DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME DERMOÏDE
§ Tr. État de ce Système chez le fœtus. c
Dans les premiers temps de la conception , la pau n’est qu’une espèce d’enduit gluant, qui seme se condenser peu à peu, qui forme une enveppe transparente, à travers laquelle on voit en rtie les organes subjacens, les vaisseaux surtout,
< que le moindre choc déchire. Cet état dure jusa a un mois et demi et deux mois. La consistance dant toujours en augmentant, elle donne bientôt ; la peau un aspect plus rapproché de celui qu’elle ichez les enfans après leur naissance. Sa ténuité il extrême à cette époque. Sa différence d’épais- ;ur avec celle de l’adulte est de plus des trois uarts. L’instant où elle commence à perdre son at muqueux paraît être celui où les fibres du choon se forment. Jusque là le tissu cellulaire et les aisseaux la composaient spécialement; et, comme : premier est rempli abondamment de sucs pen-
daut les premiers temps, il n’est pas étonnant qu’el soit alors diffluente sous la moindre pression. Ma quand les fibres viennent à se former, le tissu ce lulaire diminue d’une part, et se concentre dai les aréoles qui se développent; de l’autre part, 1 fibres dermoïdes , plus denses que ses lames , auj mentent la résistance.
On ne voit point sur la surface externe de la pe; du fœtus la plupart des rides dont nous avons par plus haut. Celles de la face en particulier ne se re contrent point : l’espèce d’immobilité où sont 1 muscles faciaux en donne évidemment la raiso Le front, les paupières, le rebord des lèvres, etc sonf lisses. D’ailleurs , la graisse abondante qui d tend alors les tégumens des joues y empêche tou espèce de remplis. Comme les mains et les pieds trouvent en partie fléchis dans leur articulatioi par l’attitude du fœtus, diverses rides sont de formées au niveau de ces articulations, principal ment à la main, où cependant elles paraissent, proportion moins sensibles que par la suite. L lignes courbes capillaires sont peu sensibles pied et à la main, même lorsque l’épiderme e enlevé.
La surface interne de la peau est remarquât chez le fœtus, par le peu d’adhérence du tissu cc lulaire subjacent, dont on enlève avec une extrèn facilité les cellules remplies de granulations grai seuses,en râelant cette surface avec la lame d'i scalpel. On y voit alors les aréoles déjà très-fo inées , et aussi distinctes à proportion que par suite. En poursuivant de dedans en dehors leur di
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section, on les perd insensiblement de vue vers la surface externe , où la peau se condense.
Plus de sang pénètre la peau chez le fœtus qu’à tout autre âge de la vie. Il est facile de faire cette observation dans les petits animaux qu’on extrait vivans du sein de leur mère; car, dans les fœtus norts à l’instant de leur naissance, ou venus morts avant ce terme, la cause qui étouffe la vie augmen- :ant ou diminuant, dans les derniers instans, la quantité du sang cutané, on ne peut tirer de son nspection aucune induction pour l’état ordinaire. Les nerfs sont, comme dans toutes les autres paries , plus marquées ; mais les papilles , quoique peu ■ensibles, comme j.e l’ai dit, n’ont point un accrois- ;ement proportionnel.
La sensibilité animale n’est point en exercice dans ua peau du fœtus, ou du moins elle s’y trouve exreniement obscure. Cela tient à l’absence des causes d’excitation. Il y a bien la chaleur environnante, es eaux de l’amnios, et les parois de la matrice, qui peuvent donner matière à des sensations; mais comme ces causes sont constamment uniformes, [u’elles ne présentent point de variétés, le fœtus 1e peut en avoir qu’une très-faible perception , iarce que la vivacité des sensations nécessite le hangement des excitans : on sait qu'une chaleur < èstée long-temps au même degré finit par être nsensible, que le séjour prolongé du bain nous >te presque la sensation de l’eau , parce que l’habiude.use tout en fait de sentiment ; il n’y a que ce [ni est nouveau qui nous affecte vivement.
La sensibilité organique de la peau est-elle en
Â.KAT, GÉff. T. IY.
activité chez le fœtus ? préside-t-elle à une exhalation et à une absorption alternatives des eaux de l’arnnios ? Ce n’est pas l’opinion commune; cela n’est même pas probable ; mais il s’en faut de beaucoup que cette question soit résolue d’une manière aussi précise que beaucoup d’autres points de physiologie.
Au reste, on ne saurait douter qu’il ne se fasse une sécrétion abondante d’une humeur onctueuse et visqueuse, qui enduit tout le corps du fœtus, mais qui est plus abondante en certains endroits, comme derrière les oreilles, au pli de l’aine, à celui de l’aisselle, etc., soit cpi’elle s’y sépare en plusgranele quantité, soit quelle s’y accumule à cause de k disposition des parties. Les accoucheurs sont dans l’usage de l’essuyer après la naissance, et les femelles des animaux l’enlèvent par l’application répétée de leur langue sur la surface du corps. Cette humeur paraît tenir lieu chez le fœtus de l’hu meur huileuse dont la peau de l’adulte est en duite ; elle garantit cet organe de l’impression de: eaux de l’amnios. Si les glandes sébacées existent il paraît que ce sont elles qui la fournissent, car elle a certainement une source différente de I; sueur. Lorsqu’on n’a pas la précaution d’enleve; cet enduit, il irrite la peau, et peut donner lieu i des excoriations, et à une espèce d’érysipèle. L’ai ne saurait l’emporter par dissolution. Rien de sem blable ne suinte de la peau de l’enfant qui a vu L jour (r). Est-ce que le sang noir seul serait sus
(i) Une humeur du genre de celle qui recouvre , en certain
DEMiôïïra. 4 1 9
ceptibîe de fournir les matériaux de cette substance?
§ II. État du Système dermoïde pendant V Accroissement.
A l’instant de la naissance , le derme éprouve une révolution subite. Jusque-là pénétré de sang noir, il est , à l’instant où le fœtus voit le jour, plus ou moins coloré par lui. Certains fœtus viennent entièrement livides, d’autres sont plus pâles; cela varie singulièrement. Mais tous, peu après qu’ils ont respiré , se colorent plus ou moins sensiblement en rouge. C’est le sang artériel qui se forme et qui succède au sang veineux qui parcourait les artères cutanées. Sous ce rapport, l’état de la peau est, en général, un indice de ce qui se passe dans le pounon. Si l’enfant reste long-temps violet, il ne respire pas, où il respire difficilement. Les extrémités les mains et des pieds rougissent en général les lernières : ce sont elles où la lividité disparaît par conséquent en dernier lieu ,. lorsque cette lividité est très-marquée. Le sang qui arrive à l’organe cu-
ndroits , la peau du fœtus , est fournie après la naissance par les ollicules cutanés ; seulement alors cette matière ne se trouve amais en aussi grande quantité que pendant la vie intra-utéine, parce qu’elle est promptement enlevée, soit par les frottenens extérieurs , soit par les soins de propreté. Au reste , c’est out-à-fait par oubli que Bichat nie ici l’analogie de ces deux Produits ; car , quelques lignes plus haut , il a reconnu qu’ils sont iécrçtés parles mêmes organes, les glandes , eu follicules sébacés,
( F, Blandin. )
tané le pénètre, en général, d’une manière assez uniforme; les joues ne paraissent pas en recevoir plus proportionnellement. L’excitation subite qu’il apporte dans l’organe exalte ses forces vitales, et le rend plus propre à recevoir les impressions, nouvelles pour lui , des corps qui l’entourent.
Remarquez en effet que mille agens divers, la température environnante, l’air, les vêtemens, la liqueur dont on lave le foetus, la langue des quadrupèdes qui frottent leurs petits, portent sur la peau une excitation qui est d’autant plus sensible pour le fœtus qu’il n’y est point accoutumé, et qu’il y a une différence essentielle entre ces excitans et ceux auxquels il était soumis précédemment. C’est alors que la sympathie remarquable qui lie la peau à tous les organes devient surtout nécessaire. Tout au dedans se ressent bientôt des excitations nouvelles qui sont appliquées en dehors. Ce sont ces excitations, celles des surfaces muqueuses à leur origine, et celles de la totalité des bronches, que mettent spécialement en jeu une foule d’organes jusque là inactifs. Il arrive alors ce qu’on observe dans une syncope, où la respiration, la circulation, l’action cérébrale, et une foule de fonctions suspendues par l’affection , se réveillent tout à coup par le frottement extérieur, par l’irritation de la pituitaire , etc. Les phénomènes sont différens , mais les principes dont ils dérivent dans l’un et l’autre cas sont les mômes.
Alors la sensibilité organique cutanée s’exalte aussi : la transpiration s’établit; la peau commence à devenir Fémbnctoire de diverses substances que
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précédemment elle ne rejetait point : elle devient aussi susceptible d’absorber différens principes appliqués à sa surface. La peau du fœtus n’était presque jamais le siège d’aucune espèce d’éruptions; alors des boutons de nature diverse se manifestent fréquemment.
Toutes les parties de l’organe cutané ne paraissent pas cependant augmenter au même degré de sensibilité organique. Pendant long-temps après la naissance , la peau du crâne semble être le foyer d’une vie plus active; elle devient le siège fréquent d’une foule d’éruptions qui toutes dénotent un excès de forces vitales. Les différentes espèces de croûtes dont elle se recouvre ne se manifestent point ailleurs. Sous ce rapport la peau du crâne suit, comme les os de cette partie, et comme les membranes cérébrales, le précoce développement du cerveau, qui, à cause de cette circonstance, est aussi plutôt le siège des maladies chez l’enfant qu’à
Îtout autre âge.
- La peau de la face semble être quelque temps en moindre activité. Dans les premiers mois qui suivent la naissance, elle n’offre point encore cette vive coloration quelle présentera bientôt sur les joues, et qui ne commence qu’à l’époque où le développement des sinus, la pousse des dents, appellent sur cette partie plus d’activité vitale pour le travail nutritif. C’est aussi vers cette époque que les éruptions dont cette partie du système cutané est surtout le siège , comme celles de la variole , de ‘ pvc . commencent à se faire.
Long-teroP5 aPrès ia naissance la Peau savdo en'
l\1 2 SYSTÈME
core un degré de mollesse remarquable; une très* grande quantité de gélatine la pénètre : on en obtient cette substance avec une extrême facilité, par l’ébullition, qui, continuée pendant assez peu de temps, finit par fondre entièrement cet organe. La partie fibreuse, observée par Seguin, est en trèspetite quantité. Je crois que c’est cette prédominance de la portion gélatineuse de la peau qui la rend , dans les jeunes animaux , un mets de facile digestion. On sait que, dans la tête de veau, dans les agneaux rôtis, dans les petits cochons de lait, préparés pour nos tables, elle offre un aliment que les sucs digestifs altèrent avec la plus grande facilité; tandis que, dans ces animaux devenus adultes et surtout parvenus à la vieillesse , elle ne peut pas être digérée par ces sucs. Les espèces carnassières déchirent leur proie, se repaissent de ses organes intérieurs, de ses muscles surtout, et laissent s: peau. Or, qu’est-ce qui différencie la peau de jeunes animaux de celle des vieux? C’est que dan les uns c’est la substance gélatineuse qui prédomin sur la fibreuse, et que dans les autres c’est celle-c qui est la dominante.
