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TOME l1I. S

de granules; il précède toute organisation et passe de l'état amorphe, et par degré insensible, à l’état de tissu utriculaire continu, quise disloque plus tard et se montre sous forme d'utricules distinctes; chaque cellule s'étend et s'arrondit si elle est libre dans l’espace, ou devient polyédrique, si elle est arrêtée dans sa croissance, par la résistance des utricules voisines. Ces cellules sphériques et contigués, laissent entre elles des espaces vides que les phytologistes nomment des méats. Chaque utricule est unie à l'utricule voisine par l'intermédiaire d'un fluide muqueux, qui a servi à leur formation; ainsi le cambium contenu dans les utricules, celui qui en a formé les parois, celui qui se loge dans les méats, est identique. Cependant il s'évanouit quelquefois après son apparition, et ne laisse aucune trace de son existence éphémère; d’autres fois ses cellules se séparent et s'égrènent en sphérioles qui n'ont qu'une courte durée, et qui finissent par disparaitre à leur tour (n° 31).

Plus tard (n° 32), M. de Mirbel a ajouté quelques observations à cette manière de voir, très-générale suivant lui; l'étude du cambium lui à fait reconnaitre, dans ce liquide muqueux, une organisation particulière. En effet, dans les parties en voie de formation des tiges du Dracæna, il a vu cà et là de petits espaces vagues et nébuleux où s’accumulent confusément des granules d'une extréme ténuité, auxquels il donne le nom de phytospermes. À ce chaos microscopique succède bientôt l’ordre et la symétrie; les phytospermes se meuvent, s'agitent, se rencontrent, s'ajustent ensemble comme s'ils étaient animés, et d'après M. de Mirbel, bätissent en commun des utricules régulières, qui ne différent de celles qu'on voit ordinairement, que parce que leurs parois sont mamelonées. Peu après, les mamelons que forment les phytospermes s'effacent, la membrane utriculaire devient tissu ; rien ne [la distingue de celles des autres utricules, puis elles se doublent par un enduit de cambium, et on à ainsi sous les yeux, une utricule à double paroi.

« Jem'attends, dit M. de Mirbel, qu on me demandera à quelle cause j'attribue les mouvements des phytospermes, et comment il se fait que ces granules s'agencent entre eux comme le pourraient faire des êtres doués d'intelligence?… Je ferai remarquer que la nutrition ne peut s opérer sans mouvements internes, lesquels réagissent à l'extérieur, que c'est particulièrement à cette cause que Jje suis tenté d'attribuer l'agitation des phytospermes. Que l'on me propose une meilleure explication du phénomène, je n'hésiterai pas à l’accepter. »

Un mode de formation de jeune tissu utriculaire qui parait au moins aussi curieux que le précédent, a été observé encore par M. de Mirbel (n° 33). Les jeunes utricules, au lieu de naître sousla paroi des anciennes, naissent par-dessus, de telle sorte que chaque ancienne utricule se trouve emprisonnée tout à coup dans une des utricules du nouveau tissu ; et l'union des utricules de ce nouveau tissu est si intime en ce premier àge, queles portions contigués des deux parois, appartenant à deux utricules voisines, semblent n'être formés que d'une seule et même membrane, indivisible à moins de déchirements.

N° 31. Marmez. Nouvelles notes sur le cambium. Mém. Acad. sc. T. 18. N° 32. Mireez. Recherch. anat. et phys. Ann. des sc. nat. 1845. N° 33. Murser. Ann. fanc. et étrang. d’anat. et de physiol. Vol. E, p. 169. 1837.

HISTOGÉNÈSE VÉGÉTALE. 19

J'ai pris à dessein les diverses opinions émises par M. de Mirbel, parcequ'elles sont en harmonie avec celles des autres phytotomistes. Qui ne reconnaitrait, en effet, dans l’utricule ancienne et emprisonnée par une nouvelle, l’utricule primordiale de M. Mohl? qui ne voit dans le cambium déposé entre les méats, la substance intercellulaire sur la nature de laquelle roule aujourd'hui les discussions de MM. Harting et Mohl?

