‹ Anatomie microscopique des éléments anatomiques, des épithéliums (anatomie et physiologie comparées)Chapitre 7 sur 9 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Le mot épithélium a été introduit dans la science par Ruysch pour désigner le mince épiderme qui recouvre le mamelon, chez la femme. La signification en a été étendue à la désignation des couches analogues à l'épiderme, mais plus minces, qui tapissent les muqueuses. L’analyse anatomique de ces dernières ayant fait reconnaître qu’elles sont composées d'un élément anatomique spécial ayant forme de cellules dites épithéliales, puis l’examen de l’épiderme cutané ayant montré celui-ci formé de cellules analogues, on a donné graduellement aux mots cellules épithéliales et élément de i épithélium un sens générique. De là est venu que le mot épithélium sert aujourd’hui à désigner, soit les variétés de l’espece de cellules qui forment l’ensemble des couches tapissant les membranes tégumentaires, muqueuses, séreuses, vasculaires et glandulaires, soit les couches même que forment ces cellules, à l’exclusion de l'épiderme cutané ou proprement dit, qui garde le nom à' épiderme; c’est ainsi que ce dernier mot n’est pas synonyme d'épithélium.

Dans toutes les parties formées par l’association des éléments épithéliaux, ou trouve la kératine d’Huenefeld, qui est insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther et les acides même peu étendus. 11 se dissout dans une lessive de potasse caustique concentrée, mais

en se décomposant et donnant lieu à un dégagement d'ammoniaque que ne fournissent pas les autres principes azotés, (Fan Laer). Par l’action prolongée de l’acide sulfurique étendu bouillant, la kératine donne de la tyrosine et de la leucine, mais plus de la première que de la seconde, ce qui est l’inverse de ce que produisent les autres corps dits protéiques.

l.es épithéliumscontiennenlen outre deun demi à un et demi de principes minéraux dans lesquels dominent les phosphates de chaux, de magnésie et de fer, des chlorures et du sulfate de chaux avec des traces de graisses.

L’élément épithélial et épidermique est représenté par une espèce de cellules et de noyaux libres, offrant de nombreuses variétés de forme et de dimensions, qui ont pour caractère commun leur contiguïté réciproque, originelle, et leur situation à la superficie des membranes tégumentaires muqueuses, séreuses, vasculaires et parenchymateuses, closes ou communiquant avec l’extérieur.

Ces noyaux et ces cellules sont placés à la superficie des régions qu’ils occupent ; ils y forment en général une couche mince, continue ou discontinue, ou des amas d'une certaine épaisseur, par suite de juxtaposition sur une ou plusieurs rangées, sans être associés à des éléments de quelque autre

espèce. Mais, dans diverses conditions morbides, on les trouve accumulés en masses de dimensions variables, hors du lieu où ils existent normalement dans l’intimité des tissus vasculaires, dont ils écartent ou remplacent les éléments.

C’est donc de toutes les espèces d’éléments anatomiques celle qui se trouve le plus répandue en surface, dans l’économie, bien qu’elle soit loin d’y représenter en volume et en poids une masse aussi considérable que celle qu’y constituent beaucoup d’autres éléments anatomiques.

Avec ces particularités coïncident pour les épithéliums de nombreuses variétés de dimensions, de formes, et une existence temporaire, de courte durée pour chaque noyau ou cellule considérés individuellement et par rapport aux autres espèces d’éléments anatomiques. Ils se détachent en effet régulièrement, à l’état normal, du siège qu’ils occupent, tombent, sont rejetés au dehors ou se résorbent au dedans et sont remplacés par d’autres , sans qu’il soit encore possible de fixer en heures et en jours combien de temps s’écoule entre le moment de la naissance et celui de la fin de chacun des éléments.

Au fait d’une vie de courte durée pour chaqi\e noyau ou cellule d’épithélium, s’en rattache un autre qui reconnaît le premier comme condition d’existence ; c’est que chacune de leurs variétés principales qui disparaît peut être remplacée par une des autres variétés se substituant à la première, et cela, soit par évolution directe, soit par génération nouvelle, normalement ou plus souvent encore pathologiquement.

