‹ Anatomie générale : (volume 2)Chapitre 22 sur 27 · XAMEN DU SYSTÈME PILEUX DANS DIVERSES RÉGIONS · texte numérisé non relu

XAMEN DU SYSTÈME PILEUX DANS DIVERSES RÉGIONS

On peut envisager ce système à la tête , au tronc ; aux membres.

§ Ier. Système pileux de la Tête.

La tète est la partie du corps où ce système es prédominant : il recouvre tout le crâne et formi sur lui une couche qui le défend contre l’impres sion des corps extérieurs, comme l’enveloppe pi leuse générale des quadrupèdes garantit leur corps Aussi cette partie est-elle celle qui est la moins sus ceptible d’exercer le toucher, soit par l’obscurit qui naît de cette couche pileuse pour la sensibilit animale, soit par sa forme convexe, qui ne lui per met d’être en contact avec les corps que par un petite surface.

La face est moins généralement recouverte d poils, quoiqu’on y en trouve encore beaucoup! chez l’homme surtout. Cette partie, où dans 111 très-petit espace se trouve réuni le plus grand nom, bre de nos moyens de communication avec les ob jets extérieurs, savoir les organes du goût, de l’cj dorât, de la vue et de l’ouïe même, n’appartieni que très-peu au sens du toucher, à cause de sa dis position villeuse. Sa forme même est peu favorabl à ce sens. La bouche, qui est aplatie, ne peut s’apj pliquer d’elle-même aux corps extérieurs : aussi tandis que le museau, qui est allongé dans la pli part des quadrupèdes , remplit chez eux la doubl fonction de toucher d’abord tous les corps, de le tourner, de les retourner en divers sens pour con naître leurs qualités tactiles, puis de les saisir pou s’en nourrir, la bouche de l’homme ne sert qu’à c

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ernier usage ; ce sont ses mains qui sont destine'es u premier. Aussi voyez tous les animaux, même la îupart des clavicules, diriger presque constamment leur museau vers la terre, tandis que la bouhe de l’homme est naturellement destinée à une ttitude opposée.

Des Cheveux.

Ils occupent sur le crâne tout l’espace qui corpspond à l’occipital, aux pariétaux, à la portion câbleuse des temporaux , et à une petite portion > u frontal. Les limites qui les circonscrivent ne valent point sur les côtés; elles correspondent tou- )urs au-dessus de l’oreille. En arrière, elles se promgent quelquefois sur la partie supérieure du cou;

I autres fois, elles ne dépassent pas la tête. En apliquant les vésicatoires à la nuque, on remarque, mus ce rapport, presque autant de variétés que de ijets. On sait combien ces limites sont variables a devant. Tantôt prolongées plus bas , tantôt étalies plus haut, quelquefois décrivant une ligue ourbe, d’autres fois un véritable triangle dont la ointe antérieure correspond à la ligne médiane, Iles n’ont rien absolument de constant.

Ce sont ces inégalités qui déterminent exclusiveîent la largeur ou le rétrécissement du front, tanis que ses degrés divers d’inclinaison appartiens ent uniquement à l’os qui le forme. C’est sous ce apport que les cheveux contribuent un peu à l’exression de la figure : je dis un peu, car c’est moins la largeur du front qu’à sa direction approchant

système

de la perpendiculaire , que nous attachons les idées de majesté et de grandeur qui caractérisent les héros et les dieux : les poètes ont célébré surtout comme on le sait, le front du maître du tonnerre Remarquez, à ce sujet, qu’il y aune grande différence entre ce qui exprime la majesté ou l’abjectior dans la face, et ce qui y sert à l’expression des pas sions. Ce sont la structure osseuse de cette régior et le degré d’inclinaison résultant de cette structure qui servent au premier usage : ce sont spécialemen les mouvemens musculaires qui concourent au se cond. Pourquoi? parce que la majesté, la gran» deur , etc., s’allient spécialement à l’étendue de l’in telligence, que l’intelligence a son siège dans le cer veau, et que les capacités diverses du crâne’, qu logent cet organe et qui correspondent à ses degré divers de développement, influent inévitablement sur les dimensions diverses de la face. Or , connu la structure osseuse est une chose constante e invariable , l’air de majesté ou d’abjection reste con! stamment imprimé sur la face. Au contraire , le passions, qui affectent spécialement les organe épigastriques , lesquels excitent ensuite les muscle faciaux, ont nécessairement une expression fugi tive. 1

