DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME MUQUEUX
§ Ier. Etat du Système muqueux dans le premier'
âge.
Le développement du système muqueux suit en général les lois de celui des organes auxquels il appartient: précoce dans l’appareil gastrique, plus tardif dans le pulmonaire et dans celui de la génération, il semble, dans sa croissance, plutôt obéir à l’impulsion qu’il reçoit qu’en donner une à ce qui l’entoure, disposition commune à presque tous les systèmes qui concourent à former des appareils (r). Observez, en effet, qu’il y a toujours dans
(i)La disposition du système muqueux est Lien différente, dans les premiers temps de la conception , de ce qu’elle sera par la suite. Ce système paraît se continuer , à cette époque , dé même que le cutané , avec les membranes de l’œuf : tel semble être du moins le résultat des observations de Wolff, de Oken , Meckel et autres.
Wolff a suivi le développement de l’intestin dans le poulet. Il a vu que ce canal est d’abord très-court, droit , ouvert par devant , et continu , dans ce sens , à la membrane vitellaire ,
( sans qu’une limite bien précise indique l’endroit où finit l’une et } où commence l’autre; que plus tard un rétrécissement désigne cet endroit , qui s’allonge de plus en plus , à mesure que l’intes- ' tin croît aux dépens duvitellus, de sorte qu’à la naissance ces deux parties ne tiennent plus que par un pédicule étroit , lequel
l’accroissement certaines parties auxquelles toutes les autres se rapportent; ainsi, dans l’appareil cérébral, le volume précoce du cerveau détermine-t-il celui des os du crâne, de la dure-mère, de la piemère, de l’arachnoïde et des vaisseaux; ainsi est-ce
disparaît complètement quand le jaune a été résorbé en entier. Or , la vésicule ombilicale paraît remplir chez l’homme , dans les premières périodes de la vie intra-utérine , les mêmes usages que le jaune ou la membrane vitellaire chez les oiseaux ; plusieurs faits directs tendent même à prouver qu’elle se comporte alors comme cette dernière à l’égard de l’intestin, quoiqu’il soit très— dillicile de s’en assurer, parce que ces premières périodes se passent très-rapidement dans les mammifères , et que le fœtus acquiert bientôt un autre mode d’existence , tout différent de celui des oiseaux. Cependant, i° la vésicule ombilicale est d’autant plus grande relativement au fœtus, et d’autant plus rapprochée de l’ombilic, que l’embryon est plus jeune ; 2° l’intestin est pendant long-temps en partie contenu dans la base du cordon ombilical, et plus tard envoie quelquefois un prolongement qui se porte à l’ombilic; d’autres fois on distingue uni petit conduit se détachant de la vésicule ombilicale, et se dirigeant du côté de l’ombilic, à une certaine distance, le long du cordon ; 3° divers anatomistes ont vu cette vésicule communiquer avec l’intestin dans des fœtus de mammifères; 4° Meckel dit avoir rencontré, chez l’homme, une semblable communication.
D’après toutes ces considérations, on peut admettre, avec Oken , Meckel , etc. , que ce qui est manifeste pour les oiseaux, les reptiles , les poissons , a lieu également chez l’homme, et que la muqueuse alimentaire, en se confondant avec la vésicule ombilicale, fait, dans le principe, partie intégrante de l’œuf. On peut en dire autant de la membrane génito-urinaire, la vessie ayant des connexions intimes avec l’ allantoïde ; la peau , de son
muqiîjeüx. 9 5
pour la moelle épinière que le canal vertébral est si prononcé dans le fœtus; ainsi toutes les surfaces séreuses ont-elles un accroissement, proportionné à celui de leurs organes respectifs, etc., etc. Je remarque cependant que l’accroissement précoce des
côté, fait suite à l’amnios. Il résulte de là, ï° que ces organes sont des plus précoces dans leur développement , si même ils ne se forment avant toutes les autres parties ; 2° que l’embryon n’est nullement distinct de l’œuf dans les premiers temps ; 3° que ses deux tégumens , savoir , l’externe , formé par la peau , et l’interne, que représente la muqueuse , au lieu d’imiter*, comme l’adulte , un double sac continu et replié sur lui-même à ses extrémités , ne sont pour ainsi dire que deux demi-canaux dont la circonférence manque en devant.
Il reste à déterminer le lieu de l’intestin qui correspond primitivement à la vésicule ombilicale , et qui sert de point de départ au développement du reste du canal. Suivant Oken , c’est le cæcum ; et de ce point la vésicule envoie deux prolongemens qui forment l’intestin stomacal et l’intestin anal. Meckel veut que ce soit l’iléum , parce qu’il en est ainsi chez les oiseaux , parce que cet intestin présente souvent des appendices qu’il regarde comme des restes de la vésicule , et que d’ailleurs le cæcum n’existe pas dans tous les mammifères. Il est évident que ce ne sont là que des conjectures.
Au reste, s’il est vrai que le système muqueux commence par avoir la disposition que nous avons indiquée , une grande obscurité règne encore sur son mode de développement ultérieur, sur la manière dont ce demi-canal, d’une longueur très-bornée, ouvert dans toute son étendue , se complète en devant d’une part, et se change de l’autre en un long tube, ne tenant plus à la vésicule que par un canal étroit et presque imperceptible. Aussi a-t-on cherché à expliquer autrement la formation de ce système. Quelques-uns ont dit que les cavités qu’il tapisse se creusaient de dehors en dedans , et que c’était la peau , en s’en-
systèmes, qui ne font que suivre celui des parties auxquelles ils sont destinés, ne porte que sur les dimensions de longueur, de largeur, etc. Le plus communément l’épaisseur ne correspond pas à ces dimensions : ainsi les os du crâne , quoique plus larges à proportion que ceux du bassin chez le fœtus , ne sont-ils pas plus épais. L’étendue est proportionnellement plus grande dans la dure-mère
fonçant petit à petit dans la substance de l’embryon , qui donnait naissance aux membranes muqueuses : c’est pour cela , ajoutent-ils , que l’intestin est sujet à offrir des interruptions dans sa continuité , quand ses deux portions , parties , l’une de la bouche, l’autre de l’anus, ne se sont pas parfaitement réunies. Rien ne prouve cette assertion , qui est contraire à beaucoup de faits. Lucae a émis une autre hypothèse , fondée sur ce que souvent la cavité de l’intestin est interrompue en plusieurs endroits : cela prouve , suivant lui , que ce canal est d’abord composé , comme les vaisseaux , de parties isolées , qui vont ensuite les unes audevant des autres, et finissent par se confondre : les diverticules ou appendices de l’intestin se formeraient quand ces parties, au lieu de se joindre parle bout, s’accoleraient par un de leurs côtés. Tiedemann , Meckel admettent cette opinion jusqu’à un certain point , en la modifiant par celle qui fait procéder l’intestin de la vésicule ombilicale. Au total, on voit que ce point exige de nouvelles recherches : seulement le fait des occlusions du tube intestinal ne me paraît nullement démontrer ce que ces auteurs ont avancé ; ces occlusions ne surviennent qu’après l’entier développement de l’intestin.
Il n’y a point de villosités ni de replis muqueux dans les premiers temps de la conception. Meckel assure que les villosités commencent par des plis longitudinaux, qui se partagent ensuite en petites saillies isolées , pour les former. ( Béclard. )
s que dans l’albuginée,2 et qui appartient au même 3 système ; mais l’organisation n’est pas plus avans cée.
