‹ Anatomie médico-chirurgicale de l'abdomenChapitre 8 sur 66 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Contrairement à la paroi de la région thoraco-abdominale, la paroi du ventre est presque entièrement musculaire et aponévrotique. Sur les parties latérales seulement, les ailes iliaques remontent vers le rebord costal et limitent l'étendue de la portion souple de la paroi.

Le cadre osseux. — Le cadre osseux sur lequel est tendue la paroi de l'abdomen est constitué en haut par le rebord inférieur du thorax, en bas par le rebord supérieur du bassin. Nous ne reviendrons pas ici sur la conformation du rebord thoracique et nous renvoyons le lecteur à la description qui en a été donnée (voir tome I, page 19).

Le cadre osseux inférieur décrit une anse renversée, formée par les crêtes iliaques de chaque côté et les rebords antérieurs des deux os iliaques unis sur la ligne médiane par la symphyse pubienne.

La crête iliaque décrit une courbe, convexe en haut et très obliquement dirigée en dehors et un peu en bas.

Large de 10 à 12 millimètres dans presque toute son étendue, elle s'épaissit considérablement à sa partie moyenne au point d'acquérir 15 à 18 millimètres de largeur. C'est sur toute cette longue et large surface que viennent s'attacher les muscles latéraux de l'abdomen.

L'épine iliaque antéro-supérieure marque l'extrémité antérieure

de la crête iliaque. A partir de ce point, le cadre osseux iliaque se creuse en une profonde et large échancrure dont le point le plus bas répond à la symphyse pubienne. Toujours saillante ou sensible sous la peau, l'épine iliaque antéro-supérieure constitue un point de repère important dans l'exploration du ventre et de son pourtour.

Le fond de l' échancrure présente une série de particularités importantes à connaître (voir fig. 4).

Sur la ligne médiane, le bord antérieur du bassin est formé par l'union des deux pubis, ou symphyse pubienne. Le fibro-cartilage de l'articulation est doublé et recouvert à ce niveau par le très épais ligament supérieur qui s'étend d'une épine pubienne à l'autre. Le bord supérieur de la symphyse fait ainsi une saillie mousse et même, dans certains cas, on sent une véritable crête arrondie qui peut être d'un précieux secours pour trouver la ligne blanche au cours de la laparotomie.

De chaque côté de cette saillie médiane les bords, droit et gauche, de l' échancrure iliaque sont symétriques.

A trois ou quatre centimètres de la ligne médiane, le bord de l'os est relevé par une forte saillie osseuse, l'épine pubienne. Si fortement adipeux que soit le sujet, on sent toujours cette épine au-dessous des téguments, à condition de savoir la rechercher. Le talon de la main reposant sur les parties génitales, le pouce et l'index, écartés, embrassent le pénis et se rapprochent l'un de l'autre en déprimant les parties molles. On sent bientôt les petites saillies des épines pubiennes qui viennent, pour ainsi dire, arrêter le rapprochement des doigts. Il faut savoir rechercher cet important point de repère, auquel on a à tout instant recours en clinique.

A l'autre extrémité de F échancrure iliaque ou extrémité externe, se trouve l'épine iliaque antéro-supérieure qui termine la crête iliaque.

Entre ces deux saillies est tendue l'arcade crurale, ou arcade de Fallope, ou ligament inguinal, ou encore arcade de Poupart. Cette formation sépare la cuisse de l'abdomen. La partie du bord antérieur de l'os iliaque qui lui est sous-jacente fait donc plutôt partie du membre inférieur. Néanmoins, comme les éléments de la paroi abdominale peuvent y venir prendre insertion, il faut la connaître.

R. Grégoire.

Planche IV (page 16).

Fig. 4. — Le cadre osseux sur lequel s'attache la paroi musculo-aponévrotique de l'abdomen. Le rebord thoracique, en haut, le rebord iliaque, en bas, décrivent deux lignes courbes à concavités opposées.

Page 1