VÉGÉTALES
a. gazeux.
f 1* Air pur.
( 2* Mélange d’oxygène (88 parties), d'acide carbonique, d hydrogène et d azote.
en
vn
liquides.' 2"
(des fruits et feuilles colorées, etc.).
3" Liquides homogènes d'essences (Auranlincees, Myrtinécs, Hypericmu, etc.).
■I” Liquides huileux, en gouttelettes émulsionnées dans un liquide mucilagineux (liquides laiteux des laticifères , de certaines cellules, des cellules de l'amande du noyer, etc.).
11* Chlorophylle (en niasse, ou en grains suspendus et llollants dans un liquide inucilag ncux, ou adhérants aux paroi i sans ordre, ou régulièrement en spirale, etc., (comme dans hraucoup de confcrvcs).
2* Groins d'amidon et d'alcuronc (très-petits, mêlés à des granules azotés , comme lomto. -, dans les liquides 1“, ou plus ou moins gros, remplissant les cellullcs en tout ou en j parlic).
/ 3' Cristaux de sels inorganiques divers (oxalatcs, larlratès, etc., en aiguilles ou I raphides, ou de forme déterminée; uniques ou agglomérés, retenus, réunis par une V masse azotée mucilagineuse).
.... / Sans granulations.
Liquides aqueux ou i ^vec r-raiiulcs azotés ou amylacés (cellules des bulbes et do mucilagineux, sucres, 1 l,eaJCoup de parenchymes).
a inulmc. pectine , 1 ^vcc (ies gouttelettes d’huiles colorées aromatiques (cellules gomme, etc. ^ du parenchyme des pommes, des melons, etc.).
Liquides uniformément colorés par des substances dissoutes (cellules des pétales,
Les principaux types de cellules ou éléments anatomiques végétaux sont les suivants :
Premier type. Cellules proprement dites, éléments sphériques, ovoïdes, cylindriques, polyédriques, aplatis ou étoilés, à peu près d’égales dimensions en tout sens, quelle que soit l’épaisseur des parois, ou ayant une longueur égale à trois ou quatre fois la largeur, mais, avec coïncidence de parois minces, et égale adhérence aux éléments voisins dans tous les sens. ( Voy . Épitiié-
Lll M.)
C’est à ce type que sc rattachent les individus des espèces végétales qui ne sont représentés que par un seul élément anatomique libre cl isolé, ayant une existence
indépendante (Diatomées, Pulmellées). Il offre plusieurs variétés, telles que les cellules épidermiques, cellules ponctuées, cellules rayées, etc., cellules du suber ou liège, de l 'endoderme ( cambium de quelques auteurs).
Deuxième type. Cellules filamenteuses; éléments cylindriques, rarement prismatiques par compression réciproque, dans lesquelles un diamètre étroit coïncide avec uue longueur généralement au moins huit ou [dix fois et jusqu’à cinquante fois plus grande, des parois minces, assez souvent des ramifications et une adhérence plus grande par leurs extrémités contiguës que par la phériphérie, lorsque toutefois elles ne sont pas libres. Ce type est représenté
par les cellules des filaments de mycélium de tous les cryptogames, souvent une partie des tissus de leur stipc, etc., ou la totalité de celui-ci dans les êtres simplement filamenteux. C’est à ce type plutôt qu’aux cellules pileuses et fibreuses que se rattachent les filaments qui accompagucnt la graine de certaines Asclépiadées, Salici— nées, etc.
Les plantes dites cellulaires ne renferment que des éléments appartenant à ces deux types.
Tiioisièue type. Cellules fibreuses; éléments superposés bout à bout, cylindriques à diamètre généralement étroit et de longueur considérable, avec des parois épaisses, ou assez minces quand elles sont jeunes, et d’une longueur seulement cinq à six fois plus grande que la largeur, mais pourtant relativement plus épaisses et plus longues que les cellules du tissu cellulaire ambiant, adhérant généralement bien plus par leurs extrémités que par leur circonférence.
Ce type est représenté par les cellules qui, superposées bout à bout, forment les fibres ligneuses du bois et celles du liber. Elles offrent plusieurs variétés : cellules libériennes, très-larges, à parois épaisses et homogènes; cellules ponctuées, cellules rayées, etc.
Quatrième type. Cellules vasculaires; éléments superposés ou articulés bout about, à parois minces, soit absolument, soit par rapporta leur diamètre, plus souvent cylindriques que polyédriques, étroits et à extrémités conoïdes empiétant l’une sur l’autre, larges et à extrémités aplaties, exactement superposées, généralement mais non absolument beaucoup plus longues que larges.
Les éléments de ce type sont représentés par les cellules qui, superposées ou articulées bout à bout, forment les vaisseaux des plantes dites vasculaires. Ils offrent plusieurs variétés : cellules vasculaires à filament spiral ou des trachées, cellules vasculaires ponctuées ou des vaisseaux ponctués ; cellules vasculaires laticifèrcs ou des vaisseaux lalicifères à parois généralement minces, homogènes, translucides, s’affaissant sur elles-mêmes. Aux cellules trachéales se rattachent celles des vaisseaux réticulés; à la variété des cellules vascu-
laires ponctuées se rattachent celles des vaisseaux rayés et scalariformes.
U y a des organes des plantes qui, lors de leur naissance et dans les premiers temps de leur développement, ont possédé tous les caractères des cellules proprement dites, mais qui, peu à peu, en perdent les caraclères, en acquièrent qui les éloignent de ceux que présentent les cellules proprement dites; ils deviennent ainsi de véritables organes spéciaux différents des éléments anatomiques proprement dits; ils constituent des organes dérivaut d’un seul élément anatomique ou de plusieurs élémculs soudés; c’est ce que démontrent d’autre part, au point de vue physiologique, leurs usages spéciaux en rapport avec leur structure particulière. Plusieurs, pourtant, conservent toujours une analogie plus ou moins grande avec les cellules dont ils dérivent. C’est ainsi qu’il en est qui gardent pendant toute leur existence une paroi close de toutes parts et une cavité distinctes, mais d’autres n’ont plus de cavité distincte de la paroi, forment une masse aussi dense vers le ceutre que vers la périphérie, et n’ont souvent pas d’enveloppe de cellulose. 11 importe de les signaler ici pour achever de faire connaître quels sont tous les éléments anatomiques des plantes.
1° Les sporanges ( thèques , périspores, oospores, etc.). Leur forme et la nature de leur contenu les différencient de toutes les autres cellules végétales; elles ont perdu les caractères de cellules ordinaires avant que les zoospores et les porcs ne s’individualisent à l’aide et aux dépens du contenu de leur cavité, par segmentation de celui-ci. Aussi on ne saurait considérer l’individualisation des spores comme un cas de génération endogène ou intra-cellulaire proprement dite.
2° Ces remarques s’appliquent de la même manière aux anthéridies et aux spermogonies ou ovules mâles des Cryptogames.
3° Ces remarques s’appliquent avec au moins autant de force à l’ouula femelle ou sac embryonnaire des Phanérogames, surtout en ce qui concerne la disposition de la paroi et la nature du contenu dont il s’agit comparé à celui des autres cellules des végé-
taux, surtout cucore en ce qui concerne ia forme et le volume quelquefois si bizarres île cet organe (Crucifères, Antirrhinécs, Couifères, etc., etc.).
•4° Ces observations s’appliquent aussi aux ovules mâles des phanérogames ou utricules mérespolliniquos.
î>* Ces observations s’appliquent également aux divers corps reproducteurs des cryptogames, qui tout en étant sphériques, ovoïdes, etc., très petits, avec cavité distincte de la paroi, diffèrent complètement des cellules de l’individu qui les produit et diffèrent même entre elles d’une espèce à l’autre, quant à la structure, plus que les cellules d’uu type quelconque; cela est très évident pour celles qui ont deux enveloppes de cellulose. Ces corps reproducteurs en forme de cellules qu’il importe de distinguer des autres éléments anatomiques de la plante qui les fournit et qu’eux- mêmes reproduiront dans certaines conditions données sont les suivants :
Beaucoup de Champignons ( Erysiphe , Ascophora ) donuent naissance à une première sorte de corps reproducteurs autrefois appelés spores et sporidies, et cela lorsqu’ils ne sont encore qu’à l’état de mycélium. C’est ce qu’on nomme, avec M. Tulasnc, des conidies. Plus tard, quand sur ce mycélium, et à ses dépens, est formé le stroma, on y voit apparaître un hyménium portant des clinodes ou cellules linéaires allongées, au sommet desquelles naissent des corps reproducteurs différents des premiers : on appelle stylospores ces corps reproducteurs acrogènes, qui naissent nus (c’est-à-dire sans être enveloppés par une thèque ou sporange) au sommet de ces clinodes ou basides, analogues à ceux des Agariciuées. Souvent leur développement est précédé par celui des spermaties ou organes mâles, qui sont également acrogènes sur des clinodes, mais filiformes, courtes et ténues. Enûn, plus tard, naissent les thèques ou sporanges, et dans ceux-ci d'autres corps reproducteurs d’un troisième ordre et plus parfaits, qui se produisent sans rapport de continuité avec la plante mère. C’est à eux qu’on réserve le nom de spores proprement dites. Ces trois sortes de corps reproducteurs ont, pour nombre de plantes, été décrites autrefois comme autant d’espèces
végétales uniccllulaires différentes. 11 est des espèces dans lesquelles on ne connaît que les conidies et les stylospores, dans d’autres seulement les stylospores (genre Sporocladus) avec ou sans spermaties (genre Cystispora),cl les spores endothèques ( Spliœria laburni).
Ces données, enfin, s’appliquent à plus forte raison aux autres cellules reproductrices analogues aux précédentes qui sont ciliées et mobiles et, par suite, appelées soospores. Ces corps reproducteurs se rencontrent avec toutes les formes précédentes ou avec un certain nombre d’entre elles chez certaines espèces, comme, par exemple, sur les Champignons des genres Porénospore et Cystopus, ou seuls, comme on le voit particulièrement dans les Algues. Ils sont tantôt entièrement homogènes, principalement formés de la masse de substance azotée, représentant l’utricule primordial des autres cellules; tantôt, comme sur la plupart des Algues, une fois individualisée par segmentation du contenu des sporanges, la masse de chacune d’elles s’entoure d’une mince paroi de cellulose perforée au niveau du point d’insertion des cils moteurs.
