LE GROS INTESTIN
ment de la crête iliaque. A la vérité, aucune démarcation nette n'indique à la vue la séparation du côlon descendant et du côlon iléopelvien. Son calibre est plus petit que celui du côlon ascendant et sa direction sensiblement verticale forme cependant une légère courbe à concavité interne.
4° Le côlon terminal, c'est-à-dire celui qui s'étend de la crête iliaque gauche à la quatrième vertèbre sacrée où commence le rectum, est l'objet des descriptions les plus variables delà part des anatomistes. Ils ne s'entendent ni sur les limites, ni même sur les noms à donner à ces divers segments. Anse oméga, S iliaque, côlon iliaque, ansesigmoïde sont autant de noms pour le désigner.
Jonnesco a tenté d'établir qu'il faut reconnaître deux parties distinctes par leur direction, leur siège et leur fixité. La première, à peu près fixe, occupe la fosse iliaque et doit être appelée côlon iliaque ; la seconde, très mobile et sinueuse, occupe le petit bassin et prend le nom de côlon pelvien. Le bord interne du psoas gauche sépare ces deux segments.
Le côlon du vivant. — Cette description classique serait parfaite, si elle n'envisageait pas que le cadavre exclusivement. Le cadre colique, pour employer l'expression courante, est un schéma commode, mais c'est une erreur anatomique.
En réalité, le côlon droit, généralement appelé ascendant, est antérieur, superficiel, court et large.
Le côlon gauche, généralement appelé descendant, est postérieur, profond en arrière du grêle, long et étroit.
Le côlon transverse qui les réunit est en réalité une anse concave en haut et obliquement ascendante de droite à gauche.
Le côlon terminal ou iléo-pelvien décrit une anse en point d'interrogation renversé dont la tige est iliaque et la boucle profonde et pelvienne.
Le côlon envisagé dans son ensemble ne forme pas un cadre dans l'aire duquel se trouve inscrit l'intestin grêle. Celui-ci est à gauche du côlon droit et en avant du côlon gauche qu'il cache et recouvre. Enfin les premières anses grêles sont en arrière et au-dessus du colon transverse qui retombe suspendu par son méso, en avant d'elles.
Ainsi donc le côlon transverse étant en avant des anses grêles et le côlon gauche en arrière, le petit intestin se trouve en partie placé dans l'angle, dans l' entre-jambe de ces deux parties du gros intestin. Cette disposition, comme nous le verrons plus tard, explique les difficultés qu'on rencontre, quand il s'agit d'aborder l'angle gauche des côlons et la partie supérieure du descendant.
Le côlon, envisagé au point de vue médico-chirurgical, ne peut répondre au cadre étroit d'une division en segments désignés par leur seule direction. Le peu que nous savons aujourd'hui de la physiologie de cet organe, l'importance pathologique médicale et chirurgicale si différente de ces parties, les procédés opératoires adaptés à chacune, nous obligent à envisager le côlon comme formé de trois parties différentes à tous ces points de vue.
a) Un côlon droit qui répond au caecum, côlon ascendant et partie droite du transverse ;
b) Un côlon gauche qui répond à la partie gauche du transverse et au côlon descendant ;
c) Enfin un côlon terminal ou ilio-pelvien.
Il faut comprendre sous le nom de côlon droit toute la portion du début du côlon qui, sauf le caecum, est normalement fixe et adhérente. Le côlon droit s'étend donc du fond du cul-de-sac caecal au point où le côlon croise la tête du pancréas, c'est-à-dire au point où apparaît le méso-côlon.
A tout instant, le chirurgien, au cours de ses explorations ou de ses opérations, use dans le sens que nous venons de dire, du terme de côlon droit. Il devient nécessaire que cette expression pénètre définitivement dans le langage. Et d'ailleurs, en dehors des nécessités de la pratique courante, cette division, bien qu'elle aille àl'encontrede ce qui est enseigné d'habitude, s'impose par bien d'autres raisons.
Cette délimitation, un peu arbitraire en apparence, a reçu des travaux récents une sorte de confirmation physiologique. Cannon, Case, Barclay ont constaté en effet à l'union de la partie mobile et de la partie fixe du côlon transverse une zone ou anneau de constriction qui sépare au point de vue fonctionnel le côlon droit du côlon gauche.
H. Grégoire.
Planche XXXVIII (page 123).
Fig. 47. — Les côlons en place sur un sujet durci au formol.
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Le côlon droit, de fort calibre, surtout à son origine ou caecum, est oblique en haut et en arrière dans sa partie ascendante. Sa position horizontale est d'abord antéro-postérieure, puis transversale. Elle contourne la saillie vertébro-psoas de la paroi postérieure. L'angle droit est profond, inter-hépato-rénal.
Le côlon est ascendant dans sa portion dite transverse et à peu près vertical dans sa portion descendante. L'angle que forment ces deux portions est fortement aigu.