absorbe moins facilement qu’eux l’humidité, quoique cependant,
étant un peu long-temps plongée clans l’eau, elle reprenne enfin à peu près sa couleur primitive et perde sa transparence. 4°- Elle n’exhale point une odeur désagréable comme plusieurs des autres tissus. Voilà pourquoi les peaux d’animaux, simplement desséchées, servent dans une foule d’arts; pourquoi certains peuples barbares en font usage pour vêtemens, etc. : les aponévroses, les membranes muqueuses, les séreuses et les fibreuses ne seraient point propres à être ainsi employées. C’est encore à cela qu’il faut attribuer le peu d’altération de l’extérieur des momies, qui n’auraient jamais pu traverser les siècles si un plan charnu, séreux, etc., ne les eût entourées.
Lorsque la peau est laissée sur le cadavre, ou exposée à un air humide, elle se pourrit au lieu de sécher. Alors elle prend une couleur d’abord terne, puis verdâtre, et enfin noirâtre. Elle exhale une fétidité très-grande, se gonfle et épaissit, parce que les gaz qui s’y dégagent remplissent le tissu cellulaire de ses aréoles. Un enduit muqueux se répand sur sa surface externe, qui se dépouille de l’épiderme. Rien de semblable à cet enduit ne se voit sur l’interne. Enfin , quand tous les fluides qu’elle contient se sont évaporés, il reste un résidu noirâtre , très-différent de celui que la combustion laisse après elle.
DERMOÏDE.
Action cle Veau.
Cette action, dans l’état de vie, est relative, ou aux substances qui se déposent à la surface de la peau, ou au tissu cutané lui-même.
La sueur dépose sans cesse sur l’épiderme une foule de substances dont l’air enlève les principales, mais dont plusieurs, peu dissolubles par lui, comme les sels par exemple, restent à sa surface, et y adhèrent lorsque le frottement ne les emporte pas. Mêlées à l’humeur onctueuse qui suinte à cette surface, aux différentes molécules étrangères que ’air y dépose comme partout ailleurs, ces substances forment sur la peau un enduit qui ne peut,
I somme la transpiration , disparaître par dissolution. )r, l’eau entraîne tout cet enduit; voilà pourquoi es bains sont d’un usage vraiment naturel : tous es quadrupèdes se baignent, tous les oiseaux se ilongent fréquemment dans l’eau ( je ne parle pas le ceux dont ce fluide est pour ainsi dire l’élément) : ’est une loi imposée à toutes les espèces dont la 'eau rejette beaucoup de substances au dehors, ’outes les races humaines observées jusqu’ici se longent fréquemment dans les fleuves, les rivières u les lacs, le long desquels elles font leur séjour, t æs pays que beaucoup d’eau arrose sont ceux que îs animaux habitent préférablement : ils fuient eux où ce fluide manque, où même il n’est qu’en uantité suffisante pour leur boisson. Nous dénairons tout dans la société : dans la nc>tre, des lasses nombreuses n’usent presque jamais du bain:
aussi cherchez surtout dans ces classes-là les ma ladies cutanées. Nous avons vu que les sucs mu queux séjournant trop trop long-temps sur leur surfaces les irritent, les stimulent, et y causent di verses affections. Est-il étonnant que le résidu di l’exhalation cutanée que l’air n’enlève pas occasion! diverses altérations sur la peau ? L’été, les bain sont plus nécessaires, parce que, beaucoup d’excré tions se faisant par la peau, plus de substances s’y déposent. En hiver, où tout passe par les urines la surface cutanée se salit moins, et a moins besoii d’être nettoyée. A la suite des grandes maladies oi il y a eu des évacuations cutanées abondantes , ui ou deux bains terminent avantageusement le Irai tement. Considérons donc l’eau comme agissant ac
cessoirement à l’air sur la peau, comme enlevant ; sa surface les substances que le premier ne peu dissoudre, substances qui, variant singulièremen comme celles qui composent l’urine, ont présenti aux chimistes les fluides transpiratoires'tanlôt alca lins, tantôt acides, souvent salés, quelquefois char gés de substances odorantes, etc. L’eau est levé hicule général : quand elle s’évapore, elle laisse nu. les substances qui ne se volatilisent pas comm
elle. C’est sons ce rapport que les frictions sont au-si avantageuses : elles nettoient l’extérieu du corps.
Quant à l’action du bain sur le tissu cutané, non connaissons peu cette action pendant la vie. O dit bien en médecine qu’il relâche, qu’il ramollit c tissu , qu’il le détend ; langage vague, auquel aucu sens précis n’est attaché, et que sans doute on
DERMOIDE.
emprunté du ramollissement que subit la peau des cadavres ou même le cuir tanné, lorsqu’on les expose dans l’eau. Le bain agit sur les forces vitales de la peau, les exalte ou les diminue, ainsi que je le dirai; mais il laisse son tissu dans le même état : ce n’est que celui de l’épiderme qu’il altère , comme nous le verrons.
Mise en macération dans l’eau à un degré moyen de température, par exemple à celui des caves, qui ne varie pas, la peau humaine se ramollit, ne se gonfle presque point, blanchit sensiblement, reste long-temps sans éprouver aucune autre altération
1 qu’une putréfaction infiniment moindre que celle des tissus musculaire, glanduleux, muqueux, etc., soumis à la même expérience. Cette putréfaction, qui enlève l’épiderme, paraît beaucoup plus marquée du côté de cette membrane. Au bout de deux mois la peau n’a encore perdu que très-peu de sa consistance. Elle n’est point pulpeuse, comme le sont à cette époque les tendons et les muscles, etc., macérés: elle ne commence à se réduire en pidpe fétide qu’au bout de trois ou quatre mois. J’en conserve depuis huit mois qui a encore sa forme primi- :ive, mais qui flue sous les doigts dès qu’on la presse an peu. Dans l’état demi-putrilagineux, la peau conserve encore la faculté de se crisper sous l’action lu calorique; elle s’agite en brûlant sur les charbons, ou lorsqu’on la plonge dans l’eau bouillante. Une fois réduite en vrai putrilage, elle a perdu cette propriété.
Exposé à l’ébullition, le tissu dermoïde, lorsqu’il est bien isolé du tissu cellulaire, fournit moins d’é-
crime que le musculaire, que le glanduleux et il muqueux; il se rapproche sous ce rapport des ten dons, sans doute parce que, presque tout gélati neux, il contient peu d’albumine. En se racornis sant un peu avant que l’ébullition 11e commence, il se tord sur lui-même, et dans cette torsion devien constamment convexe du côté de l’épiderme , e concave du côté opposé. Yoici pourquoi : les fibre du chorion , en se resserrant par le racornissement se pressent les unes contre les autres; toutes le aréoles qui existent entre elles s’effacent : or, comin ces aréoles sont très-larges dans le second sens, 1 tissu dermoïde y devient nécessairement plus étroit tandis que, dans le premier, les aréoles n’existar presque pas, tout étant presque solide, les fibre ont moins d’espace pour se resserrer, elles rester plus longues, et la surface demeure plus larg< Dans letat naturel le vide des aréoles, rempli pa du tissu cellulaire, augmente la largeur de la suit face interne : ce vide ayant alors disparu, cette su; face est plus étroite.
