Ô2 SYSTÈME SÉREUX
semblable. Malgré ces différences , qui sont tranchantes, il v a des cas où il est difficile de décider à quel genre de production l’on a affaire : c’est ce qui a presque toujours lieu, par exemple , pour les vésicules du plexus choroïde, et plus encore pour les amas du même genre qui ont leur liège sur le placenta, eL dont la nature est jusqu’à présent fort douteuse. ( Béclard. )
SYSTÈME SYNOVIAL
Je place ce système à côté du séreux, parce qu’il a la plus grande analogie avec lui sous les rapports i° de sa forme, qui est, dans chacun de ces organes, celle d’un sac sans ouverture; 20 de sa texture, qui paraît être essentiellement cellulaire; 3° de ses fonctions, quit:onsistent dans une alternative d'exhalation et d’absorption.
Ce qui établi entre ces deux systèmes une ligne réelle de démarcation, c’est que, i° le fluide qui en lubrifie les membranes paraît différer dans sa composition, quoique beaucoup d’analogie le rapproche. a0. Dans les diathèses hydropiques qui affectent simultanément le tissu cellulaire et toutes les surfaces séreuses du péritoine, de la plèvre, etc., l’affection ne s’étend point aux membranes synoviales, ce qui nous indique un différence de structure, quoique nous ne connaissions pas bien cette différence. 3°. Réciproquement, dans les hydropisies des articulations, affection en général assez rare, dans celles des capsules synoviales tendineuses, il n’y a pas affection concomitante des membranes des grandes cavités. 4"- De fluide des hydropisies articulaires ne ressemble point à celui qui
remplit les grandes cavités dans la même maladie. 6°. Les membranes synoviales sont beaucoup plus rarement que les séreuses le siège de ces inflammations lentes et tuberculeuses que les surfaces séreuses nous présentent si souvent. J’en ai vu cependant deux exemples sur la synoviale du genou. Je crois même que ces deux systèmes sont les seuls où s’observe cette maladie; en sorte quelle est par son existence un caractère qui les rapproche, et par sa rareté ou sa fréquence, un attribut qui les distingue. 6°. Les divers genres d’adhérences dont j’ai parlé pour la. surface séreuse ne se rencontrent point dans les synoviales, où l’on ne voit que celui qui identifie les deux surfaces adhérentes, mode qui a lieu fréquemment dans les ankylosés, lesquelles sont aussi souvent déterminées par lui que parla raideurdes parties environnant l’articulation. 7". Les surfaces synoviales ne sont point aussi souvent que les séreuses le siège de ces locomotions remarquables dont nous avons parlé; ce qui dépend de ce que les organes articulaires ne sont point, comme la plupart de ceux enveloppés de surfaces séreuses, sujets à des dilatations et à des resserremens alternatifs.
Le système synovial présente manifestementdeux grandes divisions : à l’une appartient le système articulaire, à l’autre celui des coulisses tendineuses : chacun va être examiné isolément.
SYNOVIAL.
ARTICLE PREMIER
SYSTÈME SYNOVIAL ARTICULAIRE.
Je crois avoir décrit le premier cette portion essentielle du système synovial. Je vais rapporter ici ce que j’en ait dit ailleurs. Je rechercherai d’abord comment est séparée la synovie; j’examinerai ensuite ce fluide; puis je ferai connaître l’organe qui le fournit.
§ Ier. Comment la Synovie est séparée de la masse du sang.
Tout fluide différent du sang ne peut s’en séparer, pour être ensuite transmis à un organe, que par l’un des trois modes suivans : i° par sécrétion, fonction caractérisée par l’existence d’une glande intermédiaire aux vaisseaux sanguins qui en apportent la matière, et aux vaisseaux excréteurs qui en exportent le résultat; 2° par exhalation, fonction distinguée de la première par l’absence de cette glande intermédiaire et par l’immédiate continuité du vaisseau sanguin et du conduit exhalant; 3° par transsudation, phénomène purement physique, presque toujours cadavérique, rarement observé pendant la vie, simple transmission d’un fluide par les pores d’un organe, vers lesquels il est mécaniquement déterminé. Examinons quel est, de ces trois modes, celui choisi par la nature pour déposer la synovie sur les surfaces articulaires.
La Synovie est-elle transmise par sécrétion aux surfaces articulaires ?
Nous devons à Clopton Ilavers le système qui place clans les glandes les sources de la synovie. Plusieurs auteurs avaient confusément désigné avant lui ces organes dans les articulations; mais il en fit l’objet particulier de ses recherches, les décrivit dans les diverses articulations, les distingua en deux classes, l’une principale, l’autre accessoire, leur assigna des caractères si évidens, selon lui, qu’on ne peut les y méconnaître. Pelotons rougeâtres, spongieux, formés de membranes reployées sur elles-mêmes, situés tantôt en dehors, tantôt en dedans des articulations, toujours disposés de manière à être à l’abri d’une trop forte compression, versant par des conduits en forme de franges le fluide qu’ils séparent : tels sont les caractères tracés par Havers , caractères que tous les anatomistes ont admis d’après lui, et dont les auteurs les plus modernes et les plus distingués ont consacré surtout la réalité dans leurs ouvrages.