6° Ces données s’appliquent de la même mauière aux spermaties et aux anthérozoïdes ciliés ou spermatozoïdes des Lichens et des autres Cryptogames, y compris beaucoup de Champignons (Porénospores,Cyslop us, etc.). Ici, encore une fois, le contenu ou vitellus de l’ovule mâle (Anthéridie et Spermogonie) de ces plantes individualisé eu cellules par segmentation, à la surface de celles-ci poussent les cils moteurs, sans que jamais on puisse distinguer sur ces éléments une paroi cellulaire distincte de la cavité. On ne voit pas non plus s’y ajouter, comme sur certaines zoosporcs, une enveloppe de cellulose.
7° Enfin le grain de pollen ne diffère des corps reproducteurs précédents que parce qu’à la masse cellulaire azotée, individualisée par segmentation du contenu de l’ovule mâle des Phanérogames (itlricule mère pollinique), s’ajoute une paroi de cellulose, lisse, réticulée ou hérissée, etc. ; dans laquelle la masse précédente représente l’utriculc azoté des cellules végétales en général.
Ces données sont d’autaut plus impor-
IG
tantes qu'en observant, pendant toute la durée de ces parties, les phases de leur existence, comme celle des éléments anatomiques proprement dits, on constate qu’aussilôt placées dans certaines conditions de nutrition, diverses pour chacune d’elles, elles deviennent le siège de phénomènes de développement, tant extérieurs qu’intérieurs, des plus remarquables. Rien dans la structure propre de ces parties ne pouvait faire prévoir ces phénomènes, et ils entraînent graduellement des changements de forme, de dimensions, de couleur, de structure, etc., susceptibles de les rendre complètement méconnaissables (comparativement à ce qu’ils étaient) si l’on n’a suivi les modifications évolutives dont ils deviennent alors le siège, après avoir eu plus ou moins longtemps des caractères propres stationnaires. C’est ce qui est très-frappant sur les diverses variétés de spores, de zoospores et de stylospores, lorsqu’ils se trouvent dans les conditions voulues pour leur germination, etsur les grains de pollen arrivés sur le stigmate. Des faits analogues s'observent aussi sur les parties correspondantes aux précédentes, telles qu’ovules et spermatozoïdes chez divers animaux, parmi les plus simples, divers infusoires, etc. Les cellules qui, en se développant, prennent les caractères et jouent le rôle physiologique d’organes bien déterminés, présentent aussi dans certaines conditions données une succession de changements évolutifs de l’ordre des précédents ; tels sont, par exem pie, les cellules du mycélium, celles de certains poils végétaux et animaux, etc.
Éléments anatomiques figurés ou proprement dits des animaux. — Synonymie. — Parties constituantes figurées, simples ou élémentaires (1), éléments organiques (2), parties élémentaires et éléments des tissus (3) , éléments microscopiques (4) , tissus simples (Bérard). Les expressions de tissus simples, tissus primitifs ou clé -
(1) Gcrbcr, Handbuch der allgemeinen Anatomie. Bern, 1840, iu-8, p. 7.
(-) Treviranus, Uebcr die organischen Eléments des thierischen Kor/ers ;Vermisclito Schriftcn , Gœltingen, 1813. in— t, t. I, p. 117).
(3) licnlc, Traité d'anatomie générale, Paris, 1843, t. I, p. 148. Valentin; article Gbwere dans llandwûrterbuch der Physiologie, von R. Wagner. Braunscliweig, 1852, in-8, t. I, p. 018 et 035.
(4) Les parlics du corps auxquelles Bicliat avait
mentaires , sont vicieuses, lorsqu’elles sont appliquées aux éléments, en ce que le mot tissu implique l’idcc de texture; or, les fibres, les cellules, etc., n’ont pas de texture, mais une structure ; ce ne sont pas des tissus, car c’est en se réunissant qu’elles forment ces derniers. Le tissu n’est jamais simple, en ce sens qu’il ne peut pas être composé par un seul élément; mais il y a des tissus formés par la réunion d’éléments anatomiques d’une seule espèce. D’autre part les épithètes de simples, primitifs ou élémentaires ne conviennent (les deux premières du moins) qu’aux élémets et appliquées aux tissus, qui sont des parties déjà composées par plusieurs éléments, elles sont toutes contradictoires.
Cette classe des parties formées de substance organisée comprend toutes celles qui sont généralement disposées en corps demisolides ou solides, très-petits, qui constituent la plus grande portion de la masse de tous les tissus et existent en certain nombre dans beaucoup d’humeurs , tous doués d’une forme, de caractères physicochimiques et surtout d’une structure n’apparlenaut qu’à eux.
Il importe de noter ici que la substance des éléments constituants de l’animal (et non des produits simplement protecteurs, comme les épithéliums, coquilles, etc.) diiïèrc d’uue manière absolue de la substance organisée végétale par l'absence de cellulose ou des principes voisins, et par la prédominance des substances organiques azotées, en tant que principes constituants fondamentaux. Si chez quelques animaux l’un des principes immédiats est de la cellulose, cette substance organique n’existe que dans l’enveloppe protectrice d’un très-petit nombre de Mollusques, daus l’organe correspondant à la coquille des Malacozoaires d’une organisation plus complexe. Dire que l’existence ici de cette cellulose rapproche les animaux des plantes est une opinion telle que celle qui consisteraitàsoutenirquel’on ne saurait distinguer
donné les noms d 'éléments organisés et de tissus simples ou élémentaires ( Anatomie générale, Paris, 1801, in-8, t. I, § 6), sont les tissus proprement dits ; quelques auteurs ont continué à se servir de ces termes dans le même sens : ils appellent éléments anatomiques les tissus, et, par suite, nomment éléments microscopiques, parties microscopiques, les éléments anatomiques réels.
les premiers de la matière brute, parce que la coquille des Mollusques renferme plus de sels d’origiuc minérale que d'autres princi- I)es. Si maintenanton envisage d’une manière générale les éléments antomiques, sans distinction : 1" de ceux qui forment les parties constituantes essentielles, et 2° de ceux qui composent les produitsjpvlccleurs, on observe que la substance organisée des végétaux se distingue de celle des animaux par la prédominance des substances organiques non azotées sur celles qui sont azotées, et par l’existence (ou la prédominance) de certaines espèces de principes cristallisables d’origine organique (deuxième classe). Des faits analogues s’observent à l’égard des principes d’origine minérale, mais ils sont bien moins tranchés; c’est-à-dire qu’à cet égard la substance des éléments des plantes et celle de ceux des animaux diffèrent peu. Elles ne diffèrent pas quant au mode d’union molécule à molécule des principes, ni quant aux caractères de ceux-ci qui les font ranger en trois classes. 11 ne faut, par conséquent,' pas être étonné de voir que les actes moléculaires qui se passent dans les deux espèces de substances organisées, végétale et animale, sont de même ordre; en un mot que les phénomènes de nutrition sont au fond très analogues.
D'autre part, il faut remarquer que toute la substance, des éléments anatomiques ne peut pas être réduite ou ramenée à l’état de composés cristallisables ou volatils sans décomposition ; après en avoir extrait tous les corps qui sont dans ce cas, il reste les substances organiques, qui représentent la plus grande masse de cette matière; or, sans décomposition chimique, celles-ci restent irréductibles en corps cristallisablcs. En un mot, les principes formant la partie fondamentale des éléments qui sentent, se contractent, se reproduisent, ou, même seulement se nourrissent, ne sont pas cristallisables; ils peuvent se coaguler mais non cristalliser. L'observation montre qu’innervatiou, contraction, nutrition, sont incompatibles avec cristallisation, comme la propriété de coagulation avec celle de cristalliser. Vivre et cristalliser sont deux qualités qui ne se trouvent jamais réunies; par là se manifeste une certaine indépendance de la substance organisée à l’égard
de la matière brute au point de vue moléculaire, indépendance bien plus manifeste encore dans le mode d’action propre à la substance organisée.
L’analyse anatomique, poussée jusqu’à l’étude des parties constituantes élémentaires même de nos tissus, montre que l’aspect extérieur qui nous est offert par les tissus n’est que la résultante, si l’on peut ainsi dire, de la nature, du nombre et de l’arrangement réciproque de corpuscules que l’œil nu ne peut apercevoir. L’examen direct de ces élémeuts à l’aide du microscope et des réactifs peut donc seul donner une notion exacte de la nature des tissus et des organes par la détermination des espèces d’éléments qui les composent.
Le premier fait qui frappe dans l’examen des éléments anatomiques, c’est de voir que les individus de plusieurs espèces sont mêlés, enchevêtrés les uns avec les autres, de manière à former divers tissus; c’est de voir, en outre, que d’autres espèces d’éléments sont situées à l’état normal d’une manière constante à la surface de certains des tissus qui constituent les premiers (épithéliums, etc.).
A ce caractère de situation des éléments anatomiques, dont les uns sont profonds par rapport aux autres, et ceux-ci superficiels par rapport aux premiers, se rattache, pour chacun des éléments qui sont dans l’un ou l’autre de ces cas, un ensemble d'autres caractères distinctifs et surtout de propriétés qui donnent une grande importance à ce simple fait. Ce caractère étant facile à constater, on comprend quelle est sa valeur, quelles conséquences il entraîne, quelles recherches il évite lorsqu’il est bien établi.
11 faut, dans les tissus, se représenter les éléments non pas isolés, tels qu’on les décrit et les figure pour les besoins de l’étude, mais au contraire, réunis, pressés les uns contre les autres, et faisant corps par contiguïté. Ce n’est que dans les humeurs qu’on en voit de séparés et flottants librement. De cette pression réciproque résultent, pour les uns, certaines particularités de forme qu’ils conservent ordinairement telle, mais non toujours, lorsqu’ils sont isolés. Pour d’autres, il n’eu résulte rien en ce qui regarde l’élémeut lui-même; les contours
seuls sont masqués les uns par les autres, comme conséquence de cette contiguïté et de cette superposition; mais ceu’est que par rapport à l’observateur que ce fait a lieu, car chaque élément n’en reste pas moins alors ce qu’il est dans toute condition où il est visible, sauf sa direction, ses flexuosités, scs rapports avec d'autres qui varient en olfrant quelque chose de particulier dans chacune de ces circonstances.
