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LE GRAND ÉPIPLOON 185
L'autre raison, qui contribue à modifier l'attache droite du grand épiploon, est la persistance de portions plus ou moins importantes du diverticule épiploïque droit. C'est à cette origine qu'il faut rattacher le ligament duodéno-colique.
Sorte de voile membraneux plutôt que véritable ligament, cette formation se détache de la première portion du duodénum et souvent du pédicule hépatique ou de la vésicule biliaire et se dirige en bas et un peu en dehors pour se terminer sur le revêtement péritonéal de l'angle colique droit. Tantôt mince et strié de petits vaisseaux, tantôt infiltré de graisse, ce repli séreux n'a rien des caractères d'un ligament d'attache. Il forme bien plutôt une bride péritonéale allant d'un organe à l'autre; il est capable, comme les brides, de produire des coudures.
A l'extrémité gauche, la lame antérieure du grand épiploon se continue, comme à droite, dans la lame postérieure et aussi d'une façon très simple et très facile à voir. Néanmoins la lame postérieure de l'épiploon déborde à gauche l'angle splénique du côlon et repose sur la paroi et le diaphragme où elle se fixe solidement par accolement. Généralement les deux lames artérieure et postérieure de l'épiploon se fusionnent au niveau de cette extrémité gauche et de cette fusion naît un pli péritonéal allant du diaphragme à l'angle splénique du côlon. On donne généralement à ce repli le nom de ligament phrénico-colique. Comme on le voit, c'est une formation absolument identique au ligament duodéno-colique.
Les reliquats du diverticule épiploïque droit et leur importance médico-chirurgicale. — La poche mésogastrique de l'embryon s'étend, avons -nous dit, en un véritable prolongement vers la droite. Leveuf a trouvé ce diverticule persistant encore à la naissance, dix-neuf fois sur cinquante sujets examinés.
Il est probable que sa régression continue encore après la naissance, car sa persistance complète chez l'adulte est chose exceptionnelle. Mais si on la rencontre rarement à l'état complet, on en retrouve très souvent des reliquats qui peuvent entraîner des troubles, des coudures ou des tiraillements sur les organes avoisinants.
A la fin du sixième mois de la vie intra-utérine, le diverticule
droit du sac épiploïque ou omentum colicum de H aller recouvre le côlon transverse dans sa partie droite, l'angle hépatique, le côlon ascendant et peut même descendre jusque sur le cœcum. Il arrive ainsi au contact de la paroi latérale de l'abdomen, en dehors du rein et du côlon ascendant.
Ce voile épiploïque présente en bas un bord libre qui prolonge le bord inférieur du grand épiploon avec lequel il se continue.
Dans son épaisseur courent des vaisseaux minces et dirigés en bas et un peu en dedans, perpendiculairement par conséquent à la direction des vaisseaux du côlon ascendant.
Chez l'adulte, ce diverticule peut persister complet dans la même disposition que chez le fœtus. Nous en avons rencontré un remarquable exemple au cours d'une laparotomie.
Généralement, il disparaît en totalité, souvent il persiste en partie tout au moins. L'un de ces reliquats est le ligament pariéto-colique, l'autre la lame fixatrice des angles.
Le ligament pariéto-colicpie n' est autre chose que la portion persistante du diverticule épiploïque droit qui venait par devant l'angle sous-hépatique et le côlon ascendant se mettre au contact delà paroi latérale de l'abdomen. Devenu adhérent à cette paroi d'une part, au côlon droit jusqu'à l'angle hépatique d'autre part, le reliquat du diverticule forme maintenant une toile séreuse tendue de la paroi à l'intestin, véritable ligament pariéto-colique.
Dans certains cas, sa partie haute seule persiste. Il n'existe alors qu'un repli, tendu de la paroi latérale de l'abdomen à l'angle soushépatique, et connu sous le nom de ligament phrénico- colique droit ou ligament suspenseur de l'angle droit.
Ainsi donc le côlon ascendant se trouve fixé à la paroi dorsale de l'abdomen par deux adhérences. En dedans, c'est la limite de coalescence de son mésentère primitif avec la paroi, ligament mésentérico-colique ; en dehors, c'est la coalescence du reliquat du diverticule droit, ligament pariéto-colique. Le premier est avasculaire, le second présente des vaisseaux obliques en bas et en dedans.
Si les deux manquent, le côlon droit reste entièrement mobile par manque de coalescence. Si la coalescence du mésentère seule fait défaut, le côlon droit reste attaché en dehors par le repli pariéto-colique qui s'allonge parfois considérablement. Il forme alors ce voile mem-
R. Grégoire.
Planche L1X (page 190).
Fig. 74. — Les artères du grand épiploon d'après la conception classique.
— Lagastro-épiploïque droite s'anastomose à plein canal avec la gauche.
De cette arcade, naissent une dizaine de branches descendant dans l'épiploon. La première et la dernière s'anastomosent près du bord libre en formant l'arcade de Haller.
Fig. 75. — Les artères de l'épiploon, d'après Descomps. — La lame antérieure du grand épiploon reçoit une série d'artères descendantes venues • de la gastro-épiploïque droite. La gauche ne s'anastomose pas avec la droite et ne donne rien à la lame antérieure.