Le nombre des cheveux est singulièrement vï1 riable sur la même surface. Chez les uns, ils son très-serrés et même ils se touchent tous ; chez d’au très, plus rarement disséminés, ils laissent en par tie voir la peau du crâne dans leurs intervalles circonstance qui dépend, ou d’une conformatio: primitive, ou d’une maladie qui les a fait tombe

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în partie. Ils ont, comme les ongles, un accroisselient déterminé qu’ils ne dépassent point (1). Nous :onnaissons peu le terme de cet accroissement : on es a vu aller jusqu’à la ceinture, aux cuisses, aux ambes mêmes. U paraît que chez les femmes ils ont

(1) Les ongles et les poils croissent, au contraire, d’une maière indéfinie ; seulement à une certaine époque leur allongement devient moins rapide , quoique toujours continu. Tout ela résulte de l’organisation même delà matrice des uns et des utres : déjà j’ai décrit cette organisation dans les ongles; pour ;s poils , elle sera indiquée plus bas. Or il a été facile de remaruer que jamais, quelque développement que l’on suppose à ongle , sa matrice ne se trouve comprimée et gênée dans ses motions; que jamais par conséquent, à moins de maladies ou 'autres circonstances anormales, elle n’est mise, parle fait de accroissement de l’ongle , dans l’impossibilité de sécréter de onvelles couches de matière cornée en dedans des premières ; u’ ainsi cette sécrétion continue, et que l’ongle s’accroît par leméunisme indiqué plus haut. Les dents de l’homme , qui s’accroisnt , comme les ongles et les poils , c’est-à-dire par addition de mehes sécrétées à l’intérieur, ont une papille ou matrice sposée autrement que la leur , et le terme de leur accroissement t bornée. Cette papille dentaire , en effet , est soutenue par un: 'dicule rétréci, vers lequel s’avancentles couches de la dent. De' sorte , enveloppée bientôt de toutes parts, elle ne peut plus ac— oître la dent qu’aux dépens de la cavité de celle-ci ; mais le-même , d’abord à l’aise dans la cavité qui la protège , ne rde pas à y être comprimée et atrophiée , comme je l’ai déjè> it remarquer plus haut; et successivement, la dent cesse de croî— e , elle devient vacillante , et abandonne son alvéole. Ainsi cej :ux faits, l’accroissement défini des dents, l’accroissement indé— îi des ongles et des poils , bien que contraires , se fortifient ciproquement , et reconnaissent évidemment pour cause, l’un l’autre, une disposition spéciale , mais différente , dans les deux s, de la partie qui produit. (F. Blandin.)

Anat, GÉN. T. IV.

un plus grand accroissement : on dirait que la na ture a donné à ce sexe, de ce côté, ce qui lui man que sous le rapport des poils de plusieurs autre: parties. Flottans sur les épaules, la poitrine, 1< tronc, etc., ils forment, dans l’état naturel, un< espèce d’abri contre les injures de l’air et de la lu mière. Leur étendue prouve évidemment la desti nation de l’homme à l’attitude bipède. En effet dans l’attitude quadrupède , ils traîneraient de beau coup à terre, et mettraient un obstacle aux mou vemens : aucun animal , dans son attitude naturelle n’a, je crois, les poils aussi gênans pour la progrès sion, que l’homme aurait alors ses cheveux.

L’homme, qui dénature tout, s’est fait une ha bitude, datas la plupart des sociétés, delà sectioi des cheveux, de la barbe, etc. Pour le vulgaire c’est une affaire de mode; pour le médecin, c’est ui usage qui influe peut-être plus qu’on ne le croi sur les fonctions. En effet, dans l’état naturel, un fois que le système pileux a acquis son accroisse ment, il ne présente plus que le mouvement habi tuel de composition et de décomposition. Au cor traire, chez l’homme qui le coupe, il est habituelle ment le siège et de ce mouvement et de celui d| l’accroissement. Cet usage perpétue donc les phy nomènes qui s’y passent dans l’enfance , et y appel! par conséquent un travail plus actif, qui peut-êtr se fait aux dépens de celui de beaucoup d'autre parties.

