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TOME Il. I

à la surface d'une plaie, contient d’abord, à l’état d'isolement, les petits noyaux qui, plus tard, constituent les cytoblastes par leur coalition.

Après avoir entendu toutes ces objections, on serait tenté de supposer que l'auteur rejetterait la préexistence du nucléole : il n’en est pourtant rien. Voilà la conclusion à laquelle arrive Henle : « Comment, avec ce mode d'origine des cytoblastes, s'expliquer la formation du nucléole? On ne peut hasarder que des conJectures à cet égard. Lorsqu'on réfléchit à leur situation et à leur nombre comparé à celui des granulations par la fusion ou coalition desquelles se forment les noyaux des cellules, on se trouve conduit à penser qu’ils sont produits par l'accumulation, dansles interstices, d’une substance différente de celle des autres cytoblastes. »

Formation de la cellule. Le développement de la cellule autour du noyau, dit l'auteur, débute dès avant que la fusion des granulations en cytoblastes ait commencé. Quand le noyau est devenu solide, la cellule continue de croitre, elle acquiert plus de consistance et se remplit de son contenu spécifique. Le développement des globules sanguins et des cellules pigmentaires vient à l'appui de l'opinion de Schwann sur le mode de formation de la cellule. Mais nous ferons remarqner que la manière de voir de Henle, en ce qui regarde les globules sanguins, est complétement erronée. L'auteur cite maintenant quelques cas dans lesquels il existerait des cellules sans noyaux. Les exemples cités sont relatifs, les uns au vitellus, dont nous parlerons plus tard; les autres à l'inflammation, à savoir aux globules inflammatoires : mais l'histoire de développement de ces derniers est complétement inconnu aux auteurs.

Granulations élémentaires. « Des observations citées sur le développement des cellules, dit l’auteur, il résulte que les premiers et les plus généraux éléments morphologiques des tissus animaux sont des granulations d'un diamètre de 0,001 à 0,002 ligne, parfaitement délimitées, et qui ressemblent à des globules de graisse. A la périphérie d'une granulation de ce genre s'applique peutêtre la substance faiblement granulée des cytoblastes, autour de laquelle se forme ensuite la cellule; ou bien deux à quatre de ces granulations, ou même davantage, se confondent ensemble, pour produire un noyau de cellule, ou enfin elles se réunissent en plus grand nombre encore et deviennent sur-lechamp une cellule, dans laquelle un noyau ne se développe jamais ou n'apparait que plus tard. Autant qu'on a pu le constater jusqu 1c1, les granulations élémentaires sont, pour la plupart, des vésicules consistant en unegouttelettede graisse qu'enveloppe une membrane. » L'auteur admet l'existence d'une membrane externe, parce que les moyens nécessaires ne déterminent pas les globules à se confondre ensemble, et parce que ceux-ci se transforment peu à peu en vésicules adipeuses d'un plus grand volume, dont l'enveloppe extérieure peut être démontrée d'une manière positive. Cette dernière circonstance n'autorise pourtant point, à notre avis, de conclure à l'existence d'une membrane dans les gouttelettes, parce que la membrane pourrait fort bien ne se développer que postérieurement. Quant à la circonstance que les moyens mécaniques ne déterminent point les gouttelettes à se confondre ensemble, elle ne prouve non plus l'existence d'une membrane, car les expériences chimiques concernant

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ces gouttelettes ne sont pas assez précises pars décider si l'on a affaire à une graisse solide, ou à un albuminate de graisse ou à tout autre joue gélatineux, ayant l'aspect de graisse. L'enveloppe consiste probablement, d'après Henle, en une combinaison de protéine.

Multiplication des cellules. Les nouvelles cellules naissent isolément ; d'autres fois leur formation part évidemment des cellules déjà existantes. De même que dans la génération, dit l'auteur, la nouvelle cellule fait d'abord partie de l'ancienne ; les anciennes cellules disparaissent, comme les individus d'une espèce, pour faire place à la nouvelle génération, et il s opère en méme temps une multiplication, parce que de chaque cellule-mere 1l se développe un plus ou moins grand nombre de cellules nouvelles. Cette multiplication a lieu de plusieurs manières :

1° Par des rejetons, qui se forment extérieurement sur la cellule-mère, dont ils sont en quelque sorte les excroissances. Cette generation exogène n'a pas été observée dans les animaux.