3 Dans le fœtus, la finesse du tissu muqueux est ^extrême, les papilles sont à peine susceptibles d’ètre h aperçues. Mais en promenant la main sur une sure face muqueuse , on y sent un velouté extrêmement délicat, et tel que le velours le plus fin n’en offre , pas d’exemple. La rougeur de ce système n’est point alors aussi marquée ; sans doute parce que t moins de sang y pénètre, attendu que les fonctions ' diverses qui doivent s’exercer un jour sur ces sur- 1 faces, comme la digestion, les excrétions, la respiration, etc., ne se trouvent qu’en faible activité au même sont entièrement nulles. A cet âge, la a quantité £ sang semble être en sens inverse dans i la peau et dans ces surfaces. Le rouge muqueux est «alors, comme le musculaire, d’une teinte très-fon- ' cée, livide même souvent, à cause de la nature du
;ang circulant dans les artères. Alors les adhérences
. lu tissu muqueux au cellulaire ‘ subjacent sont , Moindres ; celles surtout de ce dernier avec les i aarties environnantes se trouvent très-peu mar- 1 juées : aussi est-il très-facile d’extraire tout d’une ; )ièce la portion interne des intestins du fœtus ’ le l’enveloppe extérieure qui la contient, de Manière à avoir deux canaux cylindriques, dont ’un est musculaire et séreux, l’autre cellulaire j et muqueux. Le tiraillement détruit, dans cette e expérience, toutes les valvules conniventes; et les ntestins grêles sont aussi lisses que les gros à l’intérieur, dans le canal extrait artificiellement.
Ahix, géh. X. 1Y.
f)8 SYSTÈME
Si l’on soumet ce canal à l’ébullition , il s’ei élève beaucoup plus d’écume que de celui d< l’adulte; cette écume est blanchâtre, et jamai: verdâtre. La crispation qui a lieu un peu avan les premiers bouillons diminue plus proportion nellement la longueur du canal, et paraît être plu forte par conséquent.
A la naissance , où la respiration et la digestioi commencent subitement, et où les sécrétions aug mentent, le système muqueux prend un degré d’ac tivité remarquable. Il est tout à coup fortemen excité par la foule de substances nouvelles ave lesquelles il est en contact. C’est par lui et par 1 système cutané que les corps étrangers au nôtre 1 stimulent alors tout à coup, et d’autant plus effica cernent que la double surface qui recolles excitr tions n’y est point habituée. Alors le sang roug qui vient à pénétrer le système muqueux lui donn un surcroît d’énergie et de sensibilité qui le ren encore plus propre à recevoir les impressions. Ans: les sucs muqueux, qui, jusque là, stagnaient su leurs -surfaces respectives sans les fatiguer et sari les irriter, sont subitement pour elles, vu leu accroissement de sensibilité , des stimulans qui h agacent et qui forcent les muscles subjacens à il contracter; alors l’urine devient pour la vessie ur cause qui en sollicite la contraction. Peu d’instar après la naissance , toutes les ouvertures où cou mencent les membranes muqueuses s’ouvrent < laissent échapper le méconium, l’urine et tous 1< sucs muqueux. Cette secousse intérieure et gén< rule, qui vide toutes les cavités muqueuses, les ren
oropres à devenir le siège des grandes fonctions qui /ont bientôt s’y exercer.
Une fois que toutes les fonctions intérieures sont nen en activité, les surfaces muqueuses n’éprouvent dus de changemens brusques, analogues à celui pilont je viens de parler. Elles croissent, comme les tutres viscères, d’une manière lente et insensible; elles conservent lo ng-temps leur mollesse primitive, Miïiollesse qui est remarquable surtout dans le nez, l’estomac, etc-, et qui, pendant la lactation, ne m s’accommoderait pas, chez l’enfant, des substances solides dont l’adulte se nourrit. Cette mollesse estai elle la cause des affections muqueuses qui sont en r général si communes à cet âge? On sait qu’alors les ffit fsucs muqueux abondent : la pituitaire est plus huscii mide; l’estomac, les intestins sont fréquemment ou affectés d’une espèce de catarrhe qui est la cause lo des dévoiemens qu’on a si souvent à combattre chez ret les enfans; la membrane des bronches est aussi •fréquemment malade. Les deux âges extrêmes de îts la vie se ressemblent par l’abondance des sucs mut queux séparés sur leurs surfaces respectives, j kl Chez l’adolescent, le système muqueux est jui dans une très-grande énergie d’action. Les héas aiorrhagies actives de ce système sont très-fréiiei nuentes à cet âge; celles du nez, des bronches, nsi le l’estomac même ont souvent lieu : celles des sortions de ce système suhjacentes au diaphragme rent .ont alors moins communes. Remarquez, à œt égard, jue dans l’homme les hémorrhagies de la surface gasro-pulmonaire sont infiniment plus fréquentes que celles de la surface génito-urinaire , lesquelles au
contraire sont bien plus multipliées chez la femme, où il en est une naturelle à une partie de cette surface, savoir, la menstruation.
A l’époque de la puberté, le développement des parties génitales dans l’un et l’autre sexe donne
beaucoup d’activité à une partie de la surface gé-
nito-urinaire : alors la menstruation commence sur celle de la matrice , alors la sensibilité de l’urètre se monte au degré nécessaire pour ressentir vivement le passage de la semence. Remarquez que ce surcroît d’énergie n’est point accompagné d’un affaiblissement dans d’autres parties, comme cela arrive dans une foule de cas; au contraire, tous les systèmes, tous les appareils semblent emprunter, de la force qu’acquièrent les parties génitales, une augmentation d’action.
§ IL État du Système muqueux dans les âges
suivans.
Dans les années qui suivent l’adolescence , le système muqueux continue à croître, à s’épaissir, et à devenir plus ferme. Son énergie vitale semble encore prédominer, pendant un certain temps, dans les surfaces supérieures, comme dans la pituitaire, la membrane des bronches, etc. : aussi les affections de ces parties sont-elles plus fréquentes jusqu’à la trentième année. Mais, à mesure que l’on avance en âge, les surfaces muqueuses abdominales paraissent prédominer sur les autres, comme en général tous les organes de cette région.
Au reste , mille causes , dans le cours de la vie , font varier l’état du système muqueux. Ou ne le
trouve point , sur deux sujets , avec la même nuance de couleur, avec la même densité, avec la même apparence extérieure. En prenant une surface quelconque sur plusieurs sujets, celle de l’estomac, par exemple, on saisit facilement ces différences , dont on est frappé , pour peu qu’on ait ouvert de cadavres.
Le rouge du tissu muqueux est très-vif jusqu’à la trentième année : au delà, il commence à s’altérer. Ce tissu, dans le vieillard, devient de plus en plus • pâle ; le sang n’y aborde qu’en petite quantité; il
I prend plus de consistance et de densité. Promenés dessus, les doigts n’y sentent plus cette mollesse, ce velouté si remarquables dans le premier âge. Ses . forces, qui languissent, rendent difficile, dans les excréteurs , la sortie des fluides qui traversent ces conduits pour être rejetés au dehors. Cependant les glandes muqueuses séparent encore en assez grande abondance leurs fluides; souvent même ces fluides augmentent en proportion, ce qui constitue les affections catarrhales , si communes dans la vieillesse. Mais ces affections portent alors le même caractère que les fonctions de tout le système : la Sécrétion s’opère lentement; la maladie affecte touours une marche chronique; le plus souvent elle ie se termine qu’avec la vie.
