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tiques. On aperçoit déjà des fibres musculaires dans la larve de 4 à 5 milli. mètres, les unes placées transversalement sur le trajet de la corde dorsale, Jes autres latéralement sur les plaques vertébrales (PI. 10, fig. 6, b, b). » Ce ne sont dans le principe que des globules organoplastiques allongés des deux cÔtés, devenant d’abord ovales et prenant ensuite la forme de cylindres arrondis à leurs deux extrémités (PL. 10, fig. 6, a, a). Ils contiennent dans leur intérieur des globules simples rangés en ligne et offrant un aspect moniliforme; ils ont jusqu'à 0,005 m. de longueur sur 0,005 de largeur. Ces cylindres se réunissent ensuite par groupes de 3 à 4, et forment ainsi par confluence des faisceaux plus larges, qui ont jusqu à 0,02 mill. de largeur et dans l'intérieur desquels se forment plus tard les fibres primitives, les stries transversales, etc. »
« Dans l'œuf de poulet incubé depuis soixante heures (n. 111, p. 294), le cœur est, d'après ces auteurs, encore tout composé de globules organoplastiques entourés d'une substance granuleuse. Dans l'œuf incubé depuis so:xante-douze heures le cœur offre un aspect finement granuleux et presque amorphe; il renferme des globules organoplastiques (PI. 10, fig. 25) très-pàles, de 0,015 mill, contenant dans leur intérieur un noyau deo,0075 ào,o1 mill., situé en dehors du centreetcontenant dansl’intérieur un, deux jusqu'à trois nucléoles;on apercoit aussi beaucoup de ces nucléoles libres. En recouvrant le cœur d'une lame mince de verre, on fait sortir beaucoup de ces globules intacts. La structure du cœur montre déjà une tendance à l'état fibreux dans son aspect général, sans qu'on puisse encore bien en saisir les éléments. Dans l'œuf incubé depuis quatre jours, la substance du cœur est encore composée de globules organoplastiques, mais dont les membranes cellulaires n existent plus en bonne partie, et ils sont entourés d'une masse abondante de substances granuleuses; on reconnait de plus une disposition musculaire de faisceaux s'entrecroisant les uns les autres et laissant entre eux des mailles assez larges; dans leur intérieur on ne reconnait point de fibres distinctes, mais plutôt un aspect confus et granuleux; ces faisceaux ont jusqu'à 0,024 mill. de largeur. Les auteurs n ont pas pu jusqu à présent saisir le passage direct entre les globules organoplastiques du poulet et les faisceaux musculaires du cœur, et il ne leur parait pas impossible que les globules se liquéfient en bonne partie et que ce soit dans ce blastoderme que se constituent d'abord les faisceaux, et, dans l'intérieur de ces derniers, plus tard, les fibres primitives des muscles. La formation par l'intermédiaire des globules fusiformes, disent-1ils, ne serait pas impossible; mais elle parait en tout cas ne pas être ici le seul mode de formation ; elle est plutôt propre à la formation de tous les tissus fibreux et à celle du péricarde. Dans l'œuf incubé depuis six jours, la texture fibro-fasciculaire de la substance musculaire est loin d'être complète, et on voit encore, outre les faisceaux incomplets, un certain nombre de globules organoplastiques et des formes intermédiaires, telles que des cellules allongées et fusiformes. En comprimant fortement le tissu sous le microscope, on reconnait déjà un certain nombre de fibres primitives granuleuses. Les globules paraissent plutôt être les noyaux des globules organoplastiques que ces derniers en totalité.
N° 111. Prevosr et LEBERT. Annales des sciences naturelles, Mai. 1844.