2° Génération endogène. « De nouvelles cellules naissent du contenu d'une cellule-mère et dans son intérieur. Le contenu de la cellule-mère est le cytoblastème de celles qu'elle produit. Il est plus douteux qu'une génération de cellules dans des cellules ait lieu aussi dans l'organisme animal; mais beaucoup de cas particuliers sont encore équivoques, et l’on est surtout fort souvent indécis de savoir comment les cellules qui contiennent la nouvelle génération ont pris naissance: si ce sont de simples cellules élémentaires seulement amplifiées, possédant ou au moins ayant possédé un noyau, ou bien si elles ne sont pas déjà composées elles-mêmes, c’est-à-dire si ce ne sont pas des membranes closes et vésiculiformes, produites par des cellules élémentaires confondues ensemble. Dans ce dernier cas, leur rapport avec les cellules incluses ne différerait pas de celui du derme avec les cellules de l’'épiderme, et l’on ne pourrait pas plus les nommer cellules-mères, que l’on ne serait en droit de considérer une membrane séreuse, le péricarde, par exemple, comme une cellule-mère, eu

égard à l’épithélium qui le revêt. »

Les preuves les plusconcluantes d'unegénération endogène,ditHenle,sontfournies par le premier développement de l'embryon aux dépens de granulations vitellines. Nous examinerons ces observations plus tard (Chap. VI. Développement de l'œuf).»Parmilestissus normaux de l'adulte, les cartilages et quelques glandes paraissent croitre de la même manière. Les granulations de mucus qui forment le contenu des canaux glandulaires les plus déliés et des grains glanduleux, sont des cellules à noyaux qu'on ne saurait méconnaitre. Il est très-vraisemblable, en outre, que les dernières vésicules terminales des glandes acineuses sont des globules avant qu'elles s'ouvrent dans le conduit excréteur. Il ne reste donc plus qu’à rechercher si ces globules, dans lesquels je n'ai point encore apercu de noyau, sont toujours des cellules élémentaires, simples et amplifées. La production des utricules en cul-de-sac de glandes stomacales par des cellules élémentaires devient évidente, sans qu'on ait besoin de le démontrer. Si les canalicules des testicules devaient naissance à des parois des cellules confondues, il y aurait un double emboitement dans cet organe, attendu que les

gros globules qui naissent au temps de la formation du sperme contiennent à leur tour des cellules plus petites. »

On voit toute l'incertitude qui existe dans les paroles citées, incertitude qui s'explique par l'ignorance du caractère amorphe de la membrane cellulaire, que l'auteur confond avec quelques-unes des membranes énumérées qui renferment un nombre considérable de corpuscules primitifs.

L'auteur cite encore les observations de Schwann qui dit avoir rencontré quelquefois des cellules pleines d’autres jeunes cellules dans le cristallin, dans les ganglions, et dans l’épiderme des tétards de grenouilles. Schwann regarde également la capsule du cristallin et le chorion comme des enveloppes cellulaires simples, parce qu’à l’état de développement complet, tous deux sont dépourvus de structure. Suivant Henle, cette interprétation parait fort douteuse. Il affirme que souvent des couches de cellules se confondenten membranes qui, après la résorption de noyaux, paraissent complétement dépourvues de structure. À notre tour, sans vouloir toutefois soutenir l'opinion de Schwann, nous trouvons l'objection de Henle peu fondée, car elle ne nous paraît s'appuyer sur aucune observation bien constatée.

On pourrait encore, suivant Henle, distinguer la génération endogène des cellules homogènes et celle des cellules hétérogènes.

3 Multiplication par cloisonnement. On ne connait aucun exemple de ce mode chez les animaux. On pourrait, avec Schwann, considérer la formation par sillonnement de cellules dans le jaune comme une opération analogue : mais Henle ne peut considérer le jaune comme une cellule simple. Nous verrons plus tard qu’un phénomène analogue, la scission, s'opère dans le blastème pour la production des fibres.

Métamorphose des cellules élémentaires. Dans beaucoup de tissus, les cellules conservent leur indépendance, demeurent isolées, faciles à reconnaitre, et ne changent qu'eu égard à leur forme, à leur contenu, à leur constitution chimique. Les cellules s'étendent ou dans tous les sens, ou suivant quelques-unes de leurs dimensions seulement. Elles peuvent atteindre un volume proportionnellement très-considérable. Alors, très-souvent, les cellules qui croissent serrées les unes aux autres s’aplatissent mutuellement; elles deviennent polygones. Si l'extension s'accomplit davantage dans un sens que dans l’autre, il résulte de là les formes les plus diversifiées. On peut dans les cellules, étalées à plat, distinguer deux formes principales, suivant qu elles s'étendent en surface, cas auquel le diamètre vertical peut se rapetisser considérablement, ou que leur accroissement suit une direction perpendiculaire à la surface. Dans le premier cas, il se produit de petites plaques et de petites écailles qui ont beaucoup de largeur, avec une épaisseur à peine commensurable; dans le second, il se forme de petits corps cylindriques, prismatiques, cunéiformes ou coniques. Dans les tissus fibreux, par exemple, la tunique musculeuse de l'intestin et des artères, elles se convertissent en fibres tres-longues, étroites, proportion gardée, et pointues aux deux extrémités, qui peuvent acquérir une longueur de 0,02 ligne et plus. Une métamorphose particulière de certaines cellules consiste en ce qu'elles envoient, ou