Les éléments anatomiques offrent, quant à la forme, plusieurs particularités qui doivent être signalées, parce qu’elles servent de base à la distinction de certaines espèces et ne sont pas les mêmes dans des espèces différentes.
Les uus sont circulaires et aplatis (globules du sang), sphériques ou ovoïdes plus ou moins allongés (noyaux embryo-plastiques, épithéliums nucléaires, etc.). D’autres ont une forme lamelleuse polygonale ou polyédrique, plus ou moins régulière, avec ou sans prolongements sur les bords (cellules épithéliales, etc.).
Un plus grand nombre d’éléments se présentent avec une forme allongée, étroite, Cbrillaire, cylindrique ou aplatie (fibres lamiueuses (1), fibres musculaires de la vie végétative, etc.), ramifiée ou non (fibres élastiques).
Il en est enfin qui ont une disposition allongée, tubuleuse (tubes nerveux, etc.), c’est-à-dire qui sept configurés en cylindre régulier ou non, simple ou ramifié, mais creusé et offrant par conséquent deux choses distinctes à étudier au point de vue de la structure, savoir une paroi et une cavité. Celle - ci peut avoir un contenu propre, spécial, ou envelopper d’autres élé-
(I) Le tissu appelé cellulaire, chez les animaux, étant composé de fibres plus que de cellules, doit en réalité recevoir un autre nom. Celui do tissu lamilieux me parait devoir cire adopté, bien que son exactitude ne soit pas absolue, le tissu dit cellulaire n’étant pas partout en lames ou lamelles ; mais ce nom est très ancien, et surtout il permot de désigner scs éléments par le terme fibres lamineutet comme on dit fibres musculaires, tandis que l’expression employée habituellement, libres du tissu cellulaire, outre qu'elle est toute une phrase, renferme en même temps un non-sens anatomique. Celui de tissu librilluirc (Ordonez) est également exact. Ce tissu, sera vant plus encore à séparer qu’à joindre les organes formés d’autres tissus, est mal nommé conjonctif eu connectif. Ses usages sont surtout do faciliter le gliss nient réciproque des parties et de ?crvir de support, si l’on peut dire ainsi, pour la distribution des vaisseaux.
ments anatomiques (myolemme, périnèvre, tubes glandulaires, etc.). 11 est des cas où tout en présentant cette particularité , la substance organisée a une- forme vésiculeuso (vésicules closes des glandes vasculaires).
Il est enfin des éléments anatomiques qui n’ont pas de configuration extérieure spéciale, mais dont la structure est tout intérieure et des plus remarquables. Ils se présentent sous forme de masses plus ou moins grandes, creusées de cavités ou de tubes, dont le contenu est liquide ou solide.
Les éléments qui ont la forme de fibres sont limités par deux lignes ou bords plus ou moins parallèles, suivant les espèces et les conditions dans lesquelles ils se trouvent. Les cellules sont limitées par une ligne circulaire qui a reçu aussi le nom de bord; terme qui, même dans ce cas, est souvent employé au pluriel dans les descriptions. Ce n’est qu’à l’aide des éclairages obliques qu’on voit la surface des éléments, car le microscope avec la lumière directe ne montrant que des plans, c’est la section transversale des éléments qu'on a sous les yeux, et d’après laquelle on les juge cylindriques, sphériques, etc.
Leurs contours ont l’aspect de lignes très fines, nettes et régulières pour quelques espèces d’éléments, dentelées, irrégulières ou mal dessinées sur d'autres. Celles-ci ont, suivant les espèces ou les variétés, un aspect noirâtre qui les fait désigner par les noms de bords très prononcés, très marqués, foncés, mais non obscurs. Ce dernier terme, sujet à de fréquentes équivoques, doit être rejeté autant que possible. Les bords sont au contraire clairs ou pâles sur beaucoup d’éléments, ce qui les rend plus difficiles à apercevoir de prime abord que dans le cas précédent; mais il est toujours possible de s’assurer que, malgré cela, ils ne sont pas moins nets et précis.
Au lieu d’une seule ligne ou bord circuculaire dans les cellules, ou sur les côtés d’un élémeut cylindrique ou aplati, il y eu a quelquefois deux, très rapprochées l’une de l’autre et parallèles. Ces lignes, rapprochées et parallèles, indiquent l’existence d’une paroi de cellule véritable dans le premier cas, ou de tube dans le second, et en marquent l’épaisseur. La ligne externe limite la face externe de la paroi; la ligne
interne borde la face correspondante et dénote le point de contact entre le contenant et le contenu.
Le volume des éléments qui sont globuleux ou polyédriques varie depuis 4 millièmes de millimètre (0“m,004) jusqu'à 1 dixième de millimètre environ (0mm,t00) pour les plus grands. Ceux-là sont nettement séparables les uns des autres et isolables dans toute leur étendue. Ceux qui ont la forme de libres cylindriques ou aplaties ne sont pas toujours dans le môme cas. Toujours très étroites entre des limites qui varient de 0mm, 001 jusqu’à 0mm, 020 ou environ, elles •ont une longueur qui oscille entre quelques centièmes de millimètre et quelques dixièmes; telles sont les fibres-cellules, etc. D’autres éléments ont une largeur analogue, mais une longueur qui ne saurait être précisée, variable de l’un à l’autre des éléments; bien qu’on ne parvienne pas à les isoler dans toute leur étendue, on peut pourtant se faire une idée de leur longueur, en se fondant sur l’examen des dimensions des régions de l’économie qu’ils occupent : telles sont les fibrilles musculaires de la vie animale et les tubes nerveux.
Si l’on excepte la substance fondamentale des os , des cartilages , des dents , des tests, des éléments élastiques et des poils, les éléments aualomiques présentent une certaine mollesse. Ainsi les fibres et les tubes se ploient et se tordent facilement, même sous l'influence seule d’uu courant d’eau établi entre les plaques de verre du microscope. Les cellules s’aplatissent eu général un peu dans les points où elles se touchent, et deviennent polyédriques si elles sont accumulées de manière à sc toucher toutes et à se presser réciproquement. Elles s’affaissent plus ou moins quand, n’étant pas suspendues et garanties de toutes parts daus un liquide, elles s’appliquent contre les parois des lamelles de verre. Les moins consistants de ces éléments sont rarement assez mous pour devenir cohérents entre eux, de sc foudre ou de se souder ensemble par simple pression l’un contre l’autre; ils restent au contraire le plus souvent distincts et se séparent au moindre effort.
La plupart des éléments jouissent d’une certaine élasticité. Elle est très manifeste
dans l’espèce d’élément qui eu a tiré son nom; elle l’est également, mais moins, dans celui du cartilage et seulement lorsqu’on l’a courbé, tandis que daus les fibres dites élastiques, c’est lorsqu’elles ont été soumises à l’extension que l’élasticité se montre. La remarque précédente s’applique également aux cellules épithéliales, surtout aux pavimenteuses; mais c’est eu étudiant les tissus que ces caractères mériteront d’ètre pris en considération, car observés sur les éléments isolés, on ne peut les constater que d’une manière imparfaite. Cependant il faut en signaler l’existence et le degré, parce que la texturq les modifie, les fait paraître plus ou moins prononcés.
Ou ne saurait ét«dier convenablement un élément anatomique, fibres ou cellules, si l’on n’apprend d’abord, au moins approximativement, quels sont les principes immédiats dont il est composé et les caractères de ces principes. Comment, en effet, sans cela, juger convenablement l’action des réactifs sur ce corps, la nature des principes qu’il est susceptible d’assimiler, etc.
Cette nécessité se fait sentir sous un point de vue plus important encore, qui est le suivant : lorsqu’on vient à comparer entre eux les éléments anatomiques sous le rapport de leur composition par tels et tels principes immédiats, on reconualt qu’il existe une certaine relation entre leur forme et composition, fait qui a son analogue dans la relation qui existe entre la forme cristalline des composés chimiques et leur composition élémentaire. 11 y a analogie, mais nullement identité; car dans les formes cristallines, aux variations de formes de chaque cristal s’ajoutent celles du groupement de ceux-ci et de leur volume, auxquelles on ne connaît pas de limite ; ce fait est eu rapport avec la simplicité de composition élémentaire des composés chimiques , comparativement à la complexité de la composition immédiate des éléments anatomiques, corps dont le volume, toujours très petit, n’oscille qu’entre des limites assez restreintes. Malgré cela, la connaissance de la composition immédiate des éléments anatomiques nous rend compte de leurs variations de forme, en ce que ces dernières se trouvent être en rapport avec le fait de lé-
gères variations de cette composition immédiate, jointe à diverses particularités des conditions physiques de pression et d’humidité , de température , etc. Mais ces variations sont légères, elles portent sur la proportion des principes des trois classes , et elles ne varient pas jusqu’à déterminer le changement des espèces chimiques qui forment la masse principale de l’élément. Comme, déplus, dans les éléments anatomiques constituant les tissus essentiels des animaux, on ne voit jamais cette composition immédiate changer complètement avec conservation de la forme ; comme, aussi, on ne voit jamais des éléments de même composition immédiate avoir une structure différente, etc., l’étude de cette composition nous rend compte de ce fait physiologique , savoir : que jamais l’un quelconque d’eutre eux ne se transforme en élément d’une autre espèce. Au lieu de changer de composition, sans changer de forme , de structure , etc., l’élément disparaît, et c’en est un d’une autre composition, avec autre forme et autre volume, qui naît à la place du premier.
