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PREMIER CHAPITRE : PREMIERS TRAVAUX HISTOGÉNESIQUES

frais, 1l est impossible à quelque grossissement que ce soit, d'y découvrir la moindre structure; quoique l’analogie porte à admettre que ces membranes si simples en apparence, sont composées de globules primitives, rangés en spirale autour de l'axe idéal de la cellule. Cependant il n'en est pas moins juste de déclarer que nos moyens d'observation sont impuissants pour nous faire aborder l’atome organique » (n. 17, bptodlopia20)

En effet, continue l’auteur {n. 17, b, t. IIT, p.669), observons «une cellule a, incluse encore dans la cellule maternelle à, à la paroi de laquelle elle tient par son hile; si nous redescendons en suivant la progression de son développement nous arrivons à nous représenter chaque globule a comme incrusté dans la paroi de la cellule maternelle b, et en définitif comme formant un élément globulaire du tissu de la cellule qui devait l'engendrer. Mais alors il faut admettre, de toute nécessité, que la paroiï, qui est homogène de la cellule maternelle , se compose de globules de même nature et de même aptitude au développement. Nous pouvons donc concevoir une cellule comme formée et pour ainsi dire percée par des globules se touchant tous par six points de leur équateur, et dont l'axe se confond avec le rayon de la sphère dont leur réunion dessine l'enveloppe. Ces globules sont tous égaux, tous doués d’une égale aptitude au développement. Et pourtant, il arrive que tous ne se développent pas. Il faut donc que, pour se développer, ils reçoivent une impulsion étrangère qui toutefois suit dans sa marche un ordre constant, régulier. »

Pour le règne végétal, l'auteur croit (n° 17, a, I, $ 716) que ces globules se développent lorsqu'ils se trouvent aux points d’intersection de deux spires, marchant en sens inverse l'une de l’autre. Raspail (n° 17, b, t. HI, p.671) dit avoir trouve « dans la cellule animale la présence du même système spiral. L’analogie nous indique que, dans la cellule animale , qui fonctionne en tout point et se développe comme la cellule végétale, la spire joue le même rôle; qu'elle y est la cause efficiente de la symétrie des formations organisées et l'agent générateur des organes rudimentaires; en un mot, que le mystère de la fécondation s’y accomplit à chaque rencontre de deux spires de direction contraire, et que le mystère de la génération s'opère sur chaque globule élémentaire qui se trouve à la hauteur du point de rencontre des deux spires.

« Chacune de ces spires ne nous parait simple que par son exiguité; mais l'analogie indique suffisamment qu'elles jouissent de la structure vésiculaire des cellules allongées, que l'on a si longtemps désignées dans les plantes sous le nom impropre de vaisseaux. Or, nous voyons ces prétendus vaisseaux remplis de matière colorante, saboucher partout où ils se rencontrent, et produire par leurs accouplements ces anastomoses saillantes qui forment les nervures et le réseau des feuilles. Chez les animaux, nous retrouvons l'analogue de cet appareil dans le système nerveux, dont les prolongements, organisés sur le type des cellules allongées, s'accouplent aussi à leur rencontre, et produisent des anastomoses et un ganglion à leur point d'accouplement. Chez les végétaux, nul développement n’a lieu qu à la rencontre de deux nervures au moins; chez les animaux, nul développement n'a lieu qu à la rencontre de deux pro-

longements nerveux. De même que dans tout organe végétal, il existe un TOME 11. 3

centre nerveux, une nervure allongée qui est le point de départ de tous les développements, la pierre angulaire de la charpente, le centre générateur de toute la symétrie; de même, chez les animaux, nous découvrons, dans la masse encéphalique et son prolongement spinal plus ou moins développé, la nervure médiane de l'individu, le centre primitif et préexistant de tout développement organisé; et ce qui rend l’analogie encore plus piquante, c'est que la spiralité de la structure de ses éléments se manifeste par l’entrecroisement apparent des fibres de sa substance, et surtout par l'alternance de l’action de ses diverses parties; l'affection, par exemple, du lobe gauche du cerveau ou du cervelet se reportant sur le côté droit du corps, et vice versd, résultat que la spiralité dans la structure explique avec un rare bonheur. Nous avons donc retrouvé, dans la cellule animale, tous les éléments organisateurs de la cellule végétale; et la théorie spiro-vésiculaire est également susceptible de s'appliquer à l’un et à l'autre règne. » |