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d'un seul côté, ou vers plusieurs côtés à la fois, des prolongements qui ressemblent à des petits poils ou à des petites épines ou qui même s'étendent en très-longues fibres. Le noyau des cellules isolées disparait souvent, d’autres fois il persiste.

Changement du contenu. « Parallèlement aux changements de forme, il s'en opère aussi dans la constitution chimique et le contenu des cellules. La plupart des jeunes cellules sont dissoutes par l'acide acétique; parmi les adultes , il s'en trouve beaucoup que cet acide attaque difficilement, ou sur lesquelles même 1l n'exerce aucune action. Le contenu, d'abord grenu, devient peu à peu liquide et clair; dans d'autres cas, le contenu limpide se trouble de nouveau, ou dépose des corpuscules particuliers, comme les corpuscules pigmentaires dans les cellules des parties colorées du corps. Les sécrétions les plus diverses se produisent dans des cellules, et , comme on peut quelquefois s’en assurer, par une métamorphose graduelle du contenu de ces dernières. »

Formation des couches. « La membrane externe ne se comporte point d'une manière purement passive pendant l'accroissement de ces dernières , et ne se laisse pas distendre à peu près comme une vessie qu on emplit d'eau. Ce qui suffit déjà pour le prouver, c'est qu'elle peut augmenter d'épaisseur. On a observé, tant chez les animaux que chez les végétaux, un dépôt stratifié de substance, qui fait que les parois augmentent d'épaisseur. » Henle cite, comme exemples de ces épaississements , les faits suivants : « J'ai vu, dit-il, de ces stries sur des cylindres et de petites plaques de l'épiderme. » Mais rien dans les figures données par l’auteur n'indique ces couches dontnous n'avons jamais aperçu de trace. « Schwann croit en avoir remarqué dans les cellules de cartilage. » On voit que cette observation nest pas bien positive, puisque l’auteur croit seulement les avoir observées. « Des stries concentriques très-prononcées se voient sur les grandes cellules, brillantes comme de la graisse, qu'on rencontre parfois dans les produits de l'inflammation, notamment dans les crachats des personnes enrhumées. J'en ai décrit que j'avais observées dans le mucus produit par le coryza et le catarrhe pulmonaire. Gruby les a retrouvées dans l'expectoration de sujets atteints de tubercules. » Les cellules figurées par Gruby sont des grains d'amidon, et n'appartiennent pas, par conséquent, a l'organisme animal. « Lorsque l'épaississement de la paroi continue de faire des progrès, et qu'en même temps les cellules deviennent plates, la cavité finit par se remplir entièrement; on ne peut plus distinguer la paroi et le contenu l'un de l’autre, et la cellule devient une petite plaque solide, semblable à celles qui constituent les couches supérieures de l’épiderme. » Dans ce mode de développement établi par Henle, l'épaississement supposé de la paroi est hypothétique.

Canaux poreux. « Qu'on se figure, sur une paroi de cellule, certains points ou certains petits espaces circulaires , disposés de manière qu'il ne puisse pas se déposer de substance à leur face interne ; la première couche concentrique qui se produira offrira des interruptions aux endroits qui y correspondront.

Si les mêmes interruptions se répètent sur les couches qui viennent après et TOME Il. 15

sur toutes les suivantes, il en résultera, dans la paroi épaissie de la cellule, des canaux cylindriques, partant de la cavité centrale, et se terminant en cul. de-sac à la paroi externe. » IL nous semble que cette explication n'en est pas une; car supposer « une disposition telle que la substance ne puisse sy dépo. ser, » c'est jouer avec les mots, et donner une explication incompréhensible: mieux vaudrait se borner à l'énonciation pure et simple du fait. « Ces canaux, continue l’auteur, qu'on rencontre dans beaucoup d'espèces de cellules végétales, ont recu le nom de canaux poreux ou ponctués, et les taches plus foncées, correspondantes à leurs extrémités en cul-de-sac, qu on aperçoit à la surface des cellules, portent celui des pores, parce que la plupart des phytotomistes les ont prises pour des ouvertures de la paroi des cellules. »Henle croit que des cellules analogues existent également dans le corps animal ; 1l cite, à l'appui de son opinion, des observations sur les cellules cartilagineuses et les recherches de Valentin sur la membrane tubuleuse de l'écrevisse dont nous avons déjà parlé (p. 43).

