‹ Anatomie microscopiqueChapitre 12 sur 144 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

HISTOGÉNÈSE VÉGÉTALE ".

PLANCHE II

Rien n’est plus obscur, rien n'est plus sujet a controverse que tout ce qui se rattache au développement de la cellule végétale; chaque observateur se croit en droit d'exposer une théorie à l'aide de laquelle il explique la formation des tissus élémentaires, théorie souvent en désaccord complet avec celle d'autrui, et qui trop souvent se trouve discutée à son tour au moment méme de son apparition. Aujourd'hui la science en possède quatre, entre lesquelles tout observateur consciencieux peut hésiter. Elles portent le nom de leurs auteurs, et ont été établies par MM. de Mirbel, Mohl, Schleiden, Harting, etc. Nousallons chercher à les exposer brièvement. Dans un travail de ce genre, l'erreur est si près de la vérité, qu'on ne saurait se montrer trop circonspect. Avant d'entreprendre cet exposé, J'ai besoin de rappeler en peu de mots, la composition du tissu élémentaire des végétaux. Les utricules végétales, fibres ou vaisseaux, à l'époque de leur entier développement, sont formés de deux membranes plus ou moins intimement juxta-posées; en d'autres termes, de deux sacs renfermés l’un dans l’autre et de composition chimique différente, et qui, sous l'influence, soit des acides, soit de l’eau bouillante, se séparent l'un de l’autre. C'est entre ces deux sacs ou entre ces deux utricules que se déposent les diverses substances (ligneux, etc.) qui donnent aux tissus élémentaires la dureté qu'ils présentent. Le sac interne a recu de M. Mobhl le nom de utricule primordiale ou, d'après M. de Mirbel, celle de utricule ancienne, puisque son organisation devance celle du sac externe qui la contient. Les questions qui s’agitent aujourd hui ont pour but, de déterminer si ces utricules procèdent d’un corpuscule primodial (rucleus), ou si l'utricule interne est formée au dépens d'un fluide muqueux-granuleux auquel on donne le nom de Cambium, qui, sous l’influence d'une force organisatrice se creuserait de vacuoles dont les parois constitueraient plus tard, en se consolidant, les utricules proprement dites. Il est, à mon avis, de toute évidence que les utricules ne s'organisent point toutes de la même manière, et que dans une foule de végétaux, le tissu utriculaire ne présente Jamais de nucléus, lors même qu'on remonte à son premier état d'organisation. Les observations de M. de Mirbel, celles de M. Hugo Mohl en font loi et ne laissent aucun doute à ce sujet.

Pour M. de Mirbel, la cellule procède d'un fluide muqueux auquel il donne le nom de cambium; ce fluide muqueux renferme un nombre considérable

* M. Decaisne a bien voulu se charger de l’exposé de ses recherches, auxquelles il a pris lui même depuis long temps une part très active.

Page 1