Ce fluide muqueux (cambium) se rencontre partout où le tissu esten voie de formation; MM. de Mirbel et Mohl l'ont vu précéder toujours, dans les végétaux supérieurs,leurs premiers linéaments; ils croient, de plus, que c'est lui qui fournit les matériaux pour la formation du nucléus et de l’utricule primordiale; de là lenom de protoplasma donné par M. Mohl, et qui indique ses fonctions éminemment organisatrices. En effet, les rapports de position du protoplasma avant le nucléus, la forme et la situation de celui-ci lui ont toujours paru autres que ne les a indiqués M. Schleiden. Mais c'est à l'égard des végétaux inférieurs que la théorie de ce savant éprouve de graves atteintes. Comment admettre que les granules de chromule qui se séparent d'un tube de Conserve, et qui vont constituer un nouvel individu utriculaire, puissent renfermer eux-même un nucléus?

D'après la théorie de Schleiden (n° 34), la cellule procède au contraire du cytoblasse qui s'engendre dans le cytoblastème par une accumulation de particules muqueuses. La cellule s'accroit progressivement, et le nucléus ou cytoblaste reste adhérent à sa paroi interne, ou se trouve compris entre le replis de la membrane.

La difficulté est reculée sans être résolue; M. Schleiden ne nous indique point d'une manière absolue l'origine du nucléus. Procède-t-il des phytospermes signalés par M. de Mirbel ? s'organise-t-il sans exception , aux dépens de la matière intercellulaire? ces questions sont loin d'être éclaircies par les écrits du savant phytologiste. Voici les principaux passages de son mémoire :

S'occupant d'abord du nucléus ou noyau des cellules, sur lequel M. Robert Brown (n° 35, a) a appelé l'attention des phytotomistes. M. Schleiden en décrit la grandeur, la couleur, la forme, la transparence, et lui donne le nom nouveau de cytoblaste. Les plus petits ont de 0,0009 à 0,0001 de pouce(ZLinum pallescens); Îles plus grands 0,0022 (Fritillaria pyrenaica). Leur structure intérieure est essentiellement granuleuse, sans qu'on puisse cependant fixer nettement Les contours des grains dont ils se composent. Leur consistance est très variable; ils offrent parfois une telle mollesse qu'ils se dissolvent presque complétement dans l'eau; dans d'autres cas au contraire ils présentent une solidité assez grande pour supporter une forte pression du compresseur sans perdre leur forme. Ils sont d'autant plus mous qu'on les observe à une époque plus jeune; surtout lorsque leur existence n’est que passagère; ils sont plus solides et plus nettement limités lorsque, faisant partie d'un tissu durable, il doivent persister pendant toute la vie de la plante comme dans les Orchidées.

« M. Schleiden signale le premier, dans les cystoblastes très-cros et bien

N° 34. Scuzpen. Archives: de Muller. 1838.

N | N° 35, a. R. Brown. Organs aïd mode of fecundation in Orchidasae and Asclepiadeae. Londres. 1833.

formés, par exemple dans l’albumen nouvellement formé du Phormium tenax et du Chamcædorea Schiedeana, un petit corps nettement limité, enclavé soit dans l'intérieur, soit à la surface du cytoblaste ( PI. II, fig. 5. )et qui, à en juger par la disposition de l'ombre, parait représenter un anneau épais ou un globule creux à parois épaisses. Dans ceux qui sont moins bien formés, on remarque seulement le cercle extérieur net de cet anneau, et dans son milieu un point obscur, par exemple dans la tigelle de l'embryon du Lymnanthes Douglas, Orchis laufolia (fig. 21), Pimelea drupacea (fig. 14, 15 ). Dans les cytoblastes encore plus petits, il ne parait que comme une tache nettement circonscrite : c'est le cas le plus fréquent, par exemple dans le pollen du Aichardia æthiopica, dans le jeune embryon du Linum pallescens, dans presque toutes les Orchidées (fig. 16); ou enfin on ne remarque qu'un petit point obscur, mais bien apparent.