La différence de nature dans les cheveux infini beaucoup sur leur longueur; ceux qui sont lisse et qui frisent peu ont en général le plus de lot.

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gueur. Pins ils ont des caractères opposés, et plus ils se raccourcissent, comme le prouvent ceux des nègres et ceux des blancs qui sont crépus comme les leurs, etc.

La ténuité de ces organes est très-grande; cependant ils offrent une résistance proportionnellement Itrès-considérable : il n’est aucune partie dans l’écoaomie, sans excepter même le système fibreux, jui soutienne un poids aussi fort, en proportion, le son volume. Aussi les cordes tissues de cheveux Dffriraient-elles une énorme résistance, si ceux-ci étaient assez longs pour être employés à divers .1 sages.

La couleur des cheveux varie singulièrement, sui- /antles pays, les latitudes, les climats, les tempe- -atures, etc. Cette couleur est même, comme celle le la peau, un attribut caractéristique des races illumines. Les naturalistes s’en sont beaucoup oc- ;upés sous ce rapport : je renvoie à leurs ouvrages.

Dans nos climats, les couleurs principales sont e noir, le blanc et le ronge de feu. Ce sont pour linsi dire trois types généraux auxquels se rapporte me foule- de nuances particulières : le noir a sous i ui le brun, le châtain, etc. ; le blond va d’un côté usqu’au rouge de feu par la nuance qu’on nomme : .ommunément blond hardi, de l’autre côté jusqu’au :hâtain clair; le rouge de feu, qui touche le blond

t>ar une de ses nuances extrêmes, va par la nuance >pposée jusqu’à la couleur naturelle à certaines lammes.

Tous les médecins ont fait entrer la couleur des :heveux parmi les caractères des tempéramens : le

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noir est l’expression de la force et de la vigueur; une figure d’athlète avec des cheveux blonds serait presque ridicule. Ces derniers sont l’attribut de la faiblesse et de la mollesse : ils flottent sur la tète des figures que les peintres ont rendues étrangères aux ; grandes passions, aux choses fortes et héroïques; ils se trouvent sur les figures des jeunes gens, dans les tableaux où les ris , les jeux , les grâces et la volupté président aux sujets qui y sont exprimés. Ces deux couleurs, le noir et le blond, ainsique leurs nuances secondaires, se trouvent distribués chez les femmes en proportion presque égale : or, réfléchissez à l’espèce de sentiment que ce sexe vous inspire suivant celle qu’il a en partage, et, abstraction faite de toute autre considération , vous verrez qu’une femme blonde fait naître un sentiment que semblent dicter la beauté et la faiblesse réunies. Les éphithètes que nous lui donnons expriment même ce double attribut. Au contraire, l’expression de brune piquante annonce, dans celle qu’elle désigne, un mélange de force et de beauté. La beauté est donc un don commun qui nous attire, mais qui, modifié diversement par les formes extérieures, nous attire en nous touchant, en nous intéressant, en nous agaçant, etc. Des yeux où se peint la lan-( gueur sont fréquemment associés à des cheveux blonds; tandis que des cheveux noirs se rencontrent presque toujours avec ceux dont la vivacité , le pétillant, semblent annoncer un surcroît de vie qui cherche à se répandre.

L’habitude, qui use tout , change 110s goûts pour la, cppleur des cheveux comme pour celle de nos

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habits : les noirs, les blonds, et leurs nombreuses nuances, sont tour à tour en France un objet de mode; et, comme l’organisation ne change pas ainsi que nos goûts, nous avons imaginé les chevelures artificielles, moyen heureux qui semble asservir à notre inconstance la marche invariable de la nature, et qui, changeant à notre gré l’expression que la physionomie emprunte des cheveux, peut à tout instant présenter l’homme sous des formes que le bon ton préconise aujourd’hui et que le ridicule poursuit demain. Or, parmi ces variations sans nombre qui se succèdent chez nous dans la mode des cheveux, jamais, ni ceux qui sont d’un rouge ? :1e feu , ni leursdiverses nuances, ne trouvent place:

■ a plupart des peuples ont pour eux une aversion ' ion équivoque ; c’est presque, à nos yeux, un vice s le conformation que de naître avec eux. Cette opii lion est trop générale pour n’avoir pas quelque e ’ondement réel : le principal me paraît être la con- 1 îexion ordinaire de ces cheveux avec le tempéra- 1 hent, et par là même avec le caractère qui résulte 1 le celui-ci: or, l’espèce de caractère associé à ce 1 ;enre de cheveux n’est pas communément la plus îeureuse, quoiqu’il y ait beaucoup d’exceptions à 1 :e principe passé en proverbe. Un autre motif d’a- 1 ’ersion pour les cheveux couleur de feu, c’est que 'humeur huileuse qui les lubrifie exhale souvent ! me odeur fétide , étrangère aux autres espèces de ! dieveux.

Quel est le rapport qui peut exister entre les cheveux et le caractère? Les premiers influencent-ils le second? Non : voici comment on doit concevoir

la chose. Chaque homme a son mode d’organisation et de constitution. Ce mode forme le tempérament : or, à chaque mode sont attachées d’une part telle ou telle espèce de cheveux , de l’autre la prédominance de tels ou tels viscères intérieurs, laquelle nous frappant moins n’est pas moins réelle. Cette prédominance dispose manifestement à certaines passions, qui sont les attributs principaux du caractère : donc la couleur des cheveux et celui-ci sont deux résultats divers d’une même cause, savoir, de la constitution; mais l’une n’influe pas sur l’autre , etc.

Les cheveux, sortant de leurs pores cutanés, ont une direction telle, que ceux de la partie antérieur du crâne sont presque toujours obliques en devant, et tendent à tomber sur le front; ceux de la partie moyenne et postérieure percent la peau perpendi culairement; et ceux de la partie postérieure et infé rieure la traversent obliquement, de manière à tom ber naturellement en bas le long de la partie posté rieure du cou. Il en est de même de ceux des cotés que leur direction, autant que leur poids, .porte sur la région de l’oreille qu’ils recouvrent.

Sourcils.

Sur l’arcade qui borde en haut l’orbite se trouve un assemblage de poils formant une portion de cercle plus ou moins marquée , qui ombrage l’oei et le garantit de l’impression trop vive des rayon, lumineux. Rapprochés chez les bruns , les poils de; sourcils sont plus écartés chez les blonds. Plus

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nombreux en dedans, ils confondent quelquefois les deux sourcils sur la bosse nasale, et ombragent alors la racine du nez. Plus rares en dehors, ils y terminent le sourcil en pointe. Tous 6ont obliquement dirigés du premier dans le second sens. Quelquefois, yers le côté interne, ils se portent perpendiculairement en avant. Leur longueur n’est guère de plus d’un demi-pouce; ils ne dépassent cette longueur que dans quelques cas extraordinaires. Leur couleur est ordinairement la même que celle des cheveux; ce qui varie cependant. Ils sont plus fermes, plus résistans que ceux-ci; ils ont plus de volume. S’ils se prolongeaient, ils friseraient comme les poils des parties génitales, de la nature desquels ils participent.

Les sourcils jouissent de deux mouvemens manifestes. i°. Ils s’abaissent et se portent en dedans, 3n formant sur l’oeil une voûte très-marquée. 20. Ils s’élèvent et s’écartent l’un de l’autre, en épanouissant le contour de l’orbite. Le trajet décrit entre les extrêmes de ces deux mouvemens est d’à peu près in pouce. Le premier mouvement a lieu pour ga- •antir l’œil d’une vive lumière : il exprime aussi les lassions tristes et sombres; de là vient sans doute que le même mot s’applique à l’état moral de l’âme *:t à la rangée de poils qui nous occupe. Remarquez . ce sujet que les tempéramens sanguins et colérirues, qui sont les plus disposés aux passions qui ont froncer les sourcils, sont ceux précisément où 3s poils qui les composent se trouvent en général b plus marqués. Le second mouvement nous sert à ecevoir sur la région de l’orbite une grande quan-^ !\

tité de rayons lumineux; il nous permet d’élevei beaucoup la paupière supérieure pour ouvrir grandement l’œil, ce que le premier empêche évidem ment. Il exprime aussi les passions gaies, celles qu dilatent la face. Les peintres ont étudié, plus que les anatomistes , les degrés divers d’élévation et d’a: baissement des sourcils.

