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TOME II

du cerveau; ces canaux se rempliraient plus tard d’un contenu oléagineux qui isa est sécrété par les corpuscules ganglionnaires. Le névrilème $e formerait par la scission ultérieure de la masse amorphe primitive.

Remak (n° 120) affirme que les premières traces des nerfs montrent déjà une structure finement fibreuse ; mais on ne peut y distinguer n1 noyaux ni cellules. Les ganglions renferment, vers la fin du quatrième jour, des olobules privés de noyaux.

Leydig (n° 121 &, p. 19, 108) a fait ses recherches sur les embryons des raies, Il affirme qu'aux premiers temps de l'apparition des nerfs on voit ceux-ci composés d'éléments transparents tubulaires sur lesquels existent des noyaux nombreux alternants. L'auteur en conclut que le tube nerveux (la fibre) se développe par la fusion des cellules, dont la membrane forme le tube, tandis que Le contenu constitue la substance interne transparente de la fibre; les noyaux persistent dans la paroi. Plus tard se forme, au-dessous de la membrane et autour du contenu, une gaine de matière grasse, qui produit dans les fibres l'aspect particulier de doubles contours. Le contenu primitif du tube nerveux forme plus tard le cylindre central (cylinder axis), dont la genèse précède par consé-:

S du sympathique sont des tubes dans lesquels la substance médullaire ne s’est

quent celle de la substance médullaire (gaine de matière grasse). Les fibres crises

pas développée, et qui par conséquent sont des tubes embryonnaires, composés seulement d’une membrane pourvue de noyaux et du cylindre central.

NES égénérution d

Les premières études microscopiques à ce sujet furent faites par fontana (n° 121 D, vol. IE, p.177). Il n'a pas pu constater distinctement la reproduction des fibres nerveuses dans le sciatique, après en avoir coupé un morceau. Mais après avoir enlevé une portion de six à huit lignes au pneumogastrique de plusieurs lapins, il a vu, au bout de deux ou trois semaines, dans la portion reproduite, non seulement les bandes blanches du névrilème, mais aussi les fibres élémentaires. À l'endroit de réunion le nerf est moins 2TOS que partout ailleurs, la portion reproduite représente deux cônes qui se rencontrent par leur sommet et dont la base est attachée au tronc par un anneau opaque. Michaëles (n° 1), Prévost (n° 123), Echkstroem et Retzius (n° 124), Tiedemann, Schwann (dans n°72), Numan et Burdackh fils (n° 125), ont vu également les fibres primitives se

* Nous avons exprimé, page 81, l'intention de passer sous silence les recherches concernant fa répénération des tissus, sous le point de vue histogénésique. Ge qui nous avait déterminé, c'était le désir de consacrer un ouvrage particulier à l’histolosie pathologique. Cependant des circonstances indépendantes de notre volonté nous ont déjà forcé de suspendre depuis plusieurs années la publication de cet ouvrage, et elles nous laissent dans l'incertitude de pouvoir réaliser notre projet. Nous nous sommes alors déterminé à exposer dès à présent les recherches concernant la régénération normale ou pathologique.

N° 190. REMAK. Æntwickelune der Wirbelthiere. 1851.

N° 191 a. LEYyniG. Rochen und Haïe. Leïipsik, 1852.

N° 191 0. FONTANA. /’enin de la vipère. Florence, 1781.

N° 199. MicHAELIS. Regeneration der Nerven. Cassel, 1785.

N° 193. PRÉVOST. Annales des sciences naturelles. Paris, 1897, t:X, p. 168.

N° 194. EGKSTROEM et RETZIUS. Saellskupets Arbeten. Pre

N° 251. NumaN, BURDACH, cités dans STEINRUECK, n° 197, p. 24.

HISTOGÉNESE SPÉCIALE. 99 reproduire, mais souvent elles ne sont plus parallèles, mais entrecroisées. Les fibres primitives sont arrondies dans l'endroit de la section, elles n'offrent d'ailleurs aucun changement, comme Gluge (n° 126) sen est assuré sur des moignons d'amputés.