En partant de ces idées, Raspail explique ensuite le développement des organes dans l'embryon, mais aucune observation histogénésique ne se trouve mentionnée dans cet exposé. Nous n'avons pas à nous occuper ici de l'organogénie; nous pouvons par conséquent passer sous silence les déductions établies par l'auteur. Quant à la théorie elle-même, en ce qui concerne le développement de la cellule, nous verrons par la suite que le Axle de l'auteur est le royau cellulaire signalé par Robert Brown en 1631; la structure globuleuse de la membrane cellulaire, l'existence des spires dans l'intérieur des cellules et Le développement des globules à l'encontre des deux spires sont des idées purement hypothétiques, qui ne reposent sur aucune donnée exacte. Si, d'un autre côté, des observateurs ont prouvé plus tard le développement des cellules dans l'intérieur des cellules mères, en étudiant le développement des tissus, il faut se rappeler que ces dernières études n'avaient été jamais faites par Raspail, qui s est servi de quelques lentilles simples, appelées pompeusement microscope de Raspail.

Ajoutons encore quelques mots sur les idées de Raspail, touchant le développement et l'accroissement des substances organisées. « Certaines substances, dit l’auteur (n. 17,0,1.1, p. 402), sont des organes vésiculaires, qui croissent et enfantent dans leur sein d'autres organes de même structure et de même aptitude, et cela par un mécanisme qui est susceptible de se reproduire simultanément et à l'infini. D'un autre côté, la cristallographie constate que le gaz acide carbonique et l'eau, en s'unissant à une base terreuse sous forme cristalline, ne s'accroit en surface qu à l'aide de Juxtapositions successives et bout à bout, que l'instrument tranchant peut isoler; tandis que les fractions des organes ne sont susceptibles de l'être que par le déchirement. L'organisation est une cristallisation vésiculaire. » Nous avons ici et précédemment cité Les expressions textuelles de l’auteur, pour bien démontrer que, si les paroles de Raspail indiquent une certaine analogie de ces idées avec les théories modernes, aucun fait pourtant ne sy trouve consigné qui ait rapport à une étude générale du développement des tissus. |

