‹ Anatomie générale : (volume 2)Chapitre 6 sur 27 · ORGANISATION DU SYSTÈME SÉREUX · texte numérisé non relu

ORGANISATION DU SYSTÈME SÉREUX

Une couleur blanchâtre, reluisante, moins éclatante que celle des aponévroses; une épaisseur variable, très-sensible sur le foie, le cœur, les intestins, etc., à peine appéciable dans l’arachnoïde, l’épiploon, etc.; une transparence remarquable toutes les fois qu’on décolle ces membranes dans une étendue un peu considérable , ou qu’on les examine là où elles sont libres par leurs deux faces, comme à l’épiploon; voilà leurs premiers caractères de structure.

Toutes n’ont qu’un feuillet unique dont il est possible , aux endroits où il est épais , d’enlever des couches cellulaires, mais qu’on ne peut jamais nettement diviser en deux ou trois portions, caractère essentiellement distinctif de ceux des membranes muqueuses. L action d’un vésicatoire appliqué sur leur surface externe préliminairement mise à nu, par exemple, sur une portion d’intestin fixée au dehors dans un animal vivant, n’y fait point, comme à la peau, soulever une pellicule sous laquelle s’amasse la sérosité. J’ai plusieurs fois fait

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:et essai. Quelle est îa structure immédiate de ce feuillet unique des membranes séreuses? Je vais l’examiner.

§ Ier. Nature celluleuse du Tissu séreux.

Tout système est, en général, comme nous Tarons vu jusqu’ici, un assemblage j° de parties communes, qui sont spécialement du tissu celluaire, des vaisseaux sanguins, des exhalans, des ibsorbans et des nerfs, qui en forment, comme 1011s avons dit, le canevas, si je puis parler ainsi;

d’une fibre particulière formée par une substance qui se dépose dans ce canevas, par exemple, Dar la gélatine pour les cartilages, par la gélatine ît le phosphate calcaire pour les os , par la fibrine mur les muscles, etc. Ce qui rapproche les orgaaes, ce sont donc l’organe cellulaire, les vaisseaux ît les nerfs; ce qui les distingue, c’est leur tissu propre, tissu qui dépend lui-même d’une matière mtritive propre. Un os deviendrait muscle si, sans 'ien changer à sa texture, la nature lui imprimait a faculté de sécréter la fibrine, et de s’en encroû- :er, au lieu de séparer du phosphate calcaire et de i’en pénétrer. Or, le système séreux ne paraît mint avoir à lui de matière nutritive distincte, et aar conséquent de tissu propre. Il n’est formé que lu moule, du canevas des autres, et n’est point lénétré d’une substance qui le caractérise. Presque tout cellulaire, il ne diffère de ce système, lans sa forme commune, que par un degré de con- Akat. cés. t. iv.

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Sensation, que par le rapprochement et l’union de cellules qui se trouvent écartées dans l’état ordi n aire.

Voici sur quelles preuves repose la réalité d< celte texture toute cellulaire que j’attribue au sysl tème séreux. i°. Il y a identité de nature là où si trouve identité de fonctions et d’affections: or,i est évident que les usages de ces membranes et di tissu cellulaire, relativement à l’absorption et i l’exhalation continuelles de la lymphe, sont abso lument les mêmes, et que les phénomènes des di verses hydropisies leur sont absolument communs avec la seule différence de l’épanchement dans le: unes, et de l’infiltration dans l’autre. a°. L’insuffla tion de l’air dans le tissu subjacent à ces mem branes finit presque par les ramener à un état cel lulaire, lorsqu’elle réussit et qu’on la pousse ui peu loin; expérience qui souvent est très-difficile 3°. La macération, comme l’a très-bien remarqua Haller, produit à la longue le même effet, mai d’une manière plus sensible encore. 1°. Les cliver kystes, les hydatides, etc. , dont l’aspect, la texture la nature même, sont absolument les mêmes qui dans les membranes séreuses, comme nous l’avon vu , naissent toujours au milieu du tissu cellulaire croissent à ses dépens, et en sont tout formés 5°. Aucune fibre ne se rencontre dans les mem branes séreuses ; caractère distinctif des autres or ganes, et analogue à celui du tissu cellulaire.