Steinrueck (n° 127) à fait de nombreuses recherches sur la reproduction de différents nerfs chez les lapins. Après avoir reséqué sur le pneumogastrique des portions longues de deux à trois lignes, il a vu, au bout de plusieurs mois, la nouvelle substance qui réunissait les deux bouts, composée de ussu cellulaire et de fibres nerveuses, dont le trajet est beaucoup moins régulier que dans le tronc normal. L'auteur a constaté des résultats analogues dans l'hypoglosse, le sousorbitaire et le sciatique; les propriétés vitales des nerfs étaient plus ou moins rétablies, suivant la reproduction plus ou moins complète des fibres nerveuses. Dans tous les cas, les troncs coupés étaient tuméfiés, le supérieur plus que l'inférieur. (Voy. pl. XII, fig. 9-12.)

Nasse (»° 128) a fait ses recherches sur le sciatique des grenouilles ou des lapins. Le temps que les animaux ont vécu après la section à varié, mais il sest en général étendu à cinq mois. L'auteur n'a remarqué dans aucun cas le retour de la mobilité et de la sensibilité dans les parties paralysées. Voici les résultats : Le diamètre normal des fibres élémentaires nerveuses de la grenouille est de 0,000416 de ligne (à peu près 0,01 de millimètre); les fibres situées au-dessus de la section, qui se trouvent par conséquent en rapport avec les centres nerveux, deviennent plus épaisses ; elles mesurent 0,000 à 0,0006 de ligne (0,014 à 0,016 de millimètre). Les fibres situées au-dessous de la section n’augmentent pas de diamètre, elles s'amincissent, au contraire, au bout de quelques mois. Si le nerf de la partie paralysée est en communication avec la moelle épinière, la diminution de l'épaisseur des fibres est insensible , elle est plus prononcée dans l'atrophie générale de l'animal, et lorsque la ligature de l'artère crurale a été faite en même temps. Les changements qui s'opèrent dans un nerf, après avoir eu ses rapports avec la partie centrale du système nerveux, consistent dans une dissolution des fibres primitives; elles perdent d'abord leur forme cylindrique, et des lignes transversales se présentent à leur surface, de sorte qu'elles paraissent divisées en petits fragments cylindriques, irréguliers. Ces lignes sont l'effet du plissement du tube élémentaire. Peu à peu des gouttelettes huileuses se forment à l’intérieur des fibres, les contours deviennent marqués. Les fibres des Jeunes animaux ne se plissent pas aussi facilement que celles des animaux ages.

Les résultats obtenus par la section des nerfs sur les lapins sont à peu près les mêmes : voici cependant les différences observées. La décomposition des fibres dans la portion du nerf qui se trouve au-dessous de la section s opère beaucoup plus vite chez les lapins que chez les grenouilles. La régénération était plus prononcée chez les srenouilles que chez les lapins, lorsque l'auteur n'avait pas empêché les deux bouts de se souder ensemble. Les fibres nouvellement formées n'avaient ni la forme ni l'épaisseur des fibres normales. La substance

N° 190. GLUGE. L'/nstitut, 1890, n° 239.

N° 197. STEINRUECK. De nervorum regeneralione. Berlin, 1838. N° 198. NassE. 4rchives de Müller. 1839:

intermédiaire entre ces deux bouts peut bien se transformer en masse nerveuse, mais la paralysie persiste, parce que les fibres de la portion inférieure du nerfs se décomposent.

Guenther et Schoen (n° 128 bts) ont obtenu les résultats suivants : Les bouts du nerf coupé adhèrent entre eux et se joignent; la substance intermédiaire propage les impressions d'un bout à l'autre. Dans ce cas, il y a formation de véritables fibres primitives dans cette substance. Voici comment se produit ce résultat : Après la section, les deux bouts se rétractent, le diamètre du névrilème est diminué et la substance médullaire expulsée en forme d’un hémisphèere; il y à exsudation de matière plastique dans les plaies ; les bouts des nerfs eux-mêmes se tuméfient, et en général le bout supérieur d'une manière plus prononcée que l'inférieur : cette tuméfaction est produite par la matière plastique exsudée entre les fibres primitives et le névrilème. La matière qui réunit les deux bouts est d'abord amorphe, peu à peu les fibres primitives se forment dans cette masse, au plus tôt après huit semaines. Ces nouvelles fibres sont tout à fait semblables aux fibres normales, mais l'exsudation sranuleuse et le tissu cellulaire qui l'entourent, en rendent l'examen plus difficile; elles ne sont point parallèles, mais plus ou moins entrecroisées. Les auteurs expliquent le rétablissement incomplet des fonctions vitales par le nombre des fibres régénérées, nombre inférieur à celui des fibres extirpées. Les auteurs croient que la régénération commence par le bout supérieur, tout en admettant l'opinion de Steinrueck (n° 127), qui prétend avoir vu la régénération commencer par le bout inférieur.