L’absorption muqueuse est, à cet âge, lente et difficile , comme toutes les autres : on gagne les contagion s diverses avec beaucoupmoins de promp- :itude , soit par les surfaces respiratoires , soit par e contact des miasmes contagieux avec les surfaces voisines de la peau. Le chyle, lentement absorbé,
détermine plus de longueur dans les périodes digestives, etc. (i).
(l) ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU SYSTÈME MUQUEUX. ]
§ Ier. Altérations dans les formes extérieures.
Les conduits muqueux sont dilatés , rétrécis , dans une foui de circonstances : la plupart ont été indiquées à l’article de Propriétés de tissu de ce système. Presque toujours ces change mens de dimension , dans les maladies , dépendent d’un obstacli au cours des matières qui traversent ces conduits dans l’état d santé : c’est ce qui est manifeste pour les excréteurs ; les moin extensibles, tels que l’urèthre , peuvent former, dans ce cas, de poches ou dilatations plus ou moins grandes , avant de se rompre le fond des lacunes muqueuses paraît être quelquefois le siég spécial de ccs dilatations. Tantôt l’obstacle est étranger à la muqueuse , et celle-ci ne se resserre au-dessous que parce que moin de fluides la tiennent écartée : tantôt le rétrécissement occup primitivement cette membrane , soit qu’il dépende de plaies d’ulcères , d’inflammations , ou de toute autre cause. Dans l’un e l’autre cas, comme dans celui où les fluides prennent une aulr direction , parce qu’une ouverture accidentelle leur livre passage la portion située au dessous ne s’oblitère point, comme on l’a vu Cependant les membranes muqueuses sont susceptibles d contracter des adhérences ; mais il faut pour cela que la sécrétion du mucus y ait été suspendue par l’inflammation , ou qu leur épiderme soit détruit , pour celles qui en ont. C’est dans de circonstances analogues qu’on a vu la langue adhérer aux paroi correspondantes de la- bouche , le vagin disparaître par l’adhésio mutuelle de scs parois , les tromnes utérines, celle d’Eustachi, 1 canal nasal , les conduits lacrymaux , s’oblitérer, etc. Du reste ces adhérences sont beaucoup moins communes ici que dans 1 •système séreux.
i| . Les membranes muqueuses sont le siège d’épaississemens , de végétations , d’excroissances , qu’on peut regarder comme des accroissemens de leur substance. Les polypes sont une altération de ce genre : on en distingue , comme on sait , de plusieurs espèces ; beaucoup appartiennent autant au tissu cellulaire sousmuqueux qu’à la membrane muqueuse elle-même , qu’ils ne font que soulever ; il en est qui naissent du périoste situé en certains ! endroits au-dessous de la muqueuse , et qui sont de véritables corps fibreux ; quelques— un^ont fornîés par un tissu qui diffère plus ou moins du naturel , et rentrent , sous ce rapport , dans les altérations de texture : tels sont ceux qu’on nomme cancéreux.
Différens organes que revêtent des muqueuses à l’intérieur sont exposés à des 'ÿces de situation et de configuration auxquels participent ces dernières ; mais elles en ont aussi qui leur sont propres , comme les divers déplaeemens qu’éprouvent celles du rectum , du vagin , de la vessie , etc. , dans les prolapsus, renversemens, liernies muqueuses, etc. , de ces organes, en fournissent des exemples. La tunique interne ou villeuse qui double ces viscères à l’intérieur abandonne alors les autres tuniques, et se prolonge seule dans une certaine étendue , soit par une ouverture naturelle, soit à travers une ouverture accidentelle résultant d’un écartement des fibres de la tunique nerveuse. Les anus contre nature sont presque toujours compliqués de ces sortes de déplaeemens ^ auxquels le système muqueux est singulièrement disposé par le peu d’adhérence de son tissu sousjacent ( membrane nerveuse des anciens ) avec la membrane musculeuse des organes qu’il concourt à former.
§ IL Altérations dans l'organisation.
L’inflammation produit dans le système muqueux , outre les altérations de couleur et le développement vasculaire qui lui sont propres, des suppurations, des fausses membranes, des ulcérations, des gangrènes, etc. De tous ces phénomènes, aucun n’est plus remarquable que ia formation des fausses membranes, analogue à celle qui a lieu dans le s séreuses. La conjonctive dans des
ophlhalmies causées par la vapeur de l’acide hydro-chlorique . j le rectum dans des injections irritantes faites chez les animaux , la membrane muqueuse de la bouche et du pharynx , celle des voies aeriennes dans le croup, ont offert cette altération, dans laquelle une couche molle, couenncuse , blanchâtre, peu adhérente , revêt plus ou moins uniformément la membrane muqueuse enflammée. Cette couche n’a presque jamais le temps de s’organiser ; elle est rejetée avant , ou l’inflammation est promptement mortelle : Albert l’a trouve vasculaire dans les croup; qui affectaient une marche chronique.
Dans quelques cas , l’inflammation occupe plus particulièrement les follicules muqueux , qui se gonflent et deviennent alors tres-apparens : cette variété a été décrite par Rœcffrer et Wagler. Une arftre forme que présente cette affection , quoique moins manifestement qu’à la peau , est celle d 'exanthème : on l’observe surtout dans les parties de ce système voisines de la surface du corps.
Les solutions de continuité des membranes muqueuses se cicatrisent comme celles de la peau : c’est ce qu’on voit dans certains ulcères de la bouche et du pharynx, après l’excision des végétations qui surviennent aux parties génitales, etc. Le nouveau tissu formé est plus blanc et plus résistant que le premier; il représente quelquefois des brides qui peuvent devenir gênantes.
Dans les cas cités (pag. 1 3 ) , le système muqueux finit par éprouver la transformation cutanée , comme cela arrive toutes les fois qu il est en contact avec l’air extérieur ; sa surface se dessèche alors, les fluides muqueux cessent de la lubrifier, les villosités disparaissent , une apparence d’épiderme les remplace, la membrane devient , en quelque sorte , plus coriace. Diverses parties de ce système peuvent aussi se changer en cartilage : nous en avons cité des exemples dans le système cartilagineux.
Le cancer est ici très— fréquent ; il se présente sous plusieurs formes : io il constitue des excroissances semblables , pour l’aspect , aux polypes, mais bien différentes quant à leur nature ; le rectum-, les fosses nasales, l’utérus, offrent de ces tumeurs. 2 . D autres tumeurs sont subjacentés à la muqueuse , qui finit
par participer à la maladie , et par s’ulcérer à la surface : les cancers de l’estomac , de l’ œsophage , de l’intestin , de la vessie , affectent le plus souvent cette forme. 3°. Enfin , des ulcères cancéreux ont leur siège primitif dans le système muqueux, commencent à sa superficie, et ne gagnent qu’à la longue les parties profondes : peu d’engorgement les accompagne : cette ! variété est commune aux lèvres, au gland , et surtout au col de . , l’utérus.
§ III. Altérations dans le développement.