Quelques anatomistes de ce siècle ont cependant jeté des doutes sur ces corps glanduleux :Lieutaud les confond avec le tissu cellulaire graisseux; Desault ne les én distinguait point. Tout m’a confirmé dans la même opinion , qu’une foule de considérations paraissent établir d’une manière indubitable. Voici ces considérations: i°. Ces pelotons rougeâtres ne se rencontrent que dans certaines articula-
SYNOVIAL. 167
tions; il en est plusieurs où leur existence ne peut être établie que par supposition. 20. Le plus grand nombre des synoviales des tendons n’en présentent certainement aucun, quoique Havers, Àlbinus, Junke et Foureroy les admettent dans toutes, fondés sans doute sur l’analogie et non sur l’inspection. Cependant la synovie se sépare également dans ees deux cas, et lubrifie les surfaces des articulations et des gaines tendineuses : cette séparation est donc indépendante de l’action glanduleuse. 5°. Si on examine les glandes synoviales les mieux caractérisées, telles que celle de la cavité cotyîoïde, on n'y découvre aucune trace de ce parenchyme inconnu dans sa nature, mais remarquable par sa structure , qui compose en général les glandes, et qui, les distinguant de toute autre partie, forme leur véritable caractère organique. 4°. Aucun conduit excréteur ne peut être démontré dans ces organes. Ceux en forme de franges admis par Havers sont imaginaires (1). Bertin lui-même a reconnu cette vérité, quoiqu’il attribuât à ces corps une structure glanduleuse. La transsudation des fluides injectés par les artères voisines de l’articulation ne prouve pas mieux l’existence de ces conduits qu’elle ne l’établit dans les cavités des membranes séreuses, où elle a lieu également, et où cependant il est bien prouvé qu’aucune glande ne verse l’humeur albumineuse
(1) Les franges décrites par Havers existent réellement, mais elles ne sont pas, comme cet auteur le pensait, des conduits excréteurs. ( Voy. plus loin. )
qui lubrifie habituellement ces cavités. 5°. L’insufflation résout entièrement en tissu cellulaire ces pelotons graisseux. La macération produit le même effet. Lorsqu’une ébullition long-temps continuée et amenée par degrés en a enlevé toute la graisse, il ne reste qu’un amas de cellules affaisées les unes sur les autres et semblables à celles du tissu cellulaire ordinaire. 6°. Le caractère glanduleux se pro nonce, dans certains cas pathologiques, par une tuméfaction, un endurcissement particuliers dont les organes autres que les glandes, tels que les muscles, les tendons, etc., n’offrent jamais d’exemple. Le foie, les reins, les organes salivaires, toutes les glandes sensibles, sont remarquables par là. Telle est même la vérité de ce caractère, qu’il sert à indiquer des glandes que leur ténuité dérobe dans l’état naturel. Par exemple, l’existence des cryptes de l’estomac, de l’urètre, et de plusieurs autres membranes muqueuses, est fondée d’abord sur l’analogie des autres membranes de cette classe, mais principalement sur le développement accidentel que ces cryptes acquièrent dans certaines maladies. Jamais, au contraire, les prétendues glandes synoviales n’offrent à l’observateur un semblable développement; toujours, dans les maladies des articulations, un engorgement commun semble les iden« tifier au tissu cellulaire voisin. Elles n’ont point, comme les autres glandes, des affections isolées de celles de ce tissu, sans doute parce qu’elles n’ont point une vitalité propre, parce que, simples prolongemens du tissu cellulaire voisin, elles en partagent la nature, les propriétés, et doivent par
SYNOVIAL.
conséquent participer à tous les états où il se trouve comme lui à son tour doit immédiatement recevoir ^influence de leurs affections.
Les considérations que je viens de présenter successivement forment, je crois, une somme de données suffisantes pour résoudre le problème proposé ci-dessus, en établissant comme une proposition incontestable que la synovie n est point transmise par sécrétion aux surfaces articulaires .
Passons au second mode de transmission indiqué par les auteurs.
La Synovie est-elle transmise par transsudation aux surfaces articulaires ?
C’était une opinion anciennement reçue, que la moelle des os longs suinte par les pores de leurs extrémités et par ceux des cartilages qui les terminent, pour lubrifier les surfaces articulaires. Havers renouvela cette idée oubliée à l’époque où il écrivait, unit cette source de la synovie à celle qu’il avait placée dans les glandes, et forma ainsi de cette humeur un mélange composé de deux fluides différemment transmis à l’articulation. La plupart de ceux qui le suivirent partagèrent son opinion sur ce point. Ceux même, tels que Desault, qui rejetèrent l’existence des glandes articulaires, et par là même la sécrétion de la synovie, en admirent la transsudation, fondés sur les observations suivantes. i°. Un os long, dépouillé de ses parties molles et exposé à l’air, laisse échapper par les porosités de ses cartilages un suintement graisseux qui ne
cesse que quand le suc médullaire est complètement épuisé. . La compression mécanique de l’extrémité cartilagineuse d’un os lon:; produit momentanément le même phénomène. Ces faits, évidens pour l’os qui est mort, sont-ils aussi réels dans celui qui vit? diverses considérations are je vais exposer m’ont conduit à penser le contraire.
i°. Les forces vitales, dont l’effet est d’imprimer à tous les organes qu’elles animent un degré de ton suffisant pour résister à l’abord des fluides, laissent, en s’évanouissant, les fibres de ces mêmes organes dans une laxité qui les rend partout perméables. Aussi la transsudation n’est-elle presque plus aujourd’hui considérée que comme un phénomène purement cadavérique, qui, transformé ici en phénomène vital, offrirait une exception manifeste aux lois de la nature, que caractérisent surtout la simplicité et l’uniformité. 2°. Le suintement graisseux a lieu, dans l’expérience indiquée ci-dessus, non-seulement par les pores des cartilages, mais encore à travers ceux de toute la surface de l’os; en sorte que , en raisonnant d’après ce qu’on observe ici sur le cadavre, il est évident que pendant la vie l’os en entier devrait être, pour ainsi dire, plongé dans une atmosphère de synovie; conséquence qui, prouvée fausse par la plus simple inspection, démontre la fausseté du principe dont elle découle. 3°. Les articulations des cartilages du larynx sont lubrifiées, comme celles des os, par le fluide synovial; et cependant ici toute transsudation de moelle est impossible, puisqu’elle n’existe point dans la substance des cartilages. 4°- La moelle
SYNOVIAL.
est presque toujours intacte dans les maladies qui, affcclant les articulations, altèrent l’humeur qui les lubrifie. Réciproquement la synovie ne prend point un caractère différent dans les affections de l’intérieur des os qui portent sur l’organe médullaire leur influence spéciale. 5°. Enfin, l’expérience que j’ai faite, et qui a été exposée à l’article de la moelle, prouve bien manifestement la non-transsudation de ce fluide (i).