L'opinion des auteurs diffère de celle de Burdach, Steinrueck et Valentin, qui nient l’altération des fibres primitives dans la portion inférieure du nerf. Si l'on examine, disent-ils, ces fibres primitives vers la fin de la première semaine, on trouve quelles ne présentent plus leur aspect normal, mais le contenu parait oranuleux comme dans les fibres examinées quelque temps après la mort. Quinze jours après la section, cette altération est encore plus manifeste ; elle persiste jusqu à la sixième ou huitième semaine. Si alors la régénération a lieu, les fibres primitives reprennent leur irritabilité et leur structure normale. Dans le cas opposé, l'altération fait des progrès constants, les fibres paraissent aplaties en forme de rubans; elles perdent leur transparence et le contenu semble disparu.

Schrader (n° 129 a) n'a pu constater, dans aucune de ses expériences, la reproduction de la masse ganglionnaire, même au bout de huit à douze semaines. Après avoir extirpé une portion large d'une ligne, au ganglion cervical du pneumogastrique où au premier ganglion cervical du grand sympathique, sur des lapins, il a vu la substance régénérée composée de tissu cellulaire et de cellules adipeuses, sans aucune trace de fibres nerveuses ou de corpuscules ganglionnaires. Ÿ’alentin (n° 129 b) affirme avoir vu la reproduction de corpuseules

N° 128 bis. GUENTHER et SCHOEN. Archives de Müller. 18/40.

N° 129 a. SCHRADER. Éxper. circa regenerationem in ganglis nerveis. Goettingue, 1850.

N° 129 ©. VALENTIN. De nervorum functionibus, p. 160. — Zeütschrift für rationnelle Medicur. Vol. IL, 1844, p. 242. |

HISTOGÉNESE SPÉCIALE. 97

canglionnaires et de fibres nerveuses dans des portions enlevées au ganglion cervical du pneumogastrique, Sur des lapins, au bout de huit semaines.

Brown-Séquard (n° 129 c) a fait des sections transversales de la moelle épinière sur des pigeons, et a pu observer le retour des fonctions et la reproduction des fibres au bout de plusieurs mots.

Nous devons maintenant exposer ici dans leur ensemble les résultats auxquels fut conduit Waller, par ses recherches; mais nous dirons d'abord que Budge à fait quelques unes.de ces expériences en commun avec JW'aller (n° 1290), et que Schiff s'est occupé de son côté de cette même question, pendant que Waller continuait ses expériences. Schëff (n° 120 f) attribue à Budge l’idée d'étudier latrophie du nerf pour en connaître la direction ; quant aux altérations histologiques, les observations de Schiff s'accordent avec celles des auteurs cités. Les fibres du système ganglionnaire subissent ces mêmes changements après Îa section de la moelle épinière; l'auteur en conclut que le systeme sanglhionnaire ne forme pas un système indépendant, mais n’est en réalité constitué que par un réseau de fibres provenant de la moelle épinière.

W'aller (n° 129 d) distingue trois degrés d'altération des fibres nerveuses après leur séparation du centre. Dans le premier degré, «sa substance intratubulaire (médullaire) est séparée en particules indiquées par des lignes transversales. La membrane tubulaire est encore tout à fait intacte, et après la macération dans l'eau pendant quelques minutes, on aperçoit les doubles contours de la substance blanche. » Au deuxième degré « la matière est en masses séparées, sSemi-opaques, coagulées et rugueuses. La membrane tubulaire à cette époque est plus ou moins altérée, et recourbée aux extrémités terminales des fibres, laissant à nu etéparses les particules désorganisées. Entre le premier et le second degré, on pourrait distinguer un état intermédiaire, dans lequel les par-