HISTOGÉNÈSE SPÉCIALE. 87
Enfin, au huitième jour de l'incubation, dans quelques endroits les faisceaux musculaires et les mailles se voient très bien et donnent à l'ensemble un aspect réticulaire, mais dans d'autres endroits 1l offre plutôt un aspect granuleux dans lequel on distingue un grand nombre d'éléments globuleux, surtout beaucoup de noyaux des globules organoplastiques de 0,0054 à 0,0085 mill. et des corps fusiformes à côté des fibres granuleuses. Les corps fusiformes ont jusqu'à 0,024 mill. de longueur sur 0,0056 de largeur; par place, ils forment par aggrégation un vrai tissu fusiforme. »
Chez les batraciens, la substance du cœur, dans ses premières phases de développement, est formée, d’après Prévost et Lebert (n. 110, p. 215), de globules organoplastiques assez rapprochés les uns des autres (pl. 10, fis. 10), de 0,025 mm., composés d'une membrane d'enveloppe, de quelques globules en petit nombre, et de la vésicule diaphane interne peu distincte; ces globules sont placés dans une substance intercellulaire qui contient beaucoup de petits globules primitifs. La surface de la substance du cœur parait irrégulièrement réticulée, et c'est surtout à la partie corticale que les globules commencent à prendre des formes allongées : l'aspect total fait déjà l'impression d'un commencement de fibration, quoiqu'on ne puisse pas encore distinguer de fibres. Dans les tétards longs d'un centimètre, on ne reconnait presque plus, dans la substance du cœur, l'enveloppe des globules organoplastiques, et il parait même que ce sont plutôt leurs noyaux qui constituent en partie la substance; ils sont devenus plus granuleux dans leur intérieur, et n'ont conservé leur transparence que vers le milieu; dans la substance intercellulaire, autour d'eux, on remarque de nombreux granules moléculaires et des petits globules en forme de paillettes. Dans les tétards plus avancés, les éléments qui composent le cœur sont encore en partie des globules organoplastiques (pl. 10, fig. 11, a), de 0,0175 à 0,02 mm., paraissant presque incolores et ne contenant dans leur intérieur que des granules et un noyau souvent peu distinct de 0,000 à 0,0075 mm.; on ne voit pas encore de faisceaux de fibres bien régulières, mais des cellules fusiformes, allongées (pl. 10, fig. 11, 6), nayant que 0,0075 de largeur sur 0,02—0,03 mm. de longueur, montrant dans leur intérieur des granules et dans plusieurs un noyau. Nous avons donc affaire ici, disent les auteurs, au passage des globules organoplastiques déja modifiés en cellules allongées et fusiformes, contenant encore des noyaux qu on n aperçoit plus à mesure qu'elles se transforment davantage en éléments musculaires.
Kœllker (n. 101, p. 74 et 112, p. 93) s'exprime ainsi : « Les faisceaux primitifs des muscles du tronc et de la tête se forment de cellules embryonnaires, ceux des muscles des extrémités de cellules sans contenu sraisseux. Ces cellules, en se rangeant en séries linéaires l’une à la suite de l'autre, se soudent en un autre tube dont la membrane est formée par les parois des cellules, le Contenu par leurs noyaux, leurs globules et leur contenu liquide. Les fibres musculaires primitives se développent par une métamorphose de ce
N° 112. KortriKer. Annales des sciences naturelles. Zoologie. Août 1846.
contenu, soit tout à l'entour à la face interne de la membrane du tube (muscles des extrémités des larves de la grenouille ; muscles des tritons), soit - seulement d'un côté (muscles du tronc et de la tête de la grenouille). Dans le premier cas, ces noyaux des cellules, qui persistent très-longtemps, $e trouvent dans le centre du faisceau des fibres primitives; dans le dernier, ils se trouvent à l'extérieur de celui-ci, entre sa superficie et la membrane du tube.__La membrane qui entoure les faisceaux primitifs des muscles, dont le développement vient d'être décrit, et ces noyaux ne sont autre chose que le sarcolemma et les noyaux qui ont été décrits chez les muscles des adultes.