Lorsqu’on joint à ce fait la notion d’une résistance de ces éléments à l’action des agents physiques et à la putréfaction, bien plus grande que celle qui est offerte par les autres espèces de cellules, on reconnaît que malgré des différences notables de leurs caractères physiques et môme de leur structure d’une région du corps à l’autre, les nombreuses variétés d’épithélium ne constituent qu’une seule espèce d’éléments anatomiques. Leurs caractères communs, génériques ou spécifiques, selon le point de vue où l’on sc place, sont ceux qui viennent d’êtreindiqués dans les paragraphes précédents.

Les variétés d’épithélium peuvent être

ramenées à quatre principales d’une manière très naturelle, en tenant compte à la fois de leur forme et de leur structure.

En premier lieu, on constate l’existence d’épithéliums à l’état de noyaux libres immédiatement contigus ou tenus à la fois écartés les uns des autres et réunis par une petite quantité de substance amorphe homogène qui leur est interposée. Ce sont là ceux qui ont reçu le nom d’épithéliums nucléaires.

Il existe en second lieu des épithéliums cellulaires ou à l’état de cellules complètes, c’est-à-dire composées d’un corps de cellule, le plus ordinairement pourvu d’un ou même de plusieurs noyaux. Celles-ci sc rattachent, d’après leur forme, aux trois variétés fondamentales suivantes : 1° sphérique; 2° prismatique ; 3° pavimenleuse ou polyédrique, soit très aplatie, soit conservant des dimensions à peu près égales dans les trois sens, avec ou sans prolongements sur leurs angles.

On constate dans leurs variétés principales des caractères qui n’appartiennent qu’à eux, et établissent immédiatement leurs liens de parenté. Que maintenant on recueille chaque variété dans les régions où une membrane cesse d’être tapissée par la variété prismatique des épithéliums, par exemple, pour prendre les cellules de forme pavimenteusc, on verra bientôt qu’il faut renoncer à décrire les milliers de variétés qu’on rencontre. Mais dans chaque cellule, on retrouvera aussi l’ensemble des caractères tirés du noyau des granulations, de leur distribution dans la masse cellulaire, de la teinte de celle-ci, etc., qui font qu’on reconnaît aussitôt que c’est une cellule épithéliale qu’on a sous les yeux. Dans ces organes il y a bien quelques cellules qui ont une forme tenant à peu près le milieu entre la prismatique et la pavimenteuse, et que dans le commencement des études on peut se trouver embarrassé de placer dans la première ou dans la seconde de ces espèces; mais toujours est-il que les cas de ce genre sont rares, et qu’à côté 3e ces quelques formes intermédiaires et de transition, la plupart ont des caractères bien déterminés qu’il est impossible de ne pas constater Enfin, ces cellules, qu’on peut hésiter à ranger parmi les pavimenteuses polyédri-

Epithélium.

ques ou les prismatiques, présentent les caractères généraux des cellules épithéliales ; on ne peut les méconnaître comme telles ; il n’y a que la détermination de la variété sur laquelle on puisse se trouver embarrassé, ce qui est généralement peu important.

On voit par ce qui précède qu’il existe, dans cette espèce d’élément anatomique, quatre variétés principales ; chacune domine plus particulièrement dans telle ou telle région et représente l’élément fondamental de la couche épithéliale qu’il y forme; mais elle y est ordinairement accompagnée, comme élément accessoire, de quelques individus de l’une ou de plusieurs des autres variétés.

Ainsi, indépendamment de ce que les couches épithéliales nucléaires peuvent passer complètement à l’état d’épithéliums cellulaires sphériques ou polyédriques, on trouve souvent, parmi les noyaux dominant dans cet épithélium de diverses glandes, un certain nombre de cellules sphériques ou pavimeutcuses. Il n’est guère non plus de couches à cellules sphériques, prismatiques ou polyédriques, dans lesquelles ces élémen ts ne soient mélangés de noyaux libres semblables à ceux qui sont dans les cellules. Il en est même comme celles de la vessie et de l’uretère dans lesquelles on trouve chez quelques sujets les quatre variétés en proportions presque égales.

