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Théorie de la fibre spirale (n

( Planche VIN, fig. 4-4.)

L'auteur commence par faire remarquer que, quand le corpuscule du sang est parvenu à maturité, il y existe souvent déjà un filament formé à l'intérieur de ce corpuscule., Dans les mammifères, l'homme compris, ce filament est fréquemment annulaire; parfois l'anneau est rompu en quelque point, et souvent une des extrémités monte sur l’autre. C'est ce qu'on observe plus frequemment chez les oiseaux, les amphibies et les poissons, chez lesquels le filament a une longueur suffisante pour constituer une spirale. Ce filament est formé avec les disques contenus dans le corpuscule sanguin. Dans les mammifères, les disques qui entrent dans sa formation sont peu nombreux et ne forment qu'un anneau simple; de là la forme biconcave du corpuscule de cette classe et la forme fréquemment annulaire du filament qu'il produit. Dans les autres vertébrés, les disques contenus dans le corpuscule sanguin sont (rop nombreux pour un simple anneau, et, par conséquent, se roulent en spirale; à la partie extérieure de cette spirale, le filament, qu’on a déjà dit être plat, présente souvent son bord; ce qui produit une plus grande épais-

N° 85. Sociéte royale de Londres. Séance du 6 janvier 1842. Philosophical transactions. 18/42.

HISTOGÉNÈSE GÉNÉRALE. 69 seur du corpuscule, et comme s’il avait été tranche nettement en ln tandis qu'au centre on trouve généralement Le portion ses employée d’un noyau; de là aussi l'éminence centrale, entourée par une LES dans les corpuscules qui, par lacauseci-dessus mentionnée, oui le bord épaissi. Le noyau du corpuscule sanguin ressemble dans quelques Cas à . pelotte de ses en ce qu'il est composé effectivement à sa partie extérieure d'un filament roulé. pue les invertébrés que l'auteur a examinés, le corpuscule du sang passe de même à l'état de spirale.

Le filament , ainsi formé dans le corpuscule du sang, a une structure remarquable; car il estnon-seulement aplati, mais profondément creusé sur ses deux surfaces, et, par conséquent, moins épais au milieu que sur les bords qui sont arrondis ; de facon que le flament, quand on le voit de champ, paraît au premier aspect consister en segments. La ligne qui sépare les segments apparents l’un de l’autre n'est pas toutefois directement transverse, mais oblique.

Une portion du caillot du sang consiste quelquefois en filaments présentant une structure identique avec celle du filament formé à l'intérieur du corpuscule sanguin. L’anneau formé dans le corpuscule du sang chez l'homme, et la spirale dans celui des oiseaux et des reptiles, ont souvent été aperçus par l'auteur se déroulant dans les filaments droits et souvent parallèles du caïllot ; changement qui se présente également dans du sang placé sous le microscope avant sa coagulation. Ter

L'auteur fait ici l'énumération d'un grand nombre d'organes dans lesquels il a observé le même genre de filaments. Parmi les structures végétales, 1l a soumis à l'examen microscopique la racine, la tige, le pétiole et la feuille, ainsi que les différentes parties de la fleur, et, chez tous les phanérogames où il existe un tissu fibreux, il ne lui a pas été possible de découvrir le filament du même genre. Le filament plat observé par l'auteur dans toutes ces structures, tant animales que végétales, pourrait, dit-il, être habituellement désigné par le nom de fibre. Son aspect est précisément celui du filament formé à l’intérieur du corpuscule sanguin. On sait, ajoute-t-il, que des corpuscules discoïdes circulent dans les plantes, et il reste à constater s'il se forme ou non des filaments dans ces dernières.

En suivant graduellement la fibre ou le filament ci-dessus mentionné à travers des objets identiques de dimension considérable, l’auteur s'efforce de démontrer quil nest pas possible de tracer une ligne de démarcation entre les filaments les plus délicats et un objet qui, selon toutes les apparences, est composé de deux spirales courant en directions opposées et s’entrelacant à certains intervalles réguliers , disposition qui produit dans l'objet entier une {orme aplatie et donne une apparence déprimée. C’est dans le fait la structure que, faute d’une expression plus convenable, il a cherché à désigner sous la dénomination de filament plat. Le bord de ce filament présente ce quon pourrait, à la première vue, prendre pour des segments, Mais qui, en réalité, sont les courbes consécutives d’un fil à spirale. Cest là également l'aspect que

présente le filament le plus délicat, appelé généralement fibre, et l’auteur in- TOME II. | 18

siste surtout sur la direction oblique de la ligne de séparation des sewments apparents du petit filament, dans ses rapports avec la direction oblique des espaces entre les courbes des fils en spirale des gros filaments.

