‹ Anatomie générale : (volume 2)Chapitre 21 sur 27 · DES ONGLES · texte numérisé non relu

DES ONGLES

Tous les doigts ont, à leur extrémité, du côté ( l’extension, des lames dures, transparentes, élas; ques, de la nature des cornes de plusieurs anim.au: et qu’011 nomme les ongles.

de la vessie , etc. , l’analogie doit les faire regarder comme < pseudo-membranes du même genre que celles qui recouvr< dans la même circonstance l’œil , la bouche , le pharynx , e Cependant il serait possible qu’un épiderme très-mince , et q sa mollesse rendrait encore plus difficile à apercevoir , se renco trât sur les surfaces muqueuses profondes : cette première qtn tion ne peut donc guère être résolue autrement qu’elle ne l’a par Bichat , qui d’ailleurs penche beaucoup vers la négative.

La seconde mène à quelque chose, de plus positif. Dans p sieurs parties du système muqueux , il existe une ligne de c marcation bien tranchée entre la portion de ce système pla près de l’extérieur et celle profondément située. Celte ligne due à la présence de l’épiderme de la première , qui cesse où seconde commence. Faites bouillir la muqueuse de l’estomac celle de l’œsophage ; l’épiderme , soulevé sur cette dernièi formera bientôt un bourrelet répondant exactement à l’ouvi ture du cardia, et au delà duquel cet épiderme cessera de deve apparent. C’est même ce qui a fait dire cju’il y avait à cet endr une interruption dans le système muqueux , et que la muqüei de l’estomac n’était point une suite de celle de l’œsophage. M l’épiderme seul établit cette limite; le reste de la membrane continue parfaitement. Cela est si vrai, que, dans les animai la ligne de démarcation ne correspond pas toujours au cardi

ÉPIÜiERMOÏjDE.

§ Ier. Formes , Étendue , Rapports , etc.

Les ongles de l’homme diffèrent de ceux de la upart des autres animaux, d’abord par leur larur, ensuite par leur peu d’épaisseur. Sous le preier rapport, ils sont très-favorables à soutenir Sxtrémité des doigts, qui est plus élargie que dans aucoup d’animaux, pour la perfection du toucher ; us le second, ils paraissent moins propres à ser- ■: de défense ou de moyen d’agression.

La plupart des peuples coupent leurs ongles au veau des doigts, en sorte que la longueur que >us voyons à ces corps n’est pas celle qui leur est turelle. Abandonnés à leur accroissement, ils se ©longent en se recourbant du côté de la flexion, en couvrant entièrement l’extrémité inférieure s doigts. Cet accroissement a un terme déterminé

î souvent cette ligne empiète plus ou moins sur l’estomac , ïame le montrent des figures de Home, dans lesquelles on la t s’approcher de plus en plus de l’orifice pylorique , suivant pèce d’animal. La membrane muqueuse du vagin se comité de la même manière par rapport à celle de l’utérus; son derme finit au col de ce viscère , dont l’intérieur n’en est pas ins tapissé par une membrane muqueuse propre , ne différant la première que par cette circonstance , par une épaisseur indre et par la présence des villosités. Même disposition au de la vessie , comme le prouve l’expérience indiquée plus nt, faite sur ce viscère et sur l’urètre qui s’y insère. Cette narque s’applique , en général , à tous les conduits muqueux: o/erts à l’extérieur , et aboutissant à un réservoir membraneux,

(Béclard.)

que l’ongle ne dépasse point, et qu’il a atteint le1 qu’il présente à son extrémité un bord tranchan aigu : tant que ce bord offre l’aspect d’uye sectié l’ongle continue à croître.

L’habitude de couper nos ongles nous serm dans nos mœurs naturelles une chose de pure bi séance. Mais, pour peu qu’on réfléchisse à la soci< aux arts nombreux qu’elle a enfantés, à la perf tion, à la délicatesse, à la précision, à la rapic des mouvemens que les doigts sont forcés souv d’exécuter, à la nécessité de les rapprocher, de ' croiser de mille manières, etc., on verra bien que cet usage est presque inévitablement ami par l’état social, et que ce qui nous paraît un 1 est réellement un besoin. L’homme n’a , dans le naturel, qu’un toucher grossier et obscur; il fl seulement qu’il saisisse les objets destinés à nourriture, à sa défense, à ses agressions , etc., q grimpe surtout et qu’il s’accroche aux arbres pc s’y soutenir : or, ses ongles lui sont, sous ce r: port, d’un grand usage. Ce qu’il perd de ce cl dans la société, il semble le gagner par la précisio par l’étendue que prend son toucher, par la 1 culté qu’acquièrent les doigts de distinguer les qt1 lités tactiles les plus fines. Ses mains lui servaie beaucoup, dans le premier état, à la locomotior presque nulles pour cet usage, dans le secom elles gagnent, dans les mouvemens partiels de leu doigts, ce qu’elles perdent dans leurs mouvemei de totalité, qui deviennent d’un besoin moins u gent.