Gunther (n. 113, p. 369) voit les fibres musculaires chez l'embryon de brebis, long de un pouce et demi , encore composées de cellules carrées. Chez des embryons longs de deux pouces à deux pouces et demi, les parois cellulaires ont disparu, les noyaux sont plus foncés, allongés transversalement et rapprochés, ce qui doit être attribué à la contraction de la fibre ou au nombre plus considérable de ces noyaux.
. 2 Tissu nerveux.
C'est à Schwann (n° 65, p. 170; voyez chap. IIT, p. 38) que nous sommes redevables des premières recherches sur le développement des tubes primitifs du système nerveux. Examinés à l'œil nu, les nerfs de l'embryon sont gris et translucides, d'autant plus que le sujet est plus jeune. Chez un fœtus de cochon, long de trois pouces, ces organes consistaient uniquement en une substance opaque et grenue, renfermant épars des noyaux des cellules. Dans un âge un peu plus avancé, ils forment des cordons pâles, finement granulés, qui sont garnis de stries presque insensibles sur leur longueur; les noyaux ovales sont alors dispersés en séries longitudinales, et dès qu'ou parvient à isoler les fibres, les noyaux des cellules restent adhérents à chacune d'elles, rangés à la suite les uns des autres. Les fibres elles-mêmes offrent des contours arrêtés, mais non obscurs; elles sont pâles et granulées. Schwann présume que ce sont des tubes qui ont pris naissance par l'adossement à la suite les unes des autres des cellules, dont les parois intermédiaires ont été résorbées. Suivant lui, les parois des cellules se seraient confondues ensemble pour produire la gaine des tubes primitifs : les noyaux qu'on trouve quelquefois, chez l'adulte, sur cette gaine, et qui, d'après sa manière de voir, sont placés à sa face interne, seraient les noyaux restants des cellules primitives. Enfin la moelle nerveuse devrait être considérée comme un dépôt secondaire sur la paroi interne de la membrane primitive des cellules. En même temps que le développement de cette moelle aurait lieu, le reste de la cavité de la cellule se remplirait du cylindre formant l'axe.
Schwann établit encore une autre hypothèse relativement à la conversion des fibres nerveuses embryonnaires en tubes primitifs; savoir, celle que la moelle nerveuse s'attacherait à chaque fibre en manière d'écorce, et qu'ainsi la fibre elle-même deviendrait le cylindre d'axe. Il ne développe
N° 513. Gunraer. Handbuch der speciellen Physiologie. Leipzig. 1845.
pas davantage cette opinion. Cependant cette dernière he dissue en plus vraisemblable à Æenle (n° 70, t. vu, 12 327) ique pese. si l'on en juge d'après ce que Rosenthal et Valentin ont observé depuis. En effet, Palentin a trouvé dans le centre ovale de Vieussens des fibres qui, par des parois transversales, annoncçaient devoir leur formation à une réunion de cellules: elles contenaient un tissu fibreux dans leur paroi; les noyaux arrondis et ovalaires étaient situés dans leur intérieur. Ces noyaux pälissent et disparaissent quand les fibres primitives deviennent plus claires. Aosenthal (n° 76, p. 30) a vu, dans l'intérieur des tubes primitifs, de petits points obscurs, qui étaient peut-être autant de débris des noyaux résorbés du cylindre de l'axe. En parlant des fibres des nerfs du corps formées de cellules disposées à la suite les unes des autres, #’alentin (n° 89, p. 12) dit qu'on y voit attachée, en petite quantité, une masse tres finement grenue: on ne saurait déterminer, d'après ses expressions, si cette masse est placée à l'intérieur ou à l'extérieur des cellules; cependant Henle la présume située au dehors, et admet qu'elle est la première base de la moelle nerveuse. Autour d'elle se formerait, en dernier lieu, comme autour des fibrilles des faisceaux musculaires, une enveloppe membraneuse, dans laquelle peuvent se développer des noyaux de cellules et aussi des fibres. Par conséquent les tubes primitifs doivent être rangés, suivant Henle, parmi les formations auxquelles il a donné le nom de faisceaux complexes. Il est possible, ajoute Henle, que, comme aux poils et aux muscles, le cylindre de l'axe manque dés le principe dans les tubes les plus déliés, et que dans d'autres 1l soit refoulé par la substance centrale; on expliquerait par là les résultats contradictoires des recherches faites sur des nerfs parvenus à maturité. | |