« Dans les cytoblastes les plus petits et les plus éphémères (par exemple, dans les feuilles des Dycotylédones), M. Schleiden n’a pu apercevoir cet organe central du nucléus, mais dans des cas très-rares et seulement par exception, et toujours lorsque, dans la majorité des cas, il se présentait simple, il a trouvé deux de ces petits corps, par exemple dans le Chamædorea Schiedeana (fig. 6, 7, Secale cereale, Pimelea drupacea (fig. 14.). Dans ces deux derniers, l'auteur en a trouvé quelquefois trois (fig. 15). Il affirme que ce petit corps se forme même avant le cytoblaste (fig. 1,2), et il est porté à penser qu'il n'est pas tout à fait étranger au noyau signalé par M. Fritsche dans la fécule, si même 1l n'est pas identique avec lui.

La grandeur de ce corpuscule varie aussi notablement, dans certains cas il est d'une étendue égale à la moitié du diamètre du cytoblaste, dans d'autres au contraire, il égale au plus le volume d'un point presqu'inappréciable, car son diamètre est de beaucoup surpassépar l'épaisseur du fil placé dans le diaphragme du microscope. Dans l’albumen de l'Æ4bies excelsa, l'auteur l'a trouvé, par une appréciation moyenne, de 0,000045 à 0,000095 de pouce; dans le Prmelea drupacea de 0,00029 à 0,00030. Tantôt il paraït plus clair et tantôt plus foncé que le reste de la masse du cytoblaste; généralement :1l est plus consistant que ce dernier, et reste encore bien limité lorsque celui-ci s'est changé, par la compression , en une masse amorphe, par exemple, dans le Pimelea drupacea.

Les parties les plus nouvellement formées consistent en une matière transparente comme de l'eau, à peine distincte et qui, par la pression, forme une masse homogène , incolore ; lorsqu'elle est dessechée , cette matière se pénètre d’eau et se gonfle; la teinture d'iode ne la change pas; après avoir été pénétrée par la pression , elle redevient tellement transparente, que, sans la coloration de son contour elle serait complétement invisible. Cette maüère se rencontre fréquemment dans les plantes, par exemple, melée à un peu de fécule, dans les grandes cellules particulières des tubercules des Orchis; l’auteur la nomme gelée végétale. Cette gelée est la matière qui, par de nouveaux changements chimiques, devient enfin la véritable membrane des cellules ou, par son épaississement, la matière des fibres végétales.

« M. Schleiden a étudié en outre le développement des nouvelles organisa-

HISTOGÉNESE VÉGÉTALE. 21 lions dans le sac embryonnaire et à l'extrémité du tube pollinique. Dans ces deux organes, il a vu se développer, dans une substance gommeuse, de petits granules mucilagineux, qui troublent la solution gommeuse jusqu'alors homogène, ou même la rendent opaque lorsqu ils sont très-abondants. On apercoit, en effet, dans cette masse des granules isolés plus gros et plus nets (fig. 2), et bientôt on observe des cytoblastes, qui paraissent autour de certains sranules comme une coagulation sranuleuse ; ces cytoblastes s accroissent évidemment dans cet état, et, peu de temps aprés qu'ils ont atteint tout leur développement, M. Schleiden a vu naître de chcun d'eux une vésicule fine et transparente : cestla jeune cellule, qui d'abord se montre comme un segment de sphère très-aplati, dont le côté plane est formé par le cytoblaste, et le côté convexe par la jeune cellule qui se présente comme le verre d'une montre par rapport à la montre qui représenterait le cytoblaste. Dans le milieu où ils s'orsanisent, on les reconnait presqu uniquement à ce que l'espace, compris entre leur convexité et le cytoblaste, rempli par un liquide, se trouve transparent et probablement aqueux, limité par les petits granules mucilagineux repoussés par son accroissement et accumulés à sa surface (fig. 4, 5, 6). Mais, si on isole ces jeunes cellules, on peut, en secouant le porte-objet, détacher presque tous les srains de mucilage; il est vrai,qu on ne peut les observer longtemps, car elles se dissolvent entièrement, au bout dequelques minutes, dans de l’eau distillée, et les cytoblastes seuls persistent. La vésicule, en continuant son évolution, se dilate successivement, (fig. 1, d) et devient de plus en plus consistante ; les parois semblent alorsformées par une gelée, à l'exception toutefois du cytoblaste, qui fait constamment partie de la paroi et en reste distincte. Peu à peu, toute la cellule s'accroit jusqu'au hord du cytoblaste et prend un tel accroissement, qu'enfin ce dernier ne parait plus que comme un petit corps enclavé dans une des parois latérales de la cellule. IT en résulte que, la jeune cellule se montre souvent comme un sac trés-irrégulier (fig. 1, c}, ce qui tend à démontrer que l'accroissement ne s'effectue pas régulièrement autour d'un point. Bientôt, en effet, par suite de l'accroissement de la cellule, leur forme devient plus régulière, et passe à la forme d'un rhombo-dodécaèdre ( fe meet