A l’instant où cette espèce de torsion arrive à 11 peau, celle-ci se couvre, comme je l’ai dit, d’un infinité de phlyctènes remplies de sérosité, et qu forme l’épiderme. Comme cette membrane est trè épaisse à la plante des pieds et à la paume des mains elle 11e peut s’y prêter à leur formation, et on n’| voit rien de semblable. Cependant, en l’enlevar de dessus des pieds bouillis , j’ai observé qu’ell contenait entre ses lames beaucoup de petites vés cules, lesquelles étaient peu sensibles. Je n’ai poir analysé l’eau de ces phlyctènes; je présume qu’ell
DERMOÏDF.
st analogue à celle des vésicatoires. Du reste il s’en panche une plus ou moins grande quantité, et les ésicules sont par conséquent plus ou moins grosses, uivant l’état où se trouvait le système capillaire xtérieur à l’instant de 3a mort.
En se racornissant, la peati devient dure", élasque, très résistante, plus épaisse, mais moins ,rge. Bientôt elle prend une demi-transparence et ne couleur jaunâtre, comme les organes fibreux ouillis. Alors la dureté quelle avait acquise à l’inant du racornissement s’efface peu à peu; elle se imollit, cède beaucoup de gélatine à l’eau dans quelle elle bout , ne diminue cependant point de olume, augmente même en épaisseur. Toute espce de fibres, d’aréoles et d’organisation a disparu
Iors, c’est une masse membraneuse, homogène en >parence, demi-transparente et gélatineuse. Dans t état de ramollissement, elle ne perd point l’élaspité quelle avait acquise en se racornissant,
tnme les tissus muqueux , séreux, cellulaire, etc. : grande quantité de gélatine qu’elle renferme lui iserve encore cette propriété. Le moindre mounent qui lui est communiqué y excite un tremment général, une sorte de vibration de toutes parties, exactement analogue à celle des difféîtes gelées animales prises à demi, et qui vacillent as le vase au moindre choc.
Enfin, l’ébullition continuant toujours, toute la {'latine est presque dissoute, et il ne reste qu’un isidu comme membraneux et qui ne disparaît u’avec une extrême difficulté : il faut même trèslng-temps à l’eau bouillante ordinaire pour réduire
la peau à ce résidu. Voilà les phénomènes de l’ébul lition de la peau humaine tels que je les ai stricte ment observés. Les chimistes se sontoccupés du tissi dermoïde de beaucoup d’autres animaux : ils s sont formé diverses idées sur sa nature; ils y on admis deux substances, l’une fibreuse, l’autre géla tineuse. Je renvoie à leurs ouvrages sur ce point particulièrement aux travaux de Seguin et à i’ou vrage de Fourcroy; car je me dispense, en général de rapporter ce qui y est détaillé, ce serait de répétitions inutiles.
Action clés Acides , des Alccdis et d'autres substances.
Les acides sulfurique, nitrique et muriatiqn agissent sur la peau avec laquelle on les met en coi tact comme sur toutes les autres substances an males. Cependant j’ai remarqué que leur action e beaucoup plus lente , surtout du coté de lepidermf quoique cette membrane ait été préliminai remet enlevée. Le premier la réduit assez facilementen ui pulpe noirâtre; les seconds l’amènent avec plus c peine à l’état pulpeux, même lorsqu’ils sont trè: peu affaiblis: l’acide muriatique oxygéné ne produ presque point d’effet sur elle.
Quelques auteurs ont écrit que l’action delapieril à cautère appliquée sur un cadavre y produit 1 mêmes phénomènes que sur un sujet vivant. J’ enveloppé dans un morceau de peau, comme daij un nouer, plusieurs fragmens de cette substanc de manière qu'ils étaient en contact avec 1’épiderm
DERMOIDE.
i bout d’un jour ils se trouvaient réduits en une ;pèce de bouillie d’un rouge jaunâtre , par l’huùdité qu’ils avaient absorbée; crispé et resserré, tissu dermoïde n’avait point été percé; il ne palissait pas même endommagé à l’extérieur. En gé~ irai , l’action des alcalis paraît être toute différente endant l’état de vie; et même, suivant les degrés .vers de vitalité, leur action varie: on sait qu’on
Iûle plus difficilement les chairs flasques et fonleuses que les chairs rouges et vives. Il en est de ême des acides : jamais, pendant la vie, ils ne poduisent rien d’analogue à cette pulpe de couleur (fférente suivant ceux qu’on emploie, qui est toujurs après la mort le résultat de leur action.
On sait qu’une lessive alcaline, mise en contact ec la peau, produit une espèce de tact onctueux glissant, qui tient sans doute à la combinaison de Icali avec l’enduit huileux de la peau, d’où rélte une espèce de savon.
Je ne parlerai pas de la tendance du derme à se ;mbiner avec le tannin, ni des phénomènes de ftte combinaison : je ne pourrais que répéter ce don a dit sur ce point. Je remarquerai seulement l’il serait très-important d’essayer le tannage des ■ges aponévroses sous-cutanées, dont le tissu esntiellement gélatineux a beaucoup d’analogie avec lui du derme, et qui, par leur étendue et leur æsse, pourraient servir peut-être à des usages : xquels le tissu dermoïde tanné est moins propre, (isait que la peau tannée n’est plus ce qu’elleétait cns l’état naturel, et que la substance dont elle et alors pénétrée lui donne une consistance artifi-
cielle. Si beaucoup de tannin a été combiné avec elle elle a perdu entièrement la faculté de se racornir elle est cassante; tandis que si peu de cette sub stance lui a été ajouté, elle conserve en partie et si souplesse et la propriété de se crisper sousl’actioi du calorique. Je compare la peau tannée à l’os pé nétré de son phosphate calcaire, et celle qui ne l’es pas au parenchyme cartilagineux que les acides on privé de ce phosphate.
§ II. Parties communes à V organisation du System dermoïde.