Schwann considère l’enveloppe extérieure des globules ganglionnaires comimne la membrane primitive de la cellule: les cellules primitives qui existent dans l'écorce du cerveau des embryons, n'auraient donc qu’à se distendre et à produire la substance punctiforme dans leur intérieur. /’alentin décrit de la manière suivante le développement des slobules gangliononaires dans le cerveau : La substance cérébrale d'un embryon de vache long d'un pouce contient des noyaux de 0,0024 lignes de diamètre, qui sont rarement divisés, renferment le plus souvent un nucléole, et sont entourés de cellules hyalines, dont le diamètre comporte 0,006 ligne. Les cellules crèvent très-facilemeut ; elles sont d'abord serrées les unes contre les autres, assez même pour s'aplatir réciproquement sur certains points, et prendre ainsi la forme de polyèdres à cinq ou six côtés. On trouve aussi, mais rarement, des cellules sans noyaux. Extérieurement, sur les parois des cellules il parait ensuite des granulations isolées, dont le nombre augmente bientôt, de sorte qu'une masse grenue se montre déposée tout autour de chaque cellule, et que peu à peu cette substance grenue fait entièrement disparaître les cellules primitives. Dans des embryons longs de six pouces, le diamètre moyen du noyau est de 0,0036 ligne, et celui de la cellule de 0,0078; tous deux ont
donc encore grossi un peu ; la masse fondamentale se montre, sur des tranches TOME I. | 23
minces, limitée autour des cellules, en forme de globules, ronds ou ovalaires, qui renferment, dans leur intérieur, les cellules primitives, avec leurs noyaux. Henle (n° 79, t. VIE, p. 329) regarde comme prouvé « que ce qu'on nomme le noyau de ces globules correspond à la cellule élémentaire d'autres tissus, et que la substance à grains fins représente en quelque sorte une portion dé. limitée de cytoblastème ou de substance intercellulaire déposée autour de chaque cellule. Pour ce qui concerne les globules ganglionnaires des organes centraux, il reste indécis de savoir si cette portion de cytoblastème est revètue extérieurement d'une membrane; dans les ganglions eux-mêmes, la membrane enveloppante externe des globules, qui est pourvue de noyaux de cellules, n’est point difficile à voir. C’est donc une formation secondaire. S; de nouveaux noyaux de cellules se forment dans l’intérieur de la masse finement granulée d'un globule ganglionnaire, comme Valentin assure l'avoir remarqué assez souvent, on concoit que ce n'est pas là un phénomène qui puisse être indiqué comme un exemple de génération endogène. »
Remak (n° 114, b) affirme que la substance cérébrale des embryons se compose de noyaux en apparence libres, mais qui en réalité sont des cellules cérébrales (corpuscules ganglionnaires), jeunes ou non développées. Ces noyaux peuvent subir une double transformation: Où ils deviennent des fibres primitives, parce que leurs membranes cellulaires constituent des tuyaux, tandis que la substance médullaire se développe au fur et à mesure que le noyau disparait; cette transformation avait été invoquée pour la première fois par Valentin {n° 20, p. 183), et par l'auteur (4rchives de Muller 1836, p. 148), et plus tard développée par Schwann et Rosenthal. Ou ces cellules cérébrales restent de véritables cellules; en prenant de l'accroissement, leur intérieur est d'abord limpide, il devient plus tard granuleux, tandis que la membrane forme des prolongements. Remak combat par conséquent l'opinion de Valentin, suivant laquelle la matière granuleuse se déposerait autour d'un noyau libre. Ce dépôt a lieu, d’après l’auteur, à l’intérieur d'une cellule. On trouve aussi chez l'adulte, surtout dans la substance grise du cerveau, les divers degrés de developpement des corpuscules ganglionnaires. Ce développement avait été également indiqué par nous à la même époque, ainsi que nous l’exposerons tout à l'heure.