« Souvent on trouve encore le cytoblaste enchassé dans la paroi de la cellule, et 1l reste dans cette position pendant toute la vie de cette dernière, à la formation de laquelle il a contribué, si toutefois, dans les cellules destinées à un plus srand développement, il ne se dissout ou ne se resorbe, soit à la place même où il s'est montré, soit après être tombé comme un corps inutile dans la cavité de la cellule. Ce n'est qu’après sa resorption que commence le dépot des couches à la surface interne de la nouvelle cellule ( fig. 9). En général, il est rare, que le cytoblaste persiste pendant toute la vie de la cellule qu'il a produite. M. Schleiden cite, particulièrement comme exemple de cette disposition du nucléus, les poils articulés dans les cellules desquels s’observe le mouvement du suc.

« Sans suivre précisement la marche entière du développement des cellules, M. Schleiden a trouvé, dans beaucoup de plantes, les rucléus des cellules na-

geant librement dans un liquide qui préexiste à l'apparition des cellules. Dans TOME 11, 6

les spores du Marchantia polymorpha, il a observé cependant leur développement en cellules, dont une, poussant en avant la paroi primitive de la spore, devient sa longue racine piliforme (fig. 18-20).

« Il résulte des faits précédents, que le cytoblaste ne peut jamais, à l'origine, se trouver libre dans l’intérieur de la cellule, mais qu'il est toujours enchassé dans ses parois; et, autant qu'on peut en conclure d'observations aussi délicates que celles qui nous occupent, la paroi des cellules se diviserait en deux lames, dont l'une se porterait à l’intérieur et l’autre à l'extérieur du cytoblaste; celle qui correspond au côté interne, ordinairement la plus délicate et presque muqueuse, se resorberait en même temps que le cytoblaste. Dans les coupes, qu'on est obligé d'opérer pour l'observation, ces corpuscules se détachent quelquefois et se trouvent dispersés sur le porte objet, ce qui peut induire en erreur et les faire considérer comme libres ; en effet, mais plus tard, par suite d'un commencement de résorption, ils le deviennent et cessent d’adhérer aux parois des cellules ; un léger choc suffit pour les détacher de leur place. Dans leur voisinage, la paroi de la cellule est souvent évidemment épaissie , surtout lorsqu ils sont globuleux, par exemple, dans les tubes polliniques devenus celluleux des Orchidees (fig. 16 et 20).

« M. Schleiden a cherché à expliquer la formation des cellules spirales. C'est une loi sans exception que chaque cellule, sauf l'exsudation préalable du cambium, apparait comme une toute petite vésicule et s'étend d'abord successivement jusqu à la grandeur qu'elle atteint dans son état parfait. 11 résulte, en outre, de recherches étendues sur ce mode de formation, que jamais une cellule ne montre de trace de formation spirale à son origine, soit qu'on l'observe directement et sans lacération, soit qu'on en observe des lambeaux obtenus par déchirement ; la spirale ne se remarque que lorsque la cellule est entièrement développée, c'est-à-dire après que le cytoblaste est resorbé.