Quelles que soient les variations que présentent les divers individus d'une même espèce d’éléments, au point de vue de l’ensemble de leurs caractères extérieurs, les phénomènes qu’ils offrent au contact des réactifs et leur composition fondamentale sont les mêmes dans toutes les parties du corps, chez tous les animaux vertébrés, et même chez tous les invertébrés dont l’organisme est encore séparable en un certain nombre d’éléments. Ainsi, la constance et l’uniformité des caractères chimiques sont bien plus grandes que celles des caractères physiques, et la distinction des éléments anatomiques en plusieurs espèces n’est pas basée seulement sur l’examen des caractères physiques. La connaissance de l’action des réactifs chimiques est très utile sous ce rapport, sans parler des circonstances dans lesquelles on se sert de ces agents pour dissoudre les éléments qui nuisent à l’observation d'autres espèces, ou pour colorer et rendre facilement visibles ceux qui sont trop pâles, etc.
Presque tous les éléments pâlissent ou se dissolvent dans les solutions de soude et de potasse concentrées. Les corps gras sont
saponifiés par ces substances, ainsi que par l’ammoniaque, et comme dans ce cas elles n’ont pas besoin d’être très concentrées, elles deviennent un moyen de les séparer de quelques éléments. L’essence de térébenthine et l’éther les dissolvent également. Les globules du sang, les fibrilles musculaires et autres sont dissoutes par l’acide acétique, etc. L’eau est osmosée plus ou moins rapidement par quelques espèces de cellules et les gonfle; elle peut même, par suite, en déterminer la rupture ; elle dissout les globules rouges du sang, elle rend turgescents les leucocytes, etc.
La solubilité ou l’insolubilité dans tel ou tel réactif marque une différence décomposition immédiate entre les espèces de fibres ou de cellules qu’il est important de constater. Outre les caractères spécifiques et distinctifs qu’on tire de cette connaissance, ces différences de composition indiquent d’avance des différences dans les propriétés spéciales de ces éléments, dans leur mode de nutrition et dans celui de leurs altérations.
11 entre dans la composition des substances organiques, qui constituent essentiellement la matière organisée, une grande quantité d’eau. C’est à ces substances qu’appartient toute celle qu’on retire de chaque tissu par évaporation, à l’exception de l’eau des humeurs. La matière organisée lui doit sa mollesse, et les éléments, en partie, leur transparence. En effet, la dessiccation par une douce chaleur, ou à l’air, en fait diminuer beaucoup le volume; en même temps ils se déforment considérablement, perdent leur mollesse, leur élasticité, et deviennent beaucoup moins transparents.
Au contact des solutions de bichlorure de mercure, de perchlorure de fer, des chromâtes Ile potasse, d’acide chromique étendu, de l’alcool et d’autres substances avides d’eau, on les voit se resserrer, revenir sur eux-mêmes, diminuer de volume et se déformer plus ou moins; toutefois il en est qui, même après cela, ne cessent pas d’être reconnaissables par leur slruclurc, même après un séjour prolongé dans ces liquides employés comme moyens de conservation , surtout quand on les gonfle de nouveau , par addition d'eau et d’acide acétique et en leur rendant leur transparence ail contact de la glycérine. On
constate ainsi qu’ils renferment peu de matière solide proportionnellement à la quantité d’eau qui entre dans leur constitution. Privés de cette eau, ils perdent en outre leur élasticité et toutes leurs autres propriétés physiques et dynamiques d’ordre organique. Cette eau est en quelque sorte, pour les substances albuminoïdes, ce qu’est l'eau de constitution de certains sels, comme le phosphate de soude, laquelle ne peut être enlevée sans que le sel décompose ou perde les propriétés qu’il avait antérieurement. On peut bien, dans ces substances, faire varier les proportions de l’eau, mais dans des limites qu’on ne saurait dépasser sans voir disparaître les propriétés caractéristiques des élémeuts anatomiques.
La structure des éléments anatomiques est, avec leur complication immédiate, ainsi que nous l'avons vu, ce qu’il y a d’essentiel à étudier eu eux; c'est elle qui les différencie le mieux les uns des autres, plus encore que lu forme ou le volume, car nous verrons ces derniers caractères changer à mesure qu'ont lieu les progrès de l’âge. Avec une structure différente, la nature des propriétés est différente aussi, c’est-à-dire que, suivant ce qu’elle est et suivant la composition immédiate de chaque espèce d’élément anatomique, chacun a son mode particulier de se nourrir, de se développer, de naître, de se contracter ou d’innervation. Chacun prend dans les plasmas ce qui’est en rapport avec sa constitution moléculaire pour se l'assimiler chimiquement, le garder ou le rejeter ensuite. Ou ne saurait donc mettre en doute l’importance de ce sujet , puisque la plupart des tissus étant constitués d’éléments anatomiques très différents , l’idée de la vie propre, du mode d’agir spécial de chaque organe ne peut s’appliquer qu’aux éléments eux-mèmes et non aux organes; puisque l’ensemble des propriétés vitales qui distingue un tissu ou un organe de l’ensemble des propriétés vitales d’un autre, doit être rapporté aux divers éléments anatomiques qui le composent, et non confusément à la masse de l’organe; puisque, d’une manière corrélative, les éléments anatomiques de chaque espèce peuvent être trouvés altérés, indépendamment des autres, selou la structure et les propriétés qui lui sont inhérentes,
ainsi que les muscles, les glandes, etc., le montrent souvent.
Beaucoup d’éléments anatomiques ayant une forme globulaire, ovoïde, fusiforme même ou polyédrique, à bords généralement réguliers, ont reçu le nom de cellules en raison de leur structure; celle-ci conserve, eu effet, une assez grande analogie avec celle des cellules végétales. Aussi l’étude des éléments des plantes est-elle uu préliminaire indispensable pour bien comprendre la description de certaines espèces d’éléments anatomiques animaux.
Ainsi il y a des éléments anatomiques des animaux qui olTrcnt une paroi ou enveloppe distincte, et une cavité contenant un liquide ou des granulations. La plupart ont en outre un ou plusieurs noyaux également pourvus d’un ou deux nucléoles et de granulations. Souvent ils ont des formes analogues à celles des cellules végétales, eu sorte que l’analogie entre les uns et les autres est incontestable, lorsqu’on les a étudiés comparativement. Cependant il y en a beaucoup plus, principalement chez les vertébrés adultes, qui, tout eu conservant des analogies très grandes quant à la disposition du noyau, quant à la forme, etc., ne sont pourtant pas des cellules dans le sens propre de ce mot, c’est-à-dire pourvus d’une paroietd’unecavitédistinctes. Ces éléments sont composés d’une masse d’égale densité au centre et à la circonférence, pourvue ou non de prolongements divers, contenant un ou plusieurs noyaux et parsemée de granulations placées entre le noyau et la périphérie de l’élément. On leur a néanmoins maintenu le nom de cellules, lors même que le noyau manque dès l’origine ou disparaît par les progrès du développement, parce qu’ils conservent encore des analogies avec les cellules proprement dites, végétales et animales, tant par leur conformation générale que par certaines particularités de leur structure.
Les éléments anatomiques qui se présentent à l’état de noyaux libres ne constituent jamais d’espèce distincte d’éléments; ils ne sont que des variétés de diverses espèces, dont le type oITre l’état de cellule tel que je viens de le décrire, par exemple des espèces épithélium, médullocelle, etc. On les rapproche de ces cellules, pareeque, quoi-
que libres, ils ont tous les caractères des noyaux que possèdent ces dernières. Ainsi, l’observation montrcque l’espèce se compose d’individus dont les uns ont la structure des cellules et les autres la structure des noyaux de celle-ci, mais qui, au lieu d’étre inclus dans la cellule, sont libres. Peu importe du reste le nombre des uns et des autres appartenant à chacune de ces formes, car souvent les noyaux libres sont plus abondants que les cellules. L’espèce comprend quelquefois aussi des individus ayant les caractères des cellules manquant de noyaux; mais en général ils sont peu abondants.
Les noyaux qui sont adhérents ou inclus dans les parois de certains éléments tubuleux, etc., ne sont pas des espèces ou variétés distinctes de noyaux, ils font partie constituante des espèces que caractérise leur forme de tube, etc.
Qu’ils soient libres ou adhérents, les noyaux ont la structure suivante :
Le noyau est un petit corps ordinairement sphérique, ovoïde ou lenticulaire, à bords nets et bien déterminés. On distingue dans le noyau la masse du noyau et le nucléole. Ce dernier est un corpuscule contenu dans la masse du noyau; il est quelquefois double, triple, etc. D’autres fois il n’y en a pas : cette absence du nucléole est constante dans quelques espèces. Dans tous les cas, le nucléole n’apparatl que plus ou moins longtemps après le noyau, lorsque celui-ci a atteint un certain degré de développement.
La masse du noyau est formée par une substance gélatiniforme, transparente; dans beaucoup de noyaux celle-ci est parsemée de granulations moléculaires, plus petites que le nucléole et plus ou moins abondantes; elles sont généralement grisâtres.
Les éléments anatomiques que leurs dimensions et leur forme allongée ont fait appeler des fibres ont une structure très peu compliquée. Elles sont simples, c’est-àdire sans subdivisions, ou ramifiées avec ou sans anastomoses, constituées de substances tout à fait homogènes; d'autres fois la substance contient des granulations moléculaires, quelques-unes enfin peuvent ôtrcducs à la réunion départies alternativement incolores et colorées (fibrilles musculaires).
Il est d’autres éléments anatomiques qui
sont formés de substance organisée disposée en tubes plus ou moins longs, filamenteux. Tout tube a une paroi et une cavité. Tantôt la paroi de ces éléments est composée de substance organisée tout à fait homogène ou simplement striée, comme le montre celle des tubes nerveux, ou bien elle est parsemée de granulations ou de noyaux inclus dans sa substance; telle est celle des cellules ganglionnaires, du sarcolemme, etc.
Quant au contenu des éléments qui offrent l’état ou la structure de tubes, il est des cas dans lesquels il fait partie du tube, comme le contenu cellulaire fait partie de la cellule. D’autres fois le contenu peut être représenté par d’autres éléments anatomiques, ayant une existence bien distincte de celle du tube proprement dit : tel est le cas des tubes propres glandulaires. Enfin le contenu peut être représenté seulement par des éléments anatomiques qui, chez quelques animaux, ne sont pas enfermés dans un tube comme ils le sont chez les mammifères , les oiseaux , etc.