V'alentin (n° 95, p. 700), ne comprenant pas bien les observations de Remak, suppose maintenant que, autour de la jeune cellule cérébrale, 1lse forme une nouvelle membrane qui renferme comme contenu la substance future du corpuscule ganglionnaire. Ainsi que Remak, il admet la possibilité du développement endogène des cellules cérébrales, en se fondant sur l'observation de Hannover, qui a vu deux noyaux à l'intérieur d'une cellule. Quant aux fibres nerveuses, Valentin dit avoir vu d'abord des fibres transparentes pourvues de noyaux oblongs, il suppose que leur développement est analogue à celui des fibres musculaires, produit par la fusion des cellules rangées en séries longitudinales. De cette manière se forment des tuyaux qui deviennent
N° 114. Remaxk. a. Observ. anat. de syst. nervosi structura. Berlin. 1835. b. Archives de Müller.1841, P- br.
HISTOGÉNÈSE SPÉCIALE. OE
fibreux plus tard et dans lesquels le contenu se dépose successivement, tandis que les noyaux disparaissent.
Arnold (n° 97, p. 269), décrit le développement des fibres nerveuses, conformément à sa théorie de sphères et de disques.
Nous appelons (n° 100, p. 552, 163) les premières traces des corpuscules ganglionnaires dans la substance grise, des corpuscules gris ; ce sont les noyaux des corpuscules ganglionnaires futurs. Le corpuscule gris est préexistant, disons-nous (page 163), puisque nous en trouvons une grande quantité isolée dans la portion grise centrale; la portion périphérique du corpuscule ganglionaire, la masse gris-rougeâtre , ne se place et ne se consolide que plus tard autour de ce corpuscule gris. Le nucléole dont ce dernier est pourvu, ne préexiste point, puisque nous trouvons des corpuscules gris isolés privés encore de nucléoles ; d’un autre côté le nucléole s'aggrandit avec le corpuscule oris, la masse grise amorphe se consolide autour d'un et quelquetois de deux corpuscules gris, elle adopte presque partout une forme ronde, quelquelois elle se consolide dans des formes particulières déterminées par les tissus voisins, de là les corpuscules fusiformes, coniques, etc.
Bischoff (n° 109, p. 199, 210, 212) affirme que la substance nerveuse en ce qui concerne sa première apparition est un produit du développement histologique qui s'opère dans les bords du rudiment embryonnaire, bordant la gouttière primitive. À la vérité, dit-il, il pourrait bien se faire aussi qu elle résultat d'une continuation du dépôt et de la formation qui ont lieu à la face interne de cette gouttière, puisqu alors le fait serait exactement le même. L'auteur considère le développement de cette substance comme la conséquence d'une formation de cellules, et il rapporte à ce sujet les observations citées de Schwann et de Valentin. La formation ou la métamorphose des cellules de la substance nerveuse s'élève du fond et des côtés de la gouttière primitive vers la ligne médiane supérieure , ce qui fait que cette gouttière se transforme en un tube médullaire, dont, par conséquent aussi, la partie inférieure ou antérieure est en tout temps la plus épaisse et la plus forte. L'auteur affirme avoir vu souvent le nerf de l'embryon au moment où s’effectuait la métamorphose des cellules primaires ou fibres primitives. Chez un embryon humain, long de huit lignes sans la tête, les cellules secondaires étaient déjà, comme fibres, sensiblement rapprochées les unes des autres, et montraient de nombreux noyaux sur leur trajet. Le développement histologique des filets nerveux du grand sympathique (p. 215) marche avec plus de lenteur que celui des autres nerfs rachidiens. Mais nous devons ajouter que Bischoff ignore la véritable forme des fibres nerveuses à simples contours, caractéristiques pour les nerfs sanglionnaires, et que, par conséquent, 1l n a pu faire de recherches à ce sujet.