Tandis que ces travaux étaient publiés en France, un observateur italien,

PREMIER CHAPITRE: PREMIERS TRAVAUX HISTOGÉNÉSIQUES. 11 Rotando (n° 18) faisait de son côté des recherches sur l’analogie non seulement de structure, mais de développement des tissus appartenant aux deux règnes organisés. L'imperfection des instruments et l'état peu avancé des connais. sances histologiques à cette époque furent causes que l'auteur n arriva en général qu’à des résultats inexacts et peu précis. Voici les principales conclusions de son travail: « Quelques éléments destinés à former les substances organiques commencent par prendre la forme globulaire; ces globules ont un diamètre de o,oo1 mill. (mucédinées) jusqu'à 0,01 (globules du sang de la grenouille). : Ainsi l'auteur prend les globules du sang de la grenouille pour des éléments primitifs, ce qui suppose qu'il n’a pas connu le noyau de ces derniers, ou qu'il n’en a pas tenu compte. « En se réunissant, ces globules forment des pellicules ou des tissus globulaires, dans lesquels se forment nécessairement des vaisseaux. Cette disposition est appelée la globuleuse-vasculaire. Les globules se disposent en aréoles de 0,02 à 0,01 de ligne (petales de rose), dans les êtres doués d’une organisation un peu plus élévée. L'assemblage de ces aréoles donne naissance aux capillaires et aux réseaux qui ensemble, avec les espaces vides laissées par les globules, présentent véritablement le tissu spongieux le plus manifeste. Les extrémités assez grosses des artères et des veines se divisent, à un point donné, en membranes capillaires, et démontrent comment ceux-ci peuvent se continuer avec des vaisseaux encore plus tenus, et former divers tissus ou couches vasculaires. À l'aide de ces connaissances, on peut expliquer les phénomènes qui donnent naissance à de nouvelles membranes, et particulièrement le travail morbide dans lequel se reproduit le tissu globuleux-vasculaire. On peut également expliquer comment, par le travail organique, se forment beaucoup de tissus (épiderme, ongles, etc.) dans lesquels plus tard on ne peut plus distinguer aucune propriété organique. Il résulte également que le tissu cellulaire , premier rudiment de tous les corps vivants, peut se trouver à l’état globuleux-vasculaire et aréo-vasculaire, et finalement présenter cette disposition unie à des vaisseaux plus manifestes, qui se présentent sous forme de petits réseaux ou de petites extrémités artérielles ou veineuses. Les artères et les veines se présentent primitivement sous forme de troncs composés de réseaux allongés comme on le voit dans les nervures des feuilles, et se transforment postérieurement en rameaux artériels ou veineux, comme on peut le voir trèsdistinctement dans l'alantoïide du poulet. » Il serait inutile de démontrer en détail l'inexactitude de ces recherches.

Wagner (n° 19) ne s'occupe nullement de l’analogie qui pourrait exister dans le développement des plantes et des animaux ; mais il a fait quelques observations touchant l'histologie de l'embryon. Nous les citons ici en entier, pour mieux faire comprendre toute la révolution qui fut introduite dans les

recherches histogénésiques par le travail de Schwann. Voici comment s’exprime Wagner :

0 . a ° pe . TE LS : : : : Nr N° 18. Roranpo. Del passagio dei fluidi allo stato di solidi organisi ossia formazione dei tessuti vegetabili ad

‘mimali, dei vasie del cuore. (Lu le 29 juin 1829). Mém. de Turin. Tome XXXV.

N° 19. Burnacu. Traité de physiologie. (Tome 5. Berlin. 1835). Trad. par A.-J.-L. Jourdan. Paris. 1837. $S 799. Addition de Wacner.

« J'ignore si la masse dont se forme l'embryon, et à laquelle on ne peut imposer de nom qui lui convienne mieux que celui de matière animale grenue, ou de substance plastique, est la même chose que la substance grenue dont sont formés les animaux inférieurs, mous et gélatineux , comme les polypes et les méduses; mais, ce qu'il y a de certain, c'est que ces substances animales ont beaucoup d'analogie l’une avec l’autre; seulement les granulations de celle de l'embryon me paraissent être plus uniformes sous le point de vue du volume. Treviranus avait déjà dit de l'hydre que son corps entier se compose uniquement de globules, unis en une masse analogue à de la gelée, et il a même figuré un lambeau de tentacule. Je trouve également la masse du corps constituée par des globules arrondis, dont le diamètre varie d’un trois-centième à un six-centième de ligne, et qu'il est difficile d’écraser. J'ai aperçu aussi, dans la substance du Æhizostoma Cuviert, une multitude de granulations ayant depuis un deuxcentième jusqu à un trois-centième de ligne. |