Tel est le cas du sarcolemme ou tube enveloppant les faisceaux de fibrilles musculaires de la vie animale dont il vient d’être question ; sarcolemme qui manque chez les Cyclostomes, les Crustacés, etc., où les fibrilles existent seules et dans le cœur de tous les animaux.
Parmi les éléments ayant forme de tubes, il en est qui renferment dans l’épaisseur de leur paroi des noyaux dits adhérents ou inclus ; c’est ce qu’on voit, par exemple : 1° dans l’épaisseur de l’enveloppe extérieure des cellules ganglionnaires des nerfs ; 2” dans le myolemme; 3° dans l’épaisseur de la gaine extérieure des tubes nerveux périphériques pendant la vie intra-utérine ; 4° c’est ce qu’on voit aussi, pendant toute la vie, dans,les fibres de Remak.
Il est enfin des éléments anatomiques qui ont pour caractère d’être composés d’une masse tout à fait homogène, ou granuleuse, ou même striée et Gbroïdc sans être fibreuse à proprement parler; masse creusée de cavités qui contiennent un liquide ou des cellules dont l’existence n’est pas indépendante de celle de la substance fondamentale, bien qu’on puisse artificiellement les faire sortir de leurs cavités. Telle est la substance des os pour le premier cas, telle est celle des
cartilages et celle des disques des appareils électriques pour le second.
Tous les éléments anatomiques de môme espèce ne sont pas absolument identiques, absolument semblables1 les uns aux autres sous tous les rapports. 11 n’y a pas similitude absolue, identité parfaite entre un individu et un autre individu de môme espèce. On peut constater, au contraire, qu’ils présentent des différences de volume, de forme, d’aspect, etc., suivant les parties de l’économie où on les prend pour sujet d’étude. Mais ces variations ne portent que sur des faits de détail et non sur les caractères d’une grande valeur par leur généralité. De plus, il n'y a qu’un certain nombre de ces caractères qui varient à la fois, en sorte que ces éléments ne cessent jamais d’ôtre reconnaissables, ne perdent jamais les caractères types qui les font déterminer comme appartenant A tel ou tel genre d’éléments. Ces variétés oscillent, en quelque sorte, autour d’un type constant sans qu’on puisse jamais confondre une espèce avec une autre
Les cellules épithéliales, par exemple, offrent, d’après leur forme, trois variétés principales : les pavimenteuses, les prismatiques et les sphériques. Chacune de ces variétés présente des différences suivant la partie du corps où on l’étudie : ainsi, pour les premières, les cellules de l’épiderme du brasdiffèrcntunpeu décellcs du cuir chevelu, celles-ci de l’épithélium de la.conjonctive, qui à leur tour diffèrent de l’épithélium buccal, vésical, vaginal, et de l’épithélium des séreuses. Pour l’épithélium prismatique, les cellules de la trachée diffèrent de celles de l’cstomac, celles-là de l’épithélium intestinal, etc. Néanmoins, jamais ces modifications que l’on s’habitue à constater facilement ne sont telles, qu’elles Tassent disparaître les caractères fondamentaux qui donnent à toutes ces cellules un air de famille.
Que l’on prenne maintenant les épithéliums pavimenteux et cylindrique successivement : 1° à la surface des diverses membranes qu’ils tapissent, et surtout dans les points ou ils passent de la forme prismatique à la forme pavimentcuse, comme au col de l’utérus, vers l’épiglotte, le cardia, l’anus, etc.; 2° qu’on les prenne surtout
dans les conduits excréteurs des glandes, dans les points où ils perdent les caractères qu’ils avaient dans ce canal pour acquérir les caractères de l’épithélium des culs-desac glandulaires, et l’on verra bientôt qu’il faut renoncer à décrire les milliers de formes qu’on rencontre. Mais en môme tenfps on reconnaîtra que ces variétés tournent toujours autour d’un type sans sortir de certaines limites, c’est-à-dire qu’elles conservent toujours les caractères, l’aspect général des cellules épithéliales, sans que jamais elles tendent à établir une transition entre elles et tout autre élément que ce soit.
Les fibres musculaires striées et lisses présentent également des différences secondaires dans [les différents organes qu’elles constituent.
Parmi les premières on trouve des différences très marquées entre celles des muscles du tronc ou des membres et celles de l’orbiculairc des lèvres et des autres muscles de la face, des sphincters de l’anus et du vagin ; les fibres striées du cœur à leur tour dilîèrent des précédentes par plusieurs caractères. Parmi les secondes on trouve que les fibres des uretères diffèrent de celles de la vessie, celles-ci des fibres de l’estomac et de celles de l’utérus développé. Mais cependant, quoique différents les uns des autres, ces éléments conservent toujours un ensemble de caractères qui les font reconnaître immédiatement comme étant de simples variétés des deux espèces de fibres contractiles, et qui les font distinguer de toutes les autres espèces d’éléments.
Les corps fibro-plastiques fusiformes ou étoilés sont aussi dans le môme cas; ceux de la muqueuse du corps de l’utérus différent par le volume, la teinte générale, etc., de ceux de la muqueuse du col, qui n’est pas caduque ; les uns et les autres diffèrent sous plusieurs rapports tout à fait secondaires de ceux du foie, de la tliyréoïdc, qui à leurtoucsont plus étroits, plus foncés, moins volumineux que ceux de beaucoup de fongosités des tumeurs blanches.
Les leucocytes présentent des modifications de leurs caractères, suivant les organes où ils siègent, analogues à celles que nous venons de signaler pour les épithéliums, les fibres musculaires, etc.
Voilà autant de faits que l’observation
Tait reconnaître avec une grande précision, et elle seule peut donner une idée juste des limites entre lesquelles les individus d une espèce d’élément anatomique sont susceptibles de varier sans perdre la structure ni les réactions qui les caractérisent. A cet égard rien ne peut remplacer l’observation et l’expérience qu’elle donne. C’est là un Tait intéressant que cette absence d’identité absolue des éléments anatomiques d’une môme espèce, comparée, par exemple, à l'égalité des angles des cristaux d’un composé chimique, sans que pourtant les propriétés essentielles de ces éléments varient d’une manière appréciable. C’est un fait qui ne se voit que dans les corps formés de matière organisée. Les variétés qu’on observe d’un individu à l’autre dans la constitution des organes en particulier, de l’économie en général, ne sont que la conséquence, la résultante commune de ces variétés de configuration des éléments anatomiques de chaque espèce. Ce sont là deux faits solidaires et corrélatifs, car il serait aussi singulier de voir l’économie totale offrir des différences individuelles, sansque les partiesélémentaircs dontelleest composée en offrissent, que l’inverse serait choquant. En un mol, c’est l’observation de ces variétés individuelles dans les éléments anatomiques qui vient nous expliquer celles quênous frappent à chaque instantdans l’eiamen des organes, sans que rien à l’extérieur ne semble d’abord devoir eu rendre compte.
Plus les propriétés d’un élément anatomique sont complexes, élevées, importantes, plus elles présentent les caractères de l’animalité, plus aussi sa structure est compliquée; ou réciproquement, plus un élément est simple, homogène, moins les actes sont importants, moins ils possèdent les caractères complexes de l’animalité, plus ses propriétés sont bornées aux purs actes de nutrition. Il existe sous ce rapport une corrélation intime, nécessaire, constante, entre l’agent et l’acte. Ce qui le prouve, c’est que l’on constate une complication croissante dans la constitution de chaque espèce d'élément anatomique, depuis ceux qui concourent plus spécialement à former les organes de reproduction de la vie organique jusqu’à ceux qui jouissent des propriétés de la vie animale.
Ainsi, par exemple, on peut voir combien est simple la structure des hématies, des leucocytes, qui jouissent de propriétés purement végétatives. Quoi de plus simple que les cellules médullaires des os , dont les usages sont directement en rapport avec la nutrition? Quoi de plus simple que la substance fondamentale des os, des cartilages et de leurs cellules, que les fibres lamineuses, éléments dont, en dehors de la nutrition, le rôle est purement passif, si l’on peut ainsi dire, ou physique? Il ne faut pas perdre de vue qu'il s’agit ici de l’élément pris eu luimême et non du tissu qu’il forme. Les fibres du tissu jaune élastique, qui ont un rôle mieux déterminé, sont ramifiées, etc. C’est là un premier degré de complication, rudimentaire, il est vrai, mais réel.
Arrivons maintenant aux éléments doués de propriétés de la vie animale. Les fibres des muscles volontaires ou de la vie animale sont des fibrilles composées dans toute leur longueur de parties alternativement foncées et transparentes. Ces fibrilles sont ellesmêmes réunies l’une à côté de l’autre, les parties obscures à côté des parties obscures, les parties claires à côté des parties claires, et elles présentent ainsi des faisceaux primitifs striés eu travers, entourés d’une membrane d’enveloppe assez complexe elle-même; ces faisceaux se contractent, agissent et se nourrissent comme une fibre simple, car il ne pénètre pas de vaisseaux dans leur épaisseur. Puis viennent les éléments du tissu nerveux remplissant le rôle le plus élevé, le plus éloigné, des phénomènes physico-chimiques. Ici ce ne sont plus de simples fibres, pleines et d’égale consistance dans toute leur épaisseur, ce sont des tubes ayant uu contenant plus ou moins complexe et un contenu sirupeux. Ces tubes portent en outre sur leur trajet des cellules qui sont en continuité de substance avec eux. Ainsi les éléments nerveux les plus élevés par la complication de leurs actions, par leurs propriétés spéciales, dont ni la chimie, ni la physique ne nous donnent l’explication, sont aussi les plus compliqués par leur structure. En un mot, en même temps que les conditions ouatomiques changent, les propriétés se modifient, et cetlo corrélation intime, constante, nécessaire, entre l’instrument et l’actiou , peut êtro
poursuivie depuis les éléments les plus simples jusqu’aux plus compliqués.