tuicules transparentes sont plus rugueuses à leur surface et plus isolées les unes

des autres. Mais ces caractères ne sont point assez tranchés pour former un degré à part.» Le troisième degré d’altération est celui de l’altération oranuleuse. « À cette époque, la substance médullaire se trouve presque partout à l'état de granules noirs. Seulement, à des intervalles irréguliers, on trouve encore dans la membrane tubulaire la substance médullaire sous forme de particules allongées, ovalaires, presque transparentes, qui ont résisté à la désorganisation sranuleuse qui à envahi tout le reste de cette substance. Les oranules paraissent noirs, à cause de leur opacité; sous la lumière réfléchie, elles paraissent blanches. La membrane tubulaire s'aperçoit encore à cette époque, mais dans les mammifères elle est déjà en srande partie détruite et enlevée. »

Après la division d’un nerf, la portion périphérique ne recouvre ses fonctions que par la formation de nouvelles fibres. Celles-ci se forment parmi les an-

N° 129 c. BROWN-SÉQUARD. Comptes rendus de la Société biologique. Vol. I.

À 129 d. WALLER. Pilosoph. Transactions. 9° partie, 1850. — Comptes rendus de l’Académie des science j à S, 1851, 1852. — Nouvelle méthode anatomique pour l'investisation du système nerveuæ. Bonn, 1892. |

N° 199. BuDce et WaLLER. Koelnische Zeitung. 13 Juillet 1851. N° 199 jf: ScHirr, 4rehro fur physiolog. Heilkunde. 1859, 1% cahier, Be. tro: TOME 71.

99 PREMIÈRE PARTIE : HISPORIQUE.

ciennes, et subissent les mêmes phases de développement que les fibres nerveuses de l'embryon, se formant toujours en dehors et indépendamment des anciennes fibres. Elles sont très pâles et transparentes, ne présentent point de doubles contours; leur diamètre est très inégal, tantôt très délié, tantôt renfle où variqueux, comme les fibres de la moelle épinière; leur grandeur évale environ la sixième ou la huitième partie d’un tuyau nerveux d'une grenouille adulte (Nouv. meth., p. 4).» Les fibres embryonnaires, les fibres régénérées, chez l'adulte et les fibres dites de Remak, sont toutes de nature identique et possèdent des fonctions nerveuses. Sur un nerf vague simplement divisé, on trouve, au bout d'un mois, que la partie périphérique présente les mêmes caractères physiques et morphologiques que les ramifications du sympathique, telles que les nervi molles, etc.; car elle est grise, semi-transparente, et se compose de fibres à nucléus, ovales, parallèles, mesurant de 0,015 à 0,03 mm., divisées en faisceaux séparés, dans lesquels apparaissent en premier lieu une ou deux fibres à doubles contours entourées de fibres à nucléus. Les fibres de Remak sont capables de transmettre des impressions sensitives ( Vouvelle méth., appendice, p. 24).

Les changements qui surviennent dans la structure d’un nerf après sa section sont si évidents, dit Waller, qu'il s'en est servi comme moyen de tracer la distribution des fibres d'un nerf dans les divers tissus. L'organe le plus approprié à ce genre de recherches est, à cause de sa transparence, la langue des grenouilles. Trois à quatre mois après la section du glosso-pharyngien, on trouve, s1l y a réunion, que les papilles fongiformes contiennent presque toujours des tuyaux au troisième degré d’aliération. Après la section du lingual, Pauteur put constater la désorganisation des fibres nerveuses dans les papilles et dans la muqueuse, et apres la section de lhypoglosse seulement celle des nerfs qui se distribuent dans les muscles situés sous la muqueuse.

En étudiant le sens suivant lequel s'étendent les altérations décrites, à partir du point de la section, l'auteur suppose que toutes les fibres sensitives sont en communication directe avec les corpuscules ganglionnaires qui, par conséquent, auraient des fibres périphériques et d'autres « radicales », c'est-à-dire qui partent du ganglion et marchent vers le centre du système nerveux. En faisant une section d'un nerf purement sensitif, ou par exemple de la racine postérieure d'un nerf spinal, on sépare les fibres sensitives, soit périphériques, soit radicales, de leur ganglion, suivant que la section est faite au delà ou en decà du ganlion. Waller affirme, comme résultat de ses nombreuses recherches variées . que les fibres sensitives qui restent en communication avec leur ganglion ne subissent aucune altération, tandis que celles qui sont séparées subissent

ces transformations précédemment décrites. Pour l’auteur, les oanglions sont

o par conséquent les centres nutritifs des fibres sensitives, c'est ce qui le fait appeler corps reurogenotrophe. Pour les fibres sensitives spinales, le centre nutritif se trouve dans les ganglions intervertébraux ; pour les fibres motrices, il est situé dans la moelle épinière.