L'embryon d'oiseau âgé de quarante-huit heures consiste en une masse de petits grains, qui ressemblent absolument au contenu des globules vitellins ; car, lorsqu'on écrase ces derniers, on aperçoit une foule de petits globules ayant environ 0,001 de ligne de diamètre et au dessous; 1l semble donc que la masse de l'embryon soit formée immédiatement par la masse vitelline à petits grains. Les jours suivants, comme il a été dit, toutes les parties consistent en cette masse grenue, de laquelle ne tardent pas à se développer, en très grand nombre, des grains plus volumineux qui s'accumulent principalement sur certains points. Dans l'embryon de huit jours, les granulations varient de volume; la plupart d’entre elles sont plus petites que des globules du sang, mais leur bord n'est point aussi nettement dessiné. Çà et là aussi, J'ai remarqué, parmila masse grenue, un tissu fibreux ou strié. Le canal de la moëlle épinière ressemble à un tissu plein de granulations, dont le volume tantôt égale celui des globules du sang, et tantôt est de moitié plus petit. La même chose a lieu pour la masse des lames vertébrales.

« Dans un embryon âgé de douze jours, la substance du cerveau et fréquemment aussi le reste de la masse du corps, était composée de granulations oblongues, qui se terminaient par des filaments à leurs deux extrémités, ou paraissaient comme articulées. Je n'ai trouvé aucune trace de fibres musculaires dans le cœur, qui m'a présenté la même substance grenue que l’embryon entier. Il n'y avait encore nulle part de substance musculaire formée. Dans l'embryon du dix-septième jour, qui avait déjà des plumes très saillantes, J'a1 reconnu, si je ne me suis pas trompé, la formation du muscle pectoral d'une mamière fort intéressante. On apercoit distinctement la substance plastique grenue, avec ses granulations de 17300 de ligne environ, entre lesquelles se remarquent des fibres longues, de couleur obscure, très déliées et ayant jusqu à 0,001 de ligne de diamètre; ces fibres m'ont paru parfaitement homogènes et jamais articulées ; souvent il y en avait trois, quatre ou cinq ensemble, sans qu'elles fussent réunies en faisceaux musculaire, ce qui était cause que je n'apercevais pas non plus la moindre trace des rides transversales. Il paraitrait donc que les fibres primitives des muscles paraissent au milieu du tissu grenu, et quelles les re-

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foulent peu à peu, absolument comme le font les productions morbides à l'égard des tissus dans lesquelles elles se développent.

«Le cristallin se forme de très bonne heure; dès le cinquième jour, son tissu est déjà parfaitement transparent, homogène et sans nulle apparence de granulations. Au troisième jour, époque à laquelle on decouvre déjà l'œil, je nai point encore vu de pigment noir; mais le cinquième Jour, jen ai découvert des grains épars et extrêmement fins, dont le nombre allait toujours en croissant; ces molécules pulvérulentes ne se réunissaient que fort tard en grains d'un certain volume. Au dix-neuvième jour, j'ai vu les nerfs du plexus brachial formés de tubes rempli de moëlle, comme chez l'adulte; seulement ces tubes m'ont paru plus grèles, ce qui, du reste, pourrait bien être une erreur d'observation. Il est certain que la masse grenue de l'embryon a de l’analogie avec le tissu spongsieux de la substance glandulaire et des villosités intestinales ; mais cette dernière parait être plus homogène, plus poreuse et composée de grains plus petits.»