Tissu cellulaire.
fc-
Tout le derme est pénétré d’une grande quantit de ce tissu. Yoici comment il s’y comporte : de fer térieur de la couche, cellulaire sous-cutanée se d tache une infinité de prolongemens qui pénétrer les aréoles contiguës du chorion, s’introduisent ei suite dans celles qui sont plus extérieures, et enfi se terminent aux pores nombreux qui transmettei au dehors les vaisseaux, les nerfs et les poils, le quels ont préliminairement traversé ce tissu cell laire. On peut donc concevoir le chorion comn une espèce d’éponge, dont les aréoles représenter les interstices, et que le tissu cellulaire pénètre t toute part; en sorte que, s’il était possible d’isoL par la dissection ces aréoles du tissu cellulaire et d organes qui s’y trouvent plongés, on aurait ui espèce de crible percé en tous sens. L’art ne pe
DERMOIDE.
t parvenir qu’avec peine à cause de la finesse des cardes; mais ce que ne fait pas la dissection, la na- :ure l’opère souvent : dans les furoncles, j’ai observé' que tout ce qui remplit les intervalles des îbres dermoïdes disparaît par la suppuration, et jue ces fibres, écartées d’ailleurs par le gonflement des parties, présentent véritablement l’espèce de crible dont je viens de parler, quand on les a lavées lu fluide qui les humecte. Le furoncule diffère, en effet , d’une foule d’autres éruptions cutanées, en ce qu’il attaque le tissu cellulaire des aréoles du diorion, tandis que ces éruptions n’ont leur siège, lomrae je l’ai dit, que sur le corps réticulaire. Je ne connais aucune affection aiguë qui attaque le choion lui-mème; toutes ont leur siég^^u à sa surace, ou dans le tissu cellulaire ■ aréoles. Sa
exfure dense et serrée semble, comme celle' des ponévroses, ne pouvoir s’altérer qu’à la longue. )ans l’éléphantiasis, j’ai vu cette texture manifesement désorganisée.
M. Thillaye m’a montré des portions de peau extraites d’un cimetière, où tout ce qui remplissait les iréoles dermoïdes avait disparu , et où ces aréoles
1:t leurs fibres desséchées formaient une véritable ponge membraneuse où on voyait partout le jour: 1 était arrivé, dans ce cas, l’inverse de ce qu’on observe dans nos macérations prolongées, où le tissu ellulaire graisseux, changé en une substance blanhâtre et solide, garde, comme je l’ai dit, la forme les aréoles qu’il remplissait, tandis que les fibres lermoïdes , réduites à fétat pulpeux , s’enlèvent fadement. Dans le premier cas, c’est le moule seul Anax. GÉN. T, ÏY. %3
qui est resté; dans le second, c’est la substance qu y est contenue.
Dans les leucophlegmaties prolongées, la sérositi sôus-cutanée s’infiltre peu à peu par les prolonge mens cellulaires des aréoles du derme, écarte leur fibres, agrandit ces aréoles par conséquent, et pé nètre quelquefois jusqu’à l’épiderme, quelle fai rompre en divers endroits, et par les crevasses du quel elle s’échappe. Dans ce cas, il n’y a pas résolu tion de la peau en tissu cellulaire, comme on le dit mais écartement des fibres dermoïdes, qui resten toujours.
Je ne présume pas que le tissu cellulaire du chc rion se prolonge jusqu’à sa surface externe sou l’épiderme ; car , quand celui-ci a été enlevé, il ne s forme point de bourgeons charnus : or, dans toute les parties où se trouve du tissu cellulaire, il y production de ces bourgeons quand elles sont mise à découvert.
Vaisseaux sanguins.
Lés artères rampant dans le tissu cellulaire sou cutané fournissent une infinité de petites branche qui s’introduisent avec les paquets cellulaires dar les aréoles dermoïdes les plus internes, se glisseï ensuite dans celles qui sont voisines , se rapprochei en serpentaht et en s’anastomosant mille fois entij elles à travers les aréoles de la surface externe d chorion, passent enfin à travers les pores de cet surface, et viennent donner naissance à ce résea capillaire extérieur dont nous avons parlé à l’artic
DERMOÏDE. 355
îu corps réticulaire, et où, dans l’état ordinaire, très-peu de sang rouge parvient (i). Dans ce trajet \ travers les aréoles dermoïdes, peu d’artérioles i’arrêtent dans les fibres du chorion lui-même, :omme les injections fines le prouvent. Ces fibres ’essemblent sous ce rapport à celle des aponévroses, que beaucoup de vaisseaux traversent, mais jui en ont peu appartenant à leur tissu propre.
Les veines suivent à peu près le mouvement des trtères, mais dans un sens inverse : après avoir traversé les aréoles dermoïdes et le tissu cellulaire qui es remplit , elles viennent se rendre dans de gros roncs sous-cutanés, qui parcourent un long trajet, orment , comme nous l’avons vu , un système tota-
Iement distinct par sa position de celui des artères,
:t se dessinent souvent à travers les tégumens. Inensibles dans l’état naturel , les ramifications veiteuses des aréoles se dilatent considérablement dans es tumeurs cancéreuses subjacentes, etfontparaîre la peau qui recouvre ces tumeurs comme ver- ;etée de lignes bleuâtres, qui grossissent toujours i mesure que la tumeur augmente. Toutes les fois ju’il y a distension considérable de l’organe cut^ié )ar un anévrysme, par la grossesse, par l’hydro- )isie, etc., cette dilatation arrive aussi, pourvu cependant que la cause de la distension suive une narche chronique; car jamais on ne voit rien de
( i ) Plus haut , j’ai fait remarquer que les vaisseaux de la peau îe dépassent point les papilles qui s’élèvent de la surface du derme, :t que le prétendu corps réticulaire de Malpighi et de Bichat est maginaire. ( F. Blandln. )
semblable dans les affections aiguës, quelque boursouflement qui survienne, comme dans les tuméfactions consécutives aux fractures, aux luxations compliquées, etc.
Tout le sang noir formé dans la peau se rend dans le système veineux général : aucune portion n’appartient à l’abdominal.
Nerfs.
Leur distribution est à peu près la même quo celle des vaisseaux sanguins. Beaucoup de branche; assez considérables, comme diverses divisions di musculo-cutané, du cutané interne, des lombaires des saphènes, du tibial antérieur, des intercostaux des cervicaux, etc., forment une espèce de système nerveux sous-cutané, d’où partent toutes les bran ! ches qui pénètrent dans le derme. Ces branches en traversant les aréoles dermoïdes avec les artère; et les veines, paraissent s’anastomoser souvent en semble, passent à travers les pores qui terminen les aréoles à l’intérieur, et sans doute viennent for mer les papilles. Remarquez même qu’à la main, oi les^ papilles sont très-sensibles, il y a, à proportior de la surface, bien plus de nerfs sous-cutanés qu< partout ailleurs.
Absorbant.