L’ongle a trois parties distinctes dans l’état 11;1

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el ; l’une postérieure, cachée des deux côtés par tégumens; l’autre moyenne, libre sexdement n côté; l’autre antérieure, sans adhérence des îx côtés.

ihâ portion postérieure de l’ongle est à peu près sixième de son étendue. Sa surface convexe ad- ■e assez intimement à l’épiderme, qui se compte de la manière suivante pour le fixer. Après ir recouvert la portion du doigt correspondant i flexion , il se réfléchit sur le bord conc'ave , où >eau finit et où l’ongle commence à devenir exeur; il forme communément tout autour de ce d une espèce de petit filet très-distinct qu’une ite rainure surmonte, et qui est manifestement t épidermoïde, puisqu’on peut le couper en alité sans un sentiment de douleur, et qu’il sê roduit ensuite facilement. Après avoir formé ce ;, qui représente une espèce de parabole, l’épitne se réfléchit encore, s’engage entre la peau l'ongle, se colle pour ainsi dire à la surface cone de ce celui-ci, sans se confondre* avec lui ; car peut l’enlever avec facilité, en raclant avec un ;pel : de cette manière, le derme, qui recouvre ortion supérieure, est véritablement entre deux es épidermoïdes. Après avoir ainsi fixé l’ongle, tant arrivé à son bord postérieur, l’épiderme Continue, s’identifie même pour ainsi dire avec eiord, dont l’amincissement sensible et la molle le rapprochent de la nature de cette lame anbraneuse. Il suit de là que, sans l’adhérence

(l’épiderme à l’ongle, il y aurait entre eux, vers >ord postérieur, une espèce de cul-de-sac. Quel-

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ques auteurs ont cru que le tendon extenseur prolonge jusque là; mais il est facile de voir qi ne va qu’au tubercule qui termine en arrière phalange. L’ongle ne se prolonge point jusqu’à tubercule : un espace de trois lignes reste entre ei La surface concave de la portion postérieure l’ongle correspond à la même substance que la p< tion moyenne.

Cette portion moyenne est à nu par sa surf convexe-, laquelle est lisse, blanchâtre en arriè: où cette couleur forme une espèce de demi-lui rougeâtre dans la plus grande partie de son été due; couleur qui lui est étrangère, et qu’elle d au tissu subjacent. Sur les cotés, la peau recon un peu cette surface, et se termine ensuite en cc tinuant le bord concave et libre dont nous av( parlé. L’épiderme forme aussi, en cet endroit, j petit filet qui fait suite de chaque côté à celui diqué plus haut; puis il s’unit à l’ongle, et adb à ses bords latéraux, avec lesquels il s’identifie. ! surface concave de cette portion moyenne est fn en devant par l’épiderme, lequel, après avoir 1 pissé l’extrémité des doigts, et être arrivé à l’< droit où l’ongle cesse d’être libre , se détache | derme, et vient lui adhérer le long d’une li£ courbe; puis, en se confondant avec lui, il sem former sa lame interne. Le derme, au contraire, continue sur la convexité de la dernière phaïaiij y prend une consistance remarquable, un asp rougeâtre, une texture comme pulpeuse et toi différente de celle qu’on lui observe ailleurs; p de vaisseaux le parcourent; aucune aréole n’v

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iistincte, aucun prolongement ne passe de lui à la rrface de l’ongle, avec lequel l’épiderme fait corps, an ne voit point à cette surface, comme à celle des litres parties de l’épiderme, ces filets, restes des îhalans rompus, et dont nous avons parlé : aussi jj. sueur ne traverse-t-elle jamais l’ongle. Il ne se it pas non plus de suintement huileux sur sa surce : d’où il résulte que l’eau ne se ramasse point a gouttelettes à l’extérieur de ces lames cornées, ’après cela, l’ongle est évidemment isolé de tous is organes autres que l’épiderme, avec lequel il se bntinue à sa face concave, et spécialement à ses iords postérieur et latéraux. Aussi remarquez que, |>rsque des dépôts ou autres affections ont rompu îtte continuité en arrière ou sur les côtés, l’ongle, uoique intact au milieu , ne tarde pas à tomber en italité (i).

