‹ Anatomie microscopiqueChapitre 37 sur 144 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

Virchow (n° 204) et Donders (n° 205) attaquent la théorie de Henle sur A développement des fibres de noyaux. Ce ne sont pas des noyaux qui sallongent et se soudent pour former des fibres, suivant ces auteurs, mais bien des cellules qui entourent étroitement ces noyaux et qui plus tard deviennent étoilées, ou sallongent en fibres. Ils comparent ces cellules à celles du cartilage et aux cor. puscules osseux. Donders croit, en outre, que les fibres de noyaux sont identi. ques avec les fibres élastiques. Ces observations ont été faites surtout sur les tendons, dans lesquels nous avions déjà depuis longtemps signalé l'existence de fibres de noyaux (voy. le vol. [* de cet ouvrage et n° 100, PI. IE, fig. 0). Une longue discussion s'est élevée dans les derniers témps à l'occasion de ces éléments. Henle (n° 206, p. 22) croit que ce sont des espaces vides, opinion que nous avions déjà émise pour quelques fibres de noyaux (n° 100, p. 79), tandis que Virchow (n° 207) persiste dans ses vues, et que Hessling (n° 208), Thierfelder (n° 209), Coccius (n° 210), se rangent de son côté, en s'appuyant d'observations faites sur la cornée. Nous verrons plus tard quel est le sens de ces deux opinions diverses.

Luschka (n° 211) cherche à établir l'histoire histogénésique du tissu cellulaire, par l'examen des diverses formes qui se rencontrent chez l'adulte. La forme embryonale serait la cellule allongée en fibre, d'un ou de deux côtés; puis vient la cellule fusiforme, dont le noyau a plus ou moins diminué, et qui s'est allongée en une seule fibre, rarement en deux ou trois, jamais en un faisceau fibrillaire. Ces cellules métamorphosées, rangées par séries, se fusionnent pour former des fibres larges en forme de rubans, qui sont pourvues cà et là de noyaux distincts ; ou un plus grand nombre se réunit pour former des faisceaux plus larges et plus forts. Les fibres de noyaux se développent d'éléments particuliers, chez lesquels l'auteur ne peut distinguer une membrane cellulaire qui envelopperait le noyau. Mais Luschka a changé d'avis dans un écrit postérieur (n° 219) et adopte maintenant, relativement aux fibres de noyaux, l'opinion que se sont faite J’irchow et Donders sur leur développement.

Monneret (n° 213) affirme que la fibrine exsudée ne peut se transformer en un tissu permanent, à moins quelle ne soit traversée de vaisseaux sanguins, tandis que Luschka (n° 211, p. 414) a vu, dans un polype de l'oreille externe, dans des dépôts cartilagineux du péritoine et de la plèvre, la fibrine se fendiller pour former des fibres. Le tissu cellulaire des embryons des raies se compose,

N 204. VircHOw. Würzburg. Verhandl. 1851, Vol. IL p. 162.

N° 205. DonDERs. Veederlandsch Lancet. 1851. — Zeitschr. für wissenschaftl. Zoologie. 1851, p. 348.

N° 206. HENLE. Compte rendu de CANSTATT, pour l’année 1851.

N° 907. VIRCHOW. Arch. für patholog. Anatomie. 1852, vol. IV, p. 515.

N° 008. HESsLiNG. Zllustr. mediz. Zeitung. 1859.

N° 209. THIERFELDER. De regeneratione tendinum. Misenæ, 1852.

N° 210. Coccius. Ærnaehrungsweise der Hornhaut. Leipsik, 1859,

N° 211. Luscaka. Arch. de Müller. 1852, p. 400. l

N° 212. Luscaka. Der Nervus phrenicus des Menschen. Tubingue, 1853.