« Dans toutes les cellules spirales, notamment dans celles qui, arrivées à leur croissance complète, présentent des fibres distantes, on trouve que ces cellules ont d’abord leurs parois parfaitement simples. L'auteur les a ainsi observées dans toutes les racines aériennes, dans la couche extérieure desquelles Meyen a découvert des fibres spirales. Dans les racines aérienes tout-à-fait jeunes, on n'en trouve aucune trace, et leur formation appartient à un phénomène de lignification. On peut aussi se convaincre de l'aparition tardive de la fibre spirale dansle péricarpe du Casuarina, dont les cellules, avant ou même peu de temps après la fécondation, ne présentent aucune trace de formation spirale.

« On peut étudier ces formations, soit dans les développement individuels d'une seule espèce, soit dans une série d'espèces voisines. On obtient de ces deux manières des résultats généraux trés-intéressants. Le fait capital et toutà-fait sans exception, qui se présente d’abord, est que les fibres ne se forment jamais librement, mais qu'elles s'organisent à l'intérieur de cellules et que les parois de ces cellules dans leur jeunesse sont toujours simples et en général trés-minces.

« L'apparence très-diverse de la fibre parait dépendre principalement de

HISTOGÉNESE VÉGÉTALE. 23

l'époque de son origine, et de modifications dans les transformations chimiques de la matière formatrice. De la première circonstance, il résulte que la fibre spirale peut se trouver libre dans la cellule, puisqu'elle s'est formée très-tard, tandis qu'elle s'est unie à la membrane de la cellule lorsque son origine remonte à une époque où cette membrane était encore elle-même trés-molle, gélatineuse et que la spirale a pu se coller avec elle. (Les diverses modifications que subit le développement de la fibre spirale, sont présentées dans les fig. 26 à 35 de la planche IT).

« L'auteur croit qu'on peut conclure d'une manière bien positive, des faits rapportés ci-dessus, et de la présence des spires à l’intérieur des cellules que leur parois sont doubles et quon n'a plus affaire à une membrane celluleuse simple comme on le supposait.

« Le mode de formations des cellules que j'ai cherché à exposer avec détail, dit M. Schleiden, est sans contredit, celui que j'ai observé dans la plupart des plantes que j'ai étudiées. [l y a cependant diverses modifications de ce phénomène, qui rendront, dans beaucoup de cas, l'observation très-difficile et même quelquefois impossible ; mais cette loi peut cependant être considérée comme généralement admissible, parce que, alors, l'analogie nous soutient, et que nous pouvons donner des raisons positives de la cause qui rend impossible les observations directes.

« Les difficultés dont je veux parler ici réposent particulièrement sur les propriétés physiques et chimiques de la matière qui précède la formation des cellules. Presque toutes les matières végétales se trouvent à côté l'une de l’autre dans la plante vivante, et leur quantité plus ou moins prépondérante nous

détermine presque seule à dire qu'une cellule renferme de la fécule, ou de la somme ou d'autres matières.

« L’auteur suppose par analogie l'existence d’un nucléus dans les cellules de Champignons et des Algues, où toutefois il n’a pu encore être reconnu, suivant M. Schleiden à cause de sa petitesse et de son extrême transparence.