J^a peau des enfans s’épaissit peu à peu , mais o n’est que vers l’époque de la trentième anné quelle a acquis lepaisseur qu’elle doit toujour conserver. Jusque là les différens âges sont mar qués, sous ce rapport, par des degrés différera Prenez de la peau à la naissance, à deux, à six, dix, à quinze, à vingt ans, etc.; vous verrez d’un manière remarquable ces différences. Plus cett épaisseur augmente , plus la densité s’accroît ; é&‘
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jue la substance fibreuse va toujours en prédominant sur la gélatineuse..
A mesure qu’on avance en âge, l’adhérence de a surface interne du derme avec le tissu cellulaire mbjacent devient beaucoup plus grande; il faut nlus de peine pour détacher l’un de l’autre. A la surface externe les rides de la face se forment peu i peu. Le rire et les pleurs sont les mouvemens qui agitent le plus la face de l’enfant : l’un est l’expression du bien être , les autres celles du malaise que produisent dans son âme toutes les petites passions qui y naissent : or , les rides que les pleurs nécessitent sur les paupières se gravent plus tôt d’une manière permanente, soit parce que les pleurs sont plus fréquens que le rire , soit parce que le clignotement habituel ajoute au mouvement qui a lieu par elles, soit parce que moins de graisse se trouvent en cet endroit. Comme le rire est plus rare d’une part, et que beaucoup de graisse gonfle les joues de l’enfant d’autre part, les rides perpendiculaires formées par des muscles de la face , qui dans ce mouvement en écartent transversalement les traits de dedans en dehors , sont bien plus tardives. D’ailleurs la succion de l’enfant, qui exige le reserrement de sa face de dehors en dedans ; s’oppose à leur formation. Les rides du front sont aussi très-lentes à se former, parce que les mouvemens qui froncent le sourcil, ceux qui plissent le front sont rares dans l’enfant, lequel n’a guère les sombres passions que ces mouvemens servent à peindre.
L’accroissement du système dermoïde n’a point
de révolutions remarquables comme celui de 1 plupart des autres ; il se fait d’une manière uni forme. À l’époque de l’éruption des poils, il n change point, parce que cette éruption lui est ab solument étrangère, ces productions ne faisant qui le traverser. A la puberté, il accroît d’énergie comme tous les autres systèmes : jusque là le: sueurs n’avaient pas été très-abondantes; car , tout» chose égale, on peut dire que les enfans suen moins en général que les adultes, et que le résidi de leur nutrition passe plutôt par les urines, ce qui probablement les dispose si singulièrement aux calculs. Au delà de la vingtième année, on commence à suer davantage, et jusqu’à la vieillesse les humeurs prennent, surtout en été, cette voie de sortie.
§ IXÏ. État du Système dermoïde apres T Accroissement.
Après l’accroissement, la peau continue encore pendant long-temps à être dans une grande activité; l’excès de vie qui l’anime la rend susceptible d’influencer facilement les autres organes, pour peu qu’elle soit excitée : de là la disposition aux péripneumonies , aux pleurésies , etc. , par l’action du froid qui la surprend lorsqu’elle est en sueur; état dans lequel elle est, en général, plus disposée à exercer de funestes influences sur les organes intérieurs, parce que ses forces sont plus excitées. Quant aux affections diverses qui résultent de ces influences, elles dépendent des organes intérieurs
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;ur lesquels elles sont portées; en sorte que des nêmes irradiations sympathiques partant de la )eau naîtra, tantôt une affection de bas-ventre, antôt une maladie de poitrine , suivant l’âge où les irganes pectoraux ou les abdominaux, prédomiîant par leur vitalité, sont plus disposés à réponse à l’influence dirigée en général sur toute l’écoiomie.
La substance fibreuse allant toujours en prédoninantsur la gélatineuse, la peau devient de -plus n plus ferme et résistante , à mesure qu’on avance n âge. Moins de sang semble s’y porter. Elle cleient de moins en moins disposée aux éruptions si ommunes dans la jeunesse et dans l’enfance, etc. 3 ne parlerai pas de ses autres différences; car tout e que nous en avons dit dans les articles précéliens se rapporte spécialement à l’âge adulte.
J’observerai seulement que si, pendant la plus rande partie de la vie, la peau est une source si iconde de maladies; que si les altérations diverses 1 il’ elle éprouve font naître des désordres si fréquens ans les organes intérieurs, cela tient uniquement ix causes variées d’excitation auxquelles elle est tout instant soumise. Si les glandes, si les surices séreuses , etc. , influencent moins fréquemtent les autres organes, c’est que, profondément tuées, presque toujours en contact avec les mêmes ccitans, elles ne sont point sujettes à tant de révoltions dans leurs forces vitales. Les* fluides sécré- 'S , ceux exhalés dans les systèmes séreux et synolal, ne sont point par là même autant soumis à îs augmentations considérables; à ce s suppres-
sions subites que nous présente si fréquemment l,jj sueur.
Observez que la société a encore multiplié cl beaucoup les excitations funestes auxquelles la peai est soumise. Ces excitations consistent spéciale ment dans le rapide passage du chaud au froid, pas sage qui fait que celui-ci agit très-vivement surli sensibilité cutanée, qui, comme celle de tous le autres systèmes, répond d’autant plus efficacemer aux excitans actuellement dirigés sur elle, qu’il sont plus opposés à ceux dont elle éprouvait l’actio précédemment. Dans l’état naturel, il n’y a que 1 succession des saisons; encore la nature sait-ell insensiblement enchaîner le froid au chaud, et n brusque-t-elle que rarement le passage. Mais dar la société, les vêtemens divers, les degrés artificiel de température de nos apparternens, degrés difféj rens d’abord de celui de l’atmosphère, puis variai singulièrement entre eux, en sorte que le mêrr homme qui, en hiver, entre dans trente apparti mens, se soumet souvent à trente températures di férentes; les travaux pénibles auxquels la plupa: des hommes se livrent, et qui les font suer aboi damment; tout leur offre sans cesse des causi nombreuses qui font rapidement varier les forci de leur système dermoïde. Ainsi la surface muqueu: bronchique est-elle sans cesse en contact, dans 1 villes, avec mille excitans continuellement renoi velés, et dont l’air n’est point chargé dans l’ét naturel. Ainsi les substances alimentaires, sa cesse variables dans leur composition , leur temp rature, etc., changent-elles l’excitation de la su
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ice muqueuse gastrique, et sont-elles la source 'une foule d’affections dont l’uniformité de leurs limens exempte la plupart des animaux.
Si la peau et les surfaces muqueuses étaient toumrs au même degré d’excitation par l’uniformité anstante des excitans, certainement elles seraient ne source bien moins abondante de maladies, amme le prouve évidemment le fœtus, qui n’est resque jamais malade, parce que toutes les causes xtérieures qui agissent sur ses sensibilités cutanée I t muqueuse, comme la chaleur, les eaux de l’aim. cl ios, les parois de la matrice, ne varient point jusu’à la naissance. A cette époque, plongés dans un adieu nouveau, les animaux, considérés même ans l’état naturel et loin de la société, trouvent leaucoup plus de variétés dans les excitans qui i gissent sur eux : aussi leurs maladies sont-elles iaturellement bien plus fréquentes après qu’avant t lia naissance. Dans la société, où l’homme a qua- Irupé, sextuplé , décuplé même quelquefois le nomme des excitans qui affectent les surfaces destinées i être en contact avec les corps extérieurs, est-il donnant que les maladies soient dans une si grande lisproportion avec celles des animauxs?
5 1Y. État du Système dermoïde chez le Vieillard.
Vers le déclin de l’âge , le système dermoïde devient de plus en plus dense et serré ; il ne se ramollit qu’avez beaucoup de difficulté par l’ébullition. La gélatine qu’il donne, beaucoup moins abondante,
est plus ferme , plus consistante. Je crois qu’elle $ rait peu propre à faire aucune espèce de colle même les plus fortes, à moins qu’on ne la mêlai geât avec celle des animaux adultes. Sa teinte ja nâtre devient extrêmement foncée. Quand elle s’el prise par le refroidissement, il faut un feu bea coup plus vif et plus durable pour la fondre : portion fibreuse du derme, qui ne se fond pas, c au moins qui résiste beaucoup, est en proportic infiniment plus grande. C’est comme leà os; où portion gélatineuse est en raison inverse et la po tian terreuse en raison directe de l’âge.
Le tissu dermoïde devient alors , comme tous L autres, dense et coriace ; il ne peut plus entrer dai nos alimens; la dent ne le déchirerait point. Pr paré avec le tannin, il est plus résistant, moii souple, et ne saurait, à cause de cela, servir ,au mêmes usages que celui qu’on extrait des jeûné animaux. Tout le monde connaît la différence dt cuirs du veau et du boeuf, surtout lorsque celui-i est un peu vieux. Cette différence tient d’abord l’épaisseur, qui, beaucoup plus grande dans le sc cond que dans le premier , permet bien moins f; cilement de le ployer en divers sens ; ensuite , à 1 nature même du tissu. Divisez horizontalement e: deux une portion de cuir de bœuf; chaque moiti sera aussi mince que la totalité du cuir de veau, e cependant elle sera moins souple. Je fais ici abstrac tion des variétés qui peuvent dépendre de la quan tité plus ou moins grande [de tannin qui peut êtn combinée ; je suppose toute proportion égale.
Soumis à la dessiccation, le tissu dermoïde hu-
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iain devient beaucoup plus raide chez le vieillard ue dans les âges précédens. La macération le raollit plus difficilement. Les cheveux d’un enfant anbent bien plus tôt par elle que ceux du vieilrd : aussi le débourrement des vieux animaux ,t-il plus long à obtenir que celui des jeunes : les nneurs le savent très-bien. Je remarque à ce sut que, traversée par plus de poils , la peau des aniaux offre, en comparaison de celle de l’homme, ne innombrable quantité de petits pores à sa sur- :ce externe; ce qui , du côté de cette ^surfaçe, favose plus chez eux l’action du tannin, lequel, s’innuant^lans les aréoles dermoïdes et les remplissant raclement d’un composé nouveau par sa combinison avec la gélatine, fait de son tissu aréolaire tissu plein. Non-seulement la macération préliinaire à laquelle on expose la peau favorise le démrrement, mais elle facilite encore singulièreent la pénétration du tannin , en écartant les
1>res des aréoles , en rendant celles-ci plus appantes , en agrandissant les pores extérieurs.
Plus on avance en âge, moins le sang pénètre la pau : la rougeur des joues a disparu chez les vieilirds; on ne voit plus alors cette teinte rosée que habitude extérieure du jeune homme et même de l'.dulte présentait, et qui dépendait des vaisseaux frpentant à travers le tissu cellulaire des aréoles il chorion.