Nous verrons plus tard, en exposant nos recherches sur la régénération des

nerfs, que les altérations décrites par Waller sont dues à l'inflammation des

HISTOGÉNÈSE SPÉCIALE. 99 nerfs, caractérisée par la production des corpuscules inflammatoires et du tissu cellulaire embryonnaire. Quant au ganglion considéré comme centre nutritif, nous pouvons seulement dire que la communication constante des corpuscules avec les fibres est encore loin d’étre démontrée.

Cc. Accroissement.

Plusieurs observateurs, parmi lesquels il faut ranger Koelliker et nous-mèême, ont vu les fibres élémentaires devenir plus épaisses avec l'âge. Mais les recherches les plus suivies à ce sujet furent faites par Harting (n° 130, p. 69), qui est arrivé aux résultats suivants :

FE À mesure que l'individu est plus jeune, la quantité relative du névrilème est d'autant moindre. Les quantités relatives moyennes du névrilème pour 1000 parties du nerf médian sont chez l'enfant nouveau-né 352, et chez l'homme adulte 489; pour le nerf crural ces rapports sont 346 et 451.— 2° Le nombre des grands faisceaux nerveux qui composent un nerf varie extrémement chez des individus différents. — 3° À mesure que l'individu est plus jeune, les tubes primitifs ont un diamètre plus petit. Les moyennes générales sont, pour le nerf médian, chez le fœtus de 3,4 millièmes de mm., chez l’enfant nouveau-né de 10,4, et chez l'homme adulte de 16,6. Pour le nerf crural ces rapports sont: 3,4; 9,15; 15,93.— 4° Le nombre des tubes primitifs d'un nerf est loin d'être fixe, mais il varie beaucoup chez les différents individus. Cependant 1l résulte des moyennes, que cette différence ne tient pas à l'âge, mais que l'enfant nouveau-né possède le même nombre de tubes primitifs que l’homme adulte. » En combinant les moyennes, on trouve pour la somme totale des tubes contenus dans les nerfs médian et crural, chez l'enfant nouveau-né 58,203, et chez l’homme adulte 57,976. L'auteur croit pouvoir admettre qu’à la fin du quatrième mois, le nombre des tubes nerveux est à peu près complet, ce qui n'a lieu pour aucun des autres tissus. L'auteur admet aussi que les fibres ou tubes primitifs du cerveau et de la moelle épinière sont d'autant plus petits que l'individu est plus jeune.

Nous rappellerons ici également l'opinion que nous avons émise dans le premier volume de cet ouvrage, sur [a valeur histogénésique des diverses parties du système nerveux, et suivant laquelle le cerveau se composerait d'éléments

moins développés que ceux qui constituent la portion périphérique grise (ganshonnaire) ou blanche (cérébro-spinale).

\ de #1 ‘ppendices tégumentaires.

A. POIIS.

d. Développement.

Les premiers vestiges de la formation du poil sannoncent, comme Æeusinger n° ? s + 4 nd 3 (1° 131) l'a observé le premier chez le fœtus de vache, par l'apparition de petits

© SJ e 5 e 9 r grains de pigment dans le derme. Il a vu sur ces srains s'élever un tubercule

N° 130. HaRTING. Recherches micrométriques. Utrecht, 1845. N°. 131. HEuSINGER, 4rchives de physiologie, par F. Meckel. 1829, p. 403, 555; 1893, DO

qui se métamorphose en tige, tandis que les globules eux-mêmes deviennent racines. [l regarde comme probable que les poils tirent leur origine du pigment de la peau.