No 913. MONNERET, Gazette médicale. 1859, n. 37, 38. — Comptes rendus de l'Académie des sciences. 1852. *

HISTOGÉNÈSE SPÉCIALE. 135 suivant Leydig (n° 121 4, p. 109), de cellules allongées en fibres, quelquefois fort longues (0,2 mm.) fen dues ou fibrillaires aux extrémités, pourvues de deux ou de trois noyaux. Hessling (n° 208) décrit de la manière suivante le développement du tüssu cellulaire. Les globes formatifs primaires qui donnent naissance au tissu cellulaire sont d'abord serrés les uns contre les autres; ce sont des cellules rondes, quelquefois polygonales, de 0,015 à 0,02 mm.; le contenu recouvre le noyau. Dès que les vaisseaux se forment, 1l sépanche un blàstème finement granulé entre ces cellules, et 1l les éloigne les unes des autres. Celles-ci sont, dans quelques couches, rangées par séries longitudinales et représentent des ovales oblongs; dans d'autres couches, elles sont placées irrégulièrement. Dans le premier cas, elles s'allongent de plus en plus, de même que le noyau, et elles se ramifient ; le blastème augmente, comprime la cellule, au point que la membrane, de chaque côté du noyau, apparaît sous forme d'un filament très ténu. Plus tard, les cellules se rapprochent et se réunissent, tandis que le noyau se résout en plusieurs granules. La substance intercellulaire devient plus consistante et plus solide ; on aperçoit des fissures longitudinales, dont les bords sont occupés par les fibres des cellules ; celles-ci paraissent même déterminer la scission. Les faisceaux primitifs qui se forment de cette maniere ont une épaisseur de 0,008 à 0,018 mm.; ils se subdivisent de nouveau et finissent par former des fibrilles très ténues. Les cellules placées irrégulièrement dans le blastème se ramifient également, mais dans toute leur périphérie, comme les cellules de pigment, et finissent par former un réseau de fibres très ténues; le blastème se comporte comme il a été dit précédemment. Le développement du Uussu élastique est analogue à celui des fibres de noyau du tissu cellulaire.

Reichert (n° 214), tout en soutenant les opinions précédemment exposées sur la fusion de la membrane cellulaire avec la substance intermédiaire, avanee cependant cette opinion, qu'un tissu ne mérite le nom de tissu à fibres, dans le sens histogénésique, que lorsqu'il doit son origine à des cellules. Les fibrilles que l'on obtient par la scission d’une membrane plissée ne sont pas des fibres, sous le point de vue histologique ; ce n'est pas un tissu fibrillaire, mais seulement une substance fondamentale qui se fende en fibrilles.

femak (n° 215, p. 63) à fait ses observations sur le tissu sous-cutané des tétards. On y observe d'abord des cellules pourvues d’une double membrane, comme toutes les cellules embryonales ; elles se multiplient par scission. La membrane externe est très délicate et se soulève cà et là par l'action de l'eau; la membrane interne, analogue au boyau primordial des cellules végétales, est serrée autour du contenu granulé de la cellule. Plus tard, les cellules s'éloignent les unes des autres, et il apparait des espaces intercellulaires très étroits et très clairs; en employant d'abord l’alcool, puis l'acide acétique, on voit que les cellules ont la forme d'étoiles ; les ramifications des cellules forment, dans les espaces intermédiaires, des réseaux très fins et très élégants ; les mailles de ces réseaux sont remplies par une substance gélatineuse qui durcit par l'action du

N° 914. RicHERT. Archives de Müller. 1852, p. Bo. N° 215. REMAK. Archives de Müller. 1839.

sublimé et de l'alcool. Cette substance dépasse, sur le bord de la queue, les prolongements des cellules, et donne lieu, plus tard, à l'origine du derme (CUtS), (membrane propre de la peau), dont l'homogénéité ne serait qu'apparente, I, couche supérieure de ces cellules se distingue par la grandeur de ces éléments et par leur forme manifestement tubuleuse; la plupart se remplissent de pigment. Les autres cellules étoilées se ratatinent au fur et à mesure que les fibres du réseau deviennent plus fortes ; finalement on n’apercoit que des légers renflements, dans lesquels l'acide acétique ou le sublimé démontrent la présence d'un noyau. L'auteur appelle fibres de support une espèce particulière de ces éléments qui vont perpendiculairement à travers l'épaisseur de la queue du tétard, d'une surface à l’autre; ces fibres sont parallèles entre elles, et forment çà et là des noyaux ; elles paraissent se développer de la même manière que les réseaux des fibres qu'elles supportent, et représenteraient les éléments que Æenle appelait fibres de noyaux, et qui entourent en spirale les faisceaux du tissu cellulaire. L'auteur ne sait pas comment le tissu cellulaire gélatineux de l'embryon se métamorphose pour former le tissu cellulaire parfait; cependant il a vu, dans quelques endroits de la queue, la substance intermédiaire présenter, chez des tétards développés, un aspect strié et même fibrillaire.