Desault, pour expliquer la manière dont la synovie se sépare du sang , ajoutait à cette prétendue . transsudation de la moelle un suintement fourni par toutes les parties contenues dans l’articulation, telles que les ligamens capsulaires et inter-articulaires, les graisses internes, les cartilages, etc. . Une comparaison suffira pour apprécier cette hypothèse. Que dirait-on d’un système où, pour ex-
(i) A ces considérations on doit ajouter la suivante, qui suffirait
pas le produit de la transsudation de la moelle à travers l'extré-
mité de l'os , et par les pores du cartilage diarthrodial : la composition de ces deux fluides, la graisse médullaire et la syno-
Ivie , n’olïYe aucune analogie. La graisse médullaire est formée , comme tous les corps gras, d’élaine et de stéarine : la synovie, au contraire, ne renferme rien de semblable; on y trouve de Veau , de V albumine , du mucus ou de la matière coagulable regardée par quelques chimistes comme de la gélatine mucila— gineuse , delà matière filandreuse , considérée commode la fibrine par les uns, et comme une espèce d'albumine par les autres, de la soude , du muricite de soude , du phosphate de chaux et une matière animale que Von dit etre de l'acide urique.
(F. Blandin. )
l’JI SYSTÈME
pliquer ia production de l’humeur séreuse du basventre, on en placerait la source dans le foie, la rate, les intestins, et en général dans tous les organes de cette cavité? Sans doute on répondrait qu’un fluide identique par sa nature ne saurait être fourni par des parties de structure si différente, qu’il est plus simple d’en chercher la source unique dans l’unique membrane qui revêt tous les viscères gastriques. L’application est exacte, et l’analogie complète pour la cavité articulaire.
Nous pouvons, je crois, sans crainte d’erreur, conclure de tout ce qui a été dit ci-dessus, que la synovie n est point transmise par transsudation aux surfaces articulaires.
Je passe au dernier mode indiqué pour la séparation de la synovie.
La Synovie est-elle transmise par exhalation aux surfaces articulaires ?
J^a solution des deux problèmes précédens semble naturellement amener celle de la question que nous nous proposons ici. En effet, voici deux données sur la certitude desquelles on peut, je crois, compter: i°. La sécrétion, l’exhalation et la transsudation sont les seuls moyens par lesquels un fluide différent du sang peut être transmis à un organe. a°. La sécrétion et la transsudation sont étrangères à la transmission de la synovie. Or, de ces deux données certaines, ne peut-on pas tirer cette conséquence certaine aussi : l’exhalation est le
SYNOVIAL. 173
mode par lequel la synovie est apportée aux articulations? Mais ajoutons à ces preuves négatives des considérations qui établissent positivement cette proposition :
Les rapports les plus frappans s’observent entre la synovie et le fluide qui lubrifie les parois des membranes séreuses. i°. Rapport de composition : Ces deux fluides sont essentiellement albumineux. L’albumine prédomine dans tous deux, quoiqu’un peu différente dans l’un et l’autre, comme l’a démontré Margueron. Havers avait déjà indiqué cette analogie; il savait que ces deux fluides sont coagulables par l’alcool, les acides et le calorique, sans connaître le principe auquel est due cette propriété. a°. Rapports de fonctions : Tous deux sont destinés à lubrifier des surfaces où s’exerce beaucoup de mouvement, à diminuer le frottement qui en est l’effet inévitable, à prévenir des adhérences funestes. Tous deux sont dans le même état sur leurs surfaces respectives : c’est une rosée qui se répand sur ces surfaces, et qui bientôty est reprise. 3°. Rapport d’affections : L’inflammation tarit la source de l’un et de l’autre, et détermine des adhérences plus communes dans les membranes séreuses, plus rares dans les articulations, où elles produisent l’ankylose. Tous deux sont sujets à des augmentations contre nature, qu’un mot commun désigne, le mot hydropisies. 4°. Rapport d’absorption : Le système lympathique est, pour tous deux, la voie par laquelle ils rentrent dans la circulation, après avoir suffisamment séjourné sur leurs surfaces respectives,
Ces divers rapprochernens qui, à quelques différences près dans la composition, associent si visiblement la synovie à l’humeur des membranes séreuses, ne nous mènent-ils pas à cette conséquence bien simple, savoir, que ces deux fluides étant analogues sous tous les autres rapports, doivent l’être aussi par la manière dont ils sont séparés de la masse du sang? Or, c’est un point de physiologie aujourd’hui généralement reconnu, que l’humeur des membranes séreuses y est apportée par exhalation : donc nous sommes évidemment conduits d’induction en induction à celle-ci, qui répond à la question proposée ci-dessus : La synovie est transmise par exhalation aux surfaces articulaires .
Cette conséquence précise, rigoureuse, tirée de faits palpables et constans, deviendra, je crois, une vérité démontrée, quand aux analogies précédemment établies nous aurons ajouté celle de l’organe membraneux, siège essentiel de l’exhalation de la synovie.
§ IL Remarques sur la Synovie.
Ainsi séparée de la masse du sang, la synovie se présente sous l’apparence d’un fluide blanchâtre, visqueux et transparent. Elle filé, comme certains sirops, en s’écoulant des articulations. Cette disposition onctueuse la rend très-propre à lubrifier les surfaces articulaires qui se frottent, et à amortir leurs chocs trop forts.
