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PREMIER CHAPITRE: PREMIERS TRAVAUX HISTOGÉNESIQUES

nique pour chaque tissu en particulier, après les avoir tracées pour l'organisme entier avec tant de hardiesse et une si belle simplicité, on serait pourtant obligé d'y reconnaitre le germe de toutes les recherches modernes, si les observations citées se rapportaient réellement aux parties élémentaires des tissus. Mais il n’en est rien malheureusement. Les grossissements, et c'est là une circonstance oubliée par les historiens, sont extrémement faibles. En effet, Dutrochet dit (n. 15, a, p. 165) que l’on ne doit pas se servir du microscope compose, mais du microscope simple, qui seul peut procurer une vision très-nette et trèsdistincte. « Cette supériorité du microscope simple sur le meilleur microscope composé est connue depuis longtemps; des lentilles de trois lignes à une ligne de foyer suffisent pour faire la plupart des observations qui vont étreexposées. » Comment l’auteur, avec un grossissement de 32 à96 fois, aurait-il pu voir les éléments du cerveau, des nerfs, des organes? Aussi, ne sont-ce que des fragments plus ou moins réguliers ou des lobules glandulaires, que Dutrochet à vus et ficurés (PI. I, fig. 5 à 15)

Dutrochet adopte aussi l'opinion de Prévost et Dumas sur la formation de la fibre musculaire, et se prononce comme Doœllinger, pour l'accroissement des tissus, «par une véritable intercalation des cellules toutes faites et d une extrème petitesse. J'ai vu plusieurs fois , ajoute l’auteur, les globules sanguins sortis du courant circulatoire, s'arrêter et se fixer dans le tissu organique : j'ai été témoin de ce phénomène, que j'étais loin de soupconner, en observant le mouvement du sang au microscope dans la queue fort transparente des jeunes tétards du crapaud accoucheur (p. 215)». En lisant avec attention la description de cette observation, on est bientôt convaincu que l'auteur na pu voir que des globules sanguins arrêtés dans les culs-de-sac des vaisseaux qui n'avaient pas encore atteint leur entier développement.

Cherchant enfin l'origine des vésicules elles-mêmes, Dutrochet se hasarde à supposer qu elles tirent leur origine des aliments : «Les substances alimentaires qui soni toutes des matières organiques, sont essentiellement composées de ces globules, et la digestion ne consiste probablement que dans leur dissociation, opérée par le menstrue stomacale.»

Ainsi, en résumé, Dutrochetest le premier qui ait appelé l'attention des physiologistes sur l’analogie de structure entre les deux classes du monde organique; mais ses observations, faites à l'aide des grossissements faibles, ne sont pas relatives aux véritables parties élémentaires,

Dans un mémoire écrit postérieurement (n° 16), Dutrochet s'occupe de la formation de la fibre musculaire. En soumettant à l’action de la pile voltaique de l'albumine, du jaune d’œuf étendu, de l’eau chargée de quelques gouttes de lait ou de sang, l'auteur a vu se former autour de chaque pôle un précipité sous forme d’une onde et lequel il croit composé de olobules (voir pl. E, fig. 14 à 17). Ces ondes s’accroissent progressivement sous l’action de la pile; sur la ligne de leur jonction, ilse forme instantanément un solide allongé (fig. 15 c, c,)«composé de globules agglomérés, comme le sont tous les solides organiques. » Le

0 1 2 {+ Q , c . D € N° 16. Durrocuer. Gazette médicale de Paris, 3 décembre 1832 ; suppl., ib., 1832, p. 32.

o PREMIÈRE PARTIE : HISTORIQUE.

solide est continuellement allongé par ces deux pointscc, jusqu'à ce qu'ilait joint les deux bords opposés de la goutte d’émulsion (fig. 16). «Cependant un autre phénomène et des plus curieux se présente à l'observation : ce solide se contracte comme une véritable fibre musculaire en se pliant en zig zag dans le sens de sa longueur. On voit le plus facilement la formation et le plissement de l'organe contractile (fig 17)sur le bord (fig. 16, mn) dela goutte d'émulsion.» L'état actuel des connaissances chimiques et histologiques rend inutile de prouver ici que ces prétendues fibres n'étaient autre chose que des particules albumineuses coagulées. L'auteur lui-même a regardé plus tard ce travail comme non avenu, en lui refusant une place dans ses mémoires (n. 15, b) cités.

Raspail (n° 17)fixe également l'attention des anatomistes sur le développement des tissus, en établissant d'abord une théorie d'histogénèse végétale (n. 17, a)et ensuite la théorie suivante d'histogénèse animale : « La molécule organique à l'instant de sa formation et réduite encore à sa plus simple expression chimique, résulte d'une association intime de l'hydrogène avec six fois son poids de carbone ; elle èst liquide et oléagineuse; dans l'eau et dans l'alcool, elle prend la forme sphérique, toutes les fois qu'elle s'y trouve en suspension; et cette forme se reproduit, à chaque degré que l'on pousse la subdivision de la molécule. Le noyau de cette sphère est toujours une sphère. Mais cette molécule jouit déjà de la faculté d'aspiration; elle absorbe les gaz qui lui font atmosphère dans l'air atmosphérique, surtout l'oxygène dans une progression constante. À cette époque, la molécule prend les caractères et les propriétés de la molécule organisatrice, de la gomme, supposée à son plus grand état de pureté; en même temps, elle tend à se combiner de jour en jour avec des bases inorganiques ; et une fois que cette combinaison est devenue intime, la sphère se compose : 1° d’une enveloppe vésiculaire perméable à certains gaz et à certains liquides, susceptible de se développer et de croître; et 2° d'un liquide qui continue à s organiser dans son sein. La vésicule est alors un organe doué de vie et de la faculté de se reproduire à l'infini, en organisant, d'après son type, le liquide qui la remplit et l’anime » (n° 17, 4, IIL, p. 667.

« L'amidon, parmi, les végétaux, et le globule adipeux dans les animaux, ont transformé cette théorie en une réalité incontestable. Chacun de ces globules croit et agrandit son périmètre parallèlement à l'accroissement de l'individu dont il forme l’une des innombrables fractions. À mesure que les globules permettaient de lire dans son intérieur, on a les indices les plus évidents de la formation progressive des vésicules secondaires, dans le sein de la vésicule principale ; la vésicule se reproduisait par le même mécanisme que l'avait produite l'organe vésiculaire qui la renferme. En même temps nous avons reconnu que chacune de ces vésicules tient à tous les âges, par un point de la surface, par un hile, à la paroi de la vésicule qui la contient et qui lui a donné naissance, comme l’ovule végétal tient par un hile à la paroi de l'ovaire. »

« Toutes les fois qu'on a sous les yeux les parois d'une cellule simple, à l'état

N° 17. Raspair. a. Nouveau systéme de physiologie végétale et de botanique. Paris, 1857 2 vol. b. Nouveau système de chimie organique. 2° édit. Paris 1838. 3 vol.

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