Sur l’une et l’autre paupière existe une rangée de poils peu nombreux, un peu plus longs que ceux des sourcils, de même nature qu’eux, obliquement dirigés en devant, s’entrecroisant les uns les autres lorsque les deux paupières sont rapprochées, et servant à garantir l’œil de l’impression des corpuscules voltigeant dans l’air. Ils ne frisent point en; général; quand cela arrive, et qu’ils se tournenl du côté de l’œil , une irritation en résulte , et il faut les couper. Quelquefois c’est une direction vicieuse qui est cause de cette irritation.

Je remarque , au sujet des cils , que toutes lef ouvertures de communication à l’intérieur , comme celles du conduit auditif externe , du nez et de La nus , comme encore souvent les orifices des conduit! lactifières, sont environnées aussi d’un certain nom bre de poils qui garantissent ces ouvertures de; corps extérieurs. A la bouche, la barbe tient lieu de!

Cils.

poils; l’urètre n’en a point; mais ils sont rem â son orifice par le prépuce,

PILLUX.

Barbe.

Chez la plupart des animaux , les mâles sont distingués des femelles par quelques productions extérieures qu’ils ont de plus, la crête du coq, la crinière du lion, les bois du cerf, etc., sont un exemple de ces caractères distinctifs. Chez l’homme, c’est principalement la barbe qui est l’attribut du mâle. Elle occupe tout le menton, les côtés de la face, l’une et l’autre lèvre et la partie supérieure du cou. Elle laisse les joues à nu ainsi que les environs de ’oeil : aussi remarquez que c’est principalement là :jue se peignent les passions, dont l’expression nous put été cachée par les poils, si le bas de la figure en ivait été le siège.

La barbe, moins longue en général que les cheveux, l’est plus que tous les autres poils. Elle parage assez communément la couleur des premiers , :st plus rarement blonde cependant, et tend plus [u’eux à prendre la teinte rouge de feu , laquelle :oïncide souvent avec des cheveux blonds. La naure des poils de la barbe est la même que celle des )oi!s des parties génitales, des sourcils, etc. Ils frient, sont plus raides, plus résistans et constamnent moins huileux que les cheveux.

La quantité de barbe varie singulièrement chez es différens hommes. En général, la force et la vigueur sont l’apanage de ceux où elle abonde et où ;lle est d’une teinte noire très-foncée. Remarquez iussi que les mâles les plus forts, dans les diverses ;spèoe d'oui maux , sont ceux où la production exté-

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rieure qui les distingue des femelles est le plus pro I noncée. On dirait que cette production caractéris tique est l’indice de l’énergie ou de la faiblesse d< leur constitution : une belle crinière n’appartien point à un petit lion; de grands bois, des corne: longuement contournées appartiennent toujours: un cerf ou à un belier bien constitués. Observe: qu’il n’en est point de même des autres poils com rauns aux deux sexes : souvent chez l’homme faible ceux des bras , des cuisses , etc. , sont aussi marqué: et même plus nombreux que chez les plus muscu leux. |

L’habitude de couper la barbe comme la plupart des Européens , de la conserver comme les Asiati ques, de la tresser en divers sens comme les Chi nois, donne à la face une expression diverse et qu caractérise les peuples. Une physionomie mâle, vi goureuse et qui exprime la force et l’énergie, ne peut être dépouillée de cet attribut extérieur san: perdre une partie de son caractère. Celle des Orienèj taux présente une apparence qui coïncide avec laf force de leur corps, et qui contraste avec la mob' lesse de leurs mœurs. Je ne sais si, en consultant l’histoire des différens peuples qui laissent croître leur barbe, et celle des nations qui la coupent, oui ne serait pas tenté de croire que la force musculaire est, jusqu’à un certain point, liée à son existence, et que cette force diminue toujours un peu lorsqu’on s’en prive habituellement. Tout le monde connaît la vigueur des anciens, celle des peuples à barbe longue , celle même de certains hommes qui , parmi nous , laissaient croître leur barbe par les lois

