ÉPIDERME INTÉRIEUR
Tous les auteurs ont admis l’épiderme des membranes muqueuses. Il paraît même que la plupar ont cru qu’il n’y a que cette portion de la peau qu descend dans les cavités pour les tapisser. Haller ei particulier est de cette opinion. Mais la moindr< inspection suffît pour remarquer qu’ici, comme à I; peau , il ne forme qu’une couche superficielle ai corps papillaire et au chorion. L’eau bouillante qui le détache de dessus le palais, la langue, I< pharynx même, laisse ensuite apercevoir à nu le: deux autres couches.
§ Tr. Épiderme de l’origine des surfaces muqueuses
L’épiderme est très-distinct à toutes les origine du système muqueux, sur le gland, à l’entrée di l’anus, de l’urètre, des fosses nasales, de la bon che, etc... Il se démontre dans ces endroits par le excoriations qui y surviennent, aux lèvres princi paiement, par la dissection avec une lancette très fine, par l’action de l’eau bouillante, la macération la putréfaction et les épispastiques mêmes, comp le prouve le procédé des anciens, qui, pbur rafraî chir les bords libres du bec de lièvre, employaien ce moyen. La finesse de cet épiderme est beaucouj plus grande qu’à la peau ; à mesure qu’il devien
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dus profond-, cette finesse augmente. C’est à cette circonstance qu’il faut rapporter la facilité qu’on 'prouve à produire à travers cette membrane diffé- •entes modifications remarquables, lorsque, par es procédés galvaniques, on arme de zinc la surace de la langue, d’un autre métal la surface mupieuse de la conjonctive,- de la pituitaire, de la surface du rectum, des gencives, etc., et qu’on met ;n contact médiat ou immédiat ces métaux divers.
L’épidenne muqueux se reproduit avec promptiude lorsqu’il a été enlevé. Dépourvu de toute esièce de sensibilité animale et organique, il est sous e rapport destiné, comme à la peau, à garantir le orps papillaire très-sensible qui lui est subjacent. l’est à sa présence sur les membranes muqueuses u’on doit en partie attribuer la faculté qu’ elles ont etre exposées à l’air, et même au contact des corps xtérieurs, sans s’exfolier ni s’enflammer, comme ans l’anus contre nature, les chutes du rectum, etc. ; mdis que les membranes séreuses ne supportent mais imnunément ce contact.
Au reste, la nature de l’épiderme muqueux est . même que celle du cutané : soumis à Faction des lêmes agens, il donne les mêmes résultats; les ex- ’oissances formées àsa surface sont aussi analogues , iioique beaucoup plus rares. Il devient calleux par pression. Chopart cite l’exemple d’un berger ant l’urètre présentait cette disposition, à la suite o l’introduction fréquemment répétée d’une perte baguette pour se procurer des jouissances voiptueuses. On connaît la densité que prend cette uveloppe dans l’estomac des galÜnacées, dans eer-
taines circonstances où les membranes muqueuse sortent au dehors, comme dans les chutes de l’a nus, du vagin, de la matrice, etc. Quelquefoi alors la pression des vêtemens produit, dans ce épiderme, une épaisseur sensiblement plus grand que celle qui lui est naturelle; c’est même ce qi; fait alors en partie perdre à ces membranes le roug vif qui les caractérise dans l’intérieur.
§ IL Épiderme des surfaces muqueuses profonde ,
A mesure qu’on s’avance dans la profondeur de membranes muqueuses, l’épiderme s’amincit pe à peu, et finit bientôt par devenir presque insen1 sible. i°. Dans l’estomac, les intestins, la vessie, h vésicules de la bile et de la semence, dans tous h excréteurs, etc., l'instrument le plus délicat n peut le soulever. 20. Jamais, dans la macération < dans l’ébullition du système muqueux de ces paît ties, je n’ai vu l’épiderme se soulever à sa surfac 3°. J’ai extrait du ventre d’un chien une portion d’n! testin, sa tunique muqueuse a été mise à découveij par une incision, et j’ai appliqué dessus un épispaè tique : plus de rougeur s’est manifestée sur la sut face libre de cette tunique, mais aucune pellicuîl ne s’en est élevée. 4°- On ne voit point, dans le anus contre nature compliqués de renverseinen des excoriations analogues à celles dont la surfac des lèvres, celles du gland, etc., sont le siég 5°. J’ai déjà eu occasion d’ouvrir fréquemment de cadavres affectés de catarrhes aigus ou chronique aux intestins, à l’estomac, à la vessie, etc. : or, je
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iais je n’ai vu l’épiderme séparé par l’inflammaon, comme il arrive à la suite de l’érysipèle, du blegmou, etc., sur l’organe cutané. 6°. On ne oit point sur les surfaces muqueuses profondes 3s exfoliations, ces desquamations, etc., si fréuentes sur celui-ci à la suite d’une foule d’affecons.