Tout système organique peut être considéré de deux manières, comme ou a dû le voir dans les systèmes précédemment j étudiés , par rapport aux altérations qu’il peut offrir dans son développement : i° ce développement est quelquefois irrégulier dans les endroits où il doit se faire naturellement ; de là les vices de conformation, les variétés anatomiques, les anomalies de tout -■ genre. 2°. D’autres fois il se fait accidentellement là où il ne . devrait pas avoir lieu , il envahit d’autres systèmes ; de là les transformations et productions organiques. Les altérations du premier genre sont produites par des causes encore peu connues , par des obstacles qui ont arrêté le développement naturel à une de ses périodes , et ont ainsi conservé des formes qui devaient n’étre que passagères , par des maladies qu’a éprouvées le foetus dans le sein de sa mère , peut-être , dans certains cas , par une mauvaise conformation première du germe, etc. Celles du se- 1 cond genre arrivent presque toujours dans les maladies ; quel— i quefois elles sont dues aux progrès de l’âge. Mais , parmi les
Îdifférens systèmes , il en est qui ne paraissent susceptibles que d’un seul mode d’altérations , ou du moins auxquels celui-là seul est familier, tandis que d’autres éprouvent également l’un et l’autre modes; de sorte qu’on pourrait, sous ce rapport, jlfes classer en deux ordres : i° d’un côté seraient le système cellulaire , qui a tant de tendance à se produire accidentellement et si peu à offrir des vices de confrmation ; le séreux , le synovial , le fibreux , qui sont dans le même cas ; le nerveux , le musculaire , le glanduleux, pour lesquels c’est l’inverse ; ce qui nécessiterait
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ici une subdivision ; 2° de l’autre , l’osseux, l’artériel , le veineux, etc. Or, le système muqueux appartient plutôt à ce dernier ordre qu’au premier.
Ses vices de conformation sont nombreux. Tous les conduit! 1 muqueux , sans en excepter l’intestin , sont sujets à manquer dam une plus ou moins grande étendue , et à offrir dans leur longueui des interruptions dont le siège varie : tantôt c’est à leur ouverture extérieure qu’ils se trouvent imperforés ; tantôt c’est plus profondément que leur cavité est effacée, soit parce que les paroi; sont confondues entre elles ou fermées par une sorte de membrane, soit parce que le canal lui-même a entièrement disparu, Ces conduits manquent quelquefois dans une partie de leur circonférence, qui présente alors des ouvertures accidentelles , de; fentes, des communications contre nature : c’est de cette manière qu’on voit le vagin ouvert dans le rectum, la vessie, dépourvue de paroi antérieure, ouverte à l’hypogastre, manquant lui-même de paroi , l’urètre ouvert au périnée, la voûte palatine établissant une communication entre la bouche et les i fosses nasales , le voile du palais fendu dans son milieu , les lèvres divisées de même dans le bec-de-lièvre, etc. Ces altérations. ne sont souvent e[ue des restes du développement naturel, qui ne s’est point achevé; cela est évident pour le bec-de-lièvre, l’extroversion de la vessie, etc.
Il ne faut pas oublier , dans les anomalies ele développement du système muqueux , les prolongemens digitiformes ou appendices digitales de l’intestin. Ces prolongemens sont formés pai toutes les membranes de celui-ci : nous avons vu plus haut comment on a cherché à expliquer le mécanisme de leur formation. On trouve quelquefois, vers le point de jonction du pharynx et de l’œsophage , de semblables appendices qui retiennent les alimens , ce qui donne lieu à une sorte de rumination : ceux-ci paraissent consécutifs et formés par une hernie de la membrane muqueuse à travers les fdjres de la tunique nerveuse. Les calculs delà vessie sont souvent logés dans des cavités produites parle même mécanisme.
On peut considérer comme des membranes muqueuses acci-
. dentelles, 1° la membrane qui tapisse l’intérieur des abcès,
J 2° celle des trajets fistuleux anciens.
La membrane des abcès, quoique appartenant à des cavités fermées de toutes parts , a en effet plus de points de contact avec les membranes muqueuses qu’avec les séreuses : on n’y a pas , il est vrai , décrit de follicules ; mais sa surface est molle, pulpeuse,
! fongueuse, comme celle des membranes muqueuses; mise dans l’eau, elle semble, de même que ces dernières, hérissée de filamens. L’analogie de sécrétion est une raison de plus en faveur de ce rapprochement : quoi de plus analogue au mucus que le pus?
La ressemblance est encore plus marquée dans les sinus et fistules aboutissant à l’extérieur. Hunter ayait déjà vu cette ressemblance, sur laquelle Bayle, M. Laennec et autres ont plus particulièrement insisté. La membrane des trajets fistuleux a un épiderme distinct dans le voisinage de la peau ; plus profondément il disparaît , et la membrane devient rouge , molle , fongueuse ; il serait difficile, en cet endroit, delà distinguer d’uu lambeau de membrane muqueuse pris dans les sinus , par exemple ; elle n’a point de follicules , mais son fluide est presque de la meme nature : au dessous d’elle, le tissu cellulaire est souvent endurci et plus compacte que dans l’état naturel , comme on le voit dans les callosités; c’est un résultat de l’inflammation : ce tissu est sain quand l’inflammation est peu manifeste. Lorsque rien ne passe plus par la fistule , celle-ci se resserre et le trajet se ferme ; il diffère en cela des conduits muqueux , qui ne s’oblitèrent point dans la même circonstance : mais son oblitération n’est pas toujours facile , surtout au voisinage de la p^au , et en général ces sortes de conduits tendent très-peu vers la cicatrisation : aussi cherche-t-on par tous les moyens à y développer l’inflammation ou à détruire la membrane qui les revêt.
Dans les abcès comme dans les fistules , la membrane accidentelle tire son origine du tissu cellulaire , et est due probablement à une exsudation albumineuse, de la nature de celle qui constitue les fausses membranes. ( Béclard. )
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Ce système, dont j’emprunte le nom, comrai celui du précédent, du fluide qui en lubrifie habi tuellement une des surfaces, est toujours, commi lui, disposé en membranes, et jamais en faisceau: comme le système musculaire , ou en corps arron dis, comme le glanduleux. 11 est formé par le péri toine, la plèvre, le péricarde, l’arachnoïde, 1; tunique vaginale (i), etc. Le mot de memb'ranèi
(i) Sans doute, les membranes que Bichat vient de nommer diffèrent beaucoup des synoviales et des bourses muqueuses, sous le rapport du fluide qu’elles séparent; mais elles leur ressemblent quant à la disposition et à la texture, caractères spécialement anatomiques : aussi , en anatomie , ces divers organes ne doiventils former qu’un seul et même système; comme on en convient généralement aujourd’hui. Il importe peu d’ailleurs que l’on donne à ce système le nom de séreux ou tout autre ; mais ce qui est absolument indispensable, c’est de bien définir ce mot, et de le dépouiller tout-à-fait de son acception physiologique, pour lui en donner une qui rappelle seulement l’état statique des membranes dont nous parlons. Le système séreux, ainsi constitué dans l’anatomie générale , comprendra trois genres d’organes : celui des membranes séreuses splanchniques , celui des séreuses articulaires , celui enfin des séreuses des tendons. On pourrait même encore y ajouter un quatrième genre , que formeraient les membranes séreuses sous-cutanées , membranes dont le développe- 1 ment toutefois est variable, ( F. Blandin, )
SÉREUX
SEREUX. IO9
êreuses me servira donc très-souvent à le désigner. 3ersonne, je crois, avant la publication de mon Traité des Membranes , n’avait envisagé d’une madère générale ces organes, qui jouent un rôle noins important que les muqueuses, dans les foncions, mais qui, dans les maladies, sont presque lunjussi fréquemment affectés. M. Pinel, qui a bien Jah Ki l’analogie de leurs inflammations, a pris ce ystème pour caractère d’un des ordres de la classe les phlegmasies.