La pression continuelle des objets extérieurs agmente alors singulièrement l’adhérence du tissu cl hilaire subjacent avec le derme. On ne peut les étacher l’un de l’autre qu’avec une extrême diffi-
culté, en promenant sur la surface interne du ch( rion la lame du scalpel ; circonstance qui dépen aussi de ce que le tissu cellulaire, devenu plus dense se déchire moins facilement; car cette déchirai est nécessaire alors, attendu la continuité de 1 couche sous-dermoïde avec celle qui pénètre dar les aréoles. L’extérieur de la peau est inégal et rc gueux. Toutes les rides dont nous avons parlé d< viennent infiniment plus caractérisées; plusièui appartiennent exclusivement à cet âge.
Les forces vitales du système dermoïde s a fia blissent chez le vieillard plus que celles de la pli part des autres, parce qu’il est plus excité jfendai la vie par les corps extérieurs. La plupart de c< corps passent alors sur lui sans faire aucune in pression: l’habitude de sentir a émoussé la sens bilité animale. Le toucher ne s’exerce que raremen car, comme je l’ai observé, ce sens exige pour i mettre en jeu l’exercice préliminaire de la volont Nous touchons parce ce que nous avons prélim nairement vu, entendu, goûté, etc., pour rectifii ou confirmer nos autres sensations: or, le vieiîlarc à qui tout ce qui l’entoure est connu, pour qi rien 11’est nouveau , n’est déterminé par rien à toi cher. Comparez, sous ce rapport, les deux agi extrêmes de la vie. L’enfant, pour qui tout ce qi frappe ses yeux, ses oreilles, son odorat, etc.,e inconnu, qui trouve dans tout ce qui l’entoure dt objets nouveaux de sensations, veut tout touche) tout saisir; ses petites mains sont dans une agit.' tion continuelle; toucher est pour lui un plaisi car tout objet nouveau de sensations est agréabl
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, dans ses dernières années, l’homme était transarté au milieu d’objets qui n’eussent jamais frappé ■s sens, il exercerait plus souvent son toucher; iais rien ne l’excite, au milieu des choses parmi squelles il a vécu : voilà pourquoi la vieillesse est plus l’âge des jouissances. En effet, tous nos laisirs sont presque relatifs, nous en avons peu absolus : or, comme l’habitude émousse tous les laisirs relatifs, lesquels cessent par là même qu’ils nt existé, plus les ans accumulent de sensations, mins ils nous en laissent de nouvelles à éprouver,
: plus ils tarissent les sources du bonheur. Par une lison contraire, l’âge le plus heureux est l’enfance, arce qu’on a devant soi tout le champ des sensaons à parcourir. L’homme à chaque pas de sa carfil ère laisse derrière lui une cause de ses jouissances; drivé au bout, il ne trouve plus que l’indifférence, i fat bien convenable à sa position, puisqu’il dimi- >njue la distance qui sépare la vie d’avec la mort.
1 La sensibilité organique de la peau n’est pas loins émoussée chez le vieillard.que sa sensibilité aimale; de là les phénomènes suivans : x°. On abirbe difficilement à cet âge les miasmes contagieux; resque tous passent impunément sur la surface htanée. 20. L’exhalation de la sueur est constamment moindre; presque jamais elle n’est sujette à 3 s accroissemens considérables que nous présente souvent l’adulte. 3°. L’enduit huileux est aussi mrni en bien plus petite quantité; de là la sécheuse habituelle de l’extérieur de la peau , la gerçure e l’épiderme en certains cas, etc. 4°* Toutes les taladies qui supposent un accroissement de cette
sensibilité organique sont beaucoup plus rares l’érysipèle et les divers genres d’éruption en sor une preuve : lorsque ces affections arrivent, elle prennent un caractère de lenteur remarquable 5°. La peau résiste beaucoup moins au froid exte rieur; elle perd avec facilité le calorique du corps qui tend toujours à s’échapper pour se mettre et équilibre avec celui du milieu environnant : auss le vieillard cherche-t-il toujours la chaleur. 6°. J suis très-persuadé que la peau résisterait aussi moirt à cet âge à un degré de température supérieur celui du corps; et que, de même quelle laisse fa cilement perdre le calorique intérieur dans un mi lieu plus froid, elle laisserait pénétrer l’extérieu dans un milieu plus chaud. Il serait bien curieu de répéter, aux deux âges extrêmes de la vie, le expériences des médecins anglais (i).
(l) ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU SYSTÈME DERMOÏDE.
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§ Ier. Altérations dans les formes extérieures.
La peau distendue éprouve divers changemens (yoy. pag. 377 Propriétés de tissu du système dermoïde). Lorsqu’elle l’est pen dant long-temps , les fibres du derme ne sont pas seulemen écartées, elles s’éraillent en divers endroits; de là les strie blanchâtres de la peau du ventre chez les femmes qui ont ei une ou plusieurs grossesses : ces stries, souvent importantes ei médecine légale , parce qu’elles sont constantes , sont de véritables cicatrices. Quand la distension a été plusieurs fois répété ou portée très-loin , la peau , ayant perdu en partie sa tendano à revenir sur elle-même , conserve plus d’étendue qu’il ne la en faut pour recouvrir les parties subjacentes, et reste lâche
DERMOIDE.
lolle, ou forme des plis , comme on le voit encore à la peau du 'entre : c’est le même phénomène que celui qui produit les x'ides hez les vieillards qui perdent leur emhompoint , comme il a été it ailleurs. Au reste , la peau varie , sous ce rapport , suivant les rdividus : telle femme après la première grossesse a la paroi bdominale plus relâchée que telle autre , dont cette paroi est resque lisse et unie , quoiqu’elle ait eu plusieurs enfans. L’âge est aussi pour beaucoup. Les mêmes différences existent dans ps maladies, quand une tumeur, par exemple, a fortement .carté la peau des tissus voisins : de là des modifications dans la uantité de peau à conserver , lors de l’ablation de ces tumeurs , rivant l’âge , le sexe , les individus , le volume et l’ancienneté e la tumeur , etc.
La surface externe de la peau est défigurée par une foule de roductions de nature très-diverse. Les unes sont un produit lanifeste de l’inflammation : il en sera question tout à l’heure, es autres constituent des dégénérations particulières, et seront j e même examinées plus bas. Mais il en est qui ne paraissent j ipendre que d’un accroissement accidentel de quelqu’une des touches dont est composée la peau. Ainsi la couche eornée élève sur les tégumens en forme d’excroissances dures , en tout mblables à des cornes ; le réseau vasculaire des papilles soulève ■ épiderme aminci, et donne lieu à des exubérances plus ou .oins rouges , telles que les végétations de la syphilis ; l’épais- :ur du derme lui-même végète et se reproduit à la surface de peau pour former les verrues.
Les productions cornées , dont il existe aujourd’hui une foule observations, ne dépendent pas toujours simplement de la ■ use que nous venons d’indiquer : on peut en distinguer de trois .Ttes. i°. A la suite des plaies , des ulcères , il se forme souvent : r les cicatrices des productions de cette nature. 2°. Les folliles sébacés sont aussi quelquefois l’origine de ces cornes, mme A. Cooper et Home en citent des exemples : elles ont ars des couches concentriques telles qu’on en trouve dans les bres. 3° Enfin , il y a des cornes qui naissent irrégulièrement r tous les points de la peau , sans qu’on puisse les rapporter à me des deux espèces précédentes : ce sont celles-là surtout AnAT. GÉN. T. IV. 28
qui semblent avoir leur siège dans la couche cornée de la pea< et n’ctre autre chose que le résultat d’une sécrétion plus ahoi dante de cette couclie, par l’irritation des papilles subjacente Les cors aux pieds ont une source à peu près semblable ; ils so formés par un petit corps .dur et arrondi, né au milieu de substance cornée de la peau , et que des lames d’épiderme reco vrent : seulement cette espèce d’amas de matière cornée est er foncée par la pression dans l’épaisseur du derme , et quelquefc jusqu’au dessous de lui , au lieu de croître à sa surface.
L’accroissement des follicules sébacés de la peau produit d tumeurs particulières auxquelles 011 donne le nom de tanne Quand cet accroissement est peu considérable, la tumeur, peine sensible , n’est indiquée à la surface de la peau que par i point noir , d’où l’on peut faire sortir par la pression la m; tière sébacée qui y est contenue , laquelle , se moulant sur l’os verture du follicule, s’échappe sous forme d’un petit ver, et même été prise quelquefois, à cause de cela, pour une lar d’insecte : ce point noir est du aux corpuscules qui voltige dans l’air et qui salissent l’entrée du follicule. Lorsque la matiî s’accumule en plus grande quantité , la tumeur est plus saillant et constitue , suivant que l’orifice dit follicule subsiste ou q ce Lte ouverture a tlisparu, les tannes proprement dites, si fi quentes à la face, à la peau du nez surtout, ou les loupes sou J cutanées qu’on observe dans diverses régions du corps. Celles ne dépendent jamais d’une autre cause. Tous ces prétendus mt céris , athérômes, stéatômes , qui se développent à la tète , so le cuir chevelu, dans le tissu cellulaire sous-cutané des membn de la poitrine , de l’abdomen , et qui ne diffèrent que par le deg de consistance de la matière qu’ils renferment , comme le sigri fient les noms qu’on leur a donnés , sont d’abord situés d;i l’épaisseur de la peau , ainsi qu’il est aisé de s’en convaincre les examinant dans leur principe. Souvent même on peut 0 server sur le même sujet l’espèce de gradation que ces tumci suivent dans leurs progrès ; c’est quand il en existe plusieurs! les plus petites présentent alors une ouverture très-apparente la surface de la peau , tandis que les autres s’éloignent de pl en plus des tégumens , auxquels elles tiennent pourtant encor
DERMOIDE.
ans le plus grand nombre des cas , par un filament creux , qui st le goulot du follicule allongé par la distension. Il n’y a de raies loupes que les tumeurs graisseuses. Aussi la matière de elles dites enkystées ressemble-t-elle parfaitement à la matière ibacée des follicules : aussi ces sortes de tumeurs ont-elles , omme ces derniers, un épiderme intérieur. Ces derniers carac— >res suffiraient presque à eux seuls peur établir l’identité de ces ameurs avec les follicules, quand bien même leur connexion vec la peau dans le principe ne serait pas démontrée. L’ouver- ■ pre des follicules , au lieu de s’oblitérer , est quelquefois telleîent agrandie, dans les tannes', que leur fond est presque ntièrement à découvert : leur surface interne , en contact avec air , sc dessèche alors ; la tumeur cesse de croître ; et il reste implement, à l’endroit qu’elle occupait , une espèce de cul-deic continu à la peau, qui paraît là comme repliée sur elle-même, lette disposition rend très-évidente la structure des follicules.
