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Le méso-côlon tr ans verse attache la portion transverse du côlon gauche à la paroi abdominale postérieure. C'est une formation complexe, constituée par le mésentère primitif et le mésogastre postérieur accolés.

Lorsque l'anse intestinale primitive a subi sa torsion, son mésentère s'accole progressivement au péritoine pariétal postérieur. En même temps, le mésogastre postérieur s'est déprimé vers la gauche, s'allonge et va former le sac épiploïque limitant l' arrière-cavité des épiploons. Ce sac épiploïque, futur grand épiploon, descend au-devant du côlon transverse, puis lui adhère ainsi qu'à son méso. Ainsi donc deux mésos se trouvent fusionnés à ce niveau : le mésocôlon trans verse et le mésogastre postérieur ou repli postérieur du grand épiploon.

Chez l'adulte, la fusion n'est cependant pas telle qu'on ne puisse arriver à séparer ces deux formations. Les chirurgiens savent aujourd'hui, comme Okinczyc et Lardennois l'ont montré, utiliser ces connaissances anatomiques pour pratiquer le décollement intercoloêpiploïque et entrer dans l' arrière-cavité des épiploons en passant à travers sa paroi postérieure (voir fig. 58).

La racine de ce méso s'attache obliquement en haut et à gauche depuis le flanc droit de la colonne vertébrale jusqu'à la neuvième côte gauche. Elle commence sur le côté interne de la deuxième portion du duodénum, s'attache au bord inférieur du corps et de la queue du pancréas, croise le rein gauche dans sa partie moyenne et se termine enfin en arrière de la rate à la face inférieure du diaphragme.

Le méso-côlon transverse confine donc par sa face supérieure à l' arrière-cavité des épiploons, par sa face inférieure à la cavité de l'abdomen. Il forme la barrière incomplète qui sépare la région thoraco-abdominale de la région abdominale proprement dite. Cette barrière, le chirurgien peut artificiellement la compléter, quand il veut isoler les deux étages de l'abdomen, en suturant le côlon transverse à la paroi abdominale antérieure. Il peut avoir aussi à compter avec elle, quand il veut anastomoser par exemple un organe de l'étage supérieur, comme l'estomac, avec un organe de l'étage inférieur, comme une anse grêle. Il lui faudra, suivant le cas, passer à travers le méso-côlon ou passer en avant du gros intestin. Cela dépend de la hauteur du méso.

De fait, la hauteur du méso est assez variable; il arrive assez rarement qu'elle soit nulle. Nous en avons récemment rencontré un bel exemple au cours d'une intervention sur l'estomac. Quelquefois le méso est court et ne mesure guère que trois ou quatre centimètres de haut. Dans ces deux cas, il est facile de passer l'anse anastomotique en avant du côlon transverse.

Le plus ordinairement, le méso-côlon mesure de 11 à 16 centimètres de haut à sa partie moyenne. Il acquiert cette hauteur presque aussitôt son origine à droite. A sa terminaison, c'est-à-dire à gauche, sa hauteur diminue progressivement et il disparaît complètement sur le ligament phréno-colique, c'est-à-dire au niveau de l'angle gauche. Quand le méso est long, le côlon transverse descend assez bas dans l'abdomen jusqu'à l'ombilic et même au-dessous. Il devient impossible alors de faire passer l'anse anastomotique en avant du côlon; il la faudrait trop longue et elle risquerait d'être gênée par le côlon. Il faut bien alors passer à travers le méso-colon pour arriver à l'aboucher dans l'estomac.

La disposition dans ce méso des vaisseaux qui se rendent au côlon gêne peu au cours de cette opération. La longue arcade anastomotique que s'envoient l'artère colique supérieure droite et l'artère colique supérieure gauche suit à petite distance le bord intestinal du méso ; on peut donc facilement l'éviter. Lorsqu'il existe une artère colique moyenne, celle-ci coupe le méso dans sa hauteur. Or sa blessure doit à tout prix être évitée, car sa section risque l'anémie et le sphacèle du côlon transverse.

L'adhérence du côlon descendant est la conséquence de la coalescence du mésentère primitif à la paroi postérieure de l'abdomen. Elle se fait assez précocement et s'étend de la ligne médiane vers la gauche. Elle porte sur toute la hauteur du côlon descendant. Ainsi, toute sa face postérieure adhère à la paroi dorsale de l'abdomen par un tissu cellulaire assez serré et à mailles larges, qui lui interdit toute mobilité. La séreuse recouvre sa face antérieure et sa face externe et de là se continue dans le péritoine pariétal.

Cependant il peut arriver que l'adhérence ne soit pas toujours aussi étendue et que le côlon descendant, sans être mobile, soit cependant entouré du péritoine sur toutes ses faces. Il existe, dans ces cas, un méso en général très court, de 1 à 2 centimètres au plus, qui le

maintient contre la paroi dorsale. Soubeyran, qui reprend les mensurations de Trêves, trouve 26 fois sur 100 cas le côlon descendant muni d'un court méso. Addisson trouve un méso-côlon descendant dans 22 p. 100 des cas seulement. Du reste, dans ces conditions, les conséquences restent les mêmes au point de vue chirurgical et il est aussi difficile dans le premier que dans le second cas d'amener le côlon descendant au dehors.

Mais de même que l'on peut décoller le grand épiploon du mésocôlon transverse, on peut retrouver la zone de coalescence en arrière du côlon descendant. Pierre Duval a montré tout le parti que le chirurgien peut tirer de ces connaissances dans l'exérèse de cette portion du gros intestin et comme la zone d'accolement est avasculaire, le décollement peut se faire sans une goutte de sang.

Dans quelques cas, d'ailleurs assez rares, Paccolement ne s'est pas fait sur toute l'étendue habituelle. Il se forme en arrière du côlon descendant et de son méso une loge péritonéale désignée sous le nom de fossette para-colique gauche en tout identique à celle que nous avons décrite en arrière du côlon droit. Gomme celle-ci du reste, celle du côté gauche peut à l'occasion devenir le siège de hernies rétro-péritonéales.

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