TOME II. S
30 PREMIÈRE PARTIF : HISTORIQUE.
que la cellulose est dissoute et remplacée par une autre combinaison dans la membrane qui est primitivement remplie et au sein de laquelle se fait cette transformation, sans qu'elle change de dimension, ou bien encore quelle se remplit d'une autre substance dont la composition ne permet pas de distinguer la réaction sur la cellulose; que par conséquent il peut se former chimiquement une nouvelle couche sans altération anatomique, qu’enfin la réaction chimique ne peut fournir aucune présomption en faveur de l’ordre de naissance des couches. 11 allègue que la membrane extérieure des fibres ligneuses du Pin se conpose encore de cellulose à l’époque où les ponctuations ou canaux vasculaires sont visibles, et que plus tard elle se transforme en une membrane identique avec celles que M. Mulder a décrite comme la cuticule.
Après avoir exposé l'opinion de MM Mohl,Schleiden, Harting, etc., sur le développement de la cellule végétale, il nous reste à dire encore un mot sur celle de M. Naegeli à l'égard de la structure de ce nucléus (n° 58), qui joue un si grand rôle dans la théorie de M. Schlieden.Ses recherches s'étendent à toutes les familles végétales; 1l se croit fondé à distinguer dans le nucléus la membrane externe, le contenu et le nucléole. Le nucléus étant creux, 1l le nomme vésicule nucléenne (Kernblaeschen). D'après ces remarques la membrane du noyau se colorerait faiblement en jaune ou ne se teindrait point par la teinture d'iode (n° 58, p. 57-09), tandis que le contenu et le granule nucléen passeraient au brun.
M. Schleiden (n° 59) rejette la distinction de la membraneetdu contenu dans les noyau à l'état normal, et il est porté à admettre qu'elle n'est saisissable qu’à une époque avancée de son développement.
C'est par analogie que M. Naegeli conclut à l'existence constante des corpuscules nucléens, puisqu'il lui arrive, comme à la plupart des investigateurs, de trouver des noyaux sans nucléoles distincts. Cependant on peut admettre, en faveur de l’analogie, les observations qui tendent à démontrer la préexistence des nucléoles à celles du noyau.
D'un autre côté, M. WMettenius (n° 60), a fait observer que les cellules des mousses, etc., se distinguent de celles des Chara en ce qu'elles sont libres, tandis que les dernières sont fixées à la paroi à l'aide de filaments très déliés, et que les noyaux des cellules juxta-ordonnées des Chara ne répondent nullement aux petites cellules des mousses, comme l'adopte M. Naegeli, mais bien à leur contenu; qu’énfin le développement qu'atteignent les noyaux des Chara ne se remarquent pas dans les mousses, etc.
M. Mokl a observé la multiplication des noyaux par division dans les cellules-mères des spores de l’Ænthoceros(n° 60) et dans les cellules fendues (Spaltoffnungszellen) (n° 67, p. 258.) De son côté, M. Vaegeli l'a vue dans les cellules des extrémités radiculaires des monocotylédones (n° 62), dans les Chara, les Trades-
N° 58. Narceu. Schleiden et Naegeli, Zeütschr. f. wissensch. Bot. Cah. I. N° 59. ScLeinen. Grundzuege. 2° éd. 1, p. 199.
N° 60. Merrenrus. Bot. Zeütschr. Cah. 2.
N° 6r. Mour. Vermischte schrifien. p. 88.
N° 62. NaEGELI. Linnaea. 1842, p. 252.