Selon Hugo de Mohl (n° 35, b), la cellule-mère renferme une substance amorphe, incolore, mêlée de petits corpuscules, « le protoplasma, » qui fournit la matière nécessaire à la formation du noyau. L'auteur considère le nucléus comme un produit organique d'intussusception. Le protoplasma qui se trouve autour du noyau enveloppe la surface d'une membrane, qu 1l nomme l'utricule primordiale, parce que cette dernière précederait l'apparition de la membrane cellulaire proprement dite. Cette opinion est conforme à celle de M. Mirbel, que nous venons de citer. L'utricule primordiale (utricule ancienne de Mirbel, cellule d'amylide de Kützing, utriculus internus de Mulder et Harting couche muqueuse de Naegeli), d'après les recherches étendues de Mohl, se trouverait toujours dans les jeunes cellulés, pour disparaitre peu à peu avec l’âge, et se reconnaitrait surtout à la facilité avec laquelle il se teint en jaune par la teinture d'iode ; il renfermerait donc de l'azote comme le protoplasma et le nucleus,

N° 35, b. Mon. Botanische Ztg. 1844, P. 219.—1846, p. 75. N° 56. Mour. Vermischte Schriften, p. 256.

tandis que la membrane cellulaire proprement dite ne se colorerait pas par ce réactif: la propriété qu'il a de se contracter dans l'alcool, les acides, etc., en facilite les recherches. M. Hohl(n°e 36) n'admet cependant pas qu'il soit une coagulation artificielle de la paroi muqueuse et interne de la cellule, car il l'a observé à l'état naturel dans les algues, par exemple chez le Zygnema. Pour légitimer le nom d'utricule primordiale, M. Mohl cite ses observations sur les cellules-mères de la couche du cambium du Pinus sylvestris, dans lesquelles ilcroit avoir constaté la présence de deux utricules sans avoir pu découvrir entre elles une membrane de séparation. La formation de l'utricule primordiale étant en rapport avec celle du nucléus, M. Mohl admet que les deux utricules sont distinctes, dès leur origine et qu'elles ne résultent pas d'un dédoublement de l’ancienne. Il admet aussi que la couche comprise entre les deux utricules est en contact immédiat avec la membrane de la cellule-mère, dont il n’est pas possible, avec nos moyens d'observation actuels, de déterminer la composition simple.

Ainsi l'opinion de M. Mohl diffère de celle de M. Schleiden en deux points : 1° c'est que la membrane, engendrée d'abord, envelopperait entièrement le uucléus lequel aurait originairement une position centrale, et finirait par s’aitacher à la paroi utriculaire ; 2° la membrane engendrée d'abord serait l'utricule primordiale, et non la membrane cellulaire proprement dite.

Plus tard, M. Schleiden (n° 37) a modifié sa théorie. Il a reconnu que, dès le plus jeune âge, la membrane cellulaire enveloppe entièrement le noyau, et que conséquemment ce noyau ne se gonfle et ne s'élève en aucune facon; mais il regarde l’utricule primordiale de M. Mohlcomme un enduit de la membrane cellulaire, enduit consistant en un mucus sémi-liquide, homogène ou granuleux.

La présence de ces deux sacs, emboités l'un dans l'autre, est facile à reconnaitre en faisant bouillir des tranches minces de pommes de terre dans de l’eau aiguisée par un centième d'acide sulfurique. Toute la discussion roule, comme on le voit, sur l’âge de ces deux sacs: l'interne secrète-t-1l l'externe, ou bien estce le contraire? --- L'interne est-1l un produit du nucléus comme l'admet M. Schleiden ?

M. Unger (n° 38) admet comme loi générale la division de la cellule, /a cellulisation mérismatique ; il prétend qu'il n'est pas possible de suivre la formation de la membrane cellulaire sur le nucléus, mais qu’au contraire, la cloison où elle est visible est un produit organique, qu'elle est simple, qu'elle partage la cellule en deux parties. Sa théorie dispenserait d'admettre les cellules mères et leur résorption , qui n’ont été prouvés par personne. Îl explique l'origine de la cloison par une accumulation de matière, comme dans les fibres annulaires et spirales, etc.; il est même porté (n° 59) à voir dans les fibres annulaires et discoïdes des Cactées un passage à la formation cloisonnée.—Il admet que des cellules peuvent naître au sein de cellules mères dans les cas où les cellules finissent par s'isoler, comme, par exemple, dans les grains de pollen (n° 40).

