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Il distingue des côlons en arc, des côlons en U ou en V, des côlons en S horizontales ou en S verticales, des côlons en Wou en M, en tuyaux d'orgue ou en accordéon. C'est assez dire les variétés infinies qui peuvent se présenter, à ce point qu'il est impossible, au cours d'une laparotomie médiane, de savoir exactement quelle est l'anse colique qui se présente. Nous avons vu récemment un anus iliaque droit portant sur le transverse, alors que le chirurgien l'avait certainement pensé mettre sur le caecum (voir fig. 55).
La portion descendante est généralement verticale ou à peine sinueuse. Elle suit l'angle que fait le bord externe du rein avec la paroi postérieure, puis celui que fait le psoas avec cette même paroi. Sa sinuosité légère vient de ce qu'il suit parfois trop exactement le bord rénal et s'enfonce un peu dans l'angle que fait le pôle inférieur du rein avec le psoas.
Tandis que la portion transverse change de direction à tout instant, la portion descendante est au contraire rigoureusement fixe et immobile et sa direction est invariable. On peut assez bien tracer sa direction sur la peau en suivant la dépression du bord externe de la masse sacro-lombaire.
L'angle ou coude gauche qui réunit ces deux portions est fortement aigu. La plupart des auteurs, après Buy, lui donnent 40 à 60° encore d'ouverture. Il nous a toujours semblé que sur le cadavre et plus encore sur le vivant la fermeture de cet angle est beaucoup plus prononcée.
Dans l'immense majorité des cas, cet angle est situé dans le plan antéro-postérieur. La branche antérieure est formée par la portion transverse, la branche postérieure par la portion descendante. Mais au niveau du point où la première se continue dans la seconde, elles sont absolument accolées et parallèles. Ce n'est que 5 à 6 centimètres au-dessous de cette coudure que les deux portions du côlon s'éloignent l'une de l'autre et dans cet écartement angulaire viennent se placer les premières anses de l'intestin grêle.
Cette direction de l'anse est maintenue par le ligament suspenseur de l'angle, mais aussi par une lame fibreuse fixatrice semblable à celle du coude droit. A la vérité Buy et Okinczyc l'ont trouvée plus rarement qu'à droite.
Cette direction à angle très fermé et fixe des deux portions du
côlon gauche permet d'expliquer jusqu'à un certain point l'arrêt constant et momentané du bol fécal à ce niveau. Ce phénomène vient-il à s'exagérer, l'une des causes de la constipation chronique est constituée. C'est encore par l'exagération de ce coude que se produisent certains accidents d'occlusion intestinale (Adenot, Quenu).
Moyens de fixité. — Le côlon gauche est suspendu par son angle à la face inférieure du diaphragme au moyen d'un véritable ligament fibreux, court et résistant, le ligament phrénico-colique. Sa partie transverse est soutenue par le méso-côlon transverse, sa partie descendante est fixe et adhérente à la paroi postérieure de V abdomen.
Le ligament phrénico-colique est une formation fibreuse solide qui attache de court l'angle colique gauche. Sa résistance est assez grande pour ne laisser jamais tomber le coude gauche du côlon. Le chirurgien, qui doit abaisser cette portion de l'intestin, connaît bien la résistance qu'il est capable d'opposer.
Il est formé de travées conjonctivo -fibreuses courtes, mais assez lâches que recouvre la séreuse péritonéale. Ces travées, fixées en haut et en arrière au diaphragme, à la hauteur de la neuvième et de la dixième côtes, s'étalent en éventail dans le plan oblique en avant et en dedans.
Les faisceaux postérieurs se fixent à l'angle et sur l'origine du descendant. Les faisceaux antérieurs s'attachent sur le versant antérieur de l'angle et sur la terminaison du transverse.
La séreuse péritonéale qui le recouvre est soulevée en un pli triangulaire à sommet postérieur et supérieur, à base correspondant à l'intestin. Son bord postérieur adhérent confine à la paroi postérieure, son bord antérieur libre et légèrement concave en avant forme la limite d'une loge occupée par la rate. La face interne de ce ligament est en effet le meilleur moyen de soutien de la rate et en raison des connexions de cet organe, on peut se demander comment elle tient en place à la suite d'une côlectomie totale, par exemple. Les observations sont encore muettes sur ce point.
Ce ligament phrénico-splénique est le véritable ligament suspenseur du côlon. Et il est remarquable de constater que, comme le ligament suspenseur du foie ou de l'estomac, c'est au diaphragme qu'il s'attache.
R. Grégoire
Planche XLY (page 149).
Fin. 58. — Le méso-côlon transverse.
Schéma pour montrer sa constitution.
Il est formé par le mésentère primitif, auquel viennent s'accoler les deux feuillets profonds réunis du grand épiploon.