Tout le système cutané est le siège d’une sorte d’atrophie, ans le marasme qui succède aux maladies lentes : la matière mlorante disparaît dans cette circonstance; le derme se dessè— i; jhe, s’amincit; les papilles se flétrissent; la peau devient ruineuse par la saillie des bulbes des poils qui sont au dessous d’elle.
• n peut opposer à cet état la surabondance de vie si commune
Inx tégumens de la face, surtout chez les ivrognes , et qu’an— once le bourgeonnement vasculaire de cette partie. Une irritaon long-temps prolongée peut aussi épaissir le derme , comme n le voit souvent autour des anciens ulcères.
§ II. Altérations dans l' organisation.
Les phlegmasies cutanées forment une classe nombreuse en albolome; mais leurs nuances infinies se confondent en grande partie aux yeux de l’anatomiste. Les altérations de tissu qu’elles ant éprouver à la peau sont toujours, au fond, à peu près les nèmes , quelque multipliées que soient les éruptions dont elles la ouvrent. Plus de sang dans le réseau capillaire, et par là un lévcloppement plus grand de ce réseau , soit uniformément , soit
par poinls plus ou moins exactement isolés; un fluide différen du sang soulevant l’épiderme ou répandu à sa surface et y formant des croûtes variées ; l’épiderme lui-même altéré de diverse manières, sa production régulière souvent empêchée : ce sontl; des caractères communs à la plupart des exanthèmes tant aigii que chroniques. Ces affections ne diffèrent essentiellement que pai le degré d’excitation qui les détermine , la structure différente d( la peau dans les parties qu’elles occupent , la disposition particulier» jj des individus qui en sont atteints ; toutes circonstances qui apportent des modificat ions dans leurs produits. Cependant ce suje ; mériterait peut-être de nouvelles recherches. C’est ainsi que 1» siège de ces maladies dans le tissu cutané ne paraît pas toujour; [ être le même; que la teigne, par exemple, semble naître plu: spécialement des follicules sébacés ; que certaines éruptions paraissent se borner aux couches les plus superficielles de la peau , tandis que, dans d’autres, toute'l’ épaisseur de cette membran» est profondément altérée, etc. En général, tous ceux qui ont | écrit sur les maladies de la peau se sont plus attachés à décrir» minutieusement les formes qu’elles affectent sur cette membran» qu’à rechercher les changemens qu’elles déterminent dans sor organisation .
Au reste, les suites ordinaires de l’inflammation ont été observées ici. La peau suppure, non-seulement quand son épiderme est enlevé, comme dans le vésicatoire, mais même lorsque son tissu est intact , à la manière du tissu cellulaire; le pu: est ordinairement rassemblé dans de petites cavités qui soulèvfcnl l’épiderme, comme on le voit dans les pustules de la petitevérole. L’ulcération est fréquente dans cette membrane, moin: pourtant que dans le système muqueux ; elle se joint quelquefois à la suppuration , comme on l’observe communément dan; la petite-vérole : d’autres fois elle est le produit d’une cause particulière, telle que la syphilis. Il faut, au reste, distinguer ces cas dans lesquels l’ulcération procède du dehors au dedans , de, ceux où la peau distendue , d’abord seulement amincie , finit pai s’enflammer et se détruit du dedans au dehors , ainsi qu’il arrive dans les abcès , les anévrysmes , etc.
Les plaies simples de la peau guérissent promptement , et sans
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fa’il y ait formation de bourgeons charnus. Une couche plasti* [ue , analogue à celle qui se forme entre les autres tissus divisés , t que M. Brachet a trouvée composée de gélatine et d’albunine , réunit d’abord mollement les bords de la plaie , qu’on peut
Iéparer de nouveau les premiers jours , sans causer presque de iouleur, ni sans renouveler l’écoulement du sang, dont cette louche n’est pas encore pénétrée. Des vaisseaux se produisent enuite dans cette matière , qui prend en même temps plus de constance , et la cicatrice existe. Cette cicatrice ne tarde pas à se onfondre avec le tissu de la peau , dont on finit par ne plus pouvoir la distinguer.
Les phénomènes sont également fort simples quand la peau ’csL détruite que dans ses couches superficielles , et que le derme ;t simplement dénudé ; l’épiderme se reproduit alors avec une rande rapidité dans toute l’étendue de la plaie : c’est ce qu’on ait dans les vésicatoires , la brûlure au second degré , les écor— lurcs légères, etc. Cependant, si l’irritation est vive, comme ans la brûlure , la suppuration survient , et la guérison n’est »s aussi prompte ; mais il ne se forme de bourgeons charnus re quand cette suppuration se prolonge, comme dans les vési- I itoires.
1 Ces bourgeons existent, au contraire , nécessairement, lorsqu’il a perte de substance complète de la peau , et que les lèvres de plaie restent écartées ; ils précèdent toujours , dans ce cas , la >rmation de la cicatrice , qui prend alors naissance des divers 1 ssus mis à nu , du cellulaire particulièrement.
La peau est peu sujette aux transformations organiques. Elle equiert dans quelques circonstances tous les caractères des memranes muqueuses ; c’est lorsque , dans un contaet prolonge avec Ile-même, elle est privée pendant long-temps du séjour de air à son extérieur : une moindre épaisseur du derme, une roueur plus grande de sa surface , qui verse un fluide muqueux bondant, un amincissement extrême de l’épiderme, remplace ar des villosités très-prononcées , se font remarquer dans ce cas, ont Hébréard a cité un exemple, dans lequel cette altération a té produite dans le creux du jarret , clicz un paralytique, par 1 flexion constante de la jamb? sur la cuisse. Kous avons vu,
dans le système cartilagineux , que la peau éprouve quelquefois la transformation cartilagineuse.
Le cancer de la peau revêt une forme particulière qu’on n’ob serve que dans cette membrane et dans le système muqueux ; j j constitue le plus souvent des ulcérations autour desquelles le tissé voisin est peu altéré , de sorte que , sous le rapport anatomique il n’y a aucune ressemblance entre ces ulcères dit carcinomaleu. et les autres affections cancéreuses. Il s’élève aussi sur les tégu
mens , dans certains cas , des excroissances analogues aux polypes cancéreux des membranes muqueuses. Dans les tumeurs can céreuses sous— cutanées , la peau est affectée consécutivement d deux manières différentes : tantôt elle contracte une consistanc j très-grande , une sorte de dureté remarquable , en même temp qu’elle adhère intimement aux parties qi/elle recouvre ; tantô elle s’ulcère du dedans au dehors , comme cela a lieu dans la terminaison ordinaire du cancer.
§ III. Altérations dans le développement.
Les vices de conformation du système dermoïde sont i° l’absence de la peau dans une certaine étendue , là où elle devrai exister dans l’ordre naturel ; ce qu’on n’observe guère que lors qu’il y a en même temps défaut des parties subjaccntes , connu quand les cavités des membranes muqueuses présentent des ouvertures accidentelles ; 2° la présence de divers prolongemens qui forme le tissu de la peau, et dont la surface de cette membrani est pour ainsi dire hérissée ; 3° les taches de naissance ou nœv mçLterni : celles-ci sont tantôt simplement une altération de 1; matière colorante, tantôt une affection du réseau vasculaire ; e deviennent le plus souvent , dans ce dernier cas, après la naissance , des tumeurs dites variqueuses , et ayant beaucoup d’analogie avec les tissus érectiles. Ces taches sont souvent surmontée; de poils.
De nouveaux tégumens se produisent accidentellement toutes les fois que les parties naturellement recouvertes par la peau sont privées de cette enveloppe commune , comme à la suite des plaies, des ulcères, des abcès, des gangrènes, etc. ; le nouveau tissu
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ui se forme dans ces circonstances est ce qui constitue la cica— rice. Je remarque , à ce sujet , que ce mot sert à désigner tous ! es modes d’union qui ont lieu entre nos parties divisées : or il st plusieurs de ces modes , et par là plusieurs espèces de cica— rices. i° Il y a celles qui succèdent aux ruptures intérieures [u’ éprouvent divers organes , la peau qui les recouvre étant resée intacte : celles-là ont été examinées , pour les différens sys- ; èmes , dans chacun d’eux en particulier ; nous avons vu qu’elles larticipent , en général , plus ou moins de la nature des tissus lans lesquels elles siègent , quoique une cause analogue , une ;xsudation de matière concrescible , préside le plus souvent à eur formation dans le principe. Il n’y a point de bourgeons charius quand ces cicatrices se font. 2.° La réunion des plaies par prenière intention fournit un second genre de cicatrices qui ressem— de beaucoup au précédent , qui n’en diffère même qu’en ce que es tissus divisés communiquent d’abord à l’extérieur , circon— tance que leur contact mutuel rend bientôt nulle ; de sorte que :e cas rentre alors dans le premier. La peau et le tissu cellulaire ouent le plus grand rôle dans cette réunion , qui s’opère , comme a précédente ,* sans que des bourgeons charnus se produisent. 1° Enfin , la cicatrisation proprement dite est le mode de guérison les plaies , et , en général , de toutes les solutions de continuité ipparentes à l’extérieur , dont les bords voisins restent écartés , oit parce qu’ils ont souffert une perte de substance trop considé- ’able , soit parce qu’on n’a pas remédié aux effets de la contractilité de tissu , ou parce que la structure de ces bords rend leur rapprochement impossible , comme dans les plaies des os. Il y a , dans ce cas , le seul qui doive nous occuper ici , suppuration , formation de bourgeons charnus , et , par suite , d’une membrane ■analogue à la peau. Cette membrane est partout la même, quel que soit le tissu dénudé , comme le prouvent les cicatrices homogènes qui succèdent aux amputations, aux plaies du crâne, de la poitrine , dans lesquelles des parties très-différentes par leur nature sont intéressées : les cartilages sont les seuls organes qui ne puissent concourir à sa formation.
On peut distinguer deux périodes dans la cicatrisation d’une plaie : i° cette plaie se recouyre de bourgeons charnus ; 2° un
44o système
épiderme se forme sur ees bourgeons, pour donner naissance ;
]a cicatrice. Il serait facile d’en établir un plus grand nombre I mais celles-là suffisent pour bien concevoir le mécanisme de hj production des cicatrices : nous allons les passer rapidement en revue.