ARTICLE PREMIER
'E l'étendue, des formes, du fluide du système
SÉREUX
1 Le système séreux occupe l’extérieur de la pluart des organes dont le muqueux tapisse l inté- >1“ ieur : tels sont l’estomac, les intestins, la vessie, 3s poumons, etc. On le voit autour de tous ceux ui sont essentiels à la vie, comme autour du cereau, du coeur, de tous les viscères gastriques, du gesticule, de la vessie, etc.
Il ne forme point, comme le système muqueux, ne surface partout continue sur les nombreux oranes où il se déploie; mais on le trouve toujours >olé dans ses diverses divisions, lesquelles n’ont resque jamais de communication. Le nombre de es divisions est assez considérable. En envisageant ous un même coup d’œil toutes les diverses suraces séreuses, on voit que leur totalité surpasse es surfaces muqueuses considérées aussi d’une
I ÏO
manière générale. Une considération suint pour en convaincre. Les surfaces muqueuses et séreuses s’accompagnent dans un très-grand nombre de parties, comme à l’estomac, aux intestins, au poumon, à la vessie, à la vésicule, etc., de manière à y présenter à peu près la même étendue. Mais, d’une part, les surfaces muqueuses se prolongent là où les séreuses ne se rencontrent point , comme aux fosses nasales , à l’oesopha ge , à la bouche , etc. , etc. : d’une autre part, il est un très-grand nombre de surfaces séreuses existant séparément des muqueuses, comme le péricarde, l’arachnoïde, etc. Or, s on compare l’étendue des surfaces séreuses isolée; à celle eles surfaces muqueuses aussi isolées, or verra que l’une est bien supérieure à l’autre.
Ces considérations, minutieuses en apparence méritent cependant une attention spéciale, à causi du rapport de fonctions existant entre ces dem surfaces prises en totalité, rapport qui porte spécialement sur l’exhalation des fluides albuminem opérée par l’une, et sur la sécrétion des fluide muqueux dont l’autre est le siège. Au reste, et envisageant l’étendue de chaque membrane séreusi en particulier, on voit de grandes variétés depui le péritoine, qui a le maximum de surface, jusqu’il la tunique vaginale , qui est la plus petite.
La surface séreuse prise en "totalité, comparée i la surface cutanée, lui est aussi évidemment supérieure en largeur; en sorte que, sous ce rapport, la quantité des fluides albumineux sans cesse exhalée au dedans paraît bien plus considérable que celle de l’humeur habituellement rejetée au
SÉ3.ETJX.
dehors par la transpiration insensible : je dis sous ce rapport ; car diverses circonstances, en augmentant l’action de l’organe cutané, peuvent rétablir ! l’équilibre dans l’exhalation de ces deux fluides, dont l’un rentre, par l’absorption, dans le torrent ü de la circulation, et dont l’autre est purement exï crémentitiel. Je ne sais même si les exhalations r pulmonaire et cutanée réunies ne sont pas moindres que celles qui s’opèrent sur les surfaces sé-
I reuses.
Toute membrane séreuse représente un sac sans
1 ouverture, déployé sur les organes respectifs quelle embrasse, et qui sont tantôt très-nombreux, comme au péritoine, tantôt uniques, comme au péricarde, enveloppant ces organes de manière qu’ils ne sont
] point contenus dans sa cavité, et que , s’il était possible de les disséquer sur leur surface, on aurait |cette cavité dans son intégrité: Ce sac offre, sous ce rapport, la même disposition que ces bonnets reployés sur eux-mêmes dont la tête est enveloppée pendant la nuit; comparaison triviale, mais qui donne une idée exacte de la conformation de ces sortes de membranes.
D’après cette disposition générale, il est facile ■de concevoir que les membranes séreuses ne s’ouvrent jamais pour laisser pénétrer dans leurs organes respectifs les vaisseaux et les nerfs qui s’y rendent ou qui en sortent, mais que toujours eHes se replient en les accompagnant jusqu’à l’organe, et en leur formant ainsi une gaine qui les empêche d’être contenus dans leur cavité; ce qui prévient l’infiltration de la sérosité qui les lubrifie, infiltra-
tion qui aurait lieu à travers le tissu cellulair voisin, surtout dans leur hydropisie, si, commj les membranes fibreuses, elles étaient percées dr trous pour le passage de ces vaisseaux et de ce, nerfs. Cette disposition , exclusivement remarqua ble dans les membranes qui nous occupent et dan, les synoviales, est manifeste à l’entrée des vaisseaux des poumons, de la rate, des intestins, de l’esto mac, des testicules, etc. On la voit très-bien dam l’arachnoïde, membrane essentiellement séreuse comme je l’ai démontré ailleurs.
D’après l’idée générale que nous avons donné( des membranes, il est encore facile de concevoii comment presque toutes sont composées de deux parties distinctes, quoique continues et embras sant, l’une la surface interne de la cavité où elle:: se rencontrent, l’autre les organes de cette cavité , ainsi, il y a une plèvre costale et l’autre pulmonaire, une arachnoïde crânienne et une cérébrale une portion de péritoine reployée sur les organes gastriques et l’autre sur les parois abdominales, unes portion libre du péricarde et une adhérente an coeur. Même disposition dans le testicule, etc.
Quoique les membranes séreuses soient isolées, cependant il existe quelquefois des communications entre elles; celle, par exemple, de la cavité épiploïque avec la cavité péritonéale, celle de la cavitér arachnoïdienne avec la cavité de la membrane qui tapisse les ventricules par le canal que j’ai découvert, et dont l’orifice externe se voit au dessous et à la partie postérieure du corps calleux, tandis que l’interne s’aperçoit au dessus de la glande pi
SÉREUX. Il3
néale, entre les deux rangées de petits corps ar- ! rondis qui se trouvent ordinairement en cet endroit.
Il n’est qu’un exemple de continuité entre les membranes séreuses et les muqueuses, celle qui, au moyen de la trompe de Fallope, existe entre le péritoine et la surface utérine. Comment la nature respective des deux membranes change-t-elle ici?
§ I". Surface libre des Membranes séreuses.
Toute membrane séreuse a l’une de ses deux surfaces libre, partout contiguë à elle-même, l’autre adhérente aux organes voisins. La première est remarquable par le poli qu’elle présente, et qui forme an caractère qui distingue spécialement ce système, ainsi que le suivant, de toutes les autres memaranes. Tous les organes qui offrent cette disposition la doivent à l’enveloppe qu’ils en empruntent, e foie cesse d’être uni et reluisant à son bord diaahragmatique, où le péritoine l’abandonne. Il y a, ous ce rapport, une grande différence entre l’asaect de la face antérieure et celui de la 'ace posté- ■ieure de l’intestin cæcum. La vessie est rugueuse aartout où elle manque d’enveloppe péritonéale, les cartilages des cotes n’ont point le poli de ceux les articulations qu’embrasse la membrane synodale, etc.