(i) Malgré les détails fort étendus dans lesquels Bicliat vient entrer pour montrer les connexions de l’ongle avec le reste de i peau, je crois utile d’ajouter ici quelques mots à sadescripon. L’ongle, production cornée de la peau, est Lien distinct ï l’épiderme qui recouvre la peau des doigts , et lui est évidement sous-jacent à son extrémité adhérente. Il est immédiatement mpliqué sur le derme par sa face profonde; et offre même, à cet Ifet, sur cette face un certain nombre de sillons longitudinaux , ans lesquels sont logées les séries longitudinales des papilles, ; ir lesquelles il se développe. Sa face superficielle est recouverte 1 arrière par un prolongement épidermique, prolongement îi ne se rencontre plus en avant, où il est détruit par les frotle- * ens ; son extrémité libre est plus ou moins allongée ; elle a de tendance , lorsqu’elle est abandonnée à elle-même , à se re— aurber en crochet vers la pulpe du doigt ;.son extrémité pos-

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La portion libre ou antérieure cîe l’ongle a ni longueur qu’il est difficile de déterminer. Je ne 1’ jamais vue abandonnéeà son accroissement nature Seulement j’observe que, si on la laisse un peu gra, dir, on voit manifestement qu’elle a une épaisseï plus considérable que la portion postérieure que la moyenne. En général, l’épaisseur, la rési tance et la dureté de l’ongle vont en augmentan d’une manière graduée, de la partie postérieure l’antérieure : nous allons voir à quoi cela tient.

§ II. Organisation, Propriétés , etc.

Pour bien observer l’organisation des ongles, faut en prendre qui soient un peu marqués, comn ceux du gros orteil, du pouce, etc. On distingi alors manifestement qu’une lame unique occiq toute leur surface convexe. En arrière cette lan

térieure et la moitié correspondante de Ses bords sont enfoncé dans un sillon cutané, que l’on est convenu d’appeler matrice \ l’ongle ; expression impropre cependant, et qui tend à indui en erreur relativement à la formation de l’ongle , comme j’arn occasion de le faire remarquer plus tai’d. Pour former cette pn tendue matrice de l’ongle , voici d’ailleurs comment la peau comporte : elle s’avance, dans l’étendue de deux lignes enviroi sur la face convexe de l’ongle ; puis elle se retourne en s’ado: sant à elle-même; près de l’extrémité adhérente de l’ongle, derme de la peau passe sous celui-ci, et y acquiert une remarquai) vascularité, tandis que l’épiderme se réfléchit sur le dos de l’oi gle, l’accompagne pendant quelque temps, et disparaît , nom s’identifiant avec lui , comme le croyait Bichat, mais parce qu est usé et détruit par les froltemens» (F .Blandin.)

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xiste seule; de là l’extrême ténuité des ongles en et endroit. Mais à mesure qu’on avance en devant, n voit des lames nouvelles s’y ajouter successivement à la surface concave ; en sorte que l’ongle va Liccessivement en s’épaississant. Ces lames peuvent enlever facilement couche par couche. Les plus anîrieures sont les plus courtes. Souvent elles offrent, tir la surface concave de l’ongle, une infinité de etites stries très-marquées, toutes longitudinales t parallèles, et qui feraient, pour ainsi dire, attriuer à celui-ci une texture fibreuse : d’autres fois 2tte disposition est moins sensible (i).