Dans ses premières recherches d’histogénèse, ’alentin (n° 20) affirme que la masse primordiale de tous les tissus est constituée par des granules particuliers qui se trouvent dans une gélatine transparente. Il indique la différence de ces sranules dans les feuillets séreux et muqueux, à l'époque où ceux-ci se séparent dans le blastoderme. Dans le feuillet vasculaire, il trouve (n° 20, p. 287)» des gros globules de 0,001013 pouces de Paris, parfaitement transparents et tellement serrés, qu'ils s'aplatissent mutuellement et présentent, comme le tissu cellulaire végétal, des héxagones réguliers.» En s'occupant de l'ossification des cartilages du labyrinthe chez les tétards, Valentin rapporte les observations suivantes : « Le moded'ossification de ces cartilages diffère de celui des autres tissus analogues. À la place des corpuscules osseux on observa des grands corpuscules d’une forme peu déterminée, arrondis, sémilunaires , tétraédriques, polyédriques et pourvus de contours linéaires: leur diamètre moyen est de 0,000405 à 0,000650 pouces de Paris (ce sont probablement des corpuscules cartilagineux qui, à cette époque, étaient encore inconnus à l’auteur). Par le procédé de l'ossification, la partie qui s'ossifie ou qui vient d’être ossifiée, se compose d’un tissu formé de prismes élégants, ayant presque l'aspect du tissu cellulaire végétale et dans lesquels existent des granules dont le diamètre est de 0,000152 pouces de Paris environ. Ces derniers éléments ont été observés par moi et par Purkinje, en outre dans les cartilages des tétards, principalement dans les bronches, il ÿ a quelque temps (n° 20, p. 209, 210).» Partout ici, on le voit, s'il est question de tissus végétaux, ce n'est que pour rappeler vaguement une analogie quelconque, pour donner une image au lecteur, mais on n y trouve pas une étude suivie de ces éléments.

Ailleurs (n° 20, p. 157), en s'occupant de la corde dorsale de jeunes animaux, Valentin s'exprime ainsi : « Nous demandons quelle est la valeur de l'enveloppe

transparente, vitrée etsolide qui entoure la corde dorsale et qui, d’après nos ob-

N° 20. VazenTiN. Handbuch der Entwickelungsgeschichte des Menschen, mit vergleichender Ruecksicht der Entwickelung der Saeugethiere und Voegel. Berlin. 1835. | TOME Il. Â

servations, se transforme en colonne vertébrale? Quoique laspect externe de la corde dorsale offre manifestement une certaine analogie avec les cartilages, l'examen microscopique de leur structure pourtant prouve assurément le contraire. Partout où cette corde dorsale existe, elle se compose d'une enveloppe externe, uniforme, complétement transparente et de globes plus ou moins grands, très-nombreux et serrés les uns contre lesautres. Une masse gélatineuse, parfaitement transparente existe dans les intervalles. Ces globes ont les diamètres les plus considérables chez les poissons et les amphibies ; ils sont plus petits chez les oiseaux et moins grands encore chez les mammifères, » Ainsi, nulle part il nest question des cellules, et l’auteur a même méconnu le caractère cartilagineux de ce tissu ; mais plus tard,averti par les recherches de Muller, dont nous allons parler tout à l'heure, l’auteur affirme avoir observé la corde dorsale « chez un fœtus de cochon long de 8 lignes, sous forme d'un faisceau épais entouré de vertèbres cartilagineuses, et que, d’après ses recherches, la structure intime de cette corde est essentiellement identique dans les embryons des mammifères, des oiseaux et des amphibies avec celle des tissus analogues permanents des poissons cartilagineux (n° 21, p. 107).» Nous avons cité textuellement ces passages pour bien faire connaitre toute la différence qui existe entre ces observations de Valentin et celles que Schwann publia plus tard sur le développement des tissus cartilagineux.

À peu près à la même époque, J. Müller (n° 22, p. 74) fit connaitre d’une manière détaillée et d'apres les observations qui lui sont propres, la structure cellulaire de la corde dorsale des poissons. La partie gélatineuse qui forme la portion centrale de la colonne vertébrale des cyclostomes et la corde dorsale des embryons des animaux supérieurs sont, d'après cet auteur, composés de cellules transparentes, analogues aux cellules des plantes (Comp. le [* vol., 2° série, p. 112). Ce fut là le point de départ des recherches ultérieures de Schwann, dont nous nous occuperons plus tard (Chap. IT).