Sa quantité varie : il est des articulations qui en contiennent beaucoup; celle du coude-pied m’a
SYKOVIAI .
toujours paru être celle où on en trouve le plus. Viennent ensuite l’ilio-fémoraie, la scapulo-humérale, l’huméro-cubitale, etc. Il en est d’autres où on n’en rencontre presque pas : telles sont la sternoclaviculaire, les sterno-costales, les costo-vertébrales, etc. Ce n’est pas la petitesse des surfaces synoviales qui occasione, dans ces articulations, la sécheresse constante qu’on y observe ; car les poches synoviales du larynx, bien plus petites, sont beaucoup plus humides.
Du reste, la synovie ne varie point en quantité dans chaque articulation, comme la sérosité dans les membranes séreuses. Pour peu qu’on ait ouvert de péritoines, de plèvres, de péricardes, etc., on voit qu’à peine deux sont semblables : tantôt c’est une simple rosée, tantôt un amas réel de fluide. Ici, au contraire, c’est toujours à peu près la même quantité : cela tient à ce que la synoviale ne ressent pas aussi facilement que les surfaces séreuses les influences sympathiques des autres organes malades.
La synovie n’est point sujette aux diverses altérations que présentent les fluides séreux : jamais je n’ai vu sur les surfaces articulaires ce que l’on nomme fausses membranes inflammatoires ; les amas contre n ture de synovie ne contiennent jamais de ces flocons blanchâtres si communs dans les collections séreuses; je ne connais point d’exemple de sérorisé lactescente épanchée dans l’articulation (i). Une des plus fréquentes altérations de la
( 0 Cette proposition est beaucoup trop générale ; car on pour-
l 'J 6 SYSTEME
synovie, c’est, je crois, celle où elle prend la consistance d’une gelée comme rougeâtre, analogue (qu’on me passe cette comparaison ) à la gelée de groseille. Or, cette altération est absolument étrangère aux fluides séreux,
Ces différences essentielles que présentent la synovie et la sérosité dans leurs altérations supposent manifestement une diversité de nature dans les principes qui les composent dans l’état naturel. La viscosité de l’une, la fluidité plus grande de l’autre, l’annoncent aussi, comme l’observe Fourcroy. Cette diversité de nature paraît spécialement dépendre d’une substance particulière qui entre dans la composition de la synovie, que peu de fluides animaux présentent, que Margueron, qui l’a observée, désigne sous le nom d 'albumine d'une nature spèciale ; et qui mérite d'être l’objet de nouvelles re-
cherches.
Je ne présente point les détails de l’analyse de la ils aonarliennent à la chimie animale.
synovie; ils appartiennent à la chimie animale.
§ III. Des Membranes synodales.
Nous avon; vu toutes les grandes cavités tapissées par des membranes séreuses qui forment par leurs replis des espèces de sacs sans ouverture, qui embrassent et les organes et les parois de ces cavités. Il existe, dans toutes les articulations mo-
rait citer aujourd’hui beaucoup de cas dans lesquels de fausses membranes et de la sérosité lactescente ont été trouvées dans des articulations enflammées. (F. Blandin.)
SYXOVfAL. Î'J'J
biles, des membranes exactement analogues, dont les usages sont les mêmes, dont la nature n’est point différente , et que j’appelle synoviales, parce que leurs parois exhalent et absorbent sans cesse la synovie.
Formes.
On doit donc concevoir toute membrane synoviale comme une poche non ouverte, déployée sur les organes de l’articulation, sur les cartilages diarthrodiaux, sur la face interne des ligamens latéraux et capsulaires, sur la totalité des ligamens interarticulaires lorsqu’ils existent, sur les paquets graisseux saillans dans certaines cavités articulaires, etc... C’est d’elle que ces diverses organes empruntent l’aspect lisse, poli et reluisant, qui les caractérise dans ces cavités, et cpi’ils n’ont point ailleurs. De même que, en disséquant exactement les organes gastriques, on pourrait enlever le péritoine, son sac restant intact, de même on concevrait la possibilité de séparer et d’isoler cette membrane, sans les intimes adhérences qu’elle contracte en quelques endroits. Toutes les parties qu’elle embrasse sont hors de la cavité articulaire, quoique saillantes dans cette cavité, comme le poumon se trouve à l’extérieur du sac formé par la plèvre, le foie à l’extérieur de la poche péritonéale , etc.
On trouve la membrane synoviale dans toutes les articulations mobiles, dont le plus grand nombre n’a qu’elle et des ligamens latéraux. Ce qu’on appelle communément capsule fibreuse ne se rencontre qu’autour de quelques surfaces articulaires. Les connexions de l’humérus , du fémur et d’un ou
Akat. GÉN. T. IV. IA
de deux autres os dont les extrémités se joignent par énarthrose, en offrent seules des exemples. On voit dans ces articulations deux enveloppes trèsdistinctes : l’une, fibreuse, est extérieure, et se trouve disposée en forme de sac ouvert en haut et en bas , embrassant par ses deux grandes ouvertures les surfaces des deux os, et se confondant autour d’elles avec le périoste, qui entrelace ses fibres avec les siennes. L’autre, celluleuse, qui est la membrane synoviale, tapisse la première à l’intérieur, s’en sépare ensuite , lorsqu’elle arrive vers les deux cartilages diarthrodiaux, et se réfléchit sur eux, au lieu de s’unir au périoste. M. Boyer a indiqué cette disposition pour le fémur.