Une très-grande quantité d’absorbans rampent au dessous de la peau : c’est même en cet endroii qu’on peut le plus facilement les étudier. Toutes les veines en sont entourées : divers faisceaux s’ob
DERMOÏDE.
servent dans leurs intervalles : en sorte qu’un plan l’absorbansj disposé en forme de couche continue f semble séparer, dans les membres, l’aponévrose et la peau. Il est hors de doute que l’origine de la plupart de ces vaisseaux existe dans le chorion, qu'ils rapportent dans le sang et la graisse, et la ymphe cellulaire de ses aréoles, et la matière auditive de ses fibres. Mais un ordre particulier de aranches s’ouvre-t-il à la surface de. l’épiderme pour absorber en certains cas les substances étrangères? Cette question ne peut être résolue par l’inipection anatomique; mais voici diverses considéra- :ions qui me paraissent jeter sur elle un grand jour.
i°. Les absorbans sous-cutanés, visibles par les njections, sont proportionnellement trop nomareux pour rapporter seulement la graisse et la sérosité des parties voisines.
u°. Il est une foule de médicamens qui paraissent être visiblement absorbés : tels sont le mercure lans la maladie vénérienne, des purgatifs, des émé- :iques, des fébrifuges même, comme le quinquina, }ui, appliqués en friction, ont produit leurs effets aussi bien que s’ils avaient été introduits par l’es- :omac; les cantharides , qui portent souvent au rein juand on en emploie la teinture en Uniment ; les subitances narcotiques, qui occasionent quelquefois une pesanteur de tête et un assoupissement quand allés ont été appliquées extérieurement, etc. Ces hfférens effets sont extrêmement connus, et une foule d’auteurs en citent des exemples.
3°. On connaît l’absorption des différens virus,
de la rage, de la variole, du venin de la vipère, etc. absorption qui se fait, il est vrai, rarement sur lepiderme resté intact, mais qui a lieu constammenl quand, celui-ci étant soulevé, la matière se trouve placée sur le réseau capillaire extérieur dont nou; avons parlé. Je remarque même que les divers genres d’inoculation de la variole, de la vaccine, etc., prouvent manifestement et l’existence et l’importance de ce réseau, auquel jusqu’ici on n’a pas fait assez d’attention. Il est beaucoup de principes con tagieux qui s’absorbent à travers l’épiderme : tels sont celui de la peste, que les vêtemens communiquent, ceux de différentes fièvres pestilentielles qui pénètrent par la peau plus que par la respiration. Je crois qu’on peut diviser ainsi qu’il suit les absorptions cutanées d’où naissent les maladies :
i i» local , comme la gale, les dar très, la teigne , etc. , etc. ;
i°. Absorptions qui se font à tra- F
vers l’épiderme, et qui pro-( 2° général, comme les maladie
duiserit un effet \ pestilentielles, les fièvres pu
trides gagnées dans un séjou malsain , etc. etc.
i° local, comme la vaccine, L i variole, etc. , etc. ; Absorptions qui ne se font I
qu’on soulevant l’épiderme ,< 2» général, comme la rage, li
et d’où naît un effet j venin de la vipère, la coupup
avec des instrumens imprégné de matière putride, etc., etc.
On voit dans ce tableau les absorbans chargés de: substancesnuisibles, tantôt ne les point transmettn au delà de la partie , tantôt les porter dans le sang qui lui-même les porte aux différens organes de l’é conomie. Quelques auteurs ont cru que, dans le
cas où les effets de l’absorption deviennent généraux, il y a plutôt action nerveuse et phénomènes sympathiques que transmission d’une matière nuisible dans le torrent circulatoire, que par conséquent les solides jouent un rôle presque exclusif dans ces maladies. Mais pour lever tout doute sur ce point, il suffit d’observer, i° que , dans l’absorption de beaucoup de substances contagieuses, par exemple, lors de la piqûre du doigt avec un scalpel imprégné de substances putrides, on sent une douleur, qu’il y a même une rougeur tout le long du trajet des absorbans du bras, et que les glandes axillaires se gonflent ensuite; a0 qu’en transfusant dans les veines la plupart des substances qu’on applique en frictions, on produit des effets analogues à ceux qui ont lieu dans ces frictions. Ainsi transfusés ou absorbés , les purgatifs et les émétiques attaquent également, les uns les intestins, les autres l’estomac. Il me semble qu’on n’a point assez tiré parti des nombreuses expériences faites dans le siècle passé sur la transfusion : en comparant leur effet à celui qui a lieu sur l’organe cutané, je crois qu’il est impossible de ne pas admettre un principe morbifique dans le sang, lors des maladies contagieuses.
3°. Après l’usage du mercure pris en frictions, les émanations de ce métal qui se trouvent dans les fluides animaux agissent évidemment sur l’argent qu’on place dans la bouche , le rectum , etc. ; je suis persuadé même que le sang, qui, dans l’état naturel, exerce sur ce métal très-peu d’action, l’altérerait alors. Les accoucheurs savent que les eaux de
l’amnios des femmes qui ont fait usage des frictions mercurielles présentent le même phénomène.
4°. Plusieurs substances non médicamenteuse.' peuvent être transmises dans le sang par l’absorption cutanée. L’eau paraît y entrer par là, dans b rapide production de certaines hydropisies, dans certains cas rapportés par des voyageurs, qui, man quant d’eau douce sur la mer, ont en partie étanche leur soif en s’entourant de linges mouillés, etc Quand on imprègne ses vêtemens d’huile de térébenthine, les urines prennent bientôt une odeui qu’elles ne doivent qu’aux principes transmis dans le sang par l’absorption. Plusieurs physiciens estimables assurent avoir augmenté de poids après h promenade du matin.
J’ai observé qu’à la suite du séjour des amphithéâtres, les vents prennent fréquemment uru
odeur exactement analogue à celle qu’exhalent le:
O JL
cadavres en putréfaction. Or, voici comment je me suis assuré que c’est la peau, autant que le pou mon, qui absorbe alors les molécules odorantes J’ai bouché mes narines , et j’ai adapté à ma bouche un tuyau un peu long qui, traversant la fenêtre
me servait à respirer l’air extérieur. Eh bien , me:
vents , après une heure de séjour dans une petite salle de dissection, à côté de deux cadavres très fétides, ont présenté une odeur à peu près semblable à la leur. J’ai observé aussi que, lorsqu’on touche long-temps des matières fétides, les vents se pénètrent bien plus d’odeur qu’en séjournant seulement dans un air chargé d’exhalaisons cadavé reuses. Donc les absorbans portent d’abord ces ex
DERMOIDE.
salaisons clans le sang, qui les transmet ensuite au dehors par la surface muqueuse des intestins : ainsi quand Turine est absorbée, la salive, les sucs m uqueux, etc. , présentent une odeur urineuse.