Purkinje et Raschkow (n° 23, p. 12, $ 35) fixent leur attention sur le développement des éléments de l'épithélium et indiquent clairement l'analogie entre ces élémentset ceux des végétaux : « In primis evolutionis periodis, (quantum in animalibus quibusdam, vitulo, sue, cane, adspicere licebat) epitelii stratum sequentium periodorum respectu, multo crassius est quam postea. Squammulæ ejus nondum ita conformatæ sunt, ut inilla periodo, quæ partui præcedit, sed parenchyma plantarum cellulis simillimum ostendunt, cum quæque squamella, quæ postea talis apparet, tunc temporis tamquam cellula polyedrica e membrana tenacissima constans globosamque guttulam continens in conspectum veniat. Pressu applicato, rumpebantur istæ cellulæ, atque lymphaticum liquorem effundebant. Quæ cellulæ, procedente evolutione, verisimile complanatæ, in illas polyedricas squammas mutantur. »

N° 21. VALENTIN. Reperlorium fuer anatomie und physiologie. Vol. I. Berlin. 1836-37.

N° °2. Murcer. Vergleichende Anatomie der Myxinoïden , der Cyclostomen mit durchbohrtem Gaumen. 1° partie. OsTÉOLOGiE et MyoLocir. Berlin. 1835. (Extrait des mémoires de l’Acad. de Berlin pour 1834. Berlin. 1836).

N° 23. Rascakow. Meletemata circa mammalium dentium evolutionem. These. Breslaw. 1835.

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Les botanistes avaient désigné depuis la découverte de À. Brown, à l’intérieur des cellules végétales, un corps plus compact et plus obscur sous le nom de noyau; c'est cet élément qui a été nommé par les auteurs, cités en dernier lieu, guttula globosa. Valentin, s'occupant également des épithéliums, lui donna le nom de noyau, et établit ainsi distinctement sa manière d'envisager ces éléments. L'auteur (n° 24, p. 06) parle d'un noyau dans l'epithelium simplex lamelosum (epithélium en pavé), tandis qu'il doute de sa présence dans l’epithelium compositum cellulosum , qui probablement n’est autre chose que l'épithélium en cylindres vu d'en haut. Valentin signale également (n° 24, p. 127), dans les corpuscules ganglionaires, un noyau (nucléus) et un autre noyau plus petit, renfermé dans le premier. Ce second petit noyau, qui plus tard fut appelé nucléole par Schleiden (n°25), a été également indiqué par Valentin ( n° 21, p.143) dans l'épithélium de la conjonctive qu'il décrit en ces termes: « [1 se compose de cellules rhomboïdales ou carrées, arrondies, serrées les unes contre les autres; leurs contours sont formés par des lignes simples, filiformes. Leur paroi est claire et transparente... Dans chaque cellule, sans exception, existe un nucléus un peu plus opaque et compacte, de forme ronde ou allongée. IL occupe en général le centre de la cellule, se compose d’une substance finement sranuleuse et renferme dans son intérieur un corpuscule parfaitement arrondi, qui par conséquent forme à son intérieur une espèce de second nucléus. » En décrivant l'épiderme du protée (n° 21, p. 284). Valentin le dit composé exactetement des mêmes éléments que l’épithélium de la conjonctive, et il signale même dans chaque élément une paroi distincte de la cavité centrale. L'étude ultérieure des épithéliums, poursuivie surtout par Âenle (n° 26, 27), a eu pour résultat de mieux faire ressortir encore ces analogies avec le tissu cellulaire des plantes.

Sur une autre espèce d'épithélium, le pigment, /’alentin avait encore poussé plus loin ses recherches. Il observa (n° 20, p. 194) qu'il se forment à la choroide, d'abord des petits corpuscules transparents, incolores, qu'ils se déposent plus tard à leur périphérie des molécules de pigment qui finissent par recouvrir entièrement les vésicules primitives. Les éléments parfaitement développés sont, dit Ÿ’alentin (n° 28, p. 245), des pentagones et des hexagones, « placés les uns à côté des autres, comme les cellules du tissu cellulaire parenchymateux des végétaux. »

Ainsi, à l'époque où nous sommes arrivés, les observations de Purkinje et Raschkow, de Valentin et de Henle avaient démontré une certaine analogie en- | tre les cellules de l’épithélium et les cellules végétales : dans ces deux espèces d'éléments, on distinguait également une membrane cellulaire , un contenu et un noyau renfermant lui-même un second noyau plus

N° 24. VaLentiN. Uiber den Verlaufund die letzten Enden der N erfen. (Nova acta Acad. Caes. Leop. Carol.

