SYSTEME SYNOVIAL DES TENDONS
Ce système, indiqué par plusieurs auteurs , décrit par Fourcroy, Sœmmering, etc., est absolument
de même nature que le précédent, dont il ne diffère ' que par sa situation ; souvent même il se confond avec lui. Ainsi la synoviale du tendon du bicepclf est-elle continue à celle de l’articulation scapulo» "humérale; ainsi celles des jumeaux le sont-elles à la synoviale de l’articulation fémoro-tibiale : c’est la même membrane qui appartient en même temps et au tendon et à l’articulation. On en voit encore un exemple remarquable pour les extenseurs de la 1 jambe et pour le poplité, aux tendons desquels la IS même synoviale articulaire du genou sert de cap- J‘ mie , etc.
On ne trouve que très-peu de synoviales tendineuses au tronc; presque toutes occupent les çneinbres, où elles servent au glissement des tendons. Elles se rencontrent : i° là où un tendon se réflé- 5 :hit à angle sur un os, comme autour de ceux du »rand péronier latéral, du moyen péronier, de l’ob- ! turateur interne, du grand oblique de l’œil, etc.; a0 là où un tendon -glisse sur une surface osseuse sans se réfléchir, comme à l’extrémité de celui d’Achille, comme sous celui du grandfessier, des psoas et iliaque réunis, etc. ; 3° là où tfn tendon glisse dans
AïA T. GEK. T. IV.
une capsule fibreuse, comme dans ceux de tous les fléchisseurs, etc. Leur étendue est constamment proportionnée à celle des tendons sur lesquels elles se déploient.
Formes , Rapports , Fluide synovial .
Les synoviales tendineuses représentent, comme les articulaires, des sacs sans ouverture, déployés d’une part sur le tendon, de l’autre sur les organes voisins. Ces sacs sont différemment figurés suivant la disposition du tendon, mais leur conformation générale est variable. On voit, d’après cela, que toute synoviale tendineuse a deux faces, l’une qui forme l’intérieur du sac, qui est partout libre et contiguë à elle-même, l’autre qui tapisse les organes adjacens.
f.a surface libre est constamment humide d’un fluide exactement identique à celui des articulations, fourni par exhalation ainsi que lui, et non, comme l’ont dit les auteurs, par des corps rougeâtres situés aux environs, corps dont on ne voit le plus souvent aucune trace, et qui, là où ils existent* n’ont rien de glanduleux. Ce fluide est, en général, beaucoup moins abondant qu’aux articu lations, au moins sur le cadavre. Mais il y a des va riétés dans les diverses poches synoviales : celles de; tendons d’Achille, des psoas et iliaque réunis, d( l’obturateur interne, etc., sont constamment plu: humides que celles des tendons fléchisseurs, etc.
Est-ce à l’absence de la synovie qu’il faut attri buer l’espèce de crépitation que les tendons fon
SYNOVIAL.
entendre quelquefois clans leurs mouvemens? Je l’ignore. J’observe seulement que cette crépitation a quelque analogie avec le craquement des articulations des doigts qu’on fléchit brusquement, craquement qui ne dépend pas, comme on pourrait le croire, du frottement des surfaces osseuses : en effet, une fois qu’il a été produit, on ne peut plus le déterminer, quoiqu’on excite un nouveau frottement. D’ailleurs, on sait que ce craquement naît de l’allongement forcé des phalanges , de l’éloignement de leurs surfaces articulaires par conséquent, aussi bien que de la flexion.
L’augmentation du fluide des synoviales tendineuses forme une espèce d'hydropisie qu’on nomme ganglion, tumeur qui n’existe jamais dans les synoviales des doigts, sans doute à cause du défaut d’extensibilité des capsules fibreuses (i). Il ne faut pas croire cependant que toutes ces tumeurs, qu’on guérit en les crevant par une forte pression, et en faisant ainsi épancher leur fluide dans le tissu cellulaire, aient eu pour base une synoviale naturelle.