Disparition et dehiscence des cellules. « La destruction partielle des cellules a pour conséquence qu elles crèvent, et que par la déchirure qui s'y opère, elles entrent en libre communication, soit avec la surface du corps, soit avec d'autres cellules, ou avec les cavités comprises entre les cellules et qu'on appelle conduits cellulaires. La déhiscence s'observe spécialement dans les glandes simples et composées, lorsque leur tunique propre est réellement une membrane de cellule, de manière toutefois que les cellules des glandes simples s'ouvrent à la surface du corps, et celles des glandes composées dans des conduits intercellulaires, ou les unes dans les autres. »

Cellules complexes. « Les cellules parachevées, qui sont ensevelies dans une masse granuleuse molle, attirent à elles, jusqu à un certain point, une couche de cette masse, et senveloppent ainsi dans une sphère qui, de son côté, peut être revêtue d'une membrane à sa surface, et même couverte d'une couche de cellules, simulant une espèce d'épithélium. »

Fusion des cellules. On peut rapporter aux groupes suivants les formes connues Jusqu'à ce Jour :

1. Les parties élémentaires qui doivent se confondre ensemble sont de véritables cellules; elles se composent d'une paroï plus ou moins épaisse et d’une cavité remplie de liquide.

1° Les parois épaissies des cellules se confondent, dans des tissus parenchymateux, avec toutes les cellules voisines, et avec la substance intercellulaire, plus ou moins abondante, les cavités demeurant séparées. C'est d’après ce principe que se développent très-probablement les vrais cartilages, ceux qui sont destinés à s'ossifier, et, par conséquent aussi, les os, avec la substance osseuse (ciment) des dents. » À cette occasion, l'auteur, parlant des corpuscules osseux, les considère comme des véritables cellules.

2° Les cellules communiquent librement ensemble, après que les points adossés de deux parois de cellules se sont confondus, et que la portion ainsi confondue a été résorbée ou s'est perforée. D'après la situation et la forme des cellules, l’auteur distingue icr les formes suivantes :

HISTOGÉNÈSE GÉNÉRALE. 5g

(a) Les cellules sont généralement placées en long, à la suite les unes des autres, et quand leurs parois transversales disparaissent, elles se convertissent en un tube continu. Ceci a lieu, par exemple, dans les glaudes en culde-sac de l'estomac. Exceptionnellement il peut arriver que deux cellules se trouvent l’une à côté de l’autre, et qu'elles se confondent également par la résorption de leurs parois adossées. Peut-être aussi doit-on ranger ici les canalicules des reins et des testicules. »

(b) Les cellules sont disposées en groupes qui ressemblent à des grappes de raisin, et elles se fondent aussi de manière qu'il ne reste de chacune que la moitié, ou même moins encore. Les restes d'un grand nombre de cellules sont alors placés autour d'une cavité commune, dont ils constituent des espèces de cul-de-sac plus ou moins profonds. Cest ainsi que l’auteur se figure la formation des lobules des glandes acineuses. Le foie fait exception; car ses cellules à noyau paraissent ne s'unir que rarement deux à deux.

(ce) Des cellules partent, en rayonnant , des prolongements creux qui s'ouvrent les unes dans les autres. L'auteur cite les cellules pigmentaires étoilées de la /amina fusca, et le développement des vaisseaux capillaires, d'après les recherches de Schwann.

IT, Les parties élémentaires qui se confondent ensemble sont des plaques solides, sans distinction de paroi et de cavité. L'auteur exprime ici les doutes que l'on éprouve souvent de savoir si, avant leur union, ces plaques ont parcouru les phases du développement des cellules ; si elles ont commencé par être des vésicules, comme les squammes de l'épiderme, ou si plutôt la perte de leur indépendance ne les a pas frappées, pour ainsi dire, dans leur jeunesse avant qu'elles eussent eu le temps de devenir des cellules véritables. En admettant ce dernier cas, continue Henle, on ne saurait non plus décider si les plaques ont jamais été bien séparées, et tout-à-fait indépendantes, ou si plutôt leur fusion n'a pas débuté, du moins dans certaines directions, dès avant que la substance cellulaire se füt délimitée autour de leurs cytoblastes. On le voit, Henle ne fait quexprimer des doutes, sans oser affirmer le contraire; et pourtant, jamais on n'observe dans la plupart des tissus, dont il s'agit ici, aucune formation des cellules. On a le droit de s'étonner que, malgré ses doutes, l'auteur ait persisté dans cette voie erronée d'histogénèse.