D’après toutes ces considérations, il paraîtrait ue l’épiderme n’existe point sur les surfaces muueuses profondes , et que la grande quantité de tes muqueux versée sans cesse par les glandes ilojacentes supplée à son défaut pour garantir les apilles et le chorion de l’impression des substances étérogènes à l’économie contenues dans les caités intérieures (i). Cependant il est une observa-
(i) Quand on réfléchit à la composition chimique de l’épi— :rme , et à ses usages relativement à la membrane qui le sécrète, 1 ne peut s’empêcher d’admettre que tout le système tégu— entaire est pourvu de cette couche inorganique , et que les embranes muqueuses les plus profondes ne font pas exception cette règle; en effet, partout, le corps papillaire a besoin lêtre protégé contre les atteintes des substances qui sont abituellement en rapport avec lui , et^partout ce corps pa— llaire sécrète du mucus ; seulement , là où les membranes téguentaires reçoivent le contact de l’air d’une manière plus ou oins forte , ce mucus se dessèche en membranes , tandis îe là où le contact de l’air est nul et la sécrétion papil— ire très-abondante, le mucus reste fluide; mais cette der— 1ère circonstance ne saurait suffire pour empêcher de r«conaître l’analogie qui rapproche naturellement l’épiderme desséché a. la peau et la couche muqueuse ou l’épiderme demi-fluide es membranes nmqueuses. (F. Blandin.)
tion qui semblerait démontrer l’existence de l’ép derme des surfaces muqueuses profondes : c’est séparation des membranes contre nature qui se d tachent souvent de ces surfaces, et qu’on pourra considérer comme une espèce d’exfoliation épide morde. Beaucoup d’auteurs citent des exemples c ces membranes formées soit sur la vessie et rendu par l’urètre, soit sur l’estomac et l’oesophage rejetées par le vomissement^ soit sur les intestii et expulsées avec les déjections alvines; Haller j rassemblé une foule de citations analogues. M. Mo taigu m’a rapporté avoir vu une membrane vomir qui formait un sac sans déchirure, exactement an; logue à celui de l’estomac, dont elle tapissait : surface interne. Desault a vu une poche presqu analogue à la vessie, rendue par un malade qi était affecté de rétention d’urine.
J’avoue que je n’ai aucune observation qui îx soit propre sur ce point; en sorte que je ne pu dire quelle est la nature de ces membranes. Ma les auteurs s’accordent, en général, à leur attribut une nature molle et pulpeuse, qui ne me para pas s’accorder avec celle que nous avons indiqiu dans l’épiderme. J’ai plusieurs fois observé, à l’Hc tel-Dieu, des me&branes blanchâtres détachées c!| l’œsophage à la suite de l’empoisonnement par H eide nitrique; mais ces membranes sontévidemmer la portion superficielle de l’organe muqueux, qi est désorganisée et rejetée par la suppuration qi s’établit au dessous. C’est ainsi que les escarrhes ci fanées, quand les brûlures sont un peii larges, tou bènt sous forme membraneuse ; ainsi se forment le
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unes osseuses nécrosées, qui ne sont autre chose ue la superficie de l’os qui meurt et se détache ius forme laminée.
D’après cela, l’existence de l’épiderme des surces muqueuses profondes me paraît très-inceriine, et ne peut être admise qu’après un examen Duveau, qui, je crois, prouvera plutôt contre que )ur son existence. Quel est l’endroit où se termine ‘piderme qui tapisse l’origine des surfaces muîeuses? ou bien, s’il existe partout, quel est le :u où il commence à ne plus devenir apparent par ction de nos réactifs? On ne peut, je crois, le ■terminer avec précision; il diminue cl’une malère insensible, et se perd pour ainsi dire par adation (i).
(i) Bichat laisse ici, comme on le voit, deux questions indéîs : la première est de savoir si les surfaces muqueuses prodes ont un épiderme ; la seconde , à quel endroit cet épiderme se ou change de nature. L’état mou et pulpeux des mem— nés muqueuses prises profondément , la ressemblance trèsnde qui existe entre la composition du mucus et cellè de nderme , la présence des villosités là où celui-ci est peu appat , portent à penser qu’en effet il manque profondément. D’un re côté, ceux qui l’y admettent citent les cas de renversement rectum , de l’intestin grêle , dans les anus contre nature , de natrice, etc., dans lesquels un épiderme distinct revêt à la gue ces parties ; ils se fondent encore sur les excrétions raemneuses, qui, selon eux, n’ont pas d’autre source. Ces raisons sont nullement péremptoires ; rien ne prouve que l’épiderme anus contre nature,’ par exemple, existe primitivement , et • il ne se forme pas en entier par suite du contact de l’air, îfant aux membranes rendues dans les phlegmasies de l’intestin,
ARTICLE III