(i) On trouve rarement sans doute, mais pourtant on trouve parfois des ganglions formés par une véritable hydropisie de la membrane synoviale des doigts ; au moins j’ai eu une fois occasion de faire semblable observation. La tumeur qui caractérisait cette maladie, était apparente au-devant désarticulations pbalangiennes , lieu, en effet, où la membrane qui forme la gaine des tendons fléchisseurs des doigts est faible et réduite à quelques trousseaux fibreux entrecroisés crucialement. En outre , le liquide qu’elle contenait communiquait avec celui d’une poche synoviale bien plus développée, et que l’on apercevait dans la paume delà main ou l’aponévrose palmaire. (F. Blandin.)
Le plus souvent elles sont accidentelles; ce sont des kystes cpii se sont formés dans le tissu cellulaire. En effet, on trouve souvent ces tumeurs sur le trajet du grand extenseur du pouce, où il n’y a point de synoviale. A la suite de douleurs rhumatisantes, j’ai vu un amas considérable de fluide dans la petite synoviale du tendon d’Achille : il s’est peu à peu dissipé. J’en ai observé un autre analogue dans la poche du psoas d’un cadavre : le fluide était rougeâtre, et consistant comme de la gelée de groseille : l’action de l’acide nitrique l’a tout à coup coagulé en une masse blanchâtre et analogue à du blanc d’œuf du rci.
La surface adhérente des synoviales tendineuses se déploie, i° d’un côté sur les tendons, avec lesquels elle est plus ou moins intimement unie : on la détache facilement de dessus ceux de l’obturateur interne, du psoas, etc. ; elle est intimemenl confondue avec ceux des fléchisseurs. o.°. D’un autre côté, elle tapisse communément le périoste, cpii, en cet endroit, se pénètre de gélatine, et forme un fibro-cartilage. Son mode de rapport y est analogue à celui de la synoviale articulaire avec le cartilage de l’os. Quelquefois c’est sur une capsule fibreuse quelle se réfléchit, après avoir tapissé le tendon : telles sont celles qui avoisinent l’articula lion scapulo-lnimérale. Dans quelques cas, elle: remontent, après avoir tapissé le tendon, jusque sur les fibres charnues, comme à l’obturateur in terne. 3°. En se réfléchissant du tendon sur le: organes voisins, elles répondent, en général, ; beaucoup de tissu cellulaire; mais dans les coulisse:
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des fléchisseurs, ce sont les gaines fibreuses quelles revêtent.
Dans tous les grands mouvemens, les synoviales tendineuses, tiraillées plus ou moins, éprouvent diverses locomotions , toujours moindres cependant que celles des surfaces séreuses.
Les formes très-variées que présente le sac sans ouverture des synoviales tendineuses peuvent se réduire à deux modifications générales. i°. Les unes offrent des poches arrondies, des espèces de vésicules : telles sont celles du sus-épineux, des psoas et iliaque, de l’obturateur interne, etc. Toutes ces membranes sont remarquables en ce qu’elles n’enveloppent jamais le tendon en totalité, mais seulement d’un côté; en ce qu’elles ne forment jamais de replis intérieurs; en ce qu’elles ne sont jamais entourées de gaines fibreuses. a0. Les autres, appartenant surtout aux fléchisseurs et aux tendons divers qui traversent la plante du pied, forment d’aborcl une espèce de sac cylindrique qui tapisse le canal moitié fibreux et moitié cartilagineux dans lequel glisse le tendon; puis elles se réfléchissent autour de lui, l’enveloppent en totalité, et lui composent une véritable gaine qui l’empêche de baigner dans la synovie. Cette espèce de synoviale tendineuse représente donc véritablement deux canaux, aux extrémités supérieure et inférieure desquels se trouvent deux culs-de-sac qui les réunissent et complètent le sac sans ouverture. On trouve fréquemment ici des replis intérieurs allant d’un canal à l’autre : toutes les synoviales des fléchis*- .seurs en ont un sous le tendon.
îqS
Organisation , Propriétés , Développement.