1°« Les plaques, étendues en manière de membranes, et ne constituant qu'une seule couche, sont disposées à côté les unes des autres, de sorte qu'après la fusion, elles forment une membrane continue, ayant la limpidité de l’eau. Les noyaux disparaissent fréquemment; alors les membranes sont tout-à-fait dépourvues de structure, et elles ont un aspect hyalin; l’épithélium pavimenteux des vaisseaux se transforme, par cet acte, en une membrane d'apparence vitrée. Il est probable que la capsule cristalline, la membrane de Demours et la membrane vitelline se forment ainsi ; l'expansion celluleuse qui couvre, en manière d'épithélium, celle du nerf optique et celle du nerf auditif, paraît également se convertir en une membrane vitrée

simple.» Tous ces exemples sont cités à faux ; ces membranes ne prennent jamais naissance de la manière indiquée.

6a PREMIÈRE PARTIE : HISTORIQUE.

2° Les plaques se disposent en long à la suite les unes des autres, et forment des fibres plus ou moins plates. Les fibres ainsi produites ont assez constamment une largeur de 0,002 à 0,003 ligne, par conséquent celle de la plus petite cellule. L'auteur ajoute qu'il se développe des fibres déliées dans les membranes qui résultent de plaques confondues ensemble. Le mème phénomène a lieu dans les fibres formées de plaques, en sorte que chacune d'elles peut être subdivisée en un certain nombre de fibres plus déliées. Ces fibrilles, d'un diamètre de 0,0004 à 0,0008 ligne, affectent à peu près la même direction dans les membranes; mais souvent elles sont interrompues; fréquemment aussi elles sont bifurquées et anastomosées ensemble. Elles ne naissent pas des cellules ou de noyaux ; mais, à ce qu'il paraît, proviennent immédiatement de très-petites granulations, déposées immédiatement, et qui s'arrangent en ligne à la suite les unes des autres. Elles ne se dissolvent point dans l'acide acétique. La membrane sur laquelle elles se sont précipitées peut être résorbée en totalité, ou du moins dans les interstices des fibres, et alors il ne reste qu'un réseau de fibrilles, comme on le voit fréquemment à la face interne des vaisseaux. » En même temps, 1l apparaît aussi, dans les membranes, des ouvertures arrondies, irrégulières, plus ou moins grandes, qui annoncent, suivant Henle, un commencement de résorption dans les interstices de fibres.

« Lorsque les fibres provenant de cellules alignées à la suite les unes des autres se divisent en fibres plus petites, ce qui est très-ordinaire dans celles de la cornée transparente, du tissu cellulaire, des muscles de la vie organique et du nerf grand sympathique, les fibres sont toujours parallèles les unes aux autres, disposées en long et non ramifées. La division d'une fibre en fibrilles s'effectue par simple résorption de la substance interposée entre les fibrilles, ou bien, comme dans les membranes, les fibrilles se déposent sur la fibre en manière d'épaississement. »

IIT. Parmi les métamorphoses des cellules isoléès, l’auteur range enfin le cas où la cellule parachevée redevient le noyau d'une formation secondaire. Les exemples cités sont les fibres primitives des nerfs, les faisceaux primitifs des muscles de la vie animale et les poils; ce sont des fibres complexes ou des faisceaux complexes. Ces productions ont toutes un axe cylindrique ou un peu aplati, une substance corticale propre et enfin une gaine extérieure, touchant l'origine de laquelle il règne encore des doutes.

Situation du noyau. Le noyau est généralement appliqué à la paroi de la cellule; cependant il y a quelques exceptions. Dans les cellules de l'épithélium à cylindre, il doit se trouver à l'intérieur, de même dans les globules ganglionnaires. Lorsque le noyau affecte une situation excentrique dans ja paroi, on ne parvient pas aisément à déterminer sil en occupe la face interne ou la face externe de l'épaisseur. D'autres fois, comme, par exemple, dans les cellules du pigment et de l'humeur de Morgagni, il est placé à l'extérieur de la cellule, logé dans une petite fossette.

Disparition du noyau. Le noyau disparait dans les cellules de l'épiderme el dans les adipeuses. Parmi les tissus provenant des cellules confondues, les fibres du cristallin, celles de l'émail dentaire et celles des cartilages destinés à s0s-

HISTOGÉNÈSE GÉNÉRALE. 6:

sifier, n'offrent bientôt plus aucune trace nn les cellules -méres semblent en être dépourvues dans les vrais cartilages permanents.