Cet attribut remarquable des membranes s:'euses dépend-il de la compression exercée sur ailes ? Leur situation dans les lieux où elles sont Anaï, gék* î. iv.
exposées à un frottement continuel semblerait le faire croire. Bordeu l’a prétendu, lorsqu’il dit que toutes les parties du bas-ventre sont primitivement enveloppées de tissu cellulaire, qui, par la pression, s’est changé ensuite en membranes; en sorte j que le péritoine se forme partiellement sur chaque organe gastrique, et que ses parties diverses donnent naissance, en se réunissant, à la membrane générale. Cette explication de la formation du péritoine est applicable, selon lui, à la plèvre, au péricarde et à toutes les membranes analogues. Mais si telle est la marche de la nature, i° pourquoi, quel que soit l’àge auquel on examine le foetus, trouve- t-on le péritoine et les membranes séreuses aussi développées à proportion que leurs organes correspondais? a0. Comment se forment les replis nombreux de ces membranes , tels que le mésentère , l’épiploon , etc. ? 3°. Pourquoi est-il des parties où elles n’existent pas, quoique ces parties soient exposées à un frottement égal à celui des parties où on les rencontre? Pourquoi, par exemple, la vessie en est-elle dépourvue sur les côtés, tandis que sa partie supérieure en est tapissée? 4°- Pourquoi na^p forme-t-il pas aussi des surfaces séreuses autour des gros vaisseaux du bras, de la cuisse, etc., qui impriment aux organes* voisins un mouvement manifeste? 5°. Pourquoi l’épaisseur des membranes séreuses -n’augmente-t-elle pas là où le mouvement est le plus fort, et ne diminue-t-elle pas là où il est le plus faible? Pourquoi, par exemple, l’épaisseur de la tunique vaginale égale-t-elle celle du péricarde? 6°. Comment, au dedans, le frottement
SEREUX.
i iS
peut-il produire un corps organisé, tandis qu’au dehors il désorganise constamment l’épiderme?
* j. Comment allier.la texture toute vasculaire-iympliatique des membranes séreuses avec la pression qui les produit? L’impossibilité de résoudre ces nombreuses questions prouve que ce n’est point à
• une pression mécanique qu’il faut attribuer et la formation des membranes séreuses, et le poli de leur surface; que leur mode d’origine est le même que celui des autres organes ; qu’elles commencent et se développent avec eux; que ce poli est un résultat manifeste de leur organisation, commentes papilles muqueuses dépendent de la texture des surfaces auxquelles elles appartiennent. Que diraiton d’un système où ces papilles seraient attribuées à la pression des alimens sur l'estomac, de l’urine sur la vessie, de l’air sur la pituitaire, etc.?
La surface libre des membranes séreuses isole entièrement des organes voisins ceux sur lesquels ces membranes sont déployées; en sorte que ces organes trouvent en elles de véritables limites, des barrières, si je puis me servir de ce terme, ou, si l’on veut, des tégumens, bien différens cependant de ceux qui sont extérieurs. Remarquez, en effet, que tous les viscères principaux, le coeur, le poumon, le cerveau, les viscères gastriques , le testicule, etc., bornés par leur enveloppe séreuse, suspendus au milieu du sac qu’elle représente , ne communiquent qu’à l’endroit où pénètrent leurs vaisseaux avec les parties adjacentes : partout ailleurs il y a contiguité, et non continuité.
Cet isolement de position coïncide très-bien avec
l’isolement de vitalité ctu’on remarque dans tous les organes, et notamment dans ceux que nous venons d’indiquer. Chacun a sa vie propre, laquelle est le résultat d’une modification particulière de ses forces vitales, modification qui en établit nécessairement une dans la circulation, la nutrition et la température. Aucune partie ne sent, ne se meut, ne se nourrit comme une autre , à moins que celleci n’appartienne à un même système. Chaque organe exécute en petit les phénomènes qui se passent en ^rand dans l’économie ; chacun prend dans le torrent circulatoire l’aliment qui lui convient, digère cet aliment, rejette au dehors, dans la masse du sang, la portion qui lui est hétérogène, s’approprie celle qui peut le nourrir : c’est la digestion en abrégé. Sans doute qu’ils voulaient donner une idée de cette vérité si bien développée par Bordeu, les anciens qui disaient que la matrice est un animal vivant dans un autre animal. C’est donc un usage bien important des membranes séreuses, que de contribuer, en rendant indépendante la position de leurs organes respectifs , à l’indépendance des forces vitales, de la vie et des fonctions de ces organes.
N’oublions pas d’envisager sous le même point de vue l’atmosphère humide dont elles les environnent sans cesse, atmosphère analogue à celle que le tissu cellulaire forme à divers autres organes. Dans cette atmosphère vont pour ainsi dire se perdre toutes les émanations morbifiques de l’organe , sans que ces émanations atteignent les autres. Nous avons vu cette atmosphère, dans le sys-
SÉREUX.'
tème cellulaire, être quelquefois le siège de phénomènes tous clifférens , et servir à transmettre les maladies d’un organe à bautre. Or, les membranes séreuses sont constamment une barrière bien plus insurmontable , parce qu’elles ne présentent point de filamens qui vont d’un organe à l’autre, qu’il n’y a que contiguité, comme je l’ai dit, dans les organes quelles entourent. On ne voit que trèsrarement, dans l’abdomen, une maladie du foie se communiquer aux intestins, une de la rate passer à l’estomac, etc. (i).
Le poli de la surface libre du système séreux fa-
(i) Les membranes séreuses servent-elles bien rigoureusement de barrière entre les organes notés ici par Bichat? Je nie le fait , et je le nie sans restriction aucune. D’abord une foule d’observations pathologiques prouvent que les cancers de l’estomac ou des intestins se propagent facilement vers les organes voisins de ceux- ! ci , par exemple, le foie, la rate, etc. En outre, il est évident que i les membranes séreuses n’ont en elles-mêmes aucune des pro— . priétés isolantes qui leur ont été attribuées : la seule chose qui , apporte quelque obstacle aux communications morbides entre deux organes revêtus de feuillets séreux , c’est l’espace qui les sépare , c’est le défaut de continuité cellulo-vasculaire. Au reste , voyez combien cet obstacle lui-même est faible : qu’un tubercule se développe à la surface du poumon , la membrane séreuse qui Si revêt cet organe s’enflamme , se recouvre de couches pseudomembraneuses , inorganiques d’abord , mais dans lesquelles l’ore ganisation ne tarde pas à se manifester: ces exsudations établissent des adhérences cellulo-vasculaires entre la paroi thoracique et l'organe pulmonaire, et l’altération organique se propage promptement vers les côtes , les muscles intercostaux et les ganglions lymphatiques de cette région, (F. Blanhin. )
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eilite singulièrement le mouvement des organes qu’il recouvre. Nous avons déjà observé que la nature s'est ménagé deux moyens principaux pour remplir ce but, savoir, les membranes et le tissu cellulaire. En distribuant au dehors le second de ces moyens, elle a spécialement destiné le premier aux mouvemens internes. Le poli, l’humidité des surfaces séreuses leur sont singulièrement favorables. Ces mouvemens internes ne sont considérés ordinairement que d’une manière isolée, que relativement aux fonctions de l’organe qui les exécute, que par rapport à la circulation pour le cœur, à la respiration pour le poumon, à la digestion pour l’estomac, etc. Mais il faut les envisager aussi d’une manière générale; il faut les regarder comme portant dans toute la machine une excitation continuelle, qui soutient, anime les forces et l’action de tous les organes de la fête, de la poitrine et du bas-ventre, lesquels reçoivent moins sensiblement que les organes des membres l’influence des mouvemens extérieurs. Ce sont ces mouvemens internes qui excitent, entretiennent et développent au dedans les phénomènes nutritifs; comme au dehors les mouvemens des bras, des cuisses, etc., favorisent la nutrition des muscles qui s’y trouvent, ainsi cpi’on le voit d’une manière sensible chez les boulangers, les mécaniciens et autres artistes qui exercent plus particulièrement telle ou telle partie. C’est ainsi que les membranes séreuses contribuent indirectement à la nutrition et à l’accroissement de leurs viscères respectifs; mais jamais elles n’ont sur cette nutrition une influence directe,
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parce que leur organisation et leur vie sont différentes de la vie et de l’organisation de ces viscères.