Koelliker (n° 166, p. 48) s'accorde, avec les auteurs cités en dernier lieu, sur le développement des fibres élastiques et des fibres de noyaux, mais il partage toujours l'opinion de Schwann, en ce qui concerne la transformation de la plupart des cellules fusiformes en fibres cellulaires. Les cellules qui donnent naissance aux fibres élastiques se distinguent par la petitesse de leur diamètre, par leur noyau bacillaire, leurs contours foncés, et par les branches plus ou moins nombreuses qui en partent et qui leur donnent la forme étoilée. À partir du sixième mois, chez l'embryon humain, ces cellules commencent à se souder et à former des fibres; cependant on reconnaitrait encore, chez le nouveau-né et même chez l'adulte, ces cellules étoilées au milieu du tissu cellulaire parfaitement développé. Le tissu cellulaire lâche se développe, suivant Koelliker, de la méme manière ; les cellules étoilées deviennent plus serrées, les prolongements se fondent en fibrilles. Les tendons de jeunes embryons ne se composent que de cellules fusiformes, dont les unes sont destinées à former des fibres élastiques, les autres des fibres cellulaires; on reconnait encore, pendant quelque temps, sur les faisceaux de ces dernières, la cellule primitive et son noyau.

b. Régénération.

Henle (n° 79, t. I, p. 410) résume dans les termes suivants l'état des connaissances histogénétiques sur la régénération des tissus fibrillaires à l’époque de Ja publication de son ouvrage : « Dans les cas de régénération et de formation accidentelle du tissu cellulaire, les fibres sont produites vraisemblablement d'une manière analogue à celle dont s'opère leur formation première, c'est-à-dire par des cellules, et l’on trouve les différents degrés de développement de celles-Cl les uns au-dessus des autres, lorsque l’on considère de haut en bas, et couche par couche, les bourgeons charnus d'une surface en suppuration. Les plus Jeunes cellules, celles de la couche supérieure, ont cela de particulier, que leur no?"

HISTOGÉNÈSE SPÉCIALE. 137 se compose de deux à quatre sranules, et que, quand il est simple, 1l PU se partager en tout autant de morceaux, Soit par la macération, soit par limmersion dans l'acide acétique. » L'auteur cite à l'appui de son opinion, les recherches faites par À. Froriep (Klinische Kupfertafeln, Uv. 1, pl 6r), par G. Simon (Arch. de Müller, 1839, p. 17), et les siennes propres (n° 80, p. 55). Ces cellules, dont il est question ici, ne nous paraissent être que des globules de pus ou d'autres analogues, que l'on trouve si fréquemment dans les matières exsudées et sur les tissus enflammés.