Dans toutes les articulations ginglymoïdales, comme dans celles du coude, du genou, des phalanges de la main, du pied, etc., etc., la capsule fibreuse manque absolument. Les fibres, au lieu de s’étendre et de s’entrelacer en membrane, se ramassent en faisceaux plus ou moins épais, qui forment les ligamens latéraux. On ne retrouve plus que le feuillet interne des articulations énarthrodiales, c’est-à-dire, la membrane synoviale, laquelle ne contracte non plus ici aucune adhérence avec le périoste , mais se réfléchit sur les cartilages. Ln la prenant à l’endroit de cette réflexion , on peut la détacher assez avant, et se convaincre ainsi qu’elle offre une organisation externe toute différente de celle que présente d’abord à l’esprit l’idée d’une capsule articulaire. Cette disposition est extrêment facile à apercevoir, par la moindre dissection, au genou derrière le tendon du crural et le
SYNOVIAL.
ligament inférieur de la rotule, au coude sous le tendon du triceps; aux phalanges sous celui de l’extenseur, etc. Toutes les arthrodies ont aussi Une organisation analogue, comme on le verra dans X Anatomie descriptive ; en sorte qu’on peut assurer que les capsules fibreuses n’existent que dans un très-petit nombre d’articulations, que presque toutes n’ont que des poches synoviales qui se déploient et se réfléchissent sur les surfaces osseuses, sans s’attacher autour d’elles, comme l’ont écrit tous les auteurs.
J’ai constaté cette remarquable différence des articulations par une foule de dissections. Quelques anatomistes étaient sur la voie de la découvrir, lorsqu’ils ont observé que diverses capsules paraissaient toutes formées de tissu cellulaire : c’est en effet la texture de la membrane synoviale, qui diffère essentiellement en cela des capsules fibreuses. Qu’on conserve, si l’on veut, le nom de capsides pour toutes les articulations; mais alors il faudra lui attribuer nécessairement des idées différentes. Comparez, par exemple, la capsule fibreuse du fémur à la capsule synoviale du genou : vous trouverez, d’un côté, i° un sac cylindrique à deux grandes ouvertures pour les extrémités osseuses,
, et à plusieurs petites pour les vaisseaux; i° un entrelacement fibreux semblable à celui des tendons, des aponévroses, etc.; 3° un mode de sensibilité analogue à celui de ces organes; 4° l’usage de retenir fortement en place les os articulés, qui n’ont que ce lien pour affermir leur union. D’un autre côté, vous observerez, i° un sac sans ouver-
1 8o SYSTÈME
ture; a0 une structure celluleuse identique à celle des membranes séreuses; 3° une sensibilité de même nature que la leur ; 4° la simple fonction de contenir la synovie et de la séparer, les os étant assujettis par de forts ligamens. D’ailleurs, les différens réactifs ont sur les capsules fibreuses une influence toute différente de celle qu’ils exercent sur les synoviales : l’ébullition les jaunit, les rend demi-transparentes , les ramollit comme les tendons, et les fond peu à peu en gélatine. Les synoviales bouillies restent blanchâtres et fournissent peu de cette substance. J’observe même que la teinte jaunâtre et la demi-transparence des capsules fibreuses bouillies sont un moyen certain de reconnaître les articulations où elles existent et celles qui en sont privées.
L’existence de la synoviale dans le plus grand nombre des articulations où elles se trouve seule est mise hors de doute par la plus simple inspection. Dans celles où elle est unie à une capsule fibreuse , on la distingue encore très-bien en différens endroits. Ainsi, au fémur, onia dissèque sur le ligament inter-articulaire, sur le peloton graisseux de la cavité cotyloïde, sur le col de l’os, aux endroits où elle abandonne la capsule fibreuse pour se réfléchir sur les cartilages, etc.; mais son adhérence à ces cartilages et à la face interne de la capsule pourrait élever quelques doutes sur la disposition en forme de sac partout fermé que nous lui avons attribuée : il est donc essentiel de présenter quelques considérations propres à dissiper ces doutes.
SYNOVIAL.
i°. Quelques fortes que soient les adhérences de la membrane synoviale, on parvient à les détruire sans solution de continuité, par une dissection lente, ménagée avec soin, et commencée à l'endroit où la membrane se réfléchit du cartilage sur la capsule. La macération long-temps continuée permet aussi de l’enlever par lambeaux. 20. A la suite de certaines inflammations, cette membrane prend une épaisseur et une opacité qui permettent de la distinguer de tous les organes voisins, de ceux mêmes auxquels elle est le plus adhérente. 3°. Les bourses synoviales des tendons sont toutes aussi adhérentes que la synoviale articulaire aux cartilages de leur gaine et à cette gaine elle-même, cependant tout le monde leur reconnaît une existence isolée. 4°. Il est des articulations à capsule fibreuse où les fibres écartées laissent entre elles des intervalles par où la synovie s’échapperait si la membrane synoviale ne les tapissait. Lorsqu’on pousse de l’air dans l’articulation , on voit celles-ci se soulever à travers ces espaces, et présenter une texture toute différente de celle de la capsule. Bertin à fait cette observation, mais il a cru que ces pellicules étaient isolées, et n’a point vu qu’elles dépendaient delà continuité de la membrane, qui se prolonge sur toute l’articulation. 5°. Nous avons observée à l’article du système séreux, que l’aspect lisse et poli que présente la surface des organes des cavités leur est toujours donné par ces membranes, et que jamais ils ne l’empruntent de leur propre structure : or, nous verrons que la membrane synoviale a presque la même texture que les
séreuses ; donc, il paraît qu’aux endroits où les organes articulaires présentent ce caractère, c’est d’elle qu’ils les reçoivent, quoiqu’on ne puisse pas la distinguer aussi bien sur ces organes que là où elle est libre. D’ailleurs, les articulations évidemment dépourvues de cette membrane ne présentent point cet aspect lisse et poli : telles sont les surfaces de la symphyse pubienne et de la symphyse sacroiliaque, qui se trouvent, quoique contiguës, inégales, rugueuses, etc. Nous avons prouvé aussi que jamais cette forme organique n’est due à la compression.