Nat. Cur. Vol. XVIIL. P. 1).

N° 25. Scuzeinen. Archives de Müller. 1838.

N° 26. HENLE. Symbolæ ad anat. vill. intest. Berlin. 1037. N° 27. Henzc. Archives de Müller. 1838.

N° 28. VaLenrin, Repertorium. D, pe 240:

petit. Cette analogie était surtout manifeste dans l'épithélium en voie de développement et avait été également indiquée par J. Müller, pour la corde dorsale. Toutes ces observations sont remarquables, car il s'attache un grand intérêt à savoir jusqu à quel point les tissus animaux en voie de dé. veloppement présentent de l’analogie avec les tissus végétaux. En effet, dans le règne végétal, 1l est permis de poursuivre le développement de chaque élément, depuis sa première apparition jusqu'à sa perfection, et de ramener ainsi les éléments les plus compliqués à quelques formes primitives, dont ils ont pris naissance. On explique ainsi les configurations des éléments les plus variés par la transformation déterminée pour chaque espèce de cellules. S'il était permis de reconnaitre dans les tissus embryonnaires des animaux des éléments analogues aux cellules primitives des plantes, on pourrait donc aussi espérer expliquer les formes des éléments parfaitement développés par la transformation des éléments embryonnaires. C'est sans doute cette idée qui guidait, d’une manière plus ou moins claire, les observateurs depuis Dutrochet dans leurs observations, lorsqu ils cherchaient l'analogie qui existait entre les deux règnes organiques, [ls furent poussés, en outre, par cette tendance particulière de l’esprit humain, dont nous avons parléaucommencement de ce chapitre, par cette tendance de ramener toujours les différentes formes de la création à un petit nombre de parties primitives simples, et d'examiner ensuite l'origine de ces parties primitives elles-mêmes. Ainsi non content de connaitre la structure élémentaire de la fibre musculaire, des nerfs, du tissu cellulaire, etc., on désirait connaitre encore l'origine de ces parties. On espérait y arriver par l'étude comparative des tissus animaux et végétaux, l'étude histogénésique de ces derniers étant plus facile et moins compliquée.

Mais là ne devait pas s'arrêter l'esprit investigateur des observateurs ; bientôt on voulut également connaitre l'origine des premiers éléments, à savoir des cellules signalées dans l'épithélium et le cartilage. Nous avons déjà cité les observations de Valentin, concernant le pigment, dans lesquelles a été établie la préexistence du noyau (la vésicule pigmentaire) et la croissance graduelle de la cellule autour de ce noyau. Schultz avait avancé des opinions analogues pour le développement des corpuscules du sang, À. Wagner pour l'œuf, Vogel et Henle pour les éléments de l’épiderme. La formation de jeunes cellules dans les anciennes avait été observée par Quatrefages (n° 209) et Dumorter (n° 30), sur les embryons des lymnées.

Nous aurons occasion de revenir sur ces observations isolées dans l'histogénèse spéciale des tissus : maintenant nous avons hâte d'arriver au travail d'ensemble publié par Schwann, car ce fut cet auteur qui le premier avança la proposition que les cellules à noyau sont la base de toute formation animale, comme elles le sont pour les tissus végétaux. Mais avant d'exposer ces recherches, il ne sera pas sans utilité de jetter un coup-d'œ1l sur les observations concernant l'histogénèse végétale.

N° 29. Quarreraces. Annales des sciences naturelles. 2° série, t.Îf, p. 114. N° 30. Dumortier. Annales des sciences naturelles. 2° série, t. VIIL p. 129.

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