A ces diverses preuves d'analogie, d’identit même, entre les systèmes cellulaire et séreux, nou pouvons ajouter l’action des différens réactifs, qu

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lonnent des résultats exactement semblables dans 'un et l’autre. 1°. Toute membrane séreuse dessé- :hée devient transparente, ne jaunit point comme i es membranes fibreuses, conserve une souplesse étrangère à ces membranes et aux muqueuses aussi lesséchées, reprend à peu près son état primitif orsqu’on la replonge dans l’eau. 20. Elle se pourit beaucoup plus difficilement que les surfaces muqueuses, que les couches musculeuses, que les glandes, etc., etc. Cela est remarquable à l’abdomen, sur le péritoine, qui est souvent presque intact, tout étant putréfié autour de lui, comme on peut le voir en l’enlevant; car la transparence vous ferait croire au premier coup d’œil qu’il est altéré, si ■vous l’examiniez sur les plans charnus et muqueux.

\ 3°. La macération, à la température ordinaire des ' caves, ne réduit que très-difficilement en pulpe les membranes séreuses; la plus mince, la plus fine : de ces membranes, l’épiploon, y a résisté pendant un temps très-long dans mes expériences. Ce phénomène est surtout frappant lorsqu’on le compare i à la macération des tendons , qui sont si résistans et qui supportent de si grands efforts pendant la vie : déjà ceux-ci sont pulpeux dans l’eau que l’éj piploon est intact. Même phénomène pour toutes les autres surfaces séreuses. 4°- Dans l’eau bouillante, ces surfaces se racornissent comme le système fibreux, mais fournissent infiniment moins de gélatine; elles ne jaunissent point alors comme lui. La plèvre, dans les portions de poitrine d’animaux qu’on sert sur nos tables, a presque son apparence ordinaire : seulement elle est plus terne,

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a perdu la faculté de se crisper sous l’action di calorique, n’est plus altérable de la même manière par les acides, etc. Si elle était de nature fibreuse elle aurait disparu en gélatine, à cause de sa ténuité J’en dirai autant des membranes externes de h! rate, du foie, des poumons qui servent à différent mets. Comparez, sur nos tables, ces membrane* bouillies avec les aponévroses inter-musculaires, les tendons, etc., vous verrez qu’il est impossible! de confondre, comme l’ont fait les chimistes, tous les tissus blancs les uns avec les autres, sous le rapport de leur nature.

Si on compare les différens effets des agens les i plus connus sur le système séreux, à ceux que nous1 avons observés sur le système cellulaire, on verra1 qu’ils sont absolument les mêmes; que ces deux systèmes sont par conséquent analogues, et même identiques.

En se putréfiant à l’air , le système séreux ne verdit point comme la peau, il devient terne et d’un gris très-foncé. Pendant la vie , au contraire, sa noirceur est très-manifeste dans la gangrène, qui! est le résultat tantôt d’une inflammation aiguë, tantôt de ces inflammations chroniques avec production d’une foule de petits tubercules blanchâtres qu’il est si fréquent de trouver sur ces membranes. Cette différence tient à ce que, sur le cadavre, ces surfaces ne sont point pénétrées de sang au moment où elles se putréfient; au lieu quelles en contiennent beaucoup sur le vivant, quand la putréfaction succède à l’inflammation qui en a rempli les exhaîans. Beaucoup d’autres faits prouvent que,

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las le sang est en grande quantité dans une partie l’instant de sa putréfaction, plus elle devient lors livide et noire. Dans une foule de cadavres que j ai déjà ouverts, je n’ai'encore observé de gangrène ue dans le péritoine. La plèvre, l’arachnoïde, le éricarde, la tunique vaginale ne m’en ont jamais ffert : sans doute elle y arrive aussi; mais je , rois avoir assez ouvert de cadavres pour que mon bservation sur ce point établisse en principe gé- J éral que le péritoine y est plus sujet que tous les atres organes analogues (i).

Quoique les différentes considérations exposée -dessus établissent beaucoup d’analogie entre le •stème cellulaire et le système séreux, ils pré-

Intent cependant des différences réelles : d’abord ur apparence extérieure n’est pas la même; en- . lite il y a quelque chose dans leur nature intime ue nous ne connaissons pas, et qui diffère aussi, ir, toutes les fois que deux organes sont identiues, ils sont sujets aux mêmes affections : or, il >t une maladie des surfaces séreuses qu’on ne voit aint dans le système cellulaire, ce sont ces inflammations lentes dont je parlais tout à l’heure, malae qu’il faudrait plutôt ranger dans une classe autre je celle des phlegmasies, et que la production

(1) Depuis Bichat , on a recueilli de nombreuses observations ■ gangrène du poumon , gangrène tantôt bornée à la profon— ur de cet organe , et tantôt étendue à sa surface séreuse : aussi crois que la plèvre l’emporte sur toutes les autres membranes i même genre par sa disposition à cette grave altération.