D’après ces diverses considérations , on se convaincra facilement, je crois, que, malgré l’adhérence de la synoviale sur divers points, elle doit être envisagée d’une manière exactement analogue à celle des membranes séreuses, c’est-à-dire, comme une véritable poche sans ouverture, partout continue et déployée sur tous les organes de l’articulation (1). D’ailleurs, les membranes fibro-séreuses
(r) Les membranes séreuses articulaires passent-elles bien sur les cartilages diartbrodiaux ? C’est là un point d’anatomie obscur, et sur lequel les zootomisles sont encore partagés : Bicbat comme on le voit, et Béclard après Bicbat, se sont prononcés pour l’affirmative; et cette opinion, soutenue par ces hommes célèbres, a généralement prévalu, mais non pas sans opposition : MM. Magendie et Cruveilhier, en effet, ont adopté une manière de voir différente, manière devoir que j'adopte entièrement , fondé sur les raisons suivantes: i 0 jamais la surface libre du cartilage ne s’injecte de vaisseaux dans l’inflammation aiguë ou chronique des articulations ; 2° lors qu’une surface diarthrodiale reste exposée à l’air pendant plusieurs jours, comme cela arrive dans certaines plaies ,
SYNOVIAL.
ne présentent-elles pas de semblables adhérences, quoique l’existence isolée des deux feuillets qui les composent soit généralement avouée?
D’après l’idée que nous nous sommes formée de la membrane synoviale, il est facile de concevoir comment certains organes traversent l’articulation sans que la synovie s’échappe par l’ouverture qui les reçoit, ou par celle qui les transmet au dehors : la membranesynoviale alors, réfléchie autour de ces organes, leur forme une gaine qui les sépare du fluide et les isole de l’articulation. Ainsi le tendon du biceps n’est-il pas plus renfermé dans l’articula-
oubien à la suite des amputations articulaires , jamais on 11e voit des bourgeons charnus s’élever sur le cartilage; dans ces cas , comme dans les tumeurs blanches, on a bien vu souvent l’extrémité de l’os couverte de fongosités , mais après la séparation du cartilage; et dès lors ces fongosités n’avaient point pour base la membrane synoviale; 3° l’expérience dans laquelle , après avoir entamé obliquement la surface d’un cartilage articulaire, on soulève le lambeau qu’on a formé pour le fracturer vers sa base , ne prouve rien , si ce n’est que le cartilage est formé de lames inégalement fragiles ; et ce due l’on a considéré , dans cette expérience, comme la membrane synoviale, n’est qu’une couche mince de cartilage, comme l’observation le démontre aisément. Au reste , en ceci, comme en touteschoses anatomiques, il importe de bien fixer les conditions du sujet sur lequel on fait ses recherches : dans l’état sain jamais on n’a vu la synoviale passer sur les extrémités cartilagineuses des os ; et dans l’état pathologique , lorsque l’on a rencontré quelque chose qui paraissait établir l’opinion contraire , on a pris pour la membrane synoviale réfléchie sur l’os , /tantôt une couche pseudo-membraneuse déposée sur son cartilage, et tantôt des fongosités nées de l’os lui-même , le cartilage diarthrodi il ayant disparu. (F. Blandin. )
tion du bras avec l'omoplate , que la veine ombilicale, l’ouraque, etc., dans la cavité péritonéale : avec la moindre attention, on parvient à l’isoler de la portion de membrane qui forme sa gaine.
Les considérations précédentes* nous mènent aussi à trouver une identité parfaite entre les capsules synoviales des tendons et les synoviales articulaires. Dans l’exemple précédent , ces deux sortes de membranes sont évidemment continues; car la capsule de la coulisse bicipitale est de même nature que celle des tendons qui en ont une isolée, comme les fléchisseurs, par exemple.
Or, ganisation.
Nous venons de voir que, par sa conformation extérieure, la synoviale se rapproche beaucoup de la classe des membranes séreuses ; elle n’en est pas moins voisine par son organisation interne. Cette organisation est spécialement cellulaire, comme le prouvent la dissection, l’insufflation, et surtout la macération. La poche que forment les ganglions n’est évidemment qu’une production de l’organe cellulaire : or, on sait que cette poche exhale et contient un fluide semblable à la synovie. Partout où la membrane synoviale est libre, elle tient en dehors à cet organe, et se confond avec lui d’une manière si immédiate, qu’en enlevant successivement ses différentes couches, on le voit se condenser peu à peu et s’unir enfin étroitement entre elles pour la former. De même que dans les membranes séreuses, aucune fibre n’y est distincte. Elle devient
synovial.
transparente, lorsqu’on l’isole exactement des deux côtés, ce qu’il est aisé de faire au genou, dans une très-grande étendue.
Je ne reviendrai pas sur les diverses preuves qui ont établi la structure celluleuse du système séreux; toutes ces preuves sont presque applicables à la synoviale, qui paraît n’ètre qu’un entrelacement d’absorbans et d’exhalans. D’après cela, il est facile de concevoir ce que sont les paquets rougeâtres et graisseux disséminés autour des articulations. Ils remplissent à l’égard de cette membrane les fonctions du tissu cellulaire abondant qui enveloppe le péritoine, la plèvre, etc., etc. C’est là que les vaisseaux sanguins se divisent à l’infini, avant d’arriver à la membrane où leurs ramifications, successivement décroissantes, se terminent enfin par les exhalans.
Si une rougeur remarquable distingue quelquefois ces pelotons d’avec le tissu cellulaire, c’est que les vaisseaux y sont plus concentrés et plus rapprochés. Par exemple, à l’articulation de la hanche, dont la membrane synoviale, presque partout adhérente, ne correspond que dans l’échancrure de la cavité cotyloïde à du tissu cellulaire, la nature a entassé presque toutes les ramifications artérielles qui fournissent la synovie : de là la teinte rougeâtre du paquet celluleux qu’on y rencontre. Au contraire, au genou, où beaucoup de tissu cellulaire entoure toute la face externe du sac synovial , les vaisseaux , plus disséminés , laissent à ce tissu la même couleur qu’à celui de la face externe des membranes séreuses, etc... Cette rougeur de quel-
ques prétendues glandes synoviales , seul caractère qui les distingue, ne leur est donc pour ainsi dire qu’accidentelle; elle n’indique pas plus leur nature glanduleuse, qu’elle ne la prouve dans la pie-mère, où elle dépend de la même cause (i).