Valentin (n° 20) a remarqué, chez l'embryon humain, sous l'épiderme, des taches noires, arrondies, assez régulièrement limitées, qui étaient rangées vÉométriquement à des distances presque égales. Ces masses, d'abord globuleuses. s'accroissent pendant la dernière moitié du cinquième mois ; lorsqu'on les écrase entre deux plaques de verre, les particules de pigment s'écartent les unes des autres et l'on aperçoit une tige qui à 0,0004 de pouce de diamètre. L'auteur suppose qu'il se produit d'abord une masse solide et incolore pour constituer la racine ou le follicule, puis autour d'elle le pigment et en dernier lieu la tige,

Presque tous les observateurs, s'en rapportant aux apparences que présente l'embryon déjà développé, ont fait naïitre le poil dans un follicule comme dans un véritable cul-de-sac appendu à la peau ; cependant les observations citées de Heusinger et de Valentin ne s'accordaient point avec cette hypothèse, et celles que nous allons encore faire connaitre démontreront sa complète inexactitude. Ainsi, suivant Simon (n° 132 ), lorsque la formation des poils commence, il aperçoit des petits sacs ayant un peu la forme d'une bouteille, qui obliquement de l'épiderme se rendent au derme; ils sont remplis d'une masse dense de cellules pigmentaires, semblable à ceile du réseau de Malpighi, et qui prend la forme de la racine du poil; la racine s'allonge en une petite pointe dépourvue de moelle. Les parois des follicules, chez des embryons de cochon longs de deux pouces, consistent en petits grains très serrés les uns contre les autres, qui sont probablement des noyaux de cellules élémentaires ; les noirs offrent en même temps des cellules pigmentaires étoilées. Dans les follicules sans enduit pigmentaire, où se forment toujours des poils blancs, Simon na vu que la pointe du poil, pas de racine, et elle semblait s'étaler intérieurement en fibres déliées ; 1l est probable que seulement l'absence du pigment noir rendait plus difficile à apercevoir la racine. Avant de percer, les poils se contournent en spirale, ce qui indiquerait que les follicules sont d'abord clos, circonstance dont ne parle pas l’auteur. Nous devons encore ajouter que, suivant le mème observateur, dès que le poil est formé, mais pas auparavant, on aperçoit aussi une seconde enveloppe, située dans le follicule, que Henle a décrite sous le nom de gaine de la racine. Bischoff (n° 109, p. 449), en adoptant ces observations, en tire la conclusion que ce qui se produit en premier, chez le fœtus, c'est le sac ou follicule pileux, et qu'à l'instar des vésicules glandulaires primaires, il est vraisemblablement formé par fusion de cellules primaires. (Voy. PL VE.)

Henle (n° 79, t. [, p. 326) donne les détails suivants, auxquels il faut ajouter ceux déjà mentionnés précédemment. À la face interne de la pulpe du poil et dans le sillon qui la sépare du follicule pileux, se déposent, comme une sorte d’épithélium, des cellules nouvelles. Les externes donnent naissance aux larges fibres de la substance corticale; les noyaux s'allongent tout en s'amincissant. Les cellules internes se confondent plus tard ensemble, tandis que dans leur

N° 132. SIMON. Archives de physiologie de Müller. 1841, p. 361.

HISTOGÉNESE SPÉCIALE. [OI

intérieur se forment des granules de pigment. Ce sont elles qui deviennent la substance médullaire. La couche la plus externe, composée de squamules, et que Meyer appelle l'enveloppe épidermique, paraît à l'auteur provenir des parois du follicule, qui la déposeraient autour de la tige ; la couche externe de la gaine se convertirait donc en écailles de dehors en dedans. Mais pour admettre cette hypothèse, il faudrait que la membrane perforée ne füt pas située entre ces cellules et les squamules. La production de cellules, à la surface du follicule et de la pulpe, et leur conversion en fibres, continuent de la même manière aussi longtemps que dans la croissance du poil. L'auteur cite en outre ce fait bien connu, que les poils commencent souvent à grisonner par la pointe, pour prouver que la tige formée nest pas une masse complétement morte.