Métamorphose du noyau. Schwann regarde le rôle du HhinEs comme ter miné quand la cellule est aevenue complète, et pense que la règle est qu'il disparaisse. Henle lui assigne un autre usage plus important. bou ours. il persiste, en général, dans toutes Îles fibres composées de cellules, à l'exception de celles du cristallin et de l'émail, suivant l’auteur, mais encore 1l se transforme également en une sorte particulière de fibres, entre lesquelles et celles des cellules existe un rapport remarquable (pl. VE, fig. ro à 14).

« D'abord les noyaux deviennent ovales, puis ils s allongent et se rétrécissent de plus en plus, et se convertissent en stries minces et obscures, qui reposent sur les cellules correspondantes, tantôt droites, tantôt courbées à angle ou en demi-cercle, tantôt enfin décrivant des flexions onduleuses lorsqu'elles ont une certaine longueur. Les nucléoles ont alors disparu. Les contours bien marqués de ces stries font qu'elles sautent de suite aux yeux dans les tissus fibreux, et qu'on les prend fréquemment pour les cellules allongées elles-mêmes, auquel cas on néglige lasubstance intermédiaire, ou on la prend pour la substance intercellulaire. C'est seulement à cette époque que commence parfois la résorption des noyaux; ceux-ci se résolvent en une série de petits points, qui deviennent de plus en plus pâles et petits. On trouve de ces séries de petits points dans tous les tissus fibreux, et, ce qui va sans dire, ils y sont d'autant plus nombreux que les noyaux subissent un développement ultérieur moins considérable : il y en a plus que partout ailleurs dans la cornée transparente et les muscles de la vie organique. Dans le cas contraire, les noyaux allongés se mettent peu à peu en communication avec les autres, par des filaments qu'ils s’envoient mutuellement, et qui, d'abord déliés et pàles, acquièrent gra- Juellement la force et la solidité des corpuscules foncés d'où ils étaient partis. Le développement des noyaux en fibres et la situation de ces dernières mettent hors de doute que partout ici les noyaux se trouvaient seulement à l'extérieur des cellules ; effectivement on parvient quelquefois, dans les premiers temps, à les séparer des cellules, sans détruire ces dernières, par l’action de l'acide acétique étendu, dans lequel ils nagent ensuite librement.

« Nous pouvons rapporter les fibres de noyaux à deux types différents. Je donne ce nom aux fibres qui doivent leur origine à la fusion de noyaux prolongés, et désormais J'appellerai fibres de cellules celles dont la formation est due à des cellules, ou les faisceaux de fibrilles dans lesquels se divisent les fibres de cellules. Lorsque cette scission a eu lieu, une fibre de noyau appartient à chaque faisceau de fibrilles. Les fibres de noyaux sont toujours beautoup plus grèles que les fibres de cellules ; elles ont souvent le même diamètre que les fibrilles de celles-ci. La différence des deux types qu'elles affectent dépend de la situation primitive des noyaux, suivant qu'ils reposent sur la surface de la fibre de noyau plate ou sur son bord, et la situation du noyau varie à son tour d'après la forme des fibres de cellules. Les noyaux ont sur leur surface des fibres de noyau tout à fait aplaties, et sur leurs bords des fibres de cellules qui se rap-

prochent de la forme cylindrique. À cette dernière espèce se rapportent les TOME Il. 6

fibres du tissu cellulaire, celles de la cornée transparente et celles de l'os den. taire.

« Lorsque les noyaux se trouvent aux bords des fibres de cellules, ils sont placés ou derrière les uns les autres, du même côté, ou alternativement des deux côtés. Dans le premier cas, leurs prolongements sont simplement disposés à côté les uns des autres, et les fibres du noyau marchent à côté de chaque faisceau. parallèlement à lui, de manière qu'il s'en trouve toujours une entre deux fibres de cellules, ou entre deux faisceaux de fibrilles. Cette alternation de fibres de cellules et de fibres de noyaux a lieu d’une manière très-régulière dans l'os dentaire, parfois aussi dans les lamelles minces du tissu cellulaire, surtout dans les tendons et les ligaments. Dans le tissu cellulaire, où les fibres de cellules elles-mêmes sont divisées en fibrilles d’une ténuité égale à celle des fibres de noyaux, ces dernières se distinguent par leurs bords obscurs, leurs flexions onduleuses et leur insolubilité dans l'acide acétique. Mais elles peuvent aussi, dans le tissu cellulaire, comme dans l'os dentaire, émettre des branches latérales, et par là se produisent, du moins en partie, ce qu on appelle les fibres élastiques du tissu cellulaire et les canalicules ramifiés de l'os dentaire, tels que Retzius les a figurés. Le dépôt de sels calcaires qui s'effectue dans ces canalicules fournit la preuve que les fibres de noyaux peuvent être creuses. J'ignore si elles le sont aussi dans d’autres cas.