Quoique très-analogue aux surfaces séreuses, la
(i) Ce qui est dit ici des paquets graisseux si improprement nommés glandes de Havers , il faut le dire exactement des franges synoviales qui surmontent ces paquets, et dont la structure vasculaire ne prouve pas davantage qu’elles soient des conduits excréteurs. Ces franges, fort bien décrites et figurées par Monro, sont des replis de la synoviale flottant dans l’articulation , et parfaitement analogues, sous ce rapport , aux épiploons des membranes séreuses, aux appendices épiploïques de l’intestin. Ces I replis sont sillonnés à leur surface , ont leur bord libre découpé de diverses manières , comme on le voit très-bien en les faisant flotter dans l’eau , et ressemblent en quelque sorte à des franges; de là le nom qui leur a été donné, et qui peut être conservé , quoiqu’il n’exprime nullement leur nature. Entre les deux lames de ces replis, et dans ces lames elles-mêmes, existent un trèsgrand nombre de vaisseaux, artères, veines, cxbalans , et sans doute aussi absorbans : aussi la synoviale est-elle bien plus rouge là que partout ailleurs. C’est à la présence de ces vaisseaux , des exbalans en particulier, qu’est dû le phénomène suivant, qui a pu en imposer à lia vers : si on presse ces replis, on en fait suinter de la synovie , laquelle provient évidemment des orifices exbalans béans à leur surface , et non de conduits particuliers.
Toutes les synoviales ont de ces prolongemens , tant celles qui appartiennent aux tendons que celles destinées aux articulations , bien qu’ils soient plus marqués dans ces dernières que dans les premières : parmi celles-ci , celles en forme de vésicules en ont plus constamment que les vaginales. Les grandes articulations , comme celles du genou , de la hancbe , renferment les plus considérables : dans les petites, ils ne sont souvent que des points
SYNOVIAL. 187
synoviale doit présenter cependant des différences de tissu, puisque le fluide qu’elle exhale est un peu différent. En effet, en l’examinant à l’articulation fémoro-tibiale , où on peut en avoir des lambeaux considérables , on trouve qu’elle est plus dense et plus Serrée que les membranes séreuses. Son tissu n’a point la souplesse du leur; desséché, il est
beaucoup plus cassant, il se soutient raide, tandis
k rougeâtres, légèrement saillans. Ils sont , en général, situés près >i de l’endroit où la synoviale se réfléchit autour du cartilage arti— • culaire, et correspondent ordinairement au tissu adipeux des
- paquets synoviaux , en partie contenu dans leur épaisseur : ceux 1 des synoviales tendineuses ont souvent entre leurs lames, au lieu î de ce tissu , des corps mollasses et comme gélatineux , les paquets l graisseux analogues aux articulaires dits glandes de Haaers : manquant dans plusieurs de ces membranes.
1 Les franges synoviales , en raison du grand nombre de vais-
> seaux qu’elles contiennent, sont le siège spécial de la sécrétion
- de la synovie. Cette sécrétion est perspiratoire , et manifestement
> du genre des exhalations : seulement elle a lieu là plus que dans c tout autre point de la membrane , parce que les exhalans y sont 1 plus abondans.
Ainsi , i° des vaisseaux sanguins entourés d’un tissu cellulaire [ et adipeux plus ou moins abondant ; 20 des replis qui les embrassent et dans lesquels ils se terminent particulièrement ; replis plus ou moins nombreux, plus ou moins étendus, et dont la surface verse en abondance la synovie : voilà l’idée qu’il faut avoir des franges et paquets synoviaux.
Le système muqueux présente quelque chose d’analogue aux franges des membranes synoviales dans les replis qui existent au dessous de la langue , sur les côtés du frein de cet organe : ces replis sont de véritables franges sécrétoires , destinées à augmenter l’étendue du système exhalant. (Béclard. )
que le tissu séreux se meut dans tous les sens sans
le moindre effort. Il résiste plus à la macération, etc.
Propriétés.
Les propriétés de tissu se prononcent dans les hydropisies articulaires, où les membranes synoviales sont d’abord très-distendues, et où elles reviennent ensuite sur elles-mêmes après la ponc tion ; opération au reste très-rare. Il paraît cependant que ces membranes ne sont susceptibles que d’une extension lente et graduée. On sait que subitement écartées dans les luxations, leurs parois se
déchirent au lieu de s’allonger : elles se réunissent
ensuite après la réduction.
Parmi les propriétés vitales, la sensibilité organique est le seul partage de ce système dans l’état ordinaire, comme me l’ont prouvé plusieurs essais sur les animaux vivans, où ces surfaces ont été mises à nu et irritées par divers agens. Mais l’augmentation de vie qu’y détermine l’inflammation , en exaltant cette sensibilité, la transforme en animale : c’est ce qu’on observe , i° dans les plaies où ces membranes sont exposées au contact de l’air; 2° lors de l’irritation prolongée qu’elles éprouvent de la part des corps étrangers accidentellement dé-
veloppés dans l’articulation; 3* dans les diverses
affections des surfaces articulaires, etc...
Ce mode de sensibilité des membranes synoviales sert à confirmer ce que j’ai déjà établi plus haut, savoir, que la plupart des articulations, les ginglymoïdales surtout, sont dépourvues de capsules
SYNOVIAL. J 89
fibreuses. En effet, j’ai fait observer que ces capsules , ainsi que les ligamens latéraux, ont un mode de sensibilité animale qui se développe par les tiraillemens qu’on leur fait éprouver; en sorte que, si on enlève tous les organes voisins d’une articulation, excepté la synoviale et les ligamens latéraux, et qu’on torde ensuite cette articulation, l’animal donne des signes de la plus vive douleur. Mais coupe-t-on ensuite les ligamens, en laissant 1 seulement la synoviale, la torsion n’est plus sent sible : donc il n’y avait point de capsule fibreuse jointe à la synoviale. Cette expérience, facile à rée péter sur les membres antérieurs ou postérieurs, il peut servir à y reconnaître partout les articulations où existe une membrane synoviale seule, et celles . où s’y trouve jointe une capsule fibreuse. Celle-ci, il étant de même texture que les ligamens latéraux, is détermine les mêmes douleurs lorsqu’on la tiraille, é comme le prouvent d’ailleurs des expériences faites sur les articulations revêtues de ces capsules.
