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II.- LE GROS INTESTIN

Le gros intestin est la dernière partie du tube digestif. Son volume considérable, sa forme bosselée particulière, l'existence de bandelettes et d'incisures à sa surface le distinguent à première vue du reste de l'intestin.

Il commence dans la fosse iliaque droite par un cul-de-sac, le caecum, et se termine au fond du pelvis par un canal étroit, l'anus. Il décrit dans son ensemble une longue courbe qui suit les parois de l'abdomen, monte dans la fosse iliaque droite et le flanc droit, suit le diaphragme, descend dans le flanc gauche, traverse la fosse iliaque gauche et le petit bassin, perfore enfin le plancher pelvien pour s'ouvrir au dehors.

Le côlon du cadavre. — Les anatomistes qui n'ont en vue que le côlon du cadavre le décrivent comme formé d'un certain nombre de segments, distingués par la différence de leur direction. Ils comptent ainsi quatre segments.

1° Le côlon ascendant, commence en cul-de-sac ou caecum dans la fosse iliaque droite et monte jusqu'au niveau de la face inférieure du foie et se continue à ce niveau avec le côlon transverse en faisant un angle, angle droit ou angle sous-hépatique des côlons. Cette portion, disent avec Sappey la plupart des classiques, est la plus fixe du gros intestin. Il y a cependant des côlons fixes et d'autres mobiles.

Trêves, Lesshaft, Toldt, Fromont, Soubeyran ont déjà insisté sur ce point.

Il mesure en moyenne 12 centimètres de longueur, mais il peut atteindre 19 centimètres et même davantage. C'est le côlon ascendant long. Dans certains cas, il est très court, à ce point même qu'il peut paraître manquer et que dans ces cas le cœcum se continue directement avec le côlon transverse.

Suivant sa longueur même, la direction du côlon ascendant est variable. S'il est court ou de dimension moyenne, il est rectiligne et incliné de bas en haut et d'avant en arrière. S'il est long, il " devient flexueux et s'infléchit soit en arc de cercle à concavité interne, soit en S plus ou moins allongé. Legueu est le seul parmi les

auteurs que nous avons consultés qui établisse une relation entre la direction du côlon ascendant et la conformation de la cavité abdominale de l'individu.

2° Le côlon transverse relie le côlon ascendant au côlon descendant. Il passe du côté droit au côté gauche de l'abdomen, d'où son nom qui indique sa direction générale.

Les anatomistes lui donnent 0 m. 50 de longueur en moyenne. Cette longueur, dit Jonnesco, peut varier de 30 à 90 centimètres.

Le croisement de la mésentérique divise du reste ce côlon en deux parties. L'anse droite (anse sinueuse de Mauclaire et Mouchet) est à peu près fixe. Oblique en avant et en dedans, elle adhère plus ou moins à la paroi postérieure de l'abdomen. Elle est tantôt rectiligne, plus souvent un peu sinueuse. L'anse gauche est au contraire très mobile et son méso d'attache très long. Elle est fortement oblique en haut et un peu en arrière et arrivée dans l'hypocondre gauche, elle se continue par l'angle splénique avec le côlon descendant.

Cette description est déjà beaucoup plus exacte que celle des anciens classiques qui, à la façon de Sappey, décrivaient et représentaient le côlon transverse parfaitement transversal et horizontal.

Les deux extrémités du côlon transverse se continuent avec les côlons ascendants et descendants par des coudures ou angles du côlon.

L'angle droit, situé au-dessous du foie, répond aux dernières côtes. Fromont le place, par rapport aux côtes, à des niveaux légèrement variables avec les sujets, mais ne dépassant guère deux à trois centimètres. Il correspond, d'après cet auteur, tantôt à la dixième, tantôt à la onzième côte sur la ligne axillaire.

Pour les uns, cet angle est droit, pour les autres il est aigu, pour certains même les deux branches de l'angle viennent au contact l'une de l'autre et sont réunies par un ligament fibreux.

L'angle gauche, situé au-dessous de la rate, occupe l'hypocondre gauche. Il est toujours très aigu et plus haut placé que le droit. II répond à des niveaux variables suivant les cadavres; chez les uns il arrive à la hauteur de la huitième côte sur la ligne axillaire, chez les autres, il correspond seulement à la onzième. C'est, disent la plupart des anatomistes, le point le plus fixe des côlons.

3° Le côlon descendant s'étend de l'angle splénique au croise-

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