De quelle nature sont les lames qui forment les ngles ? Je crois qu’elles sont presque identiques à spiderme. Ce qui le prouve, i° c’est que la plus

(1) Il existe une erreur réelle dans ce passage : en effet , les îgles sont Lien formés de coucLes superposées et se recouvrant ir imbrication ; leurs lames sont , à la vérité , comme BicLat le marque, nombreuses en avant, tandis qu’en arrière une seule se ncontre : mais ce n’est pas sur la face convexe de l’ongle que m trouve une lame unique ; au contraire, c’est au niveau delà ce adhérente. Pour s’en convaincre, il suffit de porter son atntion sur l’ongle du gros orteil , dont le développement est condérable, et surtout de l’observer sur quelques-uns de cesmalheuux infirmes qui pendant long-temps ont négligé de couper cet îgle , et chez lesquels il a pris par suite un accroissement très— •and ; car alors il est facile de constater sur la face dorsale de :tte production cornée , l’échelonnement successif des lames disses qui ont été , de plus en plus , repoussées en avant par la >rmation de nouvelles couches sur la surface du derme ; comme, ir la surface extérieure des cornes des taureaux , on peut même ;timer, jusqu’à un certain point, le nombre des lames emboîtées, es lames des ongles ont toujours les mêmes dimensions, parce ANAT. GÉN. T. IV. 3i

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superficielle se continue manifestement avec lu par ses bords; il n’y a aucun agent intermédiaire entre eux. a0. J’ai déjà observé que les ongles se détachent, puis se régénèrent exactement comme l’épiderme. Ils ont deux modes d’accroissement l’un suivant la longueur, lorsqu’on en coupe l’extrémité; l’autre suivant l’épaisseur, lorsqu’on ei détache seulement une lame, qui se reforme bien tôt. Quand l’ongle tombe en totalité, toute la por tion du derme qui recouvre le dos de la dernièr phalange concourt en même temps à en former ut nouveau par sa surface externe. 3°. Même obscurit dans la vitalité des ongles que dans celle de l’épi derme. Aucune trace de sensibilité animale ne s’ manifeste. Les atroces douleurs qu’on éprouve pa leur arrachement dépendent uniquement de la sen sibilité du tissu pulpeux subjacent; c’est comra dans le tiraillement des cheveux. Point de sensibilitf organique, point de circulation intérieure, par coii séquent point de chaleur inhérente, dans le tiss des ondes : aussbles cornes des animaux sont-ellé

presque au même degré que l’atmosphère, tand que certaines productions extérieures, à forces vi taies prononcées, quoique s’élevant à la manièi

ue toutes se sont formées sur un même moule , dans une mên matrice , représentée par cette portion du derme de la peau dj doigts qui s’étend depuis le sinus que l’on désigne ordinain ment sous le nom de matrice onguéale jusqu’à l’extrémité lib du doigt. Les ongles de la main se prêtent moins facilement ces observations que celui du gros orteil , mais ils sont absolu ment dans le même cas. ( F. Blandin. ) |

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les cornes, ont une température égale à celle du :orps : telles sont la crête du coq de nos pays, celle dus marquée du coq d’Inde. Comparez à ces ex- ;roissances celles des pâtes de ces animaux, qui sont ;ornées; la différence de température est sensible. 1°. Les ongles donnent en brûlant une odeur désigréable, analogue à celle de l’épiderme dans la nême circonstance; ils présentent alors les mêmes ihénomènes. Leur combustion est entretenue, omme celle de l’épiderme, par une huile qui s’y nanifeste en grande proportion. 5°. Si la macéraion et la coction ne produisent point sur les ongles :e défaut de consistance, cette espèce de fragilité, i je puis m’exprimer ainsi, quelles déterminent sur épiderme, cela paraît tenir uniquement à leur olidité plus grande. G0. L’action de l’acide nitrique, lu sulfurique, etc., sur ces Organes, m’a présenté

peu près les mêmes phénomènes que sur l’épi- 'lerme (i).

Tout paraît donc établir la plus exacte analogie le composition, d’organisation et de propriétés,

' (i) Sans doute il y a beaucoup d’analogie entre les lames pidermiques et celles des ongles, car les unes et les autres sont es produits de l’organisation , niais des produits qui ne jouissent n rien des propriétés de celle-ci, et qui sont essentiellement irmées de mucus desséché; mais l’ongle prend naissance plus rofondément que l’épiderme , c’est une expansion du corps mu— ueux ; on trouve réunies en lui les couches albides superfîcie’le t profonde du do teur Gautier, et aussi la couche de pigmenumde la peau , toutes parties qui n’entrent pas dans la compoition de l’épiderme. (F. Blamdin.)