Les recherches que nous avons faites (n° 100, p. 556) sur la reproduction des tendons nous ont donné le résultat suivant: Il se produit très promptement, à la suite de la section sous-cutanée des tendons, faite par M. Bouvier sur des lapins, une matière organisatrice dans laquelle les fibres se développent de la même manière que celles du tissu cellulaire dans leur blastème. Cette matüère organisatrice existe non seulement dans l'épaisseur et à l'intérieur de la gaine, mais aussi sur les bouts des tendons et dans l'intervalle qui existe entre ceux-c1 et la gaine. Peu à peu cette matière organisatrice devient plus solide et plus abondante; les éléments le moins développés se trouvent vers le milieu de la cicatrice, tandis que les plus avancés se rencontrent à sa partie extérieure et autour des bouts tendineux. Ceux-ci, qui d'abord se détachaient facilement de la matière organisatrice environnante, y adhèrent d'autant plus que cette matière acquiert plus de solidité. Au bout de trois à quatre semaines, il existe entre les deux bouts tendineux un cordon dense et solide de nouvelle formation, et qui parait identique avec eux. Cependant, dans une coupe longitudinale comprenant, et le tendon, et le nouveau cordon intermédiaire, on les distingue très facilement par leur aspect. Le nouveau tendon est grisätre, ses fibres ne sont pas parallèles et régulièrement ondulées, comme dans le tendon normal, mais entrelacées comme dans un tissu cellulaire très dense. Nous avons vu cette différence persister encore dans un tendon d'Achille, chez un enfant, sur lequel M. Bouvier avait fait la section sous-cutanée sept ans auparavant.

Pœisch (n° 216) reconnait, dans le périoste qui se régénère à la suite des fractures des os, des cellules très délicates qui se prolongent en une à trois pointes. Kæstlin (n° 217, p. 588) voit, dans les cicatrices des poumons, le blastème se diviser en fibres, tandis que les noyaux s'allongent. Færster et Virchow (n° 218, p. 141) adoptent la théorie de Schwann, pour la formation de cicatrices. Thterfelder (n° 209) à fait des expériences sur la régénération des tendons chez les lapins. Le liquide épanché dans la gaine tendineuse, dit Fauteur, charrie d’abord un grand nombre de granules excessivement petits, et sur lesquels l'acide acétique n'exerce aucune action; ces granules se transforment en noyaux, puis en. cellules ovales ou fusiformes. Les nucléoles disparaissent, le noyau devient ovale, puis il sallonge. Plus tard, la membrane cellulaire s épaissit, le noyau est résorbé

et ne représente plus que quelques molécules; la cellule, d'abord fusiforme,

N° 216. Vortscu. Dre Heilung der Knochenbrüche per primam intentionem. Heidelberg, 1847.

N° 217. KOëSruiN. A4rchio für physiol. Heilkunde. 1850.

N° 218. ViRCHOW. l’erhandl. der phys.-med. Gesellschaft in Wuürzburg. 1850, vol. I. TOME Il. 35

s'allonge et Aus par former des fibres longues ondulées, placées dans une sup. stance intermédiaire homogène.

La régénération du tissu cellulaire, comme celle de tous les autres tissus, est fréquemment accompagnée de symptômes inflammatoires, dont nous sommes forcément obligé de nous occuper ici, du moins en passant. En effet, quelles que soient l'attention des observateurs et la confiance qu'ils mettent eux-mêmes dans leurs recherches, il nous parait impossible cependant que quelques uns du moins n'aient confondu les produits de l’inflammation avec les éléments régénérateurs du tissu normal. Il nous suffira de citer pour exemples Æenle (n° 80) et Fopel (n° 219), qui voient, par une transition insensible, les cellules épithéliales devenir globules du pus (PI. XIIL, fig. 1). Afin de ne pas nous perdre dans un long exposé historique, nous indiquerons immédiatement la cause qui nécessairement a dû induire les observateurs en erreur.

Les premieres traces d'organisation dans les liquides épanchés sont de petits corpuscules, noyaux dans le système cellulaire, et que d'abord nous avions appelés corpuscules fibrineux, puis corpuscules primitifs, afin de dégager la dénomination histologique de toute hypothèse chimique. Ces mêmes éléments ont été nommés corpuscules exsudés par Y’alentin (voy. divers mémoires insérés dans son Aépertoire). Ces corpuscules ressemblent beaucoup aux premières traces organisées que l'on rencontre dans le blastème destiné à la régénération, et ces deux espèces d'éléments ont dùû souvent étre confondus par les auteurs. Cela s explique, si l'on réfléchit aux dimensions de ces corpuscules, qui n'excèdent guère 0,009 à 0,008 mm. à leur aspect granulé et à l'absence d'autres caractères plus nets et plus frappants; car ceux qui sont indiqués, soit par la couleur, soit par la transparence, sont trop incertains, trop variables, pour mériter une attention sérieuse. Un tel corpuscule primitif, ou, pour parler avec les auteurs allemands, un corpuscule exsudé, ou du moins l'élément que l’on prend pour tel, pouvait être regardé, tantôt comme granulation qui devient globule de pus, tantôt comme noyau de la future cellule du tissu régénéré. Mais, puisque nous