La surface libre du système séreux diffère essentiellement de celle du muqueux, en ce quelle contracte de fréquentes adhérences. La plèvre est, de tous les organes séreux, celui où ces adhérences sont le plus marquées : il y a presque autant de cadavres avec cette disposition qu’on en rencontre sans elle. Après la plèvre, c’est le péritoine, puis le péricarde, puis la tunique vaginale, puis l’arachnoïde, qui est, de toutes les surfaces séreuses, celle où les adhérences sont le moins fréquentes, quoique cependant j’en aie observé. Ces adhérences offrent plusieurs variétés que l'on peut surtout bien étudier sur la plèvre , et que voici :
i°. Quelquefois la portion costale et la pulmonaire sont tellement identifiées en plusieurs points ou dans leur totalité, qu’elle ne font qu’une seule*, membrane, et qu’elles se tiennent aussi bien que les deux bords de la lèvre inférieure dans le bec-delièvre opéré avec succès, a0. D’autres fois l’adhérence se fait d’une manière si .lâche que le moindre effort suffit pour la détruire. J’ai observé ce fait plusieurs fois dans le péricarde. Je l’ai vu une fois sur la tunique vaginale d’un homme opéré d’un hydrocèle par le moyen de l’injection , dans le temps que j’étais, à l’IIôtel-Dieu , chirurgien aux opérations. Isolées alors l’une de l’autre, les deux surfaces restent inégales; elles ont perdu leur poli. 3°. Souvent, entre les portions costale et pulmonaire de la plèvre, entre les surfaces du péri-
toine, etc., il y a divers prolongemens plus ou moins longs, qui forment comme des espèces de brid es lâches, traversant la cavité séreuse, ayant I la même organisation, le même poli que la membrane, dont elle paraissent être une espèce de repli, contenant dans leur intérieur une espèce de petit canal parce qu’elles sont formées par deux feuillets adossés, ressemblant très-bien à ce prolongement de la synoviale du genou, qui de la partie postérieure de la rotule , va se rendre dans l’intervalle des condylcs fémoraux, ayant aussi une apparence analogue à divers replis naturels du péritoine. On conçoit difficilement que ces filamens si régulièrement organisés puissent résulter d’une inflammation. Je soupçonne presque qu’ils sont dus à une conformation primitive (i). 4°« Souvent entre les deux portions de la plèvre, on voit une foule d’autres prolongemens tout différens, qui ne
(i) Il est avéré aujourd’hui que ces filamens sont des produits d’inflammations anciennes : i° parce qu’on ne les rencontre que chez des individus qui ont été affectés , à un degré plus ou moins apparent , de quelques maladies de la membrane séreuse qui les présente; parce qu’on les trouve d’autant plus nombreux que la vie a duré plus long-temps, d’autant plus par conséquent que les individus ont été plus exposés à l’action des causes inflammatoires ; 3 1 parce qu’on les développe à volonté chez les animaux, en enflammant leurs membranes séreuses ; 4° enfin, parce qu’on les rencontre souvent au niveau de points où la membrane séreuse a été visiblement irritée par un corps étranger , ou par une formation accidentelle.
(F. Blandin. )
SÉREUX
sont point lisses, ne forment point de conduits, mais paraissent comme floconneux, et sont véritablement analogues aux lames cellulaires ; en sor* que, là où ils existent, on dirait que la membrane s’est entièrement changée en ce tissu,. qui du reste est, comme nous le verrons, la base essentielle ï l de son organisation. 5°. Je ne parle pas des adhé- ' rences produites par les fausses membranes, par les flocons albumineux intermédiaires à deux portions d’une surface séreuse, etc. : ces adhérences sont jusqu’à un certain point étrangères à ces • surfaces.
§ II. Surface adhérente du Système séreux.
La surface externe des membranes séreuses adhère presque partout aux organes voisins : il est rare, en effet, de voir ces membranes isolées des deux côtés. L’arachnoïde, à la base du crâne, et quelques autres exemples font exception. Cette adhérence des membranes séreuses à leurs organes respectifs est toute différente de celle des membranes fibreuses. Dans celle-ci, le passage des vaisseaux unit tellement les deux parties, que leur organisation semble commune, et que, l’une étant enlevée, l’autre meurt presque toujours, comme on le voit dans le périoste par rapport aux os, etc. Au contraire, toute membrane séreuse est presque étrangère à l’organe quelle entoure; son organisation n’est point liée à la sienne : en voici les preuves.
i°. On voit très-souvent ces membrrnes aban-
donner et recouvrir tour à tour leurs organes res-
fctils : ainsi les ligamens larges, très-éloignés de matrice dans l’état ordinaire, lui servent de membrane séreuse pendant la grossesse; l’intestin qui se distend emprunte du mésentère une enveloppe qui le quitte lorsqu’il se contracte; l’épiploon est tour à tour, comme l’a très-bien observé M. Chaussier, membrane flottante dans le basventre, et tunique de l’estomac; souvent l’enveloppe péritonéale de la vessie l’abandonne presque ■ en totalité ; le sac herniaire de ces énormes déplacemens des viscères gastriques n’a-t-il pas primitivement servi à tapisser les parois du bas ventre, etc...? Or, il est évident que, puisque les divers organes peuvent exister isolément de leurs membranes séreuses, il n’y a nulle connexion entre leur organisation réciproque. a°. C’est toujours un tissu lâche, facile à se distendre en tous sens, qui sert de moyen d’union, et jamais un système vasculaire sanguin, comme dans la plupart des autres adhérences. 3°. L’affection d’un organe n’est point une conséquence nécessaire de celle de sa membrane séreuse; et, réciproquement, souvent l’organe s’affecte sans que la membrane devienne malade. Par exemple, dans l’opération de l’hydrocèle, le testicule reste presque constamment intact au milieu de l’inflammation de sa tunique vaginale. L’inflammation de la* membrane muqueuse des intestins n’est point une suite de celle de leur enveloppe péritonéale; et, réciproquement, dans les diverses affections catarrhales aiguës des organes à membranes muqueuses au dedans et séreuses au dehors,
séreux. ia3
on ne voit point celle-ci s’enflammer, etc. En un mot, les affections des membranes muqueuses sont partout très-distinctes de celles des séreuses, quoique le plus communément toutes deux concourent à la formation du même organe. Il est évi-; dent qu’une ligne de démarcation si réelle dans les affections en suppose inévitablement une dans l’organisation. La vie des membranes séreuses est donc entièrement isolée de celle de leurs organes correspondans (i).