N° 37. ScuLeipen. Grundzuege. ‘2° édit., vol. 1, p. 197, 200. N° 38. Expzicner et Uncsr. Grundzucge, p. 36; Uncer, bot. ztg, 18/44, p. 510. N° 39. Bot. sta. c. l. p. 524.

N° 40. Enpuicner. et UNGER, |. c.

HISTOGÉNESE VÉGÉTALE. 2h

M. Naegeli (n° 41) considère les cloisons intermédiaires comme le résultat de deux cloisons juxtaposées, dont chacune à pris naissance sur le milieu de toute la capacité de la cellule mère. Il donne un nom particulier à cette cellulation , et distingue les cellules avec nucléus central de celles qui en sont dépourvues. La première espèce de formation cellulaire se présente, d'après l’auteur, dans les cellules végétatives des Fucoïdes, dans les cellules-mères des grains de pollen des phanérogames (n° 42)et des cryptogames ; quant aux autres cellules de ces familles, M. Naegeli admet la théorie de M. Schleiden. Cependant nos observations sur l’organisation des spores dans les f'ucus (n° 43) sont en opposition avec les idées émises par M. Scleiden.Les corps reproducteurs des Fucus, qui, plus tard, et par l'effet de la germination, se cloisonnent et se partagent en plusieurs utricules distinctes, n'offrent aucun indice de nucléus; et, sous ce rapport, elles rentrent dans la théorie de la formation cellulaire admise par M. Mobhl à l'égard des Conferves.

M. Naegeli croit, avec M. Unger, que les cloisons se forment là où on les appercoit plus tard, qu'il est impossible d'observer, soit un étranglement de la membrane cellulaire, soit une formation de cloison distincte de la membrane appartenant à la cellule-mère. À l'appui de son opinion, il allègue, en outre, le fait du développement des cellules des endogènes, dans lesquelles on appercçoit, des deux côtés de la cellule-mère et avant l'apparition de la cloison, une proéminence qui indiquerait l'espace intercellulaire compris entre la cellule-mère et les vésicules endogènes Jumelles (n° 44), proéminence qui se montre dans le cloisonnement des cellules-mères du pollen. Enfin l’auteur ajoute que, par endosmose, il est parvenu à isoler les cellules jumelles et à les reconnaitre comme des cellules indépendantes,

Ces dernières observations ont été combattues par M. Unger (n°45)quia prouvé que les prétendues cellules jumelles de M. Naegeli, isolées par endosmose, par macération, etc., ne sont que le contenu coagulé des cellules ; que les saillies, les proëéminences ne sont pas un espace intercellulaire, mais la base épaissie de la cloison , et qu'enfin il en est de même à l'égard des cloisons des cellules-mères du pollen. M. Mohl (n° 46) est de l'avis de M. Unger, il démontre que l’utricule primordiale des jeunes cellules jumelles peut se contracter, que l'on ne trouve rien autre chose qu'une simple cloison, et qu'il n’y a ni parois des cellules jumelles, ni espace intercellulaire entre elles et la cellule-mère, ni enfin résorption de cette dernière.

Le secondmode de formation des cellules jumelles autour de l’utricule dépourvue de nucleus, s observe dans les Conferves d'après M. Naegeli (n°47). D'abord la membrane cellulaire se rétrécit, et ce rétrécissement engendre aussitôt une

N° 41. Scareinen et NAEGeut, Zeitschrift fuer wiss. Bot., 1844, p. 73 et 11. N° 42. Nasceur, Entwick. des Pollens. Zurich, 1842, Der0. N° 43. Decasne et Taurer. Ann. des sciences nat. Janvier. 1845. N° 44. Linnæa, 1842, P- 230.

N° 45. Botanische 219. 1844, p. 524.

N° 46. MouL. Vermischte Schriften, 1845, p. 254 et suiv. N° 47. Narceur. Zeüschrift. 1. c., p. 88.

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