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XV. Paçe

Le côlon droit ne se constitue que tardivement. Chez certains même, il reste toujours imparfait anatomiquement, on dit alors qu'il présente le type infantile. Le côlon gauche et le côlon terminal sont au contraire constitués et définitivement établis dès le début.

A mesure que l'on pénètre mieux le fonctionnement de cette partie de l'intestin, on s'aperçoit que le côlon droit présente une puissance d'absorption et des particularités de motricité qui le rendent très différent du reste des côlons. Les constatations des cliniciens viennent chaque jour confirmer à ce point de vue les recherches des physiologistes.

Enfin la pathologie si riche du cœcum et du côlon droit attire à tout instant l'attention du clinicien, alors que le côlon gauche reste beaucoup plus souvent silencieux.

Longueur. — La longueur du côlon, comme celle de l'intestin grêle, est susceptible de profondes variations suivant les individus. Aussi les anatomistes décrivent-ils des brachy-côlons et des dolicocôlons. Or ces différences de longueur ne portent pas également sur toutes les parties du gros intestin. Trois portions sont particulièrement sujettes à présenter une longueur plus considérable, c'est d'abord le côlon pelvien, c'est ensuite la portion transverse, c'est enfin la portion ascendante. En somme, le côlon descendant, le côlon iliaque et le rectum sont d'une longueur à peu près toujours la même; le côlon droit, l'origine du côlon gauche et le côlon pelvien sont, au contraire, susceptibles de variations de longueur considérables.

Les anatomistes, que ces constatations avaient depuis longtemps frappés, en cherchaient l'explication dans le régime alimentaire ou les différences morphologiques des races. Plus récemment, les chirurgiens ont recherché les relations qu'il pouvait y avoir entre la longueur du côlon et son fonctionnement normal et pathologique.

A. Robbin (1), dans un travail récent, a rapproché de ses constatations d'autopsie le fonctionnement intestinal de ces sujets pendant la vie. Il est arrivé à cette conclusion, sur un total de 185 autopsies, que les sujets à fonctions intestinales normales avaient un côlon

(1) Am. J. Dis. Child., 1920.

égal à peu près à la longueur du corps. Ceux, au contraire, qui présentaient un côlon de longueur exagérée, avaient de la constipation chronique ou des troubles intestinaux.

Ainsi envisagée, la question prend un intérêt tout nouveau. Au lieu d'envisager l'étude de la longueur du côlon à un point de vue purement spéculatif et d'intérêt en somme médiocre, ce point d'anatomie devient de haute importance, car il peut éclairer d'un jour nouveau un coin de la pathologie encore obscure des côlons.

Calibre. — Le côlon droit est normalement d'un calibre plus considérable que le côlon gauche. On peut dire aussi qu'à moins d'irritation pathologique on ne le trouve jamais resserré et contracté au point de rendre sa cavité virtuelle, comme cela est si fréquent pour le côlon descendant en particulier.

Mais il est bien difficile d'apprécier, même approximativement, le calibre que doit avoir normalement le côlon vivant, car les modifications cadavériques empêchent absolument, à notre avis, de conclure du sujet d'autopsie à l'individu en vie. A plus forte raison estil illusoire de vouloir calculer la capacité du côlon droit.

Ce que l'on peut dire du calibre du côlon droit du vivant ne peut être que relatif à la paroi abdominale ou à la fosse iliaque de l'individu envisagé. Or, en clinique la percussion démontre que, chez un sujet à côlon droit non distendu, la sonorité colique s'étend du flanc à trois travers de doigts de la ligne médiane, ce qui lui donne environ trois travers de doigt de largeur cliniquement.

Au cours des laparotomies, nous avons bien souvent constaté que le côlon droit de calibre normal occupe les fosses iliaque et lombaire sur une largeur qui répond aux deux tiers externes de celles-ci. Il ne reste à l'intestin grêle pour se loger à droite de la ligne médiane que le tiers interne de ces deux régions.

Or, dans les cas de distension du côlon droit, il n'est pas rare de constater que l'intestin grêle n'a aucune place à droite de la ligne médiane, le côlon droit occupe la totalité de la fosse iliaque et du flanc. Nous verrons plus tard que la radiologie confirme pleinement ces constatations d'anatomie clinique et chirurgicale.

Le côlon droit, examiné en place, ne présente cependant pas le même calibre sur toute sa longueur. Son origine, c'est-à-dire le cul-

de-sac csecal, est toujours la partie la plus large. De là, la largeur du côlon va en diminuant jusqu'au niveau de l'angle sous-hépatique et il diminue encore dans la portion horizontale.

Sur les sujets fixés au formol peu de temps après la mort, il est ordinaire de constater que le côlon droit est toujours largement distendu par des matières ou des gaz et tranche par ses dimensions sur le calibre du transverse et plus encore du colon descendant (voir fig. 30 et 47).

Le calibre du côlon droit n'est d'ailleurs pas régulier. La disposition des bandes musculaires longitudinales, qui partent en divergeant de l'implantation de l'appendice, divise sa surface en une triple série de bosselures séparées les unes des autres par les épaississements musculaires ou le passage de vaisseaux. Les plus grosses bosselures existent toujours entre la bandelette antérieure et la bandelette postéro-externe et de toutes, la plus volumineuse correspond à la paroi antérieure du caecum. On lui donne souvent le nom de grosse tubérosité ou fond du cœcum. C'est sur elle que portent principalement les dilatations pathologiques parfois si considérables de cet organe.

Les autres bosselures du côlon droit sont de calibre fort irrégulicr les unes par rapport aux autres. Elles sont hautes et peu nombreuses si on les compare à celles du côlon transverse. Les sillons qui les séparent sont peu profonds. Ces dispositions se retrouvent du reste parfaitement sur les images radiographiques du côlon droit.

Situation. — Au point de vue médico-chirurgical, il faut distinguer deux types du côlon droit : le côlon fixé, type normal et le côlon mobile, type anormal.

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