Cependant il est des cas où ces sortes de membranes cessent de présenter leur laxité d’adhé-
(1) Cette proposition est beaucoup trop générale ; l’inverse , serait plus facile à établi r. En effet, il est incontestable que I k îembrane séreuse qui revêt un organe , reçoit ses vaisseaux des sources qui les fournissent à l’onrane lui-même; Qui oserait dire, par exemple , que les vaisseaux nutriciers du poumon , du cœur, etc. , ne sont pas aussi ceux de la plèvre pulmonaire , du feuillet viscéral du péricarde? Le fait de l’épiploon, du mésentère, allégué par Bicb.at , n’est que spécieux : en effet, ces portions du péritoine ne font qu’ accidentellement partie de l’estomac et des intestins, et dès-lors rien ne doit étonner, si leurs vaisseaux ne font pas partie du système vasculaire propre de l’estcmac et de l'intestin ; mais il en est autrement de la portion de péritoine qui n’abandonue jamais ces organes quelque retrait qu’ils subissent. J’ajoute également que souvent les inflammations séreuses se propagent aux organes sous-jacéns. Qui ne sait que souvent la pneumonie est consécutive à la pleurésie? Qui n’a vu l’inflammation de l’extérieur de l’encéphale suivre le développement de l’arachnilis? L’exemple même choisi par Bicbat , dans les phénomènes que l’on observe après l’opération de l’hydrocèle par inj^étion , est visiblement contraire à la
rence,etoù elles deviennent tellement unies aux organes quelles tapissent que le scalpel le plus fin ne saurait souvent les séparer. Voyez la tunique vaginale sur l’albuginée, l’arachnoïde sur la duremère, et autres membranes qui forment ce que j’ai appelé les sèro-fibreuses , etc. : telle est la connexion de ces diverses surfaces, que plusieurs ont été prises jusqu’ici pour une membrane unique. Il n’y a cependant pas plus d’identité d’organisation que là où les membranes séreuses sont plus faiblement attachées à leurs organes respectifs, comme on le voit au péritoine, à la plèvre , etc. Les maladies rendent quelquefois cette différence très-sensible : j’ai vu l’arachnoïde d’un cadavre affectée d’une inflammation chronique sensiblement épaissie à la surface interne de la dure-mère, sans que celle-ci eût éprouvé la moindre altération : on la détachait sans peine, et elle se déchirait avec une extrême facilité (1).
théorie : en effet toujours, ou presque toujours, le testicule se gonfle dans ces cas, loin de rester entièrement intact; et cette tuméfaction, qui montre toutes les relations de vitalité qui lient le testicule à la tunique vaginale, lorsqu’elle est modérée, est généralement considérée comme avantageuse ; elle prouve que l’irritation a été excilative au degré convenable pour amener l’oblitération de la poche testiculaire. ( F. Blandin. )
(i) M. Rostan a disséqué le cadavre d’une vieille femme chez laquelle il a trouvé un épanchement entre la dure-mère et le feuillet pariétal de l’arachnoïde; j’ai fait la même observation sur un soldat qui avait reçu un violent coup de sabre sur la région syncipitale. g| (F. Blandin.)
SÉREUX
§ III. Fluides séreux.
Toute membrane séreuse est humide à sa surface interne d’un fluide presque identique à la sérosité du sang. Les oriflees exhalans le versent sans cesse, et sans cesse il est repris par les absorbans. Sa quantité varie. Simple rosée dans l’état naturel, il s’exhale en vapeurs lorsque les surfaces séreuses, mises à découvert, pemettent à l’air de le dissoudre. Il est, en général, plus abondant dans les cadavres que sur le vivant, parce que d’ujjÿ part la transsudation qu’empêchaient les forces toniques s’opère facilement alors par la chute de ces forces, et remplace l’exhalation vitale , en transmettant mécaniquement, 'par leur pesanteur, les fluides des organes environnans aux diverses cavités séreuses ;
Jparceque, d’une autre part, cette même chute des forces toniques s’oppose à toute espèce d’absorption : de là la stase, l’accumulation de ce fluide. On sait jusqu’à quel point augmente sa quantité dans les diverses hydropisies, notamment dans celle du bas-ventre.
Cette quantité ne varie-t-elle pas suivant les divers états des organes qu’enveloppent les membranes séreuses? On a dit, il y a long- temps, que la synovie s’exhale en plus grande abondance dans le mouvement des articulations que dans leur état de repos. Je n’ai sur ce point aucune donnée fondée sur l’expérience; mais je puis assurer avoir plusieurs fois observé, sur les animaux vivans, que l’exhalation de la surface séreuse du bas-ventre
n’augmente point pendant la digestion , ou du moins que si elle est plus grande, l’absorption devient plus active, et qu’ainsi la surface du péritoine n’est pas plus humide que dans un autre temps. J’ai ouvert la poitrine de plusieurs petits cochons-d’Inde, après les avoir auparavant fait courir long-temps dans une chambre pour accélérer leur respiration , et je n’ai point remarqué non plus une humidité
douter, comme nous le verrons, que la quaiimc uc fluides séreux ne soit très-variable dans les diverses maladies aiguës;^|ue les membranes séreuses n’en exilaient plus ou moins, suivant la manière dont elles sont sympathiquement affectées.
Dans les premières périodes des inflammations, où les exhalans des membranes séreuses sont pleins du sang cpii s’y est accidentellement introduit, la sérosité ne suinte plus de leur face libre. Alors, comme elles sont très-sensibles d’une part et trèssèches de l’autre, les mouvemens des organes quelles recouvrent y sont singulièrement douloureux. C’est dans ces premières périodes que les adhérences surviennent. Si elles ne se forment pas , soit à cause du mouvement, soit par d’autres raisons, et si la résolution de l’inflammation ne se fait point, alors il arrive aux surfaces séreuses ce qui survient à une plaie non réunie; elles suppurent : or, cette suppuration n’est jamais accompagnée d’ulcération et cl’érosion de leur substance. Quelque abondantes que soient leurs collections purulentes, ces membranes restent toujours intactes; leur tissu est seulement plus ou moins épaissi; le pus est rejeté par
plus grande sur la plèvre. Cependant
SEREUX.
elles comme les fluides séreux naturels, c’est-à-dire par voie d’exhalation. On sait combien ce fluide varie en consistance, depuis la sérosité lactescente jusqu’à la fausse membrane la plus épaisse et la plus adhérente à la surface qui en a exhalé les matériaux.
La nature des fluides du svstèine séreux est bien
manifestement albumineuse. A l’instant où l’on plonge une des membranes de ce système dans l’eau bouillante, j’ai remarqué qu’elle se recouvre d’une couche blanchâtre qui est l’albumine concrétée, et qui, s’enlevant ensuite peu de temps après, laisse à peu près à la surface sa couleur primitive. Toutes les substances qui coagulent l’albumine produisent une couche sur les surfaces séreuses. Les expérences de fiewson, qui a recueilli quelques cuillerées de ces fluides dans de grands animaux, confirment leur nature albumineuse. Rouelle et Fourcroy, qui ont analysé l’eau des hydropiques, y ont trouvé aussi l’albumine prédominante. Remarquez, à ce sujet, que tous les flocons blanchâtres nageant dans cette eau, que les fausses membranes qui s’y forment, que les fluides blancs qui la troublent de manière à lui donner l’apparence du lait, ne paraissent être que de l’albumine qui se trouve à des degrés différens de consistance (-1). On dirait que la chaleur de l'inflammation a produit le même
(0 La matière des fausses membranes diffère tout-à-fait de l’albumine. M. Orfila a démontré qu’elle est presque entièrement formée de fibrine. (F Blandin.)
phénomène pendant la vie, que le calorique ordinaire détermine sur le blanc d’œuf, sur l’eau des hydropiques, etc. Je ne me m’occupe point des autres principes accessoires qui entrent dans la composition des fluides séreux.
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