( F. Blandjn. )

des petits tubercules qui l’accompagnent caractéri; surtout. Les auteurs qui n’ont point assez fixé lei attention sur elle l’ont dénommée entérite clin nique dans le péritoine, inflammation latente dai la plèvre , etc. , quoique cependant, étrangère à toi organe subjacent, excepté dans les derniers temp où elle se propage par le tissu cellulaire , elle a exclusivement son siège dans les membranes s reuses, et qu’elle soit une affection propre à c< membranes, comme les éruptions miliaires le soi à la surface cutanée, comme les aplithes le sont ai surfaces muqueuses, etc. Ajoutez à cette différent celle du pus que rendent le tissu cellulaire et 1 surfaces séreuses : ce fluide n’est point le mên dans les deux systèmes; on ne connaît pas sa diff rence de nature, mais son apparence extérieu n’est nullement la même.

§ II. Parties communes à V Organisation du Système séreux.

Exhal an s.

Il se fait habituellement une exhalation très-n 1 nifeste dans les surfaces séreuses. Un ordre pi ticulier de vaisseaux est l’agent de cette exhalaticj dont la matière est le fluide exposé ci-dessus. Ci vaisseaux se démontrent très-distinctement dans système : c’est même le seul où l’œil de l’anal miste puisse les suivre exactement. Voici les moye de les voir : i° sur un animal vivant, retirez un jj

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testin de l’abdomen , il vous offrira une teinte rosée due aux vaisseaux subjacensà la couche séreuse, et '/«presque pas de vaisseaux dans cette couche elle-

imêrne. Irritez-la, réduisez ensuite l’intestin en le fixant par un fil, comme dans l’opération de la hernie avec gangrène , retirez-le au bout de trente-six ou de quarante-huit heures; il vous offrira une foule destries rougeâtres, parcourant cette surface séreuse, et y montrant à nu les exhalans, qui étaient insensiblesdans l’état naturel, à cause de la transparence de leurs fluides. 20. Les injections très-fines rendent x en un instant toutes les surfaces séreuses couvertes d’une infinité de stries de la couleur du fluide injecté , stries qui sont évidemment des exhalans pleins de ce fluide. 3°. Dans ces injections, on fait souvent pleuvoir une rosée extrêmement ténue de la surface lisse des membranes séreuses, rosée qui se fait sans

I rupture ni transsudation , et dont les exhalans sont les sources. 4°- Si on met une surface séreuse à découvert sur un animal vivant, et qu’on l’essuie, elle se recouvre bientôt après d’une sérosité nouvelle, que les exhalans fournissent.

Absorbons .

D’après la texture des membranes séreuses, il est évident que le système lymphatique entre essentiellement dans leur formation, qu’elles ne sont même vraisemblablement qu’un entrelacement d’exhalans et d’absorbans; car nous avons vu que l’organe cellulaire en est un assemblage. Mais cette assertion,

que dicte l’analogie, est appmée encore sur des preuves directes. i°. Le fluide des hydropisies des diverses cavités varie en densité et en couleur : or, Mascagni a toujours observé que les lymphatiques de leur voisinage contenaient un fluide exactement analogue. a0. Deux cadavres ayant un épanchement sanguin dans la poitrine ont offert au même auteur ; les absorbans du poumon gorgés de sang. 3°. Dans un homme devenu emphysémateux à la suite d’un empoisonnement, ces* vaisseaux étaient distendus par l’air. 4°- Injectés dans le bas-ventre ou la poitrine , des fluides colorés se retrouvent bientôt! après, dit-on, dans les lymphatiques voisins, avec Ja même couleur. J’ai répété souvent cette expérience. Le fluide injecté a été bientôt absorbé, mais non la matière qui le colorait; en sorte que cette matière, plus condensée après l'absorption, teignait ! la surface séreuse, les lymphatiques étant transparens comme à l’ordinaire. Il faut choisir, en général, l’abdomen pour ces sortes d’expériences, parce que, très à nu sur le foie, les absorbans peuvent y ; être plus facilement examinés. Cette faculté absorbante se conserve quelque temps après la mort; mais on doit avoir soin, pour en obtenir alors plus sûrement l’effet , de conserver l’animal , s’il est à sang chaud, dans un bain à peu près à sa température : j’ai eu plusieurs fois l’occasion de m’assurer de cette vérité, et d’observer avec Crüikshank que ce que dit Mascagni sur l’absorption des cadavres humains, quinze, trente, quarante-huit heures même après la mort, est au moins extrêmement exagéré. 5°. Voici une expérience quimesert, chaque