La nature de toutes ces dispositions anatomiques élémentaires ne peut être bien interprétée que d’après la connaissance exacte de leur mode d’apparition, c’est-àdire des modes de naissance et de développement des épithéliums ; car ces éléments sont en voie incessante de rénovation, par suite de leur chute ou mue continuelle marquant la fin d’une existence individuelle de courte durée. Ce fait est lié à leur situation superficielle, par rapport aux autres espècos d’éléments anatomiques qui représentent leurs conditions d'existence.

Épithélium nucléaire. — Les épithéliums de cette variété sont caractérisés par leur forme de noyaux libres sphériques ou ovoïdes, avec ou sans nucléole d’un sujet à l’autre, finement granuleux, et dont le diamètre varie généralement de 6 à 10 millièmes de millimètre, mais qui peut pathologiquement atteindreplus du double de ces di-

mensions, et parfois alors ils passent de l’état plein à l’état vésiculeux.

Ils constituent l’élément fondamental de certaines couches épithéliales, et ne sont qu’accessoires dans les autres. Ils prédominent par exemple dans l’épithélium des glandes lymphatiques, amygdales, thyréoïde, thymus, dans la rate, les glandes de Peyer, celles des fosses nasales, dans toutes lesquelles ils ont une forme sphérique. Ils constituent aussi l’épithélium des follicules sudoripares proprement dits, du corps do l’utérus à l’état de vacuité, des culs-desacs de la mamelle, jusqu’à l’époque de la lactation du moins, des glandes de la trachée et de celles de l’œsophage dans lesquelles ils ont une forme ovoïde.

Ils composent le mince revêtement épithélial de certaines portions des téguments de divers acéphales, soit seuls etimmédiatement contigus les uns aux autres, soit ordinairement avec un peu de matière amorphe interposée.

D’une manière générale, ils existent comme élément accessoire partout où les épithéliums cellulaires constituent l’élément fondamental de quelque couche épithéliale; fait en rapport avec quelques particularités du mode de génération des épithéliums dont il est une conséquence, non pas nécessaire, mais presque constanle.

Ces noyaux se rencontrent ainsi, avec la forme ovoïde, dans l’épithélium de la vessie, des uretères, de l’intestin, de l’œsophage, du pharynx.de l’utérus et des trompes.

Ils se rencontrent également comme élément accessoire et avec une forme sphérique dans l’épithélium de l’ovisac, du rein, et même du bassinet.

Les conditions qui font que les épithéliums nucléaires se trouvent comme élément accessoiredes couches épithéliales cellulaires, font également qu’ils se voient en plus grand nombre encore dans les produits morbides ayant pour élément principal des épithéliums cellulaires d’origine glandulaire ou tégurnentaire. Elles sont aussi la cause de ce que dans les muqueuses, à la surface desquelles l’épithélium nucléaire n’est qu’un élément accessoire, il est commun do trouver les productions morbides qui en dérivent être principalement constituées par celui-ci, et non par des épithéliums cellulaires très

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différents des premiers quant au volume et à la forme. Ce fait est important à connaître lorsqu’il s’agit de déterminer la nature de ces tumeurs. 11 n’est du reste qu’un cas particulier d’un autre plus général, qui nous montre les éléments accessoires des tissus être plus ordinairement atteints d’hypergenèse que l’élément fondamental, et pouvant, par suite, en venir pathologiquement à prédominer sur celui-ci en quelque point de l’économie.

Les épithéliums nucléaires de forme sphérique offrent un diamètre qui varie généralement de 5 à 9 millièmes de millimètre. Dans presque tous les tissus qu'ils concourent à former, ils sont pâles, transparents, peu granuleux, du moins à l’état frais, lis sont naturellement finement granuleux, grisâtres dans quelques organes, comme la rate et le thymus. Ils le deviennent plus ou moins sur le cadavre, un jour ou deux après la mort.

Ils sont ordinairement dépourvus de nucléole, niais cependant ceux des amygdales, des glandes de la pituitaire en renferment alors chez quelques sujets uu très-petit, à centre brillant et à contour net. Mais dès que dans des conditions morbides ces noyaux atteignent un faible degré d’hypertrophie, il s’y produit un nucléole souvent jaunâtre, toujours brillant, à contour net, qui, habituellement, devient d’autant plus gros que que le noyau l’est davantage.