entre les ongles et F épiderme. Sans doute il y a entre eux des différences de principes, puisque l’apparence n’est point la même, puisque, quoique plusieurs couches épidermoïdes soient juxta-posées, comme à la plante des pieds et à la paume dej mains, elles ne présentent point la forme et la texture des ongles; en sorte qu’on ne peut point considérer ceux-ci comme de simples lames d’épiderme appliquées les unes sur les autres (1). C’est aux

(i) Malpighi regardait les ongles comme un produit du dessèchement des papilles du derme. Ludwig a dit que c’était de h substance nerveuse desséchée. L’examen des parties cornées des animaux montre qu’ils sont formés par une substance cornée d( la meme nature que celle qui constitue les sabots , les cornes , le: écailles , etc. , de divers animaux. L’épiderme ne fait que recouvrir ces parties , qui appartiennent toutes à la couche cornée qu lui est subjacente : quand il manque à leur surface , c’est que 1( frottement l’a détruit , ou qu’il se confond avec leurs lames superficielles , comme on le voit , en particulier , pour les ongles.

Considérés chez les animaux , ceux-ci sont de deux espèces. *°. Il en est qui ressemblent à ceux de l’homme, ce sont les onguiculés ; 2° d’autres en diffèrent par leur disposition, et onl reçu le nom d 'ongulés ; ils comprennent les sabots de divers quadrupèdes. On pourrait y joindre les cornes, dont l’origine est absolument semblable à celle des ongles et des sabots. Cependant il faut distinguer parmi celles-ci les cornes des cerfs , plus particulièrement ^désignées sous le nom de bois , et les cornes proprement dites , ou celles des ruminans. Les premières sont entièrement osseuses , et soulèvent la peau , au lieu de siéger à la surface de cette membrane : les secondes seules appartiennent à cette surface ; seulement elles surmontent ordinairement des prolongemens osseux, auxquels elles servent, pour ainsi dire, de gaines. Les ongles de l’homme ne sont point colorés ; ceux des

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chimistes à nous faire connaître ces différences, qui sont certainement très-légères. Aussi la nature emploie-t-elle souvent indifféremment les deux organes aux mêmes usages : c’est ainsi qu’à la plante du pied de l’homme et de plusieurs espèces analogues il y a un épais épiderme , tandis qu’aux pieds des animaux à sabot on voit une substance cornée de la nature de l’ongle humain.

Une preuve manifeste du peu de mouvement intérieur qui se passe et dans l’épiderme et dans les angles, de l’espèce d’inertie où ils restent sous le rapport du mouvement habituel de composition et de décomposition qui constitue la nutrition, de 'insensibilité qu’ils opposent aux divers excitans,

inimaux et leurs cornes le sont au contraire assez souvent ; leur natière colorante paraît résider, en général, dans la substance :ornée elle-même.

Les ongles et les cornes se forment par le meme mécanisme. Lorsqu’une corne est arrachée sur un animal , les papilles émi— lemment vasculaires qui ont été mises à nu versent une matière luide qu’on peut voir d’abord filer entre les doigts , si l’on peut l’exprimer ainsi , et qui s’épaissit et s’endurcit ensuite par degrés : iu dessous de cette première couche , il s’en fait bientôt une seconde qui pousse celle-ci, puis une troisième, et ainsi de uite, de sorte qu’une nouvelle corne résulte de cet emboîtenent successif ; cette corne continue à croître à sa base de la nëme manière, les nouvelles couches poussant toujours les nciennes. Or , la même chose se remarque daus les sabots , ainsi pie dans la reproduction des ongles chez l’homme. La forme eule diffère , parce que les parties sécrétant le fluide sont diverement configurées. Quand l’ongle vient à être arraché , les pa— >illes, après avoir saigné abondamment , et paraissant à nu

c’est la facilité avec laquelle ils se pénètrent des diverses substances colorantes, et les retiennent pendant un temps très long. On connaît cet effet relativement aux ongles des teinturiers. L’histoire des différens peuples sauvages nous en montre une foule se peignant la figure, différentes parties du corps, souvent même la totalité de la surface extérieure, et conservant pendant très-long-temps, sans une couche nouvelle, la couleur qu’ils se sont artificiellement donnée. Sur le cadavre d’un individi qui s’était coloré en bleu la peau du bras , j’ai fai soulever l’épiderme de cette partie; la couleur bleu< ne régnait pas seulement à la surface de la mem j brane, mais la pénétrait en totalité, comme un ling< qu’on y aurait trempé : cependant les pores étaien