ganisés les uns des autres, nous n'avons pas le droit de les croire identiques, par cette suprème raison que leurs produits sont essentiellement divers. Du reste, on comprend que, s'il est facile de distinguer ces éléments lorsqu'ils ont déjà pris un certain développement, 1l n'en est Res de même dans les premiers temps de leur existence. Non seulement les noyaux, mais aussi les premières transformations de ces corpuscules destinés à devenir globules de pus ont pu être confondues avec les premières transformations des éléments destinés à la régénération. Cela à pu avoir lieu surtout dans les études faites sur la régénération du tissu cellulaire, où le blastème épanché dans la gaine tendineuse renferme toujours quelques éléments de suppuration. Aussi croyons-nous utile d'exposer ici les recherches qui ont été faites sur la formation du pus depuis la publication de notre mCmoire (vol. Her, 2° partie et note supplémentaire) ; mais nous nous bornerons dans

cet exposé au point de vue spécial indiqué plus haut.

n avons pas les moyens de distinguer ces premiers éléments or

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N° 219. VOGEL. Ueber Eiter, Etterung. Erlanpue, 1838.

HISTOGÉNÈSE SPÉCIALE. 1 39

Buehlmann (n° 220, p. 43) est tombé dans la même erreur que Gerber (u° 73); ces auteurs croient que les corpuscules exsudés deviennent des globules de pus par une métamorphose rétrograde, lorsqu'ils sont séparés de la surface organique vivante; par contre, ils deviennent les éléments du nouveau tissu régénéré , si leurs rapports avec les parties organiques restent intacts. Gerber dit avoir vu les corpuscules exsudés se ranger en forme de pavé dans l'œil d’un lapin, à la suite de la section du trijumeau. Evidemment, dans ce cas, l'auteur avait sous les yeux l’épithélium en pavé à un degré peu développé (PI XIE, fig. 2).

Vogel (n° 221, p. bo2) dit que l'exsudation solidifiée se comporte comme la fibrine ; elle parait complétement amorphe, sans nulle trace d'organisation ; on y aperçoit seulement parfois des indices vagues de fibres ou de sranulations de œraisse. Si la résolution s'établit, l’exsudation se convertit en cellules à noyau de 1/500 à 1/100 de ligne de diamètre. Ces cellules croissent peu à peu jusqu à atteindre un diamètre de 1/80 à 1/60; elles s'emplissent en même temps d'une quantité, d’abord faible, puis plus considérable, de petites granulations obscures, de sorte que la cellule, primitivement transparente et incolore, devient opaque et brunâtre, ou noirâtre, et présente l'aspect d'un agrégat de petits grains qui en rendent invisible le noyau et souvent aussi la paroï. Ce sont des cellules granulées (corpuscules inflammatoires de Gluge). L'exsudation peut aussi se transformer en pus par suite d’un développement organique (p. 506); mais d'un autre côté, dans l'exsudation encore liquide peuvent se former de petites granulations, tantôt isolées, tantôt réunies deux ou trois ensemble. Ce sont les noyaux insolubles dans l'acide acétique des cellules du pus. Autour de ces noyaux se développent peu à peu les parois des cellules. Après leur formation complète, les corpuscules purulents ressemblent, sous tous Les rapports, à ceux qui proviennent d'une exsudation solide. Les uns comme les autres ne sont pas susceptibles de se développer davantage. L'exsudation enfin peut s'organiser par un travail qui au fond est le même que celui qu'on observe lors de la production de tous les tissus de l'embryon. Il ne diffère pas non plus, que le développement ait lieu dans l'exsudation inflammatoire coagulée, ou dans celle qui est encore hquide. Ia toujours lieu par formation de cellules (p. 508); il se produit dans l’exsudaon de noyaux munis de nucléoles, qui s'entourent ensuite d’une enveloppe, et les cellules primaires ainsi produites passent à l'état de tissus permanents par un développement ultérieur qui correspond aux lois de la formation organique en général. Dans la guérison par première intention, la totalité de l'exsudation inflammatoire s'organise sur-le-champ. Dans la guérison par bourgeons charnus, la plus grande portion de l’exsudation se convertit en pus, puis celle que fournit inflammation subsistante se transforme d’un côté en pus, d'un autre côté elle s organise. Le microscope fait voir que les bourgeons sant formés de deux éléments essentiellement différents, de olobules de pus et de cellules primaires en