Différences que présentent les éléments de même espèce comparés dans divers genres d’animaux. — Outre les différences que présentent les mômes espèces d’éléments anatomiques comparés dans chaque individu, d'un organe à l’autre, comme les épithéliums ou les fibres élastiques de la peau rapprochés de ceux des muqueuses, etc., on en reconnaît d’analogues lorsqu’on vient à les comparer dans les mêmes organes sur des animaux de divers genres, ordres et classes. Ainsi, il y a de légères différences de forme et de volume entre les épithéliums de l’homme, du chien et du chat, de ceux-ci et du cheval ou du bœuf, etc. Il en est de môme pour leurs fibres musculaires, pour les éléments élastiques. Les leucocytes normaux et ceux du pus du chien et du cheval diffèrent un peu les uns des autres et de ceux de l’homme, tant par le volume que par le nombre ou la forme des noyaux, et surtout par la quantité et l’aspect de granulations moléculaires qu’ils contiennent. 1
Les différences entre ces divers éléments sont plus graudes lorsqu’on passe d’une classe à une autre , comme des mammifères aux oiseaux, de ceux-ci aux reptiles, etc., et des vertébrés aux invertébrés. Mais ces variations, dans ce cas, comme dans le précédent, ne portent que sur des caractères secondaires de forme, de transparence, et non sur les caractères distinctifs tirés de leurs réactions et de leur structure , de sorte que ces éléments ne cessent jamais d’ôtre reconnaissables, comme épithélium, fibres musculaires, tubes nerveux, etc.
Nous avons vu que les éléments auatomiques, considérés séparément dans chaque individu, présentent une complication de leur constitution qui est en rapport avec la complexité des actes qu’ils exécutent. Plus les propriétés de cet élément organique s’éloignent des propriétés des corps bruts, plus les phénomènes qu’ils offrent sont différents des phénomènes physico- chimiques qui caractérisent la vie de nutrition, plus est compliquée la structure de l’élément. Ces faits doivent être rapprochés, en se plaçant à un point de vue plus élevé, plus général, de cet autre non moins frappant, que plus l’organisation d’un animal prise dans son
ensemble est simple, plus simple est aussi la constitution de chacun des ordres d’éléments anatomiques dont ses tissus sont formée Les fibres des muscles volontaires, par exemple, sont, chez les Rayonnés et la plupart des Mollusques, des fibres lisses, homogènes, ainsi que dans beaucoup d’Annclés inférieurs. C’est dans ces deux derniers embranchements que, pour la première fois, apparaissent les stries transversales, mais les fibrilles ne sont pas encore réunies en faisceaux primitifs. Ce n'est que dans les Articulés qu’elles se présentent sous cet aspect. Les tubes nerveux et les cellules ganglionnaires qu’ils portent manifestent une semblable complication croissante de leur structure, depuis les premiers ôtres où ils apparaissent jusqu’aux vertébrés.
Les espèces animales placées dans les derniers rangs d’un groupe sont ainsi classées en raison de leur organisation plus simple que celles des ôtres placés en tôte d’une division d’ordre inférieur ù la précédente, mais pourtant constitués évidemment sur un type différent. Dans ce cas aussi, le fait général que nous venons de signaler dans le paragraphe précédent se vérifie également. Ainsi, par exemple, les tubes nerveux et leurs cellules ganglionnaires ont chez les Lamproies une struclure plus simple que les mômes éléments pris dans les ganglions de la chaîne nerveuse des écrevisses, l’une des espèces les plus élevées dans la classe des Crustacés, et par suite l’une des plus élevées par son organisation dans l’ombranchement des Annelés.
Altérations cadavériques des éléments. — Après la mort, divers éléments offrent des changements qu’il faut connaître :
1° Leur contenu peut s’ôtre solidifié , comme on le voit pour le contenu des vésicules adipeuses des Vertébrés ou des Insectes.
2° La masse des cellules peut avoir subi un phénomène de coagulation spontanée, dans lequel leur substance, de pôle, transparente, à peine grenue qu’elle était , devient plus foncée et quelquefois très grauuleuse.
La plupart des espèces de cellules sont dans ce cas ; elles manifestent ainsi un phénomène analogue à celui dout beaucoup de
substances organiques sont le siège lorsqu’elles se coagulent, c’est-à-dire qu’elles deviennent alors finement granuleuses , d’homogènes qu’elles étaient. Ce phénomène est très frappant ; il est très important aussi de le signaler, car il change notablement l’aspect général des cellules qui en sont le siège. Lorsque, par exemple, on examine les cellules de l’épithélium sur un animal vivant ou qu’ori vient de tuer, on est frappé de leur transparence, de leur état comme turgescent. On est frappé en même temps de leur mollesse, de la facilité avec laquelle la compression des unes contre les autres en fait une masse homogène et uniformément granuleuse, dans laquelle on ne peut plus distinguer les lignes de contact de ces éléments qui indiquaient leurs surfaces limitantes. Au contraire, après dix ou douze heures, plus ou moins, selon les especes de cellules ou la température extérieure, les cellules sont devenues plus fermes, s’isolent plus facilement les unes dos autres, leurs bords sont aussi plus nets et plus foncés. Leur masse semble alors pourvue de granulations un peu plus grosses, et surtout bien plus nombreuses, par un phénomène analogue à ce qu’on voit pour l’albumine d’œuf ou la caséine que l’on coagule sous le microscope. Le contour du noyau parait également plus foncé, et sa masse moins transparente qu’elle n’était auparavant.
Toutes les espèces de cellules offrent des particularités analogues, si ce n’est les hématies, chez lesquelles ces modifications cadavériques sont autres.
Les fibres-cel Iules, les fibrilles musculaires striées, les fibres lamineuses, sans devenir granuleuses après la mort, montrent pourtant un certain degré de coagulation qui les rend plus fermes, plus roides. C’est ce phénomène élémentaire qui, envisagé dans la totalité du tissu de chaque système anatomique, devient la cause de la rigidité cadavérique. Mais dans le cas de ces éléments, il ne va pas jusqu’à les faire devenir finement et uniformément granuleux, comme cela a lieu dans les précédents.
On a parlé quelquefois de la coagulation du contenu des tubes nerveux, mais ils ne présentent aucun phénomène de ce genre, ni dans les tubes des centres, ni dans les tubes périphériques. Leur substance graisseuse
ou médullaire ( myéline ) est aussi homogène dix-huit ou vingt-quatre heures après la mort que sur l’animal vivant ou qui vient d’être tué. Celte substance se ramollit de plus en plus à partir du moment de la mort, et d’autant plus vite que la température est plus élevée. Loin de se coaguler et de se durcir, elle se réduit au moindre contact en gouttelettes de formes et de dimensions variables, dont la présence indique un mode d’altération cadavérique ou un accident de préparation des tubes nerveux qui change beaucoup l’aspect extérieur et la structure normale de ces éléments.
La plupart des espèces d’éléments anatomiques portent en eux les conditions d’humidité nécessaire pour que la putréfaction s’établisse dans leur substance même, dès que les conditions de température convenables viennent s’y joindre. Aussi elle se manifeste inévitablement plus ou moins tôt, selon la nature même des éléments anatomiques et selon l'état de la température. Les éléments anatomiques offrent alors peu à peu des modifications correspondantes à ces phénomènes, et dont il est utile de connaître les principales. Mais avant d’en arriver là, avant d’entrer en putréfaction proprement dite, ils présentent des degrés intermédiaires entre cet état et l’état normal ; ces phases donnent lieu à la formation de diverses productions dont il importe d’autant plus de signaler l'existence qu’elles se montrent avant que le reste de la structure des éléments soit notablement modifié. Ils peuvent, en ciïet, laisser exsuder une portion de leur substance altérée, soit sous l’aspect de matière muqueuse, sous la forme de globules particuliers dits de sarcode, ou même d 'aspect graisseux ; d’autres fois ils se réduisent en détritus d’aspect finement granuleux. *
Exsudations d ‘aspect muqueux se produisant pendant l'altération cadavérique des éléments anatomiques. — Le premier degré d’altération cadavérique, consécutif à ceux dont il vient d’être question, se manifeste plus ou moins tôt, selon le degré d’humidité ou de sécheresse des éléments anatomiques. C’est ainsi que les cellules épithéliales de l'intestin le présentent de très bonne heure, tandis que les cellules de l’épiderme cqtané ne l’offrent pas. L’état alcalin des liquides
qui baignent ou humectent les éléments favorisent cette altération ; mais on l’observe aussi avec un léger degré d’acidité de ceuxlà. Elle consiste en la production d’une matière fluide, incolore, très transparente, qui exsude de la surface de l'élément anatomique : celui - ci semble alors en être enduit. Cette matière peut exsuder de toute la surface à la fois ou de quelques points seulement de l’élément anatomique. Elle n’est pas toujours aperccvable par transparence, sous le microscope, en raison de sa petite quantité ; mais sa présence est démontrée par l’adhérence qu’elle établit entre certains éléments ou entre des corpuscules divers qui flottaient dans le champ du microscope.
C’est ainsi, par exemple, que dans les hématies, cette exsudation qui se manifeste presque instantanément, dès que le sang est sorti des vaisseaux depuis quelques moments, détermine l'adhérence de ces éléments les uns aux autres. Ou peut, dans les conditions de ce genre, l’apercevoir lorsqu’on sépare les deux hématies qu’elle fait adhérer ; elle se présente sous forme de légers tractus pâles, transparents, visqueux, extensibles par la traction du globule qui s’éloigne de l’autre; dès que ce tractus est rompu scs deux moitiés reviennent sur ellesmêmes.
Gouttes ou globules de sarcode. — A mesure que la putréfaction des éléments anatomiques s’avance, cette exsudation devient de plus en plus abondante, et constitue un des modes de destruction de la substance organisée, par liquéfaction qui accompagne la période moyenne de la putréfaction. Cette altération dite sarcodique est fréquemment subie par les fibres lamineuses encore à l’état de corps fibro-plastiques, fusiformes ou étoilés, des vertébrés et des invertébrés, adultes ou surtout encore jeunes, ainsi que M. Magitot et moi l’avons montré. (Mémoire sur la genèse et le développement des follicules dentaires. — Journal de la physiologie. Paris, 1861 ; in-8°, p. 68 et pl. VL, fig. l.) Ces éléments devenus ainsi vésiculeux, soit sphériques, soit polyédriques, par pression réciproque, ont été pris pour des cellules diverses normales ou altérées par des auteurs encore peu pénétrés de la nécessité de connaître les éléments
anatomiques à leurs divers âges, avant d’étudier les tissus.