Les épithéliums nucléaires de forme ovoïde à l’état uormal out des dimensions qui varient en général entre 0mm,008 et Qmmjoj2. Leur contour est net et ils sont presque partout grisâtres et finement granuleux. Dans une même région ils peuvent d’un sujet à l’autre avoir ou non uu nucléole, ainsi qu’on le voit dans la mamelle ; mais il en naît un dans leur intérieur dès qu’ils s’hypertrophient.

Du reste, les épithéliums nucléaires tant sphériques qu’ovoïdes présentent d’une glande à l’a-atrc quelques particularités secondaires de forme, de volume, de teinte plus ou moins foncée, d’état granuleux plus ou moins prononcé, qui permettent de les distinguer, et qui sont en rapport avec les différences du rôle rempli dans chacune de ces glandes par leur épithélium. C’est en étudiant les parenchymes et en sigualant la

variété d’épithélium qui leur est propre, que doivent être décrites ces différences caractéristiques de leur épithélium, par rapport à celui des autres tissus analogues.

Du passage des épithéliums nucléaires à l'état d’épithéliums cellulaires. — Examinons maintenant les noyaux épithéliaux qui, nés les premiers, deviennent un centre de génération pour à peu près autant de cellules qu’il y a de noyaux, et cela par segmentation intervallaire de la substance amorphe qui se produit entre eux, quelles que soient, du reste, celles des conditions dans lesquelles ils naissent normalement à la face interne des tubes du rein, des glandes sudoripares, salivaires, etc., à la surface de la peau, des muqueuses, des séreuses, ou, pathologiquement, dans les papilles, le derme, la trame des glandes, etc. (Foi/. Ch. Robin, Gazette des hôpitaux, 1832 et Journal de l’anatomie et delà physiologie, 1864, p. 159 et 355; 1865, p. 130 et 146.)

C’est particulièrement à la surface i n terne des tubes glandulaires , puis de la peau et des muqueuses, qu’on voit les noyaux sur une seule ou sur plusieurs rangées, selon qu’il s’agit de conditions normales ou au contraire morbides, exister seuls, sans mélange avec des noyaux d’autres espèces.

C’est toujours par l’apparition de ces noyaux qu’est anuoncée la génération prochaine des cellules épithéliales à la face interne des tubes propres du rein, desculs-desacs glandulaires, à la surface du derme, de la trame des séreuses, etc., etc., et cette genèse préalable est en tout point comparable à celle du noyau vitellin dont l’apparition au sein du vitellus ( voy . Élément anatomique) annonce la prise d’une individualité propre par le vitellus, et précède l’individualisation de sa substance en cellules par segmentation.

Or, dans aucune de ces circonstances, on ne voit ces noyaux, qui vont devenir le centre de la génération d'autant de cellules d’épithélium, provenir d’une scission des cellules épithéliales préexistantes, non plus que des noyaux placés de l’autre côté des tubes glandulaires ou dans le derme; ou n’observe pas non plus la naissance directe de ces cellules épithéliales complétés par segmentation de cellules préexistantes, si

ce n’est pour un très petit nombre, dans quelques cas exceptionnels rappelés plus loin.

La génération de ces éléments débute par celle des noyaux, apparaissant toujours eu assez grand nombre a la fois, sous forme de petits globules contigus ou à peu près, ordinairement sphériques, larges de 3 à 5 millièmes de milimetre, à contour net. Us sont hyalins sur les pièces encore très fraîches, mais devenant rapidement grenus (sans nucléole pourtant), grisâtres, sous l’influence des modifications cadavériques et surtout sous celle des réactifs durcissants. Ils grandissent peu à peu et en même temps ils deviennent souvent ovoïdes ; parfois aussi un nucléole se produit vers leur centre, et bientôt ils sont écartés les uns des autres par une substance homogène ; souvent ou trouve les couches épithéliales ainsi composées par une rangée de noyau avec substance amorphe interposée non encore segmentée et individualisée eu cellules distinctes. Une fois les noyaux arrivés à un certain volume et à un certain degré d’écartement, survient la segmentation intercalaire ayant pour siège la substance iuterposéeaux noyaux, segmentation ayant lieu eutre eux et autour de chacun d’eux comme centre ; et cette segmentation a pour résultat l’individualisation de la matière amorphe en cellules dont chacune contient un ou deux noyaux vers son milieu ou à peu près. Les cellules, une fois individualisées, s’accroissent et souvent aussi leur noyau; il en est alors de même pour ceux de ces derniers qui, pathologiquement, restent libres sans devenir le centre de la segmentation intercalaire signalée plus haut. C’est alors que, parfois normalement et surtout pathologiquement, quelques noyaux libres et quelques cellules peuvent devenir le siège d’une scission en deux, analogue à celle dont il a été question tout à l’heure, lorsque ces éléments dépassent les limites de leur accroissement habituel. Signalons ici, d’une manière spéciale, ce fait important que, dans les conditions normales, c’est particulièrement par cette scission des cellules épithéliales définitivement individualisées, comme nous venons de le dire, que ces éléments fournissent de nouveaux individus pour l’extension des membranes