train de se métamorphoser en tissus permanents, vaisseaux, tissu cellulaire, etc. N° 220. BGEHLMANN. Kranke Schlermhaut der Respirations organe. Bern. 1843.

N° 9 ; Ta = CE) . . , , ?

21. VOGEL. Traité d'anatomie pathologique générale, trad. de l'allemand par À.-J.-F,. JouRDAN.

ps pd (Encyclopédie anatomique, t. WX.) L'édition allemande avait paru en 1844, et l'Atlas en 1043.

En décrivant en détail le développement du tissu cellulaire accidentel (p.156 Vogel affirme qu'ilse produit des cellules primaires à noyaux, qui s allongent de deux côtés, deviennent fusiformes et souvent même s'accolent ensemble par leurs extrémités, ce qui donne naissance à de longues fibres variqueuses. De ces fibres allongées proviennent les fibres de tissu cellulaire, soit qu'une cellule se transforme en une fibre unique, soit que chaque fibre produise un faisceau de fibres par épaississement en forme de crête, par stricture ou par scission. Dans d'autres cas, l'opération est beaucoup moins visible et s écarte davantage du type cellulaire. Au milieu d'un cytoblastème fort pâle, on apercoit souvent des noyaux de cellules rangés en séries longitudinales régulières, sans qu'ils soient entourés de parois membraneuses perceptibles, et de ce blastème incomplétement converti en cellules naissent immédiatement les fibres. Quelquelois il se développe des cellules irrégulières; les noyaux ont ordinairement des nucléoles. De ces faits, il découle qu'idéalement le tissu cellulaire accidentel suit bien le type cellulaire, mais qu'en réalité ce type s'efface à certains égards. Quelquefois même les fibres paraissent procéder immédiatement d’un cytoblastème solide et amorphe (voy. PI. XIV, fig. 1-0). Cette description, à part les idées théoriques, est pareille à celle que nous avons donnée. :

Lorsque la Iymphe (lexsudation) fraîchement sécrétée devient opaque, on y trouve, suivant Bennett (n° 222, p. 51), deux éléments, à savoir, des filaments très ténus (PI. XIIL, fig. 13) et des corpuscules (fig. 14) ayant un diamètre de 1/100 à 1/75 de mm., et renfermant 3 à 12 granules de 0,001 à 0,002 mm.{comp. v. I, Pus). Ce sont les corpuscules d'exsudation des Allemands, et que Bennett appelle corpuscules plastiques. Lorsque la lymphe devient plus solide, on y rencontre fréquemment des cellules qui se transforment en fibres (fig. 16, 17, 18), et des fibres de tissu cellulaire complétement formées ; celles-ci se développent d'apres le mode indiqué par Schwann. Mais l'auteur avoue ne pas savoir dans quel rapport se trouvent les corpuscules plastiques et les cellules qui donnent naissance aux fibres. L'auteur signale, dans les matières exsudées à l'intérieur des organes parenchymateux enflammés, des granules, des masses et des cellules (fig. 20, D) qui ne sont autre chose que les cellules granulées de Vogel et les globules inflammatoires de Gluge. Ce sont les mêmes que nous avons signalés dans le lait. Enfin il est question de corpuscules de pus qui ne proviennent pas d'une métamorphose de corpuscules plastiques. L'auteur conclut (p. 60), d'accord avec Vogel, que la régénération, et spécialement celle du tissu cellulaire, s'opère d'après les lois établies par Schwann (fig. 19).