« Quand les noyaux sont placés aux bords des faisceaux et alternants, ils croissent à l'encontre l’un de l’autre, de telle sorte que chacun d'eux envoie un prolongement au côté antérieur et un autre au côté postérieur de la fibre de cellule, prolongement dont l'un s'étend en bas et l’autre en haut. Le prolongement ascendant d'un noyau rencontre le prolongement descendant de celui qui le précède immédiatement sur l’une des faces de la fibre de cellule ; son prolongement descendant se confond avec l’ascendant de celui qui suit immédiatement, sur l'autre face de la fibre ; il se produit par là une spirale qui enveloppe la fibre de cellule ou ses fibrilles par des tours plus ou moins serrés. Ces sortes de fibres de noyaux contournées en spirale ne sont point rares dans le tissu cellulaire. Sur certains points, que j'indiquerai dans la description spéciale, on les rencontre d’une manière presque régulière; hors de là, elles se présentent sans ordre, mêlées avec les fibres de noyaux droites, et j ai souvent vu une fibre de noyau marcher d'abord en ligne droite sur un faisceau de fibrilles de tissu cellulaire, puis faire une couple de tours de spirale, et ensuite reprendre sa direction droite, ce qui dépend uniquement de la position accidentelle du noyau lors de la première formation de la cellule. Il parait que les fibres de noyaux contournées en spirale peuvent, comme les fibres spirales des végétaux, se scinder, puis se réunir en anneaux isolés; car jai vu quelquefois des anneaux entiers, au lieu de tours de spire, autour des faisceaux du tissu cellulaire.

« Les fibres de noyaux de la seconde espèce, celles qui sont disposées à la suite les unes des autres sur les surfaces des fibres de cellules aplaties, se font remarquer par leur tendance à émettre des branches latérales, et à se réunir, par le moyen de ces branches, en un réseau qui couvre la couche des fibres de cellules, et qui, dans le cas d'un développement bien régulier, doit se trouver compris

HISTOGÉNÈSE GÉNÉRALE. 63 entre deux couches de fibres de cellules. Les branches latérales sont plus ou moins longues et fréquemment contournées : il leur arrive souvent de se détacher de la fibre cellule, et en général les parties de cette couche des fibres de noyaux tiennent plus les unes aux autres que la couche elle-même ne tient aux fibres de cellules. On peut suivre le développement de cette espèce de fibres de noyaux dans les tuniques des vaisseaux et la membrane musculaire des intestins. Elles sont plus fortes que partout ailleurs dans la tunique à fibres longitudinales des veines, assez prononcées, avec de nombreuses anastomoses, dans la tunique movenne des artères. Dans les muscles de la vie organique, on ne parvient à les démontrer, liées les unes avec les autres, qu après avoir dissous les fibres de cellules par le moyen de l'acide acétique : on en voit aussi des fragments qui marchent, comme des arêtes ou des ourlets, sur les faisceaux musculaires. Il est plus que probable que les noyaux peuvent également s'allonger en fibres dans les membranes composées de cellules aplaties. Sur les faisceaux complexes des muscles soumis à la volonté, dont la gaine extérieure parait consister en cellules confondues, on voit, au moins très-souvent , les corpuscules obscurs et onduleux, que nous avons appris à connaitre comme des degrés intermédiaires entre les noyaux et les fibres, et parfois aussi on aperçoit des fibres extrêmement déliées, onduleuses, qui sont insolubles dans l'acide acétique. |

« L'insolubilité des fibres de noyaux dans l'acide acétique mérite d'autant plus d’être signalée comme particularité caractéristique, qu'à cet égard il y a accord entre elles et les noyaux eux-mêmes, ce qui reporte en quelque sorte à leur origine. De même, les fibres de cellules sont, comme les cellules d’où elles procèdent, solubles presque toutes dans l'acide acétique. Cependant il existe des exceptions sous ce rapport; et comme les fibres isolées de certains tissus, par exemple, à l'épiderme, deviennent cornées, et alors insolubles dans l'acide acétique, de même les fibres formées de cellules, par exemple, dans les poils, se convertissent aussi en corne. La manière de se comporter avec l'acide acétique n'est donc point un caractère sur, et il y a des fibres insolubles dans ce menstrue à l'égard desquelles, n'ayant pas suivi leur développement, je suis obligé de laisser. indécise la question de savoir si elles ont dû naissance à des noyaux ou à des cellules. J'entends parler surtout des fibres de la /amina fusca, de celle de la zone ciliaire, et d’autres semblables, qu'on rencontre surtout fréquemment , chez les grenouilles, entre les faisceaux du tissu cellulaire, dans le péritoine, ainsi qu'à la surface des muscles et des nerfs. Ces fibres, de forme très - variable , sont beaucoup plus päles que les fibres ordinaires de noyaux, Ce qui fait qu on est souvent forcé de recourir à des moyens particuliers pour les rendre visibles. Elles sont bifurquées, et souvent étoilées, se trouvent isolées les unes des autres, et se croisent en toutes sortes de direction. Là où plusieurs d'entre elles s'écartent en divers sens, on rencontre fréquemment de petits renflements, qui conduisent à conjecturer qu'il existait primitivement, en cet endroit, un globule ou une petite plaque, ayant servi de point de départ aux fibres. Schwann a figuré, d'après le tissu cellulaire de l'embryon, des cellules à noyau qui se prolongent en fibres, soit d’un