uniquement épithéliales (comme le chorlon et surtout lamnios) qui grandissent d’une manière coutinuc sans se renouveler incessamment, comme le font les couches épithéliales tégutnenlaires. C’est au contraire par genèse de noyaux et de matière amorphe, avec segmentation intercalaire de celle-ci, que naissent et s’individualisent les éléments qui satisfont an remplacement des cellules en voie de mue, de desquamation ou de destruction incessante, à la surface de la peau, des muqueuses, des glandes, etc.

Les phases successives de cette génération sont la production d’une matière amorphe, finement granuleuse, entre les noyaux d’épithélium. Or , une fois les noyaux un peu écartés ainsi les uns des autres, on voit, à partir des endroits où ils le sont le plus, se produire des sillons dans la substance amorphe. Ces sillons, ou mieux ces plansdc division, se présentent avec l'aspect de fines lignes un peu foncées, placées dans le milieu de l’intervalle qui sépare deux noyaux, à égale distance à peu près de l'un et de l’autre ; ils rencontrent, sous des angles nets et plus ou moins obtus ou aigus, les sillons semblables qui se trouvent entre le noyau, quel qu’il soit, que l’on examine et les noyaux qui l’avoisinent le plus, qui le louchaient en un mot, avant la production de 1a substance amorphe. Ces sillons limitent ainsi des masses ou corps de cellules , ordinairement d’une régularité parfaite, polyédriques aplatis à 4, 5, 6 ou 7 côtés, ayant pour centre un noyau. Quelquefois les sillons de segmentation ne se produisent pas entre deux noyaux, plus rapprochés les uns des autres qu’à l’ordinaire ou restés contigus. 11 en résulte alors une cellule un peu plus grande que celles qui l’entourent et pourvue de deux noyaux. 11 peut môme s’en former aussi et par le môme mécanisme qui ont 3, 4, 5 et môme 6 noyaux, lorsque la segmentation de la matière amorphe s’étend à des points où celle-ci no s’est pas accumulée régulièrement et en égale quantité entre tous les noyaux. On peut souvent, sur un môme cul-de-sac glandulaire ou sur un môme lambeau d’épithélium arraché, suivre toutes les phases du phénomène. On les observe depuis le point oit les cellules sont très nettement conformées, facilement séparables par suite de la

production complète des plans de division, jusqu’aux endroits où ces derniers sont bien indiqués, se rencontrent et se touchent également tout autour du noyau, mais où n’étant pas tracés profondément les cellules ne sont pas isolables facilement ou sans déchirure; cela fait qu’elles ne sont plus aussi régulières après leur isolement qu’auparavant. On suit enfin les phases de la segmentation jusqu’aux endroits où l’on voit les sillons qui, sans entourer de toutes parts certains noyaux, vont se perdre dans la substance homogène qui forme ainsi une couche ou membrane uniforme, plus ou moins étendue, d’épithéliums nucléaires maintenus réunis par cette matière amorphe finement granuleuse, non divisée ou segmentée encore, mais qui sera prochainement le siège de cette scission.