Hannover (n°115, p. 20, 61) a fait des recherches nombreuses sur le SyStème nerveux d'animaux nouveaux-nés et de quelques embryons. Quant à ce qui concerne les cellules cérébrales (corpuscules ganglionnaires), son opimion $ accorde au fond avec celle de Remak et avec la nôtre. Chez les tétards.
o - | L ' N° 115. Hannover. Recherches microscopiques sur le système nerveux. Copenhague, in-4° fig.
pourvus d’extrémités postérieures, le nerf sciatique contenait des fibres nerveuses limpides, à simples contours, ayant toutes à peu près le même diamètre. Entre les fibres nerveuses, on apercevait quelques noyaux isolés, appartenant au tissu cellulaire. Les fibres grises étaient fort pales et étroites chez un pigeon de deux jours; elles avaient de simples contours, une surface finement granulée et une grande quantité de très-petits noyaux ovales pourvus d'un petit grain au milieu. Chez un embryon de lapin long d'un pouce et demi, les baguettes et les cônes jumeaux de la rétine n'étaient point développés et les fibres cérébrales s’y trouvaient; mais elles étaient fort pales. Chez un chat nouveau-né, on reconnait déjà les cônes jumeaux. |
Kælliker (n° 101, p. 798 et n°112, p. 102) donne les détails suivants sur le développement des nerfs : « En examinant le bord de la musculature de la colonne vertébrale dans la queue des larves qui ont perdu leurs branchies externes depuis peu de jours, on distingue, à quelque distance au dessous de la peau, des fibres pâles, d'un diamètre de 0,001—0,002”, qui entrent obliquement dans la partie supérieure et inférieure de la queue. Ni les troncs, n1 moins encore les rameaux qui en partent, ne montrent aucune trace d'une composition de fibrilles ou de tubes plus minces, mais sont parfaitement homogènes. Par-ci par-là on leur trouve des renflements d'une forme triangulaire ou fusiforme, situés très souvent à la place des bifurcations, et qui, examinés de plus près, se montrent être des noyaux ou des agrégations de petits granules. « Ces nerfs ramifiés et simples se forment en même temps que les vaisseaux par la jonction des cellules fusiformes ou étoilées, comme je puis le prouver par l'observation directe de pareilles cellules, soit libres, soit plus ou moins jointes à des ramifications nerveuses par l'existence de noyaux dans les parties renflées des nerfs, et par la présence, chez des larves jeunes, d'une grande quantité de globules graisseux dans le voisinage des noyaux qui sont parfaitement de la même nature que ceux de toutes les cellules embryonnaires. Le nombre des nerfs est moins grand dans les larves plus jeunes; il augmente de plus en plus par la formation d'anastomoses entre les divers troncs et leurs ramifications. Tous ces troncs et rameaux d'une formation secondaire ont parfaitement la même structure que les nerfs primitifs déjà décrits; seulement on ne leur trouve jamais de globules graisseux, puisque les cellules desquelles ils tirent leur origine n’en possèdent plus ellesmêmes, et appartiennent en partie à une génération nouvelle de cellules que l'on voit se former dans la substance de la queue, dans le plan même dans lequel sont situés les nerfs.