Première période. Les petits corps si improprement appelés bourgeons charnus , qu’on a encore nommés caroncules , granulations , bourgeons celluleux et vasculaires , naissent à mesure que la suppuration s’établit, mais avec une rapidité différente pour les diftérens%issus : dans une amputation , par exemple, ils se développent en premier lieu sur le tissu cellulaire qui occupe l’intervalle des autres parties , en secopd lieu à la surface des muscles divisés , un peu plus tard sur les organes fibreux , et plus tard encore dans les os ; le plus souvent , dans ces derniers , seulement après qu’une lame mince s’en est détachée : ils se produisent, en général , d’autant plus vite que les tissus sont plus celluleux et vasculaires. Le volume de ces bourgeons varie ; leur disposition est d’autant plus régulière qu’ils sont plus petits , et la cicatrisa— | tion en est aussi plus prompte. La membrane qu’ils forment par leur réunion a au dessous d’elle un tissu cellulaire Compacte , paraissant comme pénétré de fluides albumineux concrets. Cette membrane contient des vaisseaux sanguins ; car les bourgeons sai- I gnent au moindre contact et rougissent ou pâlissent par diverses ' causes. Les absorbons n’y sont démontrés que par l’absorption que ces bourgeons exercent , et par l’ulcération , à laquelle ceuxci sont tellement disposés que souvent , par un écart de régime , on les voit disparaître totalement , en moins de deux heures , à la surface d’une plaie ; leur extrême sensibilité fait de même supposer qu’il y a des nerfs , quoiqu’on ne les y ait point vus. La membrane des bourgeons charnus est douée d’une contractilité très-prononcée , qui explique son resserrement et la diminution réelle des plaies d’autant plus marquée que la peau est tout à la fois plus mobile et plus extensible. La nature celluleuse de cette membrane a été démontrée ailleurs : beaucoup d’auteurs la regardent , avec Fabre , comme une simple extension du tissu cellulaire ; mais l’opinion de limiter , développée depuis par Home , est plus vraisemblable. Cette opinion, que j’ai exposée
DERMOIDE.
ans les additions aux systèmes cellulaire et capillaire, consiste à i considérer , non comme un tissu cellulaire préexistant , mais rmme une production nouvelle , ne pouvant se former que là où existe du tissu cellulaire et des vaisseaux , et offrant dans son éveloppement des phénomènes analogues à ceux du développelf ient naturel des organes.
• Deuxieme période. Lorsque les bourgeons charnus se sont réir actés autant que l’a permis la résistance des tégumens aux eual ions de la plaie , ils se recouvrent d’épiderme , ce qui constitue 1 seconde période de la cicatrisation , la formation de la cicatrice. i|» e nouvel épiderme commence à se former à la circonférence de
- plaie , endroit où il se continue manifestement avec l’épiderme c nsin , et s’avance ensuite petit à petit vers son centre ; quelque- ,1! is , comme dans certains ulcères larges et anciens , il se produit a i môme temps par places dans le milieu, et les divers points où et existe vont ensuite à la rencontre les uns des autres : le pus i :sse d’étre sécrété à mesure que l’épiderme le remplace. La ci-
- ;ilrice existe quand toute l’étendue de la plaie est couverte d’é— mi derme. Mince d’abord, molle, rougeâtre à cause du peu d’é—
- lisscur de l’épiderme qui la recouvre, plus adhérente et moins c lide que la peau , celte cicatrice devient à la longue tout-à-fait
- lalogue à cette membrane. Le tissu cellulaire qui est au dessous sa elle regagne peu à peu toute son extensibilité , à moins que la oi eatrice ne repose sur un os : elle reste adhérente dans ce dera er cas.
... A son développement parfait , le tissu cutané nouveau présente . s caractères suivans. i° Ce tissu est plus dense que celui de la au et se rapproche davantage des tissus fibreux; moins de il l.isseaux le pénètrent, de là la couleur blanche des cicatrices et la reté de leur rougeur accidentelle. 2° Le derme qui s’y rencon- ' e a des aréoles moins marquées , des fibres et des lames moins stincles que celui de la peau : ce derme est , en général , dé— iurvu de papilles , comme l’indique l’aspect lisse et reluisant de surface. 3° L’épiderme est très-apparent dans les cicatrices , et confond avec celui de la peau environnante. /[° L’existence du rps muqueux y a été niée par Camper ; mais ce corps y est déontré , chez les nègres , par la coloration dont leurs cicatrices
44 2 SYSTÈME DERMOÏDE,
sont le siège. Cette coloration a lieu dans presque tous les cas : seulement il faut un temps assez long pour qu’elle se développe , et la teinte qu’elle présente est presque toujours plus pale que celle des tégumens : cependant , dans des cas rares , on a vu cette teinte être plus foncée. Les cornes qui naissent sur les cicatrices y indiquent la présence de la couche cornée. 5° Le tissu de la cicatrice est plus disposé à s’ulcérer que la peau proprement dite ; les ulcères qui atteignent en même temps ces deux membranes 1 font des progrès bien plus rapides sur la première que sur la seconde. (Béclard.)
SYSTÈME ÉPIDERMOÏDE.
; SYSTÈME ÉPIDERMOÏDE.
Pour peu qu’on examine attentivement les objets, il est facile d’apercevoir l’immense différence qu’il y a entre le système précédent et celui-ci, que les physiologistes ont considéré comme une de ses dépendances. Organisation, propriétés, composition, fonctions, accroissement, etc. , rien ne se ressemble dans l’un et l’autre. Il suffit de les exposer pour faire sentir la ligne de démarcation qui les sépare.
Je place dans le dernier, i° l’épiderme extérieur; 2° celui qui se déploie sur le système muqueux, ou au moins sur une de ses parties; 3° les ongles (i). i Quoique ces derniers soient très-différens de l’épiderme par leur apparence extérieure, cependant tant’de caractères les en rapprochent, qu’il est dif- : ficile de ne pas en faire un même système. En effet, les ongles servent d’épiderme à la peau qui leur est
(i) Les ongles et l’épiderme sont ctoses essentiellement distinctes. Les ongles doivent être rangés dans la classe à laquelle appartiennent les poils , les cornes des ruminans , les écailles des poissons , etc. Les ongles , d’ailleurs , sont recouverts à leur origine par une couclie d’épiderme; et ils naissent primitivement dans la couche la plus superficielle du corps muqueux , par conséquent au dessous de l’épiderme. (F. Blandin.)
subjacente; ils se continuent avec celui des doigts d’une manière évidente; se détachent et se régénèrent pendant la vie , avec les mêmes phénomènes; la composition paraît être très-analogue; le genre des excroissances est le même ; après la mort , les ongles se détachent par les mêmes moyens que l’épiderme, et font alors , pour ainsi dire, corps avec lui, etc.
ARTICLE PREMIER
de l’épiderme extérieur.
L’épiderme extérieur est une membrane transparente, plus ou moins épaisse, suivant les régions, recouvrant partout la peau, et recevant immédiatement l’excitation des corps extérieurs, qui agiraient trop vivement sur celle-ci.
§ Ier. Formes , Rapports avec le Derme , etc.
On voit sur l’épiderme les mêmes rides que 'sur la peau, parce que, exactement contigus, tous deux se plissent en même temps. Différens pores s’ouvrent à sa surface, après avoir traversé son épaisseur. Les uns transmettent les poils : ce sont les plus apparens; d’autres livrent passage aux exlialans. On ne voit point ceux-ci dans l’état naturel, parce que leur disposition est oblique, et qu’ils s’ouvrent entre deux petites lames qui, appliquées l’une contre l’autre quand on ne sue pas, cachent leur terminaison. Mais si, la peau étant très-sèçhe,
ÉPIDERMOÏDE. 44$
on vient à suer tout à coup, comme après une boisson tkéiforme, alors les gouttelettes qui s’échappent de toute la surface cutanée, n’ayant pas eu le temps de se réunir en une couche humide, mais restant isolées, on distingue, par les lieux où elles existent, l’orifice des exhalans. D’ailleurs, si on examine contre le jour une portion un peu large d’épiderme, sa transparence laisse distinguer une foule de petits pores séparés les uns des autres par des intervalles, et qui traversent son épaisseur dans une direction oblique : il n’y a que la plante des pieds et la paume des mains où l’on ne puisse pas faire cette observation, à cause de l’épaisseur. Il est impossible de distinguer, dans ces pores, les orifices des absorbans d’avec ceux des exhalans, même à l’instant où le mercure pénètre les premiers par les frictions (1).
La surface interne de l’épiderme est très-adhérente à la peau. Les moyens d’union de l’un avec l’autre sont d’abord les exhalans, les absorbans et les poils, qui, en traversant le premier, lui adhèrent plus ou moins , et le fixent ainsi à la seconde, dont ils naissent. En isolant l’épiderme par la macération , moyen le plus propre à le ménager, on voit à sa surface interne une foule de petits prolongemens plus ou moins longs, et qui, examinés
(1) Aujourd’hui , il est inutile de faire remarquer que les porositésde l’épiderme n’appartiennent pas à des vaisseaux, puisque cette couche protectrice de la peau est un produit , et non une partie douée delà vie. (F. Blaxdin.)
attentivement, ne paraissent être autre chose que l’extrémité rompue des exhaians et des absorbans. En effet, ces petits prolongemens, qu’on soulève facilement et qui paraissent alors comme de petits bouts de fil lorsqu’ils sont un peu marqués, mais cpii n’offrent que des inégalités lorsqu’ils sont restés très-courts, affectent tous une une disposition oblique, et vont se terminer aux pores que nous avons dit traverser l’épaisseur de l’épiderme pour se rendre ù sa surface (r). Leur existence suffit, à
(i) La nature des prolongemens intermédiaires au derme el à l’épiderme , et qu’on ne voit qu’en séparan t ces deux parties l’une de l’autre, n’est pas facile à déterminer. Kaaw-Boerhanve , AV. Hunter ont dit, à peu près comme Bichat, que c’étaient le;! vaisseaux de la sueur ou de la transpiration cutanée. Mais 1 es injections ne parviennent point dans ces prolongemens; l’inflammation, qui rend la peau toute vasculaire, ne colore pas sensiblement les prolongemens dont il s’agit. Cruikshank regarde ces filamens comme de la substance épidermique qui s’enfonce dans les aréoles du derme. Mais ces prolongemens existent-ils réellement quand l’épiderme est adhérent au derme? Rien nele prouve, On doit plutôt les considérer comme des espèces de traetus muqueux qui se forment par l’écartement de la substance intermédiaire au derme et à l’épiderme , rendue fluide et visqueuse pai la putréfaction ou la eoction qu’on fait éprouver à la peau , afin de pouvoir en isoler l’épiderme.