A la portion la plus profonde des couches épidermiques touchant le derme et la surface des papilles, on voit une rangée de ces noyaux généralement écartés d’une manière à peu près égale par cette matière amorphe d’aspect uniforme et ûnemeut granuleuse, qui semble en même temps les tenir réunis les uns aux autres. En examinant de leur superficie vers la profondeur ces couches épithéliales, on voit à leur surface même des cellules çpithéliales plus ou moins aplaties, bien délimitées et s’isolant avec assez de facilité, quoiqu’elles soient pressées les unes contre les autres. Sauf le cas où elles sont soudées en couche cornée, on arrive peu à peu à des points situés dans la profondeur, où entre les noyaux se produisent des sillons qui se rencontrent sous des angles aigus ou obtus, mais bien délimités, et partagent ainsi la substance amorphe en corps ou masses de cellules régulièrement polyédriques, ayant pour centre l’un des noyaux indiqués précédemment. A mesure qu’on suit les sillons plus avant vers la profondeur, on les voit, de moins en moins foncés, moins nettement prononcés, se perdre insensiblement dans la substance amorphe, uniformément granuleuse et interposée aux noyaux, substance sus-indiquée au sein de laquelle la segmentation n’est pas encore commencée.

On comprend facilement, d’après ce qui précède, comment il se fait que la juxtaposition de ces éléments reste immédiate, et

comment, par suite, leur adhésion d’une part et de l’autre la résistance des couches ou des masses qu’ils forment, restent proportionnelle au degré de consistance et de sécheresse des éléments anatomiques même, quant qu’ils viennent à durcir, avant d’avoir été séparés les uns des autres.

Cette génération graduelle et incessante, et de noyaux de matière amorphe à la surface des tubes glandulaires, et des membranes tégumentaires et séreuses ; puis cette segmentation amenant leur individualisation en cellules, et enfin ces modifications évolutives ultérieures amenant, suivant les cas, soit leur soudure, soit leur isolement les unes par rapport aux autres et leur chute, soit individuellement soit en groupes lamelleux (après avoir ou non subi préalablement une cohérence plus grande que dans le principe), ces phénomènes, disons-nous, font comprendre facilement aussi comment s’accomplissent la desquamation et la régénération incessantes des épithéliums; phénomènes connus sous le nom de mue.

Les plans de division de la segmentation qui amène l'individualisation des cellules deviennent, une fois cet acte achevé, les plans ou surfaces de contiguïté réciproque des cellules quand elles sont encore juxtaposées. Ils se montrent encore sur ces lignes de contact sous forme de sillons ou de lignes grisâtres, souvent très pèles, difficiles à voir sur l’animal vivant ou sur l’épithélium encore frais. Mais ils deviennent plus foncés, plus nets, quand les cellules se sont durcies et sont devenues plus granuleuses, par suite des premières modifications cadavériques qu’elles présentent après leur ablation ou apçès la mort de l’animal. Certains sels, comme l’acétate de plomb et surtout l’azotate d’argent, en se décomposant et se précipitant à la surface etdans l’épaisseur de ces cellules qu'ils colorent, donnent fi ces lignes (marquant les surfaces de contact réciproque des cellules) une plus grande épaisseur et une teinte foncée. Cet aspect artificiel a, par erreur, été décrit comme dû à la présence d'un ciment ( Kifftsubstanz ) intercellulaire, destiné ù unir les cellules entre elles, mais par des auteurs ne connaissant pas le mode de génération et d’individualisation des épithéliums. Jamais, du reste, on ne voit les cellules épithéliales

après leur individualisation par segmentation, qui les laisse en contact immédiat les unes avec les autres, être ensuite écartées les unes des autres par une substance différente de la leur même qui se produirait entre elles. Les lignes ou plans grisâtres indiquant la juxtaposition et la délimitation des cellules en même temps que les progrès de la segmentation, ces lignes, disons-nous, ne sont, pas plus ici que dans le blastoderme, dus à l’interposition aux cellules ou aux globes vitellins d’une matière particulière surajoutée qui les écarterait; comme dans l’ovule, l’aspect qu’ils donnent aux couches on aux amas de cellules est le résultat d’une division de substance avec coutiguïté des fragments, vus à l’aide de la lumière transmise.