quoiqu 'ayant encore au dessus d’elles la couche albide profonde se recouvrent d’une lame molle , blanchâtre ,. dont la consistam augmente graduellement; puis de nouvelles lames se produise! au dessous , d’autant plus courtes qu’elles sont plus éloignées c la racine , et donnent au nouvel ongle l’épaisseur qu’il doit avoii L’accroissement ultérieur dépend de ce que de la substance corn» est versée continuellement à l’extrémité de chacune des lame.< ce qui fait que la totalité de l’ongle est poussée en devant. 0 peut comparer ce mode de développement à ce qui se passe dai le ver à soie , dont le fluide , sans cesse reproduit à mesure qu prend de la consistance, pousse sans cesse au-devant de lui fluide qui l’a précédé. Ainsi l’ongle croîtrait indéfiniment s n’était habituellement coupé , ou usé par les frottemens.

Les stries longitudinales que les ongles présentent à leur sui face ne sont point l’indice d’une structure fibreuse; ces stri paraissent dépendre de l’arrangement des papilles subjacente

( Béclard. )

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ensibles comme auparavant, et la transpiration jouvait s’opérer. Je présume que cette fonction se ait comme à l’ordinaire chez les sauvages qui se >eignent la peau : ainsi le linge qu’on plonge dans me teinture n’a-t-il point ses pores bouchés par ■lie. Je puis me servir de cette comparaison, puispie l’épiderme et les ongles sont vraiment des es- Lièces de corps inorganiques. Mettez un organe pielconque à découvert et peignez-le ainsi ; la coueur l’irritera, l’enflammera, conjointement avec le contact de l’air, et la suppuration née de cette nflammation rejettera bientôt au dehors les moé.cules colorantes, qui le seraient d’ailleurs par la autrition , si elles ne l’étaient par l’inflammation. Il îst cependant un moyen qui peut perpétuer la lurée de la coloration , même sur des organes qui , très-sensibles, comme la peau, sont habituellement sujets au double mouvement nutritif : c’est d’employer les couleurs avec un fer rougi. C’est ainsi ^ue je me suis assuré que les lettres ou les figures colorées que la plupart des soldats se gravent, avec une épingle rougie, sur la peau, qui les retient trèslong-temps, ont leur siège, non-seulement dans l’épiderme , mais aussi dans le chorion lui-même.

Développement.

Les ongles ont déjà chez le foetus une consistance très marquée, que la peau est encore pulpeuse; mais leur ténuité est alors extrême. Ils épaississent et deviennent plus consistans à mesure que le foetus grossit .A la naissance, ils n’ont point une longueur

proportionnée à celle que par la suite ils sont destinés à acquérir. Ils ne dépassent pas l’extrémité des doigts, qui souvent se prolongent plus loin; eu sorte que ce n’est qu’après la naissance qu’ils acquièrent cet excès de longueur et cette disposition recourbée , qui sont inutiles dans le sein de la mère, puisque le foetus n’y saisit rien. Leur transparence laisse manifestement voir, à l’instant de l’accouchement, d’abord la couleur noire du sang qui circulait auparavant dans les artères, puis la couleur ver meille que lui donne presque subitement la respiration. A mesure qu’on avance en âge, les ongles croissent dans les mêmes proportions que l’épiderme, mais ne présentent, du reste, rien de particulier dans leur accroissement. Chez les vieillards, ils deviennent extrêmement épais ( i).

(i) L’accroissement des ongles est un point d’anatomie fort curieux, et qui a souvent été mal compris et mal expliqué par les auteurs. Cet accroissement est tout-à-fait semblable à celui des cornes des taureaux', des béliers, etc. ; il se fait par addition de couches successives à l’intérieur des premières formées , et de telle façon , que celles-ci sont sans cesse soulevées et poussées en avant vers l’extrémité libre de l’ongle. Observez, en effet, ce qui arrive lorsqu’un ongle est tombé à la suite d’un panaris sousonguéal simple : d’abord le corps papillaire sous-jacent à l’ongle, véritable matrice de cette lame cornée , est à nu , circonstance qui est la source de vives douleurs pour le malade ; bientôt une matière muqueuse sécrétée parles papilles se durcit a leur surface , et forme un ongle mince, transparent , et qui ne garantit encore qu’incomplètementle doigt contre les influences extérieures; alors, en effet , cet ongle n’est formé que d’une seule lame recourbée légèrement près de l’extrémité terminale du doigt , comme la