Je pourrais accumuler une foule d’autres preuves le l’absorption cutanée; mais je n’ai choisi que les Drincipales. On en cite beaucoup d’autres : Halier, m particulier, auquel je renvoie, en a multiplié les exemples.
Je remarque cependant que les absorptions cu- :anées portent un caractère d’irrégularité remarquable; que, sous la même influence apparente, cautôt elles ont lieu, et tantôt elles manquent. C’est linsi que le plus souvent on n’absorbe rien dans le aain, qu’on laisse ou qu’on gagne les contagions, que la vaccine prend ou ne prend pas, que l’inocuation variolique est aussi souvent incertaine, etc. Nous ne nous en étonnons pas : il faut un degré iéterminé de sensibilité dans la peau pour l’absorp- :ion de telle ou telle substance; au dessus ou au dessous de ce degré, les absorbans repoussent cette substance. Ainsi, dans le tube intestinal, si. vous exaltez, par un purgatif, le degré de sensibilité mdinaire des absorbans lactés , aussitôt iis cessent Momentanément de prendre les boissons, le chyle, etc., et tout passe par l’anus. Or, mille caui ses agissent sans cesse sur la peau; mille irritans, tour à tour appliqués sur elle, font à chaque instant varier le degré de sa sensibilité organique, l’augmentent, la diminuent, et la sortent de celui nécessaire à l’absorption. Est-il étonnant, d’après cela, que cette fonction y présente tant de va-
riétés ? plusieurs physiciens modernes onl produi beaucoup de faits négatifs contre elle. Que proul vent ces faits? les variétés de sensibilité que j’indi que; mais ils. ne détruisent point la somme des fait positifs, généralement avoués, et dont l’ensembli forme une masse de preuves à laquelle on ne peu rien opposer. Ainsi avons-nous vu les surfaces mu queuses, variables dans leurs forces vitales à causi de la variété de leurs excitans, varier aussi dan leur absorption. Si, dans les membranes séreuses dans le tissu cellulaire, dans le travail nutritif de organes, cette fonction est constante , c’est que constamment en contact avec les mêmes corps | les surfaces où elle s’opère ont un degré constan de sensibilité organique (i*).
(O Cette absorption est beaucoup moins marquée que celli des membranes muqueuses ; elle n’est réellement évidente qui lorsqu’il y a friction , ébranlement de la peau , que l’épidermi est ouvert , soulevé , ou en partie détaché , et ne paraît pas s’exercer au simple contact; du moins il y a plus de faits contn que pour ce dernier mode d’absorption. Bichat explique ces faits contradictoires en apparence avec ceux où l’absorption est manifeste , par les variétés de sensibilité que présente la peau ; mais i n’a pas fait la distinction que nous venons d’établir , et il est facili d’observer que c’est quand la peau n’est qu’en simple contact ave< la substance soumise à son absorption que celle-ci est le plus douteuse. Ainsi l’eau appliquée à la surface des tégumens u’est-elb point le plus souvent absorbée, comme Bichat en a déjà fait h remarque, et Symson , qui prétend avoir vu un bain de pied; sensiblement diminué après l’usage qu’en avait fait un malade , at-il été contredit par tous ceux qui ont depuis répété cette expérience. Celle de Mascagni , dont lés glandes inguinales se sont
DERMOÏDE. 363
Beaucoup de faits, relatifs surtout aux contagions, paraissent prouver que l’état de faiblesse ;st favorable à l’absorption cutanée : i° les enfans ît les femmes absorbent plus facilement que les îommes forts et vigoureux; 2° plusieurs médecins
gonflées dans la même occasion , ne présente de même qu’un fait sole , et qui peut d’ailleurs ne pas dépendre de l’absorption du iquide. On assure, il est vrai , qu’en tenant une main plongée lans une cuve remplie de mercure , et en plaçant dans l’autre juelque portion d’un métal susceptible d’être attaqué par celui- •i, comme d’or ou d’argent ,on voit ce dernier noircir comme s’il itait en contact direct avec le mercure ; d’où l’on a tiré cette conéquence , que le mercure , absorbé d’un côté , était alors porté lans le sang , qui le transmettait ensuite au côté opposé ; mais e fait est-il bien certain , et en a— t-on bien observé toutes les circonstances? Des expériences faites avec Ja plus grande exactitude par M. Rousseau , physicien de Philadelphie , prouvent , m contraire, que l’huile essentielle de térébenthine, dont l'absorption est si rapide, comme on le sait, quand elle s’opère par es surfaces muqueuses , ne produit point dans l’urine cette odeur ; caractéristique , indice non équivoque de son absorption , lorsqu’on se contente de l’appliquer sur la peau, en ayant soin de ne aoint en laisser introduire parla respiration. Attendons donc que le nouvelles expériences aient démontré la réalité de l’absorption iu simple contact, pour admettre cette absorption.
Quant à l’irrégularité que Bichat attribue aussi à l’autre espèce l’absorption , fondée sur ce que l’insertion des virus n’est pas toujours suivie de succès , il est possible qu’en effet ces virus ne soient point absorbés dans ce cas ; mais il faut aussi prendre garde de confondre leur passage dans le sang avec leur effet apparent, surtout quand cet effet est purement local : le premier pourrait fort bien avoir lieu , et l’autre ne pas exister.
La même réflexion est applicable-à ce que la plupart des auteur s disent de la facilité plus grande de l’absorption pendant le som-
ont observé que la nuit, où l’organe cutané est er rémittence sous un rapport, vu qu’il n’est pas stimulé par les objets extérieurs , on gagne plus facilement les maladies contagieuses; 3° j’ai remarqué que la plupart des élèves qui sont tombés malade: pendant mes dissections avaient emporté dans leur: chambres des morceaux de cadavres , dont les émanations avaient pu les atteindre pendant le som meil ; 4° on sait que les praticiens recommandent d(
meil , pendant la faim , et en général , dans tous les états qui disposent à la faiblesse. Les miasmes contagieux et autres ne son peut-être plus actifs dans cette circonstance qu’à cause de la susceptibilité plus grande dans laquelle ils trouvent les organes. 1 Quelques auteurs ont parlé d’une absorption gazeuse s’exerçan habituellement sur les tégumens , et dont ils ont cherché à appré cier le résultat ; suivant d’autres , la peau est le siège d’uni exhalation de la même nature. Il est évident que si ces deui fonctions y existent , leur effet doit se confondre , et qu’il est impossible , en recueillant les gaz , l’air atmosphérique , par exemple , qui auront séjourné à la surface de la peau , de distinguer s les changemens de proportion qu’on y observe tiennent à uni diminution de certains de leurs principes ou à une augmentatim des principes contraires , et de faire , par conséquent , la part d< l’exhalation et de l’absorption. C’est donc à tort que Fourcroy ; dit que la peau fournissait de l’azote : la nature de celte exhalation , si elle a lieu, est fort difficile à déterminer. Au reste , k preuve que donnait Fourcroy de son existence , tirée des bulle* qui se dégagent de la surface du corps quand on se plonge dans un bain , ne me parait point réelle. Ces bulles ne sont autre chose que l’air resté adhérent aux tégumens et raréfié par lu chaleur du bain ; cpiand une fois tout cet air s’est échappé , le dégagement s’arrête : on ne voit point ces bulles se former dansl bain froid , l’air n’y ayant point , par le manque de dilatation , la même tendance à quitter la surface de la peau. ( Béclard.)