Ce qui précède suffit pour montrer que l’une des erreurs de fait et de méthode des plus souvent commises et qu’il importe le plus d’éviter est celle qui consiste à confondre la naissance des éléments anatomiques, tels que les épithéliums, avec la sécrétion comme le font ceux qui, pour exprimer le fait de la genèse de ceux-là , parlent encore de la sécrétion des globules de pus, des cellules do l’épiderme, des ongles, des spermatozoïdes, des ovules, des éléments de tel ou tel tissu, etc. Il n’y a d'exsudé que les matériaux de leur production à la surface des tissus ou dans les interstices de leurs éléments anatomiques. A ce fait particulier, se rattachant à la nutrition, succède ou non, selon les cas, le fait de la naissance bien différent de la sécrétion. Des éléments une fois nés peuvent être entraînés par le liquide sécrété, comme des cellules épithéliales parle mucus, ou rester en suspension dans le fluide exsudé ou dans la portion de celui-ci qui n’a pas servi à la production des premiers, comme les leucocytes dans le pus ; mais le fait de la sécrétion du liquide et celui de la naissance plus ou moins rapide des éléments n’cu sont pas moins distincts, et il ne saurait y avoir sécrétion d’un élément anatomique tout formé, c’est-à-dire d’un corps solide quelconque.

Les faits pécédents concernant la genèse des noyaux d’épithélium et de la substance amorphe qui leur est interposée, puis l’individualisation de ces parties en cellules par segmentation de celle-ci, montrent com-

bic n est erronée l’hypothèse d'après laquelle les leucocytes ( globules blancs du sang et de la lymphe, globules du mucus, etc.) ne seraient pas une espèce particulière d’éléments anatomiques, mais des cellules épithéliales détachées des couches profondes du revêtement épithélial, avant leur complet développement. A aucune époque du reste de leur évolution, les cellules épithéliales, de quelque variété qu’elles soient, n’olTrcnt la structure des leucocytes, ni des réactions comparables à celles que ces dernières présentent au contact de l’eau, de l’ammoniaque, de l’acide acétique, etc.

Des épithéliums cellulaires. — Ainsi, au moment de leur individualisation, les cellules épithéliales se présentent toujours sous la forme d’un corpuscule polyédrique, finement grenu, grisâtre, plein, sans cavité distincte de la paroi ; corps ou cellules s’individualisant, se délimitant par segmentation intercalaire d’une couche de substance amorphe parsemée de petits noyaux pâles, dans laquelle les sillons ou plans de scission passent à peu près à égale distance de chaque noyau. Il est rare, mais non sans exemple, que ces plaus de division soient courbes de manière à limiter çà et là des cellules sphériques, à côté d’autres présentant nécessairement des faces concaves ; aussi est-ce à tort qu'on a dit que ces cellules épithéliales étaient primitivement sphériques pour devenir polyédriques par pression réciproque. Elles sont, nu contraire, plus régulièrement polyédriques au moment de leur individualisation qu’elles ne le seront jamais, et quand elles deviennent sphériques, c’est par suite, soit de changements évolutifs ultérieurs, soit de gonflement après leur isolement.

C’est ainsi, du reste, que s’individualisent toutes les cellules épithéliales quelconques, pour devenir, par les phases ultérieures do leur développement, lamellcuscs, sphériques ou prismatiques, sans que jamais, quand plus tard il s’y forme une cavité, la présence de celle-ci y soit primitive ; et cela par suite même de ce mode de délimitation de l’élément ayant forme de cellule. Le durcissement de sa superficie, la formation de sa cavité, sont toujours des faits consécutifs à l’individualisation de l’élément. L’apparition de cette cavité, quand elle a lieu.

est un phénomène d’évolution ou de développement, et non un fait degénératiou. La sécrétion de la matière sébacée en offre un exemple remarquable en montrant que cette cavité se creuse par une succession de modifications de la structure intime de la substance du corps même de la cellule, et par production dccertaius liquides graisseux ou autres au sein de la substance homogène et pleine qui s’est individualisée en corps de

cellule par segmentation internucléaire.

Dans ce cas, la paroi est alors formée par la substance azotée qui, avant, constituait le corps de la cellule; les contours indiquant ses faces interne et citerne sont bien marqués, et leur écartement mesure l’épaisseur de cette paroi; épaisseur d’autant plus grande que la cellule renferme un moindre nombre de gouttes graisseuses, etc. , qu’elle est moins distendue par elles.

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