La forme spirale, qui jusqu'à présent a semblé ne pas exister, ou à peu de chose près, dans les tissus animaux, est aussi générale chez les animaux que dans les plantes. Le tissu nerveux , le muscle, les vaisseaux capillaires sanguins et la lentille du cristallin, en présentent des preuves; et si l'opinion de l’auteur sur l'identité de structure dans les gros et dans les petits filaments est exacte. il s'en suivrait que les spirales sont beaucoup plus générales dans les plantes elles-mêmes qu'on ne l’a supposé jusqu'à présent ; les spirales seraient en effet aussi universelles que la structure fibreuse. |

La tendance à la forme spirale se manifeste de très-bonne heure. L'exemple le plus important de ce fait est présenté par le corpuscule du sang, tel qu'il à été écrit ci-dessus. L'auteur en a aussi trouvé uue preuve intéressante dans le cartilage de l'oreille d’un lapin, où le noyau, hibre dans la cellule, ressemblait à un peleton de fil, composé à sa partie extérieure d’un filament roulé en spirale qu'il abandonnait pour former la paroi cellulaire, qui n’est autre chose que la portion la dernière formée de ce qu on appelle la substance intercellulaire, partie essentielle du cartilage. Ces noyaux du cartilage, aussi bien que ceux des autres tissus, proviennent, selon toute apparence, par génération fissipare, des noyaux des corpuscules sanguins.

L'auteur décrit ensuite le mode d'origine du filament plat ou fibre, et sa reproduction dans divers tissus animaux et végétaux qu'il énumère. Il regarde chaque filament comme un corps composé qui augmente de dimension, et qui, par analogie, peut contenir les éléments de structures futures formées par divisions et subdivisions auxquelles on ne saurait assigner de limites.

Il décrit ensuite la formation du muscle au moyen des cellules qui, suivant ses observations, dérivent des corpuscules du sang jusqu à l'état où existe ce qu’on à appelé la fibrille. Dans cette formation, il convient d’observer celle d’un second ordre de tubes avec le tube originaire; une disposition régulière toute particulière de disques à l'intérieur de ces seconds tubes ; la formation d'abord d’anneaux, puis de spirales, avec des disques ainsi disposés; l'entrelacement des spirales, et l'origine, dans l'espace circonscrit par celles-ci, de spirales de moindre dimension qui, à leur tour, en renferment de plus petites encore, et ainsi de suite. Les spirales extérieures entrent pour la plus srande part dans la formation de la membrane engainante découverte par Schwann, mais dont la description compiète, dans son état définitif, a été donnée par M. Bowman. Les spirales intérieures constituent ce qu'on a nommé les

fibrilles. La fibrille ne parait à l'auteur être autre chose qu'un état de l'objet qu'il a désigné sous le nom de filament plat, et qui, comme il l'a démontré, a une structure composée. La fibrille, selon lui, n'est pas arrondie et en chapelet, ainsi qu'on l'a supposé, mais un filament plat et à gouttière auquel s'applique spécialement la description ci-dessus donnée du filament. Ce filament plat est situé de telle facon dans le faisceau du muscle de la volonté quil présente son bord à l'observateur. Il paraît que c est l'aspect présenté par le bord