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Ces organes n’éprouvent pendant la vie que des Maladies analogues à celles de l’épiderme. Ce sont les excroissances, des augmentations de volume, etc., ît d’autres productions dont le tissu est absolument

natrice sur laquelle elle s’est moulée ; mais bientôt une seconde ame, une troisième, une quatrième, etc., sont sécrétées succesivement sous la première , elles la soulèvent, et en s’emboîtant [ans son extrémité antérieure recourbée, elles la poussent succesivement en avant, et en même temps font sortir l’extrémité oppoée de la dépression ou sinus cutané qui la recevait d’abord. En n mot, l’ongle est une corne qui ne garnit qu’une partie de la irconférence de l’extrémité terminale des doigts. Or, son accroisîrnent est semblable à celui d’une corne de taureau, que des circonstances particulières auraient forcée à se développer seulement rr un des côtés de l’axe osseux qu’elle entoure ordinairement, eaucoup de personnes se sont figuré que l’ongle prend son oriine uniquement dans la dépression cutanée qui se trouve à sa ase ; mais l’erreur ici est évidente, et deux choses ont concouru la propager : i° le nom d e matrice onguéale , improprement atibué au repli de la peau qui entoure l’ongle; 20 l’observation e ce qui arrive lorsque l’ongle est tombé à la suite de certaines laladies connues sous le nom d ’onyxis, ongle entré dans les chairs; ms ce cas , souvent on voit végéter du fond de la prétendue ■alricc de l’ongle , des lames , quelquefois des filamens cornés ui entretiennent l’inflammation du doigt par l’irritation que déminent leur extrémité irrégulière. Vainement alors arrache— -ou ces végétations; elles se reproduisent continuellement,

. deviennent une cause continuelle d’irritation et de douleurs ; ndis que cet état cesse, au contraire, promptement lorsqu’à aide de la cautérisation , ou par une ablation , on a détruit le :pli cutané onguéal.

IMais loin de déposer contre la théorie de l’accroissement des igles que nous avons proposée , les phénomènes précédens la rtifient d’une ipanière toute particulière. Eu effet, à la suite

le même que celui de l’ongle, où il n’y a ni plus de sensibilité, ni plus de circulation, ni plus de chaleur, ni plus de vie; caractère remarquable qui les distingue des tumeurs qui naissent sur les autres organes à vitalité très-active, comme sur la peau.j sur les muscles, etc., tumeurs dont le tissu ne ressemble point à celui des organes qui les ont pro duites, et qui, le plus souvent, ont un mode dt propriétés tout différent. Ainsi les excroissance; épidermoïdes sont-elles en tout analogues à l’épiderme (i).

de l’onyxis compliqué, l’inflammation ayant détruit l’organisa tion des papilles sous- onguéales , la matière d’un nouvel ongl n’est plus secrétée de ce côté; seules, les papilles cachées dan le repli cutané qui n’est pas toute la matrice de l’ongle, mai qui cependant en fait partie , sont encore intactes quelquefois, « seules aussi dans ce cas elles peuvent sécréter, non point unongl complet , car pour cela il faut l’intégrité de toute la matric onguéale , mais des filamens cornés, qui n’offrent ni la forme, i l’étendue de l’ongle, et dont l’ablation est nécessaire à la gué rison du malade; tout cela n’aurait point lieu, si l’ongle entier s formait dans le repli qui en entoure la base. (F. Blandin. )

(i) anatomie pathologique du système épidermoïdi

Les parties comprises dans ce système n’ayant point, proprement parler , d’organisation , ne sont sujettes qu’à 11 petit nombre d’altérations, qui même ne leur sont point inb< hêrentes, et tiennent uniquement aux changemens qu’éprou’ la vitalité de la peau, leur support commun. Il en est de ci parties comme des dilférens liquides versés sur les surfaces mi queuses , séreuses, synoviales, etc., et dont les altératio dépendent entièrement de celles des organes qui les fournisser

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L’épiderme s’épaissit ( voyez page 44 5 ) s s’amincit , se soulève la surface du derme, se détruit par diverses causes déjà exa— linées pour la plupart. Il prend la forme de vésicules , d’ampou- ;s, d’écaillesfurfuracées , de larges plaques, lorsqu’il est soulevé u presque entièrement détaché. Sa reproduction, ordinairement icile, devient quelquefois impossible par la vive irritation dont : peau est le siège , comme dans la brûlure , le pempliigus chroique, et alors les malades souffrent beaucoup, le corps muqueux ant à nu. D’autres fois la peau, rouge, tuméfiée, fournit, au eu du fluide qui lui donne naissance, une matière croûteuse, railleuse , jointe à un fluide séreux suintant en abondance , imme on le voit dans certaines espèces de dartres.