L’organisation des synoviales tendineuses est absolument analogue à celle des articulaires. Principaiement celluleux, le tissu de ces membranes est sans aucune fibre apparente; sa mollesse est trèsmarquée ; très-peu de vaisseaux sanguins s’y distribuent, quoiqu’on ait écrit le contraire; les absorbans et les exhalans y dominent surtout. Ceuxci, remplis de sang dans l’inflammation, donnent à la membrane une teinte rougeâtre plus ou moins foncée. Dans cet état, la synovie ne s’exhale point; il survient même quelquefois des adhérences, comme je l’ai observé sur un sujet où les gaines ; fibreuses et leurs tendons semblaient ne faire qu’un à l’indicateur et au doigt du milieu. Les phénomènes inflammatoires des synoviales tendineuses sont surtout remarquables dans les panaris, maladie dont une espèce, qui a manifestement son siège dans la synoviale des doigts, est analogue à l’inflammation de la plèvre ou du péritoine et à celle dés articulations. Elle est plus dangereuse que l’inflammation des synoviales disposées en vésicules ou bourses, parce que la gaine fibreuse qui entoure la membrane enflammée, ne pouvant point se distendre et se prêter au gonflement, comme le tissu cellulaire qui entoure ces bourses synoviales, produit de véritables étranglemens, qu’il faut souvent débrider. Je ne sais si le tissu synovial des tendons est exposé aux inflammations lentes et tuberculeuses communes aux systèmes séreux et synovial articulaire. Ses propriétés vitales et de tissu pa-
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raissent être absolument les mêmes que celles de ce dernier , comme lui, il reçoit difficilement l’influence sympathique des autres organes; il est calme pendant le trouble qui s’empare des autres systèmes dans les maladies aiguës; il reste intact dans leurs altérations nées des affections chroniques. J’observe aussi que toutes ses affections sont presque locales. Par exemple, il n’y a point, comme dans le système séreux, des espèces de diathèse hydropique, c’est-à-dire, de cas où toutes les poches synoviales se remplissent en même temps.
Fines et délicates chez le fœtus et l’enfant , les synoviales tendineuses se prêtent avec facilité à cette foule de mouvemens qui se succèdent sans cesse à cet âge. Plus denses et plus serrées chez l’adulte, elles deviennent rigides chez le vieillard, exhalent moins de fluide, se sèchent, et ne concourent pas peu, par l’état où elle se trouvent, à la lenteur générale des mouvemens que cet âge entraîne avec lui.
Il y a plusieurs synoviales dont l’existence est variable : telle est, par exemple, celle du grand fessier, à la place de laquelle on ne trouve souvent qu’un amas cellulaire (i). Ces sortes de membranes
(1) Sous ce rapport, savoir, que certaines parties de ce système manquent quelquefois et sont alors remplacées par du tissu cellulaire, le système synovial des tendons se confond , plus peut-être que le séreux et le synovial articulaire , avec le cellulaire. Mais , en outre , ce dernier se rapproche en beaucoup d’endroits, par sa disposition , des bourses muqueuses ou membranes synoviales des tendons. Partout où se passent de grands mou— vemens , le tissu cellulaire est lâche , lameîleux , abreuvé de
sont, en général très-sèches lorsqu’elles existent; à peine peut-on y distinguer de la synovie: elles res-
fluides; scs lames sont séparées par de larges intervalles, imitant plus ou moins exactement la cavité des membranes séreuses ou synoviales, de sorte qu’on peut dire réellement que ces membranes existent en rudiment partout où ces sortes de mouvemens s’opèrent. C’est ce qu’on voit à la cuisse, entre le tendon du droit antérieur et celui du triceps, entre le biceps et le brachial antérieur au bras, etc. Il y a même une sorte de gradation suivant la mobilité des parties , dans celle disposition du tissu cellulaire : les tégumens du dos de la main , ceux qui recouvrent la face antérieure de la rotule, l’apophyse olécrane, l’acromion , ont audessous d’eux , à cause de leurs glissemens fréquens , un tissu cellulaire qui ressemble déjà à celui que l’on trouve autour des tendons , quelquefois même de véritables bourses muqueuses. Enfin là où les frottemens sont très-marqués, comme entre les tendons et les os , celles-ci sont à peu près constantes. On les trouve même presque constamment, à un degré de développement plus ou moins grand, entre la peau et les os, dans les endroits où ces parties ont des mouvemens fréquens , comme au coude , au genou , en sorte qu’il y a le plus souvent des bourses muqueuses I sous-cutanées , comme il y en a de tendineuses.