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année , à démontrer les absorbans : je fais macérer,

; pendant cinq à six heures, le cœur d’un bœuf dans l’eau; au bout de ce temps, la membrane séreuse de cet organe, qui ne laissait apercevoir que difficiil lement ces vaisseaux, en paraît couverte. 6°. Lors- 'I que les membranes séreuses s’enflamment, on voit ii les lymphatiques subjacens distendus comme elles par les globules rouges du sang, etc., etc.

0 II paraît donc démontré, i° que les absorbans is s’ouvrent par une infinité d’orifices sur les membra-

• branes séreuses (i); a0 que leurs racines, mille fois >1 entrelacées entre elles et avec les orifices des exha- £ lans, concourent spécialement à former leur tissu;

• 5° que la difficulté de distinguer les pores absorbans

1 et exhalans sur leurs surfaces n’est point une raison £ d’en nier l’existence, cette difficulté tenant et à leur il extrême ténuité et à la direction oblique avec laquelle ils s’ouvrent entre les lames de ces membranes : ainsi l’obliquité de l’insertion du conduit de Warthon, du cholédoque même, en rend-elle l’inspection très-difficile, quoique ces conduits soient infiniment plus considérables; 4° que, d’après cette structure , il faut regarder les membranes séreuses , toujours disposées, ainsi que nous avons vu, en

(i) Nul doute que des vaisseaux lymphatiques ne se rencontrent dans les membranes séreuses , mais rien ne prouve qu’ils s’ouvrent par des pores sur leur surface , ou qu’ils forment uniquement ces membranes avec de prétendus vaisseaux exhalans; rien ne le prouve, ni l'absorption qu’exercent certainement les lymphatiques , ni les expériences dans lesquelles on a injecté artificiellement ces vaisseaux. (F. Blandin.)

forme de sacs sans ouverture, comme de grands réservoirs intermédiaires aux systèmes exhalant et absorbant, où la lymphe, en sortant de l’un, séjourne quelque temps avant d’entrer dans l’autre, où elle subit sans doute diverses préparations que nous ne connaîtrons jamais, parce qu’il faudrait l’analyser comparativement dans ces deux ordres de vaisseaux, ce qui est presque impossible, au moins pour le premier, et où enfin elle sert à divers usages relatifs aux organes autour desquels elle forme une atmosphère humide.

Vaisseaux sanguins.

Entre-t-il desvaisseaux sanguinsdans la structure des membranes séreuses? Ces vaisseaux sont trèsnombreux autour d’elles, comme on le voit au péritoine, au péricarde , à la plèvre , etc.; ils rampent sur leur face externe et s’y ramifient. Mais j’ai toujours douté que le plus grand nombre de ceux qui leur sont ainsi contigus fît réellement partie de leur tissu, et même je suis convaincu du contraire. Les considérations suivantes appuient mon opinion. i°. Dans les cas où ces vaisseaux sont injectés, on les enlève facilement avec le scalpel de la face externe de ces membranes, sans intéresser leur continuité, ce qu’il est impossible défaire jamais dans les fibreuses ou les muqueuses. 20. En examinant ces membranes là où elles sont libres par l’une et l’autre de leurs faces, aucun vaisseau sanguin n’y est sensible. L’arachnoïde, à la base du crâne, en fournit un exemple. 3°. Les vaisseaux changent fréquemment de

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rapport avec ces membranes ; j’ai prouvé plus haut que , lorsque l’épiploon s’applique sur l’estomac clans sa plénitude , les vaisseaux qu’il contient entre ses lames ne remontent point avec lui sur ce viscère, à cause de la grande coronaire stomachique qui s’y oppose. Lorsqu’on injecte des cadavres affectés de hernies volumineuses , on ne voit point les vaisseaux rampans, dans l’état ordinaire, sur la surface du péritoine qui correspond à l’anneau, se prolonger inférieurement sur le sac herniaire. Certainement les vaisseaux que l’on observe dans les ligamens larges de la matrice ne les suivent point dans le déplacement considérable qu’ils éprouvent lors de la grossesse, etc.