DERMOIDE.
ie pas s’exposer aux miasmes contagieux pendant a faim, où les forces languissent, à cause de la va- :uité de l’estomac.
Exhalans.
Le système capillaire extérieur, qui entoure le dhorion et embrasse les papilles, paraît être l’oripne de 'ces vaisseaux, comme gl est la terminaison les artères des aréoles dermoïdes. Les exhalans y prennent leur fluide, qu’ils rejettent au dehors sur ’épiderme. On n’a aucune donnée anatomique sur eur forme, leur longueur, leur trajet et leur direcion ; mais leur existence est irrévocablement prouvée, i° par les injections, qui quelquefois ont plu le toute la surface cutanée ; i° par l’exhalation sanguine qui a lieu dans certaines maladies où l’on sue véritablement le sang; 3° par la sueur naturelle et a transpiration , qui ne peuvent évidemment avoir l’autres agens , quoique quelques auteurs aient adnis de prétendues glandes pour séparer ces fluides.
On a fait une infinité de calculs pour savoir la juantité de fluide que versent habituellement les rxhalans cutanés. On est effrayé quand on lit le résultat des travaux d’une foule dephysiciens sur ce joint, quand on parcourt les calculs prodigieusenent multipliés de Dodard, de Sanctorius, de Reil, le Robinson, de Rye, etc. A quoi ont abouti tous ;es calculs, pour lesquels la vie d’un seul homme îût peut-être été insuffisante ? À nous prouver que , piand on part d’un principe faux, toute la chaîne les conséquences qu’on en fire est elle-même fausse,
quoique ces conséquences soient rigoureusemen déduites les unes des autres. En effet, la plupart di ces physiciens ont considéré la peau comme un> espèce de fontaine à tubes capillaires et multipliés rejetant toujours dans lemême temps la même quan tité de fluide, et pouvant par conséquent être sou mise, comme les capillaires inertes qui versent de fluides, à des proportions, à des calculs de quan tité. Mais les résultats de ces calculs ont bientô prouvé combien leurs auteurs s’étaient méprù Lisez ces résultats, et vous verrez qu’aucun n s’accorde, que des différences souvent très-grande les distinguent. Faut-il s’en étonner? Mille causes chaque instant font varier la transpiration : le tem pérament, l’exercice, le repos, la digestion, 1 sommeil, la veille, les passions, etc., augmenten ou diminuent l’action des exhalans cutanés. Je n parle pas de la différence des climats, des sai sons, etc. , qui est bien plus réelle encore.
On a voulu savoir, même dans ces dernier temps, ce qui appartient à l’ttrine, à la transpira tion, à la perspiration pulmonaire et aux excré mens , calculer le rapport qui existe entre les quar tités des substances rejetées par ces quatre voies inutiles recherches ! On obtiendrait par elles quel ques résultats pour un homme, que ces résultat ne seraient point applicables aux autres. Aussi voye si on a pu jamais faire une seule application solide à la physiologie ou à la pathologie, de tous ces im menses travaux sur la transpiration. Quediriez-vou d’un hornme qui, pendant les jours d’équinoxe, oi l’état de l’atmosphère change d’une minute à l’au
re, voudrait établir des proportions entre les juantités de pluie qui tombent pendant chaque juart d’heure, ou bien d’un homme qui chercherait i établir des rapports entre les quantités de fluides jui se vaporisent dans des temps déterminés à la urface d’un vase sous lequel on fait varier à tout nstant l’intensité du feu qui chauffe l’eau ? Eh bien ! a comparaison est exacté. On pourra bien dire, en général, au bout d’un tmps donné, combien de ivres de substances sortent à peu près du corps, t encore cela varie pour chaque homme. Mais vouoir dire d’une manière générale ce que, dans cette [uantité commune, les urines ou la transpiration ournissent isolément, c’est prouver qu’on ne contait nullement la nature des forces vitales (i).
Nous avons déjà observé que toutes nos conlaissances sur les variétés de transpiration se réuisent à quelques données générales; que, par xemple, dans les saisons et les climats froids, c’est irincipalement par les émonctoires intérieures que ortent les résidus nutritifs et digestifs , tandis que, ans les climats et les saisons chaudes , c’est l’orane cutané qui les rejette principalement.
La peau d’une part, le rein et la surface pulmoaire d’autre part, sont donc, sous ce rapport, ans une activité constamment inverse. Les méde-
fi) La tendance signalée ici n’établirait pas qu’on ignore essence des forces vitales ; ignorance, au reste , bien réelle , à rquelle Bicliat n’écbappa point lui-nième ; mais elle prouverait u’oa est peu instruit touchant l’extrême variabilité des phénomènes vitaux. (F. Blandin.)
cins connaissent très-bien cette différence pour l’u rine et la sueur; ils savent que, quand l’une aug mente, l’autre diminue; que dans l’hiver l’urine es très-chargée de principes , et qu’en été la transpi ration prend une saveur salée et d’antres caractère particuliers quelle doit à des substances qui li sont étrangères dans la première saison. Mais il n’ont pas si bien cherché le rapport de la transpi ration avec la sueur; cela m’a déterminé à quelque
expériences, que voici
J’ai voulu connaître quel est pendant l’été, o l’on transpire beaucoup, et où tous les principe hétérogènes sortent par conséquent par la peau l’état de l’humeur perspiratoire. Pour obtenir cett humeur, qui s’exhale en vapeur insensible, j’; plongé une bouteille vide et bien propre au milie d’un seau rempli de glace et de muriate de soude et j’ai long-temps respiré dedans avec la précantio de ne point y laisser tomber de salive. Les paroi; refroidies par la glace extérieure, ont fait condei ser en petits glaçons la vapeur de mon haleine à lï surface interne du vase. Quand j’en ai eu une cer taine quantité, j’ai retiré celui-ci , puis en le ploi géant dans l’eau tiède, j’ai tout de suite fait fond; mes glaçons, et j’ai eu à l’état liquide ma respir; tion qui était précédemment en vapeur. Or, dar cette expérience, j’ai été frappé de deux chose; i° de la petite quantité de fluide que j’ai pu obt(
nir, malgré que j’aie respiré pendant une heure et que j’aie fait ensuite respirer deux homme; chacun aussi une heure consécutive : 2° de ce qu la plupart des réactifs n’ont eu aucune action sur
DERMOÏDE. 36g
aide. Les acides nitrique, sulfurique et muriatiue, la pierre à cautère, l’alcool, n’y ont produit ucun effet par leur mélange. En en faisant évapoîr une petite quantité sur la concavité d’un verre e montre, aucun résidu n’est resté; mis dans une ailler sur la flamme d’une bougie, il n’a éprouvé ar le calorique aucune altération. En un mot, j’ai é tenté presque de croire que ce n’était que de lau. J’avoue cependant que cet essai a besoin être répété avec soin.