côté seulement, soit des deux côtés en même temps, ou même de plusieurs côtés à la fois (pl. IV, fig. 6, 8). Peut-être les fibres dont je viens de donner la description se développent-elles de ces fibres; car je ne puis admettre, du moins d'après mes observations, qu'elles soient les commencements des faisceaux du tissu cellulaire proprement dit. Au reste, il faut encore prendre en considération une troisième possibilité, celle que ces fibres ne naissent ni de noyaux, ni de cellules, mais soient des dépôts secondaires, semblables à ceux que j'ai décrits précédemment sur la membrane interne des vaisseaux.

« Une difficulté que je ne connais, pour le moment, aucun moyen de résoudre, consiste en ce qu'on trouve, notamment dans le tissu cellulaire, de gros faisceaux qui sont entourés de fibres spirales, et qui se composent, à leur tour, d'autres faisceaux ayant des fibres de noyaux en spirale ou droites. De ces fibres spirales, les externes ou les internes sont des formations secondaires. Ou la fibre spirale externe est une vraie fibre de noyau, et alors il faudrait que de nouvelles cellules à noyaux se fussent développées plus tard dans l'intérieur d'une fibre de cellule ; ou bien la fibre qui embrasse une masse de fibres de cellules primitives a été produite plus tard, et alors des fibres spirales naïtraient aussi de noyaux dont les cellules ne se fondraient point en fibres. »

Conduits intercellulaires. « On nomme conduits intercellulaires des vides entre les cellules, qui sont limités de tous côtés par les parois de cellules adossées, et qui contiennent de l'air ou un liquide. Ces vides peuvent devoir naissance, soit à la résorption ou de cellules ou de la substance intercellulaire, soit à un écartement de cellules.

« Dans le corps des animaux, les supérieurs au moins, la délimitation des conduits intercellulaires forme, la plupart du temps, une couche multiple de cellules d'autant plus puissante que la cavité est plus ample; les couches extérieures de cellules dégénèrent en fibres, et de là résultent des sacs et des canaux à parois membraneuses et charnues; par exemple, les chambres de l'œil sont des conduits intercellulaires sans parois propres. Les vrais sacs séreux sont des espaces intercellulaires entourés d'une simple couche de cellules. Dans les autres conduits intercellulaires, le système vasculaire, les canaux ouverts au-dehors et les conduits excréteurs des glandes, les parois se sont élevées à une parfaite indépendance.

« Les conduits intercellulaires dans lesquels le suc nutritif circule représentent un système clos de tubes ramifés; les autres conduits intercellulaires ramifiés s'ouvrent au- dehors ; cependant ils paraissent être clas pendant les premières périodes de la vie, et ne s'ouvrir à la surface que plus tard, par déhiscence. Les glandes composées ne doivent pas naissance, comme on le supposait autrefois, à ce que le conduit excréteur pousse des branches et des rameaux, à la manière d'un arbre et à partir de la surface sur laquelle il s'ouvre; mais ses ramifications les plus déliées se produisent, comme conduits intercellulaires, dans une masse compacte de cellules, et n entrent qu'ensuite en communication avec le tronc. Si notre interprétation des réseaux capillaires et des extrémités les plus déliées des glandes est exacte, si ce sont réellement des cellules-mères confondues, et que les corpuscules du sang et du mucus soient la

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jeune génération endogène, il faut admettre que des cellules peuvent s'ouvrir dans des conduits intercellulaires, et les parois des cellules se confondre avec celles de ces conduits. »

(5. Martin Barry. Théorie des fibres sptrales.

Une opinion toute particulière et complétement différente de la théorie de Schwann fut établie par Barry. Cet auteur a développé ses idées dans plusieurs mémoires successivement présentés à la Société royale de Londres. Nous en donnerons les résultats relatifs à la théorie histogénétique, en suivant l'ordre chronologique des publications.

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