Il est une circonstance qui peut encore influer sur l’existence et le nombre des synoviales tendineuses; c’est que certaines sont tantôt isolées , tantôt confondues entre elles, comme on le voit pour celles qui tapissent les gaines des tendons, suivant que ces gaines sont elles-mêmes séparées ou confondues.
Pour bien observer ces membranes quand elles existent , on soulève le tendon au-dessous duquel elles se rencontrent , on les ouvre dans une très-petite étendue, et on pousse par cette ouverture de l’air ou la matière de l’injection ; elles se distendent et deviennent alors très-apparentes , et distinctes du tissu cellulaire environnant : ou bien on se contente de les ouvrir avec prccautio ; l’humide et le poli de leur surface servent à les distinguer.
Les synoviales tendineuses présentent quelques différences dans leurs formes, outre la division générale en 'vésiculaires çt
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semblent, sous ce rapport, aux 'synoviales articulaires des vertèbres, de la clavicule, etc. (i).
vaginales indiquée plus haut. Leur cavité , au lieu d’èlre simple, est souvent multiloculaire, divisée par des prolongemens qui se détachent de leur intérieur : ces proîongemens sont mous ordinairement, mais fibreux dans certains cas. Les bourses jnuqueuses vaginales ont une de leurs extrémités divisée en manière de digitations , lorsque plusieurs tendons, réunis d’abord dans une gaine unique, se séparent ensuite, etc.
Ces membranes ont, comme nous l’avons dit, des franges et même quelquefois des paquets synoviaux à leur intérieur. Four— croy et Koch y ont vu des villosités. Les synoviales vésiculaires sont d’un tissu plus dense , plus serré que les vaginales, et comme fibreuses dans quelques points.
Leur fluide est jaunâtre , quelquefois rougeâtre ; mais alors cette teinte est accidentelle , et le plus souvent un résultat de la transsudation qui a lieu après la mort. Il parait plus ténu dans les synoviales de peu d’étendue , et qui n’éprouvent pas de frotte— mens considérables , plus épais * plus visqueux dans les autres , dans celle qui recouvre le grand trochanter , par exemple , et dont les mouvemens sont très-marqués. Ce fluide n’a pas été analysé ; il paraît formé d’eau , d’albumine , de soude , et peutêtre de quelques sels ; il est miscible à l’eau en toute proportion; la chaleur et les acides le coagulent ; il verdit le sirop de violette ; desséché, il se transforme en une espèce de lame cornée, trèsmince , qui brûle comme du blanc d’œuf également desséché.
Les bourses muqueuses sont très-extensibles , comme on le voit lorsqu’on les insuffle; leur hydropisie en fournit également la preuve. Elles reviennent sur elles-mêmes quand elles cessent d’ètre distendues. ( F. Blandin.)
(i) ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU SYSTEME SYNOVIAL,
§ Ier. Altérations dans les formes extérieures.
La distension des synoviales articulaires par un amas de sy—
novie constitue Yhydarthrosc , affection peu commune et qu’on observe surtout au genou, qui , en général, offre les exemples les plus fréqucns de toutes les maladies des articulations. La quantité de fluide accumulée varie, de même que la nature de ce fluide : celle-ci est subordonnée aux diverses complications qui peuvent exister , comme à l’inflammation en particulier. La distension est ordinairement plus marquée dans un ou plusieurs points , là où la synoviale est le moins soutenue par les parties environnantes.
Dans les bourses muqueuses, l’hydropisie prend le nom d’hygroma quand son fluide est séreux , incolore , limpide ; et celui de ganglion quand c’est une matière rougeâtre, épaisse, visqueuse , et plus ou moins semblable à de la gelée de groseilles. L’un et l’autre n’ont pas toujours leur siège dans les bourses muqueuses naturelles; ils sont quelquefois des tumeurs accidentelles, des espèces de kystes. C’est ainsi que les ganglions se forment sur le dos de la main, quoiqu’il n’y ait pas de bourses muqueuses en cet endroit. L’hygroma est fréquent au-devant de la rotule , à l’épaule, au coude, endroits où le tissu cellulaire a tant de rapport avec les synoviales ; il survient surtout chez les personnes qui ont ces parties soumises à une pression habituelle.