Lebert (n° 223, t. I, p. 77) signale dans les matières épanchées une espèce de slobules susceptibles de se transformer en fibres et qui constituent, dans d'autres circonstances, par leur agglomération, un tissu organisé qui est ordinairement le résultat d’une inflammation chronique, et auquel l'auteur donne le nom de tissu fibro-plastique (voy. PL XIV, fig. 10-11). On rencontre toutes les formes intermédiaires entre les globules fibro-plastiques ronds et les fibres complètes.

N° 992. BENNETT. Zreatise on inflammation. Edimbourg, 1844. N° 993. LEBERT. PAysiologie pathologique. Paris, 1845. 2 vol. avec atlas.

HTISTOGÉNESE SPÉCIALE. | 141

Quelquefois on voit un tissu dans lequel tous ces globules sont devenus fusiformes; l'auteur l'appelle t&ssu fusiforme. Les éléments décrits par Lebert sont uniquement ceux du tissu cellulaire en voie de formation, tels qu'ils ont été décrits par nous, et puis par Vogel et d'autres; ils ne constituent pas un tissu à part et ne méritent point un nom particulier (n° 224). Les recherches de Luschka (n° 225), faites dans le sens de la théorie cellulaire d'Ærnold (p. 74), se trouvent suffisamment expliquées par la reproduction de ses dessins, de même que celles de Breuer (n° 226), fort incomplètes les unes et les autres. Cependant nous devons rappeler le résultat annoncé par le dernier auteur, à savoir que les cellules formées dans le cytoblastème et destinées à la reproduction des tissus, se multiplient par génération endogène, par suite de la scission du noyau (PI XILE, XIV). La fibrine exsudée peut-elle se transformer en fibres ? De tous temps les observateurs ont été partagés en deux camps distincts relativement à cette question : les uns niaient cette possibilité ; les autres l'affirmaient au contraire. Zwicky {n° 227) a fait ses recherches sur le sang extravasé d'une part, et d'autre part sur les bouchons de sang coagulé (thrombus) qui se forment dans les vaisseaux liés. Voici le résultat de ses recherches : La fibrine coagulée se compose de fibres indistinctes ; quelques jours plus tard se développent les globules inflammatoires; puis ceux-ci se dissolvent et la fibrine devient une masse homogene, amorphe. Plus tard apparaissent, dans cette masse fondamentale, des noyaux, d'abord placés irrégulièrement, ensuite rangés par séries. La substance fondamentale se partage en fibres, larges d'abord, puis étroites et finalement en fibrilles. En même temps les noyaux s allongent et forment des fibres de noyaux. L'auteur, élève de Henle, attribue à son maitre la découverte de la production des fibres par la scission de la substance fondamentale; cependant rien n'est plus inexact. Les passages cités de l'ouvrage de Henle le prouvent suffisamment. Voici, du reste, comment //enle (n° 228, p. 28) s'exprime lui-même sur ces anciennes recherches : « La manière dont j'ai présenté dans mon Anatomie générale les fibres de cellules et les fibres de noyaux était une concession faite à la théorie cellulaire qui, à cette époque, dominait toutes les conceptions. Il est vrai, jy ai renoncé en statuant que la substance, qui se divise en fibres, n'avait que la signification de séries de cellules fusionnées, mais qu’elle n'avait jamais existé sous forme de cellules isolées. C'était encore d'accord avec la théorie de Schwann, que J'ai cru les noyaux et leurs fibres nécessairement placés sur ou à côté de fibres de cellules. » Cet aveu est complet, et il l'est encore davantage, lorsqu'on examine le passage original en question (n° 70, t. I", p. 190, cité déjà p. 59, $ 2), où l’auteur, au lieu de nier, exprime seulement « le doute de savoir si, avant leur réunlon, ces plaques ont eu le temps de devenir de véritables cellules. » Dans nos recherches, nous avons constamment nié , pour le tissu cellulaire et quelques autres tissus, l'existence des plaques, des cellules et de tant d’autres éléments

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