Troisième mémoire sur les corpuscules du sang. (n
Après avoir fait remarquer que, jusqu'à présent, on n'a pas eu une idée bien nette de la manière dont les globules flottants du sang produisent la nutrition, l'auteur établit qu'il a trouvé que toute structure qu'il a eu l'occasion d'exa-
N° 83. Société royale de Londres. Janvier. 1841. Philosophical transactions. 1 84x. N° 84. Société royale de Londres. 1841. Philosophical transactions.
HISTOGÉNESE GÉNÉRALE. 67 ininer provient de corpuscules ayant le même aspect que les globules du sang. Voici les tissus qu’il a soumis à l'observation directe, et qui lui ont présenté le résultat annoncé, savoir : les tissus cellulaire, nerveux et musculaire; indépendamment du cartilage, des membranes des vaisseaux sanguins, de différentes membranes de l’épithélium, du pigment noir, des processus ciliaires du cristallin, et même des spermatozoaires et de l'œuf.
L'auteur décrit ensuite le noyau du corpuscule sanguin dans le globule du pus, et fait voir que chaque stage dans cette transition présente une figure définie; que la formation du globule du pus, au moyen du noyau du corpuscule sanguin, s'opère essentiellement par le même procédé que celui au moyen duquel la tache du germe vient à remplir la vésicule du germe de l'œuf. Ce procédé, qu'il a eu l'occasion de décrire dans un précédent mémoire et de suivre sur les corpuscules du sang, 1l montre aujourd'hui qu'il est universel, et en particulier parfaitement facile à saisir dans la reproduction de l'épithélium. Le cylindre de l'épithélium semble constitué, non pas par la réunion de deux objets simples primitivement, ainsi qu'on l’a supposé, mais par la division, au contraire, d'un objet primitivement simple. Certains objets, appelées par l'auteur disques primitifs, présentent une faculté contractile inhérente, tant lorsqu'on les isole que quand ils font partie d'un objet d’un plus gros volume. C'est ainsi qu'il a pu observer un cylindre d'épithélium commençant qui s'est roulé sous ses yeux. Des mouvements moléculaires s'apercoivent aussi quelquefois dans les corpuscules du sang. L'auteur a fait connaitre de jeunes corpusecules sanguins qui présentent des mouvements comparables à ceux moléculaires, et qui ont une étendue considérable, et il a trouvé que les noyaux des corpuscules sanguins étaient pourvus de cils qui tournaient et produisaient la locomotion. Dans son premier mémoire sur les corpuscules du sang, il a décrit certains changements instantanés de forme quil avait observés dans les olobules du sang, puis annoncé que dans son opinion ces changements devaient être dus à des cils contigus, quoiqu'il n'eût pas réussi à discerner des cils de cette espèce. Il établit actuellement que des observations subséquentes le disposent à penser que ces changements de forme résident dans une force inhérente distincte des mouvements occasionnés par les cils. Le disque primitif dont il vient d'être question semble correspondre dans quelques cas au cytoblaste de M, Sehleiden. Ainsi le très-jeune corpuscule du sang n’est qu un simple disque, tandis que le vieux corpuscule est une cellule. L'auteur décrit avec beaucoup de détail le mode d'origine du pigment noir, et fait voir qu’il se forme de la même manière dans la membrane choroïde de l'œil; puis il décrit la vésicule de Graaf comme se formant par l'addition d’une enveloppe à l’ovisac préexistant, enveloppe qui, suivant lui, devient ensuite le corps jaune. Il confirme ces observations en ajoutant que ce sont les corpuscules du sang qui entrent dans la formation de l'enveloppe de l’ovisac, qui donnent naissance au corps. Quant aux Spermatozoaires, 1ls lui paraissent composés de quelques disques réunis. Les fibres du cristallin ne sont pas des cellules allongées, ainsi que Schwann l'a sup-
posé, mais des cellules rapprochées, d'abord disposées de la même manière que les grains dans un collier.
bS PREMIERE PARTIE: HISTORIQUE.
L'auteur termine par la récapitulation suivante : 1° le noyau du corpuscule du sang peut être reconnu et retrouvé dans le globule du pus; 2° les diverses structures proviennent de corpuscules ayant la même apparence, la même forme, la même dimension que les corpuscules du sang; 3° les corpuscules qui ont cette apparence et donnent naissance à ces structures sont propagés par la division de leurs noyaux; 4° les corpuscules du sang, aussi, se propagent par la division de leurs noyaux; 5° la petitesse des jeunes SR PRES du sang est quelquefois extrême, et on les rencontre dans les parties qu'on considère sénéralement comme n'étant pas perméables au sang rouge.
Dans une addition à son mémoire, l’auteur annonce encore que le sang trouvé dans le cœur, immédiatement après la mort, avec épanchement de ce fluide, présente constamment des altérations dans la position de ces corpuscules. Quand on examine un simple corpuscule de cette nature avec beaucoup d'attention, on le voit changer de forme, et l'auteur est disposé à penser que c’est ce changement de forme qui produit l'altération de position.Les changements dans la forme sont légers, comparativement à ceux qu'il a décrits et observés précédemment dans le sang et dans les autres parties du corps, et on ne peut les distinguer qu'avec la plus grande attention. Ces mouvements ressemblent à ceux dits moléculaires, et dans les plus petits corpuscules, qui ne sont que de véritables points, on n'apercoit rien autre chose que le mouvement moléculaire. Cest une question, suivant l’auteur, de savoir si le mouvement moléculaire diffère dans sa nature des mouvements des gros corpuscules dont il vient d'être parlé. La division des corpuscules du sang en corpuscules de volume moindre, quoique très-apparente dans les deux côtés du cœur, a semblé plus générale sous cette forme dans le côté gauche, ce qui lui parait mériter quelque attention comme se liant au phénomène de la respiration.