L’ankylose présente, comme on sait, plusieurs variétés. Dans celle qu’on appelle fausse , et qui devrait faire une maladie à part , toutes les parties qui entrent dans la composition des articulations sont épaissies. Mais l’ankylose proprement dite affecte spécialement la membrane synoviale. Tantôt des brides d’une étendue et d’une consistance variables traversent l’articulation et unissent les deux feuillets opposés de cette membrane revêtant les surfaces articulaires; une sorte d’amphiarthrose existe alors; une articulation peu mobile et à surfaces continues remplace celle très-mobile et à surfaces contiguës qui existait auparavant : c’est à cette première variété qu’on pourrait donner le nom de fausse ankylosé , si l’on voulait conserver cette distinction. Tantôt l’adhérence est intime entre les deux surfaces , la synoviale disparaît ou se change en tissn cellulaire , les os se soudent et finissent même par se dépouiller de la lame de substance compacte qui recouvre leur extrémité : c’est là l’ankylose vraie. Ces
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deux genres d’adhérences supposent ici , comme dans les systèmes précédens , une inflammation antérieure.
§ IL Altérations dans l’organisai ion.
Outre ces adhérences, l’inflammation des membranes synoviales y produit quelquefois l’ulcération , quoique cela soit assez rare : M. Brodie en rapporte deux exemples. Dans d’autres cas , cette inflammation se termine par résolution , et il en résulte seulement un peu de raideur et de gêne dans les mouvemens , dues à l’épaississement des parties. Elle peut encore être suivie de suppuration et d’épanchemens de diverse nature , quoique ces épanchemens s’observent moins souvent que dans le système séreux.
Les synoviales tendineuses offrent dans leur inflammation , heureusement assez rare, les deux modes d'adhérences dont il a question , savoir, des brides et des adhérences proprement dites. Elles suppurent aussi d’autres fois , et alors le plus souvent leurs tendons s’exfolient.
Les corps étrangers des articulations , que les uns ont pris pour des concrétions formées dans leur intérieur , que d’autres regardent comme des portions d’os ou de cartilage rompues et détachées, sont toujours situés, dans le principe , en dehors de la synoviale. Ce sont des productions osseuses ou cartilagineuses déposées d’abord dans le tissu cellulaire, poussées ensuite peu à peu, soit dans les divers mouvemens, soit par toute autre cause, dans la cavité de cette membrane , dont ils s’enveloppent , et qu’ils allongent prodigieusement à mesure qu’ils s’en éloignent; elle finit par lie plus leur former qu’une sorte de pédicule qui s’amincit à la longue , et se rompt enfin : quand cette rupture a eu lieu , le corps est libre dans la cavité articulaire. L’état qu’il présente alors varie ; sa consistance est quelquefois très-molle et comme albumineuse , d’autres fois cartilagineuse ou osseuse : dans certains cas le même corps offre ces différens états. Le séjour prolongé de ces corps et la pression qu’ils exercent déterminent souvent sur le cartilage articulaire des espèces d’empreintes ou de cavités dans lesquelles ils se logent : ces empreintes ont pu £iire croire à une perte de substance du cartilage , dont un mor-
ao/f. SYSTÈME SYNOVIAL,
ceau séparé aurait donné naissance au corps étranger ; niais on ne conçoit aucune cause capable de produire une semblable séparation; et, d’ailleurs , l’inspection ne confirme nullement celle idée.
Des corps d’une autre nature se développent dans les bourses muqueuses , et quelquefois aussi dans les synoviales articulaires. Ils sont ordinairement extrêmement nombreux , du volume d’un gros pépin , aplatis en divers sens, d’une couleur blanchâtre. On lésa crus animés, mais ils paraissent inorganiques ; leur origine est peu connue. Monro a encore trouvé dans les bourses muqueuses de petits corps d’une nature particulière. Le mcine auteur dit y avoir rencontré des plaques cartilagineuses.
Dans les tumeurs blanches , mot impropre par lequel on confond diverses dégénérations et l’inflammation chronique de la membrane synoviale , celle-ci devient souvent le siège d’une dégénération particulière , son tissu est épaissi , grisâtre , lardacé, homogène, surmonté de fongus ou champignons mollasses, dont la présence au-dessous des tégumens peut en imposer pour un abcès, à cause d’une sorte de fluctuation obscure qu’on croity sentir.