Dans des conditions d’altération un peu plus avancées que celles dont il a été question précédemment, on voit se produire à la surrace de presque toutes les espèces de cellules une, deux ou plusieurs gouttes d’une substance diaphane, limitée par un contour très pâle, très net, qui ont été appelées gouttes ou globules de sarcode (1). Elles sont d’abord peu élevées, comme un verre de montre sur son anneau. Puis elles s’agrandissent peu à peu, entourent une partie plus ou moins considérable de la cellule; quelquefois même elles deviennent plus grosses que celle-ci, l’enveloppent presque entièrement ou bien lui adhèrent par une portion plus étroite de leur circonférence, qui représente une sorte de pédicule par rapport au reste de la masse.
Ces gouttes deviennent souvent libres uue foi£ qu’elles ont atteint uu certain volume ou par suite de tractions cxorcées sur elles par les éléments qui sont entraînés dans le champ du microscope. Elles se présentent alors sous formes de gouttes diaphanes, glutineuscs, d’une extrême transparence, à contour très net, très régulier de dimensions naturellement variables, mais oscillant pourtant en général entre 1 ct4 centièmes de millimètre. Ces gouttes sont d’une parfaite homogénéité, sans granulations à l’intérieur, molles, compressibles, visqueuses, faciles à déformer par la compression, s’étirant par les tractions accidentelles et reprenant ensuite leur forme, ce qui, joint à leur volume variable, empêche de les confondre avec quelque élément anatomique que ce soit.
La régularité et la diapbanéité de ces gouttes leur donnent une grande élégance d’aspect, tant lorsqu’elles sout encore appliquées à la surface de quelque cellule sous forme de saillie hémisphérique, que lorsqu’elles sont libres.
Les cellules de la notocorde, de la moelle des os, les corps fibro-plastiquse, les cellules
(I) Sscpxtooyjç charnu. Dujardin, Recherches sur les organismes inferieurs (Annales des sciences naturelles, Paris, 1833, in-8, t. X, p. 354, p] io fig. A ctB), et Sur les prétendus estomacs des animalcules infusoires et sur une 'substance anvelée SAKCODB (iMd., 1835, t. IV, p. 364, Pl. U, fie L
épithéliales des muqueuses, les leucocytes, etc., offrent souvent des exemples d’exsudation de globules sarcodiques. Les tubes de la surface du cristallin et les cellules du cristallin laissent encore exsuder plus facilement ces gouttes diaphanes et en nombre plus considérable. Plus ou s’éloigne du moment de la mort, plus la quantité de ces gouttes amorphes augmente. Il en est de même lorsqu’on laisse le cristalliu dans l’eau. On en voit encore des exemples dans le tissu de la raie, de la thyréoïde, du thymus, des ganglions lymphatiques, des capsules surrénales, dans la substance cérébrale grise, dans la rétine, dans tous les tissus mous des invertébrés et des vertébrés, dans toutes les espèces de matières amorphes. Elle se présente sous forme de gouttes ou globules, pouvant atteindre jusqu'à S ou 9 centièmes de millimètre. La figure en est très variable : généralement sphérique ou ovoïde, elle peut être réniforme, en bissac, sous forme de biscuit, etc. Elles se groupent souvent d’une manière régulière autour de certains éléments ou des organes chromatophores des Céphalopodes. Ces gouttes ou globules, à bords nets ou pâles, sont tout à fait incolores ou d’une teinte à peine bleuâtre ou rosée. Ceux qui sont sphériques ou ovoïdes pourraient être comparés à certains grains de fécule sans hile ni* cercles concentriques , si ces grains n’étaient solides et ne réfractaient plus fortement la lumière que les corps dont il s’agit. Ces gouttelettes sont visqueuses, élastiques, s’étirant en forme de bouteille ou de fuseau lorsqu’elles rencontrent uu obstacle, et sont entraînées par un courant de liquide, mais une fois libres elles reprennent en général lentement leur forme. Leur étude est importante à faire en raison de ce qu’elles englobent fréquemment des granulations moléculaires, tantôt très fines et grisâtres, d’autres fois graisseuses et même pigmentaires. Elles peuvent aussi englober un ou deux noyaux d’épithélium; dans les glandes sans conduits excréteurs, telles que la rate, la thyréoïde, etc., elles englobent aussi des hématies, fait que j’ai observé souvent dans la rate des Lézards ( Lacerla viridis, L.). Au bout d’uu certain nombre d’heures ou de jours, selon l’état de la température, les globules sarcodiques finis-
sent eux-mêmes par se gonfler, puis par se liquéfier tout à fait. Ils se mélangent ainsi au liquide dans lequel ils flottent. C’est là encore un des modes de destruction de la substance organisée par liquéfaction à mesure que so passent en elle les phénomènes moléculaires de la putréfaction.
Exsudation cadavérique de gouttes d’aspect graisseux. — Outre les globules sarcodiques, certains éléments laissent exsuder, à mesure qu’a lieu leur altération, des gouttes de nature graisseuse; ce sont surtout les éléments du cristallin qui sont dans ce cas, soit dans les conditions de putréfaction, soit à l’élatmorbidc. Cesontdes gouttelettes ressemblant à de la matière graisseuse quant à l’aspect, au pouvoir réfringent et à la manière dont elles s’englobent les unes dans les autres, bien qu’elles n’offrent pas la coloration jaune aussi foncée que dans les corps gras ordinaires. Elles réfractent faiblement la lumière, en lui donnant une teinte légèrement rosée ; leurs contours sont assez nets et foncés, presque toujours sinueux. Ces gouttes, d'aspect huileux, dont le volume varie de 5 à 35/lOOOes de millimètre, en général, en renferment souvent d’autres dans leur épaisseur, qui, elles-mêmes en emboîtent successivement plusieurs autres, de manière à donner un aspect très remarquable à ces séries de lignes sinueuses concentriques. Sauf le pouvoir réfringent beaucoup moindre, ces gouttes ressemblent à celles que donne 1a substance dite médullaire des tubes nerveux, lorsqu’elle se réduit en gouttelette , dans l’eau. Ces gouttes arrondies ou à contours sinueux, à lignes ou stries intérieures concentriques, sont molles, se déforment lorsqu’elles se compriment réciproquement ou rencontrent un obstacle.
Il n’est pas rare, lorsqu’on les observe pendant un temps suffisant, de les voir changer de figure sous ses yeux à mesure que le liquide dans lequel elles flottent s'évapore, lors même qu’elles restent immobiles dans ce liquide.
Détritus granuleux des éléments en voie d’altération cadavérique. — Une autre particularité très importante que présentent les éléments anatomiques à mesure de leur putréfaction, c’est leur réduction en granulations moléculaires très fines, grisâtres, fort nombreuses et douées d'un mouvement
brownien très vif. La production de ces fines granulations est un phénomène postérieur à celui de l'exsudation des gouttes sarcodiques et autres décrites plus haut ; elle ne se montre qu'alors que l’odeur de substances animales putréfiées est déjà manifeste. Les éléments anatomiques demisolides, quels qu’ils soient, tant fibres que cellules, s'ils étaient homogènes, sans granulations, deviennent finement granuleux, d une manière uniforme dans toute leur épaisseur. En même temps, les contours des élémeuts deviennent pilles, mal déterminés , et le nombre des fines granulations moléculaires flottant dans le liquide devient de plus en plus abondant à mesure que ces particularités se prononcent davantage.
Classification des éléments anatomiques figurés. — La spécificité d’un élément anatomique consiste en ce qu’il offre des caractères que ne possèdent pas certains autres éléments, analogues pourtant, ou dissemblables, ce qui par conséquent fait de lui une espèce distincte. Or, comme à toute disposition anatomique ou statique spéciale est inhérente quelque particularité physiologique ou dynamique correspondante, on comprend combien il importe de distinguer exactement les uns les autres des éléments qui diffèrent entre eux, bien qu’ils puissent rentrer dans uu même groupe comme celui des cellules, des fibres, etc.
Eu aucune circonstance on n’a mis en doute l’existence dans les tissus normaux de plusieurs sortes d’éléments anatomiques parfaitement distincts et ne pouvant pas êlre confondus ensemble, tant à cause de leurs caractères extérieurs et de structure, qu’en raison de leurs différentes manières de se comporter au contact des réactifs chimiques. Il y a, par exemple, plusieurs espèces de cellules; telles sont les cellules de la notocorde, les cellules épithéliales, les cellules rouges du sang , les cellules médullaires des os, les cellules blanches du sang, etc. Il y a diverses espèces de fibres, telles sont celles du tissu lamineux , celles du tissu élastique , des muscles, etc. ; il y a aussi plusieurs sortes de tubes nerveux, etc. Et pourtant quelles que soient les différences que les divers individus de ces éléments présentent selon leurs âges, les régions du corps, les espèces et
les classes animales, on n’hésite pas à les reconnaître, comme formant autant d’espèces d’éléments distiuctes les unes des autres. Il n’en est pas une qu’on doive confondre avec quelque autre que ce soit, pas une qu’on ne puisse distinguer des autres lors même qu’elles se trouvent mélangées ensemble dans un tissu. Un fait non moins bien constaté, c’est que chaque espèce possède des propriétés physiologiques qui diffèrent de celles des espèces voisines. Aussi le nom de chacune deccs fibres, cellules, etc., nous représente-t-il autant d’espèces d’éléments distincts qu’on ne peut réunir sans confusion erronée.