L’exhalation et l’absorption alternatives qui s’o- . pèrent sur les surfaces séreuses y prouvent la con- 1 tractilité insensible.
J’ai déjà observé que les surfaces synoviales ne I jouent qu’un très-faible rôle dans les sympathies, qu’ elles ne se ressentent que très-peu des affections s des autres organes. Tandis que, dans les affections aiguës des viscères importans, la peau, les surfaces muqueuses, le tissu cellulaire, les nerfs, etc., etc., sont dans un trouble sympathique plus ou moins marqué, toutes les synoviales restent calmes, elles ne deviennent le siège ni de douleurs vagues, ni
1 gO SYSTÈME
d’une exhalation plus active ou plus lente. Elles se rapprochent sous ce rapport des systèmes osseux, cartilagineux, fibreux même , etc. Aussi dans les maladies , il ne faut pas que le médecin cherche dans le système synovial un siège fréquent des symptômes accessoires de cette classe de symptômes qui ne tient point à la lésion de l’organe malade luimême, mais à ses rapports avec les autres parties.
Dans les douleurs qui affectent les articulations, il y a certainement des cas où la synoviale est malade, et d’autres où les organes fibreux seuls sont le siège du mal. La distinction de ces cas est à rechercher.
Fonctions.
La synoviale paraît absolument étrangère à la solidité de l’articulation : les capsules fibreuses et les ligamens latéraux remplissent seuls cet usage. La surface lisse que les extrémités articulaires empruntent de cette membrane favorise leurs mouvemens; elle peut même, sous ce rapport, aider à l’action musculaire : ainsi les portions de synoviale qui se trouvent au genou derrière le crural, au coude sous le triceps, aux phalanges sous les fléchisseurs, etc..., remplissent à l’égard de ces muscles les mêmes fonctions que les bourses synoviales tendineuses. Elles sont à leurs tendons ce qu’est à celui du psoas et de l’iliaque la poche cellulaire qui le sépare de l’arcade crurale, etc.
Le principal usage de la membrane qui nous occupe est relatif à la synovie. Elle exhale par une
SYNOVIAL.
foule d’orifices ce fluide , qui y séjourne quelque temps, et rentre ensuite, par l’absorption, dans la circulation. Ses parois sont donc le siège de l’exhalation, comme le rein, par exemple, est celui de la sécrétion de l’urine; le réservoir du fluide exhalé, c’est le sac sans ouverture qu’elle forme, comme la , vessie est celui de l’urine venue du rein ; les vaisseaux excréteurs de ce même fluide, ce sont les absorbans, qui le rejettent dans la masse du sang,
, comme l’urètre transmet au dehors l’urine de la vessie. Il y a, sous ces divers rapports, plus d’ana- , logie qu’il ne semble d’abord entre la sécrétion et l’exhalation.
Les phénomènes du séjour de la synovie dans ce réservoir membraneux sont relatifs à elle-même ou aux surfaces articulaires : les premiers consistent a dans une altération particulière, mais inconnue,
;l qu’elle subit entre les systèmes exhalant et absore bant; les seconds concourent à faciliter les mouvei- mens articulaires. L’enduit onctueux et glissant que 3‘ les surfaces reçoivent de la synovie est singulièreà ment propre à cet usage , comme je l’ai fait ob- 1î server.
i Développement naturel.
S' Dans le fœtus et l’enfance, la plupart des synoes viales sont bien plus larges proportionnellement a que dans les âges suivans, parce que les surfaces ni articulaires ont plus d’étendue dans l’état cartilagineux que dans l’état osseux ; mais alors elles sont i d’une extrême ténuité. La synovie n’est pas, comme les fluides séreux le sont à cet âge, plus onctueuse
et plus consistante ; elle paraît même l’être moins. Avant la naissance elle est peu abondante, sans doute parce que les mouvemens sont peu marqués.
Dans le vieillard, j’ai observé que la synoviale devient plus dense et plus serrée. Elle perd en partie sa couleur blanchâtre , devient grisâtre ; moins de synovie s’en exhale. Elle n’est point, comme les surfaces séreuses , exposée aux hydropisies. La rigidité qu’elle contracte contribue à rendre péni- I pies les mouvemens. Elle ne s’ossifie jamais qu’accidentellement. Le phosphate calcaire, qui envahit peu â peu le cartilage, ne s’en empare point. Je ne j connais pas d’exemple de vieillard où l’os ait paru être à nu dans l’articulation.
Développement accidentel.
J’ai déjà observé, à l’article des capsules fibreuses, que, quand la tête d'un os reste déplacée dans j une luxation, ce n’est point une membrane ana-j logue à ces capsules qui se développe autour d’elle ; i c’est un véritable kyste lisse à sa surface interne,! humide de sérosité, formé aux dépens du tissu cel-j lulaire, et offrant, à un peu plus d’épaisseur près, l’aspect véritable des membranes synoviales; c’est une synoviale accidentelle. Les mouvemens imprimés au membre déplacé paraissent augmenter l’exhalation séreuse dans cette membrane nouvelle : de là sans doute le grand avantage de ces mouvemens pour rétablir en partie la motilité des os restés hors de leurs articulations. J’ai vu un danseur dont la tête de l’humérus, logée dans le creux de l’aisselle.
SYNOVIAL.
à la suite d’une luxation non réduite, y exerçait des mouvemens très-variés.
ARTICLE II