§ III. Altérations dans le Développement.
Les membranes analogues aux synoviales qui se rencontrent dans les articulations supplémentaires, à la suite des luxations non réduites , sont en partie formées par les débris de l’ancienne rompue, et en partie parla production réelle d’un nouveau tissu. Les fractures non réunies ont quelquefois une capsule qui semble également appartenir au système synovial, en ce qu’elle contient un fluide séreux , comme nous l’avons dit ailleurs.
Les kystes synoviaux dont il a été fait mention au commencement de cet article sont des bourses muqueuses accidentelles.
L’absence de quelques synoviales tendineuses , dans certaines circonstances, est le seul vice de conformation propre à ce système. (Béclàrd.)
Ce système, l'un des plus importans de l’économie animale, diffère de la plupart des autres en ce que le tissu qui lui est propre n’est point exactement identique dans tous les organes qui le composent. Les fibres d’un muscle de la vie animale pourraient également servir à la structure de tout autre muscle du même système; la fibre tendineuse, les tissus cartilagineux, osseux, etc., sont aussi partout les mêmes. Au contraire, le tissu du foie ne pourrait point servir à composer le rein ; celui de ce dernier serait hétérogène dans les salivaires. Le système glanduleux ne se ressemble donc, dans ses diverses parties, que par certains attributs généraux qui souffrent beaucoup d’exceptions.
Les auteurs ont donné le nom de glandes à des organes auxquels il ne convient nullement : tels sont la thyroïde, la pinéale, les glandes lymphatiques, celles surtout qui avoisinent les bronches, le thymus, les surrénales, etc. On ne doit appeler ainsi qu’un corps d’où s’écoule, par un ou plusieurs conduits, un fluide que ce corps sépare du sang qu’il reçoit par les vaisseaux qui s’y rendent. i°. A la tête, les salivaires, la lacrymale, les glandes de Méibomius, l’amygdale, les cérumineuses de l’oreille; a0 les mamelles sur la poitrine; 3° dans le
ventre, le foie, le pancréas, les reins; 4° au bassin, la prostate et le testicule; 5° clans tout le tronc et à la face, l’ensemble très-nombreux des glandes muqueuses : voilà à peu près ce qui dépend du système glanduleux; tous les autres organes qui lui appartiennent par ce nom lui sont étrangers sous le rapport de leur texture, de leurs propriétés, de leur vie et de leur fonctions. Sous ce point de vue, la division de Vic-d’Azyr est inexacte (i).
(i) Puisque, d’après la définition de Bichat, définition généralement adoptée, on ne qualifie glandes que les organes sécrétant du sang un fluide spécial , qu’ils 'versent ensuite sur une surface à l’aide d’un ou clc plusieurs conduits excréteurs , il est évident qne les organes qui sécrètent l’humeur de Méibomius et le cérumen n’appartiennent pas à la classe des glandes, et que ce sont de simples follicules ; tandis que d’autre part la prostate et les glandes muqueuses ne sont autre chose que des groupes de follicules qui forment Lien, si l’on veut, le passage entre les follicules simples et les glandes , mais qui cependant ne sont pas encore munis d’un véritable conduit excréteur. Ce n’est pas toutefois, que j’adopte l’opinion qu’il n’y a pas de grandes analogies entre tous les organes sécréteurs , depuis la simple membrane qui exhale , jusqu’à la glande la plus composée ; loin de là ; mais comme, en anatomie , le mot glande est employé dans une acception bien déterminée, j’ai dû la rappeler avec d’autant plus d’empressement que Bichat, après l’avoir établie en général, s’en est écarté dans les applications particulières.
Non-seulement l’anatomie démontre une grande analogie entre les divers organes sécréteurs , quelque différens qu’ils paraissent au premier abord , mais la nature elle-même a pris soin , en quelque sorte, de noiis révéler ce rapport , et de nous montrer les modifications nécessaires qu’elle a fait subir à une simple membrane exhalante pour en faire les appareils de sécrétion les
GLANDULEUX. 207
Les membres ne contiennent rien qui appartiene à ce système, sans cloute parce que les fluides qu’ils séparent servent presque tous aux fonctions organiques, tandis que tout est relatif aux fonctions animales dans les membres.
ARTICLE PREMIER