L’existence des pores eux-mêmes, tels du moins qu’on se let figure ordinairement , est loin d’être rigoureusement démontrée. Des considérations physiologiques, et même les injections de Haase, porteraient à croire que les embouchures des vaisseaux pénètrent jusque dans les dernières couches de la peau , c’est-àdire jusqu’à l’épiderme ; mais l’observation microscopique, qui mérite plus de confiance que des conjectures physiologiques , ne
ÉPIDERMOÏDE. 447
la première inspection, et sans le secours d’aucun microscope, pour distinguer la face interne et la face externe de cette membrane. Les espaces qui les séparent sont plus ou moins larges. Au niveau de ces espaces, les adhérences sont moindres. C'est à ce niveau que se forme cette foule de petites vésicules épidermoïdes dont se couvre la peau plongée dans l’eau bouillante. Les intervalles déprimés qui séparent ces vésicules sont les endroits où correspondent les exhalans, qui n’ont point permis à
fait point découvrir de pores dans l’épiderme. On voit Lien, en regardant contre le jour l’épiderme d’une portion de peau dont on a enlevé la majeure partie des poils , des endroits transparens qui ont été regardés comme des ouvertures. Leuwen— lioeck croyait même avoir aperçu des pores dans l’épiderme , et il en a donné la figure dans ses Arcana naturœ. Mais comme ce grand observateur ne se servait que de simples lentilles, qui ne grossissent qu’environ cent soixante fois , il a peut-ctre pris les trous des poils pour des pores. Fontana , dans son ouvrage sur le venin de vipère , parle d’un tissu composé de vaisseaux serpentans qu’il a vus à l’aide du microscope ; mais M. deHurnboldt , quia fait sur l’épiderme humain des observations avec un microscope grossissant 35, 200 fois, affirme que les cylindres 1 serpentans sont des plis et non des vaisseaux ; dans des observations faites sur l’épiderme grossi 3i2,4oo fois, il 11’a pu y découvrir de pores. J’ai bouché l’extrémité d’un tube avec un lambeau d’épiderme, que j’ai chargé d’une colonne de mercure de plus de deux pieds : aucun atome de métal 11’a traversé l’épiderme.
On pourrait conclure de ces diverses observations qu’il y a à la surface de la peau une barrière non vasculaire entre l’organisation et l’atmosphère , et que , sait pour sortir , soit pour entrer, les substances doivent pénétrer cette barrière par une sorte
l'épiderme de se soulever. Lorsque l’ébullition est long-temps continuée, ils se détachent aussi.
On ne saurait donc douter que tous ces prolongemens vasculaires ne servent puissamment à unir l’épiderme au chorion. Comment dans leur intervalle l’adhérence se fait-elle? Je l’ignore; mais elle est réelle, quoique moins sensible. Le tissu cellulaire paraît n’y être pour rien, comme je l’ai dit.
Tout le monde sait qu’une foule de causes rompent les adhérences de l’épiderme, et le soulèvent. Ces causes sont : i° toute inflammation un peu vive, quelle que soit son espèce. On sait qu’à la suite des érysipèles, des phlegmons, des furoncles, des éruptions cutanées de nature diverse, l’épi-
d’imbibition , ce qui rapprocherait cette partie extrême de l’organisation des corps les plus simples de l’un et l’autre règne organique, lesquels sont dépourvus de vaisseaux. En effet, comme nous venons de le dire, il n’y a ni vaisseaux, ni pores , ni même aucune ouverture apparente au microscope, soit que1 l’implantation oblique des poils cache celles qui leur livrent passage , soit que l’épiderme leur fournisse une gaîne qui subsiste après leur arrachement et remplisse les trous dont il est jj percé. On ne peut pourtant pas nier absolument, d’après la seule inspection microscopique, l’existencedes porcs ; car si l’on fait un trou à l’épiderme avec une aiguille très— fine , on ne retrouve plus cette ouverture au microscope , comme l’a expérimenté Cruikshank : la même chose a lieu pour une lame mince de gomme élastique ou caoutchouc, à laquelle on pratique une ouverture très-étroite : au contraire , l’ouverture subsiste quand on se sert d’épiderme parfaitement desséché ; le papier à filtrer offre la même différence suivant qu’il est sec ou humide. Ce point, sur lequel les auteurs ont beaucoup discuté , ne me paraît pas suffisamment éclairci . ( Béclard. )
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lerme se détache constamment : alors il n’y a point le fluide qui le soulève ; les exhalans ne sauraient ïn fournir, puisqu’ils sont pleins de sang ; il est sec m se détachant. 20. Diverses éruptions cutanées, jui ne portent point le caractère inflammatoire, :omme les dartres, etc. , détachent aussi l’épiderme tu niveau de l’endroit où elles existent. Le plus communément il s’enlève alors sous forme d’ébailles sèches : de là sans doute l’idée de certains tuteurs qui lui ont attribué une structure écaileuse, structure qu’aucune expérience, aucune ob- .ervation faite sur l’épiderme considéré dans l’état îaturel, ne saurait établir. Ce soulèvement en vailles tient absolument à la même cause que la ormation des vésicules qui a lieu un instant après [ue la peau a été plongée dans l’eau bouillante, lavoir à l’adhérence plus graifde des vaisseaux txhalans qui viennent se rendre aux pores épidernoïdes. Observez, en effet, que c’est toi^'ours dans 'intervalle de ces pores que se produisent les écailes, qui n’existent point dans la nature, mais qui lépendent uniquement de la manière dont la membrane se soulève. Par exemple , quand des dartres ;e forment au menton , les pores par où passent es poils ne se détachent pas ; l’épiderme seul de 'intervalle de ces pores est séparé de la peau : or , comme ceux-ci sont très-rapprochés, les écailles sont extrêmement petites; c’est une espèce de poussière. 3°. Toutes les fois que l’épiderme est soulevé un peu sensiblement par les inégalités cutanées, le moindre frottement le détache au niveau de ces inégalités. Voilà comment; après des frictions Asas. esa. t. iv. ag
sèches un peu fortes, une peau rugueuse devien toute écailleuse, tandis qu’une qui est lisse n’e éprouve aucune altération : c’est même ce qui avec l’apparence- extérieure, contribue beaucou au désagrément de l’une et à la beauté de l’autre 4°. A la suite des fièvres essentielles, et même d plusieurs affections des viscères intérieurs, la peau j qui a ressenti l’influence sympathique du mal, e; devenue le siège d’une altération qui, sans s’ar| noncer par aucun signe extérieur, a suffi pou rompre les liens qui l’unissaient à l’épiderme, le quel s’enlève de toutes parts. 5°. On sait que l’ac tion du vésicatoire, qui attire une grande quantitj de sérosité à la surface externe du chorion, fait dq chirer des exhalans qui passent de lui à l'épiderme en sorte que cette sérosité s’épanche sous celui -c: et forme une poche plus ou moins considérable L’eau, ne s’échappe pas par les pores ouverts , parc que leur fhsertion oblique à. travers l’épiderme fa que leurs parois, appliquées les unes contre le autres par la pression de l’eau, lui opposent u obstacle. C’est pour la même raison que, quoiqn ces pores soient très-sensibles, comme je l’ai di dans la transparence d’un morceau isolé d’épij derme vu contre le jour, ce morceau soutient ]j mercure sans livrer passage à ses molécules. G0. Si! le cadavre, la plupart des moyens précédens, qi ne produisent leur effet qu’en vertu d’une altér, tion des forces vitales, sont nuis pour soulève! l’épiderme. La putréfaction, la macération et IV bullition sont ceux par lesquels on y parvient. Toi agissent en rompant les prolongemens qui s’étei
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lent du derme à l’épiderme, quoique le mécanisme le celte rupture ne soit pas exactement connu.
§ II. Org anisation , Composition -, etc.
Les auteurs ont fait beaucoup de conjectures, ju’il est inutile de rapporter ici, sur la structuia ‘pidermoïde. Je vais dire ce que la stricte observation y démontre. Son épaisseur est, en général, issez uniforme dans toutes les parties. Il ne m’a pas tara quelle augmente 'ou diminue, suivant les vaiétés d’épaisseur de la peau, au dos, à l’abdomen, ux membres, etc. Il n’y a qu’à la plante des pieds, j la paume des mains et à la face correspondante jes doigts, que cette épaisseur devient plus grande, ille est même si marquée en ces endroits qu'il ’y a aucune proportion entre eux et les autres arties'du corps sous- le rapport de cette memrane : c’est surtout vers le talon quelle présente e caractère. Cet excès d’épaisseur parait tenir à iverses lames qui sont appliquées les unes sur les Litres,- et qui semblent surajoutées à la lame de épiderme ordinaire. Mais il y a aussi une diffémee réelle, quoique peu connue, dans i’organircion : par exemple, lorsque l’épiderme a été en- Ivé de dessus ces parties par la macération, on ne oit point, comme dans les autres, ces petites apendices ou inégalités assez régulièrement parsemées, et qui sont les restes des exhaians rompus. En es endroits , ces vaisseaux se déchirent plus net sur •j.: surface interne de l'épiderme, où se voient sentment les traces des rid.es dont nous avons parlé,
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J’attribue à cet excès d’épaisseur de l’épideran de la plante des pieds et de la paume des main la difficulté, souvent même l’impossibilité, de fain prendre leâ vésicatoires en ces endroits, où je le ai fait souvent appliquer, parce que je croyais que la sensibilité y étant plus grande, ils y produiraien plus d’effet dans certaines maladies. L’inutilité de tentatives m’a forcé à y renoncer.
Cette épaisseur ôte à l’épiderme la transparenc qu’il a dans les autres endroits : il est blanchâtre opaque même, à la main *et au pied. Aussi l’épi derme, qui, chez les nègres, n’étant pas coloré laisse partout voir la noirceur du tissu réticulair subjacent, cache-t-il en partie cette noirceur en ce endroit. Cependant j’ai observé, par le moyen de 1 macération, que la teinte moins foncée de la plant, des pieds et de la paume des mains dépend aussi dans cette race , de ce que le tissu réticulaire e: réellement moins coloré. On dirait que tout e: rapporté à la sensibilité animale dans cette régioi dont le réseau capillaire paraît moindre, et où toi les phénomènes qui dérivent de la sensibilité org nique sont bien moins actifs.
En examinant, sous ce rapport, la main et pied d’un nègre , j’ai été conduit à faire sur la cc loration du corps réticulaire quelques autres exp riences qui vont être l’objet d’une petite digressioi i°. En plongeant dans l’eau bouillante un morcea du derme pris dans une région quelconque, il noi cit presque tout à coup du double; ce qui dépen probablement de ce que les fibres, en se rapprc chant par le racornissement, rapprochent les inc
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i écules colorantes, d’où naît un noir plus foncé, le phénomène est extrêmement frappant, en com-
iiarant le morceau plongé clans l’eau à un autre de a même région laissé au dehors. a0. La macération l’un mois ou deux tantôt enlève l’épiderme sans e corps réticulaire, siège de la coloration, tantôt létache tout simultanément. 3°. Un séjour de quelles jours dans l’eau froide ne produit aucun effet ensible. 4°- Une coction long-temps continuée ne hange presque pas cette couleur, après la teinte oncée qu’elle lui a donnée tout à coup. Seulement n raclant avec un scalpel la surface externe de la peau, qui est réduite alors en une espèce de pulpe ;élatineuse, on en détache facilement le corps rétiulaire coloré, qui cependant reste toujours adhélent à une petite portion du chorion. 5°. L’acide ulfurique, qui réduit la peau, comme tous les aures organes, à une espèce d’état pulpeux, fait aussi u’on peut facilement enlever cetto portion colorée, ui se détache par portions isolées, mais dont il ’altère presque pas la nuance. 6°. L’acide nitriue', quoique très-peu affaibli, ne facilite point auant le détachement de cette portion colorée. Il lunit la surface interne de la peau et l’épiderme; îais il ne m’a paru produire que très-peu cet effet urla noirceur du corps réticulaire. 70. Plongé penant vingt-quatre heures dans une dissolution de âerre à cautère , un morceau de peau de nègre m’a emblé n’y avoir subi aucune altération dans sa cousur. 3’ai fait la même observation en me servant l’une lessive de potasse. 8°. La putréfaction détache a portion colorée de la peau, tantôt avec l épi-
derme, tantôt isolément; mais elle n’altère pas si couleur. Je n’ai pas essayé d’autres agens pour con naître la nature de cette couleur de la peau des nè grès. Revenons à l’épiderme , que nous avions mo mentanérnent perdu de vue.