Nous avons eu déjà occasion de parler des recherches de Gurlt (n° 135), Bidder (n° 134), Meyer (n° 135), Krause (n° 87, p. 136, et n° 136), en exposant la structure de la peau (tome I, p. 317). Nous rappellerons seulement que suivant Krause, la pulpe du poil, ainsi que la couche externe de la gaine, renferment, chez les hommes d'une couleur foncée et chez les nègres, des noyaux d'un brun foncé ou noirs. Les cellules de la couche externe sont placées verticalement, celles de la couche interne parallèlement à l'axe du poil. Ces dernières sont dépourvues de noyaux et très cohérentes ; il s'ensuit qu'elles sont plus jeunes que celles de la couche externe. Entre la couche interne et la tige, il existe un blastème liquide, rougeûtre. |

Nous avons exprimé (n° 100, p. 554) l'opinion suivante : « Les follicules pileux se développent, comme les glandes simples, par une vésicule close, au-dessous de la tunique propre dermoide. Au fond s'élève le germe du poil. A la face latérale interne de la vésicule se forme un réseau muqueux et un épiderme (la seconde et la troisième membrane) qui se continuent, dans les poils humains, sans interruption, avec les parties analogues de la peau. La face externe de la vésicule primitive s'entoure de fibres cellulaires serrées.… »

Les premières traces des poils sont formées, suivant Xoelliker (n° 116, p. 133), par des amas de cellules, grands de 6,04 mm., qui sont de véritables appendices du réseau de Malpighi; les cellules sont pareilles à celles de ce réseau; il n'existe encore nulle trace du follicule. Ce n’est que vers la quinzième semaine que l’on aperçoit chez l'embryon humain, autour de cet amas cellulaire, les contours d'une membrane très délicate et amorphe qui se continue avec une membrane analogue située entre le derme et le réseau de Malpighi. Ces amas ont une longueur de 0,15 mm. dans la dix-septième semaine ; les cellules les plus externes sont placées verticalement sur la surface de l'enveloppe amorphe ; plus tard , les cellules internes s'allongent et constituent un cône plus clair que la couche externe, corticale. Le développement des poils est plus rapide dans quelques endroits, par exemple, dans les sourcils. Dans des poils longs de 0,65 mm.

N° 133. GURLT. Arch. de Muller. 1835, P- 1/42 ;,1836, p.272. — Magazin für Thierheilkunde, 1830, p. 201.

N° 134. Bipper. rc. de Müller. 1840, p. 538.

N° 135. MEYER. Nouvelles notices de Froriep. Weimar, n° 334.

N° 156. KRAUSE. Dans le Dictionnaire de physiologie de Wagner, art. HauT. Brunswick, 1844. TOME Il. 26

le cône interne s’est divisé en deux portions : une, centrale, un peu opaque, le poil; et une autre, externe, transparente, cristalline, la gaîne interne. Les cellules externes, qui sont en contact avec l'enveloppe amorphe et qui sont restées opaques, forment la gaine externe. En même temps apparait, au fond du cône, la papille; les cellules situées à la surface externe de l'enveloppe se transforment en fibres pour constituer le follicule. La pointe du poil est très allongée, fliforme et se continue sous l’épiderme sans le percer. La substance médullaire manque complétement; mais l'épiderme du poil existe déjà. La waine interne est rayée, dépourvue de trous et parait composée de cellules, que cependant l'auteur n'a pas vues. Koelliker considère, par suite de ces observations, les premiers rudiments du poil comme une excroissance du réseau de Malpighi luimême. Le poil, en s'accroissant, continue à s'allonger sous l'épiderme qu'il finit par soulever et percer, quelquefois conjointement avec la gaine interne. L'épiderme, qui, à cette époque de la vie fœtale, se renouvelle fréquemment, reste quelquefois adhérent au poil, mais nulle part l'auteur n’a pu observer des culsde-sac de l'épiderme qui iraient rejoindre le poil.

Steinlin (n° 157 a) affirme que les poils se développent dans une cavité dont les parois formeraient plus tard la gaine de la racine. Les poils commenceraient par le développement de leur pointe. Cette opinion est combattue par Xoelliker (n° 157 b). Les observations de Remak (n° 150, PI. VIF, fig. 7-10) s'accordent davantage avec celles de Koelliker. |

b. De la régénération des pois.