HISTOGÉNÈSE VÉGÉTALE. 37
cantia (n° 63), et également dans l'Ænthoceros (n° 63, p. 53), où une cloison diviserait le noyau. qe
Enfin, il y aurait encore à mentionner un état particulier du noyau cellulaire. On a observé (n° 64) que les espaces pseudo-cellulaire des vaisseaux se forment de cette manière: les cellules parenchymateuses voisines pénètrent par les canaux (tüpfel) à l'intérieur des vaisseaux, et ces prolongements continuent à rester liés avec la cavité des cellules parenchymateuses; à l'époque où ce phénomène commence à se manifester, on apperçoit un corpuscule nucléen, autour duquel se forme un noyau qui grandit en même temps qu'on voit s’'avancer le plissement cellulaire et, sans quon y observe néanmoins une formation nouvelle de cellules.
Si, sans idée préconcue, nous cherchons à Jeter quelque lumière sur les diverses opinions, et si nous cherchons à les concilier, nous verrons qu aux yeux des phytotomistes, l'élément fondamental des végétaux, l'utricule est le produit d'une substance mucilagineuse à laquelle on a donné le nom de cambium, que cette substance demi-fluide peut engendrer le nucleus, ou se creuser des vacuoles de grandeur variable pour constituer ainsi les premières ébauches des cellules dont les parois en se solidifiant, se sépareront plus tard les uns des autres pour former autant d'utricules distinctes. — Nous reconnaitrons que ce nucléus, granuleux lui-même, et auquel on fait jouer un rôle si important, procède de ce mucilage; qu'il manque de l'aveu mème de M. Schliden dans une foule de végétaux cellulaires (conferves, etc.), et que par conséquent il ne donne pas naissance au tissu dont ils sont uniquement formés ; que dans un nombre considérable de plantes on voit une utricule produire sur un point de sa surface, une petite ampoule ou vésicule qui se séparera à son tour de celle qui lui a donné naissance, sans l'intermédiaire de nucleus.
Les spores des Algues (Conferves, Vaucheria, Fucus), au moment de leur formation et quoique parfaitement circonscrits, ne présentent même aucune trace de membrane; la substance (chromule) qui les constitue, est entourée de mucilage qui, sous la plus faible pression, se résoult en granules. Ce fait est capital, car 11 nous démontre que des corps peuvent être arrondis, et d'apparence vésiculeuse sans être cependant revêtu d'une véritable membrane. C’est en voulant ramener sans exception, leur organisme à cer état vésiculeux , c’est en partant de l'absolue nécessité du nucléus que plusieurs savants se sont éloignés de la vérité, et nous ont donné ce curieux exemple, de se trouver dans l'obligation d'avouer l'absence de ce nucléus, dans les végétaux cellulaires, sans lequel d'après leur théorie, ils ne peuvent cependant se former.
Dans les points d'un végétal vasculaire où s'opère l'accroissement des tissus, nous voyons apparaître une substance semi-fluide au milieu de laquelle apparaissent de petits mamelons arrondis, le premier indice des utricules; bientôt après, ces membranes s'étendent et s’agrandissent; dès lors on a des cavités, et
N° 63. NArGEu. Zeitschr. p. 67.
N° 64. Anonymx. Bot. zeit. pb. 445.
ces cavités sont le second degré de transformation du fluide. Plus tard encore, elles formeront de véritables utricules. |
Avouons encore qu’on a donné le nom de cellules et d'utricules, à des organismes sur lesquels on n’a pu jusqu'ici apercevoir de membranes. Reconnaissons aussi que ces cellules une fois formées, peuvent se recouvrir soit à l'extérieur, soit à l’intérieur, de substances dont la composition chimique est différente de la leur, de même que nous voyons se déposer dans leur sein, les principes albumineux, amylacées, cristallisables, et nous aurons ainsi une idée plus juste de toutes les transformations qui s’opèrent dans le tissu élémentraire des végétaux. En résumé, l'origine des utricules, comme tout ce qui tient à l'origine des êtres organisés, est un problème absolument impossible à résoudre à l'aide d’une théorie unique, dans l’état actuel de nos connaissances, et c’est pour avoir trop souvent oublié cette vérité, que nous voyons les principaux phytotomistes se livrer aujourd'hui, aux obscures discussions que nous venons d'exposer.