Le peu de fluide obtenu m’a fait croire que la rme du vas® était peu favorable, parce qu’il n’of- . ait pas assez de surface, et que la vapeur du pouion était en masse trop peu divisée. J’ai donc pris 1 cylindre en spirale d’un petit alambic , que j’ai utouré de glace dans un seau; j’ai fait respirer un bmme à travers, et j’ai eu en effet plus de fluide, lais infiniment moins cependant que je ne m’y trais attendu, d’après le nuage considérable qui frt en hiver par la respiration : en une heure, il s’est condensé que deux onces de fluide, que j’ai psé comparativement avec de l’eau , et où j’ai touvé, avec le même volume, un petit excès de psanteur sur celle-ci, preuve de quelques priâmes mêlés à sa portion aqueuse, et que je ne con-
Ili3paS‘
Je suis persuadé qu’en hiver j’aurais eu beaucoup ] us de vapeurs condensées : l’inspection d’un anilal qui respire le prouve même, comme je viens e le dire. Je suis persuadé aussi que, comme lilas, l’humeur perspirataire est alors, chargée, de incipes qui, pendant l’été , passaient par la peau, Axât. gén. t. iv. r-4
quoique cependant je n’aie aucune donnée expéri mentale sur ce point essentiel , que je me propos d’éclaircir l’hiver prochain. Je crois même que beau coup de rhumes dépendent de là. En effet, pli sieurs de ces principes rejetés par la surface im queuse des bronches, ne pouvant être dissous pi l’air, comme l’est leur véhicule aqueux, stagner sur cette surface, l’irritent et provoquent la tou qui les chasse au dehors. Sous ce rapport, noi toussons beaucoup en hiver, comme nous avoi souvent besoin de nous baigner en été, où les su stances salines qui s’amassent surla^Sieau par l’exh lation qui s’y fait ne peuvent être vaporisées pi l’air. Voilà aussi comment, dans une foule d’affe lions du poumon, où les glandes muqueuses et 1 exhalans bronchiques n’augmentent pas en quai tité le fluide qu’ils versent habituellement, ma seulement séparent avec lui , à cause de leur chai j gement de sensibilité organique, des substances qr l’air ne peut dissoudre; voilà, clis-je, comment da* ces affections il y a une toux habituelle ; car, cornu je l’ai dit, dès qu’une substance séjourne un pi long-temps sur le système muqueux, elle l'irriti et il fait effort pour s’en débarrasser. Je crois qi voilà un aperçu qui peut éclairer la
cause du peu de quantité d’expectoration , et qui i sont autre chose qu’un moyen qu’emploie la n ture pour suppléer au défaut de vaporisation i l’air. i
Je crois que les physiologistes n’ontpoin t fait ass d’attention, soit sur les bronches , soit sur la pea;
sieurs toux qu’on regarde comme
DERMOIDE.
1 la partie qui peut être vaporisée, et à celle qui ne >eut pas l’être. Certains animaux paraissent plus ejeterque nous de ces principes non vaporisables; roilà pourquoi on est obligé d’étriller chaque jour es chevaux, et même de les baigner souvent, pour îettoyer leur peau, que l’air laisserait sale. Fourroy et M. Yauquelin ont remarqué que jamais il l’y a de phosphate calcaire dans les urines de ces inimaux : cette substance paraît passer par la sueur, (:t se cristalliser à la surface de la peau, où elle 'enlève par le frottement et par l’eau. Je ne con- ■ois guère comment les poils peuvent en être les ■monctoires; il me semble plus naturel de penser, >ar analogie, que c’est par la sueur qu’elle s’échappe, e présume que la pluie, dans l’état naturel, est ussi nécessaire aux animaux qu’aux plantes : les iremiers ne la fuient point; plusieurs s’y exposent
inème; elle fait sur eux l’office du bain; elle enlève es particules salines que l’air n’a pas dissoutes; elle ave la peau.
Les exhalans cutanés ne paraissent pas être parout également abondans : la face, la poitrine, en ontiennent beaucoup; on sue facilement dans ces ndroits : au dos, aux membres, il y en a moins; [ est rare qu’on sue à la paume de la main et à la liante des pieds. Au reste, cela varie singulièrement, uivant les différens individus: je connais deux oeurs, nées d’une famille où la phthisie est fré- [uente, qui ont cependant la poitrine très-bien onformée, chez qui jamais aucun signe d’affection les poumons ne s’est manifestée, et qui, dès qu’elles >nt chaud, suent uniquement de la poitrine. Ou
sait que chez les uns c’est la face, chez d’autres li crâne, où la sueur est le plus habituelle.
Les nerfs ont-ils quelque influence sur l’exhala tion cutanée ? Dans une foule de paralysies, on su du côté malade comme du côté sain. J’ai traité, i y a deux mois, à l’Hôtel-Dieu, un homme qui, i la suite d’une apoplexie, eut une hémiplégie 01 toute la moitié gauche du corps était exactemen immobile, et qui cependant ne suait que de ce côté au point qu’on voyait une trace de démarcatioi sensible tout le long de la ligne médiane; d’un côt la peau était sèche, de l’autre elle était très-humide Je sais qu’on rapporte des exemples où des phéno mènes opposés ont eu lieu; mais ils ne détruisen pas l’observation habituelle, où une sueur égale s répand et sur le côté sain, et sur le malade. D’ail leurs, qui ne sait que, l’action nerveuse étan anéantie dans un membre paralytique, le vésica toire y prend comme à l’ordinaire ? Est-ce que le convulsions, où l’action nerveuse est si exaltée augmentent l’exhalation cutanée? Les états de sen sibilité extrême, où tous les nerfs cutanés sont j susceptibles de recevoir toutes les impressions, oui ils la moindre influence connue sur la sueur Avouons donc que, dans l’exhalation cutanée comme dans la sécrétion , nous ne connaissons nul lement la nature de l’influence nerveuse, si ell existe.