Je crois donc assez probable que les membranes séreuses 11’ont à elles que très-peu de vaisseaux sanguins; que ce qu’on appelle artères du péritoine, de la pleure, etc. , ne sont que des troncs rampans sur la surface externe de ces membranes, susceptibles de l’abandonnerlorsqu’ elles se déplacent, leur étant pour ainsi dire étrangers, n’entrant pointimmédiatement dans leur structure, à laquelle les systèmes absorbant, exhalant et cellulaire concourent presque seuls. Sans doute il existe des communications entre le système artériel et les membranes séreuses, au moyen des exhalans; mais rien de précis n’est encore connu sur la nature, sur la disposition, et même, jusqu’à un certain point, sur les fonctions de ces vaisseaux (1).

( 1 ) Ï1 est impossible aujourd’im i d’admet tre que les membranes

§ III. Variétés cV organisation du Système séreux.

Nous avons vu le système muqueux présenter, dans chaque partie où il se rencontre, de nombreuses différences de structure, n’être le même dans aucune région et dans aucun organe. Le système séreux varie aussi , quoique moins que le précédent. i°. Chaque membrane a sa structure

séreuses ne sont pas pourvues de vaisseaux sanguins , tout en reconnaissant que ces vaisseaux y sont très-ténus et peu apparens : les injections fines , et la rougeur inflammatoire que plusieurs de ces membranes présentent ne peuvent laisser aucun doute à cet égard. Mais il est une preuve de ce fait que je veux ajouter encore à celles-ci, et que je déduis de la plus simple observation de ces membranes : le grand épiploon, les franges épiploïques du gros intestin , etc. , contiennent bien évidemment des vaisseaux sanguins; on les voit, ces vaisseaux , s’épuiser de plus en plus en rameaux , à mesure qu’ils s’avancent vers le bord libre et terminal de ces prolongemens sereux ; or , je le demande, à qui sont-ils destinés , sinon au péritoine qui les entoure? Vainement éleverait-on ici l’objection que l’épiploon et les franges du gros intestin renferment des vésicules adipeuses et du tissu cellulaire, et que les vaisseaux en question leur sont réservés. Nous citerons l’exemple des enfans , chez lesquels la graisse est nulle dans l’épiploon, et à laquelle n’appartiennent point les vaisseaux qui ne manquent pas alors à cette membrane. Au reste, les membranes sereuses, en dernière analyse, ne sont que du tissu cellulaire ; et pourquoi leur refuserait-on une structure vasculaire qu’on accorde au tissu cellulaire lui-même ? Qui apporterait à ces membranes leurs matériaux nutritifs? (F. Blandin.)

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propre. Comparez, par exemple, l’arachnoïde et le péritoine : l’une, ûne , délicate et transparente, cède au moindre effort, n’a point de résistance, se déchire presque dès qu’on la touche, ne reste jamais intacte à la base du crâne, où elle est libre, pour peu qu’on soulève le cerveau; offre, lorsqu’on la presse entre les doigts, une mollesse remarquable. Plus épais et plus dense, l’autre soutient, sans se rompre, tous les efforts imprimés aux viscères abdominaux; on le tiraille impunément. Son tissu est fort différent. a°. Les diverses portions des membranes séreuses ne sont point organisées de même; l’épiploon est, par exemple, une dépendance manifeste du péritoine, et cependant il ne lui ressemble point. J’ai observé que la portionintestinale de cette membrane est beaucoup plus fine que ses portions hépatique, mésentérique, etc. La moitié de tunique vaginale qui tapisse l’albuginée et s’identifie avec elle n’est point certainement la même que la moitié qui est libre du côté du dartos, etc. Je ne puis pas dire en quoi consistent précisément ces différences; mais l’apparence extérieure suffit pour les indiquer.

Faut-il s’étonnerd’après cela si toutes les surfaces séreuses ne sont pas également sujettes aux mêmes ! maladies; si l’inflammation les attaque à des degrés si différens; si elles arrivent dix fois sur la plèvre, tandis qu’elles se manifestent une seule sur l’arachnoïde; si, dans le péricarde, la tunique vaginale et le péritoine , elles n’offrent point les mêmes symptômes; si les hydropisies varient aussi singulièrement dans chacune; si les inflammations lentes les attaquent différemment, etc.? Le péricarde est

sujet à une affection que je n’ai vue sur aucune autre surface séreuse, et qui est cependant extrêmement fréquente sur celle-ci : ce sont des plaques blanchâtres, plus ou moins larges, qui se forment j à sa surface intérieure, qu’on croirait, au premier coup d'œil , inhérentes à son tissu , mais qu’on peut cependant enlever en le laissant intact. Je ne sais d’où proviennent ces plaques : correspondent-elles aux fausses membranes de la plèvre?