Si l’on envisage chaque espèce à part, on y reconnaîtra que chacune d’elles renferme des individus de plusieurs variétés. II n’y a pas un seul tissu qui, différant d’un autre par ses caractères extérieurs et ses propriétés végétatives ou animales, ne donne à l’analyse anatomique uu élément particulier qui forme à lui seul au moins la plus grande partie de sa substance, élément dont les propriétés spéciales sont les mêmes que celles du tissu pris en masse, sauf les modifications que peuvent y apporter la texture ou la présence d’éléments accessoires qui sont mêlés à lui. Nous avons vu aussi que les éléments anatomiques, outre de légères différences entre eux, dans les divers organes d’un même individu d’une espèce dounée, outre leurs différences plus ou moins marquées suivant les genres et les classes animales, peuvent encore varier dans un même organe suivant les conditions dynamiques ou physiologiques , normales ou morbides, de cet organe. Mais ces variations des caractères des éléments, qu’on peut poursuivre successivement depuis la classe animale jusqu’aux simples modifications physiologiques d'un organe, ne portent jamais sur tous les caractères simulta-* nément. Jamais ces modifications ne sont telles qu’on puisse dire qu’un élément possède à la fois les caractères de deux espèces normales au point de pouvoir confondre l’une avec l’autre. Ces éléments peuvent bien offrir des anomalies particulières, des aberrations déforme et de volume; mais en dernière analyse, jamais ils ne se transforment, ni même ne tendent à se méta morphoscr en quelque aulre élément anatomique que ce soit.
De la rencontre dans le champ du microscope d’un grand nombre d’éléments qui ont des formes et un volume très variés, lorsque, d’un autre côté, tout doit porter à croire qu’ils sont de môme espèce, il peut certainement résulter de l’incertitude dans les piemiers temps : 1° soit sur la question de savoir si l’on a une ou plusieurs espèces sous les yeux; 2° soit môme sur celle de savoir s’il est possible de reconnaître et de déterminer les espèces d’une manière précise. Mais, d’un examen répété il résulte aussi qu’au bout de peu de temps on voit que ces espèces sont bien déterminables, que leurs variations ont lieu entre des limites faciles à constater pour chaque espèce, quelles que soient ces variations. Ou reconnaît également que les incertitudes viennent souvent de ce qu’on s’est vivement préoccupé des formes singulières, bien que leur nombre soit petit, et qu’on a fixé sur elles son attention beaucoup plus que sur les formes les plus nombreuses dont la configuration et le volume sont bien plus uniformes et bien plus réguliers.
Division des éléments anatomiques figurés en groupes ou sections distincts. — Le premier fait qui frappe au milieu de tous les caractères que viennent de nous oflrir les éléments anatomiques, c’est de voir quelques espèces d’entre eux, situées normalement d’une manière constante à la surface de certaines des parties que constituent les autres espèces, lesquelles se trouvent ainsi profondes par rapport aux premières qui sont au contraire superficielles.
Avec ce caractère de situation superficielle, coïncident des particularités extrêmement tranchées dans les propriétés physiologiques, comparativement aux autres, particularités qu’ou n’observe pas sur les éléments qui manquent du caractère que je viens de rappeler. Ces propriétés deviennent plus évidentes encore* dans les tissus dont ces éléments sont les parties fondamentales. Aussi est-ce en partant de ces propriétés qu’a d’abord été établie la division daus les éléments anatomiques à laquelle le caractère précédent sert de base. C’est enfin dans l’étude des tissus principalement que cette distinction prend toute sa valeur, parce que, à ces caractères, les seuls qu’ou observe sur les éléments aua-
tomiques, il s’en joint d'autres très importants , relatifs à la texture de chaque tissu.
Il faut noter que c’est normalement que les éléments dout il s’agit offrent ce caractère; car, dans certaines conditions morbides qui comptent parmi les plus fréquentes, ils cessent de le présenter. Ce changement est par lui-même un fait anormal, sans parler des autres modifications pathologiques qui en résultent.
Ce caractère si simple, mais si général, et bien confirmé daus sa valeur intrinsèque par une foule de particularités morbides, etc., sert de base à la formation d’un des groupes principaux d’éléments anatomiques. Sur lui repose la division la plus naturelle des éléments anatomiques eu deux groupes, dont l’un comprend les éléments anatomiques qui sont profonds, enchevêtrés les uns avec les autres, et le second des éléments superficiels qui , généralement , sont seulement juxtaposés.
Le premier groupe renferme les éléments constituants, le second les -éléments produits (1) ou simplement les constituants et les produits; telles sont les expressions par lesquelles on les désigne.
Chacune de ces deux tribus se subdivise en plusieurs sections très naturelles, suivant qu’elles ont la forme et la structure : 1° de cellules; 2° de fibres; 3° de tubes; 4° de substances amorphes creusées de cavités, avec ou sans cellules.
Coordination des différents groupes d'éléments anatomiques figurés. — La coordination des groupes d’éléments est des plus naturelles. En premier lieu, se placent les constituants, qui doivent être connus pour pouvoir bien étudier les produits; et ou les examine les premiers, bien que leur structure soit généralement plus complexe que celle de ces derniers, parce qu’ils sont plus nombreux que ceux-ci et surtout parce que leurs caractères sont plus stables; les espèces des constituants ne présentent pas, comme les produits, des variations de leurs carac-
(d) Do Blainvillo, Cours de physiologie générale et comparée. Paris, d82'J, in-8, t. I, p. dl9 ot t. Ht, p. t et suivantes. Les différences physiologiques qui séparent ces groupes d'éléments sont si tranchées, que ce sont elles qui ont frappé d’abord, et c'est il'aprôs l'une d'elles qu'ils ont été nommés ; c’est ca que montre l'expression qui sert à les désigner.
tères dans des limites aussi étendues ni sous d'aussi faibles influences.
Quant aux diverses sections de chacune de ces tribus, elles se placent naturellement à la suite l’une de l’autre, d’après le degré de simplicité de la structure des diverses espèces d’éléments qu’elles embrassent. Ces sections sont nettement tranchées, et il ne faudrait pas croire qu’on observe une transition graduelle de l’une h l’autre; que, par exemple, les derniers éléments de l’une et les premiers de l’autre offrent quelques caractères communs qui les rapprochent.
Ceci s’applique également à chacune des espèces qui rentrent dans chaque section.
Hien d'aussi dissemblable souvent que deux espèces qu’on décrit à la suite l’une de l’autre, bien que toutes deux présentent les caractères de cellules, de fibres, etc. Il faut se garder de croire qu’il y ait une transition graduelle d’une espèce d’élément à l’autre. Il y a, au contraire, fort peu de rapports entre les espèces qu’on est forcé d’étudier à la suite l’une de l’autre, elles semblent alors disposées de la manière la plus disparate. Les espèces qui paraissent se rapprocher par quelques caractères de forme ou de volume, parce que certains individus semblent être une transition d’une forme à l’autre, conscrvcut toujours, au milieu de leurs variations, des différences caractéristiques qui n’échappent que faute d’attention ou par l’emploi d’instruments insuffisants.
C’est donc à tort qu’on a cherché à faire une série des éléments anatomiques en prenant un point de départ absolu, un type abstrait, la cellule idéale, sorte de radical, à partir duquel on aurait établi une échelle ascendante graduelle, sans transition brusque, dont chaque élément u’cùt été qu’un échelon, ne différant pas plus du suivant que de celui qui précède. L’observatiou montre qu’il n’en est pas ainsi. On comprend du reste que si cette prétendue série d’éléments anatomiques eût existé, on aurait trouvé, non plus des propriétés physiologiques distinctes plus ou moins nombreuses, mais une seule propriété physiologique, se manifestant d’une manière de plus eu plus prononcée. Ou voit comment cette hypothèse d’une transition insensible entre les diverses espèces
d’éléments anatomiques a été émise sans qu’on se rendit compte de ce qu’est uu organisme; car un organisme est uu corps formé de parties distinctes mais solidaires, et non de parties semblables; celles-ci, en effet, ne formeraient qu’un tout homogène, mais confus, au lieu d’un ensemble où tout se tient, tout se lie, tout conspire à une même action, par suite môme de la solidarité de choses diverses, remplaçant l’homogénéité du cristal ou de la roche. On voit aussi comment cette hypothèse inévitablement étendue aux actes d’ordre organique mettrait à néant la physiologie. Ne cherchez donc pas, ainsi que l’a dit M. Chevreul, à constituer une échelle des éléments anatomiques ou dos tissus, d’après une prétendue supériorité des uns sur les autres; car ils ne valent quelque chose dans l’économie animale, que par leur coordination, et chacun est facteur de quelque chose, chacun a son rôle physiologique particulier qu’un autre ne peut pas remplir.
C’est précisément cet état disparate des éléments anatomiques, comparés les uns aux autres, qui rend moins difficile leur distinction lorsque sont mélangés des individus d’espèces différentes.
Les éléments anatomiques figurés à étudier sont :
lrc Tribu. Éléments constituants. lre Section. Eléments ayant la forme de cellules et de noyaux libres. 1. Cellules embryonnaires des ovules végétaux : a. môles, passant à l’état: 1° de grains de pollen, 2° de spermatozoïdes des algues, des fougères, etc. ; b. femelles. 2. Cellules embryonnaires des ovules animaux : a. môles, passant à l’état de spermatozoïdes ; b. femelles (cellules de la cicatricule, etc.). 3. Cellules de la corde dorsale; 4. Hématies; 5. Leucocytes; 6. Myélocytes; 7. Cellules nerveuses ; 8. Médullocelles; 9. Myéloplaxes; 10. Eléments embryo-plasliques;
1 1 . Cônes et bôtonnets de la rétine ; 1 2. Substance du tissu plianéropborc ; amorphe, granuleuse quelquefois, avec de petits noyaux particuliers (matrice des ongles, bulbes dentaires et des poils, etc.). — 2“ Section. Éléments ayant forme de fibres :
13. Fibres lamincuscs, soit à l’état de corps Dbro-plastiques fusiformes ou étoilés, soit à celui de complet développement Cbril-
laire, soit à l’état de corps fibro-plnstiques devenus vésiculcux. par réplélion plus ou moins complète de gouttes adipeuses (vésicules adipeuses); 14. Eléments ou fibres élastiques; 13. Fibres-cellules; 1 fi. Fibres musculaires lisses de la vie animale de quelques invertébrés; 17. Fibrilles musculaires striées de la vie animale, réunies en faisceaux
slrj,is 3» Section. Éléments tubuleux .
1S Tubes larges des nerfs moteurs, ou sans cellules; 19. Tubes larges des nerfs sensitifs, ou à cellules ganglionnaires; 20. Tubes
miuccs ou sympathiques, à cellules; 21. u-
bes minces ou sympathiques moteurs, sans
cellules • l>2. Tubes des vaisseaux capillaires,
w , ic section. Eléments