Là où il est très-épais, comme à la surface con cave du pied et de la main , on voit qu’il est mani festement formé par des lames superposées, et quoi sépare avec assez de difficulté les unes des autres parce qu’elles adhèrent intimement entre elles Partout ailleurs qu’au pied et à la main, il n’y ; qu’une simple lame. Aucun fluide ne pénètre le tissi épidermoïde. Coupé en différens sens, soit sur 1 vivant, soit sur le cadavre, il ne laisse rien suintei Les écailles qu’il fournit sont constamment sèches arides même : aucun vaisseau sanguin n’y existt Les absorbans et les exhaians ne font que le travei ser sans s’y anastomoser, sans serpenter dans so intérieur avant 4e s’ouvrir à sa surface, comme 1 arrive dans les membranes séreuses, qui, à caus de cela, noircissent par l’injection, quoique peu d sang paraisse y aborder pendant la vie. L’épidermt au con traire,* ne se colore jamais par ce moyer même lorsque l’injection, étant très-fine d’une pai et poussée avec succès d’autre part, pleut à la suil face externe de la peau. Ainsi, dans l’inflammatioi où tous- les exhaians cutanés sont pleins de sang qu’ils ne contiennent pas dans l’état naturel, jamai ce fluide n’aborde à l’épiderme, qui est conslam ment étranger à toutes les maladies du corps réticu laire subjacent, et qui, seulement distendu par elles se détache , puis se renouvelle.
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Les nerfs sont visiblement étrangers à l’épiderme. 1 en en est de même du tissu cellulaire : aussi tamais les bourgeons charnus, que ce tissu forme pécialement, ne naissent de cette membrane; janais les excroissances dont elle est le siège ne porent le caractère des tumeurs diverses que le tissu :ellulaire concourt spécialement à former, telles [ue les fongus , les squirrliosités , etc.
D’après cela il est évident qu’aucun des systèmes généraux communs à tous les organes n’entre dans e système épidermoïde. Il n’a donc point la base ommune de toute partie organisée; il est pour insi dire inorganique sous ce rapport.
Le tissu épidermoïde ne présente aucune fibre lans son intérieur; il est en général très-peu résis- ;ant, se rompt à la suite d’une très-petite distenion , excepté aux doigts et à la main , où il résiste dus, à cause de son épaisseur.
L’action de l’air ne l’altère presque pas. Seulenent, lorsqu’on l’y expose après l’avoir enlevé sous a forme d’une lame assez large, il durcit un peu, ievient un peu plus consistant, et se déchire avec m peu plus de peine. Il est, après les cheveux et es ongles, celui de tous les organes dont la dessication change le moins l’état naturel. Il devient ussi par elle un peu plus transparent ; mais du reste 1 reprend absolument son état ordinaire quand on e replonge dans l’eau; ce qui prouve qu’il en amenait un peu dans cet état. L’action de l’air, si >romptement efficace sur la peau, dans la putréàction , le laisse alors absolument intact. Il se souève seulement, mais ne se putréfie point lui-même.
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Séparé par ce phénomène, et un peu lavé pour le débarrasser des substances fétides qui pourraient ) y être restées adhérentes, il n’exhale aucune mau-; vaise odeur. Long-temps gardé à l’air humide, seul et bien isolé des parties voisines, il ne s’altère point. 11 est , après les cheveux et les ongles, la substance animale la plus incorruptible. .Te conserve un pied i trouvé dans un cimetière, et dont la peau et la graisse sont transformées en une substance grasse, onctueuse, dure, et qui brûle à la chandelle, tandis que l’épiderme, très-épais, n’est presque pas changé de nature.
L’action de l’eau sur l’épiderme peut se considérer sous plusieurs rapports. i°. Dans l’état de vie, elle le blanchit lorsqu’elle est un peu long-temps en contact avec lui, et en même temps elle le fait rider en divers points. On voit souvent ce phénomène sur les mains à la sortie du bain ; mais il esl surtout apparent après dix à douze heures de l’application d’un cataplasme émollient, dans lequel l’action de la farine est nulle, et où c’est l’eau qu produit tout l’effet. Cette blancheur de l’épiderme paraît alors tenir à ce qu’il s’imbibe véritablement de fluide. C’est le même phénomène qui arrive aux membranes séreuses, fibreuses, etc., lesquelles devenues d’abord artificiellement transparentes pai le dessèchement, blanchissent de nouveau quant on les plonge dans l’eau. Ici l’épiderme, naturelle ment transparent, blanchit par l’addition de et fluide. Dans cet état, il rend la sensibilité des pa pilles infiniment plus obtuse; je l’ai souvent expé rimenté sur moi-même, en m’appliquant le soir sui
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la main un cataplasme que je levais le lendemain. Quand l'eau qui a imbibé l’épiderme s’est évaporée, il redevient transparent, se déride, reprend son état naturel, et laisse la sensibilité de la peau redevenir apparente. Au reste, ce phénomène est observé surtout sur l’épiderme du pied et de la main; car ailleurs il n’est souvent pas sensible. o°. Sur le cadavre, l’épiderme, isolé de la peau et plongé dans l’eau, blanchit aussi, mais ne se ride poiîit. Resté dans l’eau en macération, il n’y éprouve aucune altération putride : seulement il s’élève à la surface du fluide une foule de molécules qui, juxtaposées, forment une pellicule blanchâtre dont j’ignore la nature. Au bout de deux ou trois mois, l’épiderme ainsi resté dans l’eau se ramollit , ne se gonfle point, jet se déchire avec une extrême facilité; il ne se réduit point en une pulpe analogue à celle des autres i organes aussi macérés. 3°. Soumis à la coction, l’épii derme n’éprouve point , à l’instant de l’ébullition , un racornissement, comme tous les autres organes. Voilà même pourquoi, tandis que , par ce racornissement, la peau diminue beaucoup d’étendue, l’épiderme , qui reste le même, est obligé de se plisser i en divers sens. Lorsque l’ébullition se prolonge, j cette membrane devient moins résistante, se rompt avec une extrême facilité , mais ne se réduit jamais en gélatine, ne prend point une couleur jaunâtre, ne devient point élastique comme les organes qui fournissent beaucoup de cette substance ; d’ailleurs, on sait que le tissu épidermoïde ne se combine point avec le tannin, qu’il est même un obstacle 1 pour celui-ci, qui tend à pénétrer la peau. Après une
longue coction, les lames diverses qui composent l’épiderme de la paume de la main, et surtout celui de la plante du pied, deviennent extrêmement faciles à séparer : c’est même la manière de bien voir leur structure laminée. Entre ces lames souvent il se forme , au pied , de petites vésicules remplies de sérosité.
Le calorique produit sur l’épiderme des phénomènes toeit différens de ceux qu’éprouvent les autres systèmes par le contact de ce corps. Un morceau de cette membrane bien desséché par l’action de l’air, et exposé à la flamme d’une chandelle, i° ne se racornit presque point, comme le fait, par exemple, un morceau de peau desséché aussi; a0 exhale une odeur fétide analogue à celle de la corne brûlée, et différente de celle de tous les autres tissus qu’on expose à la même expérience; 3° brûle avec une extrême facilité; ce qui n’arrive à aucun des systèmes précédons desséchés; souvent même il suffit d’y mettre le feu par un bout pour qu’il se consume en totalité. 4°- A l’endroit de la flamme on voit un fluide noirâtre bouillonnant, laissant souvent échapper des gouttelettes enflammées, et extrêmement analogue à celui d’une plume qu’on fait brûler. C’est manifestement une huile, laquelle entretient la combustion par son extrême abondance, et ne paraît se trouver en aussi grande quantité que dans les cheveux et les ongles. Cette huile mérite une considération particulière : c’est elle qui donne en brûlant une odeur si désagréable, et qui forme ces gouttelettes enflammées et blanchâtres dont nous avons parlé. Il paraît quelle est
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de même nature que celle que M. Berthollet à obtenue des cheveux en si grande proportion. Après la combustion , il reste un charbon noirâtre, que je n’ai point analysé.
La lumière ne paraît pas avoir une grande action (sur l’épiderme,. que j’ai trouvé de même couleur et sur les portions de peau noircies par elle et sur celles qui en avaient été à l’abri.
L’acide nitrique jaunit très-sensiblement l’épiderme, plus même qu’aucune autre substance animale; mais il ne la dissout qu’avec une extrême difi ficulté. Le sulfurique agit au contraire très-fortement sur lui, surtout quand il est un peu concentré. Lorsqu’on le retire peu de temps après l’y avoir plongé, il est devenu très-mince, extrêmement transparent; semblable presque, sous ce rapport, à la pellicule qu’on enlève de dessus les- oignons. Ce phénomène curieux m’a souvent frappé. Laissé : trop long-temps dans l’acide, l’épiderme finirait par s’y dissoudre entièrement.
ILes lessives alcalines dissolvent cette membrane, mais assez difficilement L’alcali pur a une action assez prompte sur elle.
L’alcool n’a aucune influence sur l’épiderme.
§ III. Propriétés.
L’épiderme n’a que très-peu d’extensibilité, puisque la moindre tumeur cutanée le fait déchirer et soulever, soit en écailles, comme dans les dartres, soit par plaques plus larges, comme dans lesvési-
catoires. Cependant il n’en est pas entièrement privé , comme le prouve l’ampoule qui survient dans le dernier cas. Sa contractilité de tissu est nulle. On observe qu’en cessant d’être distendue, cette ampoule reste flasque et ne revient jamais sur ellemême.
Toute espèce de sensibilité animale est 'étrangère à l’épiderme : on sait qu’on le pique , qu’on le coupe, qu’on le déchire impunément. C’est surtout à la paume des mains et à la plante des pieds qu’on fait facilement ces expériences. L’épaisseur de cette membrane est telle en cet endroit qu’on peut en enlever des lames, comme on le voit faire à ceux qui essaient le tranchant d’un instrument; qu’il est possible même, comme le font la plupart des cuisiniers, de les mettre en contact avec des charbons ardens; que ce n’est point une chose impossible que de marcher sur un fer rouge, etc. C’est en vertu de cette insensibilité qu’il amortit Faction des acides, des alcalis caustiques, et de tous les forts excitans qui, mis en contact avec le derme laissé à nu par le vésicatoire, sont excessivement douloureux.