On ne doit pas s'étonner non plus de ce que nous avons dit des variétés que la même membrane offre dans ses maladies : souvent le péritoine est malade en totalité, l’épiploon restant intact, et réciproquement, etc.; les plaques dont je viens de parler se montrent sur la portion cardiaque, et non sur la portion libre du péricarde, etc. !

Remarquez cependant que toutes les maladies de ce système portent un caractère commun qui dérive évidemment de l’analogie d’organisation. Il est le seul, avec le synovial, où arrivent les collections séreuses en masses considérables, où se forment les inflammations lentes et tuberculeuses. La plupart de ses modes d’adhérence n’appartiennent qu’à lui. L’inflammation y a un caractère particulier et distinctif, caractère auquel participent toutes les membranes séreuses, avec des modifications. On avait classé l’inflammation des méninges parmi les phlegmasies séreuses, par l’analogie des symptômes, bien avant que je n’eusse démontré que l’arachnoïde, l’une de ces méninges, appartient essentiellement au système séreux. C’est à cause de cette membrane, et non à cause de la dure-mère, qui est de nature

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fibreuse, qu’on doit rapporter la frénésie aux membranes diaphanes, etc.

ARTICLE III

PROPRIÉTÉS DU SYSTÈME SÉREUîf.

§ P*. Propriétés de tissu. — Extensibilité.

Les membranes séreuses sont douées d’une ext tensibilité beaucoup moins étendue que ne sem- . blent le faire croire, au premier coup d’œil, les t énormes dilatations dont elles, sont susceptibles en certains cas. Le mécanisme de leur dilatation le ■ prouve évidemment. Ce mécanisme tient à trois causes principales : i° au développement des plis qu’elles forment, et c’est ici la plus influente des J trois causes. Yoilà pourquoi le péritoine, celle de s toutes les membranes de cette classe qui est la plus £ exposée aux dilatations, à cause de la grossesse , des hydropisies ascites, des engorgemens viscériques, j plus fréquens’là qu’ailîeurs ; voilà, dis-je, pourquoi le péritoine présente un si grand nombre de ces replis, tels que le mésentère, le mésocolon , le mé- 1 sorectum, les deux épiploons, les appendices graisseuses, le repli de l’appendice cœcaîe,les ligamens larges de la matrice , les postérieurs de la vessie, etc., etc. Yoilà encore pourquoi on observe surtout ces replis autour des organes sujets à des alternatives habituelles de contraction e.t de resserrement, comme autour de l’estomac, des intestins,

de la matrice, de la vessie ; très-manifestes dans le premier état, ils sont peu appareils dans le second. a0. L’ampliation des cavités séreuses tient aux déplacemens dont leurs membranes sont susceptibles ; ainsi, lorsque le foie grossit considérablement , sa membrane-séreuse augmente en partie son étendue aux dépens de celle du diaphragme, qui, tiraillée , se décolle et s’applique sur le viscère engorgé. J’ai vu, dans un anévrysme du cœur, le péricarde, qui n’avait pu que très-peu céder, être détaché en partie de la portion des gros vaisseaux qu’il recouvre. 3°. Enfin ces membranes subissent dans leur tissu une distension et un allongement réels, mais c’est en général la cause la moins sensible de l’ampliation de leur cavité : ce n’est même que dans les ampliations considérables qu’elle a une influence marquée ; dans les cas ordinaires, les deux premières causes suffisent presque toujours.

Je ferai une remarque importante au sujet des déplacemens dont les membranes séreuses sont le siège dans les mouvemens de leurs organes respectifs : c’est que ces déplacemens sont très-douloureux quand ces membranes sont enflammées. Lorsque les intestins dilatés écartent les deux lames malades du mésentère pour s’y loger, lorsque l’estomac se place entre celles des épiploons, etc., lors des inflammations du péritoine, le malade souffre beaucoup. Voilà pourquoi les vents sont alors si douloureux, pourquoi il faut éviter de prendre alors tout à coup une grande quantité de boisson. On connaît les vives douleurs que produit une grande inspiration dans la pleurésie; c’est qu’alors le poumon dilate la

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plèvre, et tend à se loger entre les replis qui accompagnent les gros vaisseaux pulmonaires, etc.