l’une institution monacale. Sans doute beaucoup de causes peuvent faire coïncider la faiblesse avec la barbe; mais, en aperçu général, je crois qu’on peut admettre un certain rapport entre elle et les ’orces. Coupez à un coq la crête qui est son attribut caractéristique de mâle, comme la barbe est ceui de l’homme, il languira en partie : je suis periuadé qu’on ôterait au lion une partie de sa force în lui enlevant sa crinière. On connaît le résultat lies expériences de Russel faites sur la castration les cerfs : leurs bois, après cette opération, ont végété d’une manière irrégulière, ou même n’ont joint poussé. Cet attribut extérieur du mâle , dans cette espèce, se manifeste, comme on sait, à l’époque de la virilité, $ù les forces croissent: il en est le même de la barbe humaine. Cette coïncidence trouverait seule que l’usage de cette dernière est de iervir de caractère extérieur au sexe masculin. L’euîuque, dont les forces sont peu marquées, perd lussi souvent beaucoup de poils de sa barbe.

Tels sont nos préjugés, dans l’idée que nous nous ormons de la beauté, que nous attachons le ridicule tu beau réel, au beau absolu; car ce qui indique a perfection organique est certainement tel : un >aon mâle sans sa queue d’émeraudes, un bélier ans ses cornes, un cerf sans ses bois , nous déplaient; pourquoi l’homme sans sa barbe ne nous :hoque-t-il pas ?

§ IL Du Système Pileux du Tronc.

Les poils du tronc sont singulièrement variables : certains hommes paraissent pour ainsi dire velus, tandis que d’autres sont presque sans poils. En général, il y en a plus dans la partie antérieure que dans la postérieure du tronc. C’est principalement le long de la ligne blanche et sur la poitrine qu’on les observe chez l’homme; cette dernière partie en est dépourvue chez la femme, qui en a, en géné-(: ral , très-peu dans le tronc. ,

L’un et l’autre sexe en présentent un amas assez t considérable aux parties génitales. Ilsy sont, comme je l’ai dit, de la nature de la barbe. Moins souvent | blonds que les cheveux, aussi fréquemment qu’eux | de couleur de feu, ils se trouvent le plus ordinaire* | ment noirs. Ils sont, après la barbe, les poils les plus longs. Leur direction n’est point généralement* déterminée; chaque poil en a presque une différente. Peu d’animaux présentent, comme l’homme, ce surcroît de poils sur les parties génitales. Chaque I individu offre de grandes variétés pour leur quantité. Leur noirceur et leur abondance coïncident, en général , avec la force.

§ III. Système pileux des Membres.

L’homme présente une foule de poils sur toute la surface de ses membres. La proportion du nombre est chez tous à peu près la même, mais la longueur varie beaucoup ; chez les uns, ce n'est véri-

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tablement qu’un duvet; chez d’autres, ils sont un peu plus longs; chez quelques-uns, ils ont près d’un pouce, ce qui fait que chez ceux-ci ils se recouvrent les uns les autres, et donnent aux membres un aspect velu.

Au haut des membres supérieurs, il y a, sous le creux de l’aisselle, un amas de poils qui sont plus longs que les autres et à peu près de la nature de ceux des parties génitales. Rien de semblable ne s’observe aux membres inférieurs.

Le système pileux n’existe point à la partie interne lu bras et de l’avant-bras chez beaucoup d’hommes , ît on ne le voit qu’en arrière et sur les côtés. Il est dus uniforme aux membres inférieurs. Le dos du )ied et celui de la main présentent constamment les poils. Jamais on n’en voit à la plante de l’un ni i la paume de l’autre ; avantage essentiel à la per- ’ection du toucher (i).

; (i )En général, on distingue trois espèces de poils chez les ani- ’ naux qui en sont le plus abondamment pourvus : à la première ' ' spèce appartiennent les poils rares, raides et volumineux, qui Yonstituent les moustaches dansles animaux du genre chat; à la se- , ond ese rapportent les poils moins longs et moins forts qui recourent les parties du corps les plus velues ; enfin les poils fins et oyeux qui forment le duvtt sont rangés dans la dernière classe, /homme n’a que les deux dernières espèces de poils.

( F. BnKDlîf.)

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ARTICLE II

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