L’épiderme diffère des autres organes privés ainsi que lui de sensibilité animale, comme les cartilages, les tendons, les aponévroses, etc., en ce qu'il n’est jamais susceptible d’en acquérir; au lieu qu’eux, pour peu qu’ils soient excités, en prennent souvent une supérieure à celle des organes qui en jouissent naturellement. D’où cela vient-il ? De ce que, pour naître dans un organe, il faut que la sensibilité animale y trouve déjà ses rudimens; il faut que cet organe jouisse de la sensibilité organique,
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laquelle, en s’exaltant par l’irritation , se transforme en animale : or , l’épiderme paraît aussi dépourvu de cettç, dernière propriété, ainsi qj^p de la contractilité insensible. En effet, i° il ne s’y fait aucune circulation sensible; 2° les exhalans et absorbans qui le traversent lui sont absolument étrangers; 3° jamais aucun phénomène maladif, qui suppose la sensibilité organique , 11e s’y manifeste. L epiderme ne s’enflamme point; il est passif dans toutes les affections cutanées, et n’y participe jamais, malgré sa continuité. L’impossibilité de s’enflammer fait qu’ü est un obstacle, partout où il existe, aux adhérences cutanées, qui ne peuvent avoir lieu que quand il est enlevé. Sa surface interne, soulevée par le vésicatoire , et réappliquée sur le derme par l’évacuation de la sérosité de l’ampoule, au moyen d’une petite piqûre, ne s’y réunit jamais non plus. 4°- Les excroissances dont il est le siège, comme les cors (1), comme certaines indurations, etc., sont inertes, sèches ainsi que lui, et sans circulation intérieure; si elles sont douloureuses, c’est parla pression exercée sur les nerfs subjacens, et non par elles-mêmes. 5°. Aucun travail sensible ne se fait dans l’épiderme; il s’use sans cesse par le frottement, comme les corps inorganiques, et se reproduit ensuite.
(1) Les cors ne sont pas, rigoureusement parlant , des productions épidermiques, et sous ce rapport, on peut les comparer I aux ongles, aux poils, etc. : comme eux, ils sont le résultat de l’expansion de la couche albide superficielle ou cornée du corps muqueux. (F. Blandin. )
Cette destruction continuelle de l’épiderme n’a point assez fixé l’attention des physiologistes. Voici les preuves^le sa réalité : i° Si avec une lame de couteau on racle un peu fortement sa surface externe, on en enlève une poussière abondante, que l’acide sulfurique dissout facilement , et qui est grisâtre. L’épiderme blanchit un peu en cet endroit, puis reprend sa couleur, surtout si on le mouille. En raclant de nouveau on n’enlève point une poussière nouvelle; il faut, pour en obtenir, douze ou vingt heures d’intervalle. 20. Cette substance devient surabondante quand depuis long-temps la peau n’a pas été lavée. Voilà pourquoi ceux qui trempent dans l’eau leurs pieds qu’ils n’ont point nettoyés depuisune époque éloignée, et qui se frottent la peau, en détachent une si grande quantité. C’est surtout à la plante du pied que se forme en abondance cette substance : souvent, sur les cadavres, on observe quelle forme presque une couche nouvelle ajoutée à l’épiderme, mais qui en est très-distincte, et qu’on enlève avec facilité : j’attribue cette circonstance à l’épaisseur qu’a l’épiderme .en cet endroit. Sans doute nous en trouverions aussi beaucoup sur la main , sans le frottement habituel de cette partie : on y en observe souvent chez les malades des hôpitaux, après un long séjour dans le lit sans se nettoyer.
L’eau enlève naturellement cette substance, produit de la destruction de l’épiderme, et qui, se mêlant avec les résidus de la transpiration que l’air ne peut emporter par vaporisation, fait que le bain est, pour ainsi dire, comme je l’ai observé, un be
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soin naturel. Quoiqu’elle ne soit ni exhalée ni absorbée, et que sa production paraisse mécaniquement due au frottement, cependant on peut, sous son rapport , considérer l’épiderme comme un émonctoire du corps, puisqu’elle est renouvelée par une substance venant du derme, à mesure que celle-ci est emportée.
Puisque l’épiderme n’a pas de propriétés vitales, il est manifeste qu’il ne peut être le siège d’aucune espèce de sympathies, lesquelles sont des aberrations de ces propriétés. D’après tout cela, sa vie est extrêmement obscure; je doute même qu’il en ait une réelle. On dirait presque que c’est un corps demi-organisé, inorganique même, que la nature a placé entre les corps bruts extérieurs et le derme, qui est essentiellement organisé, pour leur servir de passage et de gradation.
L’épiderme a une propriété très-distincte de celles de la plupart des autres systèmes; c’est celle de se reproduire lorsqu’il a été enlevé. Il croît de nouveau et se reforme avec une apparence exactement analogue à celle qu’il présentait d’abord; c’est même ce qui le différencie de quelques autres systèmes, tels que le cellulaire, qui poussent des végétations l lorsqu’ils sont mis à nu, mais qui ne se reproduisent que d’une manière irrégulière et toute différente de leur état naturel. Comment l’épiderme se
reproduit-il ainsi? Est-ce la pression de l’air atmosphérique qui rend calleuse la surface externe de la peau? est-ce l’air qui, en se combinant avec les produits qui s’échappent de cette surface, forme un composé nouveau? Je l’ignore. Ce qu’il y a de
certain, c’est t° que cette production est toute différente de celle des organes intérieurs; 2° qu’elle ne peut avoir lieu que sur la peau; et que la pellicule mince qui recouvre toutes les autres parties cicatrisées , à la suite d’une plaie avec perte de substance, ne lui ressemble nullement, et présente même une texture toute différente. Aussi cette pel licule ne s’enlève-t-elle pas par les moyens divers qui font soulever l’épiderme (i) ; aussi devient-elle souvent le siège d’une sensibilité vive à laquelle i est toujours étranger. C’est ce qui arrive surtou dans les changevnens de temps; époque à laquelle les cicatrices deviennent, comme on sait, très-douloureuses : j’ai souvent alors observé que non-seulement l’intérieur, mais la pellicule même de b cicatrice , sont sensibles. D’ailleurs , à l’époque ot cette pellicule se forme, des vaisseaux rouges 1< pénètrent manifestement, tandis que rien de sem blable ne s’observe dans la formation de l’épi derme.
C’est cette faculté de se reproduire qui est mis enjeu dans beaucoup d’excroissances épidermoïdes j comme dans les cors, les callosités, qui n’ont di commun que le nom avec celles qui bordent le fistules, etc. Toutes ces excroissances sont insen
(i) L’épiderme n’est paf vivant, et?conséquemment il ne possède en lui-même aucune force de régénération ou de reproduction ; détruit , il est reproduit, comme il avait été formé primi tivement, et comme il s’accroît, c’est-à-dire, par une sécrétioi des papilles cutanées ; et s’il ne se forme pas sur les cicatrices c’est parce que les cicatrices manquent de papilles. (F. Blandin.
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îles, sans vaisseaux, sans nerfs; de même consisnce et de même couleur que l’épiderme, elles s’en tachent souvent et se reforment ensuite. Il paraît te les pressions extérieures influent beaucoup sur ir développement : les souliers trop étroits , les rps solides qu’embrassent les mains des forgerons : autres ouvriers, en sont la cause fréquente.
Je conserve une grande partie de la peau d’un >mme mort à l’Hôtel-Dieu, et dont l’épiderme, i pie en épaisseur depuis sa naissance et même ns le sein de sa mère, de ce qu’il est dans l’état linaire, avait été sujet pendant toute sa vie à une ’te de desquamation continuelle qui le faisait pâtre dans toute son étendue sous l’aspect d’une ’tre générale , quoique rien de semblable à cette action n’eut lieu sur le derme , qui était parfaitent intact. La face seule était exempte de ce vice conformation.
L’épiderme ne se reproduit pas seulement quand été enlevé en totalité , mais encore quand des les superficielles ont été seules emportées , surt au pied et à la main .où d’autres lames naist sur celles que la section a mises à nu; ce qui aive bien que ce ne sont pas, comme on le dit, sucs du corps réticulaire qui le forment en se séchant.
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§ IV. Développement (i).
Ceux qui ont cru que l’épiderme se forme j pression se seraient désabusés s’ils eussent exami celui du fœtus, qui est déjà très-marqué, p même à proportion que beaucoup d’autres s tèmes. On l’observe dès que la peau commenc sortir de l’espèce d’état pulpeux dont nous av< parlé. Au bout du cinquième mois, il a déjà proportions analogues à celles qu’il présentera la suite : très-épais à la plante du pied et à la pan des mains, il est très-mince ailleurs. Il se détai avec facilité par tous les moyens que nous av* indiqués : on sait que sur les fœtus morts et tréfiés dans le sein de leur mère il se trouve grande partie détaché. A l’endroit du cordon c bilical, il se continue d’une manière insensible a la peau.
A la naissance, quoiqu’en contact avec un fit nouveau pour lui, il n’éprouve pas une grandi tération; ce qui prouve bien que l’air n’est pour -j ou pour très-peu de chose dans sa formatior s’épaissit à mesure qu’on avance en âge, et s1 sous ce rapport, à peu près les mêmes proport1
(i) L’épiderme est essentiellement formé de mucus ; il est crété par les papilles , et se dessèche continuellement à leur' face ; sans cesse détruit par les frottemens , il conserve son él seur intacte, parce cjuela sécrétion papillaire l’augmente dan proportion égale vers sa face adhérente. (F. Blandin.
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ue la peau. Au delà de la vingt-sixième ou trentième année, il ne prend plus d’augmentation. J’ai lit soulever en plusieurs endroits l’épiderme du iieillard ; il ne m’a pas paru différer beaucoup de elui de l’adulte : seulement il est un peu plus sujet s’écailler, et un peu plus épais. Chez quelques îalheureux qui viennent se réfugier dans les hôpiîux, souvent entre les gerçures qu’il présente se ige la vermine, qui ensuite écarte ses lames et iënt habiter entre elles , en sorte que j’ai vu l’épierme recéler ainsi dans son intérieur des milliers e petits animaux, qui bien évidemment se trouaient entre deux lames de cette membrane, et n’éüent point à nu sur le corps réticulaire et les pailles. C’est même le seul moyen qui m’ait présenté i structure laminée de l’épiderme ailleurs qu’au ied et à la main , où je n’ai point vu la vermine se )ger ainsi.
Les gerçures de l’épiderme paraissent tenir chez : vieillard à la sécheresse où il se trouve à cause du éfaut d’exhalation; c’est ce qui rend la peau si ruueuse et si âpre. Ce qui y contribue encore, c’est ue, comme elle offre beaucoup d’inégalités à cause e ses nombreux replis, les frottemens, plus resntis par ces endroits sailians, écaillent l’épiderme: insi, chez l’adulte, la même cause le rend-elle sailieDX sur une peau tuberculeuse, tandis qu’une eau bien lisse et bien tendue par la graisse éprouve ins nulle desquamation toute espèce de frotteiënt,
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