Contractilité.

Elle correspond à l’extensibilité; elle est moindre par conséquent quelle ne paraît d’abord. Quand le péritoine se resserre, par exemple, ses différens ; replis se reforment ; il revient dans sa place là où il . avait éprouvé des locomotions, etc. Mais on ne saurait disconvenir que, dans les grandes dilatations , ces deux propriétés ne soient très-sensibles : par exemple, dans l’hydrocèle, à mesure qu’on évacue l’eau , la tunique vaginale se resserre sensiblement; le péritoine, après la ponction, offre le même phénomène; à l’instant de l’empyème , la plèvre ne l’éprouve pas aussi sensiblement, non par défaut de ;« contractilité, maisparce que, d’une part, elle adhère aux côtes , quine se resserrent point, et que, d’autre part, si Fépancbement* est ancien, le poumon est souvent tellement affaissé par la pressioij que l’air ne peut plus le dilater, en sorte qu’il reste un vide entre la portion costale et la pulmonaire, vide que l’air remplit. Un semblable vide resterait aussi, au moment de l’opération , si on évacuait la sérosité de l’hydrocéphale.

Après de longues distensions, les membranes séreuses ne reviennent plus autant sur elles-mêmes; la tunique vaginale reste flasque après de fréquentes ponctions, le péritoine après de fréquentes grossesses, etc. , etc.

Anat. cén. t. iy.

§ IL Propriétés vitales .

Éloignées de Faction des corps extérieurs, les surfaces séreuses ne jouissent point , dans l’état naturel, des propriétés qui mettent les organes vivans en rapport avec les corps extérieurs: leur sensibilité animale est nulle, ainsi que leur contractilité de même espèce. Aussi elles seraient très-impropres à servir de tégumens extérieurs , ou à tapisser les organes que revêtent les membranes muqueuses : elles ne nous donneraient, en effet, aucune autre sensation que celle d’un tact obscur et peu distinct. Elles forment bien des enveloppes , des tégumens, aux organes internes, mais non des enveloppes sensibles. On en a la preuve sur les animaux vivans, où l’on irrite impunément ces membranes. J’ai vu plusieurs fois des chiens auxquels j’avais laissé la rate hors de l’abdomen, pour en observer les phénomènes, déchirer eux-mêmes cet organe sans être dans un état de fureur, le manger même, et se nourrir ainsi de leur propre substance. Us déchirent aussi souvent sans douleur l’extérieur de leurs intestins, quand, dans les expériences, ceux-ci sortent au dehors , et qu’on abandonne pendant quelque temps ces animaux à eux-mêmes.

Lorsque les corps extérieurs sont en contact avec le système séreux, ils changent son état naturel, ils l’enflamment; comme on le voit sur le péritoine, dans la tunique vaginale mise à nu; comme on l’observe encore toutes les fois qu’un corps étranger

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introduit dans nos parties agit sur elles. Les chirurgiens même emploient, comme on le sait, pour procurer les adhérences artificielles entre les parois de ces membranes, ce moyen, auquel ils auraient inutilement recours dans les membranes muqueuses. Les diverses irritations morbifiques enflamment bien plus fréquemment les surfaces séreuses, qui, dans cet état, acquièrent une sensibilité très-vive, supérieure même à celle des tégumens; en sorte que ces surfaces enflammées seraient également impropres à servir de tégumens, parce que les corps extérieurs les exciteraient douloureusement.

La contractilité organique sensible est nulle dans le système séreux; mais l’insensible et la sensibilité correspondante y sont mises en exercice permanent, i°par l’exhalation et l’absorption habituelles qui s’y opèrent, i° par la nutrition. Ces deux propriétés sont donc celles qui dominent dans ce système : aussi est-ce sur leurs altérations que roulent toutes ses maladies. Les inflammations aiguës, les inflammations chroniques à tubercules , les adhérences , les hydropisies, les exhalations de pus, de sérosité lactescente, etc., etc., dérivent toutes d’un excès, d’un défaut ou d’une altération de ces deux propriétés du système séreux. Ce sont elles aussi que les sympathies y mettent presque seules en jeu; en sorte que malades, soit idiopathiquemënt, soit sympathiquement, les membranes séreuses présentent toujours une série de phénomènes cpii supposent tous un mouvement intestin accru, ou une perte de ressort dans les capillaires exhalans, absorbans, et dans le tissu propre de ces membranes; tandis