DERMOIDE.
Glandes sébacées.
Outre la transpiration insensible et la sueur, :jui sont rejetées par la peau , cet organe est habituellement lubrifié par une humeur huileuse; c’est cette humeur qui fait que, lorsqu’on sort du bain, eau, avec laquelle elle ne s’unit point, se ramasse ?n gouttelettes sur le corps; c’est elle qui graisse le inge lorsqu’il reste long-temps appliqué sur la peau, jui, invisquant la poussière suspendue dans l’air extérieur, la fait séjourner sur la peau, et qui retient une foule de substances étrangères venant du lehors ou du dedans avec la sueur.
Cette humeur est, en général, beaucoup plus abondante chez les nègres, dont la peau est désagréable à cause de cela, que chez les nations européennes, où elle abonde surtout dans les endroits pourvus de poils, au crâne spécialement. Pour peu [u’ils soient laissés 'sans apprêt, les cheveux det tiennent gras, onctueux et reluisans ; il semble nême que cette abondance de suc huileux est desinée à entretenir leur souplesse : aussi l’art imite a nature dans leur préparation , et des substances ijrasses entrent presque toujours dans les apprêts le la toilette. Il parait que, dans les autres parties >ù il y a des poils, moins de ce fluide se rencontre; l suinte en très-petite quantité de la plante des lieds et de la paume des mains, sans doute à cause le l’épaisseur de l'épiderme. Quand on lave ces derîières, l’eau se ramasse en gouttelettes du côté de eur face dorsale, et non du côté de la palmaire,
STSTÈME
qui s’humecte sans peine et uniformément; jamaii il ne s’en dépose à la surface des ongles. Cette liuilc cutanée, retenue en certains endroits, comme sous l’aisselle, au périnée, dans les replis du scro tum,etc.,s’y mêleavec certains principesde latrans piralion, et exhale souvent une fétidité presque insupportable.
Cette humeur huileuse/ dont on connaît peu 1; nature, n’est point, comme la transpiration 01 comme la graisse, exposée à des augmentations 01 à des diminutions sensibles; on la trouve toujour à peu près dans la même proportion. Elle paraît er tretenir la souplesse de la peau, en l’empêchant d se gercer. Les anciens voulaient sans doute imite son action pour toute la peau, en faisant sur 1 corps des onctions huileuses, comme nous imitor par la pommade ses fonctions relatives aux cht veux : on sait que cet usage était très en vogue che les Romains.
D’où vient l’huile cutanée ? Elle peut être fou nie par trois sources; par transsudation; a0 pi sécrétion; 3° par exhalation.
Quelques-uns ont pensé que la graisse sous-ci tanée’ suintait à travers les pores pour-sla former mais le scrotum, qui n’a point de cette graisse, ei une des parties les plus huileuses ; la peau du crârn qui l’est au plus haut degré, n’est presque p; graisseuse; celle des joues, qui au contraire recoi vre beaucoup de "graisse, n’est presque pas lubr fiée, etc. Dans la maigreur, souvent la peau e aussi onctueuse que dans l’embonpoint, ce qui n pas toujours lieu cependant. Enfin dans toutes 1<
DERMOÏDE^
itres fonctions, la transsudation physique est évidemment prouvée nulle : existerait-elle donc ici olément ?
Ceux qui admettent la sécrétion de l’huile cutaée (et c’est le plus grand nombre) en placent la Duree dans de petites glandes qu ils nomment séacées , et qu’ils disent partout répandues sous la eau. On voit bien quelques petits tubercules sur i convexité de l’oreille, sur le nez, etc.; mais, dans i plupart des autres parties, il est impossible de ien distinguer; on aperçoit seulement les petites minences dont j’ai parlé, et qui forment la peau ugueuse : or, elles n’ont rien de commun avec ces landes, dont je ne nie pas l’existence, mais que avoue avoir inutilement cherchées plusieurs fois.
C’est ce qui m’a fait penser que peut-être il y a m ordre d’exhalans destiné à séparer l’huile cutakée , et qui est distinct de celui des exhalans qui ejettent la matière transpiratoire. Il y a bien dans e tissu cellulaire des exhalans graisseux et des exjiâlans séreux. Certainement aucune glande n’y iréside à la séparation de la graisse. Il en est de nème de la moelle que les exhalans de la membrane nédullaire fournissent. Je crois qu’il y a autant de orobabilité pour l’exhalation que pour la sécrétion de l’huile cutanée (i).
(i) C’est là une pure dispute de mots; en effet , quelle différence y a-t-il essentiellement entre l’exhalation et la sécrétion? L’exhalation n’est-elle pas une sécrétion d’une nature particulière? et parce que l’organe formateur dans ce cas est une
876 tPVSTÈME
Au reste , il ne faut confondre cette huile, ni avei cette matière cérumineuse que versent certaine glandes sur le bord des paupières, derrière le; oreilles, et qu’on fait sortir, par pression, sou; forme de petits vers, ni avec cette substance blau châtre qui se ramasse entre le gland et le prépuce et que de petites glandes fournissent aussi mani festement.
simple membrane , le fluide qu’il sépare du sang est-il moin un produit de sécrét'on que celui qui s’écoule d’une glande non , sans doute.
Mais ici la question qu’il faut véritablement débattre aprè Bicbat , parce qu’il 11e l’a pas résolue convenablement , c’est celli de la partie qui forme le fluide graisseux de la peau. Aujourd’hui il n’est plus permis de mettre en doute le fait de la formation de ce fluide par des follicules , sortes de dépressions cutanées analogues à celles qu’on trouve dans les membrane: muqueuses. En effet, cette matière est abondante là où ces follicules sont très-abondans : à la face, dans les aisselles, aux aines, derrière l’oreille , etc. Elle est plus abondante encore là où sc trouve une grande quantité de poils , parce que là aussi on trouve réunis les follicules simples de la peau et ceux que la nature a placés au goulot de chaque bulbe pilifère , comme je le dirai plus tard.
Les follicules cutanés , autrefois peu connus et mal analysés dans leur structure, ont été appelés glandes cutanées ; mais , en réalité, ils sont constitués par une simple dépression en cul-de-sac de la peau, dépression au niveau de laquelle la membrane tégui#en taire devient plus vasculaire et plus mince , mais sans cesser de conserver une composition très-analogue à celle qu’elle présente partout ailleurs. Cette composition est facile à observer dans certaines loupes que l’on désigne par le nom de tannes . et qui ne sont autre chose que des follicules dilatés d’une manière anormale parla rétention de la matière qui y est secrétée. On a
DERMOIDE.
ARTICLE III