» Les nerfs primitifs ne tardent pas à s'accroitre de beaucoup (du double, triple et plus) durant les progrès du développement; peu à peu ils développent en eux des tubes d’un diamètre de 0,0008—0,00127, qui ont parfaitement l'aspect des fibres nerveuses fines du nerf sympathique, optique; du cerveau, etc.; le développement de ces tubes procède très lentement des troncs vers les ramifications; les troncs et leurs rameaux plus forts;
= L4 ÿ se, sont tous simples et composés d'une seule
qui dans les larves de Jeune 9
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fibre très pâle, contiennent plus tard dans l'intérieur deux, trois ou plus de tubes d'une nature indubitablement nerveuse, d'ou il parait résulter qu'une fibre nerveuse embryonnaire peut développer en elle des tubes nerveux dits primitifs ; plus le développement avance, plus les terminaisons libres des nerfs font place à des anses formées soit entre des fibres nerveuses retenant encore leur aspect primitif, soit entre des fibres dont le caractère nerveux est plus développé. Les tubes d'un caractère indubitablement nerveux, qui se développent un ou plusieurs dans les nerfs primitifs, s'accroissent aussi pendant le développement des larves, et ne paraissent point se bifurquer ou se ramifier. »
Dans un ouvrage postérieur, Xoelliker (n° 116, p. 534) combat l'opinion de Valentin, suivant laquelle le noyau du corpuscule ganglionnaire serait la véritable cellule, et la membrane cellulaire le produit d'un dépôt secondaire. Koelliker affirme que les cellules qui, primitivement, composent tous les tissus embryonnaires, se transforment immédiatement en cellules nerveuses et en corpuscules ganglionnaires. Il s’appuie sur les recherches des auteurs que nous avons cités précédemment ; il a vu en outre chez des embryons humains, âgés de deux mois, la substance grise du cerveau et de la moelle, composée de cellules arrondies, pales, 0,008 à 0,01 mm., avec des noyaux de 0,006 à 0,008 mm., sans trace de substance granulée, dans laquelle elles seraient placées. Cette masse n'apparait qu'à la seizième ou dix-septième semaine; alors on y aperçoit des” noyaux arrondis de 0,006 à 0,008 mm., avec des nucléoles peu distincts et quelques cellules à membranes très délicates. Dans la moelle existent des cellules de la substance grise, arrondies, anguleuses ou allongées, de o,o1 à 0,02 mm., sans prolongements, avec des noyaux de 0,008 miMm., et en outre une substance grise, amorphe et de noyaux libres. Dans le ganglion de Gasser les cellules ont 0,01 à 0,03 mm., leurs noyaux 0,008 à 0,0012, les nucléoles 0,000 à 0,0019, Les ganglions spinaux (des racines postérieures) et ceux du sympathique renferment des corpuscules pourvus de prolongements. Ces cellules s'agrandissent et paraissent aussi se multiplier par scission ; quoique l'auteur n'ait pas observé directement ce dernier fait, il le suppose cependant à cause de l'existence fréquente de deux noyaux dans une cellule et de filaments qui réunissent deux corpuscules. (Voy. PL IX.)
Koeiliker suppose que les nerfs se développent comme dans la queue des tétards, partout où les terminaisons montrent des fibres divisées, comme par exemple dans la peau de la souris, dans l'organe électrique de la raie, où Æcker (n° 117, p. 38) a démontré que les nerfs se comportent comme dans les tétards déjà développés. Quant au développement des fibres dans les portions centrales du système nerveux, l'auteur s'accorde avec Valentin et Schaffner (n° 1 16), SUivant lesquels ces fibres se forment par la réunion et la soudure de cellules.
Ces observations sont en opposition avec celles de Bidder et Reichert (n° 1 1O, P. 56), qui ont vu des tuyaux ou canaux se creuser dans la substance amorphe
L 16. KOELLIRER. Mikroskopische Anatomie. Vol, WU, 9° partie. Leipsik, 1850.
N° 117. Ecker. Zettschr. für wissenschaftliche Zoologie. 18/40.
N° 118. SCHAFFNER. Zeïrschr. für rationnelle Medicin. Vol. V.
N° 169. Bipper et Reicuerr. Ferhacttniss der Ganglienkoerper. Leipsik, 1847.