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de ce filament, c'est-à-dire par les courbes d'un filspiral, qui a donné l'idee d'un renflement longitudinal et en chapelet de la fibrille, et produisant des stries sur le faisceau du muscle de la volonté. Dans l'opinion de l’auteur, les stries opaques longitudinales sont des espaces (probablement occupés par un fluide lubrificateur) entre les bords des filaments plats, chaque filament étant composé de deux fils en spirale, et les stries transverses opaques sont des séries d'espaces entre les courbes de ces fils spiraux. Les changements qui, comme on sait, se produisent par les raccourcissements et les allongements alternatifs d’une spirale isolée, sobservent au microscope dans un faisceau de spirales , non-seulement sur sa longueur et son épaisseur, mais encore sur l'étendue des espaces (stries) entre les courbes des spirales; et un muscle n'étant rien autre chose qu’un énorme faisceau de spirales, 1l se raccourcit et s'épaissit dans la contraction, tandis que dans le relâchement il s'allonge et s'amincit. Il n’y a donc aucun aplatissement de segments en chapelet dans la contraction. L'auteur n'a trouvé aucun segment qui püt éprouver ce changement. Ces observations sur la forme des filaments ultimes dans les muscles de la volonté ont d’abord été faites sur la larve d'un reptile de l’ordre des batraciens, et ont été confirmées par un examen de cette structure dans chaque classe des animaux vertébrés, ainsi que chez les crustacés, les mollusques, les annélides et les insectes.

IL a trouvé aussi que la fibre dentelée, découverte par Sir David Brewster dans la lentille du cristallin, est formée d’un filament grossi, les portions en saillie des fils en spirales dans ce filament, c'est-à-dire les segments apparents, devenant les denticules de cette fibre.

Les filaments composés se voient d'une manière tout à fait distincte dans les vaisseaux sanguins de l'arachnoïde. Tout en mentionnant la direction en spirale du filament extérieur dans les vaisseaux, l’auteur cite en même temps les rouleaux suivant lesquels les disques rouges de sang se disposent d'eux-mêmes sous le microscope, disposition qui indique une tendance à produire des filaments spiraux. Pour former des rouleaux, un corpuscule s’'unit à un autre corpuscule, c'est-à-dire un anneau à un autre anneau; ces anneaux se transforment en tours. L'union de ces tours, bout à bout, forme une spirale. Mais la formation parles corpuscules du sang de ces rouleaux est intéressante en ce quelle se lie à quelques faits rapportés par l’auteur dans un précédent mémoire, Savoir : que beaucoup de structures, y compris les vaisseaux sanguins, ont leur origine dans des rangs de cellules qui dérivent des corpuscules du sang. Les spermatozoaires humains présentent un disque avec une dépression pellucide; chacun des deux côtés de la portion périphérique s'étant allongé en un fil; ces deux fils ont formé, en s’entrelaçant, la partie qu'on désigne ordinairement sous le nom de queue. La présence de deux queues, observée par M. Wagner, ne provient, suivant l’auteur, que du désentrelacement de ces: tils.

L'auteur signale «une très-curieuse ressemblance dans le terreau, provenant du dépérissement de la matière organique ; avec les premières époques de la formation des tissus les plus comprimés du règne animal, plus particulière-

ment le nerf et le muscle. » Le lin lui a présenté aussi des preuves satisfai. santes d'identité, non-seulement de structure, mais de mode de reproduction entre la fibre animale et celle végétale.

M. Valentin avait nrtsidionibionts annoncé que dans les plantes tous les dépôts secondaires ont lieu en spirales. Dans la structure interne des animaux, les spirales ont jusqu'à présent semblé manquer, ou au moins à peu près. Si les faits rapportés dans ce mémoire sont confirmés par les recherches des autres observateurs, l’auteur pense que la question à l'avenir peut être de savoir quel est le dépôt secondaire dans la structure animale, qui na nul rapport avec la forme spirale? La spirale chez les animaux n'est pas , ainsi qu'il croit l'avoir démontré, une formation secondaire, mais la plus primaire de toutes, et la question est de savoir s’il n’en est pas précisément de même dans les plantes.

Dans une addition à son mémoire, M. Barry fait remarquer quil est des états du muscle de la volonté dans lesquels les filaments longitudinaux (fibrilles) ne participent nullement à la production des stries transverses ; ces stries sont occasionnées par les tours des spirales, à l'intérieur desquelles sont contenus de très-petits paquets de filaments longitudinaux qui y ont leur origine. Les spirales sont entrelacées. Quand elles sont à l'état de maturité ce sont des filaments plats et sillonnés ayant la structure composée décrite précédemment. Dans le raccourcissement des filaments longitudinaux (fibrilles), lors de la contraction musculaire, les spirales environnantes, et, par conséquent, les stries, s'allongent et se rétrécissent, tandis que, dans Île relâchement, ces changements sont renversés.

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