Les excroissances des ongles ( voyez page 489) sont surtout équentes dans les dartres sèches , où la peau prend cette appa— ence qu’on a comparée aux lichens des arbres , où l’épiderme épaissit, se fendille dans diverses directions. Elles surviennent □core aux orteils , par une cause analogue à celle qui y produit •s cors. Dans quelques cas , elles semblent dues aux progrès de âge.

Les ongles deviennent mous , cassans , chez les individus :rophuleux , chez les teigneux. Ils présentent en outre , dans ertains cas , une altération particulière que les auteurs ne me araissent point avoir décrite. Elle consiste dans une sorte d’inflammation chronique de la peau qui entoure la racine de ongle : un cercle brun , douloureux à la pression , se forme en et endroit; l’ongle devient en même temps mince et comme aembraneux. Buzzi a cité quelques exemples de cette affection, jue j’ai observée plusieurs fois chez les enfans , et quelquefois ur des adultes.

L’expression très-impropre d 'ongle entré dans les chairs sert . désigner un état dans lequel la peau environnant l’ongle sur les )ords ou près de son extrémité le dépasse et s’avance plus ou noins sur sa face libre. Il en résulte des douleurs plus ou moins ligues par la pression qu’exerce le bord tranchant de l’ongle, dette incommodité n’arrive guère qu’au gros orteil , où la cons- .riction des chaussures la détermine souvent. L’arrachement de l’ongle en est le remède le plus efficace. (Bçclard.)

L’adjectif par lequel je caractérise ce System | dérive du substantif latin qui exprime les organe dont il est composé. Les poils se trouvent moin généralement répandus sur l’homme que sur la phi part des animaux. Ils forment chez 'ceux-ci un espèce de couche extérieure à la peau , qui , amoi tissant en partie le contact des corps extérieurs fait que la sensibilité animale cutanée joue un rôf moins important, et établit des rapports moin nombreux entre ces corps et eux. La vie extérieur est donc, sous ce rapport, plus rétrécie chez eu que chez l’homme, où un épiderme mince et dtj

(t) Les poils, comme l’épiderme, comme les ongles, etc. sont des produits de l’organisme, placés conséquemment e dehors de lui , et totalement étrangers intrinsèquement au phénomènes si variés et si remarquables de la vie ; ces faits , au jourd’hui connus de tous les savans, ne permettent plus d placer sur deux lignes parallèles les systèmes cellulaire , vascu laire, nerveux, etc., et les parties épidermoïdes, pileu ses, etc. , comme Bichat l’a fait dans Y Anatomie générale ; le poils, en particulier, sont des produits de sécrétion de certaine portions modifiées de la membrane tégumentaire , comme je 1 montrerai pins loin. (F, Blandin. )

PILEUX

pileux. 49 3

oils rarement disséminés, séparent l’organe du ict des objets environnans, dont la moindre imression est ressentie, et qui tiennent, à cause de la, dans une activité permanente la sensibilité uimale : aussi l’homme est-il naturellement destiné vivre plus au dehors qu’au dedans de lui. Les laisirs relatifs à la reproduction et à la digestion imposent exclusivement le bien-être des animaux, [elui de l’homme en est aussi en partie le résultat; sais un ordre de plaisirs tout différens, purement itellectuels et uniquement relatifs aux sensations ctérieures , agrandit immensément par sa présence il rétrécit par son absence le champ de ce bienre.

i Les poils de l’homme recouvrent spécialement le •âne, quelques parties de la face, le devant du onc , les parties génitales , les membres , etc. Leur îantité varie singulièrement , ainsi que leurs fores , leur longueur , etc. Pour en avoir une idée rncte , nous allons les considérer isolément dans s diverses régions ; puis nous traiterons de leur •ganisation générale , de leurs propriétés et de ur développement.

ARTICLE PREMIER

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