Les premières observations à ce sujet furent faites par Aeustnger (n° 135), qui affirme que les nouveaux poils se développent dans les follicules des anciens, sous forme de petits globules noirs, à côté des anciens bulbes; ces globules s'allongent en poils, tandis que le bulbe et la racine de l'ancien poil sont résorbés et finissent par tomber avec la tige. Kohlrausch (n° 137 c), qui a fait ses recherches sur la mue de l'écureuil, a vu que, dans les nouveaux poils, la gaine externe à une double épaisseur, que la papille est grosse et que la gaine interne est aussi plus épaisse qu'elle ne l'est plus tard. Dans les poils qui tombent, au contraire, toutes ces parties sont plus minces et moins distinctes. On voit souvent dans les follicules le nouveau poil à côté de l’ancien : le premier fixé au fond; le second poussé en avant et renfermé dans le goulot du follicule. Le nouveau poil est caché dans un appendice latéral de la gaine.

Koelliker (n° 116, p. 141)a observé une mue analogue chez les enfants nouveaunés, à savoir dans les cils des enfants âgés d'un an.flatrouvé d'abord la gaineexterne allongée par en bas et se terminant par une fossette destinée à recevoir la papille. Dans ce prolongement s'opère ensuite une séparation entre les cellules externes et internes, analogue à ce que l’auteur a décrit précédemment pour les poils follets. Les cellules externes restent incolores et arrondies, tandis que les internes

N° 137 a. STEINLIN. Zeüschr. für ration. medicin. Vol. IX, p. 285. N° 137 6. KoELLIRER. Zeitschr. für wiss. Zool. Vol. I, p. 291. N° 137 c. KOHLRAUSCH. Golting. Gelehrt. Anz. 1843,— Arch. de Müller. 1843, p. 50 1840,

HISTOGÉNESE SPÉCIALE. 503

s'allongent, se colorent et se limitent sous forme d'un cône. Cette substance centrale est d’abord molle et se dissout facilement, de même que les cellules externes, dans la soude; plus tard le cône se durcit et se divise en deux parties, le poilet la gaine interne. Tandis que maintenant le nouveau poil s’accroit de plus en plus, l'ancien, qui depuis longtemps s'est arrêté dans son développement, est poussé en avant et finit par tomber. L'ouverture du même follicule donne ainsi passage au nouveau et à l’ancien poil, eten même temps aux conduits excréteurs des glandes sébacées et quelquelois à ceux de deux ou de trois olandes sudoripares. Dans les poils qui tombent, on voit disparaître la gaine interne par résorption, Ce qui arrive probablement aussi pour externe, L'auteur a vu des prolongements analogues de la gaine externe sur des poils follets d'autres parties du corps, mais nulle part il n’a pu suivre et observer le développement de nouveaux poils, comme dans les cils.

On ne sait pas si de nouveaux poils se produisent, chez l'homme adulte, imdépendamment des anciens follicules ; mais quelques observations de l'auteur font supposer que la régénération s'opère de la même manière que chez l'enfant nouveau-né, ce qui du reste s'accorde avec les recherches de Heusinger et Kohlrausch, concernant la mue des mammifères et surtout avec celles de Langer (n° 135).

Avant de quitter ce sujet, nous rappellerons ici nos expériences concernant la reproduction partielle des poils, des moustaches de chiens, de chats, etc., et que nous avons exposées dans le premier volume de cet ouvrage (p. 65).

c. De l’accroissement des poils.

Il est inutile d'exposer en détail l'ancienne opinion suivant laquelle le poil se composerait de cônes emboités, successivement et continuellement sécrétés par la papille; les connaissances actuelles sur la texture des poils expliquent, d'une manière beaucoup plus satisfaisante et positive, l'accroissement par la sécrétion continuelle de blastème à la surface de la papille. Ce blastème est transformé en cellules, fibres, épithélium, etc., suivant qu'il se trouve en contact avec la substance médullaire, corticale, les gaines, etc. Cette opinion, que nous avons émise depuis longtemps dans nos écrits, se trouve maintenant conforme à celle des auteurs; cependant Koelliker (n° 116, p. 148), affirme que ni les saines, n1 l'épithélium externe, ni le follicule, ne participent à l'accroissement; la mollesse des portions inférieures des gaines ne lui parait pas un argument suffisant pour

admettre la rénovation constante de ces éléments.

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