que, dans les systèmes musculaire animal, musculaire organique, etc., ces infections dominantes, qui se marquent par des convulsions et par des paralysies dans l’un , par des mouvemens irréguliers d’irritabilité dans l’autre, ne supposent point cette altération intérieure du tissu de l’organe malade. Voilàpourquoi ces deux derniers systèmes, quoique fréquemment troublés pendant la vie, présentent peu de changemens aux médecins dans l’ouverture des cadavres, tandis que le système séreux est un champ si vaste à parcourir pour l’anatomiste pathologique.

Sympathies.

Les surfaces séreuses sont très-susceptibles d’être influencées par les affections des autres organes : ceci est très-manifeste dans les maladies organiques du cœur, du poumon, du foie, de la rate , de l’estomac, de la matrice, etc. ; organes qui, sans avoir aucune connexion connue de fonctions avec les surfaces séreuses, les influencent cependant au point que tous leurs vices morbifiques d’organisation s’accompagnent , dans les derniers temps, de diverses collections séreuses dans les grandes cavités; collections évidemment dues à un trouble des organes qui exhalent habituellement ce fluide. Je ferai à cet égard deux observations. La première est que les surfaces séreuses lesplus voisines de l’organe malade sont, en général, lesplus susceptibles d’être influencées par lui. Ainsi, dans les maladies du cœur et du poumon, les collections séreuses ont

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lieu surtout dans la poitrine; tandis que l’ascite est toujours le premier résultat des engorgemens du foie, de la rate , etc. , les plèvres et le péricarde ne . se remplissant que consécutivement. On sait que la plupart des sarcocèles sont compliqués d’hydropisie de la tunique vaginale; d’où résulte Xhydrosarcocèle , maladie que les chirurgiens considèrent isolément, mais qui est la même que celles des cas précédons qu’on pourrait, sous ce rapport, appeler hyclro-phthisie , hydro-hépatite chronique, hydrocarcinome de la matrice, etc.

La seconde observation que j’avais à faire, c’est que, toutes les fois que la sérosité s’amasse ainsi dans les cavités , consécutivement au vice organique d’un viscère étranger à la membrane , cette sérosité est limpide, transparente , et probablement de même nature que celle qui circule dans les vaisseaux lymphatiques. En effet, les exhalans qui la composent n’étant point alors malades, leur action n’étant augmentée ou celle des absorbans n’étant diminuée que par sympathie , le fluide doit rester le même : i ainsi, quoique l’on souffre au bout du gland par une pierre de la vessie, le gland est absolument sain, et le fluide muqueux qui s’en échappe est de même nature que dans l’état ordinaire. Au contraire, quand les hydropisies dépendent d’une maladie du tissu des surfaces séreuses, comme, par exemple, d’une inflammation tuberculeuse, d’une inflammation aiguë même, qui a dégénéré, etc., presque toujours la sérosité épanchée est altérée ; elle est lactescente , ou il y a des flocons albumineux, une fausse membrane, etc. J’ai fait sur presque tous les cada-

vres que j’ai ouverts cette observation, que je crois intéressante.

Dans les maladies aiguës, les surfaces séreuses reçoivent aussi également linfluence sympathique des organes affectés. Si nous pouvions les voir alors, nous les trouverions , comme la peau, plus ou moins humides, plus ou moins sèches, suivant les différentes époques de la maladie. Ce qui le prouve, c’est que, à la mort qui suit la maladie, la sérosité de la plèvre, du péricarde, du péritoine, etc., varie singulièrement : tantôt elle est sensiblement augmentée, tantôt elle est presque nulle. Cela dépend de l’instant où est mort le sujet : si c’est pendant que l’exhalation est très - abondante , nous trouvons beaucoup de sérosité ; elle est presque nulle, si la vie s’est assez prolongée pour que l’absorption ait eu le temps de se faire. Si l’air environnant ne dissolvait pas la sueur, ou si la peau était disposée en forme de sac, comme les surfaces séreuses, nous la trouverions avec des degrés trèsvariables d’humidité , suivant que les cadavres seraient morts en sueur, ou avec une suppression d’exhalation cutanée.

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